30/09/1999: Décès tragique du militant des Droits de l’Homme au Tchad : Néhémie BENOUDJITA, par empoisonnement.

REPUBLIQUE DU TCHAD
ASSEMBLEE NATIONALE
COMMISSION COMMUNICATIONS DROITS FONDAMENTAUX ET LIBERTES
DEPUTE FEDERALISTE

PRESIDENT DE FORELLI

N’Djaména, le 29 septembre 1999

Chers Amis et Amies,

Le Tchad en lutte est en deuil.
La nuit du 29 au 30 septembre est la nuit la plus longue et la plus pénible pour nous qui luttons contre l’arbitraire, la dictature, le fascisme, le totalitarisme, et le génocide au Tchad.

Notre ami et frère de lutte, Néhémie BENOUDJITA, Directeur de Publication du journal, LE TEMPS, est foudroyé par un poison très actif. Emmené à l’hôpital, il est entré dans le cama le dimanche 26 septembre 1999 pour rendre l’âme le mercredi 29 septembre 1999 à 16 heures.

La ligne éditoriale de ce journal est claire et nette. Le Directeur de Publication qui ne cache pas sa volonté et sa détermination de lutter pour la paix, la bonne gouvernance, l’Etat de droit au Tchad n’est pas allé du dos de la cuillère pour dénoncer les massacres des Tchadiens, le carnage des Tchadiens, le génocide des Tchadiens, la gabegie, la corruption, les prévarications, le détournements des deniers publics, en un mot, tous les maux dont souffre le Tchad.

Il écrit ses articles avec ses tripes et traduit ses sentiments au vitriol. Sa mort programmée depuis de longue date est un coup très dur porté à la contestation tchadienne à la veille de la décision de la Banque Mondiale pour l’exploitation du pétrole tchadien.

Nous tenons à rappeler à votre aimable attention que :

Le 15 juillet 1999, Monsieur MADROMNGAR (notre codétenu de la prison de N’Djaména) a reçu une balle au pied, balle tirée par deux personnes enturbannées et à bord de motos non immatriculées. Rappelons que les motos non immatriculées sont généralement celles des militaires de la garde prétorienne dite garde présidentielle (GP) (cf. note de l’intéressé).

Le 19 juillet 1999 à 21 heures, Monsieur Adrien MALLO BEHOM, professeur de l’Université de N’Djaména qui commence à être critique dans ses cours à l’égard du régime, a reçu une balle dans le ventre tirée à bout portant par deux personnes enturbannées à bord d’une moto non immatriculée entre deux postes de contrôles de police à savoir le rond point de Chagoua et le rond point de la mort à Moursal (cf. rapport de l’intéressé).

Le 3 septembre 1999 à 16 heures, Monsieur Laoukein MBAINODJIEL KEITOTO sort de chez lui pour ne plus revenir à son domicile. Trois jours et trois nuits de recherche de sa famille se sont avérées vaines.

Le 5 septembre 1999, baigné dans une marre de sang, on le retrouvera au cimetière de WALYA à la sortie de N’Djaména vers le sud du pays avec le crâne défoncé, le visage, le thorax et ses parties intimes brûlés.

Crime parfait, c’est le cas puisque l’on trouvera à côté de lui deux boîtes de 60 comprimés de nivaquine vides, un paquet de cigarette vide alors qu’il ne fume pas, une bouteille d’acide sulfurique vide etc. Mais, les assassins n’ont pas pris la peine d’effacer les traces de leurs chaussures militaires et d’autres indices.

La police conclura hâtivement pour le besoin de la cause que Laoukein s’est suicidé (cf. oraison funèbre de Monsieur Laoubara MAYOROUM).

Pour le cas de Néhémie BENOUDJITA aussi, on commence par faire circuler les rumeurs sur le suicide Comme quoi, ceux qui luttent au Tchad sont ceux se suicident à la veille de la décision du conseil d’Administration de la Banque Mondiale.

Le 14 septembre 1999, Mme Mariam est arrêtée, déférée en la prison centrale de N’Djaména, extraite nuitamment et emmenée au cimetière de Lamadji pour y être atrocement torturée (on lui met du piment dans ses parties intimes) etc.

Ces quelques faits pour vos dire qu’avec cette insécurité créée et entretenue, tout peut arriver en ce moment.

Salutations amicales.

Ngarlejy YORONGAR,
Parlementaire à N’Djaména.

29/09/1999: Le procès de M Moussa Idriss reporté au 6 octobre.

COMMUNIQUE AFADD

Ce matin, l’avocat de l’Opposition Djiboutienne Unifiée, le bâtonnier Calatayud, a fait parvenir par télécopie au tribunal une lettre par laquelle il demandait le renvoi de cette affaire.

Le Tribunal a accepté de reporter ce dossier à huitaine, c’est à dire au mercredi 6 novembre 1999 pour permettre aux prévenus et notamment au candidat Moussa Ahmed Idriss de faire assurer sa défense par un avocat librement choisi.

Or, le gouvernement de Djibouti refuse toujours de délivrer un visa à l’avocat français de l’Opposition Unifiée. Les délais minimum de délivrance de visa et de déplacement à Djibouti rendent impossible la défense des prévenus dans des délais si brefs.

