29/03/08 (B441) Texte intégral du discours qui a été prononcé par Hassan Cher Hared (secrétaire aux relations internationales de l’UDT) le 13 mars 2008. « conférence en parallèle du 7 ème session extraordinaire du conseil des droits de l’homme de l’ONU » à Genève.

Salut á tous.

Ma participation à cet événement parallèle est un grand honneur pour moi et pour tous les défenseurs des droits de l’homme Djiboutiens. C’est aussi une des rares occasions auxquelles les défenseurs des droits économiques, sociaux et culturels dans le monde en général et ceux de Djibouti en particulier ont la possibilité d’exposer leur souffrance quotidienne.

Ainsi, à Djibouti les dirigeants et les militants actifs des organisations des défenses des droits économiques et sociaux et aussi ceux des droits de l’homme sont la victime d’une répression constante et consistante.

Ces actes de répression ne sont pas des actes occasionnels, isolés et aléatoires mais ils obéissent, plutôt, à une politique préméditée et planifiée dont le but principal est d’éradiquer à Djibouti les organisations libres et indépendantes œuvrant à la défense, la promotion et l’évolution des droits de l’homme, de l’état de droits et de la démocratie.

De la sorte, les organisations le plus anciennes et le plus représentatives de la société civile Djiboutienne, travaillant journalièrement sur les causes nobles, que sont les droits économiques et sociaux, sont confrontées depuis 16 ans une répression sans précédente.

En 1992, l’Union Djiboutienne du Travail, la centrale syndicale la plus importante à Djibouti, affilié à la confédération internationale des syndicats libres, l’actuelle confédération syndicale internationale, a été contraint à modifier sa dénomination, qui était « Union Démocratique du Travail » par la nouvelle « Union Djiboutienne du Travail » pour la seule raison que le mot « démocratique » donnait plus l’aspect d’une organisation qui s’occupe de la démocratie et de la politique plutôt que les droits du travail alors qu’à cette époque est entrée en vigueur une nouvelle constitution nationale qui libéralisait le multipartisme et la démocratie à Djibouti.

C’est a la grève de septembre 1995, à laquelle les deux centrales syndicales manifestaient pacifiquement leur mécontentement face à un programme d’ajustement structurel du FMI que le gouvernement djiboutien a initié unilatéralement et qui réduisait de 30% à 40% les salaires des travailleurs Djiboutiens, que se fut intensifiée la répression.

Des dizaines de militants, la totalité des dirigeants de deux centrales syndicales et certains dirigeants des syndicats professionnels ont été licencié arbitrairement de leur travail. Jusqu’aujourd’hui ils ne sont toujours pas réintégrés dans leurs travails malgré les différents recommandations et missions de contact de l’OIT.

Et la répression ne régresse point mais continue à monter des crans chaque jour.

Toutes les manifestations pacifiques des travailleurs se résultent par des licenciements abusifs, des emprisonnements illégaux et des sanctions agressives.

Exemples :

– En 2007, les militants actifs et les dirigeants de deux syndicats du secteur de l’enseignement ont tous été licencié, certains emprisonnés pendant plusieurs semaines et quelques uns ont été battu et piétiné par les éléments du renseignement généraux ;

– En 2005, les travailleurs du port qui réclamaient leurs heures supplémentaires ont été réprimés avec férocité. Les militants actifs et les dirigeants du syndicat sont licenciés abusivement dont 12 ont été emprisonné et 120 autres ont reçu des avertissements avant licenciement ;

– Aux mois de mars et avril 2006, quatre dirigeants syndicaux sont arrêtés et emprisonnés sur des accusations fallacieuses et fabriqués «livraison d’information et intelligence avec une puissance étrangère». la CISL, la FIDH et l’OIT ont dépêché à Djibouti une délégation pour constater la situation des syndicalistes détenus mais les représentants de deux premières organisations n’ont pas eu le droit d’entrée au territoire et le représentant de l’OIT, le seul à pouvoir rentrer le territoire de Djibouti, fut arrêté et interrogé par le renseignement généraux puis expulsé de Djibouti. Les 4 syndicalistes sont en liberté provisoire depuis le 06 avril 2006 mais les poursuites sont encore pendantes devant le tribunal pénale de Djibouti ;

– En 2007, des cadres de la fédération syndicale internationale « International de l’Éducation » se sont fut refusée le visa d’entrée à Djibouti et le secrétaire général du syndicat des enseignants du 2nd degré est arrêté et interrogé plusieurs heures dans les locaux du renseignement généraux.

– Les dirigeants syndicaux licenciés sont empêchés d’occuper tout autre travail. C’est la réduction a la précarité forcée, ce qui anéanti aussi l’avenir de leurs enfants.

La répression ne se limite pas dans la pratique mais la loi censée protéger les citoyens devient un outil de répression.

Exemples :

– Le nouveau code de travail, entrée en vigueur en janvier 2006, précise dans les lignes 4 et 5 de l’article 214 que les personnes condamnées à 3 mois de prison avec sursis par quelque juridiction que ce soit est interdit à la direction d’un syndicat, sachant que beaucoup des syndicalistes sont arrêtés et condamnés sur des accusations fabriqués et gratuites ;

– Les articles 41, 42 et 43 sont formels sur le fait que l’exercice d’un mandat syndical et politique ouvrent droit à la suspension du contrat de travail, du salaire et les primes d’anciennetés.

Aujourd’hui environ 70% des dirigeants syndicaux à Djibouti sont sous le coup d’un licenciement flagrant et abusif ou d’une poursuite judiciaire arbitraire.

Vu les tournures et la dimension qu’a pris la répression qui s’abatte sur les défenseurs des droits économiques, sociaux et culturels Djiboutiens, plusieurs organisations et institutions régionaux et internationaux sont amenées á y réagir dans le passé et dans le présent.

Notamment, l’intervention de la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits de l’homme auprès du gouvernement djiboutien sur les cas des défenseurs Djiboutiens et plus particulièrement sur mon cas le 10 avril 2006 fut un succès.

Le gouvernement djiboutien s ’est résigné à me restituer une partie de mes droits (prime d’ancienneté, etc.) qu’il m’avait auparavant confisqué illégalement.

Je profite de cette occasion pour remercier la représentante spéciale, Ms JILANI, et vous informer que nous comptons la soumettre un rapport relatant la situation des défenseurs des droits de l’homme avant le mois de juin 2008.

Je vous remercie de m’avoir accordé un peu de votre temps pour écouter mon intervention.

HASSAN CHER HARED
Secrétaire aux relations internationales de l’UDT