31/05/07 (B397) Djibouti humilié. « Ne sont pas mes frères, ceux qui … » – Contribution d’un lecteur

DJIBOUTI
HUMILIE

Le destin
de Djibouti a été fondé grâce à la volonté
et à l’effort des différentes communautés.

La Nation, c’est notre héritage. Nous l’avons reçu en
partage par l’Histoire, par l’idéal au fil du temps.

Une unité
et une égalité de façade ont été promues
dans le cœur des braves et vaillants djiboutiens.

Mais ceux, qui ont pris la direction du pays, sont frappés d’une
crise grave d’hédonisme politicien et économique.

Ils se trouvent être déphasés par rapport au quotidien
et à la réalité des pauvres gens, usant de méthodes
dignes du colonialisme : favoristisme, dépotisme, corruption et braderie,
semblent être devenus leur quotidien.

Les citoyens n’en sont pas épargnés de ce vent pervers.

Parlons clairement :

Tous les djiboutiens ne sont pas mes frères.

Ne sont
pas mes frères, ceux qui usent de la fibre ethnique pour prétendre
ou accéder au pouvoir.

Ne sont pas mes frères, ceux qui ont été président
ou député sur la base d’un choix tribal ou d’élections
truquées.

Ne sont pas mes frères, ceux qui à l’intérieur
se disent Djiboutiens et qui, une fois à l’extérieur,
affirment le contraire ou se disent appartenant à une tribu spécifique.

Ne sont pas mes frères, ces Djiboutiens qui affament le peuple et qui
s’enrichissent sur son dos.

Ne sont pas mes frères, ceux qui, avec une fébrilité
nauséabonde, manigancent pour négocier, vendre ou brader notre
souveraineté.

Non, rien
à faire, tous ceux-là ne sont pas mes frères et ne le
seront jamais !

Gachamalé

31/05/07 (B397) BBC / Somalie : Cinq civils somaliens tués par les forces Ethiopiennes qui rispostaient après l’explosion d’une bombe au passage de leur convoi. Five die in Somalia convoy attack (En Anglais – Info lectrice)

Ethiopian
troops have opened fire, killing five civilians, after a land mine attack
on their convoy in the town of Beledweyne in central Somalia.

Troops fired in all directions after the mine
struck a water tanker, the convoy’s last vehicle, witnesses said.

Ethiopian forces have been in Somalia since December at the invitation of
the transitional government, fighting Islamist insurgents and clan militias.

The Islamists are increasingly adopting guerrilla tactics in the conflict.

They have taken to using roadside bombs and landmines after they were defeated
by a major offensive in the capital, Mogadishu, last month.

African Union force

The Ethiopian convoy was heading to a base in the western part of Beledweyne,
witnesses told the BBC.

One roadside vendor, Ali Iid, said: "The troops opened fire in all directions
soon after the blast and controlled the scene for 10 minutes before they continued
their journey.

"The explosion rocked the entire area. We ducked and it sent clouds of
huge smoke into the sky. I saw five people lying in the street."

A police colonel, Yusuf Aden, told the BBC the explosion was a remote-controlled
landmine.

"Five people, all of them passers-by, were killed and three others who
were wounded were admitted to hospital," Col Aden said.

About 40 Somalis were detained for questioning by the Ethiopian military but
were later released.

Ethiopia says it wants to leave Somalia once the African Union peacekeeping
force there is at an effective level.

Some 1,500 Uganda soldiers have been deployed as part of the planned 8,000-strong
AU mission.

However, other AU nations have been wary of providing more troops.

Somalia has been without an effective national government for 16 years, controlled
by rival militias and awash with guns.

31/05/07 (B397) Au cours d’un Comité extraordinaire de l’Ordre des Brosses à Reluire, Jean-Marie Angelier, ambassadeur de France à Djibouti, sur le départ, élevé à la dignité de Vice-Président à vie. (Humour)

Le
comité directeur de l’Ordre des Brosses à Reluire s’est réuni
la semaine dernière en session extraordinaire, sur convocation de son
Président M. Dileita.

Tous les
membres étaient présents.

