28/04/05 (B295) LES NATIONS UNIES LANCENT UN APPEL URGENT POUR DJIBOUTI

(Adapté de l’anglais)

NEW YORK, 27 avril 2005 (OCHA) — Les Nations Unies ont lancé un appel urgent concernant Djibouti, afin de recueillir 7,5 millions de dollars pour lutter contre une grave crise alimentaire qui menace le pays.  Des besoins immédiats se font sentir pour fournir une aide alimentaire à 28 650 personnes et de l’eau à 18 000.  Le Gouvernement de Djibouti avait formulé auparavant une demande d’aide internationale.La crise alimentaire qui touche trois des six zones rurales du pays est une conséquence d’une suite de trois saisons sans pluies qui ont aggravé la sécheresse dans la région.  Le retard des pluies et les chutes irrégulières n’ont pas permis le remplissage des forages et la régénération des pâturages.  Les éleveurs nomades de Djibouti et des régions voisines en Somalie, Éthiopie et Érythrée, se sont vus obligés de continuer le pâturage saisonnier dans les régions côtières de Djibouti, ce qui a épuisé presque toutes les zones rurales mises en pâture.  Tous les forages d’eau dans les zones de pâturage du nord-ouest et du sud-est sont pratiquement à sec.La mise en pâture excessive et l’épuisement des sources d’eau ont contribué à accroître le nombre de morts dans le bétail et fait décliner la production de lait.  Les bêtes qui survivent encore sont dans un piteux état.  On constate des mouvements irréguliers de bétail et de personnes dans presque toutes les zones rurales.  Beaucoup de foyers ont perdu leurs troupeaux entiers et des milliers de personnes quittent les zones rurales pour se rendre dans les centres urbains afin d’y trouver de l’aide.Les familles à Djibouti utilisent généralement l’argent gagné avec leur bétail pour acheter la nourriture qui leur est nécessaire.  Or, du fait de la réduction de la productivité de l’exploitation des troupeaux, le revenu des ménages et l’accès aux biens alimentaires ont fortement diminué.Les points d’eau, comme les trous de sonde, sont en mauvais état et les frais d’entretien et de réparation doivent être pris en charge.  Le problème de la malnutrition, qui résulte de la prolongation de la sécheresse, est une des préoccupations majeures.  Il est nécessaire de fournir une alimentation de complément pour 5 730 enfants.  De plus, il faut fournir des services de santé mobiles pour 5 000 personnes, afin de toucher les populations nomades qui sont les plus vulnérables.  Enfin, au titre des besoins urgents, il faut régler les questions de l’alimentation et de l’abreuvage de 500 000 têtes de bétail, tout comme celle des services vétérinaires urgents.Dans le moyen et le court terme, les Nations Unies, les organisations non gouvernementales concernées et les ministères techniques du Gouvernement devront mener une deuxième évaluation multisectorielle plus complète.  À ce titre, un sondage pour vérifier les chiffres sur le bétail perdu sera nécessaire.

Pour de plus amples informations, prière de contacter

Stephanie
Bunker, OCHA à New York, (917) 892-1679,

ou Elizabeth Byrs, OCHA à Genève, au 41 22 917 2653
ou sur son portable 41 (0) 79 473 4570

 

28/04/05 (B295) LDDH : communiqué de la FIDH, qui condamne les conditions des élections au Togo.


Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION

DU 27 AVRIL 2005

SUR LA MASCARADE ELECTORALE AU TOGO

Il est du devoir de chaque citoyenne, de chaque citoyen, de chaque électrice, de chaque électeur, de dire NON à chaque mascarade électorale dans son TERROIR.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) membre de l’Union Interafricaine des Droits de l’Homme (UIDH) demeure très, très préoccupée des situations inadmissibles et non sécurisantes des mascarades électoraux, notamment avec les ingérences des Forces armées dans les déroulements des processus électoraux au sein de notre Continent Africain, et particulièrement en ce mois d’avril 2005, au Togo et à Djibouti.

 

NOEL ABDI Jean-Paul
_________________________________________________

Togo : la FIDH condamne la mascarade électorale

Paris, 26 avril 2005 – La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) condamne les nombreuses irrégularités observées au cours du scrutin présidentiel du dimanche 24 avril 2005, et les violences ayant entraînées la mort d’au moins 7 personnes ainsi que de nombreux blessés. Ces informations lui ont été transmises par le chargé de mission de la FIDH, présent dans le pays au moment du scrutin et la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH), organisation membre de la FIDH.

Ainsi, le chargé de mission de la FIDH a été témoin dans le quartier de Bé de l’exécution extra-judiciaire d’un manifestant. Le lundi 25 avril 2005 à 10h15 à côté de l’hôtel Rosalie, une voiture de police s’est en effet présentée au niveau d’une dizaine de manifestants de l’opposition et depuis le véhicule, un agent des forces de l’ordre à ouvert le feu touchant mortellement au front un manifestant.

Selon les informations reçues, le déroulement du scrutin a été entaché par des fraudes massives : bourrages d’urnes, manipulation des listes électorales, distribution en grand nombre de cartes électorales vierges aux partisans du parti au pouvoir, comptage des votes dans le plus grand secret, intimidations des partisans de l’opposition, interventions de militaires et de civils armés afin de prendre possession d’urnes électorales, etc… Ces éléments constituent de graves et flagrantes violations des droits de l’Homme et du droit à des élections libres et pluralistes consacré par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

En outre, les membres de la LTDH et d’autres organisations de la société civile ont été écartés du processus d’organisation et de suivi de ce scrutin, des médias indépendants ont été fermés, des correspondants de la presse internationale ont été empêchés de se rendre dans le pays et les moyens de communication tels que les téléphones mobiles, les fax et internet sont coupés depuis le milieu de l’après-midi du 24 avril 2005. Ces faits constituent des violations systématiques du droit de communiquer et d’informer garanti par les instruments internationaux de protection des droits de l’Homme.

