30/09/05 (B318) Mohamed Aloumekhani répond à un lecteur dont nous avions publié un article critique. Il appelle les véritables opposants à être présents le 18 octobre au Palais de Justice de Paris pour défendre le Président de l’ARDHD et pour témoigner devant les journalistes de la situation à Djibouti.

J’ai lu avec soin les critiques qui ont été formulées, par un lecteur, à mon endroit sur votre site. Certes, je regrette que ce lecteur n’ait pas le même courage que celui de tous les membres du GED et qu’il agisse de façon anonyme, mais le courage n’est pas distribué de façon égalitaire..



 
J’ai bien compris qu’il s’agissait d’une provocation téléguidée et je n’ai pas l’intention de rester silencieux.



Au contraire, il me semble important de préciser ma position.

Bien entendu, que ce soient les dirigeants de l’UAD, du MRD, du FRUD, de l’ARD, d’UGUTA ou d’autres partis d’opposition, nous avons tous compris qu’il faudrait d’abord passer par la fin du régime dictatorial de Guelleh, pour pouvoir instaurer la démocratie dans notre pays et pour redonner au peuple les conditions du choix de ses dirigeants dans la liberté et la transparence, sans fraude électorale ni pression.

C’est dans cet esprit que nous avons pris l’initiative au GED d’appeler au rassemblement de tous les opposants sous la même bannière : « Le mouvement djiboutien de libération nationale », où nous invitons tous les opposants sincères à se réunir autour d’un même objectif : « Comment organiser et gérer la fin du régime de Guelleh ? ».


La manifestation devant l’Ambassade des Emirats Unis apparaît comme une erreur politique majeure, car comme l’écrivait votre lecteur : il ne faut pas se tromper de cible. C’est Guelleh et son régime qui sont notre cible et non pas les pays voisins.

S’il n’y avait pas Guelleh et son immense appétit d’enrichissement, Dubaï n’aurait pas reçu la concession du Port, de l’aéroport et des douanes. Les coupables ne sont pas les autorités de Dubaï, mais bien celles de Djibouti.

Le moment semble très mal choisi de manifester devant l’Ambassade des Emirats Unis alors que nous aurons besoin de l’aide, du soutien et de l’amitié de tous nos frères des pays voisins, pour remettre en marche la République et la Démocratie : il est inutile de nous le cacher !

Certes, au départ, l’intention des organisateurs de cette manifestation est louable, puisqu’ils cherchent à faire parler de la situation à Djibouti, des malversations commises par Guelleh et du durcissement du régime qui harcèle les travailleurs et les syndicalistes et qui violent les Droits de l’Homme. Mais ils se trompent simplement de lieu et de jour !


Je tiens à rappeler à tous les opposants qu’il ont une excellente occasion de médiatiser la situation à Djibouti, le 18 octobre devant le Tribunal de Paris qui devra statuer sur la plainte déposée par le Général Zakaria contre l’ARDHD. Avec mes amis du GED, nous avons aussitôt répondu « Présent ». La liste des témoins sincères et engagés est riche et je sais que nous ne serons pas les seuls, pour dire tout ce que nous avons vu, afin d’apporter notre soutien personnel au Président de l’ARDHD, qui contribue bénévolement depuis plus de huit années, à la communication active de tous les Djiboutiens de l’opposition et qui a toujours pris fait et cause pour toutes les victimes du régime et les opposants, sans exception et quels que soient les risques.


Entre bien d’autres qualités, je lui reconnais le courage mais surtout la persévérance pour continuer son action désintéressée et si utile pour nous tous. Chaque matin, je m’étonne qu’il ait encore envie de poursuivre la publication du site, alors que la reconnaissance, c’est le moins que l’on puisse dire, n’est pas toujours au rendez-vous.


Prenez par exemple, l’affaire du 18 octobre : que s’est-il passé ? En 2003, le jour de l’arrestation de DAF, fidèle à ses engagements, l’ARDHD a immédiatement pris fait et cause pour lui et a alerté l’opinion mondiale sur les conditions de son incarcération. Elle a publié les messages d’encouragement des lecteurs et relayé les appels à manifester. C’est bien ce que le Général Zakaria, l’un des piliers de la dictature, lui reproche.