Personne
n’avait voulu manquer à l’appel pour rendre un hommage personnel à
M Jean-Marie Angelier, Ambassadeur de France, qui s’apprête à
quitter son poste pour prendre une retraite bien méritée, après
ces années d’intense activité à Djibouti pour la promotion
de la dictature et de l’asservissement du Peuple.

Au
nom de tous, Yacin Yabeh a pris la parole pour rappeler les mérites
de M. Angelier.

Cette
personnalité d’une droiture extrême a su conquérir l’amitié
et la confiance de tous les membres ici présents, grâce à
une politique généreuse et à l’acceptation quasi automatique
de tous les projets qui lui étaient présentés pour financement.
C’est le représentant français qui nous a donné le plus
de moyens et qui a le moins contrôlé l’utilisation des fonds
versés par la France.

En
plus, il s’est investi sans limite pour défendre les intérêts
de Guelleh et de notre clan, auprès de l’Union européenne, réussissant
des exploits discrets mais tellement efficaces en termes de financement de
dossiers mal ficelés et aux objectifs discutables.

Dans
l’affaire qui a opposé Me Aref à l’ARDHD via le Général
Zakaria interposé, il a su prendre parti pour nous. Fidèle à
ses convictions et n’écoutant que son courage, il a su montrer immédiatement
son engagement à notre service : il a choisi la voie du devoir en privilégiant
nos intérêts au détriment de ceux de l’un de ses compatriotes
qui a choisi le chemin du mal en s’engageant dans le Respect des droits de
l’homme chez nous ..

Non
seulement Jean-Marie Angelier a décoré le Général
de l’une des plus hautes distinctions françaises : Commandeur dans
l’Ordre de la Légion d’Honneur, mais il a donné la copie intégrale
de son discours avec ses notes manuscrites à Me Aref pour qu’il l’envoie
au juge pendant le délibéré afin de tenter de faire pression
sur la Justice française en notre faveur. Qu’aurait-il pu faire de
plus ?

Dans
l’affaire Borrel, il s’est investi jusqu’à la plus extrême limite
possible, en contribuant discrètement mais efficacement à dresser
autant qu’il lui était possible de le faire, des obstacles au cheminement
de l’instruction et surtout, ce qui est le plus visible, en soutenant notre
Chef, le Grand parmi les Grands, son Excellence Monsieur Ismaël Omar
Guelleh, Président de notre République, libre, démocratique
et indépendante.

C’est
pour toutes ces raisons que je vous propose d’élever le Chevalier « Pompier
de la dernière chance » à la dignité de Vice-Président
à vie de notre ordre
. Je suis certain que même
après avoir quitté officiellement notre sol, il continuera à
agir en faveur de la dictature djiboutienne, pour son enrichissement et pour
l’asservissement des populations incultes et paresseuses que nous avons le
devoir d’encadrer et de canaliser vers des zones désertiques où
le constat de leur misère ne choquera plus notre Grande Dame Paulette,
Reine de Pacotille. »

Un tonnerre
d’applaudissement et une « standing ovation » ont salué les
propos de Yacin Yabeh et c’est à main levée et à l’unanimité
que les membres ont entériné cette nouvelle nomination, la seule
du genre et surtout pour le seul européen membre de l’Ordre prestigieux.

Monsieur
Jean-Marie Angelier, en vertu de vos mérites passés et
des pouvoirs qui m’ont été conférés, je
vous élève à la dignité de Vice-Président
à vie de notre Ordre incomparable et je sais que vous continuerez
à oeuvrer de France, en faveur de nos intérêts légitimes
et élitistes.

C’est
par ces paroles que M. Dileita a élevé M. Jean-Marie Angelier
à sa nouvelle dignité.

Selon
des rumeurs invérifiables, toute l’équipe de l’ARDHD aurait
adressé ses félicitations à M Angelier.

Signé
« Le chroniqueur
qui imite La Nation »

30/05/07 (B397) REUTERS L’UA demande à l’Otan une logistique aérienne pour la Somalie (Info lectrice)

BRUXELLES
(Reuters) – Les alliés de l’Otan étudient une demande de l’Union
africaine concernant le transport aérien de ses troupes en Somalie,
selon un responsable de l’Alliance atlantique.

