29/02/2000 – SOS AFRICA fête ses dix ans. Jean-Michèle POUCHELLE, son Président, raconte sa vie au service des populations africaines et son INCARCÉRATION à DJIBOUTI . (Le journal d’Abbeville / Le Courrier Picard)

Jean-Michel Pouchelle apportant soin et réconfort aux malades dans le Nord de Djibouti avant son arrestation en 1994 « pour soutien à l’ennemi »

nous avons relevé plusieurs interviews de Jean-Michel Pouchelle dans la Presse du Nord de la France.

Journal d’Abbeville :

« ….Arrêté en août 1994 par deux policiers du pays dans un camion de l’UNICEF. Condamné à six, puis huit mois de prison, il est tout d’abord emprisonné dans la prison civile de Gabode, avant de rejoindre l’hôpital Peltier de Djibouti-Ville, suite à une nouvelle grève de la faim. Mais ce qui aura le plus marqué Jean-Michel Pouchelle, c’est la « farce » qui suivra : « On m’a transféré à Fleury-Merogis pour finir une peine que je ne méritais pas. 25 jours à Fleury-Merogis et mon honneur perdu… J’ai également une pensée pour le délégué djiboutien de l’Association, (Me AREF), interdit de quitter le territoire et d’exercer sa profession d’avocat »….

Courrier Picard :
« … Jean-Michel Pouchelle ne peut se résigner à rester impassible à ce qui se passe dans ce pays (Djibouti) soutenu par le gouvernement français, d’autant plus que le délégué djiboutien de SOS AFRICA, Mohamed AREF, avocat a été condamné par la dictature et jeté en prison… »

« … Après l’épisode de Djibouti, SOS AFRICA a continué son action, cette fois au Burkina Faso. Le Gouvernement Burkinabé a laissé l’ONG conduire son programme humanitaire, axé sur l’éducation et la santé… »

28/02/2000 – REPRISE DES COMBATS À LA FRONTIÈRE ÉRYTHRÉO-ÉTHIOPIENNE. –(Extrait des Nouvelles d’ADDIS)

Extrait des Nouvelles d’ADDIS : www.lesnouvelles.org

Prémices de l’offensive éthiopienne annoncée ou pression médiatique internationale autour d’une escarmouche ? Les deux peut-être.

Dimanche 20. — À l’occasion des festivités du 25ème anniversaire du début du soulèvement armé du Front populaire de libération du Tigray (TPLF) contre Menguistu Haïlé Mariam, le Premier ministre éthiopien, Mélès Zénawi, menace d’user de « tous les moyens » pour « restaurer la souveraineté » et exige le retrait érythréen de « chaque pouce de territoire éthiopien ».

Mercredi 23. — Le porte-parole de la présidence érythréenne, Yemane Ghebremeskel, annonce « une attaque d’une brigade éthiopienne tôt ce matin » sur le front est (80 km du port érythréen d’Assab).

Jeudi 24. — La porte-parole du gouvernement éthiopien, Salomé Tadesse, accuse Asmara d’avoir provoqué ces « accrochages […] de faible intensité ».

28/02/2000 – PROJET DE JOURNÉES D’ÉTUDE ET DE RÉFLEXION SUR L’INTÉGRATION AFRICAINE (par AREF MOHAMED AREF)

L’ensemble du continent africain traverse une période difficile dans son histoire et, peut-être, la plus délicate. En effet, à la suite de la déclaration de faillite du communisme en ex-URSS, le vent de liberté et de démocratie qui a soufflé sur les pays de l’Europe Orientale a aussi atteint l’Afrique.

Mais dans la plupart des états, les problèmes demeurent et tournent tous principalement autour de trois maux dont souffrent terriblement les Africains :

– le Nationalisme à base tribale, ethnique ou clanique ;

– l’absence totale de démocratie véritable ;

– le sous-développement économique.

Le tout vecteur d’une corruption effrénée et dévastatrice.

Sans entrer dans les détails, pour rechercher des solutions éventuelles, deux cadres sont généralement envisagés par les uns ou les autres mais une troisième approche semble plus appropriée et en tout cas mérite une sérieuse et profonde réflexion d’autant que les institutions de ce type doivent être pensées pour régir plusieurs générations et non répondre à des besoins conjoncturels.