La FIDH considère ainsi que les conditions dans lesquelles s’est tenue cette élection sont en violation flagrante des principes de transparence, de pluralisme et de libre détermination du peuple garantis par les instruments régionaux et internationaux en la matière.

La FIDH déplore la caution regrettable apportée par la France et la CEDEAO à cette mascarade électorale.

28/04/05 (B295) Communiqué de l’opposition djiboutienne à Ottawa. Appel à la mobilisation unitaire le jour de l’installation de Guelleh pour son nouveau mandat

L’opposition djiboutienne, présente à Ottawa, lance un appel à la Communauté djiboutienne pour qu’elle se mobilise, le jour de l’installation du dictateur pour un nouveau mandat, afin de dénoncer les conditions de l’élection mascarade.


Nous sollictions tous les partis de l’opposition et en particulier, le Président de l’U.A.D, Monsieur Ismail Guedi Hared pour qu’ils poursuivent les actions engagées et la lutte contre la dictature. Nous demandons aux autorités Françaises de cesser d’apporter leur concours et leurs aides apportées au Gouvernement sanguinaire, illégitime et auto-proclamé d’IOG.


Peu de messages de félicitations significatifs et ayant un poids diplomatique important sont parvenus au Palais de l’Escale. En particulier, nous saluons la position du Président George W. Bush qui a pris la décision de ne jamais féliciter un dictateur.


Que la lutte continue jusqu’a la victoire finale…



Le chef Prosivoire de l’Oppositon Djiboutienne d’Ottawa

et President de l’Alliance Socialiste Djiboutienne.

Mohamed de Waberi


28/04/05 (B295) Communiqué de la ligue Belgo-Africaine pour le rétablissement des Libertés en Afrique

DECLARATION DE LA LIGUE BELGO-AFRICAINE POUR LE RETABLISSEMENT EN AFRIQUE DES LIBERTES FONDAMENTALES FACE A LA CRISE DU SYSTEME EDUCATIF CAMEROUNAIS.


 


Il y a de cela un peu plus de deux semaines, les étudiants de l’Université de Yaoundé I sont entrés en grève. Ils exigent de meilleures conditions d’études et un meilleur fonctionnement de l’Université. Le 27 avril dernier, ceux de  Yaoundé II ( SOA)  et de Buéa  ont pris le relais.


 Tous décrient comme par le passé le caractère vétuste et délabré de leur université. Selon les grévistes, les universités d’Etat camerounaise sont  sans équipements pédagogiques, sans laboratoires, sans bibliothèques, sans une infrastructure informatique, sans revues et publications de recherche scientifique…


 


Les étudiants grévistes demandent , entre autres, “ l’annulation du payement injustifié des droits universitaires 76 € (50.000 Fcfa) et leur suppression ; (…) l’octroi des bourses aux étudiants admis au moins en cycle de recherches et dans toutes les grandes écoles ; la convocation du Conseil de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ; l’élection des recteurs, doyens et chefs d’établissements ; (…) le sous-équipement des laboratoires ; (…) l’arnaque des étudiants tant par le personnel enseignant que par le personnel administratif ; la faible capacité des logements universitaires ; etc. ”




Pour l’ADDEC, (association estudiantine)  l’étudiant camerounais vit le calvaire.


 


Une déclaration de l’ADDEC datée du 16 janvier dernier affirme : “ Le logement des étudiants semble désormais être la chasse gardée de quelques grands opérateurs privés, qui se retrouvent être curieusement des personnes occupant de hautes fonctions gouvernementales ou politiques.  


 


Quant aux vieux bâtiments de Yaoundé I jadis construits pour 600 résidents, les conditions pour y accéder ne sont pas toujours claires.


 


A Dschang, Douala, Ngaoundéré et Buéa, la situation n’est guère reluisante. “ Les étudiants se retrouvent par conséquent parqués dans des ghettos et assaillis par la pression de bailleurs véreux côtoyant un environnement si peu avenant pour la pratique de la science ”, conclut la déclaration.


 


Selon nos investigations faites sur place au Cameroun, les universités camerounaises disposent d’un corps d’enseignants qui raquettent les étudiants au lieu de concevoir et dispenser un enseignement digne de ce nom.


 


L’article 26, alinéa 2 de la DUDH  adoptée par l’assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948 à Paris et ratifiée par plusieurs Etats dont le Cameroun  stipule très bien que « L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.(…) ». Cet article repris dans la constitution camerounaise  n’est qu’une disposition vidée de son sens au Cameroun car ,les étudiants sont  privés de bourses, clochardisés, entassés dans des dortoirs pires que des camps de concentration sans lendemain meilleurs. Conditions tristes bafouant ainsi leurs  Libertés fondamentales, déjà décriés en 1990 par le parlement estudiantin dont les membres sont aujourd’hui contraints à l’exil, sans oublier les revendications estudiantines de 2000 à Douala.


 


Face à ces différents manquements en matière d’éducation de la part de l’Etat Camerounais, la Ligue Belgo-africaine pour le Rétablissement en Afrique des Libertés fondamentales,


 


1-                       Réitère son APPEL AU SECOURS D’URGENCE DU CAMEROUN et de SA JEUNESSE EN PERIL, comme l’a si bien  fait  la Ligue camerounaise des Droits de l’Homme dans son communiqué datant du 27 avril 2005.


 


2-                       Dénonce énergiquement les actes de violences policières exercées sur les étudiants grévistes. Actes qui s’apparentent à un bannissement social des étudiants, désormais considérés comme une génération abandonnée.


 


3-                       Le LIBERAL, toutes les sections confondues soutient sans réserve les étudiants et leur promet d’être  toujours à leur  côté car ces derniers ne luttent  que pour leurs droits.


 


 


 


 


Fait à Bruxelles le 28 avril 2005.