Avez-vous jamais lu une ligne de remerciement de DAF sur le site du MRD ?


S’est-il exprimé dans le cadre de cette plainte et du procès ?


Viendra-t-il témoigner non seulement pour soutenir l’ARDHD, mais aussi, profitant de cette occasion pour s’exprimer publiquement sur la situation à Djibouti et sur son opposition ?


Je n’ai pas l’information définitive aujourd’hui, mais il semble bien qu’il n’y ait malheureusement qu’une seule réponse à toutes ces questions : « NON ».

Personnellement je regrette l’ingratitude de nos compatriotes dans cette affaire, car il ne sera pas le seul absent de marque parmi les dirigeants qui se réclament de l’opposition, FRUD, ARD, ….


Est-ce l’image que certains dirigeants Djiboutiens de l’opposition, se réclamant de la défense du peuple, souhaitent donner de notre pays ? Notre peuple est-il constitué d’ingrats, dénués du sens de la responsabilité et de la reconnaissance ? Certes non, mais ces dirigeants contribuent à propager et à institutionaliser « cette image dramatique » auprès de la communauté internationale et surout de ceux qui sont nos amis fidèles parmi les fidèles.


Triste image que nous donnerions de notre pays et de ses traditions d’amitié, de solidarité et d’ouverture, si nous n’étions pas présents ce jour-là !


Alors je demande simplement au lecteur qui s’est exprimé à mon sujet de nous préciser : qui est l’opposant sincère, travaillant sans ambiguïté pour la fin du régime et qui ne l’est pas ?


Je reconnais une nouvelle fois qu’il a raison de dire qu’il ne faut pas se tromper de cible : ce n’est pas DubaÏ, c’est bien Guelleh, notre problème ! Et personnellement, je ne me suis jamais trompé de cible.


Je suis certain que ce lecteur anonyme, (dont l’identité n’a pas été difficile à déterminer), mettra un point d’honneur à venir en personne, le 18 octobre pour défendre à nos côtés, le Président de l’ARDHD et pour témoigner de la situation que subissent nos compatriotes. S’il ne le faisait pas, serait-il encore utile qu’il prenne sa plume pour se positionner en donneur de leçons ?

30/09/05 (B318) LDDH : soutien à la demande d’extradition d’Hissene Habre.


Le Président

DIFUSION D’INFORMATION
DU 29 SEPTEMBRE 2005
SUR AFFAIRE HISSENE HABRE

 

La Ligue Djiboutienne des Humains (LDDH) se joint à la demande d’extradition de Hissein Habré, et tout comme la FIDH et ses organisations membres au Tchad, la Ligue tchadienne de défense des droits de l’Homme (LDH), et l’Association Tchadienne pour la protection et la défense des droits de l’Homme (ATPDH) se félicitent de l’annonce rendue publique ce matin par les autorités belges, de la délivrance d’un Mandat d’arrêt international pour « violations graves du droit humanitaire international » à l’encontre de l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré, qui vit actuellement au Sénégal.

La LDDH ne peut qu’approuver la Décision Historique des Autorités Belges,
Cette Décision judiciaire doit être clairement COMPRISE comme un signal fort, dans le combat légitime des Défenseurs des Droits contre l’impunité qui sévit hélas dans notre Continent : l’Afrique.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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Tchad  – Affaire Hissène Habré

La Justice belge demande l’extradition d’Hissène Habré

Paris, le 29 septembre 2005 – La FIDH, et ses organisations membres au Tchad, la Ligue tchadienne de défense des droits de l’Homme (LDH), et l’Association Tchadienne pour la protection et la défense des droits de l’Homme (ATPDH) se félicitent de l’annonce rendue publique ce matin par les autorités belges, de la délivrance d’un Mandat d’arrêt international pour « violations graves du droit humanitaire international” à l’encontre de l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré, qui vit actuellement au Sénégal.