« Nous recherchons des conseils militaires sur les moyens de répondre
à cette requête. Le souci d’apporter une aide se fait sentir
chez les alliés », a-t-il déclaré au sujet de la
demande de l’UA, reçue ces derniers jours.

Le responsable a ajouté que ce soutien prendrait sans doute
une forme proche de celui qui est fourni aux soldats de l’UA dans la région
soudanaise du Darfour, où des avions de l’Otan contribuent depuis 2005
à l’envoi de renforts et aux rotations de personnels d’effectifs militaires.


La requête a été transmise au Comité militaire
de l’Otan, composé de hauts responsables de la défense des pays
membres, qui formulera des propositions sur les modalités d’un soutien
de l’Alliance.

La Somalie est plongée dans l’anarchie depuis l’éviction du
président Mohamed Siad Barre en 1991.

Des troupes éthiopiennes aident le gouvernement de Mogadiscio
à combattre une insurrection, mais Addis-Abeba compte les retirer du
pays lorsque la force de l’UA atteindra au moins la moitié de ses effectifs,
qui sont fixés à 8.000 hommes. Actuellement, cette force compte
1.600 Ougandais.

29/05/07 (B397) SURVIE / Bulletin d’Afrique B 359 – A lire sous la plume de Jean-Loup Schaal : Somalie / La bataille de Mogadiscio.

Un
désastre humanitaire considérable et des rumeurs de génocide
dans le Sud du pays, couvertes par un profond silence.

Après
la prise quasi-totale de la Somalie par les forces des tribunaux islamiques
cet été, l’Armée éthiopienne, soutenue en
sous-main par les Américains, avait pénétré en
décembre 2006 sur le territoire somalien. Elle avait ensuite investi
Mogadiscio pour permettre la réinstallation du Président du
Gouvernement Fédéral de Transition (GFT).

Faisant face à
de nombreux attentats meurtriers à Mogadiscio et à des attaques
contre l’aéroport (deux avions de transport des troupes ougandaises
abattus), les forces éthiopiennes ont décidé de prendre
les choses en main. Le 21 mars, elles ont lancé une grande offensive
dans les rues de la capitale. Très vite, après avoir perdu un
hélicoptère touché par une roquette, elles ont privilégié
les moyens terrestres.

Les combats se sont achevés le 27 avril
2007, les forces armées éthiopiennes ayant réussi à
faire taire les derniers îlots de résistance. Mais ont-elles
gagné la guerre ?

Probablement pas encore. Il semble que de
nombreux islamistes aient réussi à s’enfuir ou à
se cacher et qu’ils soient en mesure de reconstituer leurs forces pour
lancer des opérations de guérilla et des attaques suicides.
On signale d’ailleurs depuis plusieurs jours des attentats à
Mogadiscio. Notamment ces deux bombes qui ont explosé au passage de
John Holmes, responsable des actions humaines de l’ONU, en visite officielle
le 12 mai. Il aurait repris aussitôt, l’avion de retour vers des
zones plus calmes, tout en se déclarant choqué des constatations
qu’il avait effectuées sur place …

Un
désastre humanitaire de grande ampleur

Outre les milliers de civils
qui ont perdu la vie ou qui ont été blessés gravement
et que les hôpitaux surchargés (parfois visés par les
troupes éthiopiennes) ne peuvent plus accueillir, la bataille de Mogadiscio
a provoqué la fuite d’environ 400.000 personnes.

Lâchés sur les routes, sans abri, ni subsistances, ces habitants
se sont éparpillés dans le pays, en proie aux pillards, aux
maladies (une épidémie de choléra en particulier se développe
dans le pays). Plusieurs organisations internationales ont été
freinées dans leur action, par la guerre mais aussi par le refus tatillon
des douanes aux ordres du GFT.

