31/05/09 (B501) Yemen : au moins 4 morts dont un policier et treize blessés lors d’une confrontation entre la Police et les manifestants anti-gouvernementaux. // Deadly protests rock Yemen’s south (En Anglais)

At least four Yemenis, including a policeman, have been killed in two days of clashes between police and anti-government protesters.

Another 13 people were wounded in the exchanges of fire on Saturday and Sunday, which followed demonstrations in the south of the nation against the Sanaa government, medics and police said.

In one clash on Sunday in the village of Labouss, in Lahij province, a policeman and demonstrator were killed.

Another protester was killed in Dali, north of the port of Aden, in south Yemen, when police used firearms to disperse the crowd.

« One protester, Tufiq al-Jaadi, died while being operated on in hospital. He was hit by a bullet, » medical sources said of the Dali incident.

In al-Eind village, near Labouss, a third protester was killed in similar circumstances.

Violence also occurred in a hospital when police attempted to arrest a demonstrator, causing injuries to two people.

One demonstrator died in clashes with police on Saturday in the village of Ashehir, in the southeastern Hadramut region.

31/05/09 (B501) Nouvelles de Somalie (4 articles en Anglais et en Français)

______________________________ 4 – Centre Info ONU

Somalie : Le Conseil de sécurité maintient l’AMISOM jusqu’au 31 janvier 2010

Les activités humanitaires ont rendu l’AMISOM populaire auprès des Somaliens.

Le Conseil de sécurité a autorisé mardi les États membres de l’Union africaine à maintenir la Mission d’observation militaire de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) jusqu’au 31 janvier 2010 pour qu’elle mène à bien son mandat actuel.

En revanche, en adoptant à l’unanimité cette résolution 1872 (2009), le Conseil, s’il « rappelle sa déclaration d’intention concernant l’établissement d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies, tel qu’il résulte de sa résolution 1863 (2009) », ne la traduit pas encore immédiatement dans les faits. Le Conseil « note que toute décision de déployer une telle opération devrait tenir compte notamment des conditions énoncées dans le rapport du Secrétaire général. »

Aux termes de la résolution 1863, le Conseil de sécurité « entend établir une opération de maintien de la paix des Nations Unies en Somalie pour prendre la suite de l’AMISOM, sous réserve d’une nouvelle décision » de sa part « d’ici au 1er juin 2009 ». En même temps, le Conseil priait dans ce texte le Secrétaire général de lui soumettre, avant le 15 avril 2009, un rapport sur l’établissement d’une telle opération et sur son mandat.

Dans ce rapport spécial, présenté le 13 mai au Conseil, le Secrétaire général recommandait une approche faisant se succéder trois phases de déploiement, caractérisées par une présence de plus en plus marquée de l’ONU sur le terrain. Dans un premier temps, le Conseil de sécurité poursuivrait son appui à l’AMISOM, tout en aidant le Gouvernement fédéral de transition à réformer son secteur de la sécurité. Il passerait ensuite à une « petite présence permanente à Mogadiscio » des membres du Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie (UNPOS) et du Bureau d’appui de l’ONU à l’AMISOM. Il déciderait enfin du déploiement d’une opération de maintien de la paix. En revanche, le déploiement au stade actuel d’une opération de maintien de la paix serait « à haut risque » et « voué à l’échec », ajoutait le Secrétaire général dans ce rapport.

Dans la résolution adoptée mardi, le Conseil « prie le Secrétaire général de prendre les mesures » qu’il a définies et de lui rendre compte des progrès réalisés, d’ici au 30 septembre 2009, puis au plus tard le 31 décembre 2009, et entend réexaminer la situation.

Aux termes de cette résolution, le Conseil « prie le Secrétaire général de continuer à fournir un ensemble d’appui logistique à l’AMISOM sous forme « de matériel et de services, mais non le transfert de fonds », jusqu’au 31 janvier 2010. Il lui demande également de faire le point du déploiement de cet appui logistique dans les prochains rapports. Le Conseil demande d’autre part à l’Union africaine de « maintenir et de renforcer l’AMISOM déployée en Somalie afin qu’elle mène à bien son mandat ».

Dans sa résolution adoptée mardi, le Conseil de sécurité condamne la récente recrudescence des combats en Somalie, comme il l’avait déjà fait le 15 mai dans une déclaration présidentielle. Il demande que prennent fin « tous les actes d’hostilité et de confrontation armée » ainsi que les efforts visant à porter atteinte au Gouvernement fédéral de transition. Il demande aux parties somaliennes de soutenir l’Accord de Djibouti et se dit « heureux » que le Président Cheikh Charif Cheikh Ahmad ait invité tous les groupes d’opposition à le faire.

Après le vote et l’adoption de la résolution 1872 (2009), le représentant de l’Ouganda a brièvement pris la parole pour faire part du souhait de l’Union africaine que le Conseil de sécurité adopte des mesures encore plus fermes à l’encontre des forces rebelles opposées au Gouvernement fédéral de transition en Somalie. Il a en outre annoncé que le gouvernement somalien était en ce moment même, en train de repousser hors de Mogadiscio divers éléments des forces rebelles.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), la dernière escalade des affrontements dans la capitale somalienne Mogadiscio aurait causé le déplacement d’au moins 67.000 personnes supplémentaires.

Nombre des déplacés ont fait le voyage jusqu’à des camps de fortune tandis que ceux qui n’ont pu faire le trajet se sont réfugiés dans des quartiers de la capitale non affectés par les combats.

Parallèlement, le nombre de réfugiés somaliens se rendant dans les pays voisins continue d’augmenter.

Les agents humanitaires sont pour leur part de plus en plus souvent l’objet d’attaques.

______________________________ 3 – Press TV

Le Premier ministre de Somalie affirme que son pays est pris en otage comme les « milliers »(?) de navires qui ont été arraisonnés. // Somali Foreign Minister Mohamed Abdullahi Omaar

The Somali Foreign Minister says his country, like thousands of shipping vessels seized by pirates, has been held hostage.

Speaking at a press conference at the UN headquarters in New York, Mohamed Abdullahi Omaar said that no vessel is willing to go to Somalia which is something the international community has not yet fully grasped.

« We can’t get supplies to the nation. Our people are being cut off and in essence we as a nation are being held hostage by pirates, » he said.

According to Omaar, pirates successfully made away with $50 million in ransom proceeds, last year from taking hostage foreign ships and crews from the busy shipping lane off the coast of Somalia.