1°/ La première voie est celle qui consiste à dire que puisque le mal le plus profond dont souffre l’Afrique est le nationalisme résultant du découpage colonial, il suffirait de refaire un tracé des frontières épousant l’occupation ethnique ou tribale des populations concernées, on ferait ainsi disparaître les rivalités tribales dans chaque pays ainsi créé.

Aussi séduisante qu’elle puisse paraître, cette solution ne paraît plus réalisable aujourd’hui car elle sera sans aucun doute, un peu à l’image de ce qui se passe en Yougoslavie, source de conflits après et sans fin, même entre deux ensembles ayant instauré respectivement un régime parfaitement démocratique.

2°/ La seconde position qui est apparemment la plus répandue consiste à dire que tout en gardant telles quelles les frontières héritées de la colonisation, il suffit d’introduire la démocratie dans les pays Africains.

Moins courte que la première, cette vue ne paraît pas plus réaliste car elle ne prend pas en compte et en profondeur les autres maux dont souffre la plupart des états du continent :

– Dans la plupart des pays, aucun système réellement efficace pour surmonter les sentiments tribaux, voire claniques si solidement ancrés par le découpage colonial puis les dictatures n’est possible raisonnablement ;

– sur le plan économique, l’échelle de chaque état est, en règle générale, trop réduite pour envisager un développement réel approprié et de type moderne et efficace pour faire face à la concurrence des autres grands ensembles du Monde et notamment U.S.A., C.E.E., et ASIE.

Bien au contraire et malheureusement, cette hypothèse risque à la fois de voir ressurgir les réflexes nationalistes à base ethnique ou tribale et de n’apporter aucune solution économique et, en définitive, de permettre à plus ou moins court terme la résurgence et par la suite, la pérennité de la situation actuelle qui fait injustement apparaître l’Africain comme un éternel assisté.

3°/ Une troisième approche consiste à s’interroger sur le fait de savoir si le temps n’est pas venu d’envisager la création d’une ou plusieurs fédérations Africaines regroupant sous une même bannière tous les états d’Afrique ou plusieurs d’entre eux au fur et à mesure qu’ils instaurent un état de droit démocratique à partir des frontières existant actuellement.

Tout en permettant les particularismes locaux dans divers domaines, une telle vue présente plusieurs avantages à des niveaux multiples et notamment :

– de substituer une nation Africaine aux nationalismes à base tribale ou ethnique ;

– de faire disparaître (au pire à terme) les conflits territoriaux ethniques dans la mesure où chaque Africain sera chez lui dans n’importe quel état de la fédération envisagée ;

– d’assurer, grâce à une Cour Suprême Fédérale un contrôle détribalisé des décisions judiciaires locales et faire ainsi prévaloir la primauté du droit ;

– d’arriver à un résultat similaire en matière législative et gouvernementale grâce à des institutions fédérales ;

– grâce aussi à la création de grandes voies de communication indispensables, de lever toutes les barrières économiques et facilités d’échanges interafricains, ce qui permettra la création d’un vaste et libre marché Africain, seul susceptible d’engendrer de grosses entreprises Africaines enfin capables d’affronter la concurrence de celle des états développés et de susciter un développement endogène ;

– de stimuler un marché du travail Africain par la possibilité pour un employeur de puiser légalement et sans contraintes dans une main d’œuvre qualifiée aussi nombreuse que diversifiée ;

– de réduire, voire supprimer de façon significative l’arsenal militaire impressionnant accumulé par les états Africains et d’utiliser les économies budgétaires qui en résulteront à des fins pacifiques et à l’insertion dans le développement économique et social des états concernés des soldats ainsi dégagés ;

– de restaurer la paix sur le continent qui y aspire ;

– de rationaliser enfin l’aide économique internationale et de l’appliquer à grande échelle à sa réelle destination ;

– de diminuer considérablement les dépenses de prestige qui pourront être mieux utilisées ;

– de faire accéder ce vieux continent au rang de puissance moderne ;

ETC…

Il n’est pas inutile d’ajouter qu’au fond de lui-même, chaque Africain ressent le sentiment profond d’appartenir à une communauté à l’échelle continentale.

Le continent Africain tout entier est actuellement totalement absent de l’élaboration des nouvelles stratégies politiques, industrielles et commerciales mondiales. S’ils ne réagissent pas très rapidement, les Africains seront très vite irrémédiablement sur la touche et deviendront à jamais les éternels assistés du Globe.

