05/04/08 (B442) Certains lecteurs nous écrivent de temps à autre, pour regretter que le site de l’ARDHD qu’ils consultent souvent pour la qualité des informations centrées sur Djibouti et sa région, diffusent aussi des dessins humoristiques et des articles parfois moqueurs. Roger Picon leur répond.

L’humour est le ferment de la liberté, la graine même de la dignité humaine.

L’humour est ce qui reste pour exprimer la liberté et la dignité humaines lorsque s’abat l’interdit tel que le vivent hélas les populations djiboutiennes. Dénoncer ou proscrire l’exercice de l’humour, c’est servir l’intention totalitaire qui se cache toujours sous l’invocation de valeurs qui échapperaient à l’examen humain.

La seule valeur qui puisse être invoquée sans tomber dans ce travers, parce qu’elle conditionne et garantit le respect de toutes les autres, c’est  » la libre circulation des idées par le biais de la parole, de l’écrit ou de l’image « . L’humour rend libre ; mieux, il reconnaît d’avance la liberté de tous ceux qui y participent, y compris celle de ne pas y souscrire.

A ce titre, il participe essentiellement de l’humanisme. L’humour, nous le savons, fut et demeure l’arme ultime que nul pouvoir ne peut contraindre, et c’est pourquoi il fut à la fois dans l’histoire le trait distinctif de la nation la plus précocement libre, l’Angleterre, et le suprême recours des sujets des tyrannies ou des persécutions.

Il est le ferment de la liberté, la graine même de la dignité humaine. L’humour est un art de l’instant, l’arête même du présent – et l’on sait qu’avaler une arête n’est pas toujours si facile ! Il saisit la vérité des choses fondamentales, celles qui structurent la durée. Il fait réfléchir.

Même Napoléon, qui fut sans doute le degré zéro de l’humour, reconnaissait qu’ »un bon dessin vaut mieux qu’un long discours  » !