Comparing the $50 million to the $68 million that has been pledged from the international community to fund Somalia’s security and police forces, the Somali Foreign Minister said: « in essence, what you have is the potential for pirates to create a dual state. »

In Brussels, the international community pledged $213 million for Somalia, but Omaar said the total sum has not been delivered yet.

In a related development, Omaar vehemently denied recent media reports that Ethiopian troops have been spotted crossing the border into Somalia.

« Ethiopia has not entered (Somalia), » he told reporters. « We have not asked them to enter and they will not enter because they are committed to the Djibouti Peace process. »

______________________________ 2 – Shabelle (En Anglais)

Le Gouvernement somalien affirme avoir capturé onze jeunes garçons qui avaient été embrigadés par les Al Shebaab. // Somali government “captures teenagers abducted by al-Shabab”

Somalia’s government said Saturday it captured 11 young boys that Harakat al Shabab Mujahideen abducted them, officials said.

Gen. Abdi Hassan Awale Qeibdeed, the commander of the Somali police forces told reporters that the eleven boys were abducted from Bulo Mareer and Golweyn towns in Lower Shabelle region.

He said that the government soldiers captured the young boys in Ex-control Afgoye checkpoint in Mogadishu.

Gen. Qeibdeed accused Harakat al-Shabab Mujahideen of being abducted the teenagers from their houses to make them soldiers.

Abdifitah Ibrahim Shaweye, Mogadishu deputy governor said that the government soldiers killed the commander in Ex Control Afgoye checkpoint in Mogadishu.

There is no word from Harakat al-Shabab Mujahideen about the accusations of the government and the commander killed in the checkpoint.

___ 1 – Département de l’information (Nation Unies) DPI (En Anglais)

L’impunité en Somalie a été l’un des facteurs qui ont permis la pérennisation d’un génocide sur le long terme. //
Impunity in Somalia was a major factor maintaining a long-running « genocide in motion » in that Horn of Africa country, the Special Representative of the Secretary-General emphasized to correspondents at a Headquarters news conference this afternoon.

« People who have killed, displaced and maimed are still around, whether in Somalia, Nairobi or in their new country home, » Ahmedou Ould-Abdallah said, adding that many who stayed inside Somalia to continue the violence had put their families in safe havens outside the country.

Mr. Ould-Abdallah, who was in New York for consultations at Headquarters, stressed that it was the willingness of anti-Government forces to keep fighting, whether for profit, power or other reasons, that was devastating the country, not the threat of an Ethiopian return or the illegitimacy of the authorities.

The Government might be weak, he said, but it had as strong a claim to legitimacy as most African Governments; overturning it by force would defy Security Council resolutions.

Before last year’s Djibouti Agreement, which facilitated the departure of Ethiopian troops, it was claimed that the foreign presence was prolonging the conflict, he said. After they withdrew, however, the fighting had continued, and he knew of no evidence of continued Ethiopian presence.

« This is a diversion from the real problem, » he said. « Somalis have to stop killing Somalis and reject any alibis. »

As for the support of Eritrea for the Islamist group al-Shabab, he said that there was much talk of such involvement, but there was no way for him to monitor that situation or to know the truth of such a claim. Asked about other foreign rebel fighters, he said the rebel leaders had extended a welcome to such fighters and there was wide information available on them.

When asked what safeguards were in place to make sure international payments to trained police forces in Somalia were not engendering abuse to civilians, Mr. Ould-Abdallah stressed how few trained police there were –- 2,700 –- in that large country in which civilians were being killed every day. Even those police had not been paid for 18 months.

To suggest that they should not be supported was irresponsible, he maintained. « The problem we face today is anarchy and disorder, and not to pay trained policemen because a few of them may have stolen or may have abused is unacceptable, » he said.

On piracy, Mr. Ould-Abdallah said that that the international presence was beginning to show results, because the pirates had to go further afield for their quarry, over 100 pirates had been captured, and their financiers knew they were being watched.

It was important that it be a truly international effort, he said, demonstrating to Somalis that there was international attention being paid to their tragic situation and showing that such efforts could actually work.

Asked about law of the sea issues, he said he was not aware of any connection between Norwegian oil companies and the joint submission for the delineation of the continental shelf made by Somalia and Kenya, assisted by Norway.

He said he did know, however, that Norway had helped other African countries with their submissions, and that Somalia’s was very similar to the ones made by France, Ireland, the United Kingdom and Spain.

Outlining upcoming political activities on Somalia, Mr. Ould-Abdallah said that he planned to be in London for an 8 June meeting with the British Foreign and Commonwealth Office, after which he would convene in Rome the International Contact Group on Somalia, of which he is the Chair, although that meeting might be postponed.

He also described contacts with the Intergovernmental Authority on Development (IGAD), an Africa regional economic group, which he said could play a role in the Somali crisis similar to that played by the Economic Community of West African States (ECOWAS) in the crises in Liberia and Sierra Leone.

31/05/09 (B501) Le journal de la Flibuste … (4 articles en Anglais et en Français)

______________________ 4 – En Anglais

Rencontre avec les brigands « à la page » sur le plan des moyens techniques sophistiqués, qui conduisent des missions à risque mais qui ont récupérés au total des rançons pour un montant estitmé à 80 millions d’US$ en 2008. Meet the modern-day brigands behind the sometimes sophisticated, always risky operations that raked in an estimated $80 million in ransoms in 2008.

By Scott Baldauf

On a blazing morning in early May, Hassan Abdullahi and eight other men got into their small, wooden boat – each armed with a Kalashnikov rifle, a grenade, and outsized hope. They pushed out from a village near Bossasso, a large port in the Puntland region of Somalia, into the gentle waters of the Gulf of Aden to seek their fortune. They would make their way west 250 miles along the Somali coast before turning north toward Yemen, where busy shipping lanes narrow near the Red Sea.

Their goal, shared by a Somali businessman living abroad who funded their weapons and boat, was to attack commercial ships and hold them for ransom.

Neither Hassan, a fisherman, nor his crew mates – who like most men in a nation of goatherds had no seafaring experience – had ever worked as pirates before, and this was their maiden voyage. Their motive was simple: money. Their method was as elementary: Attack the first ship they saw.

« I was just doing fishing for the past eight years, and I was doing fine, but I [saw] friends doing piracy and getting rich, » says Hassan, the 20-year-old leader of the group. « I thought I’d give it a try. »

Meet the rank and file of Pirates, Inc. Legions of young men like these living in war-ravaged Somalia are the muscle behind piracy in the Indian Ocean. The brains behind this business – which raked in an estimated $80 million in ransoms in 2008 – can be as sophisticated as a CIA operation, with high-tech resources and highly placed personnel, or as haphazard as a Keystone Kops operation.