« Cette décision historique était attendue depuis longtemps par la FIDH et l’ensemble de ses partenaires au sein du Comité international pour le jugement d’Hissène Habré », s’est réjouit Sidiki Kaba, président de la FIDH. La FIDH a mené à cette fin, ces 5 dernières années, un programme important de recherches, au Tchad, et de plaidoyers, y compris par voie contentieuse (cf. http://www.fidh.org/rubrique.php3?id_rubrique=80)

Après le regrettable échec des procédures intentées au Sénégal l’espoir principal des victimes, de leurs familles, et des ONGs qui les accompagnent, résident dans la justice belge, également saisie.

Après l’émission de ce mandat d’arrêt international, il incombe désormais aux autorités sénégalaises d’apporter une réponse à la demande belge. La FIDH les appelle en conséquence à mettre en oeuvre l’obligation souscrite par le Sénégal en vertu de la Convention des Nations unies contre la torture de 1984, faute d’avoir jugé Hissène Habré au Sénégal, d’extrader celui-ci vers l’Etat qui lui en fait la demande.

Considérant les risques de fuite d’Hissène Habré vers un Etat non partie à la Convention contre la torture, la FIDH demande aux autorités sénégalaises de prendre toutes les dispositions utiles pour éviter cette fuite, jusqu’à ce qu’une réponse à cette demande d’extradition soit apportée.

Contacts presse : Gaël Grilhot : +33-1 43 55 90 19 / ggrilhot@fidh.org

30/09/05 (B318) LDDH : A propos des élections parlementaires au Somaliland. Extrait d’un article de Radio-France.


Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION
DU 30 SEPTEMBRE 2005
SUR LES ELECTIONS PARLEMENTAIRES AU SOMALILAND VOISIN
EXTRAITS D’UN ARTICLE DE RADIO FRANCE INTERNATIONALE

Cette Diffusion d’Information doit être considérée comme un Appel pour soutenir toutes les initiatives légales afin de faire progresser constamment la démocratie électorale, la Paix civile, et le soutien effectif au développement socio-économique, en direction du peuple du Somaliland et en général à l’ensemble des somaliens. avides de Paix

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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Somalie : Elections législatives au Somaliland

La province sécessionniste somalienne du Somaliland vote aujourd’hui pour élire ses députés. Plus de 800 000 électeurs sont appelés aux urnes. 246 candidats, dont 5 femmes, briguent les 82 sièges au parlement. A travers ces élections, les autorités de ce territoire qui a fait sécession du reste de la Somalie en 1991 entendent montrer au reste du monde que le Somaliland est aujourd’hui mûr pour une reconnaissance internationale.

Pouvoir et opposition s’accordent sur un point : ces troisièmes élections multipartites en cinq ans sont une nouvelle occasion de prouver la viabilité de cette république autoproclamée. Pour arriver à leurs fins, les acteurs politiques de l’ancien protectorat britannique disposent d’un atout : le Somaliland est un îlot de relative stabilité alors que les nouvelles institutions fédérales somaliennes sont toujours incapables de faire taire les rivalités entre les différents seigneurs de la guerre contrôlant le pays.

Pour l’heure, si les agences humanitaires de l’ONU et des ONG ont installé des bureaux à Hargeisa, la capitale, seule l’Ethiopie maintient une présence diplomatique sur place. Craignant un éclatement total de la Somalie, l’ensemble de la communauté internationale, de son côté, a jusque-là préféré rejeter les demandes de reconnaissance de la province sécessionniste.

Cyril Bensimon
Article publié le 29/09/2005
Dernière mise à jour le 29/09/2005 à 12:35 (heure de Paris)

30/09/05 (B318) La CISL monte au créneau dans l’affaire de l’affaire des arrestations arbitraires des syndicalistes et des travailleurs. (La pression internationale s’accentue sur le régime)

Escalade de la répression antisyndicale au port de Djibouti 28/9/2005



Bruxelles, le 28 septembre (CISL EnLigne) : La CISL proteste vigoureusement contre le licenciement abusif de 11 dirigeants syndicaux, leur détention arbitraire et celle d’environ 165 grévistes. Alors que le secrétaire général de la CISL avait déjà interpellé par écrit le président Djiboutien à peine une semaine auparavant pour dénoncer la répression antisyndicale et le non-respect des droits des travailleurs du Port autonome international de Djibouti, Guy Ryder a adressé une nouvelle lettre hier aux autorités djiboutiennes pour dénoncer cette escalade injustifiable de la répression antisyndicale.



