31/10/06 (B 367) Communiqué du GED / Invitation du Président à une conférence nationale pour construire une vision commune et pour offrir au Peuple djiboutien une alternative démocratique à la dictature qui asservit le pays.

Invitation
pour participer à une conférence nationale,
en vue de jeter les bases d’un État de Droit à Djibouti.

Bruxelles
le 1er novembre 2006

Télécharger
l’invitation et le formulaire en .PDF (46 Ko)


Madame, Monsieur, Chers compatriotes,

Depuis de nombreuses
années, la situation catastrophique de notre pays, est le sujet
prioritaire pour tous les Responsables politiques de l’opposition
et pour tous les défenseurs des Droits de l’Homme.

Toutes les Djiboutiennes
et tous les Djiboutiens, qui aspirent à l’avènement
d’un État de droit, juste et respectueux des citoyens,
sont dans l’attente d’un changement démocratique.

Estimant, au sein
du Comité directeur du GED, que nous avons une responsabilité
et des devoirs envers nos concitoyens, nous avons décidé
de lancer une invitation à l’ensemble de l’opposition
Djiboutienne, de la Diaspora, des Défenseurs des Droits de l’Homme
et des Observateurs, pour qu’ils participent à une conférence
nationale.

Il nous a semblé
que la récente médiatisation des dérives de la
dictature à Djibouti (Affaire Borrel, en particulier, mais pas
uniquement …) constituait une opportunité pour faire connaître
à la communauté internationale, la vision que nous déciderons
de construire et de partager.

C’est la raison
pour laquelle nous vous proposons de participer à l’édification
d’un large mouvement de concertation de l’opposition démocratique
afin de présenter une alternative politique concrète et
réaliste à nos compatriotes opprimés.

Depuis l’arrivée
au pouvoir d’I.O.G, utilisant des méthodes non-démocratiques,
la société civile djiboutienne ne cesse d’enregistrer
des reculs sur tous les plans : justice, démocratie, éducation,
santé, économie, etc..

Tous ceux, qui sont
conscients que la notion ‘‘DEMOCRATIE à DJIBOUTI’’
ne peut pas rester au simple stade d’une notion philosophique,
doivent se réunir pour construire une vision commune et des objectifs
clairs.

Elle permettra de définir
les bases et les actions indispensables pour parvenir à cet objectif.

En démocratie,
la décision ultime appartient au peuple. Il nous appartiendra alors,
par la voie notamment de consultations électorales libres et justes,
de proposer à la population djiboutienne de partager cette vision et
les choix indispensables pour conduire une période de transition.

INVITATION
:

Nous
nous proposons d’organiser cette réunion de concertation
soit à Paris, soit à Bruxelles vers la fin du mois de
novembre et nous vous invitons à y participer.

Nous vous remercions
de nous confirmer votre accord de principe pour y participer et de nous
dire si l’ordre du jour que nous vous proposons vous convient
ou si vous souhaitez le modifier ou ajouter des points.

I. Se mettre d’accord
sur la mise en place d’un mouvement commun qui se définirait
comme une alternative commune au régime dictatoriale de Djibouti.

II. S’accorder
sur la définition et la nature exacte de cette alternative.

III. Déterminer
l’organisation, l’articulation ainsi que les voies et
moyens que ce mouvement sera appelé à utiliser dans
le futur.

IV. Mettre sur
pied une Commission chargée d’étudier et d’élaborer
les points, caractéristiques et spécifiques de l’alternance
démocratique que nous voulons instaurer à Djibouti.

Si vous en êtes
d’accord, merci de compléter le document ci-joint et de
le retourner soit par courrier, soit par e-mail, avant le 15 novembre
(dernier délai) à

Mohamed
Saleh Alhoumekani
81, rue de la limite – 1210 Bruxelles – Royaume de Belgique
Téléphone : +32-(0)47-58-32-443 courriel : alhoumekani@gouv-exil.org

Dans
l’attente de votre réponse que j’espère favorable,
je vous prie de recevoir, chers compatriotes, l’assurance de mes
salutations les plus cordiales.

Mahamoud
Idriss Ahmed
Président du GED

P.J.
Formulaire à compléter et à retourner avant le
15/11/06

_________________________________________________________________

FORMULAIRE
A RETOURNER AVANT LE 15 NOVEMBRE 2006
Courrier ou courriel

Mohamed
Saleh Alhoumekani
81, rue de la limite – 1210 Bruxelles – Royaume de Belgique
Téléphone : +32-(0)47-58-32-443 courriel : alhoumekani@gouv-exil.org


Prénom :

Nom :

Représentant
(Parti, association, etc..)

Adresse complète
de correspondance :


Code postal : Ville : Pays :

Téléphone
fixe : + Portable : +

E-mail :

Cochez le « X »
qui correspond à votre choix.

X 1 – accepte
de participer à la conférence nationale à l’initiative
du GED

X Préfère
la ville de Bruxelles
X Préfère la ville de Paris
1 ou 2 choix possibles

X Préfère
le week end des 25-26 novembre 2006
X Préfère le week end du 2-3 décembre 2006
X Préfère le week end du 9-10 décembre 2006
1 à 3 choix possibles

X sera accompagné
par

M ____________________________________

M ____________________________________

M ____________________________________

M ____________________________________


X 2 – soutient l’initiative, mais ne peut venir en raison
de l’éloignement géographique

X 3 – ne soutient
pas l’initiative et ne participera pas à la conférence.

01/11/06 (B 367) LDDH : après le Port, l’Aéroport, le Train, les recettes douanières, Guelleh s’apprète à vendre le Golfe de Tadjourah. Le pays vendu à la casse par appartement, que restera-t-il aux Djiboutiens ?



Le Président

 

NOTE
D’INFORMATION
DU 1er NOVEMBRE 2006

LE
GOLFE DE TADJOURAH SERA-T-IL MIS EN VENTE PAR SIMPLE DECRET PRESIDENTIEL
?


A la veille de
COMESA c’est comme çà, mais après ?

Le
texte ci-après met en relief la politique de bradage par des groupes
complices avec les impacts des crimes organisés.

