30/09/07 (B415) AFP : Mogadiscio: quatre civils tués dans une attaque contre un poste de police (Info lectrice)

MOGADISCIO (AFP) – samedi 29 septembre 2007 – 10h01 – Quatre civils somaliens ont été tués vendredi soir à Mogadiscio quand des insurgés ont attaqué un poste de police dans le sud de la capitale somalienne, ont indiqué samedi des témoins.

« Ce (samedi) matin, j’ai vu quatre civils tués (vendredi soir)… Personne ne sait exactement qui les a abattus », a déclaré à l’AFP l’un de ces témoins, Ali Sheik Nur.

Des insurgés armés de mitrailleuses et de lance-roquettes ont attaqué le poste de police, situé dans le district de Hodan, vendredi soir, selon des habitants du quartier.

« Les tirs ont duré une trentaine de minutes et les insurgés ont pris le contrôle du poste pendant environ vingt minutes », a raconté un habitant, Mohamed Adan Jeri.

« Ils ont incendié deux véhicules dans l’enceinte du poste en criant +Allah Akbar+ » (Allah est grand), selon un autre habitant, Ahmed Ali Yusuf.

L’armée éthiopienne, qui soutient le gouvernement de transition somalien, a défait fin décembre 2006 début janvier 2007 les tribunaux islamiques qui contrôlaient depuis plusieurs mois la majorité du centre et du sud du pays, dont Mogadiscio.

Depuis, une insurrection d’islamistes se traduit par des opérations de type guérilla, notamment contre des cibles gouvernementales et des soldats éthiopiens. Mais les victimes sont essentiellement civiles.

29/09/07 (B415) IRIN : SOMALIE: La malnutrition hante une région autrefois fertile

JOWHAR, 28 septembre 2007 (IRIN) – Autrefois réputées pour être le grenier de la Somalie, les régions centrales des Basse et Moyenne Shabelle sont aujourd’hui frappées par la plus grave crise de malnutrition qu’ait connue cette région du pays depuis de nombreuses années.

« Les populations n’ont pas pu semer leurs champs ni nourrir leurs enfants », selon Christian Balslev-Olesen, représentant national du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) en Somalie.

« La production alimentaire a été terriblement touchée », a-t-il poursuivi. « On constate une augmentation considérable du nombre de personnes qui fuient pour échapper au conflit qui sévit à Mogadiscio [la capitale de la Somalie] et à présent les Shabelle sont confrontées à la menace d’inondations imminentes, les rives du fleuve n’ayant pas été entretenues en raison du conflit et du manque de moyens locaux ».

Selon l’UNICEF, l’accès restreint aux services les plus essentiels en raison du conflit actuel, la dégradation significative de la situation de sécurité alimentaire et la récente épidémie de diarrhée liée aux conditions déplorables en matière d’eau et d’hygiène, ont abouti à un taux global de malnutrition aiguë de 17 pour cent – soit deux pour cent au-dessus du seuil d’urgence.

Sur les quelque 83 000 enfants qu’on estime mal nourris dans le sud et le centre de la Somalie, 35 000 se trouvent en Moyenne Shabelle. Parmi ceux-ci, 8 700 souffrent de malnutrition sévère en Shabelle et sont particulièrement exposés au risque d’y succomber, selon le personnel de l’UNICEF à Jowhar, la capitale régionale.

Selon un autre bilan nutritionnel réalisé en septembre par l’unité d’analyse et de sécurité alimentaire de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur 10 sites, les taux de malnutrition aiguë sont supérieurs à 20 pour cent chez les enfants de moins de cinq ans ; le bilan fait également état de signes manifestes de kwashiorkor.

Les inondations répétées ont altéré la qualité de l’eau, dégradé les conditions d’hygiène et détruit les cultures ; la mauvaise production de cultures, causée par l’insuffisance des pluies tombées pendant la période du Gu (pluies longues), a provoqué l’inflation rapide du prix des denrées alimentaires et une perturbation des activités économiques, aggravant d’autant plus la situation.