Hassan’s enterprise was more like the latter – and it didn’t go well.

But that’s just what was captured by cameras. Piracy is booming off the coast of Somalia. There were 111 attacks on ships here in 2008 (42 were hijacked successfully); more – 114 – were attacked just in the first four months of 2009 (29 were successful), reports the International Maritime Bureau’s Piracy
Reporting Centre.

World leaders recognize, to their chagrin, that the problem requires more than just a few warships and airdrops of food aid to a starving, well-armed, and desperate nation. Capturing men like Hassan does as much to solve piracy as arresting a drug dealer does to win the war on drugs. Hassan is the lowest rung in a criminal network that includes corrupt port officials, politicians, and investors from Europe, Asia, and America.

The big bucks – with the average ransom now estimated at $2 million – never reach people like Hassan, say Somali piracy experts. At most, mere gunmen stand to earn $10,000 to $20,000 apiece. But in a country devastated by two decades of war, where the average income is $500 a year and 60,000 people are at immediate risk of starvation, $20,000 for a little dangerous work is a risk worth taking.

But while Puntland had a degree of security and stability missing in the rest of Somalia, government corruption allowed criminal enterprises to flourish, with arms smuggling and people-trafficking, counterfeiting and piracy. When pirates bring a ship to port for the protracted process of negotiating a ransom, they generally find safe harbor in Puntland’s ports of Ayl and Bossasso.

Hassan says he was contacted by an investor « to attack foreign ships in exchange for ransom, » but he refuses to name the man or say where he is based.

Given the hundreds of ships attacked over the past decade off the Somali coast – and now even as far away as the Seychelles in the Indian Ocean – it is clear that Somali piracy is a multimillion-dollar industry, worthy of a Harvard Business Review profile. The face of Somali piracy in your daily newspaper may look like Hassan – a baby-faced adolescent with an AK-47. But behind him is a vast network of investors and corrupt officials who buy the speedboats, weaponry, and GPS devices; who select targets from the Lloyd’s of London list of insured ships; and who distribute the bulk of the dividends among themselves by underground money transfer systems.

Hassan’s investor probably was a Somali expatriate living in Europe or North America, the Middle East or Australia, with anywhere from $50,000 to $250,000 to invest in piracy.

« It’s like an IPO [initial public offering], » says J. Peter Pham, a political scientist and expert on Somali pirate financing at James Madison University in Harrisburg, Va. « For a start-up operation, you need more money, between $150 [thousand] to $250,000, but if you want to provide capital to an existing operation, then you can give $50,000 to have a share in the profits. »

Like most diaspora communities, Somalis send money to family members still living back home to help them survive, using either legal but expensive money transfer systems like Western Union, or traditional and shady systems called hawala. Through hawala – « by air, » in Hindi – a businessman can give money in Minneapolis or Manchester, knowing that it can be received in Mogadishu within hours. Hawala dealers profit the way Western Union does, by taking a small percentage. But hawala is off the books and untracked.

Hassan’s investor was a relatively small player. Some pirate crews are given satellite phones to get real-time intelligence on the location and crew of a target. Some rent out « mother ships » to carry them far out to sea, giving the pirates enough cover to draw close to a targeted ship before launching their attack with smaller skiffs. Those who have mother ships even bring their own caterers to feed them for weeks at sea, says Professor Pham.

Early pirate crews headed to sea at the first sign of a ship on the horizon. Hassan’s strategy wasn’t much more evolved. But many of today’s successful pirates track ships from port to port, often relying on inside information – the British newspaper

The Guardian reported that pirates have « consultants » in the close-knit ship-brokerage and insurance industries of London to help target ships.

But shipping schedules are easily obtainable on the Web and in the local business press. Seeking ransom, the pirates are more interested in the crew than the cargo, Pham says.

« The pirates who planned the attack on the Maersk Alabama … knew who was on that ship, » says Pham. « When the ship [carrying food aid to Mombasa, Kenya] left Djibouti, everyone in port knew who the crew was and that it was due to arrive in Mombasa within a week. It didn’t require a genius to plot a course to find the Maersk Alabama. »

The capture of the ship brought Somali piracy to the attention of many Americans, as much for its violent resolution – with US Navy Seal snipers killing three of the pirates, and the fourth sent to the US to face trial – as for the hijacking itself. But had the pirates been successful, the owners of the Alabama would almost certainly have paid a ransom. Experts estimate that $80 million in ransom was paid by dozens of shipowners in 2008. The average ransom has risen sharply from $1 million to $2 million in the past six months. (The majority of the 42 hijackings in 2008 ended without harm to crews, a stark contrast to the more violent piracy now coming under control in the Strait of Malacca between Indonesia and Malaysia.)

« Generally, roughly 30 percent of the ransom goes to the investors, 20 percent goes to the government officials and port officials or even Islamists who guard the boat while negotiations are going on, » says Pham, who has interviewed former hijackers and knowledgeable Somali and Puntland government officials. The remaining 50 percent goes to the pirates themselves, often on the deck of the hijacked ship, from the teenager who takes night guard duty ($1,000) to the actual pirates who board the ship ($10,000 to $20,000).

It is the sudden wealth – Somali « bling » – that proves an irresistible draw for young pirates. (And Hassan’s crew was young – including a 19-year-old, five 20-year-olds, a 21-year-old, and the éminence grise, a 36-year-old fisherman.) Suddenly able to build homes and buy fast cars, a young pirate can find himself the most eligible man in his village, even if elders disapprove of high-seas robbery.

Mohammad Jumale, an aid worker from Mogadishu who travels often to the pirate haven of Haradhere on the southeastern coast, says that most Somalis know who the big pirates are in their area. « Even an uneducated village man knows who the pirates are, » he says, noting that most Somalis believe the chiefs of piracy are the past and present leaders of Puntland itself.

The militia of former Somali Transitional Federal Government President Abdullah Yusuf is believed responsible for getting the first large pirate ransom – nearly $1 million – in the region when it seized a Taiwanese fishing trawler in 1997, say Pham and Mr. Jumale. It was under Mr. Yusuf’s rule in Puntland that people-trafficking, counterfeiting, arms smuggling, and piracy took off, and Jumale says.

Yusuf quickly surrounded himself with other businessmen involved in piracy, including current Puntland President Abdul Rahman Farole.