Après le Port et
autres Etablissements Publics, la mise en concession et/ou vente des Biens
Sociaux et des Biens Immobiliers Publics fait rage ces derniers temps, mais
pire encore, le début de mise en concession du TERRITOIRE NATIONAL
annonce la couleur à la veille de COMESA.

A quand la mise en concession
d’occupation de toute la République de Djibouti et de son Peuple par
un simple Décret, pris par le Chef de l’Exécutif ?

Le nom de la Société
prête-nom est déjà mis en projet de Décret ?

A suivre .
! Le silence du peuple reste inquiétant !

La
Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dénonce toutes les violations
de l’Etat de Droit et des Droits Economiques et Sociaux.

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) considère que tous les simples Décrets
pris unilatéralement, ces dernières années, sans le cautionnement
de l’Assemblée Nationale (pourtant monocorde) et contraire aux Droits
à la préservation des Deniers et des Biens Publics, constituent
en soi des crimes organisés,

M.
NOEL ABDI Jean-Paul

_______________________________________


JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE DE DJIBOUTI

Décret n°2006-0225/PRE relatif à
la concession d’occupation des terrains
pour la réalisation d’un projet industriel et commercial

LE PRÉSIDENT
DE LA RÉPUBLIQUE, CHEF DU GOUVERNEMENT

VU La
constitution du 15 septembre 1992 ;
VU La loi n°66/AN/94/3è
du 7 décembre 1994 portant Code Minier ;
VU La loi n°58/AN/94/3è
du 16 octobre 1994 portant Code des Investissements;
VU La loi n°53/AN/04
portant code de zone franche ;
VU Le décret
n°2002-0226/PR/MERN du 22 octobre 2002 portant réglementation
spécifique de l’extraction, de traitement et de commercialisation du
Sel du
Lac Assal ;
VU Le décret
n°2005-0067/PR du 21 mai 2005 portant nomination du premier
ministre ;
VU Le décret
n°2005-0069/PR du 22 mai 2005 portant nomination des membres du
gouvernement.

DECRETE

Article 1er : Est approuvée la convention signée
entre l’Etat djiboutien et la société SALT INVESTMENT S.A le
17 juillet 2006 octroyant en concession exclusive l’occupation des terrains
d’une surface de 100km2 sur la banquise du Lac Assal et du Goubet pour une
durée de 50 ans pour la réalisation d’un projet de développement
et de mise en valeur des ressources marines comprenant notamment :
– l’extraction, le traitement, et la commercialisation du sel du Lac Assal
;
– la création de zone de stockage du sel ;
– l’installation d’une centrale électrique et d’une centrale de dessalement

d’eau de mer ;
– la création des institutions financières et d’assurances ainsi
que des logements, des infrastructures sanitaires, commerciales, sociales
et des loisirs pour le personnel de la société.

Article
2 :
L’ensemble des terrains sur lequel se déroule ce projet
à caractère industriel et commercial constitue une zone franche
et bénéficie à cet effet des avantages et exonérations
conformément à la loi relative au Code des Zones Franches pour
une durée de 50 ans.

Article
3 :
Le concédant accorde notamment au concessionnaire pour
la réalisation effective du projet :
– la mise à disposition à titre gratuit de l’ensemble des terrains
visés ci-dessus libres de tout droit d’occupation et de tout droit
de sûreté, hypothèque ou servitude octroyé au bénéfice
de tiers ;
– la jouissance d’un droit réel sur les immeubles réalisés
au cours de la mise en oeuvre du projet ;
– l’autorisation d’ouvrir des comptes en monnaie locale ou en devises étrangères
auprès des banques installées en République ou hors de
la République notamment ainsi que celle de vendre le surplus de courant
électrique produit et non utilisé dans le cadre du projet ;
– des exonérations en matières douanières et fiscales
prévus par les textes en vigueur ;
– la libre conversion et le libre transfert des fonds destinés au règlement
de toutes dettes en devises étrangères, de fonds et bénéfices
provenant de la liquidation des actifs du projet, des fonds nécessaires
afin d’une part de faire face à l’ensemble des coûts d’exploitation
et d’investissement et d’autre part de pouvoir effectuer les paiements nécessaires
vis-à-vis de ses sous traitants, fournisseurs ou concernant les biens
et services achetés à l’étranger ; la libre conversion
et le libre transfert des bénéfices distribués aux actionnaires
et de toutes sommes affectées au remboursement et au service des intérêts
des financement obtenus ;
– les autorisations administratives nécessaires à la construction
des logements et des infrastructures annexes ;
– le droit d’utiliser les infrastructures existantes ou à construire,
qui seraient nécessaires pour permettre le raccordement des infrastructures
du projet aux réseaux routier, ferroviaire, portuaire, électrique,
téléphonique et télécommunication, d’alimentation
en eau et d’évacuation des eaux usées, ou tout autre réseau
permettant la mise en oeuvre du projet ;
– la propriété des actifs réalisés ou acquis au
cours de la période de concession ;
– l’octroi des permis d’activité nécessaires aux termes du décret
2002-0226/PRIMERN du 22 octobre 2002 ;
– l’exclusivité de l’exploitation du projet par le concessionnaire
et le droit d’exporter toute quantité de sel et des ses produits ;
– des garanties administratives telles que des autorisations administratives,
de police et les formalités requises pour la bonne réalisation
du projet à temps raisonnable ainsi que la sécurité des
installations et du personnel ;
– des garanties juridiques comme le droit de posséder, gérer,
entretenir, utiliser, jouir et disposer de tous ses biens, titre et intérêts
;
– le droit d’hypothéquer, de nantir ou de constituer des sûretés
ou toute autre forme de garantie sur les terrains en concession et les actifs
du projet afin de garantir ses financements.

Article
4 :
Le concessionnaire a l’obligation :
– de créer et faire fonctionner un centre de formation théorique
et pratique nécessaire pour le personnel du projet ;
– de construire une centrale électrique pour les besoins du projet
;
– de verser au concédant les redevances prévues par la loi relative
au Code Minier.

Article
5 :
Tout différend sera réglé à l’amiable
ou au recours d’un expert ,ou enfin à l’arbitrage.

Article
6 :
le présent décret entrera en vigueur dès
sa signature et sera publié au Journal Officiel de la République
de Djibouti.