Une grande manifestation spontanée a eu lieu à Djibouti ce matin pour protester contre la tyrannie du Président Guelleh.

Le gouvernement français refuse de dénoncer cette situation et de rappeler les magistrats français mis à la disposition du régime totalitaire de Djibouti malgré la prise de position du Parti Socialiste Français par lettre du 28 septembre 1999.

L’A.F.A.D.D. s’insurge contre une telle complaisance dans la violation des droits élémentaires de la défense, des libertés publiques et des conventions internationales.

L’A.F.A.D.D. appelle une nouvelle fois le gouvernement français à réagir énergiquement contre une telle situation.

Le président,
Roger-Vincent Calatayud

29/09/1999: Action urgente d’Amnesty International en faveur des 3 journalistes emprisonnés

AMNESTY INTERNATIONAL

Unfair trial /
Prisoners of conscience 28 September 1999 DJIBOUTI

Moussa Ahmed Idriss, journalist, opposition leader and member of parliament
Ali Meidal Wais, journalist
Daher Ahmed Farah, journalist, opposition leader

Amnesty International is very concerned by a recent government crackdown on the last two remaining opposition newspapers circulating in Djibouti.

The three journalists named above were arrested and charged with diffusion de fausses nouvelles, ?spreading false news?, likely to ?demoralize the army?. Moussa Ahmed Idriss, 66, co-director of Le Temps, The Times, was arrested on 23 September 1999 in Djibouti city.

A large contingent of armed police arrested him in the middle of the night. Their arrival led to clashes at his home in which police fired grenades, shot at people (one of whom died of bullet wounds), beat several others (including Moussa Ahmed Idriss? wife) and arrested 24 relatives and supporters – they are still held on criminal charges.

Le Temps is published by the opposition party Opposition djiboutienne unifée (ODU), Unified Djiboutian Opposition. Moussa Ahmed Idris is a member of parliament and president of the ODU party.

In April 1999, he was the unsuccessful opposition candidate in the presidential elections. (Before independence he had been a member of the French National Assembly.) Before his arrest, his parliamentary immunity was lifted by the president of the assembly in a dubious procedure.

He is expected to be tried imminently. Amnesty International is concerned that he will not receive a fair trial.

Retired army general Ali Meidal Wais is the other co-director of Le Temps. Daher Ahmed Farah is president of the opposition Parti du renouveau démocratique (PRD), Party of Democratic Renewal and editor of Le Renouveau, The Renewal, the journal of the PRD.

Both men were found guilty after a summary trial on 2 September and sentenced to eight months and one year in prison respectively and each fined 1 million Djibouti francs (US$5,850).

The arrests were over articles which appeared in Le Temps and Le Renouveau about an explosion which destroyed an army helicopter.

The articles reported a claim by the opposition Front pour la restauration de l?unité et de la démocratie (FRUD), Front for the Restoration of Unity and Democracy, that its forces shot down the helicopter, but they also reported the government denial of any FRUD connection to the incident.

The FRUD communique from Paris was also reported by French international radio stations. Amnesty International believes that the three journalists have been imprisoned contrary to international standards for the freedom of the press and are prisoners of conscience.

The organization also believes that the two already convicted did not receive fair trials – they were prevented from having legal representation of their choice and were undefended, members of the public were barred from attending the trial and there appeared to be several procedural irregularities.

BACKGROUND INFORMATION

Djibouti is currently governed by President Ismael Omar Guelleh, the former head of security who succeeded President Hassan Gouled Aptidon, his uncle, in the May 1999 elections.

The ruling Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), People’s Rally for Progress, and an allied party won all the seats in the first multi-party elections in 1997.

Two deputies, including Moussa Ahmed Idriss, later went into opposition. Some opposition leaders were barred from standing in the 1997 and 1999 elections after court convictions in an earlier political trial.

The FRUD, which draws its support largely from the Afar ethnic group, has been fighting government forces since 1991, alleging government repression and exclusion of Afars.

Peace talks failed in 1994, though a small FRUD faction joined the government.

28/09/1999: Lettre de Me R-V CALATAYUD à M Moussa IDRISS.

Roger-Vincent Calatayud
20, rue Brauhauban
F-65000 TARBES
tél.: 33 – (0)5 62 34 10 83

fax.: 33 – (0)5 62 51 39 09
courriel: rv.calatayud@wanadoo.fr

TARBES, LE 27 SEPTEMBRE 1999

MONSIEUR MOUSSA AHMED IDRISS PRÉSIDENT DE L’OPPOSITION DJIBOUTIENNE UNIFIEE
DIRECTEUR DU JOURNAL LE TEMPS
B.P. 501 DJIBOUTI
FAX: 00 253 35

Monsieur le Président,

En réponse à votre télécopie de la veille, je vous confirme mon accord pour vous assister à l’audience du 13 octobre prochain devant les juridictions de Djibouti.

Cependant, le problème du refus de visa reste entier et il me semble qu’il faille demander le report de toutes les affaires appelées à cette même audience jusqu’à ce que le visa soit délivré conformément aux accords internationaux et aux principes du libre choix de l’avocat.

Merci de me tenir informé de la stratégie que vous adopterez.

Bien à vous.