Small-time pirates may blow their money on girls and khat. But the big players are investing in property and – with a good accountant – laundering their money in a stable third country, such as Kenya, the United Arab Emirates, or South Africa.
Indeed, pirate booty is believed to account for the sudden influx of money in the Somali refugee enclave of Eastleigh in Nairobi. Ibrahim Ali Abdullah, a prominent Somali businessman there, says that while most streets in Eastleigh remain unpaved, gleaming glass-and-steel structures offering imported electronics and clothing at bargain prices are sprouting up.

« Who are the real pirates? » asks Andrew Mwangura, secretary-general of the East African Seafarers Association in Mombasa. « It’s not these young boys on the boats. It’s the people behind them, with the money to buy the boats and the motors and the guns and the GPS devices. They put their money here in Kenya, but also in Dubai or Canada or Mumbai. » He pauses. « The real pirate could be a white person like you. »

They may have already unwittingly given themselves away by buying provisions from locals and asking advice on the best course to plot to cross to Yemen. So after very little time they were sitting ducks for a patrol boat bearing a flag none of the men recognized. It was one of the three « ships » in the coast guard of the independent republic of Somaliland. Tipped off by villagers that the boat was full of pirates, the coast guard boat was prepared for battle.

Mr. Faratol and another crewman fought off the Somaliland coast guard with their fists (their guns and grenades remained hidden under a tarp). Faratol ended up with a badly swollen eye, the other ended up in intensive care.

It was all over within minutes, and with it Hassan’s dreams of pirate wealth.
Somaliland’s interior minister, Abdullahi Ismail Ali, says that Somaliland is « committed to fight against pirates and terrorists, » even if its capacity to do so is limited. « We have great hopes that Somaliland will have an impact in bringing piracy under control, » he said in an interview. « But at the same time, we have to realize that these are hungry boys. We even have youth in Somaliland with limited job prospects, and they can get the same wrong ideas from the youth of Puntland. »

We meet the « hungry boys » from Puntland – Hassan, Faratol, and the rest of the pirate crew – in Berbera’s central jail. At first quietly suspicious, they open up quickly with the arrival of a pretty Somali reporter, Moha Farah Jire, from Somaliland state television. One by one, they admit their criminal intent to attack ships, but plead for mercy from the Somaliland government.

« I’m really sorry I got caught, » says Faratol, and he is especially sorry that he violated the waters of a country that he didn’t even know existed: Somaliland. But given the choice, he would probably do it again. « At the end of the day, I’m a man. Life is full of challenges. I could have been a millionaire, but instead I got caught. »

Most of the men are sullen, knowing that Somaliland has given stiff sentences to four other pirate crews captured over the past two years. But with the arrival of visitors to the jail, the tension of the past few weeks finally bursts for the youngest, a skinny 19-year-old in shorts. Breaking into giggles at the slightest provocation, he’s sent away by smiling police officials to pull himself together.

None of the pirates believe the increasing naval patrols by the US, the French, NATO, the Indians, the Chinese, and others, is going to deter pirates. As long as there are opportunities to make money from piracy, there will be young men desperate for work, and « investors » providing weapons, speedboats, and information on which ships to attack.

« Absolutely not, foreign navies can’t stop piracy, » says Abdul Rashid Mohumud, a 21-year-old crew man. « There are no jobs in Somalia, no options for higher education. The youth of Somalia need money to survive. »

In Somaliland, a country eager to be fully recognized as a pro-Western free-market-driven nation-state, justice comes swiftly. On May 10, six days after their arrest, Hassan and his pirate crew were sentenced to 20 years in prison.

______________________ 3 – Shabelle (En Anglais)

Le Gouvernement somalien est opposé à la création d’un tribunal international pour juger les pirates somaliens. // Government opposes creation of international tribunal to trial Somali pirates

The Somali transitional government has opposed the creation of international tribunal for convicting Somali pirates, official told Shabelle radio on Sunday.

Mohamed Abdullahi Omar, the foreign minister of the transitional government who is in New York city told Shabelle media that the government did not request to form tribunal court to sentence the Somali pirates pointing out that they and the world are not satisfied implementing international court for pirates.

The minister said that they appealed earlier the Somali pirates to be convicted temporarily in Kenya until legal court is formed in Somalia.

Mr. Omar said that he attended a conference which the international contact group for Somalia held in New York saying that they suggested that the solution of the Somali pirates could come collaborating the semi-autonomous region of Puntland, the central government and the international community adding that there more ships in the Somali water those some of them are illegally fishing in the Somali coast while others are scattering poison in the Somali water.

The statement of the Somali foreign minister Mohamed Abdullahi Omar comes as some the international communities are making efforts to form an international tribunal against the Somali pirates.

______________________ 2 – Shabelle avec AFP (En Anglais)

La Hollande propose de créer un Tribunal international compétent pour juger les crimes de piraterie. // Netherlands proposes international anti-piracy tribunal

The Netherlands proposed Friday the creation of an international tribunal to try Somali pirates.

« The government submitted the proposal to a meeting of the International Piracy Contact Group in New York, » Dutch foreign ministry spokesman Christoph Prommersberger told AFP.

The group met for the first time in January and consists of 24 nations including regional players, the African Union, the European Union, NATO and the United Nations.

« Hitherto, the group has spoken mainly about military action against the pirates, » said a Dutch foreign ministry statement.

« The Netherlands also wants effective prosecution, trial and punishment. »

The Netherlands recently had to free nine Somali suspected pirates detained in the Gulf of Aden by Dutch marines under NATO command because no legal framework existed within the military alliance to carry out arrests.

Friday’s statement said a piracy tribunal should be set up in the region, and convicted pirates must serve their sentences there.

« The Netherlands will organise a gathering of international experts in The Hague in the beginning of June to work out the details for such a tribunal. »

Dutch Foreign Minister Maxime Verhagen has previously stated that the Netherlands, with its experience in international tribunals, could play a leading role in creating a special piracy court.

Dubbed the « legal capital of the world », the Netherlands hosts the International Criminal Court, the International Court of Justice, the International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia and the Permanent Court of Arbitration.

Piracy watchdogs say there have been 114 attempted hijackings off the Somali coast so far in 2009, compared with 111 during all of 2008.

______________________________ 1 – Reuters

Le G8 s’engage à mieux coopérer contre la piraterie en Somalie

La réunion, à Rome, des ministres de l’Intérieur et de la Justice du G8 s’est soldée samedi par un accord exprimant la volonté de définir un cadre légal pour juger les pirates somaliens, dont l’activité s’est fortement accrue au large de la Corne de l’Afrique. Les ministres ont également annoncé que les huit pays les plus industrialisés allaient aider ceux en développement à renforcer leurs institutions judiciaires, en particulier en Afrique de l’Est.