Fait à
Djibouti, le 14 Septembre 2006.
Le Président de la République,
chef du Gouvernement
ISMAÏL OMAR GUELLEH

28/10/06 (B367) Les défenseurs de Guelleh au niveau du Gouvernement ne lâchent pas prise. A preuve cet article paru dans Le Figaro Magazine qui tente de démontrer que la thèse du suicide est possible. Il reprend la majorité des arguments qui avaient été développés par Aref et Martinet dans une émission de la RTD. Qui l’a commandé (et financé ?) : le quai d’Orsay ou bien Me Spizner, l’avocat de Juppé, de Chirac, de Guelleh et de quelques autres dictateurs peu connus pour leur exceptionnelle moralité ? Mais les avocats ne sont pas responsables de leurs Clients ..

_____________________
Note de l’ARDHD

Détail
curieux : l’article aurait été actualisé selon le site,
le 28/10/06 à 19:18. Or nous en publions une copie disponible sur Internet
le 28/10/06 à 13:00 soit six heures avant la date anticipée
de son actualisation. Quand on veut trahir la vérité, il y a
souvent un détail oublié qui gache tout ..et qui jette le trouble

Le Figaro
qui avait été l’un des rares media, à l’origine de la
relance de l’affaire Borrel en publiant le témoignage d’Alhoumekani
ne ressortira pas grandi après la publication de ce document « sur
mesure » ou « sur ordre » … Mais il n’est pas à un retournement
près, pour faire plaisir au pouvoir en place …

__________________________________
Extrait du site du Figaro

Actualité
| LE FIGARO MAGAZINE

Juge Borrel : le mystère de
sa mort s’épaissit
PAR AZIZ ZEMOURI

Publié
le 27 octobre 2006 – Actualisé le 28 octobre 2006 : 19h18

Bernard
Borrel a-t-il été assassiné ? Son épouse en est
persuadée, mais des témoins s’interrogent et penchent pour la
thèse du suicide. Enquête sur des incohérences troublantes.

Suicide
? Assassinat ? En octobre 1995, le corps du juge Bernard Borrel est retrouvé
à 80 kilomètres de la ville de Djibouti, gisant en position
foetale dans le Ghoubet al-Kharab, le gouffre du démon. Un beau panorama
que les croyances anciennes disent hanté et qu’aujourd’hui encore les
habitants de cette région d’Afrique de l’Est préfèrent
éviter. A l’époque, pour les Français qui ont côtoyé
ce magistrat intègre, il s’agissait d’un suicide. Son épouse
Elisabeth Borrel déclarait même, en réponse à une
question de la gendarmerie de Djibouti qui enquête à la demande
du procureur de la République : «Franchement, je ne sais pas
du tout pour quelles raisons il s’est donné la mort. C’était
son choix.» Une déclaration qui fait écho à celle
de Bernard Borrel lui-même, s’adressant à son épouse peu
de temps avant sa mort : «Je ne suis plus digne de toi», lui avait-il
lancé, énigmatique.

Dix ans
plus tard, après plusieurs expertises et avoir usé quatre juges
d’instruction français, la thèse du suicide semble abandonnée
par le juge parisien Sophie Clément. Elle vient de lancer deux mandats
d’arrêts internationaux contre deux hommes Awalleh Guelleh et Hamouda
Hassan Adouani, considérés comme les principaux suspects. Selon
Elisabeth Borrel, veuve du magistrat et juge elle-même, ils auraient
pu agir sur ordre du président Ismael Omar Guelleh. C’est la thèse
principale de son ouvrage Un juge assassiné, paru chez Flammarion.

Awalleh
Guelleh est pourtant depuis plus de vingt ans un ennemi de Ismael Omar Guelleh
(IOG), ancien chef de cabinet du président Hassan Gouled Aptidon auquel
il a succédé en 1999. Les deux hommes ont une histoire commune
mais dans deux camps opposés. Ce qui rend perplexe tout observateur
de bonne foi qui imagine mal qu’on recrute un adversaire pour tuer un juge
français. C’est peu dire qu’Awalleh Guelleh et IOG ne s’apprécient
guère. Awalleh Guelleh rejette la présence française
par les armes tandis qu’IOG est considéré comme indépendantiste
mais favorable à la France.

A l’époque
où les deux hommes s’affrontent, Djibouti demeure le seul territoire
de la région à échapper à l’influence soviétique.
Awalleh Guelleh est l’homme de main de Aden Robleh, fondateur d’un groupe
armé – le front de libération de la côte des Somalis (FLCS)
– d’obédience marxiste-léniniste, qui se rend coupable d’actions
d’éclat contre la France : l’enlèvement du consul de France
ou le détournement d’un car scolaire d’enfants français. Devenu
ministre du Commerce, Robleh cesse, pour un temps, les hostilités.
Mais peu à peu, il juge la fonction indigne de son rang et fomente
un coup d’Etat avec son homme de main Awalleh Guelleh contre le président
Gouled Aptidon. Nous sommes en 1985.

Attentat
au café de Paris

Deux
ans plus tard un autre homme va faire parler de lui : le Tunisien Hamouda
Hassan Adouani, impliqué dans l’attentat de L’Historil, ce café
appartenant au Français Alain Romani, fréquenté par des
militaires de L’Hexagone. L’explosion tue quinze personnes, mais le propriétaire
échappe à la mort.

Les mobiles
de l’attentat sont complexes. Le Tunisien Adouani est en fait en service commandé
pour la Libye qui veut se venger de la politique française au Tchad.

Lors
du procès, après trois ans d’instruction, Adouani revendiquera
son acte. Il sera condamné à mort. Les avocats des parties civiles,
français ou allemands pour la plupart, sont hostiles à la peine
capitale. Le Président commue la sanction en vingt ans de réclusion.

«Pour
les Djiboutiens, il était une sorte de Carlos», se souvient Me
Alain Martinet, avocat des victimes de l’attentat et militant des droits de
l’homme qui a bataillé en son temps contre la Grèce des colonels.

Lorsque
l’attentat du Café de Paris survient en 1990, la rumeur en attribue
la responsabilité, comme à chaque fois qu’un accès de
violence touche le pays, au fameux IOG.