28/09/1999: Discours d’Aden ROBLEH, président du PND, lors du 7ème anniversaire de son parti

PARTI NATIONAL DEMOCRATIQUE (PND)
LIBERTE – RESPONSABILITE – SOLIDARITE
B.P : 10204
DJIBOUTI
Tel : 34 21 94
Email : awaleh@intnet.dj

Septième anniversaire
du Parti National Démocratique (PND)

Discours de M. ADEN ROBLEH AWALEH, Président du PND

Militantes, Militants,
Chers frères et soeurs,

Nous célébrons aujourd’hui le 7ème anniversaire de notre parti. C’est un moment important qui mérite d’être fêté avec éclat. La raison en est que notre parti demeure plus que jamais la cible de la dictature en place.

Je suis heureux de constater que vous l’ayez compris car vous venez d’en faire la preuve en venant en masse. Vous venez de démontrer aux yeux de l’opinion nationale et internationale de quel poids pèse notre parti.

Notre parti est véritablement un mouvement qui a des racines profondes au sein de notre peuple. Un tel parti est hors de portée de toute volonté destructrice quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne.

Je suis fier d’être à la tête d’un tel parti. Notre parti a vu le jour le 13 septembre 1992. Comme vous le savez nous n’avons pas fondé ce parti pour en faire un marchepied destiné à assouvir des ambitions personnelles.

Le PND est un parti nationaliste. Etre nationaliste c’est aimer son pays et son peuple. Tout ce que veut le PND c’est que notre pays soit un pays libre, démocratique, dynamique et prospère. Un pays où la fraternité, l’égalité, la justice, la solidarité ne soient pas de vains mots.

C’est ce but que nous poursuivons et que nous poursuivrons toujours, que nous soyons à l’opposition ou que nous soyons en charge de l’Etat.

Aujourd’hui nous sommes dans l’opposition et nous devons jouer pleinement le rôle qui est le nôtre. Etre dans l’opposition ce n’est pas agir n’importe comment. Nous devons savoir ce qu’est le rôle de l’opposition. Il ne s’agit pas de combattre et de  » chasser  » ceux qui ont le pouvoir pour nous mettre tout simplement à leur place.

Si l’opposition veut mettre fin au régime en place ce ne peut être que pour des raisons d’intérêt général. Pour atteindre son but le PND ne doit pas être partisan de cette doctrine qui dit que la fin justifie les moyens. Ce n’est pas un hasard si notre parti a choisi cette devise : Liberté-Responsabilité-Solidarité.

Nous ne devons en aucune manière utiliser la violence pour accéder au pouvoir. Nous devons toujours utiliser des moyens politiques. Ces moyens ont pour but de mobiliser notre peuple.

Pour un parti, pouvoir mobiliser le peuple c’est atteindre l’efficacité qui conduit à la réussite. L’implantation du parti au sein du peuple, les dénonciations des travers du gouvernement en place, les manifestations publiques, les grèves, sont des moyens politiques.

Je voudrais que notre peuple sache que les manifestations et les grèves sont des droits politiques qui figurent dans toute constitution qui se veut démocratique.

C’est sûr qu’un régime dictatorial ne supporte pas la contestation. Par définition, un tel régime fait confiance à la violence plutôt qu’à la persuasion et au dialogue.

Mais il faut également savoir qu’un régime qui utilise le fusil pour étouffer ces droits est appelé à disparaître. Un régime tyrannique peut tuer tout au plus quelques dizaines de manifestants mais il ne peut venir à bout de tout un peuple.

Un peuple digne de ce nom ne peut reculer devant le sacrifice. Il faut avoir à l’esprit cette vérité absolue : aucune force ne peut briser l’élan d’un peuple mobilisé.

Le PND est membre à part entière de l’Opposition Djiboutienne Unifiée (O.D.U.).
Je déclare ici solennellement que le PND restera un allié loyal et fidèle de cet organisme. L’union de l’opposition est indispensable.

Les révoltes populaires ont pour causes : les injustices, les passe-droits, le clanisme tribal, ethnique ou autre, les emprisonnements arbitraires, les tortures physiques ou morales, la disparition de toute notion d’intérêt général, la négation des droits du citoyen, le clientélisme, la corruption, le détournement des deniers publics.

Notre pays croule sous ces maux. Refuser ce constat c’est faire insulte à l’intelligence humaine.

Pour sauver notre pays du désastre annoncé et avant qu’il ne soit trop tard il n’y a pas 36 chemins. Il n’y en a qu’un seul : c’est la voie démocratique. Il n’y a pas de salut pour la personne humaine en dehors de la démocratie.

Il s’agit là d’une vérité que l’on ne peut ne pas admettre.

Vouloir construire une nation unitaire, solidaire et prospère en dehors de la démocratie est un sophisme ou plutôt une aberration.

Notre pays est tout sauf un pays démocratique. Il n’y a pas de doute que le régime en place chez nous détient la palme de la dictature la plus bête de la planète.

Sa façon d’agir ressemble à celle des adolescents qui ne comptent que sur leurs muscles pour se faire  » obéir « . Comme on le sait, les adolescents ne peuvent pas avoir de visions précises sur le monde qui les entoure : ils vivent dans un univers clos.

C’est exactement ce qu’est la conduite de ceux qui tiennent le pouvoir chez nous. Nos  » dirigeants  » pensent que notre pays vit dans un enclos, à l’abri des yeux indiscrets.

