20/10/06 (B365) Libération : Un diplomate français sur la sellette.

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Par Brigitte VITAL-DURAND

QUOTIDIEN : Vendredi 20 octobre 2006 – 06:00

Le bras
de fer politico-diplomatique entre la France et Djibouti autour de l’affaire
Borrel a fait un perdant hier : l’ancien porte-parole du quai d’Orsay, Hervé
Ladso
us.

Djibouti
s’était froissé que la justice enquêtant sur l’assassinat
du juge convoque à Paris des personnalités proches de la présidence.
Celle-ci avait signifié sa colère en renvoyant du pays six coopérants
français. Le diplomate avait alors rédigé un communiqué
en janvier 2005, repris par l’ambassadeur de France à Djibouti.

Hervé
Ladsous y écrivait : «La France restera attachée, plus
que jamais, à entretenir une coopération forte en total partenariat
avec Djibouti, qui est un pays ami.»

Et il
promettait aux autorités djiboutiennes de leur transmettre une copie
du dossier Borrel. Sa promesse a été suivie d’une cascade de
réactions.

La juge
d’instruction Sophie Clément a refusé de transmettre son dossier.

La partie
civile ­ Elisabeth Borrel, veuve du magistrat ­ a déclaré
que cette attitude du ministère des Affaires étrangères
constituait une «ingérence intolérable du pouvoir politique
dans une information judiciaire en cours».

Et elle
a porté plainte.

Plainte
qui a entraîné l’ouverture d’une information judiciaire, le 2
mars 2006. Et ce, contre l’avis du parquet. Or, hier, la chambre de l’instruction
de la cour d’appel de Paris présidée par Edith Boizette a confirmé
l’ouverture de cette information judiciaire visant Ladsous. Qui est désormais
sommé d’expliquer aux juges les raisons de son si chaleureux soutien
à Djibouti.


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