L’enquête
confiée à un magistrat djiboutien et au juge parisien Roger
Le Loire (des Français sont touchés) aboutit à la mise
en cause de Robleh, le dirigeant du FLCS, qui revendique, sur l’antenne de
la BBC, la responsabilité de l’opposition dans cet attentat. C’est
un avertissement adressé au président Gouled Aptidon, mais surtout
à la France afin qu’elle cesse de soutenir, selon lui, «un régime
pourri».

Awalleh
Guelleh, l’homme de main de Robleh, avait été reconnu par un
militaire français et un Ethiopien. Ce dernier, par peur des représailles,
s’était réfugié à l’ambassade de France en Ethiopie,
voisine d’une centaine de kilomètres de Djibouti. Le juge Le Loire
lance un mandat d’arrêt contre Awalleh Guelleh, mais l’Ethiopie préfère
remettre le témoin à Djibouti et non pas à la France.
Mis en cause, Awalleh Guelleh sera défendu par Me Arnaud Montebourg.

Françoise
Rudetzki, présidente de SOS Attentats, partie civile dans le dossier
du Café de Paris, rappelle la mise en cause de IOG : «A l’époque,
l’hypothèse de son implication n’a jamais été démontrée.»

Le père
d’une des victimes françaises, un ancien gendarme, fait sienne la vérité
judiciaire : «Pour moi, le commanditaire était bien Aden Robleh.»

Borrel
en mission technique

A ce
moment-là, le juge Borrel était coopérant auprès
du ministre de la Justice djiboutienne. Il avait pour mission de participer
à la rédaction du nouveau code pénal et souhaitait créer
un conseil supérieur de la magistrature. C’est une mission purement
technique dont le ministre de la Justice peut le relever à tout moment
sans justification particulière. André Minana, commissaire du
SCTIP (service de coopération technique internationale de police) aujourd’hui
à la retraite, se souvient : «Bernard Borrel n’a jamais eu accès
à aucune information sensible. Il n’était chargé d’aucune
mission particulière sur le Café de Paris. Le juge Le Loire
et moi travaillions ensemble et c’est moi qui transmettais à Borrel
les commissions rogatoires quand le juge parisien avait des difficultés
à joindre quelqu’un. Borrel était un homme droit et rigoureux.
Il respectait à la lettre sa mission. Au SCTIP, nous avions des réunions
fréquentes avec la DGSE, la DPSD, la CIA pour faire le point sur le
terrorisme. On surveillait le Soudan et la montée de l’islamisme dans
la région. Nous n’avons jamais entendu parler d’un quelconque trafic
d’uranium. Et si cela avait existé, Bernard Borrel aurait été
le dernier à être mis au courant.»

Lorsque
le juge Borrel meurt en octobre 1995, Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani,
les deux hommes aujourd’hui suspectés par la justice française,
sont en prison. Ce n’est qu’en 1997, après quatre ans de détention,
que Awalleh Guelleh simule une maladie grave et s’évade. Le directeur,
tenu pour responsable, sera d’ailleurs condamné à un an de prison.

Pour mettre
en cause ces deux terroristes, le juge Sophie Clément s’appuie en fait
sur le témoignage d’un certain Mohamed Saleh Alhoumekani, ancien lieutenant
de la garde présidentielle de Gouled Aptidon. Il les aurait vus dans
le jardin du palais présidentiel avec Alain Romani, pourtant propriétaire
du café L’Historil et ancienne victime de Adouani, en compagnie du
chef des services secrets de Djibouti et tous se seraient félicités
alors, selon Alhoumekani, de la «mort du juge fouineur». Réfugié
en Belgique depuis 1998, Alhoumekani attend plus d’un an avant de faire «ses
révélations», le temps que la Belgique examine sa demande
d’asile. Quand la Belgique refuse de lui délivrer son permis de séjour,
Alhoumekani se souvient subitement de cette conversation dans le jardin présidentiel
de Djibouti.

Un témoignage
à prendre avec d’autant plus de précautions que, dans une affaire
incidente, le juge d’instruction Baudoin Thouvenot, en février 2002,
a clairement mis en doute les propos d’Alhoumekani : «Les investigations
menées dans le cadre des commissions rogatoires révélaient
de nombreuses invraisemblances et inexactitudes dans les déclarations
de M. Alhoumekani, ce dernier apparaissant par ailleurs, au travers de nombreux
témoignages recueillis comme un individu peu fiable.»

Expertises
contradictoires

De plus,
la présence d’Alain Romani à cette fameuse conversation de jardin,
et dont le nom avait été suggéré à Alhoumekani
par Elisabeth Borrel elle-même – elle le confirme dans son dernier livre
– est d’autant moins établie qu’il se trouvait à cette époque
à Saint-Denis de la Réunion. La signature d’un document au guichet
d’une banque l’atteste. Difficile d’être à deux endroits à
la fois !

Pour
étayer la thèse de l’assassinat, Elisabeth Borrel et ses avocats
se réfèrent aux deux dernières expertises, l’une effectuée
à la demande du juge Jean-Baptiste Parlos, qui a repris le dossier
en juin 2000, et l’autre par le magistrat parisien Sophie Clément.

Que
révèlent ces analyses ?

Elisabeth
Borrel et ses avocats détiennent selon eux la preuve qu’un assassinat
a bien été commis. En réalité, les résultats
de deux expertises médicales et de deux expertises toxicologiques ne
sont pas aussi formels. Les experts estiment que le suicide est l’hypothèse
la plus probable mais que le meurtre n’est pas à exclure. Quant à
celle remise à Sophie Clément, l’un des experts affirme au Figaro
Magazine : «Notre expertise renforce la thèse de Mme Borrel,
mais nous ne concluons pas à un assassinat. Nous apportons des éléments
dans un débat contradictoire.»

Proche
de Bernard Borrel, avec qui il fréquentait le Rotary Club, Daniel Morin,
médecin-chef à l’hôpital militaire Bouffard de Djibouti
de 1994 à 1996, se souvient : «Je suis médecin et j’ai
agi en tant que tel. J’ai recueilli le corps de Bernard Borrel, quelques heures
après sa découverte, pour le mettre dans la morgue. Normalement,
il aurait dû aller dans une morgue civile, mais celle-ci était
délabrée. Mon chirurgien a établi un diagnostic qui ne
concluait à rien mais qui laissait penser que la thèse du suicide
était la plus probable. Nous avons fait des radios et des examens qui
nous poussaient à conclure qu’aucune autre cause de sa mort ne pouvait
être possible. Le corps était calciné, avec une intensité
différente selon les parties. J’ai fait faire quelques radios des membres
et de la cage thoracique, pour moi, c’était l’hypothèse la plus
probable.»