Ils ne savent pas encore que le monde est devenu un village planétaire où tout se sait et se commente instantanément. Pour n’avoir pas compris cette réalité ils s’offusquent à chaque fois que des voix s’élèvent pour condamner leurs mauvaises actions ou leurs contrevérités.

Ils veulent tout simplement que l’opinion nationale et internationale prennent pour argent comptant tout ce qu’ils disent.

Ils pensent que les ambassadeurs accrédités dans le pays n’ont ni yeux ni oreilles. Permettez-moi de citer quelques exemples des actions mauvaises que le régime veut faire  » avaler  » à l’opinion nationale et internationale : – l’inqualifiable attaque du régime contre le PND

Un beau matin le régime annonce par le biais de ses médias qu’il n’admettait pas que le PND soit dirigé par M. ADEN ROBLEH AWALEH. Une nouvelle qui fait l’effet d’une bombe.

Evidemment, ni l’opinion nationale ni l’opinion internationale ni les ambassades accréditées dans le pays n’étaient disposées à accepter une telle iniquité. Il s’agissait, bien entendu, d’une décision découlant d’un esprit despotique.

Pour être moins acerbe je dirais que celle-ci était pour le moins irréfléchie pour plusieurs raisons : le PND comme le PRD (l’autre parti que le régime a tenté de démanteler) font partie des quatre partis politiques reconnus par une loi référendaire corollaire de la constitution du 04 septembre 1992.

ADEN ROBLEH AWALEH est le Président-fondateur du PND et qu’il est bien présent en chair et en os ; (HASSAN GOULED APTIDON n’avait-il pas confié à une radio internationale qu’il était le président-fondateur du RPP et que rien ne l’empêchait de rester à la tête de ce parti ?

Comment ce dernier a-t-il le droit de garder son parti alors qu’ADEN ROBLEH AWALEH doit être dessaisi du sien).

Il n’appartient pas au régime en place quel qu’il soit de désigner les dirigeants des quatre partis constitutionnellement reconnus,
aveuglé par la haine et la vindicte le régime a commis l’erreur de ne pas saisir la portée de la réputation nationale et internationale d’ADEN ROBLEH AWALEH.

Le régime a oublié qu’ADEN ROBLEH AWALEH a derrière lui un passé historique glorieux du fait qu’il a été un des principaux artisans de l’indépendance.

le régime a complètement raté son coup en portant son choix sur un individu qui n’était même pas membre du PND et qui avait toutes les caractéristiques d’un pantin digne de ce nom ; à la longue, l’individu en question a fait mieux qu’un pantin :
il est devenu un véritable perroquet traduisant très fidèlement les humeurs de ses manipulateurs.

Comble du ridicule : incapable de formuler la moindre phrase sensée cet individu s’approprie mes pensées.
– l’emprisonnement  » pour détournement de fonds  » du fils de M. MOUSSA AHMED IDRISS, Président de l’Opposition Djiboutienne Unifiée (O.D.U.) et candidat unique de l’opposition à la présidentielle du 9 avril dernier.

Il s’agit d’un emprisonnement politique dont le but est d’atteindre M. MOUSSA AHMED IDRISS, son père.

Notre propos n’est pas de dire si le fils de M. MOUSSA AHMED est coupable ou non. Nous sommes en droit, cependant, de nous demander pourquoi il est le seul à être derrière les barreaux alors qu’il y a des dizaines d’autres fonctionnaires qui devaient être dans le même cas que lui.

– l’emprisonnement du Général ALI MEIDAL WAÏS et du Président du Parti du Renouveau (PRD), M. DAHER AHMED FARAH.

Il s’agit là aussi d’une incarcération dont les motifs ne sont autres que politiques. Les chefs d’accusation qui sous-tendent ces emprisonnements ne convainquent personne.

La vraie raison est que le régime ne veut avoir en face de lui aucune forme d’opposition 4) – interdiction des deux journaux de l’opposition En interdisant les deux journaux de l’opposition,  »

Le Temps  » et le  » Renouveau « , le régime vient d’apporter la preuve que la liberté d’expression est indésirable dans le pays.

Ces quelques exemples (il y en a beaucoup d’autres) montrent le vrai visage du régime en place chez nous. Toutes les actions de ce régime sont fondées sur la brutalité, le mensonge, les dissimulations et l’intimidation.

Les tenants du régime ne savent pas qu’ils ont en main la destinée de tout un pays et de tout un peuple. Ils ne se posent jamais les questions que doit se poser tout responsable investi d’un pouvoir étatique, à savoir : ai-je le droit d’agir de cette manière ?

Mon action est-elle condamnable moralement, etc. etc.. Ils pensent qu’ils ont conquis ce pays par la ruse et la force et que de ce fait ils n’ont de compte à rendre à personne.

Le peuple djiboutien ne vaut pas plus qu’un ramassis d’êtres taillables et corvéables à merci.

Militantes, Militants,

Je vous le dis avec tristesse : notre pays n’a pas vu jusqu’ici l’ombre d’un Etat. Par conséquent, il est de notre devoir et de celui de tout djiboutien digne de ce nom de lutter pour l’avènement d’un véritable Etat. Nous n’aurons un tel Etat que si la démocratie s’installe dans notre pays.