Selon les informations transmises à la CISL par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, les travailleurs du port de Djibouti ont observé une grève générale du 14 au 17 septembre 2005, à l’appel des syndicats djiboutiens qui protestaient contre les mauvaises conditions de travail et des licenciements abusifs. Le 17 septembre, une réunion tripartite entre les syndicats, la direction du port et le ministre de l’Emploi a mis un terme à la grève et jeté les bases d’un dialogue social. Dans ce cadre, une nouvelle réunion s’est tenue le 24 septembre 2005 au ministère de l’Emploi, en l’absence toutefois du directeur du port et de sa délégation, qui a déclaré vouloir boycotter le processus de dialogue. Ce même jour, onze dirigeants de l’Union des travailleurs du port (UTP), qui souhaitaient entrer dans la zone portuaire, ont été appréhendés par des policiers qui leur ont retiré leur carte d’accès, avant de se voir notifier leur licenciement par la direction du port, pour «obstacle à la liberté de travail», en référence à la grève générale du 14 septembre.



En réaction à ces licenciements considérés comme abusifs, les travailleurs du port ont lancé un nouvel appel à la grève le 24 septembre à 22h. Deux heures plus tard, 110 grévistes et syndicalistes se trouvant dans le port de Djibouti ont été arrêtés par les Forces nationales de police (FNP) et emmenés au centre de l’école de police de Nagad. Le 25 septembre 2005, d’autres grévistes et syndicalistes ont été arrêtés. En date du 26 septembre, près de 160 personnes seraient détenues au centre de Nagad et six des 11 dirigeants syndicaux de l’UTP seraient détenus dans les locaux de la police criminelle afin d’être interrogés. Ces six personnes ont fait savoir qu’elles entamaient une grève de la faim.



Selon les informations de la CISL, cette vague d’arrestations se poursuivrait à l’heure actuelle. En outre, le domicile du secrétaire général de l’UTP, entré en clandestinité depuis le début de ces événements, aurait été perquisitionné illégalement.



Exprimant sa vive préoccupation, Guy Ryder a exhorté le président Djiboutien à « libérer immédiatement tous les détenus, à permettre aux syndicalistes licenciés de contester devant une justice impartiale et indépendante la légalité de leur licenciement, ainsi qu’à mettre un terme à toute forme de harcèlement et de représailles à l’encontre des dirigeant syndicaux et des syndicalistes».

Notant que ces événements s’inscrivent en violation des conventions n° 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et n°98 sur le droit d’organisation et de négociation collective de l’Organisation internationale du travail, ratifiées par Djibouti, la CISL avertit qu’à défaut d’une réaction positive de la part du président djiboutien, elle se verra contrainte de déposer une plainte officielle auprès de l’OIT.



La CISL représente 145 millions de travailleurs dans 234 organisations affiliées dans 154 pays et territoires. La CISL est également membre des Global Unions : http://www.global-unions.org



Pour plus d’informations, veuillez contacter le Service Presse de la CISL au +32 2 224 0245 ou au +32 476 621 018.


30/09/05 (B318) Deux communiqués de SURVIE concernant le TCHAD et le TOGO et l’attitudes des autorités françaises.

TCHAD : communique SURVIE du 27 septembre 2005

« Tchad : silence de la France »

Il y a 60 jours, une quarantaine d’organisations africaines, américaines et européennes adressaient une Lettre ouverte à l’attention du ministre français des Affaires étrangères, du Commissaire européen au Développement et du Président de la Banque Mondiale. Cette Lettre mettait en lumière la dégradation de la situation au Tchad, l’emprisonnement de plusieurs journalistes indépendants ainsi que le discours du 14 juillet de l’Ambassadeur de France au Tchad, véritable feu vert pour les agressions contre la liberté de la presse du Président tchadien Idriss Déby.