27/10/06 (B366) Elizabeth Borrel en appelle à Jacques Chirac / (L’Humanite 26/10/2006)

Élizabeth
Borrel fait cette fois appel au président de la République française
, pour que la vérité soit faite sur l’assassinat de son
mari.

Car depuis
qu’on a tenté de lui faire croire que le juge Borrel, dont le
corps a été retrouvé calciné en bas d’une
falaise à Djibouti en 1995, avait tenté de se suicider, elle
n’a cessé de se heurter à « une longue série
de mensonges, de rumeurs colportées parfois au plus haut niveau de
l’État, de dissimulations… ».

Dimanche
encore, moins de 48 heures après avoir donné à Mme Borel
des assurances sur la suite de l’enquête, le ministre des Affaires
étrangères, Philippe Douste Blazy, a de nouveau mis en balance
la thèse du suicide et celle du meurtre.

Une
« désagréable surprise » pour Mme Borrel qui rappelle
que, malgré les pressions, la justice française a abandonné
la thèse du suicide depuis 2004, les résultats de l’autopsie
étant sans appels. Aujourd’hui, elle demande à
Jacques Chirac, la fin de ces rumeurs en partie propagées, selon son
avocat, par « la cellule africaine de l’Élysée »
et l’accès aux documents classés confidentiels portant
sur la période 1994-1997.

L’indépendance
des juges a pourtant permis ces derniers temps au dossier d’avancer.

  • Passant
    outre l’avis du parquet, la juge en charge de l’enquête
    a délivré la semaine dernière des mandats d’arrêts
    contre deux Djiboutiens soupçonnés d’être les
    exécutants du meurtre
    et dont elle souhaiterait comparer
    l’ADN à celle trouvée sur le short du juge.
  • Au
    même moment, la cour d’appel de Paris a confirmé l’ouverture
    d’une information judiciaire visant l’ancien porte-parole du
    Quai d’Orsay, Hervé Ladsous, pour d’éventuelles
    pressions sur la justice.
  • Début
    octobre, la cour d’appel de Versailles avait déjà ordonné
    la diffusion de mandats d’arrêt contre le procureur de la République
    et le chef des services secrets de Djibouti pour « subornation de
    témoins »
    .
  • À
    ces victoires judiciaires, s’ajoute désormais le soutien de
    170 person-nalités. Élizabeth Borrel n’est plus seule
    à vouloir la justice malgré la raison d’État.
  • Un
    juge assassiné, Élisabeth Borrel, en collaboration avec le
    journaliste Bernard Nicolas. Éditions Flammarion, octobre 2006.

    Camille
    Bauer
    du 25 octobre 2006

    ©
    Copyright L’Humanite

26/10/06 (B366) Dans l’affaire de l’assassinat du Juge Bernard Borrel, le 19 octobre 1995 à Djibouti, l’État actuel a sa «raison» que la morale publique et la Justice française ignorent. (Justicia.)

La raison
d’État est une raison mystérieuse, inventée sous Richelieu,
par et pour la politique aux fins d’autoriser et de légaliser ce qui
se fait sans raison ni justification. Au fil des siècles, cette "Raison
d’État" s’est toujours octroyée de beaux privilèges,
sans réserve d’aucune sorte. De par la force de son pouvoir et de son
seul jugement, ce qui lui paraît utile lui devient forcément
permis, et tout ce qui est nécessaire est honnête, en fait de
politique.

Inavouables
et illégaux en démocratie bien des actes et des cautions apportées
à Ismaïl Omar Guelleh ont ainsi pu se produire dans cette indigne
affaire d’assassinat de la Justice française, grâce à
l’alibi par trop facile du «Secret Défense», du «Secret
d’État» et des hypothétiques "intérêts
des deux États concernés".

Dans une
telle situation, comment peut-on expliquer qu’un pays comme la France, patrie
des Droits de l’Homme, ose tergiverser voire bafouer impunément les
décisions judiciaires dans l’affaire de l’assassinat de
sa propre Justice, et sur ordre des plus hautes instances de l’État
?

Un
peu d’histoire aide à mieux comprendre mais ne saurait tout justifier.

C’est
aux XVIe et XVIIe siècles que l’État «moderne» s’affirme
par une concentration des pouvoirs et la mise en place d’un «appareil»
lisible. Des penseurs tels que Jean Bodin, Machiavel, Richelieu ou Bossuet
défendaient alors l’absolue nécessité d’un État
fort ; celle d’un État capable de résister au cycle infernal
de la décadence qui fut fatale et entraîna la chute de l’Empire
romain, quelques treize siècles plus tôt.

Pour Machiavel,
la seule finalité de l’État est donc de durer envers et contre
tout et dans ce but, «tous les moyens sont bons pour y parvenir ».

Au siècle
suivant, Richelieu va élaborer le fondement de la «raison d’État»,
qui place la survie, la bonne pérennité et les intérêts
de l’État lui-même au-delà de la morale publique.

«Incarné»
par le roi («l’État, c’est Moi»), l’État sera ainsi
doté d’une «raison» permettant de justifier des actes illégaux
couverts par l’alibi du « Secret d’État ».

Les décisions
se prennent dans l’intimité du Cabinet («le secret du Roi»).
Le pouvoir dit se vouloir toujours plus « parfait », et surtout
d’être en mesure d’exercer le contrôle du pays et de ses habitants
le plus absolu.

La
France, un cas d’école

Si la
prise de la prison de la Bastille (où la royauté tenait ses
ennemis «au secret») est le symbole de la Révolution française
et de l’émergence de la liberté, elle ne marquera pas
l’avènement de la transparence entre le citoyen et l’administration
qui va suivre.