Selon des informations crédibles, ce serait une véritable
chasse à l’homme, non couverte par les médias, qui se
déroulerait dans le Sud.
L’ONU et le HCR n’en
font pas état et pourtant elles ne peuvent ignorer les faits gravissimes
qui s’y déroulent. Le représentant de la Ligue des Droits
Humains à Djibouti (LDDH), pourtant mesuré, parle d’un
nouvel Darfour dans un communiqué. Mais chut, c’est secret international
!!!

En parallèle de nombreux somaliens ont tenté de gagner les côtes
du Yémen, via des passeurs « pirates » qui n’hésitent
pas à jeter par-dessus bord dans une mer infestée de requins,
les passagers qui ont acquitté le prix exorbitant du transfert maritime.
Ceux qui réussissent à rejoindre la côte yéménite
ne sont pas au bout de leur peine. Avant de gagner des campements de fortune
où ils sont parqués (avec un « petit » minimum d’assistance
délivrés par les organisations internationales, dont les moyens
financiers ont été récemment réduits), ils doivent
affronter l’avidité et les fantasmes des policiers et des militaires
qui patrouillent.

Certains hommes doivent tout donner, y compris
leurs vêtements et les femmes sont fréquemment violées


Malgré le désastre, le Gouvernement Fédéral de
Transition parle d’une ville de Mogadiscio renaissante. Pourtant seules
4.000 personnes sur 400.000 déplacées seraient retournées
en ville, où les bulldozers éthiopiens rasent toutes les échoppes
et les maisons des quartiers populaires. Les correspondants de presse parlent
plutôt d’une ville « en pleine destruction » : un
film d’horreur, dénonce un civil, interrogé par la BBC.

La
force multinationale de la Paix tarde à se mettre en place.

Sur les
8.000 hommes promis par plusieurs pays africains, seuls 1.600 ougandais sont
arrivés sur place pour être les spectateurs de l’offensive
éthiopienne. Que peuvent-ils faire ? Observer et éviter d’être
pris pour cible. Ce qui pourtant est arrivé : l’Ouganda a perdu
plusieurs hommes depuis les débuts de son intervention au titre de
l’AMISOM.

Une situation qui n’incite pas les autres
pays contributeurs à envoyer des troupes.

D’autant que les risques d’attentats sont très élevés
: les tribunaux islamiques ayant lancé un appel à la guerre
sainte contre l’Ethiopie. Dans ce contexte, on comprend qu’ils
ne souhaitent pas s’engager dans le bourbier somalien.

Dans ces conditions, comment assurer le remplacement des forces éthiopiennes
?

La réponse de l’Union Africaine est claire : il est préférable
qu’elles restent sur place. C’est un moindre mal ! Faute de mieux.

Pendant ce temps, Méles Zenawi, le Premier Ministre éthiopien
multiplie les déclarations pour assurer sa promotion : « La guerre
coûte fort cher, mais nous assumons cette charge sur notre propre budget
». Puis perdant son sang-froid, il présente des chiffres
« à la baisse », minimisant de façon exagérée
le nombre de victimes et de personnes déplacées

Les
responsabilités de cette catastrophe ?

La
présence américaine dans la région et sa volonté
d’implication sont en partie à l’origine de ce nouveau
conflit.
Une tragédie humanitaire dont on ne mesure
pas encore toute l’ampleur, des zones entières étant encore
inaccessibles. C’est le cas dans le Sud du pays à la frontière
avec le Kenya qui a adopté une ligne pro-américaine sans concession.

L’aggravation de la situation somalienne (le pays vivait alors dans
un relatif équilibre sous la loi des chefs de guerre, ce qui n’était
déjà pas l’idéal !) remonte à l’intervention
américaine en février 2006, lorsque ces derniers ont financé
les chefs de guerre pour qu’ils traquent les islamistes. Rapidement
vaincus par les tribunaux militaires, les chefs de guerre et leurs milices
ont du leur céder le pouvoir dans tout le pays (à l’exception
de la minuscule enclave de Baïdoa où le Président du GFT,
son Gouvernement et l’Assemblée nationale s’étaient
repliés).

Pour tenter de régler le problème, les Américains
ont alors poussé l’Ethiopie à s’engager puis à
réaliser le nettoyage de Mogadiscio.

