31/07/02 Situation complexe en Somalie…

Guelleh salue un nouvel
et récent accord de Paix en Somalie. En même temps, nous
recevons, tous les jours, des dépêches qui font état
de nombreux blessés et de dizaines de morts dans la capitale….

Il y a une contradiction
à l’évidence et il est bien difficile de comprendre la situation.
Quoiqu’il en soit, les paroles rassurantes de Guelleh manque, comme toujours,
de crédibilité …

31/07/02 L’Ambassadeur de France ne nous a toujours pas répondu …

Voilà dix jours,
nous adressions une lettre ouverte à S.E. l’Ambassadeur de France
auprès de la République de Djibouti pour lui demander quelles
étaient les mesures que la France pourrait prendre pour restaurer
son autorité morale, à partir du moment où Guelleh
avait failli à ses promesses, en n’accordant pas les garanties
d’un Etat de Droit au Général Yacin Yabeh et en le laissant
mourir sans soins ..

Oh surprise ! L’Ambassade,
qui a bien reçu notre lettre (nous disposons de deux accusés
de réception, un par fax à l’Ambassade et un par E-Mail
au Consulat), ne nous a toujours pas répondu après dix jours.
On sait que le courrier est lent … !

Pouvons-nous en déduire
que nous ne recevrons pas de réponse ? Non !

Pouvons-nous en déduire
que les services sont un peu gênés pour nous répondre
? Rien ne nous permet de l’affirmer ! Ce ne seraient que des suppositions
aléatoires bien sur … !

C’est vrai qu’il pourrait
être compliqué de nous expliquer que Guelleh a proposé
de payer ‘le prix du sang’ pour calmer la fureur des notables … et éviter
un procès ou au minimum .. une destitution.

 

31/07/02 L’affaire Borrel rebondit dans La Nation, qui affirme que Djibouti pourrait être moins serein et transparent dans l’avenir … Un lapsus significatif ?

Le journal La Nation,
organe de communication du dictateur, a cru nécessaire, utile et
urgent de publier un long article pour expliquer que Guelle est innocent.
La vérité nous impose de dire que cet article est fort bien
construit et qu’IOG n’a pas du lésiner (sur le budget public, c’est
à dire l’argent des Djiboutiens) pour s’offrir les services d’un
avocat de talent qui a bien étudié le dossier. Il a sélectionné
exclusivement les points qui pouvaient conforter la thèse impossible
du suicide et il a occulté tous les autres, comme par exemple,
les quelques mètres que le juge a du parcourir, enflammé,
pieds nus (sans respirer et sans se faire mal au pied) et le coup Post
Mortem (après la mort) qu’il s’est donné …

Par exemple, il va
même jusqu’à prédire l’avenir en affirmant que la
nouvelle autopsie n’apportera rien de nouveau… ! Ca c’est fort de sa
part. Comment peut-il savoir ? Cela montre soit la fragilité des
thèses développées … soit une nouvelle connivence
avec la justice française qui a tout intérêt à
suivre la politique internationale française qui soutient Guelleh
contre vents et marées.

Un jour il faudra
bien se demander ce qui incite la France à se compromettre avec
une telle dictature. Forcément les affaires criminelles (dont la
dernière en date avec l’assassinat de Yacin Yabeh) vont ressortir
et être jugées par une juridiction pénale internationale.

Cela dit, la publication
aujourd’hui d’un texte de justification aussi long (uniquement pour répondre
à Sylvie Véran du Nouvel Observateur) ne peut prouver qu’une
seule chose : l’extrême embarras actuel de Guelleh, qui n’a pas
réussi à obtenir ni l’extradiction ni la capture de l’opposant
réfugié en Ethiopie (Et pourtant Zakaria était sur
les dents !) (*) . Si Guelleh était si tranquille et si serein,
il n’aurait pas besoin de le dire …. ! L’opposant d’Addis sait peut-être
des choses, que Guelleh aimerait bien effacer à tout jamais, car
elles ne lui sont pas très favorables ?

La France, qui a refusé
le visa à cette personne, a-t-elle cherché à soutenir
Guelleh en lui évitant d’être mis en difficulté par
ses révélations hypothétiques.
A-t-il eu la prudence de laisser un texte écrit ou filmé
à titre de testament ? Rien ne nous permet de l’affirmer …. mais
c’est dans le domaine des choses possibles.