L’État
républicain conservera le goût du secret qui se développera
encore sous Bonaparte qui avait compris que «Le Prince» ne saurait
gouverner qu’à l’abri du secret. Le Ministre Fouché inventera,
quant à lui et afin de « mieux servir » l’Empire,
la police moderne avec ses fiches et ses espions.

La défaite
de 1870/1871, la France la doit à une guerre totalement improvisée
contre le Reich, faute de renseignements ; ce qui amena la chute de l’empire
et la proclamation de la république. Suite à la débâcle,
le «2e Bureau militaire» sera créé et chargé
de l’information au sein de l’état-major, puis ce sera la naissance
d’un service de contre-espionnage.

Dans les
années qui vont suivre, on verra apparaître la première
« bavure d’État » officielle avec l’affaire Dreyfus, éclaboussant
l’«opinion publique» et impliquant des militaires de haut rang
agissant « sur ordres ».

L’alibi
du «Secret Défense»

Guerre
après guerre, en France comme ailleurs, les États ont diversifié
et gonflé leurs secrets, qui se sont étendus bientôt à
l’industrie, à l’économie et à la science. Lorsqu’un
individu partage ses secrets avec un autre, on parle de relation intime, de
confiance.

La France
de Vichy partagera majeure partie de ses secrets avec l’Allemagne nazie (exception
faite de l’endroit où fut entreposé l’uranium de Pierre et Marie
Curie…) et c’est là que les termes de «collaboration»
et « d’asservissement politique »prendront alors tout leur
sens.

Dès
1958, le général Charles de Gaulle saura tirer les conséquences
de cette vigoureuse fraternité de cinq ans. Se défiant de l’allié
américain, il développera dans la plus grande discrétion
la dissuasion nucléaire française, imposera une politique d’indépendance
vis-à-vis de celle des USA et de ses visées et fit du secret
un instrument politique majeur.

Un
mal nécessaire?

Le problème
du secret d’État pose celui du fonctionnement même des institutions
démocratiques et de la transparence. Il existe une contradiction apparente
entre les idéaux démocratiques d’une part inscrits dans la Constitution
et la nécessité pour l’État de mener à bien sa
politique, d’autre part. Il convient d’observer que dans les domaines de la
Défense ou des Affaires étrangères, la réussite
d’une négociation dépend parfois du secret.

Si toutes
les vérités ne seraient donc pas bonnes à dire, le citoyen
serait-il incapable de comprendre certaines choses? On note du moins que ce
que l’on tente d’imposer comme étant le secret d’État
est de moins en moins bien accepté dans des sociétés
dites modernes qui aspirent à toujours plus de transparence ; a fortiori
depuis la fin de la Guerre froide.

Plus
de transparence?

C’est
ainsi que de puissants mouvements associatifs se sont créés
et revendiquent aujourd’hui un droit. Le droit d’être informés,
celui de savoir dans les domaines aussi divers que le nucléaire, le
génie génétique, la pollution, la provenance des produits
de consommation et leur fabrication, les comptes de l’État, la santé
des dirigeants. Mais aussi sur les « suicides » inexpliqués
de hauts fonctionnaires, de ministre, voire de premier ministre, comme sur
les assassinats ou encore sur les «affaires» judiciaires impliquant
des « politiques » ou des élus de la nation.

Les investigations
des médias sur les uns, les unes et les autres, dont les excès
sont jugés dangereux voire criminels par les journalistes d’information
et « indépendants », sont autant « d’affaires
» qui défraient la chronique. D’autres s’agrippent carrément
à la barre du supposé « réalisme » par trop
facile selon lequel, «La sagesse populaire (…) n’ignore pas que les
valeurs sont contradictoires entre elles; que le respect scrupuleux des règles
imposées au simple citoyen ne s’accorde pas toujours avec le service
de l’intérêt général… » et qu’il
convient donc d’accepter cet état de fait et de détourner
la tête, pour ne pas voir…certaines vérités.

Extrême
complexité des relations entre Justice et politique

Par ailleurs,
si l’on n’était pas convaincu de l’extrême
complexité des relations qui existent entre Justice et politique, l’exemple
du déroulement pour le moins scabreux des suites de l’affaire
de l’assassinat du Juge Bernard Borrel suffirait à lever les
derniers doutes que nous puissions avoir dans ce domaine.

Nous observons
une étrange coexistence d’une politique qui se dit être
celle de l’accroissement des libertés judiciaires et du «
Respect de la Justice » (donc de son indépendance par rapport
au pouvoir en place) alors que parallèlement cette même politique
tente, bien maladroitement, d’exercer un contrôle, de poser d’artificieuses
barrières et d’imposer sa seule volonté ; donc le silence
à cette même Justice.

Ceci revient
à dire que, selon certaines considérations, la Justice républicaine
devrait être pleinement aux ordres du pouvoir en place et ne constituerait
de facto qu’une ressource, un creuset pour le politique ; un nécessaire
« outil » pour construire sa grandeur et dorer à l’or
fin ses ambitions comme à justifier a posteriori tous ses actes, souvent
bien éloignées de la « Raison d’État ». Raison
d’État étant, là encore, un alibi que l’on n’a
de cesse de nous opposer pour tenter de masquer, parfois et de manière
si maladroite, des intérêts d’ordre majoritairement privé.

Pour ce
qui ce qui la concerne, la Banque mondiale considère que l’existence
d’une « bonne Justice » dans un pays constitue un critère
déterminant le niveau démocratique du pays concerné.
Un État qui se veut démocratique et moderne est constitutionnel,
en ce sens que son fonctionnement est soumis à des règles explicites
; à une Constitution nationale et à des lois. Dans une telle
logique, les gouvernants ne devraient donc n’être que les «commis
du peuple» de qui ils ont reçu, directement ou indirectement,
pouvoir d’agir en son nom. Tel qu’il se proclame, l’État, dans
la mesure où il a été façonné par la tradition
contractualisée, devrait donc être soumis entièrement
au contrôle des citoyens ou de leurs représentations.

En fait,
cet État a un pouvoir de dernière instance, qu’on appelle communément
« la souveraineté » et qui s’exerce sur tous les citoyens
; y compris sur la Justice, a fortiori si elle ne veut pas être soumise
et aveugle.

