30/11/06 (B371) SURVIE / Rappel : Prochaine Conférence Débat avec Elisabeth Borrel le dim. 17 déc. 2006

Dimanche
17 décembre 2006, 14h,
au FIAP (salle Lisbonne),
30, rue Cabanis, 75014,
métro Glacière (ligne 6).

Programme
:

  • Présentation
    des différents intervenants : Survie-Paris et les associations des
    Communauté Djiboutiennes en France, l’ARDHD, Femmes Solidaires
    et le Syndicat de la Magistrature.
  • Présentation
    de l’excellent documentaire de Bernard Nicolas "Révélation
    sur un suicide impossible".
  • Débat
    croisé sur l’affaire Borrel et la situation à Djibouti
  • Dédicaces
    de l’ouvrage de Mme Borrel : "un juge assassiné".

Participation
aux frais : 3 euros ou 5 euros (comprenant l’entrée + une des
4 brochures de l’association Survie).


Visitez le site internet de Survie Paris : http://www.survie-paris.org

30/11/06 (B371) Somalie : après des heures de débat, les Nations Unies repoussent à six mois, la décision de lever l’embargo sur les armes à destination de la Somalie.

______________________
Note de l’ARDHD
Cette mesure était demandée, en particulier, le
GNT. Son Ministre des Affaires étrangères l’avait exprimé
clairement lors de la Conférence de presse qu’il avait donné
le 27 novembre au CAPE à la Maison de la Radio.

Cet embargo qui ne semble plus être
respecté, a-t-il lieu d’être. Il est clair que les Tribunaux
islamiques ont été ravitaillés en armes, mais aussi que
le GNT a trouvé des sources d’approvisionnement.

Alors
pourquoi le maintenir ? A vouloir maintenir une décision qu’elles n’ont
pas la capacité à faire respecter et qui est rejeté par
les parties prenantes, les Nations unies ne prennent-elles pas le risque de
se décrédibiliser … (encore plus ???)
______________________________ Sh Network

Lifting arms embargo on Somalia rebuffed as
UN monitoring group is given extra six months par Aweys Osman Yusuf

Mogadishu 30, Nov.06 ( Sh.M.Network) After
Hours of debate about the worsening situation in the war-ravaged country Somalia,
UN Security Council has finally urged members to abide by preserving the arms
embargo imposed on Somalia in 1992, condemning countries letting flow of weapons
in Somalia. Security Council member states including the United States were
expected to pass a draft resolution to partially ease the arms embargo on
Somalia so that African peacekeepers from the Intergovernmental authority
on Development (IGAD) member states would be deployed in Somalia.

The most anticipated resolution of alleviating
the embargo on Somalia was postponed indefinitely as UN Security Council instead
turned their concentration on a report posted on the internet by UN monitoring
team, which revealed ten countries that breached the arms embargo by supplying
Somalia’s vying sides with weapons and money. Most of the countries
blamed have denied any involvement in arming the transnational government
or the Union of Islamic Courts.

UN monitoring team for Somalia’s arms
embargo has had their work approved by the Security Council and was given
extra six months to proceed their work of preserving the embargo and report
to the Security Council about countries that violate UN resolutions of the
arms embargo on Somalia.

Analysts said if the embargo on Somalia were
lifted, the country would fall back to civil war as famine, starvation and
malnutrition would once again wipe out the civilian population in the Horn
of Africa like early 1990s when US military forces went to Somalia for relief
operations but ended in disaster.

The Islamic Courts leaders who spoke at a
massive rally in the capital Tuesday stated they would invite world Muslims
to come to Somalia and fight alongside the Islamist fighters against the foreign
troops in the country, Ethiopia in particular.

The unanimous resolution by member states
of UN Security Council has called on the weak transitional federal government
based in Baidoa, 250 km southwest of the capital and the Union of Islamic
Courts based in most central and southern parts of the country to go back
to the negotiating table in the Sudanese capital Khartoum for the third round
of peace talks without a delay.

United States assistant secretary of state
for African affairs Jendiya Frazer said the US government campaigned for partially
lifting the arms embargo on Somalia to let peacekeeping forces from East African
states go in Somalia to consolidate the tenuous government. She said the transitional
government lacks military muscles to face the powerful Islamic Courts forces
that sieged the small town of Baidoa headquartered by the government.