Plusieurs Etats du G8 participent à l’opération navale conjointe de l’Union européenne et de l’Otan au large de la Somalie, qui vise à protéger le trafic commercial des attaques des pirates.

Capturés, ces derniers représentent un casse-tête juridique, les pays occidentaux ne disposant pas nécessairement de l’autorité nécessaire pour les juger, mais ne pouvant pas non plus les remettre à leur pays où rien ne garantit qu’ils seraient jugés équitablement.

« Nous voulons renforcer notre capacité à enquêter sur cette criminalité et à en poursuivre les auteurs, ainsi qu’à récupérer les biens obtenus illégalement par la piraterie », a déclaré le ministre italien de la Justice, Angelino Alfano, au terme de la réunion.

Le Kenya a accepté plusieurs pirates arrêtés, mais ne souhaite pas se voir confier tous les cas, et un recours a déjà été déposé en Allemagne contre les procès qui y ont lieu. L’Italie avait indiqué vendredi que sa proposition de créer des tribunaux internationaux contre la piraterie avait reçu le soutien de plusieurs pays, mais le communiqué final ne mentionne pas cette idée.

Daniel Flynn et Antonella Cinelli,
version française Gregory Schwartz

31/05/09 (B501) Crise des Droits Humains, impunité à Djibouti comme dans bien d’autres pays ….. et pas seulement en Afrique ! (par Bouh Warsama)


Retrouvez les chroniques de Bouh Warsama : lien

La crise des Droits Humains ne se limite pas à l’Afrique certes mais vouloir aborder le sujet des « droits humains », et a fortiori vouloir les défendre, en s’opposant aux exactions perpétrées sous le régime d’Ismaïl Omar Guelleh, tout comme vouloir défendre des vérités, c’est prendre un chemin bien plus que périlleux car semé d’embûches.

Nombreux furent ceux qui en ont fait les frais et qui, aujourd’hui, ne sont plus là pour témoigner de leur élimination dans des conditions sujettes à controverses.

Pour ne prendre qu’un exemple parmi tant d’autres, infâme est la méthode, abject est le chemin des emprisonnements alternés afin de briser toute volonté. Comment ne pas qualifier de méprisable le « donneur d’ordres » des séances de tortures psychologiques imposées à Jean Paul Noël Abdi, président de la Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme, pour lui faire baisser la tête devant la tyrannie et tenter ainsi de le faire entrer dans le rang.

Le rang de ceux qui subissent et se taisent, le rang du « politiquement correct », le rang de ceux qui ne voient rien par ce qu’ils ne veulent rien voir afin de se donner « bonne conscience » et qui clameront un jour prochain « Je ne savais pas !!!! » ; enfin le rang de celles et ceux qui n’entendent rien, ne savent rien….mais mangent plus qu’à leur faim, souvent « à la gamelle dorée du Palais de l’Escale ».

Pourtant bien plus qu’ailleurs, la récession économique qui frappe de plein fouet 95 % des familles djiboutiennes a entrainé une nette aggravation de la crise des Droits de l’Homme dans le pays.

Ce n’est pas sans raison que la jeunesse djiboutienne se révolte et qu’elle conteste de plus en plus l’autorité de la tyrannie. Ces générations là ont compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer, dans les mabrazes, les injustices mais qu’il leur fallait AGIR.

Malheur à celui qui a déserté ses idéaux de jeunesse
Malheur à celui qui a perdu la volonté par faiblesse
Malheur à celui qui a tout perdu alors que la jeunesse de l’esprit est le plus grand bien qui vaille.

Une injustice faite à un seul est une menace pour tous.

Le dernier bilan des violations des Droits de l’Homme dans le monde, que vient de faire paraître Amnesty International est éloquent et appelle les dirigeants, et notamment ceux du G20 à « investir dans les Droits de l’Humain avec autant de détermination que dans la croissance économique………… ».

Comme le souligne Irène Khan, secrétaire générale, dans ce rapport « ……De fait, nous sommes assis sur une poudrière d’inégalités, d’injustice et d’insécurité qui est sur le point d’exploser… ».

Crise de Racisme et d’Intolérance

19 – Caricature Roger Picon
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« Ce n’est pas simplement une crise économique, c’est une crise des Droits Humains…..» a-t-elle expliqué tout en précisant, preuves à l’appui…qu’ « il y a des problèmes sociaux, politiques et économiques qui ont été aggravés par la crise économique, c’est une bombe à retardement ».

En Afrique et tout particulièrement en Afrique de l’Est, la crise alimentaire a eu un impact disproportionné sur les populations les plus vulnérables ; sur ces populations lâchement abandonnées par les « gouvernants » sous des prétextes d’appartenance ethnique ou tribale alors que parallèlement les aides financières et en nature affluaient sur les régions concernées pour être aussitôt détournées pour majeure partie.

L’aggravation globale de la situation, chômage, le coût de la vie démesuré par rapport à des salaires de misère (quand on a la chance d’avoir un emploi), les répressions policières, les injustices flagrantes, les Droits bafoués…les opérations d’expulsion de la misère de la capitale, tout ceci a entrainé des manifestations qui ont très vite dégénéré, souvent réprimées par la force et dans le sang, les balles répondant aux slogans ; comme ce fut le cas à Djibouti, au Zimbabwe, au Cameroun, au Mozambique …………………..

Au Proche-Orient, le rapport d’Amnesty International accuse ouvertement l’Etat d’Israël d’avoir « régulièrement violé les lois de la guerre » pendant son offensive de plusieurs semaines contre Gaza ce qui a occasionné des « pertes disproportionnées dans la population ».Mais Amnesty critique aussi sévèrement toutes les violations des Droits de l’Homme dont se seraient rendues coupables les forces de sécurité palestiniennes du Hamas et celles de l’autorité palestinienne.

Djibouti, l’impunité de fait !

L’absence de procédures djiboutiennes d’enquête après des mauvais traitements voire très souvent des tortures commises par la Police Politique, les SDS, confirme bien que le régime politique d’Ismaïl Omar Guelleh agit en totale opposition avec toutes les règles et recommandations internationales alors que le président autoproclamé ressasse la même « rengaine » à qui veut bien l’entendre dans son entourage : «J’en ai rien à foutre des lois et des recommandations internationales !! ».