Au bout du compte, c’est le chaos le plus total qui menace la Somalie.
Qu’en serait-il si les Ethiopiens se retiraient ? Tous les coups seraient
alors permis : sans autorité, plus de loi. Les chefs de guerre reprendraient
probablement le contrôle de la ville de Mogadiscio qui regorge d’armes.

On peut craindre, dans les prochaines semaines, une multiplication
des attentats à Mogadiscio.

Pour l’heure, le GFT n’a pas la crédibilité ni l’autorité
nécessaires pour imposer la sécurité et la paix. Le risque
est de revenir à la case départ, avec un rétablissement
du système de l’autorité des chefs de guerre.

C’est la population civile qui aura,
au final, payé un tribut exorbitant.

29/05/07 (B397) SURVIE / Bulletin d’Afrique B 359 – A lire sous la plume de Jean-Loup Schaal : Rebondissements dans l’affaire de l’assassinat du Juge Borrel.

Avec
les perquisitions dans les ministères des Affaires étrangères
et de la Justice, l’instruction se rapproche du pouvoir, mais se fait
interdire l’entrée de la cellule Afrique de l’Elysée.

Que cherchaient les deux juges à la veille de l’élection
présidentielle ?

Tout changement de locataire d’un palais national entraîne la
destruction de documents et d’archives « secrètes ».
Le départ de Jacques Chirac ne devrait pas faire entorse aux mauvaises
habitudes politiques. Il y avait donc urgence à récupérer
des documents avant leur destruction. On croit savoir que les juges cherchaient
des preuves de la pression (chantage ?) qui aurait été exercée
par Djibouti sur la France pour obtenir la copie du dossier d’instruction,
afin de pouvoir prendre la justice française de vitesse en organisant
un procès éclair à Djibouti.

Panique à
l’Elysée

Lors de la 3ème perquisition, le 3 mai, les juges se sont cassé
les dents aux portes de l’Elysée. Pourtant elles possédaient
un mandat de perquisition en bonne et due forme. Elles ont déclenché
une véritable panique. Il leur a été d’abord opposé
que l’Elysée est une enceinte militaire. C’est
sur le couvercle d’une poubelle qu’elles ont donc immédiatement
requis l’autorité du gouverneur militaire de Paris, en application
des procédures en vigueur.

L’Elysée a trouvé la parade en invoquant le nouvel article
67 de la constitution sur l’immunité du Chef de l’Etat.
Les gendarmes de garde ont aussitôt refoulé les deux juges en
les bousculant jusqu’au trottoir mettant ainsi fin à la tentative
de perquisition. Une perquisition avortée qui visait le bureau de Michel
de Bonnecorse, patron de la trop fameuse cellule « Afrique » de
l’Elysée, dont de nombreux observateurs, Survie en particulier,
demande la suppression immédiate.

Dans un communiqué, Survie et l’ARDHD ont d’ailleurs dénoncé
l’opacité du financement, des méthodes et des objectifs
de cette cellule. Elles réclament aussi le transfert des dossiers aux
Archives nationales.

Dix jours plus tard, on apprenait qu’un nouveau témoin
était incarcéré (fort opportunément ?) à
Djibouti dans l’indifférence de la diplomatie française.
Ce ressortissant français, ancien gendarme, affirme détenir
des informations sur l’assassinat du juge Borrel.

En février déjà, les observateurs avaient été
alertés sur le cas de Christian Georges qui avait réussi à
s’enfuir de Djibouti. Il avait déjà été
arrêté pour « espionnage » puis relâché,
placé sous contrôle judiciaire avec confiscation de son passeport.
Interpellé par la suite pour attentat à la pudeur puis remis
en liberté sous contrôle judiciaire avec demande de versement
d’une caution, Christian Georges a alors pris la fuite début janvier
au Yémen où il a été interpellé pour entrée
irrégulière sur le territoire.

