10/07/06 (B358-A) Djibouti – Le déclin du courage est peut-être ce qui frappe le plus un regard étranger dans l’Occident d’aujourd’hui. Mais qu’en est-il à Djibouti ? (Libertyman)

Le bien-être découvre une société occidentale marquée par l’indifférence et l’intérêt personnel, alors que Djibouti et ses populations sont bien trop loin ; là bas au bout de l’horizon.

Dans ses écrits, Soljenitsyne – qui savait ce que Goulag, tortures et souffrances veulent dire – avait prévenu des effets néfastes de cette situation : « […] la biologie sait cela : il n’est pas bon pour un être vivant d’être habitué à un trop grand bien-être. Aujourd’hui, c’est dans la vie de la société occidentale que le bien-être a commencé de soulever son masque funeste. »

Le pire étant l’ignorance, voire le dédain non masqué, dans lequel les « dirigeants » actuels de Djibouti et leurs «associés » tiennent toutes les populations du pays. L’économie serait-elle donc une tyrannie sans contrepoids possible, sans contrôle ?

  • Qui se préoccupe réellement de la pauvreté grandissante et des miséreux à Djibouti ?
  • Qui s’inquiète du retour de maladies graves – telle que la tuberculose – et des conditions catastrophiques de gestion de la santé des populations djiboutiennes ?
  • Qui s’occupe du mal être des populations oubliées dans l’arrière pays abandonné par le pouvoir d’IOG ?
  • Qui ose chercher une alternative à la perte de repères, à la destruction de la famille, cellule indispensable à l’avenir de la société djiboutienne alors qu’en Occident – à plus de 6 000 km de Djibouti – se succèdent des manifestations pour défendre les services publics, les intérêts corporatistes des uns et des autres ; c’est dire pour s’agripper à des acquis, pour éviter tout risque.

« Le déclin du courage est peut-être ce qui frappe le plus un regard étranger dans l’Occident d’aujourd’hui. Le courage civique a déserté non seulement le monde occidental dans son ensemble, mais même chacun des pays qui le composent, chacun de ses gouvernements, chacun de ses partis…. »

C’est le courage et l’initiative qui manque à l’Occident. Un jour ou l’autre, les événements rattraperont cette lâcheté, la mauvaise gestion des biens terrestres apparaîtra aux yeux de tous.

L’instabilité politique qui se confirme, renforcée par les manifestations à Djibouti, est un appel, sans doute un ultimatum. Il est encore temps de se mobiliser, tout au moins pour préparer la relève d’un gouvernement irresponsable et défaillant, au plus pour reconstruire une société dévastée. L’identité des Djiboutiens/Djiboutiennes est mise à mal, mais c’est d’abord celle du monde occidental qui fait défaut et qui fait « tache d’huile ».

C’est pourquoi demain nous serons TOUS sur le devant de la scène, que nous le voulions ou non !

Entre Sécurité ou Libertés individuelles, pouvons-nous et devons-nous choisir ?

Tout peuple qui s’endort en liberté se réveillera en servitude. La Résistance et l’obéissance, voilà les deux vertus du citoyen. Par l’obéissance il assure l’ordre, par la résistance il assure la liberté.

‘’Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression.’’

Aujourd’hui plus que jamais notre liberté est en danger, l’obéissance doit se transformer en résistance. Tous ceux qui se pensent libres doivent d’abord penser à la notion de Liberté, à ses implications et obligations, et seulement ensuite pourront se demander à quel point ils le sont !

« Ceux qui sont prêts a sacrifier un peu de liberté en échange d’un peu de sécurité ne méritent ni l’une ni l’autre », la liberté ne peut être limitée qu’au nom de la liberté.

La Liberté est condition intrinsèque pour une paix universelle.

Démonstration est faite, si besoin en est, à quel point le monde occidental est dans l’illusion. La restriction des libertés individuelles sert le système, c’est la caution à la pérennité d’une doctrine perverse qui mute d’un modèle de gouvernance d’apparence ’’démocratique’’ vers une tyrannie à peine revendiquée.

A Djibouti, la critique – par les mots et par les images – n’a de cesse d’attendre une certaine supposée opposition aux coins des rues pour la brocarder à justes raisons car elle ne fait rien de constructif et tient EXCLUSIVEMENT à conserver les « privilèges » inavoués que lui concède Ismaïl Omar Guelleh pour sa propre tranquillité. Dans de telles conditions, si l’action politique se cantonne aux débats de salon dans la douce mais artificielle fraîcheur des climatiseurs, c’est bien par égoïsme, résignation, attentisme et choix du confort personnel.

La société de consommation installée en maître depuis presque 30 ans – et qui a frappé la jeune république de Djibouti – n’est pas une ennemie à soumettre et à rejeter mais à maîtriser ; à contrôler avec pertinence pour permettre le progrès de tous et non point le bien être que de quelques-uns et de quelques-unes.

En fait que ce soit à Djibouti ou ailleurs, le besoin d’un système de gouvernance caractérisé par la compétence, l’efficacité et la rationalité ne s’est jamais autant fait ressentir que dans le contexte actuel de mondialisation économique intense, dans un environnement extrêmement complexe et concurrentiel.

Qu’est ce que la gouvernance d’un État ?

On définit généralement la gouvernance comme l’utilisation du pouvoir et des ressources politiques, économiques et administratives en vue de la gestion des affaires d’un pays. En conséquence, on pourrait en déduire que la bonne gouvernance renvoie à la gestion efficace et rationnelle des ressources publiques et des questions liées à la satisfaction des besoins fondamentaux de la population.

Bonne gouvernance et gestion rationnelle du secteur public constituent les grands mécanismes du changement social et les pièces maîtresses de la réussite économique. Bien que le secteur privé et la société civile interviennent dans des aspects importants de la gouvernance, ce sont les institutions d’État qui définissent les règles politiques de la gestion globale d’un pays et de ses affaires.

Le rôle de la gouvernance dans la création de l’environnement favorable aux citoyens, l’instauration de l’état de droit, la gestion de la stabilité macro-économique, la construction de l’infrastructure matérielle et du système financier, la prestation des services de base et la protection des groupes vulnérables est d’une importance cruciale pour la paix, la stabilité et la prospérité économique.

L’engagement responsable et volontaire des nouvelles générations de Djiboutiens et de Djiboutiennes peut montrer le chemin du retour à la raison et à la vrai liberté qui conduisent à la recherche authentique du bien commun.

Le courage des mots appelle celui des actes, des réseaux, de l’action locale. Dans un contexte marqué du sceau de l’individualisme, l’action décidée de la majorité des populations prend aujourd’hui une valeur inattendue qui inquiète le pouvoir en place et sonne son hallali.

Bien plus qu’il n’y paraît, le glas de la défaite résonne partout dans le pays car la fin du régime de la tyrannie est proche.

La lutte pour la liberté contre la tyrannie de la pensée unique se transmet héréditairement, comme des terrains ; on y bâtit et cela finit par faire une ville, cela finit par faire l’histoire des hommes et des femmes d’un pays.