Rien d’étonnant alors qu’en l’absence de procédures djiboutiennes d’enquête ceci se traduise par une impunité de fait dans un tel Etat de NON DROIT ; chacun des hommes appartenant à la Police Politique ayant toute liberté d’agir comme bon lui semble, racketter qui bon lui semble …etc.

Rien n’a changé sur le plan des Droits de l’Humain, on peut même affirmer que la situation s’est aggravée ; les SDS ont le Droit de décider sur l’instant de « qui doit vivre et qui doit être éliminé »……….

Depuis 1999, de nombreuses exactions ont été perpétrées contre les populations civiles du Nord du pays par certaines unités « spécialisées » des forces gouvernementales et par des hommes attachés à la Police Politique. Les responsables de ces forfaits et notamment des tortures et des pires actes de barbarie que l’on puisse imaginer n’ont jamais été inquiétés et circulent en toute liberté et toute impunité ; certains disposent même d’un passeport diplomatique.

La Justice peut marcher toute seule ; l’injustice de la tyrannie sous « Ismaïl Bobard le Magnifique !!! » a besoin de mille et une béquilles et d’arguments dépassant parfois la bouffonnerie pour tenter de se justifier.

C’est un véritable fléau car ce régime là…a toutes les armes en mains…….

Quant à ceux et celles qui sont incarcérés, pour des raisons politiques ou syndicales, dans l’une des sinistres prisons de Djibouti on peut parler des pires conditions de répression qu’il soit en ces lieux ou règne l’infamie, et ce à l’abri des regards indiscrets. Conditions qui ont tout à envier à celles des prisonniers en Erythrée, à Cuba, au Soudan………au Zimbabwe.

A Djibouti, on élimine discrètement les « gêneurs », tous déclarés décédés de mort naturelle.

Là encore… sans procédure d’enquête par la suite. C’est une situation d’entassement et de quasi absence d’installations sanitaires, de graves carences en nourriture et l’ignorance de soins médicaux ; y compris pour les mineurs.

D’autre part, la situation de ceux qui sont expulsés des pays occidentaux vers Djibouti est gravissime, le plus souvent pour des raisons d’opposition politique et d’absence de statut de réfugié. Ils et elles sont systématiquement réceptionnés par la Police Politique au pied de la passerelle de l’avion pour être matraqués sur place devant témoins afin de servir d’exemple.

Maltraités, ils sont « jetés » dans les véhicules puis incarcérés pour être torturés dans l’une des sinistres prisons du pays ce qui constitue, hélas, les pires violations de leurs Droits fondamentaux d’êtres humains.

L’injustice appelant l’injustice, la violence appellera forcément un jour prochain la violence…..

Le plus grand mal dont souffrent les Droits Humains à Djibouti serait que les auteurs des pires injustices et des exactions perpétrées sous la tyrannie passent au travers des mailles du filet et ne paient pas ainsi la peine de leurs fautes.

Observons aussi qu’au sein d’une « opposition de façade », certains supposés humanistes clament le fait qu’ils répugneraient à l’injustice à Djibouti mais ne veulent surtout pas se battre pour ce qui est juste……..

Taire ce qu’il ne faut pas dire pour ne pas froisser le tyran et savoir supporter les injustices qui frappent …les voisins voire sa propre famille, voilà des choses faciles lorsque l’on est copieusement rémunéré pour « fermer sa g…. » !!!!!!!!!!!!

31/05/09 (B501) RADIO TROTTOIR : Avec un Gouvernement en décomposition, il faut s’attendre à tout ! (Lecteur)

En ce début d’été çà craque de tous les côtés et çà barde pour le moment, « en silence », mais pour combien de temps encore ?

Questions sur questions !

Les Forces Armées Djiboutiennes ont lancé leur opération de « Désobéissance Civique » pour refuser de retourner à la frontière Erythréenne : le bruit de leur mouvement de protestation commencerait-il « à se faire entendre » et à inquiéter ?

Une centaine de Policiers ont-ils été « coffrés » au Centre de tri de Nagad au motif d’avoir refusé d’exécuter les Ordres du Chef d’ETAT-MAJOR de Guerre d’Haramous ?

Borreh finance-t-il la guerre des nerfs au sein des militaires Djiboutiens ?

Les Erythréens ont-ils déjà noyautés certains éléments des Forces armées ? Nos éléments sur le front sont toujors placés en Alerte maximum et contraints de guetter en permanence, dans des conditions lamentables, alors que leurs épouses sont moralement épuisées et leurs progénitures livrés à eux-mêmes ?

Hier soir, le 30 mai 2009, on s’interroge sur le fait que des hélicos Français ont effectués plusieurs rotations entre le Nord de Djibouti et les Hôpitaux Bouffard et Peltier ?

Doit-on retenir le chiffre qui circule et qui concernerait plus de 65 militaires intoxiqués, ou s’agit-il tout simplement d’une tentative de répression face à une mutinerie au sein de nos Forces armées ?

Le Général des Renseignements Militaires des Forces Ethiopiennes est à Djibouti : drôle de coïncidence, n’est-ce pas ?

La guerre des tranchées du Moussa Ali est-elle fixée pour le 6 Juin prochain ?

Pas de nouvelles d’IOG depuis une semaine. Est-il parti à Cuba pour subir des soins médicaux ou à Lugaya près de Berbera en Somaliland pour recruter des mercenaires ?

Arnaoud n’a toujorus pas digéré le silence inadmissible de la RTD, va-t-il reprendre sa place au Perchoir, en clopinant ?

Est-il vrai qu’une Session Parlementaire : « Spéciale Vérité » aura lieu très prochainement ?

Bientôt on va se régaler de gaufres !

Le conflit social s’agrave de jour en jour. Le moment est venu où Bolloré devrait débloquer au moins 5 millions d’Euro pour éviter un tsunami populaire qui risque de balayer les intérêts Stratégico-géo-financiers des Forces Armées Françaises pré-positionnées et la fuite définitive du Fou d’Haramous.

Un Attaché militaire d’un pays ami.

31/05/09 (B501) FreeDjibouti – > Le pays ressemble à un agneau au milieu d’un troupeau d’hyènes affamées.

Devant le piratage constitutionnel nous Djiboutiens et Djiboutiennes de la diaspora lançons un appel solennel et patriotique à tous les citoyens de Djibouti et à l’opinion internationale à résister et non au régime sanguinaire, criminel et fossoyeur de Guelleh.

Il a menti pendant près de 10 années avec des promesses fausses et vides, des illusions mégalomaniaques. Il est tant que Djibouti change de direction et fasse un demi-tour avant qu’il ne soit trop tard et avec des conséquences imprévisibles mais certainement tragiques.