Frazer also indicated that US government’s
objective in Somalia was to form a sort a military balance between the Somali
government and the Union of Islamic Courts so that Islamic Courts would not
claim military dominance but rather should yield to peace talks with the government.

Islamic Courts defeated US backed warlords
in deadly battles in which several hundreds of Somali civilians have lost
their lives early June this year and then expanded to most central and southern
provinces in Somalia, including the capital Mogadishu.

The country’s central authority collapsed
in 1991 when tribal warlords ousted former president Siad Barre and then turned
on one another throwing the country into factional clan and sub-clan wars.

30/11/06 (B371) La bataille de Baïdoa a-t-elle commencé ? Des actions suicides ont-elles été commises sous mandat des tribunaux islamiques ?

AFP
____________________________

Somalie:
au moins 12 tués dans deux attaques à la voiture piégée
à Baïdoa

MOGADISCIO
(AFP) – Au moins 12 personnes ont été tuées jeudi à
Baïdoa, ville où siège le gouvernement de transition somalien,
dans deux attaques suicide à la voiture piégée, selon
le chef de la police du gouvernement, le général Ali Hussein.

"Il
y avait deux voitures suicide chargées d’explosifs", a déclaré
le chef de la police, précisant que les explosions avaient tué
un de ses hommes, plusieurs personnes dans les deux voitures ainsi que les
occupants d’un troisième véhicule.

Les explosions
se sont produites à un barrage des forces de sécurité
gouvernementales situé dans le quartier de Boynunay, à la sortie
Est de la ville (250 km au nord-ouest de Mogadiscio).

Le général
Hussein a ajouté qu’un occupant d’une des voitures piégées
avait été capturé vivant. Ne pouvant donner un bilan
exact des explosions, il a indiqué qu’au moins 12 personnes avaient
été tuées et que "plusieurs civils ont été
blessés".

A Mogadiscio,
un haut responsable des tribunaux islamiques somaliens a affirmé jeudi
que les islamistes avaient mené une attaque à la voiture piégée
à Baïdoa, ajoutant qu’elle avait visé un poste militaire
éthiopien et fait au moins 20 morts.

"Il
y a une attaque contre un poste militaire éthiopien à Baïdoa",
a déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat, ajoutant:
"au moins une vingtaine (de militaires éthiopiens) ont été
tués".

"Six
civils ont été blessés lorsque les Ethiopiens ont ouvert
le feu autour" du poste, a-t-il encore affirmé.

Plus tôt
jeudi, le Parlement éthiopien a donné son blanc-seing à
une opération militaire d’Addis Abeba contre les islamistes somaliens,
en autorisant le gouvernement de Meles Zenawi à prendre "toutes
les mesures légales et nécessaires pour contrer toute invasion
du pays".

L’Ethiopie,
pays majoritairement chrétien, a une importante minorité somalie
dans sa population.

Depuis
plusieurs mois, le gouvernement éthiopien s’alarme de la montée
en puissance des islamistes chez son voisin et soutient ouvertement le fragile
gouvernement somalien de transition, incapable d’établir son autorité
dans un pays en guerre civile depuis 1991.

Les islamistes
accusent de leur côté l’Ethiopie d’avoir déployé
des troupes aux côtés du gouvernement et ont appelé au
jihad contre l’armée éthiopienne.

29/11/06 (B371) Impliqués dans la Corne Est de l’Afrique, les grands pays occidentaux doivent procéder à la « mise sur la touche » du « Régime de la terreur et du chantage » qui entretient les désordres dans la région et fait preuve d’un angélisme insultant et bien mal placé (Bouh Warsama)

Les
rebondissements dans l’affaire de l’assassinat du juge Bernard
Borrel n’ont rien d’un coup de tonnerre éclatant dans un
ciel à peine nuageux.

L’horizon
djiboutien serait même plutôt chargé en matière
de suicides aménagés, de crises cardiaques et de décès
supposés naturels entre autres lors de séances de tortures,
comme d’accidents de la route ; dont furent victimes des personnes pas
forcément engagées politiquement mais qui, tout simplement,
dérangèrent au plus haut point le régime politique imposé
par Ismaïl Omar Guelleh.

Ce n’est
certes pas la première et la dernière fois que le sang éclabousse
le Palais de l’Escale, le pouvoir et les hommes qui dirigent le pays
depuis l’indépendance ; mais depuis 1991 cela devient une «
culture d’État » !