Ces chocs cumulés, selon les travailleurs humanitaires, ont eu des répercussions négatives sur le bien-être nutritionnel des populations des établissements riverains et agro-pastoraux ruraux, ainsi que sur celui-ci des populations urbaines. Notamment, 25 pour cent des personnes récemment déplacées de Mogadiscio sont actuellement en Basse et Moyenne Shabelle.

Quand bien même, un rétablissement rapide ne sera pas possible sans une amélioration de la sécurité civile et si les pluies courtes du Deyr (octobre-décembre) ne tombent pas normalement. Or, les prévisions ne sont pas favorables. Pis, les mesures prises pour faire face à la situation ont été ralenties par l’absence de nombreuses organisations internationales, le manque de moyens du gouvernement et le soutien insuffisant apporté aux organisations non-gouvernementales (ONG) nationales.

« Au vu du taux élevé de malnutrition, on pourrait s’attendre à voir partout un nombre important de grandes ONG et agences », a expliqué M. Balslev-Olesen. « Mais elles ne sont pas là à cause de la situation de sécurité ».

Le conflit

Pour les travailleurs humanitaires, les flambées de violence qui sévissent actuellement à Mogadiscio, à 90 kilomètres de Jowhar, sont au cœur de la crise humanitaire qui touche le centre de la Somalie.

« Le statut économique de la population a été gravement compromis par la situation de sécurité à Mogadiscio et le coût de certains produits alimentaires a augmenté », selon James Kingori, coordinateur de l’équipe nutritionnelle de l’UNICEF. « L’afflux de PDIP [personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays] dans les Shabelle est un fardeau de plus pour cette population d’accueil déjà touchée par la crise ».

Les affrontements se sont intensifiés à Mogadiscio en décembre lorsqu’une force conjointe composée de soldats somaliens et éthiopiens a expulsé l’Union des tribunaux islamiques de la ville. Depuis lors, la violence générale a forcé les populations civiles, particulièrement les femmes et les enfants, à quitter la ville pour chercher refuge dans des camps tels que celui du Cheikh Omar, à Jowhar.

Selon les estimations des Nations Unies, plus de 400 000 personnes ont fui la ville entre les mois de février et mai. Quelque 115 000 sont rentrées chez elles entre les mois de mai et juin, mais 40 000 autres sont parties en juillet-août.

Précipitations insuffisantes, inondations et mauvaises récoltes

Ces dernières années, la Somalie a cumulé chutes de pluie insuffisantes, inondations et mauvaises récoltes à des degrés variables. « Nous avons eu des crues le long de la Shabelle [fleuve] – les pires en décembre 2006 », a indiqué Hussein Mohammed Dhere, gouverneur adjoint de la Moyenne Shabelle.

« D’un autre côté, plus à l’est, il n’a pas plu depuis deux ans. Et puis, vous avez les communautés du bord de mer qui n’ont rien récolté depuis le tsunami [de décembre 2004]. Et 50 kilomètres à l’ouest de Jowhar, il n’y pas de centre de santé ».

La situation a incité les quelques agences qui opéraient dans la région à intensifier leurs opérations. Le Programme alimentaire mondial (PAM), par exemple, a augmenté le nombre de personnes bénéficiaires de son aide alimentaire – 1,2 million – bien que l’agence ait besoin de 20 millions de dollars pour continuer à opérer au-delà du mois d’octobre.

« Du fait des mauvaises récoltes, des inondations et de l’insuffisance des précipitations, [ces personnes] n’ont pas pu recouvrer leur niveau de sécurité alimentaire initial », a expliqué Chris Baron du PAM, à Dhaygawan, tout près de Jowhar, où l’agence distribuait des rations de nourriture – dans le cadre d’un arrivage de 578 tonnes de denrées, ciblant 29 000 personnes.