Il est bien évident qu’un tel projet ne peut-être mené que par les Africains eux-mêmes et appelle de leur part un engagement sans faille et déterminé.

Mais la réflexion qui le précède ainsi que sa réalisation ne peuvent être conduites à terme qu’avec le soutien absolument indispensable de tous ceux qui ont le souci sincère et désintéressé de sauver tout un continent d’une catastrophe apparemment inéluctable. Pourront aussi s’y joindre tous ceux qui se souviennent de l’engagement généreux et désintéressé de tous les Africains aux côtés des puissances alliés et notamment de la France en particulier lors de deux conflits mondiaux.

Une réflexion sur l’intégration Africaine si elle peut être encouragée et soutenue devra regrouper durant au moins une semaine des juristes et des économistes du continent Africain avec l’aide indispensable de toutes les bonnes volontés. Il en sortirait un document susceptible de servir de base à un vaste débat politique à l’échelle du continent Africain voire des Nations Unies.

Aref Mohamed Aref
Djibouti

28/02/2000 – Lettre d’AREF en réponse à M. LEY-NAGARDIGAL, Secrétaire Général d’ACTUS, sur l’intégration africaine …

AREF MOHAMED AREF
Rue de Moscou
B.P. 1441 ; Tél (253) 35 45 71 ; Fax (253) 35 68 57
DJIBOUTI

Djibouti, le 21 février 2000

Monsieur LEY -NAGARDIGAL Djimadoum
Secrétaire Général de ACTUS

Monsieur le Secrétaire Général,

En présence des aboiements des dogues des dictatures que j’affronte j’ai toujours adopté l’attitude de la caravane qui passe. C’est pourquoi j’ai évité de me baisser et de me laisser entraîner dans les bas fonds crasseux où végète ce germe de pauvres types qui le plus souvent ne savent pas comment gagner honorablement leur vie .

Si je prends la plume c’est uniquement pour vous apporter une précision et pour vous témoigner mon soutien.

La précision concerne mon origine africaine. L’Histoire contemporaine (inutile de remonter plus loin) de la corne orientale de l’Afrique révèle notamment :

que mon arrière-arrière grand-père ABOUBAKER HiRAHIM était Pacha de Zeila : c’est d’ailleurs lui qui a fait venir la France dans cette région pour l’aider à repousser les velléités d’invasion britannique. Zeila se trouve à l’extrême nord de la Somalie et donc en Afrique .
que l’un de ses fils MOHAMED ABOUBAKER était Pacha du HARAR et arrière grand-père de mon cousin MENELIK III fils de sa Majesté YASSOU Empereur d’Éthiopie assassiné par HAlLE SELASSIE ( devenu par la suite Empereur d’Éthiopie ) à la suite d’un coup d’État organisé par les puissances coloniales françaises et anglaises. Je ne vous ferai pas l’outrage de vous dire où se trouve l’Éthiopie qu’un autre de ses fils BOURHAN ABOUBAKER était Bey de Djibouti qu’il a créé. Sa signature figure sur tous les traités conclus à l’époque avec les représentants de ce pays.
que l’un des frères de mon père, mon oncle ALI AREF BOURHAN a été Président du conseil de gouvernement de ce pays appelé à l’époque Territoire des Afars et des Issas qu’il a conduit à l’Indépendance pacifiquement et dans la démocratie .

Comme je n’ai pas l’habitude de faire état de ces origines, la plupart de mes amis les ignorent : vous pouvez d’ailleurs à cet égard interroger les militants tchadiens des Droits Humains dont je salue ici le courage et l’abnégation dont ils ont fait preuve ainsi que l’oeuvre de pionnier qu’ils ont brillamment réalisée en matière de lutte contre l’impunité en Afrique. Mais comme je suis fier de mon origine africaine, je n’ai pu tolérer que vous soyez induit en erreur.