Ismaïl
Omar Guelleh et ses « collaborateurs » à la sécurité
nationale ont laissé derrière eux une kyrielle de noms et des
symboles de la répression d’État qui hantent les mémoires
et les cimetières dont les tombes des « anonymes » (lorsqu’elles
sont visibles…) sont marquées par un simple tas de pierres noirâtres
comme à Arribha. En faisant toujours en sorte que ces victimes soient
enfermées à double tour dans le « placard des oubliettes
» du Parquet du Procureur général à Djibouti ;
celui des « suicidés » et des autres décès
pour causes supposées naturelles, voie classique qui mène à
l’impunité des coupables et au bouclage définitif des
dossiers d’information bien avant qu’il ne soient ouverts par
ce qui fait office de « Justice locale ».

Selon
des indices concordants et des témoignages de suppliciés, qui
ont eu la « chance » d’en réchapper et de survivre
aujourd’hui en exil, nombreux furent et sont encore ceux et celles sauvagement
torturés (es) dans les geôles du régime d’IOG ;
dans des locaux annexes de la prison de Gabode, parfois même dans les
cellules de certains commissariats de police spécialisés dans
ce domaine.

Hommes
et femmes, opposants au régime actuel, torturés des heures durant
et contraints (es) de signer une déposition dans laquelle ils (elles)
sont prêts (es) à tout reconnaître, à tout admettre,
à tout avouer ce qui leur est reproché, surtout ce qu’ils
ignorent, à la condition que cessent les tortures physiques les plus
ignobles et les plus dégradantes qu’ils (elles) subissent et que l’on
puisse imaginer pour l’humain.

Nombreux
sont aussi les ex fonctionnaires de police ayant assisté à de
tels « interrogatoires musclés », expliquant dans le détail
les méthodes les plus diversement appliquées aux suspects soumis
à la torture afin d’obtenir leurs «aveux». Ces ex
fonctionnaires qui survivent aujourd’hui en exil dans le monde occidental
sont contraints de se taire ; ils ne peuvent témoigner devant une Justice
d’un pays occidental sous peine que les membres de leur propre famille,
père, mère, frères et sœurs vivant encore à
Djibouti, ne soient à leur tour incarcérés par mesures
de représailles et que leurs maigres biens soient saisis… ; récupérés
par tel ou tel membre de la famille au pouvoir et sur décision imposée
au tribunal par le Procureur général Djama Souleiman.

Lorsque
l’on a connaissance de tout cela, et de bien plus, il est alors facile
d’imaginer le scénario ubuesque mis au point en haut lieu et
dans la précipitation après la mort du Juge français
; une forme d’insulte au peu d’intelligence et de compréhension
que chacun/chacune peut avoir des méthodes employées par Guelleh
pour parvenir à ses fins. Il y a bien plus de stupidité que
de courage dans ce mauvais scénario du suicide qu’il tente bien
maladroitement de nous faire ingurgiter.

De la
campagne de dénigrement médiocrement fomentée dans les
médias locaux et dans une certaine presse, dite de « caniveau
», à l’encontre d’une Elisabeth Borrel et du Juge
Sophie Clément plus que jamais vaillantes et décidées
à faire triompher la vérité, des représailles
systématiques (y compris à l’étranger) à
l’encontre de tous ceux qui les soutiennent en témoignant auprès
de la Justice française, de la prolifération de quelques supposés
repentis de la dictature devenus comme par enchantement les grands spécialistes
d’une fraction de l’opposition « dite modélisée
» (mais loin d’être modèle) et qui sont curieusement
devenus muets lorsqu’il s’agit d’apporter leur témoignage
dans l’affaire Borrel afin de ne pas « offusquer » le tyran
en s’attirant sa colère dévastatrice ….., tous les
moyens sont réunis pour maintenir la « violence publique »
à Djibouti qui est le seul atout de l’État actuel pour imposer
son diktat et régner sans partage.

Dans l’affaire
Bernard Borrel comme dans tant d’autres, c’est une vieille recette
que la tyrannie du « maître chanteur » Ismaïl Omar
Guelleh ressort à chaque fois qu’il se sent en danger ou mis
en cause. Pendant que les uns tentent maladroitement de camoufler, falsifier
et d’anesthésier l’opinion publique sans y parvenir, les
autres répriment à tour de bras sous le fallacieux prétexte
de « maintenir l’Ordre public » dans le pays.


De quel « Ordre public » parlons-nous ?