« Le statut économique de la population a été gravement compromis par la situation de sécurité à Mogadiscio et le coût de certains produits alimentaires a augmenté »
Nourrir les enfants

Exerçant une légère pression sur le pied de Shoukri Mohammed, un nourrisson de cinq mois, au centre Cheikh Omar de Jowhar, qui abrite 800 familles ayant fui Mogadiscio au cours des six derniers mois, M. Kingori a expliqué : « Cet enfant présente un léger œdème ; il doit suivre d’urgence un traitement de récupération nutritionnelle. S’il y a un retard de traitement ou si son état se dégrade, il sera peut-être trop tard ».

La fillette faisait partie de plus d’une centaine enfants soumis à un examen de dépistage de la malnutrition, le 25 septembre. « Nous avons découvert qu’environ la moitié des enfants souffraient de malnutrition ou y étaient exposés », a observé Mariam Cheikh, responsable d’une ONG locale, qui coordonne la préparation d’une bouillie enrichie, destinée aux enfants touchés.

« Nous allons en envoyer certains au centre de nutrition thérapeutique qui se trouve non loin, à l’hôpital régional de Jowhar », a-t-elle indiqué. Un programme dirigé par Intersos, une ONG italienne, en partenariat avec l’UNICEF.

Le camp, qui porte le nom de son fondateur, est un établissement étroit, situé dans la ville de Jowhar, près de la Shabelle. La plupart des PDIP sont originaires de Jowhar et s’étaient installés à Mogadiscio. Mais la violence les a forcés à rentrer chez eux.

Pour M. Omar, les principaux problèmes auxquels sont confrontés les déplacés – essentiellement les femmes et les enfants – ont trait à l’assainissement, l’alimentation et l’hébergement. « Et ils sont de plus en plus nombreux chaque jour », a-t-il révélé à IRIN.

« Je suis arrivée ici avec mes cinq enfants », a raconté Ubar Abdille, 30 ans, qui dirige la cuisine du camp. « J’ai quitté ce village pour aller me marier à Mogadiscio – et j’y suis revenue parce que c’est le seul village que je connaisse ».

A la question « pourquoi ne retournez-vous pas tout simplement au sein de votre famille, au lieu de rester dans un camp ? », Mme Abdille a répondu : « Ils ne sont pas mieux lotis. Ici, personne ne peut aider les autres ; d’ailleurs, si la paix se rétablissait, je retournerais à Mogadiscio ».

Selon certains travailleurs humanitaires, le nombre élevé d’enfants mal nourris au camp est représentatif de la situation générale. Les plus gravement touchés, y compris lorsqu’ils ne vivent pas dans le camp, sont emmenés dans des centres de nutrition ou à l’hôpital.

D’après Matanei Abraha, directeur de projet sanitaire à l’hôpital régional de Jowhar, 112 enfants mal nourris y ont été envoyés au cours des cinq derniers mois, et 467 autres ont été traités dans les villages et dans six camps de PDIP de Jowhar.

« La capacité du pays à soutenir la croissance normale des enfants est un problème », a estimé Grace Kyeyune, chargée de programme résidente de l’UNICEF pour le centre-sud de la Somalie. « Dans certaines familles, jusqu’à quatre enfants ont grandi dans un centre de nutrition ».

Selon une enquête inter-agences sur les indicateurs [de la malnutrition] réalisée en 2006, la mortalité des moins de cinq ans a diminué, passant de 224 pour mille en 1999 à 135 pour mille en 2006, tandis que l’accès à l’eau salubre a augmenté pour passer de 23 à 29 pour cent, au cours de la même période.

« Si 70 pour cent de la population n’a pas accès à une eau propre, vous n’allez pas cesser de voir des cas de diarrhée », a affirmé M. Balslev-Olesen. « Et nous parlons d’une population au sein de laquelle seuls 22 pour cent des enfants vont à l’école ».