 

Le Conseil permanent de l’asbl LIBERAL

Contact presses :

Belgique : 00 32 485 39 58 85

Fax : 00 32 2 644 57 36

Sénégal : 00 221 892 48 10

Cameroun : 00 237 99 39 642

E-mail : asblliberal@hotmail.com

28/04/05 (B295) ACTUS (TCHAD) : Communiqué de presse sur la situation au Togo..

DRAME AU TOGO : L’IMPERIALISME
FRANÇAIS A REPRIS LE HAUT DU PAVÉ
(Communiqués 28/04/2005)

Après la mise en échec du premier coup d’état
militaire du 06.02.2005 survenu après le décès du
Général-Président togolais Gnasigbé Eyadema, par la
mobilisation générale du peuple togolais et de la
solidarité internationale, la progéniture du dictateur
Eyadema, Gnassingbé, Faure Gnassingbé et ses
protecteurs de la Françafrique et autres officines de
l’impérialisme français ont repris le haut du pavé au
Togo.

Le mécanisme d’intronisation de la dictature
héréditaire par l’organisation à la hussarde d’une
prétendue élection démocratique présidentielle a été
couronnée sans surprise par l’annonce des résultats,
ce jour 26.04.2005 de la victoire dès le premier tour
de Faure Gnassingbé avec 60,22% des voix contre 38,9 %
à Bob Akitani, le candidat de l’opposition et du
peuple.

Le bébé Gnassingbé s’apprête à occuper le
fauteuil présidentiel de son père qui pendant 38 ans a
commis des crimes contre l’humanité avec le soutien
inconditionnel de l’impérialisme français et de son
grand ami, le Président Jacques Chirac ( qui, par
ailleurs, a affirmé publiquement sa profonde amitié à
l’un de ces nazis tropicaux).

Le peuple africain selon la philosophie de la
Françafrique n’est pas encore mûr pour accéder à la
démocratie.

Il doit continuer à vivre sous la férule
des dictatures dont le géniteur, depuis l’époque
coloniale à nos jours, demeure l’impérialisme
français. Après les coups d’états sanglants qui ont vu
l’élimination de nombre des patriotes africains
(Ngouabi, Sankara.),est venu le temps des élections
«démocratiques» livré clé en main par l’impérialisme
français. Cette nouvelle stratégie sournoise et
insidieuse, peaufinée depuis la conférence de la Baule
dans les années 90, a permis à toutes ses petites
créatures de la Françafrique au pouvoir de remporter
sans coup férir toutes les élections présidentielles
et législatives dans le pré-carré d’Afrique (Déby au
Tchad, Mbia au Cameroun, Sassou au Congo Brazza, Bongo
au Gabon, Eyadema au Togo, Omar Guelleh à Djibouti.)

Quelle honnête âme oserait un seul instant croire à ces victoires ?

Affirmer que les victimes africaines
de ces dictateurs pouvaient reconduire indéfiniment
leur calvaire, est un cynisme et un blasphème pour nos
millions de morts.

Ce n’est pas un hasard si l’impérialisme français et
la Françafrique sont (toujours) les premiers à
exprimer leur satisfaction du « bon déroulement » du
scrutin et de la victoire de Faure Gnassingbé.

Ce
mensonge grotesque est en flagrante contradiction avec
le communiqué du 25.04.05 de la Ligue Togolaise des
Droits de l’Homme (LTDH) qui écrivait : «Les bourrages
d’urnes, les listes électorales tripatouillées, les
électeurs privés du droit de vote, les intimidations,
les lynchages, les opérations commandos de militaires
dans les bureaux de vote pour emporter ou détruire des
urnes, occasionnant des pertes en vies humaines et des
blessés, les dépouillements des bulletins de vote en
l’absence des délégués de l’opposition et des
électeurs, les votes parallèles et multiples, la
présence tardive des listes d’électeurs détenteurs de
cartes nouvellement inscrits, la vente des cartes
d’électeurs par les partisans du pouvoir, les
arrestations arbitraires etc…sont les incidents qui
ont émaillé l’élection sur toute l’étendue du
territoire.»

Au demeurant rappelons que depuis la mise sur orbite
du pouvoir le 06.02.2005 de Faure Gnassingbé par la
Françafrique, plus de 320 personnes ont été tuées ou
grièvement blessées auxquelles s’ajoutent des femmes
violées, de nombreuses arrestations arbitraires,
tortures et traitements dégradants humiliants des
citoyens.

Ces crimes exécutés par l’armée clanique et
les milices prétoriennes des Gnassingbé, ne suscitent
aucune compassion ni désapprobation, ni condamnation
du gouvernement français. La vie des noirs n’a aucune
valeur aux yeux de l’impérialisme français.
Quand il s’agit du pré-carré, la France demeure
aveugle et aphone.

Malgré les hold-up électoraux
accompagnés des assassinats des opposants, malgré les
rapports irréfutables établis par les ADH et certaines
personnalités indépendantes africaines, européennes et
américaines sur ces crimes, nous assistons
inlassablement et invariablement à la rhétorique
française en ces termes : « .l’élection présidentielle
s’était déroulée globalement dans des conditions
satisfaisantes et sans incidents majeurs. ». En
d’autres termes, l’élection est démocratique et peut
être aussi validée par ses partenaires.

Le peuple frère du Togo comme tous ceux du pré-carré
ont le droit de s’insurger et de prendre le pouvoir
(par tous les moyens) qui leur a été confisqué depuis
40 ans par le pacte colonial qui, comme une chape de
plomb, compromet durablement tout espoir de liberté,
de démocratie et de développement. C’est une question
de survie.

N’a t-on pas assisté en France aux différentes
résistances et insurrections contre les oppressions,
l’occupation et les injustices depuis la Commune de
Paris, la Révolution de 1789 la lutte de libération
menée par les Forces françaises libres sous
l’occupation nazie et récemment, en mai 68 ?.

Le Général De Gaulle n’a t-il pas exigé en1966, la
fermeture des bases militaires américaines en France ?