Répondant le 16 août, la Banque mondiale s’est contentée de rappeler « l’importance de la liberté de la presse » et, de façon plus générale, « de l’accès du public à l’information dans le contexte du développement et de la lutte contre la pauvreté ».

Deux mois après, la Commission européenne nous assure de « son attachement à l’accès du public à l’information », en se disant prête à « soulever, dans le cadre du dialogue politique prévu par la Convention de Cotonou, et avec l’accord des Etats membres, la question de ces emprisonnements ».

Quant au ministre français des Affaires étrangères, celui-ci semble avoir jugé inutile de nous honorer d’une quelconque réponse à notre interpellation.

Les journalistes arrêtés et incarcérés au Tchad ont été remis en liberté le 27 septembre par la Cour d’appel de N’Djaména. Les organisations de défense des droits de l’Homme, jointes à N’djaména, nous avaient préalablement informés que le Président Déby avait décidé qu’il en serait ainsi. Il semble que la mobilisation sur la question ait contribué à cette libération. Elle aurait également obligé la communauté internationale, la France notamment, à exercer une amicale pression sur le pouvoir tchadien afin de mettre fin à une situation devenue embarrassante.

Nous invitons la communauté internationale à ouvrir les yeux sur la situation au Tchad au lieu de faire semblant de s’en soucier. Les intimidations à l’égard de la presse indépendante et les défenseurs de droits de l’homme, la dégradation de la situation socio-économique malgré l’arrivée des revenus pétroliers, enfin la récente révision de la constitution, sont des signes trop inquiétants pour l’avenir du pays pour ne pas être pris en compte par tout politique le concernant.

Lettre ouverte du 28 juillet 2005 initiée par l’association Survie.

Nous venons d’apprendre l’arrestation du directeur d’une radio privée tchadienne, journaliste d’origine iranienne résidant au Tchad depuis plusieurs décennies, qui serait menacé d’expulsion. Si elle est confirmée, elle sera l’illustration que l’accès du public à l’information est encore loin d’être une réalité tchadienne.

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TOGO : communiqué SURVIE du 28 septembre 2005

Togo : des rapports contradictoires.

La mission du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a enfin rendu public un rapport attendu depuis trois mois. Ce rapport attribue la responsabilité majeure des événements qui ont déchiré le Togo, de février à mai 2005, au pouvoir qui se maintient en place par la force. Le rapport de la commission d’enquête nationale sur ces mêmes événements, curieusement rendu public le lendemain, décharge les « autorités » togolaises de toute responsabilité.

La Mission du Haut commissariat aux droits de l’Homme chargée d’établir les faits qui ont déchiré le Togo du 5 février au 5 mai 2005 affirme que ses rencontres avec divers interlocuteurs ont « permis à la Mission de vérifier l’existence d’une réelle stratégie de la tension orchestrée par un groupe occulte au cœur du pouvoir : ce groupe, face à l’imprévu, semble s’être fixé comme horizon unique la conservation coûte que coûte du pouvoir ».

Diligenté par le gouvernement togolais, le rapport de la commission d’enquête nationale « sur l’élection présidentielle du 24 avril 2005 » rejette toute critique et nie un ensemble de faits (dont nombre sont relevés dans le rapport de mission du Haut commissariat aux droits de l’Homme) avérés.

Le ministère français des Affaires étrangères à déclaré, mardi, que la France étudiera le rapport du Haut commissariat avec ses partenaires de la communauté internationale. Nous sommes d’avis que la France devra se pencher sur l’affirmation du HCDH selon lequel « les déclarations d’amitié du Président français au défunt Président [togolais] et l’appui de la France au processus électoral ont été politiquement interprétés comme la confirmation du soutien de la France au pouvoir togolais ». Puis comparer les deux rapports, celui du HCDH et celui du pouvoir togolais, afin de se prononcer sur leurs valeurs comparées…

Le rapport de mission du HCDH devra être suivi par l’identification des principaux responsables des événements que ce rapport commence à cerner. Il conviendrait que la France, en liaison avec ses partenaires de la communauté internationale, préconise et obtienne que cet exercice soit exécuté afin que l’avenir du peuple togolais ne se fonde pas sur l’impunité de ceux qui prétendent le diriger.