Vingt centres thérapeutiques pour enfants mal nourris ont été mis en place en Moyenne Shabelle, mais la couverture reste insuffisante en dehors des régions riveraines et en Basse Shabelle.

« Nous avons besoin de plus de partenaires », a noté M. Balslev-Olesen. Il est essentiel que les ONG internationales interviennent davantage et que le gouvernement somalien de transition offre un soutien plus engagé, a-t-il ajouté.

« Le gouvernement somalien de transition doit lever tous les obstacles au travail humanitaire – l’insécurité, les impôts et la fermeture d’un certain nombre de pistes d’atterrissage », a-t-il poursuivi. « Les autres organisations internationales doivent également être plus présentes. C’est une question de capacité ».

29/09/07 (B415) AFP : L’Erythrée demande à l’ONU de régler la question frontalière avec l’Ethiopie (Info lectrice)

L’Erythrée a demandé à l’ONU de contraindre l’Ethiopie à mettre en oeuvre immédiatement les conclusions d’une commission internationale concernant leur frontière commune, accusant Addis Abeba de se préparer à l’attaquer.

Dans une lettre adressée jeudi au secrétaire général Ban Ki-moon et mise vendredi sur le site du ministère érythréen de l’Information, le ministre des Affaires étrangères Osman Saleh accuse le pays voisin de se préparer à une agression après avoir menacé de ne plus reconnaître l’accord de paix signé à Alger qui mettait un terme à la guerre des frontières entre 1998 et 2000.

« L’Erythrée demande instamment au Conseil de sécurité de l’ONU d’assumer ses responsabilités juridiques, morales et sécuritaires et de prendre les mesures adéquates pour mettre en oeuvre les décisions de la Commission frontalière Ethiopie-Erythrée (EEBC) » mise en place par l’ONU qui a attribué la localité de Badmé à l’Erythrée, a écrit M. Osman.

« L’Ethiopie semble se préparer à utiliser des moyens illégaux pour renoncer aux accords d’Alger, signalant ainsi son intention de reprendre les hostilités » selon le ministre érythréen.

L’Ethiopie est déjà engagée dans des actions hostiles contre l’Erythrée, selon la lettre envoyée également aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU, à l’Union européenne et aux témoins de l’Accord d’Alger.

« L’occupation par les armes du territoire d’un autre Etat est un des principes fondamentaux de la loi internationale parce qu’elle constitue une agression. Le positionnement des troupes éthiopiennes au nord de la frontière internationalement reconnue entre dans cette catégorique », écrit M. Osman.

Dans un communiqué du ministre éthiopien des Affaires étrangères, Seyoum Mesfin, l’Ethiopie a menacé mardi de se retirer des Accords d’Alger en accusant son voisin de violer les accords et d’occuper la zone démilitarisée à la frontière entre les deux pays.

Addis Abeba accusait notamment Asmara d’avoir « proféré à plusieurs reprises des menaces contre l’Ethiopie, d’avoir quasiment occupé l’intégralité de la zone de sécurité temporaire et imposé de sérieuses restriction à la mission de l’ONU pour l’Ethiopie et l’Erythrée (Minuee) », chargée de surveiller cette zone tampon

28/09/07 (B415) RUE 89 / « Voyage organisé » dans un camp de réfugiés somaliens (Info lectrice)

Par Stéphanie Braquehais (Journaliste)

Sentiment de malaise lors d’une visite, organisée par l’ONU, parmi ceux qui ont fui la guerre civile qui fait rage à Mogadiscio.

On appelle cela des « camps ». On aimerait trouver un autre qualificatif. A quelque 80 kilomètres de Mogadiscio, des centaines de milliers de personnes ont fui les combats depuis le printemps et continuent à les fuir.

