29/10/1999 – Remerciements pour l’ouverture de cette tribune.

Il me fait très plaisir de constater vos efforts pour défendre et préserver une liberté d’expression bien mal menée par le pouvoir en place a Djibouti.

Je suis un compatriote vivant a Montréal (Canada)et pour qui l’espoir de retourner un jour dans un pays libre et démocratique a beaucoup d’importance.

Chaque jour que dieu fait j’essaie de trouver des idées pour conscientiser nos compatriotes ici afin de leur faire comprendre que la réalité n’est pas ce qu’elle semble être à leur yeux.

AAR.

29/10/1999 – Je vous encourage dans votre lutte contre la dictature (lecteur).

Les Djiboutiens qui comprennent les enjeux d’aujourd’hui vous remercient de vos actions, et vous encouragent a oeuvrer dans cette voie .J’essaie de mon cote de collecter toutes les informations concernant Djibouti, malheureusement mes etudes me laissent tres peu de temps.

Depuis quelques annees, je tente de comprendre qu’elles sont les personnes qui sont opposees a tout changement, qui voudraient que cette penible situation dure a Djibouti.

Ca m’etonne pas que des gens vous ecrivent pour vous traiter de n’importe quoi, ces gens m’interessent beaucoup car ils font partie de ceux qui vont perdre en cas de changement de
situation ….

Je vous remercie d’avance, et vous encourage dans votre lutte contre la dictature .

29/10/1999 – dur dur d’être parent face à un gouvernement rapace.

Parler au nom de la liberté est un acte noble!!!
Noble parce que la vie humaine a été octroyé par
Dieu; acte divin, cadeau divin, vie qui appartient à Dieu et qui doit être reprise par Dieu. Mais quand un être humain enlève la vie à un autre, il s’oppose à la volonté de Dieu, à la minute où Il a conçu cet être, il a aussi prévis l’heure et la dâte de sa mort: c’est pour ça que le meurtre est un pêché très grave!!!

Il en est de même pour la privation de la liberté; aucun être humain n’a le droit de priver de liberté, à moins celui-ci ait enfrein celle des autres citoyens.

Parler au nom de la liberté c’est dormir, vivre avec ce refrain : NON À L’ARBITRAIRE!!!

Un Etat commet un crime quand il tourmente les coeurs de milliers de parents qui ont dépensés tant pour éduquer leurs enfants. Ils ont
rêvé haut pour leurs enfants, afin que ceux derniers acquièrent le Savoir que eux n’on pu avoir; ils auront une meilleurs vie que la notre disaient-ils chaque soir avant de dormir tout en caressant, sous l’oreiller, l’indépendance acquise après des années d’incertitude : demain, nous aussi aurons les fruits de nos efforts grâce à nos enfants.

Les enfants ont grandi, étudiés et sont revenus avec des diplômes.

C’était à leur tour de rêver; construction de maisons pour leurs parents afin que ces derniers se reposent enfin! Pélerinage à la Mecque, récompense sûpreme et geste qui couronne une vie de prière pour la réussite des enfants, geste-laurier dans l’imaginaire collectif de notre pays…

En descendant de l’avion qui les ramène au pays qu’est-ce qu’ils constatent?

Que le favoritisme a pris du poids, que la corruption est le sport le plus favoris depuis que les terrains de foot ont été remplacés par des
duplexes, que TU ES LE FILS DE QUI est le seul diplome national qu’on accepte dans ce pays «jeunesse-ticide».

L’État est criminel, non pas seulement à cause de ces réseaux clientèlistes ou de sa milice monotribal armée jusqu’aux dents, mais aussi à cause de tous ces coeurs endoloris, tous ces années d’efforts, tous ces espoirs trompés de tous les parents ; dur dur d’être parent face à un gouvernement rapace.

L’herbe ne poussera pas tant que les vautours continueront de tourner dans le ciel djiboutien.
NON AU SILENCE !!!!!!

S.

29/10/1999 – 45 PRISONNIERS POLITIQUES EN GRÈVE DE LA FAIM A LA PRISON DE GABODE – La situation des Droits de l’Homme à Djibouti s’aggrave chaque jour. (ARDHD)

COMMUNIQUE DU VENDREDI 29 OCTOBRE
ET APPEL URGENT A INTERVENTION

45 PRISONNIERS POLITIQUES
EN GRÈVE DE LA FAIM
A LA PRISON DE GABODE

La situation des Droits de l’Homme à Djibouti
s’aggrave chaque jour.