Pour le pré-carré français, ces bases françaises sont
anachroniques et représentent un danger réel pour la
souveraineté de notre continent. Ces troupes n’ont
jamais aidé, ni défendu les intégrités territoriales,
ni assuré la sécurité et la paix des citoyens, ni aidé à asseoir une quelconque démocratie en Afrique comme
en témoignent les multiples hold-up électoraux dans
tous les pays où existent ces bases militaires.

Quel paradoxe de constater que les troupes de la
France républicaine, pays démocratique, berceau des
Droits de l’Homme pouvaient servir de parapluie aux
dictateurs !

Ces troupes françaises garantes des intérêts
néo-coloniaux, ont toujours servi à défendre, et à
introniser les dictateurs chancelants sous les
révoltes des peuples ( Léon Mba au Gabon, Ahidjo au
Cameroun, Déby, Tombalbaye au Tchad, Omar Guelleh à
Djibouti, Eyadema au Togo, Houphouet en Côte d’Ivoire
depuis les années 60 à nos jours) ou à anéantir les
mouvements de libération (l’UPC au Cameroun, le
Polisario au Sahara occidental.) et toutes les
insurrections internes par l’élimination physique de
leurs leaders (Run Um Nyobé de l’UPC assassiné par
l’armée coloniale française le 13 septembre 1958.).

L’impérialisme français élimine systématiquement des
chefs d’état du pré-carré qui sont nationalistes et
qui rejettent l’ordre françafricain et expriment des
velléités d’indépendance (Marien Ngouabi au Congo
Brazzaville, Thomas Sankara au Burkina.)
La présence oppressante de ces bases militaires
françaises est une malédiction pour le pré-carré
victime de cete épée de damoclès.
Les Anglais, les Portugais, les Belges et les
Espagnols ont décolonisé et rapatrié toutes leurs
troupes de leurs anciens territoires d’Afrique.

Cette
exception culturelle française à occuper militairement
le continent noir, est incompatible avec les Droits
Humains des peuples africains à l’autodétermination, à
la démocratie et au développement.

Les descendants africains de ces valeureux soldats
communément appelés tirailleurs sénégalais sont-ils
subitement devenus des criminels et ennemis de la
France?

Et que l’impérialisme français qui fut naguère
libéré du fascisme et du nazisme grâce aussi aux
sacrifices de leurs aïeux, doit maintenant les faire
assassiner par ces dictateurs ?

Cet acte est un mépris, un déni des Droits Humains
avec en filigrane un relent raciste et une trahison
que les peuples africains n’accepteront jamais !

Notre Parti, l’ACTUS, condamne énergiquement ce
deuxième coup d’état militaire au Togo et exprime
toute sa solidarité militante et fraternelle avec le
peuple frère du Togo.
Nous l’exhortons à ne plus se laisser prendre aux
pièges de la Françafrique et de certains de ses agents
africains de la CEDEAO et de l’UA qui, au nom de la
paix, suggèrent la formation d’un gouvernement de
réconciliation.

Votre victoire est éclatante et ne
doit souffrir d’aucun compromis anesthésiant. Après 38
ans de lutte héroïque et des milliers de morts, vous
avez enfin réussi à prendre le pouvoir
démocratiquement. Assumer le sans complexe et sans
concession et ce, dans l’intérêt intégral des masses
populaires.
Seule l’insurrection généralisée permanente, organisée
et unie de tout le peuple, permettrait de mettre hors
d’état de nuire la dictature héréditaire des
Gnassingbé au Togo.
Cher(e)s sours et frères duTogo, vos sacrifices ne
seront pas vain, vous triompherez des forces de
l’empire du mal qu’est la Françafrique.

Votre détermination à résister fera jurisprudence car
des hold-up électoraux et autres coups fourrés de la
Françafrique et de l’impérialisme français au Tchad,
en RCA, en Côte-d’Ivoire….en perspective, feront la
une de l’actualité dans les prochains mois.

Notre Parti, l’Action du Tchad pour l’Unité et le
Socialisme (ACTUS) exige :

– la démission par tous les moyens du putschiste Faure
Gnassingbé et le contraindre à rendre le pouvoir sans
conditions au candidat vainqueur de l’opposition Bob
Akatani qui représente l’espoir et les légitimes
aspirations du peuple martyr du Togo qui lutte depuis
38 ans contre la dictature congénitale des Gnassingbé.

– de la communauté internationale (UA, CEDEAO, CEMAAC,
UE, ONU, OIF,.) une ferme condamnation sans hypocrisie
et un embargo immédiat économique, militaire et
diplomatique contre le régime de Faure Gnassingbé.

Les
peuples africains ne jugeront que sur les actes et non
sur les pseudos intentions et sauront alors établir
sans hésitations la liste de ses amis et
ennemis(complices du génocide programmé des peuples
africains).

– la fermeture de toutes les bases militaires
françaises en Afrique, assurance tous risques pour SOS
dictateurs en danger et la création d’une monnaie
africaine permettant de contrôler nos économies qui
sont au service des multinationales et de leurs valets
locaux qui nous oppriment.

– de la France à revoir sa odieuse et criminelle
politique africaine, systématiquement opposée aux
légitimes aspirations des peuples africains.

En
désespoir de cause, les peuples africains riposteront
de manière foudroyante. La Françafrique finira alors
un jour avec la dépouille des dictateurs qu’elle a
conçus, entretenus économiquement, militairement,
diplomatiquement et maintenus pendant plusieurs
décennies au pouvoir.

– aux puissances occidentales de reconnaître au
continent africain et aux peuples noirs les mêmes
droits humains que les leurs, c’est à dire nous
reconnaître le droit de choisir librement nos
dirigeants, notre mode de développement, d’établir des
relations mutuellement avantageuses dans le respect de
chacun, débarrassées de tout esprit de paternalisme
colonial, d’exploitation éhontée et de complexe de
supériorité raciale.