Cela dit j’approuve totalement tous vos propos et plus particulièrement sur l’impérieuse et urgente nécessité d’une intégration africaine que personnellement je souhaite ardemment tant économique que politique. A cet égard je vous adresse, ci-joint, un projet de journées d’étude et de réflexion sur l’intégration africaine, dont en 1992 j’ai rédigé pour la CIJ l’esquisse que vous pourrez dont lire ci-après et dont vos commentaires (privés) m’apprendront certainement beaucoup car depuis huit ans l’idéal que nous avons en commun a considérablement évolué et ne semble plus être considéré comme irréaliste puisque, à l’initiative de Monsieur KADHAFI tous les chefs d’États africains en exercice en ont adopté le principe à la veille de l’an deux mille. Je pense qu’il ne saurait être acceptable que cet idéal soit détourné de son but noble et réel. C’est pourquoi je suis soucieux d’alerter un maximum d’Africains issus de la société civile sur l’intérêt, l’impérieuse et urgente nécessité de veiller au grain avant qu’il ne soit trop tard.

Si vous connaissez un cercle africain qui étudie cette question je vous serais vivement reconnaissant de bien vouloir m’en communiquer les coordonnées afin de me permettre de me joindre à eux. Car je pense qu’il s’agit là de l’avenir de notre continent et d’une partie non négligeable de l’humanité dont les souffrances sont insupportables pour un être humain normalement constitué farouchement opposé aux  » HAIDER  » quelles que soient leurs origines, leur religion ou la couleur de leur peau. Emprisonnés ou assignés à résidence en Afrique ou encore réfugiés sur d’autre continent nous devons tous nous exprimer sur ce sujet capital car, comme le disait Pierre MENDÉS FRANCE  » si les individus se réfugient dans une sorte de passivité civique, la vie nationale tout entière en subit les conséquences « . Nous devons donc avoir  » le courage de la vérité  » si cher à mon ami Arnaud MONTEBOURG. Et aujourd’hui comme hier surtout en Afrique, pour l’Afrique et les Africains ainsi que l’a si justement défini Jean JAURES dans son discours à la jeunesse  » le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques « .

Je vous en remercie par avance et vous prie d’agréer , Monsieur le Secrétaire Général, l’assurance de mes salutations panafricanistes confraternelles .

Aref Mohamed Aref

Note de l’ARDHD :

Ce courrier fait suite à une lettre ouverte de M LEY-NAGARDIGAL, publié dans le numéro 21.

28/02/2000 – Le lauréat du Prix Ludovic-Trarieux 2000 sera désigné le 2 mars 2000 : Me AREF fait partie des 17 candidats retenus par l’IDHBB

Le Prix International des Droits de l’Homme Ludovic-Trarieux  » a été créé le 27 février 1984, en mémoire de Ludovic Trarieux, avocat qui, en 1898, en plein cœur de l’affaire Dreyfus, en France, fonda la  » Ligue française pour la défense des Droits de l’Homme et du Citoyen « , qui est à l’origine de toutes les ligues créées depuis dans le monde.Décerné tous les deux ans il ne peut être ttribué qu’à un avocat sans distinction de nationalité ou de barreau.

Le lauréat est ainsi un avocat qui a, au cours des deux années qui précèdent le vote du Jury, « illustré par son œuvre, son activité ou ses souffrances, la défense du respect des droits de l’Homme, des droits de la défense, la suprématie du droit, la lutte contre les racismes et l’intolérance sous toutes leurs formes », après consultation des grandes associations humanitaires.

Depuis 1992, le Prix est attribué conjointement par l’INSTITUT DES DROITS DE L’HOMME DU BARREAU DE BORDEAUX et l’UNION DES AVOCATS EUROPEENS,

Le premier Prix LUDOVIC TRARIEUX a été attribué le 29 mars 1985 à Nelson MANDELA, alors alors qu’il était emprisonné depuis vingt trois ans en Afrique du Sud et remis officiellement à sa fille, Zenani Mandela Dlamini, le 27 avril 1985.

C’était à l’époque un des cinq premiers Prix dans le monde à lui être décernbé décernés (après le « Jawaharlal Nehru Award for International Understanding », à New Delhi, en 1980, le « Dr Bruno Kreisky Prize for merit in the field of human rights », à Vienne en 1981, le premier « Simon Bolivar
International Prize » par l’UNESCO à Caracas, en 1983 et le « Playa Giron Award », (décerné par Fidel Castro à Cuba, en 1984). Mais il s’agissait là du premier Prix jamais décerné par des avocats . Et, le premier par la France.Le 11 février 1990, Nelson MANDELA était libéré. A partir de cette date, il a
été décidé d’attribuer à nouveau le Prix tous les deux ans conjointement avec l’UNION DES AVOCATS EUROPEENS (Commission « Droits de l’Homme »).