Tout ceci
signifie que dans certains domaines, en cas d’urgence et de situation que
le pouvoir politique jugera comme étant d’exception, comme c’est
le cas dans l’affaire Borrel, aucune autorité ne peut être
opposée à la sienne et qu’ainsi l’État n’a de comptes
à rendre à personne, si ce n’est éventuellement à
ses propres instances étatiques de contrôle.

Or les
instances étatiques de contrôle tout comme la Justice française
ont les « mains liées » dès l’instant où
leur est opposé la « Raison d’État » et ses secrets.

Cette
raison d’État est ainsi devenue depuis Richelieu une forme de pouvoir
énorme et incontrôlable des instances gouvernementales.

Comme
le précise le dictionnaire du « petit Larousse », «
la raison d’État est un prétexte allégué pour
justifier une action illégale, une considération de l’intérêt
public justifiant une action injuste ».

Bousculant
les « mauvaises habitudes instaurées », un «appel
pour l’émergence de la vérité sur l’assassinat du Juge
Bernard Borrel» a été signé par plus de 170 personnalités
françaises et étrangères.

Dans cet
« appel pour l’émergence de la vérité »,
les personnalités signataires ont clairement demandé que les
obstacles rencontrés par l’instruction judiciaire en cours soient levés,
notamment en ce qui concerne la remise au juge d’instruction, Madame Sophie
Clément, des documents émanant des services de l’État
français pouvant avoir un lien avec cet assassinat et dont certains
sont toujours classés «Secret Défense».

Dans les
suites de l’affaire de l’assassinat du Juge Bernard Borrel, comme
dans bien d’autres, on peut parler d’une amorce de changement
à l’initiative d’une Justice, sans interférence
politique et consciente de sa charge. En effet, force est de constater que
ce qui relevait d’un traitement confidentiel et particulier de et par
la « sphère politique au pouvoir » (selon la formule consacrée
du « Circulez, y a rien à voir !… ») se déplacerait
de plus en plus fréquemment vers l’arène judiciaire.

Dans cette
affaire, la « petite juge» (qualificatif dont l’a affublé
IOG) est décidemment sans complaisance d’aucune sorte ce qui,
bien évidemment, a le don d’irriter au plus haut point le sacro-saint
pouvoir de l’Élysée préoccupé qu’il est, nous
dit-il, à maintenir les « bonnes relations » avec Ismaïl
Omar Guelleh.

Maintenir
les « bonnes relations » afin de préserver la présence
militaire et civile française à Djibouti ?

Certes
Djibouti a une grande importance géopolitique mais à l’Élysée
serait-on préoccupé, aussi, par la crainte que n’émerge,
à quelques 8 mois des élections présidentielles en France,
un dossier nauséabond car ayant transité en un temps dans les
« caves du Palais de l’Escale ». Dossier vraisemblablement de
première importance et que l’on recherchait désespérément,
y compris au domicile du défunt, dans les heures qui ont suivi la mort
du Juge Bernard Borrel.

Au
fait que pourrait-bien contenir de si important ce dossier au point que l’on
sera allé jusqu’à « suicider », un juge intègre
?

Chut
!!! C’est un « Secret d’État » et n’y revenez pas !!!!

26/10/06 (B366) ARD / Communiqué concernant le meeting UAD organisé à Djibouti à l’occasion de la fête de l’Aïd-el-Fitr, le 23 octobre.

Compte
rendu du meeting de l’opposition nationale à Djibouti, le lundi
23 octobre 2006
Les Djiboutiennes et les Djiboutiens se sont déplacés nombreux
au meeting de l’opposition le lundi 23 octobre 2006, jour béni
de l’Aïd el Fitr.

Le rassemblement
a réuni plusieurs centaines de militants et de sympathisants mobilisés
dès 9 heures ce matin sur l’étendue de l’avenue
Nasser, abritant à Djibouti ville le siège de l’Union
pour la démocratie et la justice (UDJ).

Le rassemblement
a été aussi le mot d’ordre de l’opposition qui comptait
sur les lieux plusieurs représentants des mouvements démocratiques
coalisés dans l’Union pour l’alternance démocratique
(UAD), à savoir l’Alliance républicaine pour le développement
(ARD), le Mouvement pour le renouveau de la démocratie et le développement
(MRD) et l’Union pour la démocratie et la justice (UDJ).

Également
présents en nombre, les militants du Parti démocratique djiboutien
(PDD) malgré l’absence de leur président Mohamed Daoud
Chehem en déplacement à Bruxelles.

Les discours
se sont centrés sur la situation générale qui prévaut
dans le pays sur tous les plans économique, social et des droits de
l’homme. Les participants ont ovationné leurs orateurs pour les
appels fervents à persévérer jusqu’à la
lie contre l’injustice et la tyrannie.

Le président
de l’ARD M. Ahmed Youssouf a discouru le premier appelant à redoubler
d’effort et de résistance, suivi par MM. Adan Mohamed Abdou et
Cassim Ahmed dans une présentation sans concession de la vie quotidienne
aujourd’hui à Djibouti.

Souleiman
Farah Lodon, 2e Vice-président du MRD, a harangué la foule à
son tour avant de céder la parole au secrétaire général
adjoint du parti M. Ahmed Guirreh.

Les dirigeants
de l’UAD ont dénoncé l’arrestation tôt ce
matin à son domicile du président de la Ligue djiboutienne des
droits de l’homme (LDDH), M. M. NOEL ABDI Jean-Paul, gardé au
commissariat toute la matinée sans raison avancée.

La réunion
publique a été aussi l’occasion de sonner l’heure
de la vérité s’agissant des limites incontestables de
l’action politique à Djibouti, où le mouvement démocratique
est proscrit. Car si en démocratie l’essence des formations politiques
est de concourir à des élections libres, une autocratie s’est
emparée de notre pays rendant impossible toute évolution sociale.

C’est
pourquoi l’opposition nationale prendra la liberté d’exprimer
les prochains jours, devant le peuple et devant la communauté internationale,
toutes les conséquences qu’elle entend tirer de cette réalité.

Le meeting
s’est clôturé vers 11 heures sur un discours programme
d’Ismaël Guedi Harer, président de l’UDJ et président
de la coalition de l’opposition, prenant date pour la semaine du sommet
du COMESA prévu mi-novembre à Djibouti.