– la traduction devant le tribunal pénal international
du régime de Faure Eyadema et de ses complices pour
crime contre l’humanité.

Notre Parti demande à tous les africains de manifester
partout ou besoin est, en Afrique et partout dans le
monde notre exaspération, frustration, colère et
indignation contre cette politique coloniale de la
France qui nous dénie le droit humain.
Les peuples africains n’aspirent qu’à vivre dignement
et humainement . Ils se donneront les moyens et le
temps nécessaires d’y parvenir. L’esclavage, les
humiliations, les frustrations, les pillages, les
assassinats, la misère, exercés par l’impérialisme ont
trop duré. Ça suffit ! Basta !

La révolution doit triompher car elle est en marche à
travers les foyers insurrectionnels présents ou en
couvaison.

Pour l’ACTUS (Action duTchad pour l’Unité et le
Socialisme)
actus@club-internet.fr


Le Secrétaire Général
Dr LEY- NGARDIGAL Djimadoum

28/04/05 (B295) Une crise alimentaire grave menace Djibouti, en dépit des affirmations contradictoires du Génie de la Corne (Source Nations Unies)

Djibouti


Les Nations Unies ont lancé un appel urgent en faveur de Djibouti pour lutter contre la grave crise alimentaire qui menace le pays.  Le montant de cet appel s’élève à 7,5 millions de dollars et vise à fournir une aide alimentaire à près de 30 000 personnes.  Les autres besoins immédiats concernent l’eau, dont manquent cruellement 18 000 personnes, et des services de santé mobiles pour 5 000 autres.  Imputable à trois saisons consécutives sans pluies, la crise soulève également des préoccupations au sujet de la malnutrition infantile.

28/04/05 (B295) RFI : Affaire Borrel, l’enquête impossible.

Dix ans après la mort de Bernard Borrel à Djibouti, la justice sait que ce juge français a bel et bien été assassiné, le 18 ou le 19 octobre 1995. Par qui ? Pourquoi ? Deux questions encore sans réponse. Seule certitude : en France, de nombreuses autorités se sont efforcées de freiner l’enquête ou d’en arrondir les angles saillants. Enquête de David Servenay.

L’« échec » des meilleurs policiers de France

De tous les enquêteurs s’étant penchés sur l’affaire Borrel, ceux de la Brigade criminelle ont été les plus convaincus à défendre la thèse du suicide du juge Bernard Borrel. Pourtant, dans l’écheveau des indices, des témoignages et des fausses pistes, il fallait envisager toutes les possibilités : suicide, meurtre ou assassinat ? Mobile privé ou raison d’Etat ? Vengeance professionnelle ou règlement de comptes personnels ?

En effet, tout semble confus, le 19 octobre 1995, lorsque des gendarmes français découvrent le corps sans vie de Bernard Borrel, magistrat français détaché par la coopération à Djibouti pour assister le ministre de la justice, Moumin Badon. Et surtout cette image spectaculaire d’un cadavre à moitié calciné retrouvé au pied d’une falaise à 80 kilomètres au nord-ouest de Djibouti, face à l’île du Diable.

En reprenant le dossier après les gendarmes et trois ans après les faits, les policiers pouvaient relever un vrai défi d’enquêteur ou accomplir un simple exercice judiciaire, passage obligé du quotidien judiciaire. Entre les deux, les enquêteurs de la Criminelle n’ont pas hésité longtemps. En témoigne, cette simple phrase. Une phrase ciselée, comme si son rédacteur avait soigneusement pesé chaque mot, chaque virgule et chaque qualificatif. Un modèle du genre, à la dernière page du rapport de synthèse rédigé par la section anti-terroriste de la Brigade criminelle, en novembre 1999, après un an et demi d’enquête sur le dossier :

« Sauf à envisager l’existence d’un vaste complot politico-judiciaire, impliquant dissimulation d’éléments d’enquête par les premiers intervenants, procès-verbaux volontairement erronés, examens médicaux orientés et conspiration généralisée du silence, l’hypothèse d’un assassinat ne peut à ce jour être sérieusement retenue. »

Un modèle du genre, car au fil des vérifications, les policiers ont balayé une à une les différentes pistes du dossier. Dans leur sabir, ils ont « fermé les portes » avec efficacité, mais parfois aussi avec une naïveté étonnante de la part de la prestigieuse brigade du 36 Quai des Orfèvres. Le rédacteur de cette sibylline conclusion a-t-il voulu montrer aux destinataires du rapport qu’il n’était pas dupe de la supercherie ? Laisser une trace aux historiens ? Un hameçon aux journalistes fouineurs ? En tout cas, les enquêteurs concluent, sans ambiguïté, au suicide.

Ce faux-semblant fait rire Elisabeth Borrel, la veuve de Bernard Borrel (elle-même juge des enfants depuis 23 ans) : « C’est assez amusant, parce que, quand on reprend chacun des termes -dissimulation d’éléments, PV erronés, examens médicaux orientés- je peux vous donner pour chacun d’entre eux des preuves dans le dossier de ce qu’ils existent. » Le rire s’arrête brusquement. «En fait, ces policiers n’ont jamais envisagé la thèse de l’assassinat et ils n’ont jamais enquêté dessus. » Et Elisabeth Borrel de se souvenir d’un autre procès-verbal surprenant, le premier PV de constatations rédigé par les gendarmes de la prévôté* où il est question « d’étayer la version du suicide ».

*  Les gendarmes de la prévôté ont pour mission d’enquêter sur les crimes et délits commis ou subis par les militaires français en opération extérieure. Bernard Borrel étant un civil, ils n’avaient aucune compétence judiciaire pour enquêter sur cette affaire. Pourtant, ce sont deux gendarmes de la prévôté qui découvrent le corps de Bernard Borrel le 19 octobre 1995, à 7h30, en contrebas d’un parking au lieu-dit du Goubbeh, à 80 kilomètres de la capitale de Djibouti. Puis, c’est leur chef qui rédige le premier procès-verbal de constatations.