Pour confirmer nos
affirmations / suppositions, le journaliste ‘cireur de pompes’ de La Nation
veut trop en faire au service de Guelleh. Dans un magnifique élan,
il écrit que Djibouti est plus serein et transparent hier et
aujourd’hui
et peut-être que demain. Une
vision objective ou un lapsus significatif ? Nous n’avons pas la réponse.
Mais cette phrase qui a retenu notre attention et que nous rappelons ci-dessous,
pourrait contenir la clef de l’énigme et la raison de cette publication
en pleine période de vacances :

————————-
Extrait de La Nation

"Ce voyage
nous aura permis d’engager un temps de discussion et de réflexions
sur des hommes, de la trempe de Montebourg qui tiennent autant de place
dans la calomnie des autres, au nom de la justice et du droit ! Mais la
petite République de Djibouti continuera dans la sérénité
la plus totale et la transparence la plus parfaite, hier comme aujourd’hui
et peut-être plus que demain
, de révoquer le doute et
la suspicion entretenus par ceux-là qui ont l’habitude d’enfermer
la vérité dans tout ce qui l’offusque."

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NDLR : si nous
avons bien compris le journaliste, la République de Djibouti est
aujourd’hui plus sereine et plus transparente qu’elle ne le sera demain.
En inversant la phrase, on peut donc en déduire que demain, elle
sera encore moins sereine et encore moins transparente qu’aujourd’hui.
CQFD.

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(*) Zakaria, à
notre connaissance, a conduit récemment deux missions en Ethiopie
pour tenter de capturer et/ou d’éliminer l’opposant d’Addis. La
première s’est mal terminée, puisque ses hommes ont été
arrêtés par les Ethiopiens et qu’il n’a du son salut qu’à
une fuite honteuse … vers Djibouti.

Son deuxième
passage à Addis n’aura pas été plus discret puisque
nous étions en mesure d’annoncer (pratiquement en temps réel)
son arrivée dans la capitale ethiopienne et de publier sa photo
‘secrète’ ..

31/07/02 La situation devient alarmante en Éthiopie sur le Front entre les Issa et les Afar (du FRUD ?). Le double langage du FRUD ? (Lecteur)

Nous sommes
alertés par des nouvelles inquiétantes sur le front en Éthiopie
qui sépare les Afar et les Issa.

Contribution d’informateurs
dignes de confiance :

"En Éthiopie,
plusieurs lieux ont été attaqués par le Frud, dirigé
par le fils de DINI, qui se justifie en prétendant qu’il agit pour
venger les victimes de 1991 (Arriba), à Djibouti. Il dispose d’armement
lourd…

Les Issa n’avaient pas d’armes. Récemment ils viennent d’être
approvisionnés par l’Éthiopie. L’armement du FRUD est si
important que l’on ne peut pas croire que DINI ait brûlé
ses armes sur le bûcher de la Paix. Comme le dit l’ARDHD, ce devait
être des armes obsolètes …

Une cinquantaine d’Afar viennent d’être arrêtés par
les Éthiopiens, alors qu’ils pénétraient dans la
région Issa pour se diriger vers la Somalie.

A Djibouti, les gens considèrent qu’à partir du moment où
DINI a signé un accord (de Paix ou de Guerre ?) avec IOG, ce dernier
est forcément au courant des événements récents
et que s’il ne les provoque pas (ce qui nous étonnerait quand même),
il en porte au minimum l’entière responsabilité.

Certains vont même jusqu’à se demander si DINI n’aurait pas
plusieurs paroles … l’une pour la communication publique, l’autre pour
Guelleh et la troisième contre les Issa …"

NDLR : de toutes
les façons, la situation semble être extrêmement confuse
et nous n’avons pas les moyens de vérifier les informations qui
nous sont transmises. C’est la raison pour laquelle nous les publions,
comme toujours, sous l’entière responsabilité de nos lecteurs.

30/07/02 Lu sur le site du GED : Deuxième appel du GED à la mobilisation de l’ensemble du Peuple djiboutien pour mettre un terme à la tyrannie, à l’injustice, à l’accaparement des forces vives du pays et aux assassinats …

Nous avons reçu
un communiqué du GED qui nous fait part de la création du
"mouvement du refus". Dans un long communiqué, le GED
appelle le Peuple djiboutien à la mobilisation générale
des civils, des fonctionnaires et des militaires pour mettre un terme
au régime de Guelleh.

Lien
: http://www.gouv-exil.org/15_communique/com001.htm

29/07/02 Radio-Trottoir. Le prix du sang aurait été évalué à la baisse..

Pour calmer l’énervement
de l’entourage du Général Yacin Yabeh, Guelleh aurait fait
réunir les notables, à qui il aurait proposé de payer
une certaine somme, dont le montant n’est pas encore connu … Ce montant
aurait semblé suffisant aux notables qui voient le moyen d’aider
ainsi les membres de la tribu, mais il serait dérisoire comparé
à la frousse qu’à eu Guelleh, qui aurait vu, selon certaines
mauvaises langues, ses dernières heures de Président. Cela
reste à vérifier.