Tous les prisonniers politiques détenus à la prison de Gabode ont entamé une grève de la faim pour une durée illimitée. Par cette action, ils protestent
contre les conditions inhumaines de leur détention :

entassés dans des cellules exiguës, sans ucune hygiène ni soins médicaux. Il y a une épidémie de
tuberculose et depuis le début année, deux prisonniers sont déjà morts, faute de soins.
contre les incarcérations arbitraires : la majorité des prisonniers politiques sont détenus « en préventive » sans jugement ni même un début d’instruction depuis 24/26 mois pour certains : ils n’ont jamais rencontré un juge d’instruction … (On appelle cela les ‘peines présidentielles’)
Cette grève de la faim est la deuxième en 1999. La première avait commencé le 29 mars 1999. Par solidarité avec eux, une quinzaine de djiboutiens, réfugiés politiques, avaient participé
à Bruxelles et à Paris/Bagnolet.

Ces derniers, au nombre de neuf, avaient reçu les visites de M Charles Josselin Ministre français délégué à la coopération, de Madame F. Mitterrand et de Monseigneur J. Gaillot.

Le 3 mai 1999, les grévistes, épuisés, avaient mis un terme à leur mouvement après avoir reçu des assurances formelles de la part de la France sur l’amélioration des conditions de détention
dans la prison de Gabode : envoi d’une mission de la Croix-Rouge et de l’observatoire des Prisons.

On constate aujourd’hui, contrairement aux engagements officiels, que les conditions de détention, au lieu de s’améliorer, se sont dégradés dramatiquement :

les plafonds menaces de s’écrouler sur les prisonniers, les prisonniers ne reçoivent aucun soin malgré le développement des épidémies…
Notre association lance un appel d’urgence à toutes les Associations et aux hommes politiques français et européens pour qu’ils interviennent immédiatement auprès du Gouvernement djiboutien, afin d’imposer le respect des Droits de l’homme à Djibouti :

amélioration des conditions de détention : locaux adaptés, hygiène et soins médicaux,

libération de tous les prisonniers politiques non condamnés ou ne faisant pas l’objet d’une instruction judiciaire,

cessation des arrestations et des détentions arbitraires,

restauration immédiate de la liberté de la presse et libération des journalistes,

restitution des passeports de toutes les personnalités et rétablissement
de la liberté de circulation,

rétablissement de la liberté d’exercer librement les professions,

Les pays européens ont les moyens d’imposer le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti en lui subordonnant le versement des aides financières qui ont été approuvées récemment par la France et par le FMI.

Nous rappelons que le régime djiboutien a été condamné par le Parlement européen
le 6 mai 99 en raison des nombreuses violations des Droits de l’Homme enregistrées sur place.
(Informations)

Ces mêmes violations ont été dénoncées par de nombreuses Associations et Organisations
françaises et internationales.

Parmi elles :
AFADD, Agir ensemble, Alliance francophone, Amnesty International, Avocats sans Frontières, Centre pour l’Indépendance des Magistrats et des Avocats, Chambre Pénale de Venise, Comité International des juristes, Conseil National des Barreaux, FIDH – Fédération Internationale des Droits de l’Homme, Institut des Droits de l’Homme du Barreau de Bordeaux, Justice et Liberté, Lawyers Committee for Human Rights, LIDH – Ligue Internationale des Droits de l’Homme, OMCT – Organisation Mondiale contre la Torture, OUA – Organisation de l’Unité Africaine, Parti Socialiste Français, Reporters sans Frontières, Survie, Union Européenne des Avocats et de nombreuses autres …
(Liste complète )

L’ancien Président Hassan Gouled APTIDON et son neveu Ismaël Omar GUELLEH ont fait l’objet d’une plainte pour CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ qui a été déposée par notre Association le 4 mars 1999 sur le bureau du Procureur du T.G.I. de Paris.
Informations

Communiqué rédigé par

Jean-Loup SCHAAL
E-Mail : schaal@ardhd.org
ARDH
Tel : 33 (0)1.46.34.70.70
Fax : 33 (0)1.46.34.25.93

28/10/1999 – Lettre de Jean-Claude LEFORT, député, à Hubert VEDRINE, Ministre français de A.E.

