15/02/05 (B285) Communiqué d’ACTUS sur la situation au TOGO.

MOBILISER
POUR CONSTRUIRE ACTION DU TCHAD POUR L’ UNITÉ ET LE SOCIALISME ( ACTUS
)

Courriel: actus@club-internet.fr

COMMUNIQUÉ
DE PRESSE


TOGO: LA LIBÉRATION DE L’AFRIQUE FRANÇAFRICAINE COMMENCE
PAR L’ANÉANTISSEMENT DU COUP D’ÉTAT MILITARO-CLANIQUE
ET DE LA MONARCHIE DE GNANGSSIBÉ II

L’Action
du Tchad pour l’Unité et le Socialisme (ACTUS) exprime sa solidarité
fraternelle et militante au peuple du Togo martyrisé pendant 38 ans
par le dictateur Général-Président Etienne Gnassingbé
Eyadéma.

Le décès
le 05.02.2005 de l’une des pièces maîtresses de la Françafrique,
le Général-Président Etienne Gnassingbé, l’une
des dictatures les plus terrifiantes du pré-carré français,
est une nouvelle qui ne suscite aucune compassion chez les peuples africains
de la Françafrique victimes eux-aussi, des crimes contre l’humanité
institutionnalisés par ces petites créatures et clones de la
Françafrique.
Les émotions, la compassion n’émanent que des prébendiers,
des thuriféraires du régime et évidemment des géniteurs
de ce système mafieux et colonialiste.

Les déclarations
du Président Chirac dès l’annonce de ce décès
: « …un ami personnel », « …un ami de la France
» sont une insulte à la mémoire collective des milliers
de victimes assassinées par le Général-Président
Etienne Gnassingbé en 38 ans de règne absolu.

Les crimes du Général-Président
Gnassingbé, sont régulièrement stigmatisés par
tous les rapports des ONG des Droits de l’Homme (AI, FIDH, LTDH…).
À titre d’exemple, la lecture du rapport sur les Droits de l’Homme
au Togo de 1975 à 2000 sur le site
http://www.letogolais.com/article.html?nid=18)
est plus qu’édifiante.

La tentative d’élimination
de l’opposant Gilchrist Olympio, en mai 1992 , le récent enlèvement
par les forces de l’ordre de l’étudiant Oumolou, leader des
étudiants de l’Université de Lomé, jusqu’à
ce jour introuvable, le cas du beau-frère du Général-Président
Etienne Gnassingbé, Gaston Charles Gnehou, dégradé, évincé
de l’armée, blessé et achevé sur son lit d’hôpital
en août 1977, des opposants embarqués dans des avions et jetés
en pleine mer…, sont autant de preuves qui traduisent la cruauté
inégalée du Général-Président Etienne Gnassingbé,
grand ami du Président Chirac et de la France, berceau des Droits de
l’Homme et du Siècle des Lumières. Quel paradoxe !

Une telle amitié
entre la France et le Général-Président Gnassingbé
ne peut que jeter de l’opprobre et du discrédit sur les acteurs
et auteurs de cette relation mafieuse et criminelle.

La désignation
à la hussarde de son fils Faure Gnassingbé par le Chef d’Etat-Major
de l’Armée nationale ou plutôt familiale et clanique deux
heures après l’annonce du décès, suivie par une
révision de la constitution le 06.07.2004 par l’Assembleé
nationale dominée par le RPT (Parti du Président défunt)
destituant ainsi son Président légitime, le Professeur Fambaré
Nachaba, témoignent si besoin en était, de la stratégie
digne des officines de la Françafrique de ce coup d’état
militaire héréditaire ou le couronnement du Prince Faure .

La déclaration
d’un haut responsable du quai d’Orsay «Nous préférons
montrer la voie de sortie plutôt que d’agiter le bâton »
ou celle-ci qui se contentait d’appeler timidement le nouveau pouvoir togolais
au «respect de la Constitution», en pratiquant la diplomatie discrète
et obscure de la Françafrique qui a fait des milliers de victimes dans
le pré-carré.