De
celui imposé par la tyrannie se cachant derrière une légitimité
qu’elle s’est appropriée outrageusement et en toute illégalité
par la falsification d’élections successives.

Les «
mauvaises habitudes » faisant force de lois locales, chaque fois que
des opposants politiques ou des citoyens/citoyennes excédés
(es) par des conditions de vie désastreuses, par toutes les atteintes
répétitives aux libertés publiques, aux droits syndicaux
ou par un manque de transparence politique notamment lors de scrutins électoraux
ont osé manifester leur mécontentement, c’est alors qu’au
nom d’un supposé sacro-saint « maintien de l’Ordre
public » les forces de sécurité n’ont pas hésité
à faire parler la poudre en tirant aveuglément sur la foule
des manifestants sans tenir compte du risque réel de pertes en vies
humaines.

Dès
lors, on comprend pourquoi certaines manifestations populaires de l’opposition
sont annulées par les organisateurs afin d’éviter, qu’une
fois encore, le sang d’innocents, hommes, femmes enfants et vieillards
désarmés, ne soit versé.

La particularité
du régime imposé par Ismaïl Omar Guelleh est qu’il
ose prétendre être attaché à l’ordre public
alors qu’il ne défend, dans les faits démontrés,
que les « mauvaises habitudes » de toutes les perversités
façonnées et entretenues. A Djibouti, ce supposé «
maintien de l’ordre public » est synonyme de « meurtres
légalisés » ; il prévaut sur le respect du premier
des droits garantis par la Constitution nationale et sur toutes les normes
du droit international, sur le respect du droit à la vie et de l’intégrité
physique des êtres humains. L’aspect récurrent de ce recours
excessif et sans réserve à la force et l’impunité
dont jouissent les auteurs de ces exécutions publiques, là encore
extrajudiciaires, montrent bien que les plus hautes autorités de l’État
couvrent ces actes, car ils en sont les « donneurs d’ordres »,
afin de bâillonner toute forme d’opposition et de contestation
lorsque celles-ci le menacent directement ou prennent le chemin de la rue
pour exposer leurs mécontentements.

A ceci
s’ajoute le fait incontestable des exactions menées en parallèle
dans le pays (parfois jusqu’en Occident) par une police politique au
sens monstrueux car redoutable, souvent barbare dans tous ses actes. Agissant
sur Ordre du Palais de l’Escale et sous la houlette de son chef Hassan
Saïd Kaireh, cette police politique opérant sous le nom officiel
de « Services Djiboutiens de Sécurité » est passée
maître dans les coups les plus tordus. Recourant sans scrupule et sans
autorisation à la mise sur écoute, au fichage et au chantage
notamment sur les fonctionnaires étrangers en poste dans le pays, au
racket exercé particulièrement sur les commerçants non
affiliés au pouvoir d’IOG, au cambriolage, au viol qui en devient
presque banal, à la torture voire aux exécutions sommaires en
pleine rue de la capitale et dans l’arrière pays.

Si comme
IOG elle échappe par évidence à tout contrôle démocratique
voire même à l’autorité d’une partie de sa
hiérarchie, créant ainsi de « petits états dans
l’état », cette police n’existe que par la volonté
politique du pouvoir qui la dirige. Ce dernier a décidé d’y
recourir comme un instrument essentiel de gouvernement, utilisable au gré
« des affaires » à répétition qui se substituent
au débat d’idées ; entretenant ainsi un climat détestable
et donnant de la politique djiboutienne actuelle et de l’État une image
repoussante et hélas désastreuse.


L’homme aux ambitions démesurées devient vite dangereux,
il est presque naturel qu’il se fasse manipulateur sans limites pour
arriver à ses fins.

«
Homme de l’ombre » par excellence, le véritable rôle
joué par Ismaïl Omar Guelleh, jusqu’à son «
hold-up » le portant à la tête de l’État djiboutien
en 1999, était un secret jalousement gardé mais, comme il convenait
à son « talent particulier », cette dissimulation eut quelque
chose d’ostentatoire.

Ancien
enquêteur de police puis inspecteur des Renseignements Généraux
(RG) à l’époque de la colonisation française, Ismaïl
Omar a toujours eu une forme de génie machiavélique pour la
manipulation, mais d’un genre très spécial. Souvenons-nous que
dans les années qui précédèrent l’accession
du pays à l’indépendance, l’homme aux multiples
facettes fut à l’origine de la « disparition » de
combattants et de membres influents du FLCS puis du Parti du Mouvement Populaire
d’Hassan Gouled Aptidon.