Bien qu’il soit difficile de confirmer ou d’infirmer les charges
qui pèsent sur lui, on ne peut que s’étonner de plusieurs
points :

  • Avant sa première incarcération
    à Djibouti, Christian Georges avait envoyé à sa famille
    des SMS codés pour qu’elle conserve des informations sur
    l’assassinat du juge Borrel. Des informations obtenues auprès
    de plusieurs personnalités djiboutiennes.
  • Lorsqu’il était au Yémen,
    déjà gravement malade, les autorités diplomatiques
    françaises ne lui auraient pas porté assistance. Il
    semblerait même que c’est le réseau diplomatique français
    qui aurait, via l’Ambassadeur de France en poste à Djibouti,
    informé Omar Guelleh, le président djiboutien de la présence
    de Christian Georges au Yémen. Djibouti a lancé immédiatement
    un mandat d’arrêt international pour le récupérer.
  • Les Yéménites sont entrés
    en contact avec la France pour demander la position à son sujet.
    Elles ont fait traîner au maximum
    l’extradition attendant un geste de la France en sa faveur.

    Finalement après plusieurs semaines de silence français
    sur ce point, elles auraient été finalement contraintes
    de livrer Christian Georges aux djiboutiens qui l’ont placé
    au secret dans la sinistre cellule 12 de la Prison de Gabode, alors qu’il
    aurait besoin de soins urgents, pour dit-on, une tumeur au cerveau.

Il ne serait donc pas surprenant, si son
état de santé était confirmé, qu’il ne perde
la vie, faute de soins, dans l’univers carcéral de Djibouti.

Des raisons inavouables ?

Quand on ferme les portes de sa maison à la Justice, c’est
que l’on a quelque chose à lui cacher.

En interdisant l’accès de la cellule Afrique de l’Elysée,
retranché derrière une interprétation extensive et hautement
contestable de l’Article 67, Jacques Chirac avait-il quelque chose à
cacher sur l’assassinat du juge Borrel et les relations franco-djiboutiennes
? Le régime d’Omar Guelleh aurait-il menacé de rendre
public certaines informations « dérangeantes » comme, par
exemple, le transfert d’uranium vers des pays sous embargo, les véritables
coupables de l’attentat du café de Paris ?

Quelles sont donc les informations sensibles que le gouvernement français
n’aimerait pas voir rendre public au point de négliger l’assistance
à un compatriote en difficulté à l’étranger
? Rappelons que c’est une des missions prioritaires des autorités
diplomatiques. Quant aux charges pénales contre Christian Georges,
on peut douter de leur sérieux tant la justice djiboutienne a l’habitude
d’inventer des charges « bidons ». Jean-Paul Noël Abdi,
le président de la ligue des droits de l’homme de Djibouti (LDDH)
en avait été la victime, il y a un mois (Billet d’Afrique
N° 157). La diplomatie française ne peut l’ignorer, à
moins que ça ne l’arrange…

Jean-Loup Schaal

Annexe 1 : Les
origines de l’affaire Borel.

Le Juge Bernard Borrel, fonctionnaire en mission de coopération auprès
du Ministre djiboutien de la Justice, a été trouvé mort
à Djibouti, en Octobre 1995 en contrebas d’un éboulis.

Dès les premières heures de la découverte, les autorités
françaises et djiboutiennes ont déclaré qu’il s’agissait
d’un suicide « en accord avec Paris ? ». C’est toujours
la thèse officielle d’Etat.

Plusieurs juges d’instruction se sont succédé sur le dossier.
Aujourd’hui, c’est Sophie Clément qui en a la charge et
elle instruit, avec impartialité, le dossier pour assassinat. Cette
différence de point de vue avec celle des plus hautes autorités
politiques françaises et djiboutiennes explique certainement le nombre
impressionnant d’obstacles qu’on lui oppose à chaque fois
que son instruction fait un progrès. Néanmoins, elle a réussi
à délivrer des mandats d’arrêt contre deux des auteurs
possibles de l’assassinat : Awalleh Guelleh (introuvable ?) et Hamouda
Hassan Adouani (Tunisien, condamné à Djibouti pour l’Attentat
du Café de Paris et libéré par une Grâce présidentielle.
Il est retourné depuis dans son pays,)