Nous devons comprendre et être convaincus savoir que les Djiboutiens doivent être les acteurs et les bénéficiaires de tout changement et la première richesse d’une nation se ne sont pas ses ressources minières ou de sous-sol mais plutôt ses hommes, son capital humain.

La faillite de l’actuel régime se situe dans son manque de propositions et de plans efficaces pour un réel développement. La gestion des biens publiques n’a enrichit qu’une petite classe urbaine et privilégiée appartenant à la famille de Guelleh et à sa mafia alors que la pauvreté grandissante ravage dans les régions rurales du pays.

Il faut que le Djiboutien change de mentalité. Arrêtons de se glorifier et de vanter notre pays comme un géologique scandale alors que notre pays ne peut même pas s’offrir de l’eau potable et que les Djiboutiens manquent cruellement de tout et ne peuvent satisfaire leurs besoins primaires pour l’épanouissement de l’être humain. Nous devions pleurer que notre pays est un scandale humain.

Aujourd’hui, la pénurie d’eau est devenue une calamité nationale au-delà de l’imagination humaine et cela fait honte à tout djiboutien patriote et digne. Il faut au moins parcourir 5 à 10 kilomètres pour s’offrir un bidon d’eau dont la qualité est si mauvaise que le goût ressemble aux eaux d’égout. Des maladies diarrhéiques liées à la mauvaise qualité de l’eau, déciment plus de 45% des enfants de moins de 10 ans.

Il y’a une crise de crédibilité à Djibouti aujourd’hui car la soumission, la résignation, le fatalisme, l’égoïsme et la malhonnêteté ont envahi l’esprit du Djiboutien et ont supplanté la conscience humaine dans sa logique.

Le redressement du pays sur le plan économique est l’une des grandes priorités, mais le manque de crédibilité du régime, fait que les bailleurs de fonds internationaux ne se bousculer plus aux portes de Djibouti.

Arrêtons d’avoir peur de l’inconnu du lendemain, de l’inconnu de l’après Guelleh et confrontons avec courage et optimisme.

Personne ne viendra faire notre devoir à notre place bien que nous pouvons y avoir de l’aide dans l’exécution de nos devoirs face à notre nation. Quand on te lave le dos, il faut se laver le ventre dit un célèbre proverbe africain.

 

La passivité des Djiboutiens est le plus grand danger qui guet le pays et le plus grand handicap au changement à Djibouti. Nous devons être confiants que les jours de Guelleh au pouvoir sont presque finis et que tous les ingrédients sont là pour précipiter son départ avec un coût humain moindre au lieu d’attendre un changement à la catastrophe qui instaurerait une anarchie et des règlements de comptes tragiques.

Le danger à Djibouti est réel. Mais l’obscurantisme et le manque de vision dans l’avenir des Djiboutiens ont créé un esprit d’abdication et de forfait total devant les tristes réalités du pays et le danger qu’il en coure.

Le retard de changement à Djibouti est le résultat de manque de conviction de la part des Djiboutiens, la fuite devant les responsabilités et les devoirs de chacun, la peur de sacrifices et le rejet de chacun sur l’autre de ses propres faillites et fuite de ses responsabilités. Dans la vie sur terre et même dans la vie de l’au-delà selon notre religion, rien n’est et ne sera gratuit et tout se négocie à la suite de sacrifices.

En effet chacun Djiboutien rejette ses responsabilités, ses droits et devoirs devant son pays à l’autre tout en refusant de comprendre ou d’admettre qu’aucun changement à Djibouti ne viendra sans des sacrifices.

Le changement ou tout au plus, l’après Guelleh demande et demandera des sacrifices qui parfois peuvent être lourdes et douloureuses. Mais nous ne devons pas reculer devant ces sacrifices car, pour la liberté de son pays, aucun sacrifice n’est si grand.

Même mourir demande des sacrifices car en observant les dernières minutes d’une vie humaine on se rend compte que la mort n’est pas gratuite. C’est la raison de la toilette funéraire de toute personne avant son enterrement.

L’après Gouled a coûté à Djibouti des sacrifices lourds parce que l’inaction ou l’immobilisme des certains Djiboutiens et la complicité des autres avait créé un environnement politique propice à ce genre de catastrophe.

L’après Guelleh ne serait un cadeau de Noël, il y aura des sacrifices que nous ne pouvons pas prédire mais Djibouti sortira grandie et meilleure. Changeons nos mentalités de fatalisme en optimisme et soyons proactifs dans la vie de notre pays pour créer les conditions de notre libération et particulièrement celle de notre plus vulnérable mais plus précieuse couche sociale à savoir la jeunesse qui est devenue orpheline, abandonnée et encouragée dans la déperdition.

Mais, poussé par ses acolytes, qui craignent de perdre ses privilèges, Guelleh entend bien ne rendre le pouvoir qu’à son dernier souffle.

Devenu otage de sa famille, poussé par les mafias qui craignent de perdre leurs privilèges, qui tournent au tour de lui, Guelleh déjà grabataire entend bien ne rendre le pouvoir qu’à son dernier souffle même si le pays plonge dans le chaos et la guerre civile après sa mort. Le pays ressemble à un agneau au milieu d’un troupeau d’hyènes affamées.

Devant l’incapacité prouvée et cela de façon répétée de l’opposition devenue un « syndicat de contestataires » formé de groupuscules « d’éternels revendicateurs», de chefs tribaux ou encore de Présidents Directeurs Généraux (PDG) sans stratégie politique à court, moyen et long terme, le dictateur Guelleh ne voit devant lui aucune inquiétude à son pouvoir.

Devant cette opposition caduque, mentalement retardée minée par un esprit d’égoïsme si dangereux pour le pays qu’ils n’ont aucun dénominateurs ou consensus politique, dont les chefs sont irréparablement et irréversiblement opposés, dont la devise est « C’est moi ou ce rien), où «le chacun pour soi» est une règle d’or, il est permis au pouvoir de procéder à toute manipulation politique sans conséquence.

La force de Guelleh c’est la faiblesse et l’idiotie de l’opposition. Jusqu’à quand le peuple djiboutien peut-il tolérer cela.

Le moment est venu de prendre une nouvelle direction politique à Djibouti si nous voulons un changement positif qui bénéficiera à tous les Djiboutiens sans exception.

Sans le chercher, l’opposition a ainsi fait le jeu du pouvoir qui a réussi à la regrouper dans une espèce de syndicat des contestataires. Il est apparu plus aisé à IOG de disqualifier le groupe des « éternels revendicateurs », que de s’en prendre individuellement à chaque cas.