Jean-Claude LEFORT
Député du Val-de-Marne
126 rue de l’Université
75355 PARIS Cedex 07 SP

Le jeudi 28 octobre 1999

M. Hubert VEDRINE
Ministre des Affaires Étrangères
37 quai d’Orsay
75351 Paris Cedex 07

Monsieur le Ministre,

Je tiens à attirer vivement votre attention sur la situation des prisonniers politiques incarcérés dans la prison de Gabode à Djibouti.

Plusieurs dizaines de militants démocratiques sont torturés et emprisonnés sans jugement, depuis plusieurs années, dans des cellules de 2 à 3 mètres carrés et des conditions d’insalubrité effroyables. Plusieurs sont morts de l’absence de soins, d’autres sont mourants.

Au mois d’avril dernier, la grève de la faim de ces prisonniers, relayée par plusieurs exilés djiboutiens à Paris et Bruxelles, avait débouché sur l’envoi de plusieurs missions d’enquête du CICR, de la FIDH, du ministère français de la Justice et de l’Observatoire international des prisons.

Devant l’absence d’améliorations concrètes, les 45 prisonniers politiques, dont une trentaine de membres du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD), ont repris leur grève de la faim le 19 octobre. Ils demandent des soins immédiats aux détenus malades et blessés, l’accès à des avocats, la subordination de l’aide française au respect des droits humains à Djibouti.

En effet, la France est présente à Djibouti par la présence d’une base militaire de 3200 hommes. Elle soutient économiquement le régime du nouveau Président Omar Guelleh, neveu du précédent Président qui, en vingt-trois ans de règne, a ramené son pays au rang des pays les plus pauvres du monde.

Le non-respect des droits démocratiques s’est encore illustré récemment quand les journalistes de France 2 se sont vus arrêtés, et leurs films détruits, alors qu’ils tournaient un sujet sur ce pays.

Au regard du poids de la France auprès du régime de Djibouti, je vous demande, d’intervenir instamment, Monsieur le Ministre, pour obtenir la libération et le respect de ces prisonniers politiques.

En vous remerciant par avance de l’attention que vous porterez à cette situation, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en mes plus sincères salutations.

Jean-Claude LEFORT
Député du Val-de-Marne
Membre de la Commission
Des affaires étrangères

27/10/1999 – Prison de Gabode : Grève de la faim de tous les prisonniers politiques pour une durée illimitée (depuis le 19 octobre) Lettre conjointe.

DES PRISONNIERS POLITIQUES

Gabode, le 19.10.99

A Monsieur le Procureur Général de la République
s/c du Directeur Général de la prison de Gabode

Objet : grève de la faim

nous, soussignés les prisonniers politiques détenus à la prison de Gabode, informons par la présente lettre les autorités judiciaires théoriquement compétentes, pour connaître de la situation des détenus et de la prison, que nous entamons une grève de la faim d’une durée illimitée à partir du 19.10.99.

Nous entendons protester :

– contre les détentions arbitraires, pour des motifs politiques, contre les détentions provisoires prolongées qui constituent des condamnations de fait (appelées  » les peines de la présidence « ) faisant fi de la présomption d’innocence.

– contre l’absence totale de soins aux prisonniers : la dernière victime morte par manque de soins le 29.08.99, M. Wandassem Hailé Mariam.

– contre la détérioration de la situation sanitaire en raison des cas de plus en plus nombreux de tuberculose non soignée depuis la dernière grève de la faim (il y a cinq ans)

– contre l’insalubrité, la vétusté des locaux faisant craindre pour la survie des détenus : des plafonds non étanches risquant à tout moment de tomber (comme cela s’est produit il y a quatre mois)

Veuillez croire, monsieur le Procureur Général, en l’expression de notre considération.

Les prisonniers politiques

27/10/1999 – Lettre de Me MONTENOURG à M. Ch. JOSSELIN, ministre français délégué à la coopération, en réaction à l’expulsion de deux journalistes de France 2

ARNAUD MONTEBOURG
DÉPUTÉ DE SAÔNE ET LOIRE
SECRÉTAIRE DE LA COMMISSION DES LOIS
PRÉSIDENT DU GROUPE D’AMITIÉ France DJIBOUTI

Paris, le 27 octobre 1999

Monsieur Charles JOSSELIN
Ministre Délégué à la Coopération
20 rue Monsieur
75700 PARIS

Monsieur le Ministre Délégué,

Deux journalistes, Éric Monier et Roger Motte, envoyés spéciaux de la chaîne de télévision France 2, chargés d’enquêter sur l’utilisation de l’argent public français à Djibouti ont été expulsés par les autorités politiques du territoire djiboutien, le 22 octobre dernier, après que leurs effets personnels et leurs documents de travail ont été confisqués.