La
rédaction de l’ARD

Djibouti,
le 23 octobre 2006

24/10/06 (B366) Le FIGARO : 170 personnalités soutiennent la veuve du juge Borrel / lefigaro.fr (avec AFP).

http://www.lefigaro.fr/france/20061023.WWW000000472
_appel_en_faveur_de_la_veuve_du_juge_borrel.html

Actualisé le 23
octobre 2006 : 19h52

Laurent Fabius, Pierre Mauroy et Lucie Aubrac ont, entre autre, signé
l’appel qui demande «la vérité sur l’assassinat»
de Bernard Borrel, survenu en 1995 à Djibouti.

Un «appel pour la vérité sur l’assassinat de Bernard Borrel»
a été signé par 170 personnalités. La veuve du
juge français assassiné il y a onze ans à Djibouti a
présenté cette liste lors d’une conférence de presse,
lundi. Elisabeth Borrel a également indiqué avoir écrit
le jour même à Jacques Chirac, pour lui demander de la recevoir
et de la soutenir.

«Les
personnalités signataires demandent que les obstacles rencontrés
par l’instruction en cours soient levés, notamment en ce qui concerne
la remise au juge d’instruction des documents émanant des services
de l’Etat pouvant avoir un lien avec cet assassinat», dont certains
sont toujours classés «secret défense».

L’appel
a notamment été signé par les anciens premiers ministres
socialistes Laurent Fabius, Pierre Mauroy et Michel Rocard. Lucie Aubrac,
figure de la Résistance et Rita Borsellino, parlementaire à
l’Assemblée régionale de Sicile et sœur du procureur Paolo
Borsellino, assassiné par Cosa Nostra en 1992, figurent, entre autre,
parmi les signataires. 90 parlementaires, dont 50 du PS, 20 de l’UDF
et deux de l’UMP ont également signé cette liste.

Thèse
du suicide abandonnée

Lors de sa conférence
de presse, Elisabeth Borrel a également fait part de sa «très
désagréable surprise» d’entendre les propos de Philippe
Douste-Blazy.

Alors que ce dernier l’avait
reçue et assurée de son soutien vendredi, il a ensuite évoqué
la thèse du suicide, officiellement abandonnée par la justice
française. Dimanche, en effet, le chef de la diplomatie a déclaré
: «Il y a deux solutions: s’il y a un suicide, auquel cas, voilà…
Ou il y a un assassinat et il faut aller au bout du bout de la justice».

Le corps
à demi-calciné du juge Bernard Borrel avait été
retrouvé le 19 octobre 1995 au pied d’une falaise à 80 km de
Djibouti.

©
Le Figaro

 

24/10/06 (B366) L’affaire Borrel et ses récents développements, inquiète au plus haut point les autorités djiboutiennes, qui font n’importe quoi … Dans la suite de notre article « Panique à Haramous », nous publions un témoignage du Président de la LDDH.

LDDH
/ NOTE D’INFORMATION DU 23 SEPTEMBRE 2006

Combien
d’Adjudants de la Police routière – FNP – sont sous les ordres directes
du Palais de la police politique ?

Le 23
octobre 2006, jour de fête de la fin du mois béni du Ramadan,
jour où les Partis de l’Opposition et ceux du Gouvernement ont l’habitude
de souhaiter à leurs partisans une bonne fête, la Police routière
est venue chez moi pour m’embarquer dans leur 4X4 en guise peut-être
de prévention, certainement pas pour me souhaiter bonne fête.

En effet,
à peine sorti de chez moi au environ de 9 heures, pour attendre des
amis qui devaient venir me chercher, je fus immédiatement arrêté
me privant par la même occasion d’observer et de constater avec mes
amis le bon déroulement des festivités tant au Palais Présidentiel
avec essentiellement la Mouvance présidentielle, qu’au siège
de l’UAD avec tous les Partis de l’Opposition.

Sans mandat
d’arrêt, avec pour seul motif que le Colonel (sans nom) désirait
me voir rapidement, je fus embarquer et transférer à toute allure
dans un véhicule de la FNP conduite par un Adjudant en tenue verte
de la Police routière. Il est temps d’afficher le nom ou le matricule
des responsables de la Police, ce qui éviterait les abus de police
et encouragerait les plaintes.

C’est
la deuxième fois en l’espace de moins d’un mois que la Police routière
s’amuse à m’arrêter abusivement, sans aucun motif sans aucune
enquête, uniquement pour des raisons de contrôle routier.

C’est
à se demander si le fait d’être sans véhicule, debout
en face de son domicile constitue une infraction routière ? Quand un
régime est en déperdition irréversible, alors il faut
s’attendre à tout !

Je fus
gardé à la Brigade Criminelle jusqu’à 10 heures 30 en
attendant l’Officier de la Police Judiciaire.

Ce dernier
m’a présenté toutes ses excuses en m’ouvrant avec courtoisie
la porte blindée de la Brigade et j’ai pu trouver facilement un taxi
pour me raccompagner à mon domicile.

Toutefois,
il est bon de se poser un certain nombre de questions suite à ces basses
tracasseries.

D’après
des renseignements anonymes il semblerait qu’un certain W. écarté
de la FNP, mais rapidement réintégré dans son Corps d’origine
de la Police Politique aurait déstabilisé son Colonel en disant
que j’allais prendre la parole au meeting de l’Opposition et que j’allais
faire un discours fulgurant contre le régime, mais surtout que j’allais
donner des informations foudroyantes sur l’affaire de la mort tragique de
Bernard Borrel.

La réalité
est toute autre, d’autant plus qu’en tant que Défenseur des Droits
de l’Homme, je n’ai jamais pris la parole lors d’un meeting politique.

Mais ce
qui est certain, c’est que en tant que citoyen Djiboutien je n’aurais jamais
hésité et pas une seconde, de dire la vérité si
j’avais la moindre information sur cette triste affaire. La vérité
est plus que nécessaire

Tout ce
que je peux dire c’est que Borrel, que Dieu garde son âme en Paix, avait
fait un travail fantastique et hautement appréciable pour le Code Pénal
et le Code de Procédure Pénale de la République de Djibouti.

M.
NOEL ABDI Jean-Paul