Comme je n’ai jamais cessé de le répéter, la démocratie repose sur les six piliers suivants :
1°) le multipartisme,
2°) l’organisation d’élections libres et honnêtes,
3°) la décentralisation,
4°) l’existence d’institutions judiciaires indépendantes,
5°) l’existence de médias libres (journaux, radios, télévisions) parallèlement aux médias publics,
6°) la libre formation d’associations à caractère professionnel, social et culturel.

Pour qu’un pays soit considéré comme démocratique il faut qu’il remplisse ces six conditions. Ce n’est pas le cas de notre pays.

Je vous pose cette question : est-ce qu’un seul de ces piliers trouve application chez nous ? La réponse ne peut être qu’un NON catégorique. Le système démocratique favorise l’émergence d’éléments patriotes, intègres, responsables et compétents.

Du fait de la participation du peuple aux affaires publiques, tous les maux inhérents aux systèmes monolithiques n’ont plus lieu d’être.

La question qui me préoccupe tout le temps est de savoir comment notre pays va procéder pour mettre la démocratie en place. Selon moi, la meilleure voie pour construire la démocratie est celle du dialogue et du consensus.

Personnellement, je crois toujours aux vertus de ces concepts. Je sais que quand je dis cela beaucoup me traite de naïf.

Mais j’affirme que j’y crois profondément car je sais que seul le dialogue, la tolérance, le consensus peuvent sauver notre pays de la catastrophe que connaissent bon nombre de pays africains dont la Somalie sœur voisine.

Malheureusement, les créateurs du régime djiboutien, je veux parler du duo HASSAN GOULED-ISMAÏL OMA GUELLEH, considèrent les notions dont je viens de parler comme une marque de faiblesse. Il apparaît qu’à l’état actuel des choses le dialogue ne soit pas à l’ordre du jour.

Ne sommes-nous pas encore sous le choc du hold-up électoral du 9 avril dernier ?

Je persiste et signe : il n’est jamais trop tard pour bien faire, surtout lorsqu’il s’agit de sauver un pays. L’atmosphère politique électrique actuelle doit cesser. Il faut penser à l’avenir plutôt qu’au passé.

Pour cela il faut qu’un jeu démocratique normal s’instaure.
En premier lieu un statut de l’opposition doit voir le jour.
En second lieu le parlement actuel doit disparaître pour faire place à un parlement pluraliste. En troisième lieu la décentralisation doit être mise en œuvre.

Tous les prisonniers politiques doivent être élargis. La liberté de la presse doit être consacrée. Des négociations doivent être engagées avec M. AHMED DINI, le président légitime du FRUD.

En faisant ces propositions je ne recherche aucun intérêt personnel, mon but est tout simplement de voir mon pays réconcilié avec lui-même et bénéficier de la considération de la communauté internationale.

Militantes, Militants,

Je conclus mon discours par ces quelques informations : J’ai le regret de vous annoncer que notre frère AMIR ADAWEH ROBLEH n’a pas donné de ses nouvelles depuis plus de 3 mois.

Personne ne sait où il est, y compris sa famille. Il aurait dit à ses amis, avant de disparaître, qu’il souffrait du cœur à cause de la chaleur et qu’il se rendrait en Ethiopie pour se reposer.

Des rumeurs insistantes disent qu’il serait en prison en Ethiopie mais nous n’avons rien qui puisse donner foi ces rumeurs. Nous ne ménagerons aucun effort pour retrouver sa trace.

Comme vous le savez, AMIR est un grand militant de notre parti. Il est Rédacteur en Chef de notre journal  » La République  » et membre du Bureau Politique. Nous procéderons aujourd’hui à des remises de distinctions à nos militants les plus méritants.

Il y aura trois sortes de distinction, la première étant la  » GRANDE ETOILE DU MILITANT « , la seconde  » LE MILITANT EXEMPLAIRE  » et la troisième  » LE MILITANT EMERITE « .

Bravo pour les récipiendaires. Le PND porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que le PND ne publie plus son journal  » La République  » en raison des entraves dont souffrent la liberté d’expression dans notre pays.

Toute publication se réclamant de ce titre est un faux.

Militantes, Militants,
Chers frères et sœurs,

je vous remercie de votre attention.

Fait à Djibouti, le 13 Septembre 1999
ADEN ROBLEH AWALEH
Président du PND

28/09/1999: Aden ROBLEH expose comment le régime jiboutien s’attaque aux enfants des opposants en compromettant scandaleusement leur avenir

PND
PARTI NATIONAL DEMOCRATIQUE

LIBERTE – RESPONSABILITE – SOLIDARITE

B.P : 10204
Tel : 34 21 94
Adresse internet : awaleh@intnet.dj

DJIBOUTI, le 31 août 1999

COMMUNIQUE

Pour moi, faire ce communiqué n’allait pas de soi. Je m’y suis résolu après d’intenses et mûres réflexions. La raison en est que je n’appartiens pas à ce genre de personnes promptes à crier sur les toits à chaque fois qu’elles se heurtent à la moindre injustice.

Etant conscient de ma haute responsabilité en tant qu’homme politique j’évite d’envenimer les choses à tout bout de champ.