Si la France est aussi présente sur le territoire de cette ancienne colonie, indépendante depuis 1977, c’est que Djibouti abrite la plus importante base militaire française en Afrique : 2 800 hommes stationnés en permanence et une énorme station d’écoutes captant tout le Proche-Orient.

Les juges se succèdent, au détriment de l’enquête

Dix ans déjà que la veuve de Bernard Borrel lutte pour « savoir la vérité », pour comprendre, pour « transmettre des valeurs à ses enfants », précisent ses amies, un petit groupe de femmes rencontrées à son arrivée au tribunal d’instance de Toulouse à l’hiver 1995. Elisabeth Borrel a alors 37 ans, plus de mari et deux enfants, Louis-Alexandre, 8 ans et François-Xavier, 5 ans. Mais surtout, un énorme poids sur la conscience : le « suicide » de son mari, Bernard, 40 ans.

« Quand elle est arrivée, se souvient Josée Nicolas, c’était une femme cassée ». Josée fait partie du « village gaulois » -le surnom qu’elles ont choisi- le village de celles qui l’ont crûe immédiatement et soutenue, car au départ personne n’a vraiment envie d’écouter Elisabeth Borrel. Elle pleure, souvent. Elle évoque des noms inconnus, les Djiboutiens au pouvoir. Elle n’a plus personne avec qui échanger. Les coopérants français ont reçu l’ordre de ne plus lui parler.

Face à ce désespoir et aux doutes de cette catholique -pratiquante sans être bigote- la justice toulousaine ouvre une enquête pour « recherche des causes de la mort ». Myriam Viargues, juge d’instruction à l’excellente réputation, prend le dossier. Les experts traînent, l’autopsie n’a lieu que trois mois plus tard, en février 1996. Une commission rogatoire internationale est envoyée à Djibouti pour récupérer les premiers éléments de l’enquête. Elle ne reviendra jamais. Au bout d’un an, la juge a une conviction -ce n’est pas un suicide- mais pas de preuves. Le dossier est finalement « dépaysé », il passe entre les mains de deux magistrats parisiens, Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire. En janvier 1998, les deux juges démarrent leur enquête, convaincus eux aussi de la thèse de l’assassinat. Pourquoi ? Sans doute parce qu’ils ont lu le rapport des gendarmes toulousains :

« La thèse du suicide est en opposition avec des éléments dont certains sont inconnus ou inexpliqués. A ce stade, les aspects conjugaux ou extra-conjugaux paraissent pouvoir être écartés. Catholique pratiquant, jouissant d’une bonne santé, Bernard Borrel avait de grandes qualités humaines et professionnelles unanimement reconnues. (…) le contexte socio-politico-économique de Djibouti pourrait ne pas être étranger à la mort violente de Bernard Borrel, si aucune autre voie n’est trouvée relevant de son entourage ou de ses relations. »

Pour vérifier ces éléments, les juges lancent leurs recherches en confiant l’enquête aux limiers de la Criminelle. Tout est repassé au peigne fin : témoins, comptes bancaires, constatations matérielles, examen des téléphones mobiles… Les magistrats se rendent à Djibouti avec un expert, le docteur Dominique Lecomte, directrice de l’Institut médico-légal de Paris, mais sans les avocats de la partie civile.

Une erreur de procédure qui sera fatale au tandem, puisque les deux juges seront dessaisis à la suite de cette reconstitution. Plus grave : à l’automne 1999, alors qu’ils prévoient de boucler leur dossier par un non-lieu, les deux juges font la sourde oreille à un témoin-clé. A Bruxelles où il s’est réfugié, Mohamed Alhoumekhani s’est adressé aux magistrats français, sans résultat. Il se décide alors à parler, à visage découvert… aux journalistes. En janvier 2000, cet ancien officier de la garde présidentielle raconte toute son histoire au Figaro. Deux mois plus tard, Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire viennent l’entendre à Bruxelles. Cette audition se déroule sans son avocat, mais en présence de deux officiers de police judiciaire belges. « Le climat n’était pas bon avec la juge, madame Moracchini était très nerveuse, dit le témoin, lorsque j’ai terminé, elle m’a dit de faire attention à la mafia corse et à la mafia libanaise et elle a ajouté « vous savez que votre président est très méchant et que ses gardes du corps aussi, et il paraît même qu’ils sont partis contre vous » ».

Cette adresse -menace, mise en garde ou simple conseil ?- sera confirmée par les policiers belges. Marie-Paule Moracchini n’a pas souhaité nous répondre, estimant que son «statut de magistrat [lui] interdit de parler à des journalistes d’une affaire dont [elle a] eu la charge en tant que juge d’instruction ». Elle dit préférer l’enceinte judiciaire pour défendre son point de vue. Elle a d’ailleurs intenté de nombreux procès en diffamation, contre des journalistes et contre les avocats d’Elisabeth Borrel. Aucune procédure n’est, à ce jour, définitivement terminée. Roger Le Loire, quant à lui, n’a pas répondu à nos relances, après nous avoir indiqué qu’il allait « réfléchir » à notre sollicitation.