Annexe 2
: Les instructions parallèles à l’affaire Borrel

Les obstacles dressés par le Gouvernement français ont suscité
plusieurs plaintes, qui sont en cours d’instruction ou en délibéré

1 – A Versailles,
une plainte pour tentative de subornation de témoins a été
déposée par deux témoins djiboutiens exilés
à Bruxelles : Mohamed Saleh Alhoumekani et Ali Iftin. Elle vise l’un
des deux premiers magistrats intervenus sur l’affaire : Marie-Paule
Moracchini (dont les conclusions dans d’autres affaires de l’époque
sont controversées), Hassan Saïd, le chef des Services secrets
djiboutiens, Djama Souleiman, le Procureur général djiboutien
et Me A. Martinet, un avocat français établi à Djibouti,
au service de la Présidence djiboutienne.

Les quatre personnes ont été convoquées par la Justice
: comme les deux djiboutiens ont refusé de se présenter, un
mandat d’arrêt international a été lancé
contre eux.

2 – A Lille, une
plainte en diffamation a été déposée par Marie-Paule
Moracchini contre l’ancienne Présidente du Syndicat de la Magistrature,
Anne Crenier, qui a toujours soutenu le combat de la veuve du juge, Elisabeth
Borrel. Madame Moracchini a affirmé au cours de l’audience
qu’elle croyait toujours à la thèse du suicide et que
sa conviction avait été confortée lors de la première
reconstitution : « je l’ai vu, c’est un lieu où
l’on se suicide ! » Le délibéré sera rendu
le 27 juin.

3 – A Paris, une
plainte pour tentative de pression sur la Justice a été déposée
par Mme Borrel contre Hervé Ladsous, ancien porte-parole du Quai
d’Orsay.

Dans cette affaire dans l’affaire, les juges enquêtent sur le processus
de décision ayant mené début 2005 à une déclaration
officielle du Quai d’Orsay, assurant qu’une copie du dossier d’instruction
relatif au décès du juge Borrel serait «prochainement
transmise à la justice djiboutienne» qui en avait fait la demande.

Or, ce communiqué intervenait avant que la juge Sophie Clément,
en charge de l’enquête et donc seule habilitée à transmettre
son dossier, ne se prononce. Quelques jours plus tard, elle s’y était
d’ailleurs opposée, à juste titre, car cela aurait abouti
à l’enterrement de l’affaire Borrel.

L’instruction a été confiée aux Juges Fabienne
Pous et Michèle Ganascia. Elles ont perquisitionné le 20 avril
au Ministère des Affaires étrangères et le 21 au Ministère
de la Justice. Elles auraient saisi de nombreux documents et supports informatiques.
Il est à noter que la Gendarmerie a refusé d’assister
les juges, comme cela est de son devoir.

29/05/07 (B397) ROMANDIE NEWS : Ethiopie: au moins six morts dans une attaque à la grenade à Jijiga dans l’Est de l’Ethiopie à l’occasion des cérémonies commémorant le renversement du régime de l’ancien dictateur Mengistu Haïle Mariam (Info lectrice)

ADDIS
ABEBA – Au moins six personnes ont été tuées et plus
de quarante blessées lundi à Jijiga, la capitale de la région
Somali dans l’est de l’Ethiopie, à la suite de l’explosion d’une grenade
lors d’une cérémonie officielle, a-t-on appris de sources concordantes.

Le président
de la région, Mohammed Ali Sero, figure parmi les blessés, a
indiqué une source humanitaire s’exprimant sous couvert d’anonymat.
Le responsable a été évacué par hélicoptère
à Addis Abeba, selon la même source.

"Quatre
grenades ont été lancées, dont trois ont été
neutralisées par nos agents de sécurité", a déclaré
Jema Ahmed Jema, vice-président de la région Somali, joint par
l’AFP par téléphone depuis Addis Abeba, selon qui le président
de la région a été légèrement blessé
à une jambe.

"Quarante
personnes ont été blessées, la plupart ont été
soignées et sont depuis rentrées chez elle", a-t-il ajouté,
indiquant que "trois personnes sont mortes dans l’explosion, et trois
autres dans une bousculade qui a suivi l’explosion".