Tout va bien, Madame
Paulette, puisque le risque d’explosion ethnique s’éloigne avec
quelques millions qui seront payés … par le Peuple de Djibouti
bien entendu …. Certains disent que le membres de la tribu du Général
auraient cédé un peu vite et pour très peu et surtout
qu’ils auraient eu tendance à oublier un peu vite, les épouses
et les enfants du Général …

On dit que Guelleh
a encore un petit problème à résoudre avec le GED
qui le dérange et qu’il aurait mis les journalistes soumis de La
Nation devant le problème avec obligation de résultat. Nous
attendons de lire ce qu’ils vont bien nous sortir : ca sera certainement
croustillant.

On dit que Paulette
et le Chamelier vivent dans la peur maintenant. Ils ont tellement de raisons
de craindre quelque chose … le problème de Yacin Yabeh et la
vengeance tribale, le conflit Afar / Issa en Ethiopie, les combats violent
à Mogadiscio et la mise en cause du GNT issu d’ARTA et de la volonté
de Guelleh … Qui viendra au secours des Issa d’Ethiopie, s’ils sont
attaqués par le FRUD ? A force de mettre les Issa sur l
a
touche, ils les laissent bien seuls et désarmés …. L’autre
soir, Guelleh a tenté de sortir de chez lui vers 23 h 00 pour aller
à la rencontre du Cadi. Pas de chance ce dernier était absent.
Mais ce n’est que partie remise …

29/07/02 Le Prix du sang = Impunité pour le régime de Guelleh ? (Lecteur)

C’est une vieille
tradition Issa, qui consiste en une offre de compensation que propose
une tribu dont un de ses membre a pratiqué un acte criminel.Elle
a été utilisée à l’époque pré-islamique
pour , en quelque sorte, "réguler" les relations entre
tribus dont l’activité guerrière était importante.

Aujourd’hui, le régime de Guelleh essaye de se prévaloir
de cette règle, tombée en désuétude depuis
longtemps à Djibouti, pour contourner la justice démocratique.
Il est clair que si la tribu de Yacin Yabeh accepte cette offre (elle
est sur le point de le faire, à ce qu’on dit), le régime
en place se prévaudra de ce "succès" pour abandonner
la justice pénale au profit d’une justice de pacotille, qui aboutirait
à une impunité de fait pour tous les crimes dont le régime
pourrait se prévaloir à l’avenir.

Ce serait la fin de
tout espoir démocratique et de la possibilité future de
la mise en place d’ une justice équitable pour tous dans ce pays.

29/07/02 Le conflit Afar / Issa en Ethiopie pourrait reprendre de façon alarmante. (Source IRIN / NU)

NDLR : Le conflit
Afar-Issa semble avoir pour origine des raisons de sécheresse.
C’est la première fois, semble-t-il, que les Afars s’enfoncent
aussi profondément dans la région Issa (Shinille se trouve
à coté de Dire-Dawa). Il est imaginable que les Issas se
sentent légitimement l’obligation de répliquer.

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U N I T E D
N A T I O N S
Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA)
Integrated Regional Information Network (IRIN)

ETHIOPIA:
Ethnic clashes worsening effects of drought

ADDIS ABABA, 29
July (IRIN) – Ethnic clashes have erupted between rival
groups fighting over scarce water sources in Ethiopia’s Afar Region and
surrounding areas, the UN Emergencies Unit for Ethiopia (EUE) has warned.

The Afar and the Issas
have clashed near the Awash River that runs through
their territory while searching for water, according to a report published
by the EUE.

The report states
that some 400 cattle were stolen by the Afar who launched
the attack on the Issas from Shinille zone in Somali Region.

Many clashes between
the groups are being sparked because of the drought
which has had a "devastating" impact on the pastoralists in
the region.
Children are also begging for water at the side of roads, according to
the
report by the EUE, whose mission was carried out in mid-July.

The clashes are worsening
the impact of the drought which has hit Afar
Region and surrounding areas including parts of Oromiya and Somali Regions.

Issa community leaders
told the EUE team that they would have to return to
the water points regardless of the risks if their cattle are to survive.

Conflict has also
meant that traditional watering holes have been left empty
because it is too dangerous to return to the Awash River and refill them.

"Following clashes,
many Somali pastoralists were forced to leave their
traditional water and grazing areas," the report said. "Without
secure
access to water, the very survival of the pastoral community’s livestock
is
threatened."

"Immediate political
solutions are essential to negotiate conflict
resolution between Afar and Issa communities over water and grazing lands,"
it stressed.

The EUE also called
on regional governments in the Afar and Somali Regions
to set up peace talks between clan elders.

Often the clashes
between ethnic groups – who are all nomadic pastoralists –
are triggered because they wander into each other’s territory in search
of
water or pasture.

The condition of livestock
in the region has also declined over the years.
The EUE said that camels, which could go for 15 to 20 days without water,
would now need to drink every three days.