Les services secrets français brouillent le jeu

Un nouveau juge d’instruction, Jean-Baptiste Parlos, sera le redresseur de la procédure. Après un nouveau transport à Djibouti, il décide d’exhumer le corps une seconde fois pour procéder à une nouvelle expertise confiée à un collège de quatre légistes. Une mesure décisive, car elle va permettre deux ans plus tard d’avoir, enfin, des preuves dans un dossier qui en manquait singulièrement. Puis il passe la main au juge Sophie Clément qui s’attaque à la dimension étatique de l’affaire. Le juge d’instruction a beau être, selon le mot attribué à Napoléon, «l’homme le plus puissant de France », ses prérogatives pèsent peu face à l’intérêt supérieur de l’Etat tel que le définit le secret-défense. En suivant à la lettre la procédure de déclassification des documents détenus par les services secrets français, la juge obtient une petite partie des rapports rédigés par les hommes de l’ombre. Rien pour les années 95 et 96, à l’époque des faits. Puis, pour les années 93-94 et la période s’étalant de septembre 1997 à mai 2003, quatre documents de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure / espionnage) et dix documents de la DPSD (Direction de la protection et de la sécurité de la défense / renseignement militaire). Des documents qui n’apportent pas grand chose à la compréhension des événements, laissant même parfois apparaître l’ironie bienveillante de leurs rédacteurs. Par exemple, une note rédigée par le chef de poste de Djibouti détaille les pérégrinations d’une équipe de journalistes de Canal + enquêtant sur place*.

* Sans intérêt autre que celui de savoir jusqu’où les enquêteurs de la chaîne de télévision iraient dans leurs recherches et leurs rencontres. Juge Borrel : révélations sur un suicide impossible, diffusé en décembre 2002, est la première enquête journalistique à révéler les mensonges de la version officielle.

Pour ce qui est de la production de la DGSE, le contenu des notes transmises par le ministère de la Défense tient en deux axes : premièrement, il faut plutôt retenir la thèse du suicide ; deuxièmement, cette affaire met en péril les relations franco-djiboutiennes. C’est l’essentiel de l’analyse fournie, à l’époque, au gouvernement Jospin. La DST (Direction de la surveillance du territoire / contre-espionnage) n’est pas en reste, puisque sur un classeur épais d’une dizaine de centimètres, seuls deux feuillets ont été déclassifiés.

L’embarras des espions français devient franchement perceptible à la lecture de leurs auditions face à Sophie Clément. Tous les hommes présents à l’époque des faits ont été interrogés. Ils ne disent pas toute la vérité, c’est leur métier. Ils ont aussi une obligation légale, puisque tous sont habilités « secret-défense » qui leur interdit formellement de dévoiler certaines informations. Plus gênant : ils n’ont pas du tout la même vision des faits. Et ce, dès le début. Le 21 octobre, deux jours après la découverte du corps de Bernard Borrel, ils se rassemblent pour leur traditionnelle réunion hebdomadaire d’échange d’informations. Au menu de la discussion : Bernard Borrel, suicide ou assassinat ? « Les gens connaissant monsieur Borrel n’imaginaient pas qu’il ait pu se suicider par le feu », dit l’un des hommes de la DPSD. Pourtant les principales autorités expatriées soutiennent mordicus la thèse du suicide, thèse annoncée dès le 19 octobre à 13h par un premier télégramme diplomatique signé du chef de la mission de coopération : « M. Borrel a mis fin à ses jours », écrit Jean-Jacques Moulines. En fait, cette réunion se passe mal, car les espions -DGSE et DPSD en tête- ne croient pas du tout à la version officielle donnée par les autorités françaises locales. M. A. le dit sans ambages à la juge Clément : « Je peux dire qu’il s’agit d’une affaire politique et que la réponse à cette question ne peut être que politique. C’est une réponse qui ne peut être faite que d’Etat à Etat. » On ne peut être plus explicite, le dossier Borrel gêne autant Djibouti que Paris.

Malaise persistant lorsque la juge auditionne un autre agent secret. Celui-ci n’a pas été en poste à Djibouti, mais il est sans doute l’un des premiers de la DGSE à avoir eu… des doutes. Voici comment M. B. entame son récit : «Fin 1995, j’ai reçu, dans le cadre de mes activités professionnelles, des informations selon lesquelles Bernard Borrel serait mort, que cette mort serait due à un suicide fondé sur des tendances pédophiles (… ) ».

Parmi toutes les rumeurs qui ont couru sur les déviances supposées de Bernard Borrel (adultère, jeux, drogue) la pédophilie sera celle qui reviendra le plus fréquemment. Or, aucun élément du dossier judiciaire ne vient étayer un commencement de début de preuve en la matière. Deux témoins évoquent effectivement le cas d’un coopérant à l’homosexualité notoirement connue, à qui il est effectivement prêté des « tendances pédophiles ». Mais ces témoins sont formels, il ne s’agit pas de Bernard Borrel. Là encore, cette rumeur est la marque d’un savant travail de sape des « services ».

« En réalité, poursuit le témoin, il aurait été assassiné en raison d’informations compromettantes qu’il aurait recueillies dans le cadre de ses activités professionnelles à Djibouti. » L’espion ne va pas plus loin sur les faits, mais il précise : « cette source m’a donné des détails sur la légende construite autour de la mort de Bernard Borrel pour dissimuler l’assassinat et également pour que sa mort serve d’exemple. » La légende, dans le jargon de la « Piscine », c’est la couverture donnée à un agent ou à une cible pour justifier une version officielle crédible.

La « Piscine » est le surnom donné au siège de la DGSE, située boulevard Mortier à Paris, juste à côté de la piscine des Tourelles.

Question de la juge : « vous a-t-il dit si des membres du personnel politique djiboutien étaient impliqués dans cet assassinat ? Réponse de l’agent : Il m’a dit que des membres des services spéciaux étaient directement impliqués, au moins dans l’exécution de l’opération. » En se retranchant derrière le secret-défense et la protection des sources du service, ce témoin ne va pas plus loin dans l’explication de texte, mais il conclut son audition par ces phrases sibyllines : « Le sens de la DGSE, son seul sens, c’est la raison d’Etat. Elle travaille en dehors de la légalité nationale et internationale, avec des procédures clandestines pour obtenir des renseignements. Sa seule légitimité est la raison d’Etat. Il peut arriver, comme partout ailleurs, qu’il y ait des dérives personnelles ou des coalitions d’intérêt. Dans ce cas, son travail peut être dévoyé, voire dévergondé. Je pense que cela a dû aussi être le cas à propos du décès de Bernard Borrel. » Que faut-il comprendre à ce commentaire ? Les services spéciaux français ou certains de leurs membres ont-ils une responsabilité dans la mort d’un juge, le troisième* magistrat français assassiné depuis le début de la Ve République ? Auraient-ils reçu l’ordre, dix ans après les faits, de brouiller une nouvelle fois les pistes ? Pour protéger quel secret ? Ou quels intérêts ?