Au cas où il m’arrive d’être confronté à un acte arbitraire de la part de l’Administration Publique – et il en arrive assez souvent à mon entourage et à moi – je me pose toujours cette même question :  » est-ce un acte délibéré ou tout simplement un acte fortuit  » ?

Cette fois je ne peux ne pas réagir car l’injustice qui me frappe n’a rien de fortuit ; elle découle d’actes prémédités. Elle est d’autant plus intolérable et inacceptable qu’elle vise mes enfants..

Tout se passe comme si le régime en place a délibérément décidé de m’atteindre en tant qu’opposant en s’en prenant à l’éducation de mes enfants.

Voici les faits :
mon fils aîné DJIHAD ADEN ROBLEH a été exclu définitivement du lycée d’Etat en 1995 pour une simple faute de jeunesse qui aurait pu, tout au plus, entraîner, comme sanction, une exclusion d’une année.
Mon fils était sur le point de passer son examen de baccalauréat. Il avait derrière lui un cursus scolaire brillant. Il n’avait jamais redoublé puisqu’il figurait toujours parmi les meilleurs élèves ; aujourd’hui, il est dans la rue et son avenir est ruiné.

ma fille RAÏSSO ADEN ROBLEH n’avait pu accéder, l’année dernière, à la classe de seconde alors qu’elle avait une moyenne de 11,40 /20. La plupart de ses camarades de classe avaient pu, quant à eux, le faire avec des moyennes largement inférieures à la sienne ;

ma fille IDIL ADEN ROBLEH vient d’obtenir le baccalauréat cette année 1999. Elle figure parmi les élèves ayant obtenu les meilleures notes. En plus, elle est la seule djiboutienne à avoir gagné le  » Mot d’Or  » sanctionnant le concours annuel de la francophonie. Ses camarades de promotion viennent d’obtenir des bourses d’études de l’Etat pour poursuivre des études universitaires à l’extérieur du pays, étant donné qu’il n’y a pas d’université à Djibouti. Ma fille en est exclue.

Elle se souviendra certainement toute sa vie de cette injustice qui a fait que deux bachelières de même classe qu’elle aient eu droit à l’université pour la seule raison que l’une d’elle est la fille de YASSIN YABEH, général de la police et l’autre la nièce de ISMAÏL OMAR GUELLEH.

Le nouveau  » ministre  » de l’éducation nationale, M. ABDI IBRAHIM ABSIE a, paraît-il, tout simplement déclaré :  » pas question de bourses d’études pour les enfants d’ADEN ROBLEH AWALEH « .

L’ironie du sort est que ce dernier avait bénéficié d’une bourse d’études de la part du Front de Libération de la Côte des Somalis (FLCS) que je dirigeais au temps de la lutte pour l’indépendance. Je lui rappelle que la commission de bourses du FLCS avait même fermé les yeux sur le fait qu’il était natif de l’Ethiopie ! S’il est aujourd’hui ingénieur, je peux dire que c’est grâce à moi.

Le FLCS accordait, comme il se doit, une importance capitale à la formation des djiboutiens. Je suis fier d’avoir contribué à la formation d’un grand nombre de djiboutiens qui sont aujourd’hui aux commandes de l’Etat dont, par exemple, le directeur de l’Electricité de Djibouti (EDD), Djama Ali Guelleh.

Il semble que les deux  » ministres  » qui se sont succédés à la tête du département de l’éducation nationale (l’ancien, M. AHMED GUIREH, aujourd’hui promu ministre délégué auprès du premier ministre et le nouveau, M. ABDI IBRAHIM ABSIEH) ne cachent pas leur  » satisfaction  » d’avoir mis  » hors d’état de nuire  » les enfants d’ADEN ROBLEH AWALEH.

S’opposer à l’éducation des enfants c’est vouloir assassiner leur avenir. Que les enfants djiboutiens soient victimes des mines ou d’un système politique diabolique il n’y a pas de différence, le résultat est le même.

Telle est la nature du régime en place dans notre pays depuis plus de 22 ans. Je sais que le déni de justice qui frappe ma famille n’est pas un cas isolé, il constitue la base du système de gouvernement en place.

Le régime en place dans notre pays a une étrange conception de l’Etat. Il pense que le rôle d’un Etat est de pouvoir employer toute forme de violence pour  » obtenir l’obéissance du peuple « . Il s’agit là d’une mentalité typique du système colonial.

Pour ce régime, le peuple est considéré comme l’ennemi numéro un. Toute l’énergie des tenants du régime semble orientée vers un seul but : mater le peuple pour se maintenir au pouvoir !

Toute opposition larvée ou déclarée doit être  » écrasée « . Le régime djiboutien fonctionne pour le seul profit des tenants du pouvoir et leur clientèle.

Personnellement, j’ai toujours été la bête noire du régime. Je sais que je suis l’homme à abattre par tous les moyens. Cependant, quelles que soient les menaces qui pèsent sur moi, je ne quitterai pas mon pays. Tant que j’aurai un souffle de vie je continuerai de lutter, ici sur place, pour la démocratie, seul système susceptible d’offrir à mon pays et à mon peuple l’état de droit, les droits humains et le développement.