A cette occasion plus de 40 organisations non-gouvernementales, barreaux ou associations à but humanitaire sont consultés à travers le monde pour désigner le (ou les) candidat(s) qui leur parait (ou paraissent) répondre aux critères spécifiques d’attribution du Prix. L’attribution du Prix a été
rendue possible grâce au concours du Barreau de Bordeaux, de l’Union des Avocats Européens, du Conseil Général de la Gironde et de l’Ecole Nationale de la Magistrature.C’est ainsi qu’ont été successivement lauréats :

1985 : Nelson MANDELA (Afrique du SUD)

1992 : Augusto ZÚÑIGA-PAZ (Pérou)

1994 : Jadranka CIGELJ (Bosnie-Herzégovine)

1996 : Prix attribué conjointement à Najib HOSNI (Tunisie)et Dalila MEZIANE (Algérie).

1998 : ZHOU Guoqiang (Chine)

Après Nelson MANDELA, en 1985, Najib HOSNI a été le second lauréat à se voir attribuer le Prix alors qu’il est en détention. Sa Candidature était présentée par l’Union Internationale des Avocats (Commission Défense de la Défense), la Fédération Internationale de l’Action des Chrétiens pour
l’Abolition de la Torture (FIACAT), le Centre d’Information et de Documentation sur la Torture-Tunisie (C.I.D.T.-TUNISIE), le « Lawyers Committee for Human Rights » (LCHR – New-York), Amnesty International, l’American Bar Association (ABA) – l’Institut des Droits de l’Homme du
Barreau de Paris, Human Rights Watch (Washington).

Madame Dalila MEZIANE était, quant à elle, la deuxième femme, après Madame Jadranka CIGELJ, en 1994, a recevoir le Prix. Sa candidature était présentée par European Légal Network on Asylum (ELENA).

Trois mois après la remise de son prix, à Bordeaux, entre les mains de son représentant, le Dr Hélène JAFFE, Président de AVRE, Najib HOSNI a été libéré par grâce présidentielle spéciale du présidant BEN ALI, le 14 décembre 1996.

Le V ème Prix a été attribué, le 25 Mai 1998, à l’avocat chinois ZHOU Guoqiang. Malgré de longues démarches, l’IDHBB n’a pu obtenir pour ZHOU Guoqiang la garantie qu’il pourrait retourner à Pékin s’il venait en France. C’est la raison pour laquelle ZHOU a du renoncer à quitter le territoire chinois et a demandé à M. LIU Qing, dirigeant d’HUMAN RIGHTS in CHINA qui vit en exil à New York depuis 1991, où WEI Jingsheng l’a rejoint, de se rendre à Bordeaux pour recevoir le Prix en ses lieu et place.
C’est Robert BADINTER, ancien garde des Sceaux et ancien président du Conseil Constitutionnel de France, qui lui a remis le  » Vème Prix International des Droits de l’Homme Ludovic Trarieux « , le 2 octobre 1998, dans le grand amphithéâtre de l’Ecole Nationale de la Magistrature à BORDEAUX.

Afin d’aider le jury dans son choix, l’IDHBB a demandé, comme les années précèdentes, à toutes les institutions, associations de défense des droits de l’homme de lui faire connaître la situation des avocats susceptibles de correspondre aux critères cités d’attribution du Prix.

L’IDHBB tient à remercier toutes les organisations des droits de l’homme qui ont répondu à son appel et lui ont adressé des dossiers de candidatures pour le Prix 2000 et particulièrement:

Amnesty International
Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD)
Association Française des Amis des Démocrates de Djibouti (AFADD)
Avocats sans Frontières (ASF)
Canadian Journalists for Free Expression (CJFE)
(CIDT-Tunisie)
European Legal Network on Asylum (ELENA)
Féderation Internationale des Droits de l’Homme (FIDH)

International PEN – Writers in Prison
CommitteeThe International Freedom of Expression

eXchange (IFEX)
International Movement for a Just World (JUST)
Lawyers Committee for Human Rights (LCHR)
Persatuan Kebangsaan Hak Asasi Manusia (HAKAM)
Ligue Mauritanienne des Droits de l’Homme
Liga Mexicana por la Defensa de los Derechos Humanos

Union Interafricaine des Droits de l’Homme (UIDH)