* Le 2 juillet 1975, le juge Renaud, l’un des fondateurs du Syndicat de la Magistrature, est abattu en pleine rue à Lyon par trois tueurs. Le 21 octobre 1981, Pierre Michel, juge à Marseille, est abattu par deux tueurs, alors qu’il enquête sur le réseau de la French Connection, un réseau de trafiquants d’héroïne. Bernard Borrel fut major de sa promotion de l’ENM, promotion « Juge Michel ».

David Servenay
Le 27/04/05

28/04/05 (B295) RFI : Affaire Borrel : la première juge de l’affaire témoigne.

Myriam Viargues est la première juge d’instruction de l’affaire Borrel. A Toulouse, pendant un an et demi, elle a tenté de démêler les fils d’un dossier « difficile ». Elle s’exprime aujourd’hui pour la première fois. Pour dire ses doutes, ses convictions et… ses regrets.

RFI: Vous avez été la première juge d’instruction du dossier Borrel, qu’est-ce qui vous apparaît prioritaire, dès le début, pour essayer de comprendre les causes de la mort de Bernard Borrel ?
Myriam Viargues :
A l’évidence, il était indispensable de procéder à l’exhumation en vue de l’autopsie du corps de Bernard Borrel, puisqu’il était nécessaire d’avoir des éléments au niveau médico-légal. C’est ce que je fais, en désignant non seulement un médecin légiste, mais puisque nous savions qu’il y avait eu une immolation par le feu, je désigne aussi un expert en incendie pour assister à l’autopsie et travailler avec le médecin légiste.

RFI: Cette autopsie est réalisée… quand disposez-vous des résultats ?
Myriam Viargues :
J’ai périodiquement rencontré les experts qui m’ont tenu au courant de leur travail. Ils avaient besoin d’éléments sur les lieux où avait été découvert le corps de Bernard Borrel. Et ce n’est que plusieurs mois après, que j’ai pu entrer en possession d’une copie de la procédure qui avait été faite au moment de la découverte de la mort de Bernard Borrel, que j’ai pu leur donner ces éléments. Cela a aussi contribué à retarder les choses.

RFI: Le rapport d’experts conclut que Bernard Borrel n’a pas pu s’asperger d’essence, n’est ce pas ?
Myriam Viargues :
C’est le sens des conclusions des experts.

RFI: L’autre aspect de votre enquête, c’est d’explorer la vie publique et privée de Bernard Borrel.
Myriam Viargues :
J’ai délivré une commission rogatoire aux gendarmes de la Brigade de recherche de Muret, qui ont entrepris un certain nombre d’investigations, qui, toutefois étaient relativement limitées, puisqu’elle ne pouvaient s’exécuter que sur le sol français. Mais qui ont permis d’avoir quelques éléments sur sa personnalité, sa vie. C’était un magistrat unanimement reconnu comme un très bon professionnel. Quelqu’un de rigoureux dans son travail, très attaché à sa famille, très attaché à son rôle de père de famille, c’est le portrait qui ressortait de cette enquête. En tout cas, pas le moindre élément défavorable concernant sa vie privée ou professionnelle.

RFI: Quelles conclusions –provisoires- pouvez-vous tirer à partir de ces éléments ?
Myriam Viargues :
Les conclusions provisoires, c’est qu’il est fort probable que Bernard Borrel ne s’est pas suicidé et qu’il faut continuer les investigations. Et ce qu’il faut faire, c’est à l’évidence se déplacer à Djibouti pour enquêter sur place. La question se pose alors pour moi de savoir si à Toulouse, avec les moyens que nous avons, nous sommes capables d’effectuer ces investigations. Et moi, en toute franchise, je me dis que non et qu’il vaut mieux que je sois dessaisie de ce dossier, au profit de collègues parisiens. Et je pense à ce moment-là bien sûr, aux collègues de la section antiterroriste qui eux ont l’habitude de travailler sur ce type de dossier. J’en parle avec le parquet et la réponse qui m’est donné, venant du parquet général, c’est qu’il n’est pas favorable à un dessaisissement. A l’époque, j’ai l’impression que le parquet n’est pas convaincu que Bernard Borrel ne s’est pas suicidé et donc ne voit pas l’utilité de continuer des investigations et donc de se dessaisir du dossier.

RFI: A l’époque, on a beaucoup dit qu’Elisabeth Borrel, le veuve du juge Borrel, était un peu folle, qu’elle n’arrivait pas à se relever de cette mort tragique…
Myriam Viargues :
Pas du tout, pas du tout. Elisabeth Borrel est en grande souffrance, c’est une évidence, mais elle est toujours parfaitement cohérente dans tout ce qu’elle explique, tout ce qu’elle dit. Elle sait donner des arguments, des explications convaincantes. Même si elle le fait parfois avec tellement de conviction qu’elle peut paraître excessive. A aucun moment je n’ai douté de la santé mentale d’Elisabeth Borrel. Jamais.

RFI: Vous avez fait des demandes d’acte auprès des autorités djiboutiennes ?
Myriam Viargues :
Effectivement, dès le début du dossier, j’ai fait une commission rogatoire internationale par laquelle je demandais aux autorités djiboutiennes de me transmettre non seulement la procédure établie sur place, tous les actes faits sur place et un certain nombre d’indications sur les lieux de découverte du corps de Bernard Borrel. Je n’ai jamais eu de réponse à cette commission rogatoire internationale et, à ce jour, à ma connaissance, il n’y a toujours pas eu de réponse.

Propos recueillis par David Servenay

Article publié le 27/04/2005