Le déni de justice dont sont victimes ma famille et tant d’autres djiboutiens confirme la justesse de mon combat. Pour l’avenir de mes enfants je n’ai d’autre alternative que de m’adresser aux pays épris de droits de l’Homme. Je lance un appel pressant aux ambassades accréditées à Djibouti pour que mes enfants obtiennent des visas et éventuellement des bourses d’études.

Il me semble opportun de publier ici les différents courriers que j’avais adressés à l’Etat djiboutien pour essayer de lever les obstacles auxquels étaient confrontés mes enfants.

——————– Lettre N° 1 ——————–

ADEN ROBLEH AWALEH
Président du PND

Djibouti, le 19 avril 1996

Monsieur Ahmed Guirreh ,
Ministre de l’Education Nationale DJIBOUTI

Monsieur le Ministre,

Mon fils DJIHAD ADEN ROBLEH fait l’objet d’une mesure d’exclusion de la part du Lycée d’Etat de Djibouti. C’est ainsi qu’il n’a pu reprendre ses cours pour l’année scolaire 1995/1996 après son échec au bac pour l’année 1994/1995.

Mon fils avait commis une faute que l’on peut qualifier de lourde puisqu’il avait demandé à un de ses amis lycéens de passer l’examen du bac pour son compte.

La mesure d’exclusion venue sansctionner cette faute était certainement justifiée, car une telle faute ne pouvait rester impunie.

A l’époque, comme je l’avais fait savoir par écrit au proviseur du lycée, j’avais totalement approuvé cette sanction.

Je pense qu’en matière de scolarité une année d’exclusion est suffisamment expiatoire.

DJIHAD n’a jamais cessé de regretter son acte. Il a beaucoup mûri. A présent il est sur le chemin de la sagesse.

Compte tenu de son âge – 19 ans – on ne peut pas ne pas se soucier de son avenir. Je pense qu’il mérite notre pardon.

Je vous prie de vouloir bien rapporter la mesure d’exclusion pour que DJIHAD puisse réintégrer le lycée et reprendre ses cours pour l’année 1996/1997.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de ma haute considération.

——————– Lettre N° 2 ——————–

ADEN ROBLEH AWALEH
Président du PND

Djibouti, le 30 août 1998

Monsieur le Général de Division
YACIN YABEH GALAB
Commandant de la Force Nationale de Police DJIBOUTI

Mon Général,

Ayant convaincu mon fils DJIHAD ADEN ROBLEH d’embrasser une carrière dans notre Force Nationale de Police j’ai l’honneur de solliciter de votre haute bienveillance votre appui. DJIHAD est âgé de 22 ans.

Après avoir échoué au bac je l’ai envoyé en Tunisie où il a fait une année d’informatique et de gestion dans une école appelée  » Ecole Supérieure d’Informatique et de Gestion « .

Il est admissible en deuxième année de cette école (voir documents ci-joints) mais malheureusement je ne peux le maintenir en Tunisie faute de moyens financiers.

A présent il se trouve à Djibouti. Mon souhait est de voir DJIHAD intégrer une école d’élèves-officiers.

Veuillez agréer, Mon Général, l’assurance de ma haute considération.

——————– Lettre N° 3 ———————

ADEN ROBLEH AWALEH
Président du PND

Djibouti, le 30 août 1998

Monsieur le Général de Division
FATHI AHMED HOUSSEIN
Commandant de la Force Armée Djiboutienne DJIBOUTI

Mon Général,

Ayant convaincu mon fils DJIHAD ADEN ROBLEH d’embrasser une carrière dans notre Armée Nationale j’ai l’honneur de solliciter de votre haute bienveillance votre appui. DJIHAD est âgé de 22 ans.

Après avoir échoué au bac je l’ai envoyé en Tunisie où il a fait une année d’informatique et de gestion dans une école appelée  » Ecole Supérieure d’Informatique et de Gestion « .

Il est admissible en deuxième année de cette école (voir documents ci-joints) mais malheureusement je ne peux le maintenir en Tunisie faute de moyens financiers.

A présent il se trouve à Djibouti. Mon souhait est de voir DJIHAD intégrer une école d’élèves-officiers, si possible dans la Gendarmerie Nationale.

Veuillez agréer, Mon Général, l’assurance de ma haute considération.

——————– Lettre N° 4 ———————

ADEN ROBLEH AWALEH

Président du PND

Djibouti, le 30 août 1998

Monsieur Abdallah Chirwa
Ministre de la Défense Nationale

DJIBOUTI

Monsieur le Ministre,

J’ai l’honneur de vous transmettre ci-joint la copie d’une lettre que j’ai adressée au Général FATHI au sujet de mon fils DJIHAD ADEN ROBLEH..

Je compte sur votre soutien pour ce qui concerne cette demande.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de ma haute considération.

——————– Lettre N° 5 ———————

ADEN ROBLEH AWALEH
Président du PND

Djibouti, le 27 juillet 1998

Monsieur, Abdi Ibrahim Absieh
Ministre de L’Education Nationale
D J I B O U T I

Monsieur le Ministre,

Ma fille IDIL ADEN ROBLEH a obtenu le bac cette année. Je souhaite qu’elle puisse bénéficier d’une bourse d’études de la part de notre pays. IDIL est très motivée pour poursuivre des études supérieures.

Je pense qu’elle mérite d’être soutenue. Parallèlement au bac elle a obtenu le  » mot d’or  » 1999.