30/09/05 (B318) Copie de la lettre ouverte que le Secrétaire Générale de la CISL a adressé au Gouvernement djiboutien.

30/09/05 (B318) Copie de la lettre ouverte que le Secrétaire Générale de la CISL a adressé au Gouvernement djiboutien.

Son Excellence

Ismaël Omar Guelleh

Président de la République de Djibouti

Palais du Peuple, BP 109

Djibouti Ville

République de Djibouti

Par télécopie : 253-355049/350174



TUR/IM Le 27 septembre 2005



Monsieur le Président,




Licenciement abusif de dirigeants syndicaux et détention arbitraire de grévistes

La Confédération internationale des syndicats libres, qui représente 145 millions de travailleurs et travailleuses syndiqué(e)s dans le monde à travers ses 234 organisations affiliées dans 154 pays et territoires, dont Djibouti, vous écrivait il y a à peine sept jours pour dénoncer la répression antisyndicale et le non-respect des droits des travailleurs du Port autonome international de Djibouti et le harcèlement de leurs responsables syndicaux. Elle vient, à l’instant, d’être informée du licenciement abusif de 11 dirigeants syndicaux, de leur détention arbitraire et de celle d’environ 165 grévistes, depuis le 24 septembre 2005



Selon les informations que nous avons reçues de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, « les travailleurs du port de Djibouti ont observé une grève générale du 14 au 17 septembre 2005, à l’appel des syndicats djiboutiens qui protestaient contre les mauvaises conditions de travail et des licenciements abusifs. Le 17 septembre, une réunion tripartite entre les syndicats, la direction du port et le ministre de l’Emploi a mis un terme à la grève et jeté les bases d’un dialogue social.



Dans ce cadre, une nouvelle réunion s’est tenue le 24 septembre 2005 au ministère de l’Emploi, en l’absence toutefois du directeur du port et de sa délégation, qui a déclaré vouloir boycotter le processus de dialogue. Ce même jour, vers 12h30, MM. Kamil Mohamed Ali, Ibrahim Moussa Sultan, Mohamed Ahmed Mohamed, Ali Ibrahim Darar, Mohamed Abbdillahi Dirieh, Moustapha Abchir Egueh, Mohamed Abdillai Omar, Mohamed Ahmed Ali, Samira Hassan Mohamed, Koulmiyeh Houssein et Djibril Houssein Awaleh, dirigeants de l’Union des travailleurs du port (UTP), qui souhaitaient entrer dans la zone portuaire, ont été appréhendés par des policiers qui leur ont retiré leur carte d’accès. À 17h30, les 11 syndicalistes se sont vu notifier leur licenciement par la direction du port, pour « obstacle à la liberté de travail », en référence à la grève générale du 14 septembre.



En réaction à ces licenciements considérés comme abusifs, les travailleurs du port ont lancé un nouvel appel à la grève le 24 septembre à 22h00. Deux heures plus tard, 110 grévistes et syndicalistes se trouvant dans le port de Djibouti ont été arrêtés par les Forces nationales de police (FNP) et emmenés au centre de l’école de police de Nagad.



Le 25 septembre 2005, d’autres grévistes et syndicalistes ont été arrêtés par les FNP au port de Djibouti ou à leur domicile. En date du 26 septembre, près de 160 personnes seraient détenues au centre de Nagad et six des 11 dirigeants syndicaux de l’UTP, MM. Ibrahim Moussa Sultan, Ali Ibrahim Darar, Moustapha Abchir Egueh, Mohamed Ahmed Ali, Koulmiyeh Houssein, Djibril Houssein Awaleh, seraient détenus dans les locaux de la police criminelle afin d’être interrogés. Ces six personnes ont fait savoir le 26 septembre au matin qu’elles entamaient une grève de la faim.