UAE-Human Rights

Au 1er Fevrier 2000, (clôture : 30 janvier 2000) l’I.D.H.B.B. a enregistré les candidatures suivantes :

AFRIQUE
Aref Mohamed Aref – Djibouti
Bénéwendé Sankara – Burkina Faso
Diallo Yacoub – Mauritanie

AMERIQUE
Fabilola Letellier – Chili
Digna Ochoa – Mexique
Israel Ochoa Lara – Mexique
Alirio Uribe – Colombie

ASIE

Asma Jahangir – Pakistan
Hina Jilani  »  »
Lim Kit Siang – Malaisie

EUROPE
Rosemary Nelson (+) – Irlande du Nord
Vera Stremkovskaya – Belarus
Bajram Kelmendi(+) – Kosovo
Teki Bokshi – Kosovo
Michel Laurain – France

AFRIQUE DU NORD/MOYEN ORIENT
Esber Yagmurdereli – Turquie
Sevil Dalkiliç – Turquie
Radhia Nasraoui – Tunisie

Il doit être précisé, que le prix n’est considéré comme définitivement attribué que si le récipiendaire ou un membre de sa famille l’accepte et vient le recevoir lors d’une cérémonie de remise qui se tient à BORDEAUX, et aura lieu dans le courant du deuxième trimestre 2000.

Le 6ème INTERNATIONAL DES DROITS DE L’HOMME « LUDOVIC TRARIEUX » 2000 sera attribué à l’un des dix sept candidats le 2 mars 2000.

Composition du Jury :
Monsieur Bertrand FAVREAU, Président IDHBB ( Bordeaux)
Monsieur Enrico Adriano RAFFAELLI, Président de l’UAE ( Milano)
Monsieur Thierry WICKERS, Bâtonnier de l’Ordre (Bordeaux)
Madame Brigitte AZEMA-PEYRET, (IDHBB, (Bordeaux)
Monsieur Raymond BLET (IDHBB) ( Bordeaux)
Monsieur Claude BONTINCK, ancien Président de l’UAE (Bruxelles)
Madame Valérie BRAILLON (secrétaire générale IDHBB ( Bordeaux)
Monsieur Georges TONNET, ancien Bâtonnier, (Bordeaux)
Monsieur Philippe FROIN, Trésorier IDHBB ( Bordeaux)

Monsieur Christian ROTH, ancien président de l’UAE (Paris)
Monsieur Jean-Pierre SPITZER, Directeur scientifique de l’UAE (Paris)
Madame Hélène SZUBERLA, vice-président IDHBB (Bordeaux)

Le nom du ou des lauréat(s) sera annoncé sur le site de l’IDHBB
www.idhbb.org
à partir du 3 mars 2000.
Pour tous renseignements complémentaires : Tel OO 33 (O) 1 56 81 73 75

27/02/2000 – DJIBOUTI: le port et les transports ( Extrait des Nouvelles d’ADDIS)

LES « NOUVELLES D’ADDIS ». — Pour comprendre le conflit érythréo-éthiopien (origines, issues, enjeux), rendez-vous régulièrement aux pages publiées par Les Nouvelles d’Addis. www.lesnouvelles.org

http://membres.tripod.fr/lesNouvelles/index-LDN_006.html

LE PORT DE DJIBOUTI OBJET DE TOUTES LES ATTENTIONS. —

Selon Seven Days Update, résumé hebdomadaire de la presse éthiopienne (Waag Communications), « L’Éthiopie compte tellement maintenant sur le port de Djibouti qu’il ne se passe pas une journée sans que les médias disent quelque chose sur cette fenêtre unique de l’Éthiopie ouverte sur le monde aujourd’hui ». Extraits du relevé thématique de l’hebdomadaire.

Dubaï, mer Rouge. — selon l’hebdomadaire Capital (12 février), Djibouti devrait confier l’administration complète de son port à l’autorité du port de Dubaï. Un accord de bail de 20 ans serait sur le point d’être signé, si l’on en croit des « sources fiables ».

Équipements et investissements. — selon Reporter (13 février), Djibouti a reçu d’une société chinoise un ensemble de matériels de levage « de nouvelle génération » qui sera opérationnel en mars 2000 (coût : 15 millions de $US). Mais, comparés aux investissements des ports concurrents d’Aden (Yémen, 300 millions de $US) et de Salalah (Oman, 260 millions de $US), ceux de Djibouti paraissent un peu « légers ».