D’autre part, je vous soumets le cas de ma seconde fille RAÏSSO ADEN ROBLEH.

Celle-ci vient de terminer sa première année du Lycée Technique (LIC). Il semble qu’il est possible que des élèves de ce Lycée puissent réintégrer le Lycée d’Etat.

C’est ce que souhaite vivement ma fille RAÏSSO qui estime avoir été victime d’injustice pour avoir été dirigée vers le LIC alors qu’elle devait poursuivre, l’année dernière, ses études secondaires au Lycée d’Etat.

Selon elle, le Lycée d’Etat avait gardé des élèves ayant obtenu des notes bien inférieures aux siennes.

Cette situation l’avait plongée dans une grande frustration.

Je vous prie de vouloir bien examiner son cas. Je vous fais parvenir ci-joint les documents afférents aux situations d’IDIL et de RAÏSSO.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de ma considération.

27/09/1999: Lettre ouverte du FODEP à l’Ambassadeur d’Ethiopie en Belgique – Annonce d’une manifestation devant l’Ambassade

FORUM POUR LA DEMOCRATIE ET LA PAIX

Rue de Moscou, 18
1060 Bruxelles

Bruxelles, le 27/09/1999

A Monsieur l’ambassadeur d’Ethiopie en Belgique

Avenue de Tervueren 231
1150 Bruxelles

Excellence,

Le 27 septembre 1997, votre gouvernement a kidnappé et remis aux autorités Djiboutiennes des opposants politiques – dont une femme enceinte- qui étaient de passage dans votre pays.

Ceci en violation des règles internationales.

Le parlement européen a condamné à deux reprises en décembre 1997 et en mai 1999, les conditions dans lesquelles ces opposants ont été arrêtés et actuellement détenus à Djibouti.

Les personnes ainsi appréhendées puis livrées sommairement aux autorités Djiboutiennes sont :

a) Dix ont été arrêtés en Ethiopie par l’armée Ethiopienne.

1- Mohamed Kadamy
2- Mme Aicha Dabalé (épouse de Kadamy)

3- M. Ali Maki
4- M. Kamil Mohamed Ahmed(dit Kabir)

5- M. Mohamed Daoud Chehem
6- M. Mohamed BoullaHassan
7- M. Osman Dardar
8- M. Badoul
9- M. Bourhan Mohamed Cheik

10-M. Houssein Ali Houmed( dit Gambel-Ali)

b) Quatre autres l’ont été dans la république de Djibouti, également par l’armée Ethiopienne à Sakhisso, 20km à l’intérieur du territoire Djiboutien.
11-M. Ali Wal’o
12-M. Ali Houssein Mohamed
13-M. Aden Yabeh
14-M. Ibrahim Moussa Hamad

Monsieur l’ambassadeur, L’ingérence de votre pays dans les affaires internes de Djibouti risque d’embraser toute la région.

Dernièrement, l’Ethiopie a fournie au régime de Djibouti hommes et armes pour combattre l’opposition armée du Front pour la Restauration de l’Unité et de la Démocratie.

C’est pour protester contre tous ces agissements que nous manifestons aujourd’hui et vous prions de transmettre à votre gouvernement notre colère et indignation.

Veuillez croire, Excellence, en nos salutations distinguées. Forum pour la Démocratie et la Paix

26/09/1999 De quoi M. GUELLEH a-t-il peur ? (ARDHD)

un régime à la dérive ?

Des difficultés qu’il rencontre avec le FMI pour l’obtention d’un prêt,

Des réticences justifiées de la France pour continuer à financer son régime de dictature,

De sa rupture avec son Ex-Responsable de la Police, le général Ali Médical WAIS, qu’il vient de faire emprisonner,

Des retards de plusieurs mois dans le paiement des salaires des fonctionnaires
De la reprise des combats dans le Nord contre les résistants du FRUD qui sont maintenant capables de « descendre » des hélicoptères, comme ils viennent de le prouver,

De la condamnation de son régime par le Parlement européen, par l’OUA et par de nombreuses institutions internationales,

De la privation des libertés individuelles : confiscation des passeports, etc..
De l’organisation de procès sans défenseurs libres, au mépris des accords franco-djiboutiens d’assistance judiciaire,

De la mainmise sur le Conseil de l’Ordre des avocats . Se méfier en particulier des avocats membres du Conseil : Maîtres DINI, MONTAGNE et Wabat DAOUD,
qui auraient perdu leur indépendance ….
De l’emprisonnent de tous les journalistes de l’opposition.
De l’interdiction de tous les journaux d’opposition,

De l’arrestation avec violence (un mort et plusieurs blessés) du candidat de l’opposition unifiée M. Moussa IDRIIS, le 23/09,
etc..

En réalité, Monsieur GUELLEH est « aux abois »
et il cherche de l’argent auprès de tous les pays

pour acheter des armes,

pour recruter des mercenaires,
pour se protéger du peuple qu’il étrangle depuis des années,

pour financer les dépenses somptuaires de son épouse
et de sa suite :

15 personnes au Claridge (4****L)
à Paris pendant plus d’un mois !!!

Une somptueuse villa à Djibouti construite avec les fonds publics et les aides internationales

Alors que les salaires ne sont plus payés à DJIBOUTI .. !