Peu après
l’indépendance du pays, un dossier « égaré
» par un officier des Renseignements Généraux français
concernant le « double jeu » d’IOG va parvenir par inadvertance
dans les mains d’Ahmed Dini puis sera transmis à un Hassan Gouled
bien embarrassé. Malgré l’avis contraire d’Ahmed
Dini, le président Gouled nouvellement élu va prendre Ismaïl
Omar à ses côtés puis il lui laissera quasiment tous les
pouvoirs. Quelques années plus tard il ira bien plus loin dans l’erreur,
il en fera l’homme fort du RPP et son dauphin à la présidence
du pays.

En créant
d’artificiels complots visant Gouled et sa famille, IOG va imposer et
entretenir avec une efficacité certaine une psychose de l’attentat
au niveau du Palais de l’Escale. Il en profitera pour régler
au passage quelques « comptes personnels » tout en laminant le
milieu des jeunes intellectuels, Afars, Issas et Gadaboursis qui s’opposent
à lui. C’est ainsi qu’il fut le précurseur de types
d’activités secrètes qui semblaient rendre des services essentiels
au pouvoir en place alors que c’est en fait à lui et à
lui seul qu’il se rendit service dans sa marche vers la plus haute marche
de l’État ; tout en rejetant par la suite sur le président Gouled
toutes les erreurs, toutes les fautes et tous les crimes d’État commis
notamment sur les populations Afars du nord du pays et sur les Gadaboursis.

En premier
lieu, Ismaïl Omar va s’efforcer de créer mois après
mois une police politique d’une relative efficacité et qui changera
d’appellation pour prendre celle des Services Djiboutiens de Sécurité
(SDS). Le moment venu, il y intègrera certains éléments
rompus aux méthodes les plus « barbares » car issus de
la redoutable police politique somalienne de Syaad Barré qui serviront
de « formateurs » ; puis d’autres éléments
en provenance d’Éthiopie. Les suicides par immolation après
tortures vont se succéder à Djibouti, y compris ces dernières
années, alors que les corps sont abandonnés dans des terrains
vagues de la capitale ; rappelant étrangement ce qui se fit couramment
dans le pays voisin sous la dictature sanguinaire de Menguistu Haïlé-Mariam.

En second
lieu, Ismaïl Omar forgera la manipulation secrète de ses «compagnons
de route » que vont devenir tous les commerçants et les entrepreneurs
de travaux publics qui sont au contact de fonctionnaires étrangers
en poste à Djibouti. C’est ainsi qu’il sera tenu informé,
et l’est encore, de TOUT ce qui se fait dans le domaine des offres et
des attributions de « marchés publics » comme du montant
des enveloppes financières affectées, des formes illégales
de monopoles détenus par les uns et les par les autres, des corruptions
que cela va générer… parfois.

Qu’il
soit intègre ou qu’il ne le soit pas, un dossier sera ouvert
sur chaque fonctionnaire étranger vivant sur le sol djiboutien et disposant
d’un poste à responsabilités financières. Chaque
fonctionnaire sera ainsi fiché sans qu’il le sache ; chaque copie
d’éventuelle fausse facture ou « aménagée
», de tout ce qui se fait en matière de « corruptions »,
de petits et de gros «cadeaux» parviendra aux SDS. De même,
copie de chaque procès verbal de la police ou de la gendarmerie djiboutiennes
notamment pour constat de « mœurs particulières »,
d’usage de drogues, d’homosexualité, d’actes de pédophilie
notamment sur enfants de 8 à 10 ans se produisant de nuit dans un véhicule
privé ….(certains comprendront) sera soigneusement classée
par les SDS pour « servir » le moment venu.

Entre
autres fiches, celle concernant un « décideur étranger
» se voyant « prêter » un véhicule 4 X 4 neuf
pour la durée de son séjour à la condition qu’il
confie tous les travaux (tous corps d’état) à une seule
et même entreprise djiboutienne contrôlée par IOG, tel
autre et à haut niveau ayant « attribué » le monopole
des achats de mobiliers et autres à un groupuscule de commerçants
et recevant en « remerciements » et à sa descente d’avion
à Paris un véhicule neuf de haut de gamme, équipé
de toutes les options. Tel autre fonctionnaire étranger se voyant octroyer
« gracieusement » mobiliers et électroménager…d’un
volume total de plus de 25 M3….Tel autre bénéficiant gracieusement,
pour lui-même et sa famille, de multiples voyages au Yémen, en
Éthiopie et tous frais…payés. Tel autre…et encore,
et encore !