Chaque jour, la capitale somalienne voit son lot de bombes télécommandées qui explosent, de civils pris en otage dans des affrontements entre les insurgés et les Ethiopiens qui soutiennent le gouvernement de transition. Ils font partie des dommages collatéraux de cette guerre civile qui n’en finit pas, où les conflits entre clans se superposent à des intérêts régionaux et internationaux.

« Vous avez quatre heures sur place »

Sur la route de l’ouest, qui relie Johwar à Baidoa, l’ancien siège du gouvernement de transition, des périmètres de tentes minuscules couvertes de pagnes délavés, serrées à moins d’un mètre les unes contre les autres sont disséminés un peu partout. C’est là qu’un organisme de l’ONU choisit d’emmener la presse internationale basée à Nairobi pour constater « l’urgence ». 80% des déplacés n’ont pas accès à l’eau potable disent les statistiques. Les prix des céréales ont quasiment doublé depuis sept mois. 325000 personnes ont fui Mogadiscio.

L’avion décolle à 4h30 du matin pour atterrir 2h30 plus tard sur la piste défoncée de Johwar. Ensuite, des 4×4 climatisés nous conduisent sur une route qui fut un jour bitumée. Une route construite par les Italiens pendant la colonisation, parsemée de trous béants, laissés par les lourds camions commerciaux et les inondations successives depuis seize ans. Ici, on ne parle pas encore des effets du réchauffement climatique. Les inondations sont dues à la destruction de tous les canaux et barrages construits durant la période de Siad Barré, lorsqu’ il y avait un Etat en Somalie.

Derrière la vitre, des marais peuplés de flamands roses et d’autres oiseaux dont j’ignore le nom, pourraient faire songer un instant que nous partons en Safari et que nous allons voir des animaux. C’est presque ça malheureusement. « Vous avez 4 heures sur place. L’avion décolle à 13h30 dernier délai, nous informe un responsable de cette agence. Restez un instant ici s’il vous plaît, je dois d’abord vous faire un briefing sécurité. Ne vous laissez pas encercler par une foule, gardez toujours un chemin pour vous échapper. Si la tension monte et que les soldats commencent à tirer en l’air, couchez vous par terre. » Ambiance.

Chasse au traducteur

Les journalistes femmes arborent un léger voile sur la tête, comme on leur a recommandé de le faire. En même temps, certaines portent un jean serré et chemisier ajusté… En 2006, lorsque les tribunaux islamiques étaient au pouvoir, on savait qu’il fallait se voiler. Désormais, on ne sait plus très bien. C’est le ramadan, on n’ose pas fumer. Pourtant, un soldat, AK47 sur l’épaule vient nous murmurer en italien de lui filer une clope.

Arrivée dans le premier camp. « Vous avez trente minutes. » C’est alors que la chasse au traducteur fait resurgir les réflexes cyniques et nécessaires du journaliste soucieux de rapporter l’interview de la femme en pleurs qui évoque au travers de phrases sibyllines, les obus sur sa maison, le départ à pied avec ses sept enfants et le soulagement de voir les distributions de nourriture. On joue des coudes pour ne pas partager le scoop. Des attroupements se forment autour de ces Blancs stressés.

-Pourquoi avez-vous fui? Que pensez-vous de la situation à Mogadiscio?

-J’ai peur des bombes, je n’avais pas de nourriture, mais maintenant, il y a l’aide alimentaire. Merci le PAM.

On se croirait au Darfour. Les jenjawids en moins. Soudain, on nous écarte du passage. Des femmes sont en train de crier et de se battre pour obtenir un sac de maïs et paraissent indifférentes aux coups de brindilles que leur infligent des miliciens propulsés soldats depuis quelques mois, qui peinent à contenir cette détresse et redoublent de rage pour se faire respecter.