Cet atermoiement de la
France face à sa responsabilité historique de géniteur
de cette terrifiante créature et de la longévité de la
dictature Eyadémayenne, ne serait-il pas là un test et/ou une
période de latence, qui permettrait de choisir et d’imposer le
meilleur pion qui prendra la relève françafricaine au Togo?

Après les émotions
et condamnations hypocrites passives et anesthésiantes, les auteurs
de ce coup minutieusement préparé, comptent sur le pourrissement
de la situation, la lassitude de la population pour pouvoir maintenir le statut
quo ou « la normalisation françafricaine ».

L’institutionnalisation
de la monarchie au Togo sous l’égide de Gnassingbé II,
doit être immédiatement anéantie par tous les moyens,
faute de quoi elle fera jurisprudence et fera tâche d’huile dans
tout le pré-carré français où les dictateurs de
même acabit, usés par le pouvoir et parfois malades, n’hésiteraient
pas à mieux faire, c’est à dire à anticiper ce scénario
avant même leur mort pour raison médicale par exemple.

Il est de notoriété
publique que toutes les procédures qui ont conduit à l’instauration
de ce pouvoir sont illégitimes.

L’UA, l’ONU,l’UE,
doivent s’en convaincre. En dehors de condamnations verbales dures timorées
ou édulcorées pour des raisons de principe, les peuples togolais
et africain de la Françafrique attentent plutôt des actes forts.
Ces institutions internationales doivent agir concrètement et énergiquement,
au besoin recourir à la force, afin de restaurer la légitimité
constitutionnelle de l’ancien Président de l’Assemblée
Nationale.

La déclaration
des Parlementaires nigérians, loin des hypocrisies ambiantes et anesthésiantes,
approuvent même
l’usage de la force contre ce coup d’Etat. Elle mérite un
vibrant hommage.

Ces courageux Parlementaires
respectent à la lettre l’esprit de la constitution togolaise,
qu’il convient ici de rappeler les deux principaux articles :

L’article 65 stipule
qu’en cas de vacance de la Présidence de la République
par décès, mission ou empêchement définitif, la
fonction présidentielle est exercée provisoirement par le président
de l’Assemblée nationale qui assure l’intérim pendant
un délai de 60 jours et organisera l’élection présidentielle.

L’Article150 stipule
qu’en cas de coup d’État ou de coup de force quelconque,
tout membre du gouvernement ou de l’Assemblée nationale a le droit
et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir
la légitimité constitutionnelle, y compris le recours aux accords
de coopération militaire ou de défense existants.

L’Action du Tchad
pour l’Unité et le Socialisme exprime sa solidarité fraternelle
et militante au peuple du Togo martyrisé pendant 38 ans par le dictateur
Général-Président Etienne Gnassingbé Eyadéma.

Nous exigeons des institutions
internationales (UA, l’ONU,UE) et du Gouvernement français d’agir
rapidement et énergiquement en recourant à la force si nécessaire,
pour mettre hors d’état de nuire ces criminels, auteurs du coup
d’état et surtout de les traduire en justice.

Afin de montrer leur bonne
foi et dans l’attente de neutraliser les puschistes, les institutions
internationales (UA, l’ONU, UE ) et le Gouvernement Français devraient
faire immédiatement une déclaration solennelle et officielle
de reconnaissance du Gouvernement intérimaire légitime, dirigé
par le Président de l’Assemblée nationale, le Professeur
Fambaré Nachaba.

Ces actes concrets serviraient
d’exemple et décourageraient toute tentative ou velléité
de réitérer pareille forfaiture par les autres dictateurs de
la Françafrique qui sont à l’affût du cas expérimental
togolais.

Restaurer la légalité
constitutionnelle, est la légitime aspiration des masses populaires
togolaises et africaines du pré-carré.

Le peuple africain, pour
sa survie doit s’insurger contre son asservissement par l’impérialisme.
Notre cause et notre lutte commune sont justes. Elles triompheront incontestablement.

Fait à Amiens le
10.02.2005

Pour
l’ACTUS ( Action du Tchad pour l’Unité et le Socialisme )
actus@club-internet.fr
Le Secrétaire Général
Dr LEY- NGARDIGAL DjimadoumTogo