Ce que
beaucoup ignorent encore à ce jour c’est qu’un «
service administratif » attaché aux SDS est chargé de
collecter les informations nécessaires afin de monter des dossiers
susceptibles, en cas de besoin, d’effectuer un chantage voire de compromettre
telle personnalité politique, tel fils d’ancien conseiller payé
en dollars US pour « services rendus » (Alpha Roméo a du
soucis à se faire…!), tel chef d’entreprise étranger
ou tel fonctionnaire étranger en poste à Djibouti. Tous les
moyens sont bons pour patauger dans ces marécages qui furent et sont
plus que jamais couverts et surveillés de près par le Palais
de l’Escale.

Dans un
autre domaine, vraisemblablement pas si éloigné du précédent
qu’on pourrait le penser.

«
A quoi pouvait bien servir la fantomatique société d’import/export
installée à Djibouti et qui appartenait, en un temps, à
un ex haut fonctionnaire français JCM, écroué en 2004
pour « recel d’abus de biens sociaux et trafic d’influence
» dans des affaires de vente d’armes ? Société dont toutes
les archives auraient disparu (sic) et qui fut récupérée
par Abdourahman Borreh, mais à quelle fin ?»

Par évidence,
on en vient alors à se poser la question de savoir ce que le Juge Bernard
Borrel aurait pu éventuellement découvrir dans ce marécage
politico mafieux et ce que contenait le « dossier » qui ne devait
pas sentir le parfum à l’eau de rose ; dossier de première
importance lorsque l’on sait que « certains » le recherchaient
fébrilement et avec précipitation dans les heures qui suivirent
l’assassinat du juge français ?

– Oui
mais … pendant ce temps à Djibouti : « L’Ordre règne,
donc TOUT va bien ! » ….

Si l’objectif
d’Ismaïl Omar Guelleh a toujours été d’agir
dans l’ombre en positionnant des « fusibles » qu’il
n’hésitera pas à faire sauter si nécessaire, il
s’est efforcé de susciter au sein de la communauté occidentale
(celle qui se jugeait bien pensante) le préjugé politique qui
allait dominer toute l’époque Gouled : à savoir que la conviction
que toute opinion favorable à la politique djiboutienne était
fondée sur les principes de l’honnêteté la plus élémentaire.

Formé
en un temps dans les écoles des ex pays soviétiques aux méthodes
staliniennes en matière de propagande, Ismaïl Omar a toujours
voulu instiller chez tout un chacun, comme une vérité naturelle,
le sentiment que toute critique ou contestation de la politique de Gouled
(puis de la sienne) était infailliblement le fait d’une personne mauvaise,
sectaire et probablement stupide, tandis que tout soutien apporté à
cette même politique était non moins infailliblement la marque
d’un esprit progressiste, tourné vers tout ce qu’il y avait de meilleur
pour l’avenir des populations djiboutiennes (sic).

Pour mettre
sur pied les réseaux de ses organisations de façade disséminées
dans les quartiers de la capitale et ceux constitués par ses compagnons
de route, IOG a su et sait encore utiliser toutes les astuces de la propagande
mais aussi la « méthode du bâton » et celle du «
chantage » si nécessaire comme moyen de persuasion ; le terme
de « bâton » étant un euphémisme. L’instrument
qui lui permit de donner forme à ce pouvoir fut l’artificiel
parti politique Rassemblement Pour le Progrès (RPP), c’est-à-dire,
comme on l’appelle presque toujours, une forme de « Kominterm local
». Celui-ci est, à bien des égards, l’institution par
excellence mise sur pied dès le début des années 80 à
partir des deux principales passions qui caractérisaient la personnalité
politique d’Ismaïl Omar Guelleh : à savoir, son obsession
du secret bien gardé et sa hantise du pouvoir absolu.

Les buts
du RPP ne furent jamais et ne sont nullement démocratiques, même
vaguement, et encore moins réformistes, de près ou de loin.
Preuve est faite que ce parti politique fantoche n’a jamais été
censé apporter la moindre aide réelle à une formation
politique qui n’eût pas été entièrement subordonnée
à son autorité ; à sa seule autorité, donc à
celle d’Ismaïl Omar Guelleh ; et non à celle d’un
Hassan Gouled passant le plus clair de son temps à siroter ses «
Jet peppermint » et à jouer aux cartes dans son Palais d’Arta
ou d’Haramous .