L’explosion
a eu lieu dans la matinée dans le grand stade de Jijiga alors qu’était
célébrée comme dans le reste du pays la fin du régime
du "Négus Rouge", le colonel Mengistu Hailé Mariam,
renversé le 28 mai 1991 par la rébellion aujourd’hui au pouvoir
à Addis Abeba.

L’agence
éthiopienne d’information (ENA, officielle) a fait état de cinq
morts et 52 blessés.

Citant
la police de la région Somali, l’ENA affirme que les "terroristes
aidés par le régime érythréen ont lancé
des grenades lundi sur les 100.000 personnes qui participaient à la
célébration au stade de Jijiga".

Selon
l’ENA, "l’attaque a été exécutée par des
membres de l’auto-proclamé Front national de libération de l’Ogaden
(ONLF), soutenu par le gouvernement érythréen".

"Deux
policiers sont parmi les morts", ajoute l’ENA, précisant que 10
des victimes sont "grièvement blessées".

Selon
la source humanitaire, "trois grenades ont été lancées
dans le stade de Jijiga pendant la cérémonie. Deux ont explosé.
Nous n’avons pas encore le bilan précis, mais il est possible que 11
personnes aient été tuées".

Selon
cette source, une autre attaque à la grenade a eu lieu à Degha
Bur, une localité située dans la même province.

Le porte-parole
de la police fédérale éthiopienne, le commandant Demsash
Hailu, a indiqué à l’AFP lundi soir que "le même
genre d’attaque que celle de Jijiga s’est produit à Degha Bur, des
gens ont lancé des bombes sur la foule dans le stade".

Le policier
a ajouté que "cinq suspects ont été arrêtés
à Jijiga et la police a ouvert une enquête", tandis qu’à
Degha Bur, "la police a tenté d’arrêter tous les suspects
et d’identifier les responsables de ces attaques".

M.
Jema a attribué l’attaque de Jijiga à deux groupes "terroristes,
l’OLF (Front de libération Oromo, groupe séparatiste Oromo,
principale ethnie d’Ethiopie) et Al Ithihad (un groupe rebelle de l’ethnie
Somali)".

Depuis
plusieurs semaines, les violences se multiplient dans cette région
voisine de la Somalie.

28/05/07 (B397) Site « Armees.com » : Somalie : l’ambassade éthiopienne réouvre à Mogadiscio

L’ambassade
éthiopienne en Somalie a officiellement réouvert ses portes
dimanche à Mogadiscio pour la première fois depuis 1991, ont
déclaré des officiels des deux pays.

S’exprimant lors de la cérémonie de réouverture,
Siyum Mesvin, ministre éthiopien des Affaires étrangères,
a déclaré : « La réouverture de cette ambassade symbolise
un autre grand moment de l’histoire des relations entre la Somalie et
l’Ethiopie. » Il y a eu une période révolue symbolisée
par l’hostilité et le malentendu entre les deux pays, a indiqué
M. Mesvin aux invités, dont le président du gouvernement de
transition somalien Abdullahi Yusuf, le Premier ministre Ali Gedi et le maire
de Mogadiscio Mohamed Dheere.

Les deux pays se
sont affrontés lors de deux guerres des frontières, en 1964
et de 1977 à 1978. La Somalie revendiquait la région éthiopienne
d’Ogaden où la majorité de la population sont d’ethnie
somalienne. Pour sa part, le Premier ministre somalien a fait l’éloge
du gouvernement et du peuple éthiopiens, déclarant qu’ils
avaient fait un grand sacrifice en payant de leur sang pour le peuple somalien.

« La réouverture
de cette ambassade symbolise la fin de l’animosité artificielle
entre nos pays », a déclaré M. Gedi.

Des milliers de
soldats éthiopiens ont traversé la frontière pour aider
le gouvernement de transition somalien à chasser le Conseil suprême
des Tribunaux islamiques, un groupe islamique qui régnait sur une grande
partie des régions australe et centrale de la Somalie.