« A Mogadiscio, les combats sont quotidiens »

Le vice gouverneur contemple la scène sans ciller. « L’administration se met en place, les ministères se forment pour venir en aide à la communauté. Mais nous avons besoin de l’aide internationale », clame-t-il lors d’une conférence de presse improvisée. « Que pensez vous des Ethiopiens présents à Mogadiscio. Ici, il n’y a pas d’Ethiopiens et c’est la paix, alors qu’à Mogadiscio, les combats sont quotidiens entre les Ethiopiens et les insurgés? » C’est un journaliste de la presse américaine qui l’interpelle. « C’est le gouvernement somalien qui a fait appel à eux pour rétablir la paix. »

C’est l’heure de repartir. Des petites filles, âgées d’une douzaine d’années s’approchent et désignent le voile que je porte sur la tête. Elles me font signe de le resserrer un peu. Elles rient. Un photographe les prend en photo, leur montre le résultat. Les yeux ronds, elles approchent leur doigt sans oser toucher cette image qu’elles ont peine à reconnaître. Petit instant de grâce, début d’échange, que le chauffeur de la 4×4 climatisée rompt soudain en actionnant la fermeture des vitres. Pschitt ! D’un geste de la main, il les invite à s’écarter. Elles s’enfuient en courant, puis elles reviennent, font au revoir de la main. Ciao, Ciao sussurent-elles en chœur

28/09/07 (B414) XINHUA : L’ONU appelle au calme dans la région disputée de Sool en Somalie

NAIROBI, 27 septembre (XINHUA) — Les Nations Unies ont appelé jeudi au calme dans la République autoproclamée de Somalie, Somaliland, et la région autonome du Puntland en ce qui concerne la région administrative disputée de Sool.

Dans un communiqué paru à Nairobi, la Coordination du soutien international à la Somalie (CISS) s’est dite inquiète des tensions croissantes et de la mobilisation des forces dans la région de Sool, et des conséquences humanitaires d’un autre conflit violent potentiel dans la région.

Ce communiqué, signé par le Coordinateur pour la Somalie, Eric Loroche, et le directeur pays de la Banque mondiale pour la Somalie et l’Erithrée, Chris Lovelace, ont appelé ces deux entités à chercher une solution à travers le dialogue, et leur ont rappelé que le plus important est de protéger les populations civiles.

"Nous appelons toutes les parties à retirer immédiatement leurs forces de la région et à reprendre la voie du dialogue pour le bénéfice des communautés impliquées," peut-on lire dans le communiqué.

Les tensions entre le Puntland dans le nord-est et le Somaliland dans le nord-ouest se sont accrues ces dernières semaines, les deux parties réclamant le même territoire.

Le conflit et l’effondrement de nombreuses institutions cette dernière décennie ont aggravé le manque de services basiques en Somalie, ont déclaré la Banque mondiale et les Nations Unies.

Les tensions entre les deux parties se sont accrues depuis que les troupes du Puntland ont pris le contrôle total de Laascaanood, capitale de la région de Sool, en décembre 2003. Avant cet événement, les deux parties avaient une représentation dans la ville.

28/09/07 (B414) Ordre des Brosses à Reluire : cooptation cette semaine de YOUSSOUF ABDILLAHI HOUSSEIN, Directeur de Daallo Airlines, au grade de « Pilote des mirages présidentiels » (Humour planant)

Les chevaliers de l’Ordre des Brosses à reluire, convoqués en session normale, se sont réunis hier à Djibouti, pour statuer sur la proposition de cooptation de M Youssouf Abdillahi Houssein, directeur de Daallo Airlines.

Du fait qu’il présentait et soutenait la candidature de ce glorieux impétrant, Yacin Elmi Bouh a demandé à ne pas assurer la Présidence de la réunion. Ali Guelleh (EDD) a accepté d’assumer cette lourde charge, en l’absence de Dileita, excusé parce qu’il s’était assoupi …

En sa qualité de Parrain (*), Yacin Elmi Bouh a tenu à lire deux passages extraits de la déclaration du directeur de Daallo, qui ont été repris par La Nation.