L’ambition fait parfois accepter les attitudes les plus basses, les gestes
les plus vils …

Dans son
imagination de recomposition de Djibouti élargissant ses frontières
et chassant les Afars du nord du pays vers l’Éthiopie, Ismaïl
Omar a toujours vu son « Kominterm local » comme une sorte de
longue mèche incendiaire dont une extrémité se trouverait
au Palais de l’Escale, qui zigzaguerait au nord du pays en y portant
le feu pour en chasser les populations locales, et au sud à travers
le Somaliland et la Somalie pour aboutir surtout à une bombe gigantesque
et majestueuse : l’Éthiopie.

Bien qu’omniprésents
à Djibouti, les pays occidentaux et tout particulièrement les
grandes puissances ont vu naître tous les désordres en Somalie
auxquels ils avaient la possibilité de parer aussitôt ou, pour
le moins, d’en limiter les effets. Ces désordres ont atteint
aujourd’hui un tel niveau qu’on en vient à se demander
s’il y a un remède ?

Si remède
il y a, celui ci passe indubitablement par l’instauration d’un
État de droit, de l’ordre et de la justice républicaine
à Djibouti. Donc de la mise « sur la touche » et du remplacement
par les pays occidentaux du cynique tyran et manipulateur Ismaïl Omar
Guelleh, « champion des désordres » dans la région.

A moins que ces désordres ne servent
quelques « Raisons d’Etats »…étrangères ?

29/11/06 (B371) AP / Prisons secrètes de la CIA en Europe : 11 pays de l’UE savaient, selon un rapport du Parlement européen.

| 28.11.06 | 20:52

BRUXELLES
(AP) — La Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et sept autres
pays membres de l’Union européenne étaient informés de
l’existence de prisons secrètes de la CIA en Europe, selon un projet
de rapport du Parlement européen rendu public mardi.

Ce document,
rédigé après des mois d’enquête, accuse également
plusieurs hauts responsables européens, dont le haut représentant
de la politique extérieure de l’UE Javier Solana, d’avoir eu connaissance
de cas d’enlèvements et de détentions par la CIA de suspects
de terrorisme dans toute l’Union.

Il est
également reproché à M. Solana et à Gijs de Vries,
coordinateur antiterrorisme de l’UE, "des omissions et des dénégations"
lors de leurs témoignages devant la commission d’enquête spéciale.

Le rapport,
présenté à la commission d’enquête de l’Assemblée
européenne, appelle les autorités nationales à lancer
des actions en justice séparées sur l’implication présumée
de leurs services de renseignement et sur la possible violation de la législation
européenne en matière de droits de l’Homme.

Aucun
pays membre de l’UE n’a pour l’heure admis que des opérations de ce
type, présentées comme antiterroristes, aient été
menées sur son territoire national. La Commission européenne
a averti que des poursuites seraient engagées contre tout gouvernement
qui aurait eu connaissance des vols secrets de la CIA.

Selon
le rapport, qui tire ses informations de nombreuses sources, et notamment
de l’enregistrement d’une réunion informelle de ministres des Affaires
étrangères de l’UE et de l’OTAN, le 7 décembre 2005,
"au moins 1.245 vols opérés par la CIA ont traversé
l’espace aérien européen ou effectué des escales sur
des aéroports européens".

D’après
ce document, les 11 pays membres de l’UE informés des agissements de
la CIA sur leur sol dans le cadre de mesures antiterroristes américaines
sont la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, la Suède,
l’Autriche, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal, la Grèce et Chypre.

AP

28/11/06 (B371) Survie : Communiqué de presse de Survie, du 27 novembre 2006 – Un premier dictateur africain poursuivi par la Justice française pour meurtre !! Mais non … ce n’est pas celui à qui vous pensez toutes et tous. C’est Paul Kagamé, l’actuel Président du Rwanda. Après lui, à qui le tour ? Ne vous précipitez pas …! Cela viendra inéluctablement !

Rwanda.
L’affaire Bruguière.

La
France est actuellement engagée dans un bras de fer avec le Rwanda
qui a rappelé son ambassadeur à Paris et rompu ses relations
diplomatiques avec notre pays.