Vos problèmes sont les nôtres. — selon Reporter (16 février), Djibouti et l’Éthiopie, avec l’appui financier de la France, organiseront un séminaire dans chacun des deux pays en mars sur le thème : « Transport et transit plus faciles entre la République démocratique fédérale d’Éthiopie et la République de Djibouti.

Tours et détours. — Toujours selon Reporter (16 février), l’état de routes entre le port de Djibouti et la frontière éthiopienne est « très pauvre ». Mais une étude d’un constructeur français a été faite, pour l’améliorer et la mettre à niveau. La Commission européenne conduira aussi sa propre étude régionale.

En attendant, Addis Tribune, hebdomadaire privé (18 février), a annoncé la réparation de 40 km de route par l’Éthiopie. Ce projet, selon Debebe Gizaw de l’Autorité éthiopienne des routes, vise à sécuriser le transport des marchandises et à « prévenir n’importe quels dégâts aux marchandises ». Par ailleurs, l’hebdomadaire annonce un plan de Djibouti pour entreprendre un nouveau projet et chercher une solution durable du problème. 700 à 800 camions empruntent cette route quotidiennement.

26/02/2000 – Pourquoi la justice djiboutienne ne poursuit-elle pas les « coupables » français de l’assassinat du juge BORREL ?

Puisque le journaliste de LA NATION affirme qu’il connaît les véritables assassins du juge Bernard BORREL, je m’étonne que, dans un souci de vérité, il ne les communique pas. Il a certainement livré les noms au Président de la République M. Guelleh.

Pourquoi ce dernier ne demande-t-il pas à la justice djiboutienne « toujours saisie de l’affaire » de poursuivre ces coupables et de décerner contre eux des mandats d’arrêt internationaux ?

Pour quelles raisons, la justice française représentée à Djibouti par le juge FIEVET (successeur de feu Bernard BORREL) ne demande-t-elle pas à interroger ce témoin qui affirme connaître les noms des coupables dans le seul journal autorisé à Djibouti ?

Quels sont les liens « coupables » ou non qui unissent la France à Djibouti.

AMA

Note de l’ARDHD :

nous avions écrit dans un précédent article que la France serait obligée d’étouffer l’affaire BORREL pour (mauvaise) raison d’État Le mécanisme est en route (nouvelle annulation ce dimanche soir d’une émission télévisée :  » un entretien avec le juge LE LOIRE, pourtant programmé sur M6″). Il doit y avoir un « cadavre » dans le placard entre la France et Djibouti….

26/02/2000 – Plan de paix mort-né de Guelleh pour la Somalie.

Le régime alimentaire et policier de Guelleh compte organiser une pseudo-conférence de paix somalienne dans l’espoir d’obtenir une aide financière internationale des nations unies et d’étouffer les aspirations du peuple djiboutien.

Le policier Guelleh est convaincu que les bailleurs de fonds n’hésiteront pas à débourser des sommes considérables pour une prétendue cause humanitaire.

Apparemment peu soucieux de ce qui se passe à Djibouti, Guelleh se fait « médiateur » en proposant des solutions abruptes (isolement, blocus contre la
Somalie) tout en sachant pertinemment que les différentes tribus somalies n’ont aucune sympathie pour lui.

Par ailleurs, les chefs coutumiers somaliens ont fermement condamné les gesticulations du seigneur de guerre Guelleh.

Ce « plan de paix » commence à exacerber les rivalités tribales djiboutiennes (Issas/non Issas somalis) parce que le régime tribaliste de Guelleh est
reconnu dans la Corne de l’Afrique comme l’ancien allié du feu Syad Barré.

A mes yeux, l’objectif inavoué de l’incendiaire Guelleh consiste à réunir les conditions d’une guerre civile au Sud du pays.

Ce scénario plausible a déjà été pris en considération par d’une part, le gouvernement du Somaliland (concentration de L’Armée somalilandaise à
Loyada) et, d’autre part par l’état-major des forces françaises de Djibouti (activation du plan de regroupement des français en trois zones : cité de
l’aviation, Boulaos et Héron).

Les observateurs de la scène politique somalienne notent que le premier tour de la guerre tribale somalienne s’est déroulé à Hargueysa, le deuxième tour à Mogadiscio et la finale risque de se produire à Djibouti-ville.

M.A.
Montréal,

Canada