« La politique inspirée du Président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, a favorisé le développement du transport aérien et du tourisme »

« Le décollage économique national, que l’on doit encore une fois aux orientations politiques du Président Ismail Omar Guelleh, augure des lendemains prospères pour les transports aériens et les agences touristiques de la place »

Les membres présents ont salué ces engagements en faveur de la dictature. Yacin Elmi a ajouté que M Youssouf avait un talent exceptionnel de flagornerie. A son avis, il présente un potentiel intéressant pour l’avenir qui sera certainement très utile pour soutenir la nébuleuse qui traverse des zones de turbulence actuellement.

Les services de la Présidence, interrogés par nos soins, ont confirmé qu’IOG soutenait personnellement la candidature de M Youssouf Abdillahi Houssein, en remerciements des services rendus et de sa haute conception du partage équitable des revenus générés.

En vertu des pouvoirs qui nous ont été conférés
M. Youssouf Adillahi Houssein
nous vous élevons à la dignité
de Chevalier de l’Ordre des Brosses à Reluire.

Désormais vous prenez l’engagement de respecter les règles de l’ordre
et de toujours porter en présence d’IOG, notre maître vénéré et incontesté,
les insignes de votre appartenance à notre ordre prestigieux
que nous vous remettons ce jour.


Grade « Pilote des mirages présidentiels »

(*) le terme de Parrain n’est pas choisi par hasard (NDLR)

28/09/07 (B414) Droit de réponse à propos du nombre de juges français assassinés depuis la libération (Info lectrice)

Madame, Monsieur,

Dans votre dépêche du jeudi 27 septembre et ayant pour titre « Enquête après la profanation du caveau de la famille du juge Renaud à Paris » votre journaliste conclut son propos de la façon suivante : « Depuis la Libération, deux juges d’instruction ont été assassinés : le juge Renaud et le juge Pierre Michel en octobre 1981 à Marseille ».

Je tiens à vous apporter les précisions suivantes : Depuis la Libération ce sont trois juges et non deux qui ont été assassinés.

En France, le juge Renaud à Lyon le 2 juillet 1975 et le juge Pierre Michel en octobre 1981 à Marseille

A Djibouti le juge Bernard Borrel, le 18 octobre 1995.

Pour plus d’information au sujet de l’assassinat du juge Bernard Borrel je vous renvoie au site du comité de soutien de Mme la juge Elisabeth Borrel, la veuve de Bernard Borrel qui se trouuve à l’adresse suivante : http://comitesoutienborrel.free.fr/

Très cordialement.

Paris le 27 septembre 2007.

Mariama Keïta

28/09/07 (B414) AP : Dix civils tués à Mogadiscio (Info lectrice)

Dix civils ont été tués au cours des dernières 24 heures dans la capitale somalienne, a rapporté jeudi un groupe de défense des droits de l’homme, alors que Mogadiscio est le théâtre depuis des mois d’explosions, d’attaques à la grenade et d’affrontements quasi quotidiens.

Parallèlement, des experts militaires de l’Union africaine sont arrivés jeudi dans la ville pour procéder à un réexamen de la mission de maintien de la paix de l’UA.

Soudan Ali Ahmed, président du groupe indépendant somalien Elman Human Rights, a expliqué à l’Associated Press que les dix civils avaient été tués dans différents secteurs de Mogadiscio, précisant que ses chiffres étaient basés sur des informations émanant d’hôpitaux, de témoins et de membres de son groupe.

Il a expliqué que les mouvements de défense des droits de l’Homme basés dans la capitale somalienne organiseraient dimanche une marche pacifique pour protester contre la hausse du nombre des victimes civiles dans les échanges de tirs entre les soldats somaliens -soutenus par leurs alliés éthiopiens- et les insurgés islamistes.

"Nous appelons les deux parties belligérantes -le gouvernement et les insurgés- à arrêter de violer les droits de l’Homme dans le pays", a déclaré M. Ahmed. "Elles devraient opter pour le dialogue" et non "la violence".