Ces pressions exercées contre des journalistes ne surprennent pas la représentation nationale. Nous n’ignorons pas que depuis la condamnation en appel à six mois de prison, le 20 octobre dernier, du rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le Renouveau et du directeur du mensuel Le Temps, accompagnée d’une suspension de six mois de ces journaux, la presse est censurée à Djibouti.

Il paraît plus étonnant que le pouvoir Djiboutien se prévale pour justifier les mesures qu’il a prises à l’encontre de l’équipe de France 2 de ce que le travail de ces journalistes porterait  » atteinte aux relations entre les gouvernements français et djiboutiens « .

L’équipe de France 2 s’est rendue à Djibouti afin d’effectuer une enquête sur l’utilisation de l’argent public français à Djibouti. Notre pays a consacré depuis deux cents ans le principe de la liberté d’expression.

Il est impérieux que le Gouvernement français, directement impliqué dans cette affaire par les déclarations du Ministère de la Communication djiboutien, rappelle aux autorités djiboutiennes ce que suppose cette liberté fondamentale.

Je vous demande, Monsieur le Ministre délégué, de bien vouloir me transmettre dans les plus brefs délais par laquelle le Gouvernement français a condamné les expulsions pratiquées par le Gouvernement djiboutien et les mesures de rétorsion que la France entend prendre sans délai.

Je vous prie, Monsieur le Ministre Délégué, en l’assurance de mon attentive considération.

Arnaud MONTEBOURG

27/10/1999 – Entretien du Général Kelche, Chef d’état-major des Armées françaises avec Christophe Boisbouvier sur RFI le 21/10

RADIO France INTERNATIONAL – RFI –

Le jeudi 21 octobre 1999

Entretien de M. Kelche,
Chef d’état-major des Armées françaises

avec Christophe Boisbouvier

Christophe Boisbouvier : Vous êtes le chef d’état-major des Armées françaises. Le gouvernement djiboutien affirme que l’Érythrée soutient les rebelles du FRUD. Est-ce que vous avez des informations qui vont dans le même sens ?

Général Kelche : nous n’avons pas de présence dans la zone la plus difficile, celle qui fait l’objet de minages, voire même d’affrontements comme en juillet dernier à Medeho. Nous n’avons pas d’information directe. Il est clair, effectivement, que les Djiboutiens disent que le FRUD reçoit un soutien érythréen.

Ch. B : alors est-ce que vous avez des informations qui vont dans le même sens ?

G. K. : Je ne peux pas faire d’état d’information directe française sur ce point.

Ch. B : Est-ce que vous ne craignez pas d’être entraînés dans une intervention militaire interne à Djibouti dans un conflit entre le gouvernement et le FRUD ?

G. K. : Ceci est hors de question. Nous n’interviendrons pas dans un problème interne de la république de Djibouti. Et nos amis djiboutiens en sont d’ailleurs parfaitement conscients et d’accord.

Ch. B : alors vous savez comme moi que Djibouti a choisi son camp dans cette guerre Ethiopie-Erythrée. Elle a choisi l’Éthiopie et elle a rompu avec l’Érythrée. Est-ce que ce choix djiboutien ne vous met pas en porte-à-faux dans ce conflit Erythrée-Ethiopie ?

G. K. : Djibouti n’est pas engagé dans le conflit à côté de l’Éthiopie. Et nous n’encourageons pas du tout la république de Djibouti à s’engager dans ce sens. Il est certain que les facilités portuaires de Djibouti ont toujours été utilisées par l’Éthiopie et continuent de l’être. Cela ne fait pour autant de la république de Djibouti une partie prenante au conflit.

Ch. B : Quelle précaution prenez-vous, c’est bien faire comprendre aux pays qui entourent Djibouti que nous sommes solidaires des Djiboutiens en ce qui concerne l’intégrité de leur territoire. Donc, nous mettons en garde les pays voisins en disant : vous ne pouvez pas utiliser le territoire de Djibouti pour mener vos conflits.