Á
l’origine de cette « crise » se trouve l’enquête du juge
Jean-Louis Bruguière (rendue publique le 20 novembre dernier) sur l’attentat
contre l’avion de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana,
dans lequel les trois membres français de l’équipage ont perdu
la vie, dans le cadre de la plainte déposée par les familles
de ces derniers.

Le
magistrat recommande des poursuites devant le TPIR (Tribunal pénal
international pour le Rwanda) contre l’actuel président rwandais Paul
Kagamé, et vient de signer, avec l’aval du parquet parisien, des mandats
d’arrêt internationaux contre neuf collaborateurs de ce dernier, dont
le chef d’état major James Kabarebe.

En 1994,
René Degni Ségui, rapporteur spécial de l’Organisation
des Nations Unies sur le génocide des Tutsi commis au Rwanda, avait
été chargé d’enquêter sur l’attentat contre l’avion
présidentiel dans la foulée de son enquête menée
sur le génocide. Lorsqu’il pria l’ONU de lui fournir les moyens indispensables
à cette fin, il s’entendit répondre qu’il n’y avait pas de budget
pour cette investigation – ce dont il témoigna publiquement devant
la mission d’enquête sénatoriale belge.

Un tir
de missile abattait l’avion dans lequel se trouvaient deux chefs d’État
(celui du Rwanda et celui du Burundi) à la suite de quoi un génocide
était mis à exécution, sans que la communauté
internationale juge nécessaire d’en savoir davantage.

L’enquête
Bruguière, quant à elle, attend dans un tiroir depuis environ
deux ans une éventuelle utilisation. De longue date tenue en réserve,
elle jaillit sur le terrain dans un contexte politique dans lequel la vérité
et la justice en sont pour leurs frais, comme en écho des procédures
ouvertes devant le Tribunal aux armées de Paris (TAP) à la suite
de plaintes de rescapés du génocide visant des militaires français,
et de la commission d’enquête rwandaise sur la complicité française
avec les organisateurs du génocide.

La France,
dont le soutien au régime qui a commis le génocide est avéré,
s’en tient à son exercice qui consiste à éluder cette
complicité, et à accuser de ce qu’elle aurait pu et dû
empêcher, les victimes d’un processus historique dans lequel elle a
joué un rôle funeste.

L’enquête
du Juge Bruguière, rapportée dans un document de 64 pages, n’apporte
rien de nouveau sur la connaissance des faits, ni sur ce qui circulait concernant
son contenu depuis longtemps. Il s’agit d’une enquête qui ne peut être
considérée comme impartiale, qui se fonde sur ce que rapportent
des militaires ou services français, sur les affirmations connues d’anciens
militaires de l’Armée patriotique rwandaise (APR) dont les dires n’ont
pas été vérifiés, et sans que le juge d’instruction
se soit rendu au Rwanda afin de procéder à ces vérifications.
Entamée en 1998 lors du déroulement de la mission parlementaire
d’information sur le Rwanda – il y a huit ans ! – tout semble
indiquer qu’elle n’avait pas pour objectif de faire la lumière sur
l’attentat du 6 avril 1994.

Sait-on
pour autant, aujourd’hui, qui a commis l’attentat du 6 avril 1994 ? Non. Seule
une enquête internationale indépendante et impartiale, initiée
sous l’égide de l’ONU peut, et doit, faire la lumière sur cet
évènement. Il serait temps de l’exiger, et de l’obtenir. Sa
sous-traitance entre les mains d’un juge français aux ordres du politique
n’est pas tolérable.

Il est
également intolérable de constater les confusions jetées
dans la compréhension d’une question qui concerne l’humanité
toute entière, et bien entendu tous les Rwandais. Car si l’attentat
(quelqu’en soit l’auteur) a été l’élément
déclencheur du génocide, la responsabilité, l’organisation
et la mise en œuvre de l’extermination de la minorité tutsi
revient indubitablement aux extrémistes du régime Habyarimana.

Le génocide,
le processus historique qui l’a précédé, l’attentat,
ses intentions, ses conséquences, la responsabilité de la communauté
internationale et celle de ses membres, ne peuvent être compressés
dans un paquet signé Bruguière.

Au nom
des victimes du génocide, il est du devoir des citoyens français
d’exiger que la vérité et la justice soient faites, au détriment
de tous les calculs, cynismes et mensonges.


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