Selon les informations reçues, ces arrestations se poursuivraient à l’heure actuelle. De plus, le domicile de M. Ali Ahmed Aras, secrétaire général de l’UTP, qui est entré en clandestinité depuis le début de ces événements, a, en son absence, fait l’objet d’une perquisition sans qu’aucun mandat n’ait été présenté à sa famille. »

La CISL, vivement préoccupée par ces faits, vous exhorte à libérer immédiatement tous les détenus ; vous demande de permettre à MM. Ibrahim Moussa Sultan, Ali Ibrahim Darar, Moustapha Abchir Egueh, Mohamed Ahmed Ali, Koulmiyeh Houssein et Djibril Houssein Awaleh de contester devant une justice impartiale et indépendante la légalité de leur licenciement, et vous demande également de mettre un terme à toute forme de harcèlement et de représailles à l’encontre des dirigeant syndicaux et des syndicalistes.



La CISL, note que ces événements s’inscrivent en violation des dispositions des conventions n° 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et n°98 sur le droit d’organisation et de négociation collective de l’Organisation internationale du travail, ratifiées par Djibouti.



Sans réaction positive de votre part, la CISL se verra contrainte de déposer une plainte officielle auprès de l’Organisation internationale du travail.



Dans l’attente, veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.

Secrétaire général

Cc :
Monsieur Ismael Ibrahim Hemed, ministre de la Justice, des Affaires pénitentiaires et musulmanes, chargé des droits de l’homme


Monsieur Mohammed Barkar Abdillahi, ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale
Union djiboutienne du travail (UDT)

30/09/05 (B318) A lire sur LOI cette semaine.

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN – 01/10/2005
DJIBOUTI
– Boreh a la CISL sur le dos


La Confédération internationale des syndicats libres (CISL) a menacé, le 28 septembre, de déposer plainte contre l’Etat djiboutien devant l’Organisation internationale du travail (OIT) en raison du licenciement et de la détention de onze dirigeants syndicaux, ainsi que de l’arrestation de 165 grévistes du Port autonome de Djibouti. (…). [Total : 370 Mots].

29/09/05 (B317) En pleine crise économique et sociale, Guelleh et son âme damnée, Ali Guelleh, le directeur de l’EDD, décide d’augmenter les tarifs de l’EDD avec effet rétroactif au 1er septembre. (Info lecteur)

La situation sociale et économique est déjà anarchique avec les grèves des travailleurs du port.



C’est le moment précis que le directeur de l’EDD a choisi pour ajouter sa goutte d’eau dans la mare djiboutienne qui est déjà au bord de l’explosion.


L’EDD annonce une hausse de ses tarifs avec effet rétroactif.


Mercredi 28 Septembre – La direction de l’Électricité de Djibouti (EDD) a annoncé aujourd’hui une hausse de ses tarifs qui sera effective à partir du 1er septembre.

La direction de l’EDD indique que cette hausse est motivée par la flambée constante des prix du pétrole de ses dernières années.

L’annonce en a été faite par le directeur de l’EDD Djama Ali Guelleh qui a indiqué que cette hausse des prix du carburant a atteint entre janvier 2002 et septembre 2005 des proportions de l’ordre de plus de 171% pour le fioul et plus de 169 %pour le gazole.

Cette hausse vertigineuse a dit le directeur de l’EDD s’est traduite par un déficit de l’ordre de 1.643.000.oooFDJ pour l’établissement.

Djama Ali Guelleh a ajouté que cette hausse devait commencer dès la hausse des prix du brut mais que l’ordre a été donné par le président de la république de ne pas augmenter les tarifs.

C’est ainsi a dit le directeur de l’EDD que depuis 3 ans l’EDD a survécu au rythme des subventions de l’état ou de dons acquis par la présidence auprès des pays amis.

La hausse décidée par la direction de l’EDD se chiffre à 17% pour l’énergie domestique 19% pour le commerce et 21% pour la moyenne tension.

Ces hausses décidées par l’EDD ne sont pas proportionnelles à la hausse des prix du carburant auprès des fournisseurs a précisé le directeur de l’EDD mais serait plus élevé sans la subvention de l’état qui nous est allouée par le président de la république.

Le directeur de l’EDD a conclu que malgré cette hausse actuelle des tarifs le chef de l’état a donné pour ordre de répercuter aussitôt que possible toute baisse des prix du carburant sur la tarification de toute l’énergie.