Le double jeu du pouvoir était aussi de montrer les limites de cette opposition, où «le chacun pour soi» est une règle d’or qui n’a pas pu dégager en son sein un plan d’action commun derrière une bannière représentative de l’ensemble de l’opposition. Le manque de résultats de l’opposition face à un pouvoir très calculateur a rendu le commun des Djiboutiens dubitatifs sur ses réelles capacités à inverser le cours de choses.

A Djibouti on dit toujours que la guerre civile ne se produira jamais ou que une rébellion ne pourra pas contaminer le pays alors que tout est orchestré officieusement par Guelleh pour cultiver la culture de la haine, de l’exclusion sociale et administrative.

Ceux qui refusent volontairement ou involontaires de reconnaître la situation ambiguë et dangereuse de Djibouti sont ceux qui, de façon égoïste ou ethnocentrique, cherchent par tous les moyens pour protéger les robinets économiques qu’ils contrôlent et qui hypnotisent leur conscience.

Le retard de changement à Djibouti est le résultat de manque de conviction de la part des Djiboutiens, la fuite devant les responsabilités et les devoirs de chacun et la peur de sacrifices.

Le changement ou tout au plus l’après Guelleh demande et demandera des sacrifices qui parfois peuvent être lourdes et douloureuses mais que nous ne devons pas reculer car « si les sacrifices n’empêchent pas la mort, ils empêchent la mauvaise mort » dit un autre proverbe africain.

La fortune personnelle de Guelleh qui est estimée à des milliards de dollars, pouvait assurer le développement du pays et payer toutes ses dettes.

Mais cette somme colossale déposée dans des banques étrangères et ailleurs, assure la prospérité économique des ces pays et le jour que Guelleh mourra, on effacera son nom sur les comptes et à l’image de Maréchal Mobutu de l’ex-Zaïre ou de Général Abacha du Nigeria, Djibouti perdra tout car aucune trace ne sera évidente, la plupart de ces comptes bancaires sont sous des noms fictifs.

Que cela soit demain, la semaine prochaine, le mois prochain, Guelleh et son porte-malheur doivent céder à une nouvelle génération de leaders pour transformer les potentialités économiques du pays en réalités économiques au bénéfice de tous les Djiboutiens.

Aujourd’hui, Djibouti est un royaume en déroute où une personne (Guelleh), une famille (sa famille) et ses acolytes contrôlent et abusent le trésor du pays.

La misère de Djibouti est une misère auto-infligée par les dirigeants du pays qui sont tous des criminels qui seront jugés pour leurs crimes.

Le manque de résultats de l’opposition face à un pouvoir très calculateur a rendu le commun des Djiboutiens dubitatifs sur ses réelles capacités à inverser le cours de choses.

Le double jeu du pouvoir était aussi de montrer les limites de cette opposition, où « le chacun pour soi » est une règle d’or qui n’a pas pu dégager en son sein un plan d’action commun derrière une bannière représentative de l’ensemble de l’opposition. Le manque de résultats de l’opposition face à un pouvoir très calculateur a rendu le commun des Djiboutiens dubitatifs sur ses réelles capacités à inverser le cours de choses.

Les pouvoirs publics ont toujours beaucoup de mal à maîtriser la sortie du système pseudo-collectiviste imposé par le régime pendant plus de trente deux ans.

Les initiatives privées libérées, au lieu d’être un moteur de l’économie nationale apparaissent comme un système parallèle qui entretient une certaine corruption, parce qu’il intègre rarement une dimension de développement et se réalise à une toute petite échelle. La faillite de ce régime se situe dans son manque de propositions et de plans efficaces pour un réel développement.

La gestion du quotidien qui enrichit une petite classe urbaine et privilégiée masque la pauvreté grandissante dans les régions rurales du pays. «Ventre affamé n’a point d’oreille » dit un adage populaire, et si ça continue comme ça, un jour ça va exploser à Djibouti.

Mais que Dieu protège ma patrie.

           FreeDjibouti

freedjibouti@windowslive.com

http://afraissas.over-blog.com

30/05/09 (B501) Nouvelles de Somalie … ( 8 articles en Français et en Anglais)

___________________________ 8 – Le Monde

La guerre des deux cheikhs

Deux frères ennemis se font face à Mogadiscio. Reclus dans la présidence, la Villa Somalia, le président Cheikh Chariff Cheikh Ahmed, dirige le fragile gouvernement fédéral de transition (TFG) somalien soutenu par la force de l’Union africaine, l’Amisom (4 300 hommes). En ville, aux environs du grand marché de Bakara, l’un des chefs des insurgés, Cheikh Hassan Dahir Aweys, travaille à une offensive en cours contre le TFG et son ancien frère d’armes et de tendance religieuse. Il est l’un des précurseurs de la tendance islamiste somalienne.

Les deux hommes ont été associés en 2006, lorsque chacun d’entre eux dirigeait une des deux instances des Tribunaux islamiques, coalition de milices religieuses qui venaient pour la première fois depuis 1991 de réunifier sous un seul pouvoir l’ensemble de la capitale somalienne.

L’essentiel du pouvoir était alors entre les mains de Cheikh Hassan, ex-colonel, héros de la guerre contre l’Ethiopie (1977-1978), vétéran de la lutte islmiste en Somalie et accusé par les Etats-Unis d’avoir noué des liens avec Al-Qaida, tandis que Cheikh Chariff, plus jeune, nouveau venu, ne pouvait se prévaloir que d’une bonne éducation religieuse au Soudan et d’une modeste fonction d’enseignant à Mogadiscio.

Lorsque les Tribunaux islamiques ont été balayés par une intervention éthiopienne (laquelle a pris fin début 2009 après avoir subi de lourdes pertes), les deux hommes devaient se retrouver en exil à Asmara, en Erythrée, où ils ont fondé l’Alliance pour la nouvelle libération de la Somalie (ARS), un mouvement d’opposition bientôt soumis à la fatalité somalienne, la scission sur fond d’ambitions personnelles.

La trajectoire fulgurante de Cheikh Chariff Cheikh Ahmed a ensuite étonné. Bientôt fort de soutiens discrets en provenance de pays du Golfe et de milieux somaliens, l’ex-dirigeant des Tribunaux islamiques est parvenu à se faire élire président du gouvernement fédéral de transition en promettant d’unifier les anciennes forces de cette structure contre lesquelles il était en guerre et les miliciens de la mouvance islamiste. Subtil calcul qui n’a pas réussi à créer, dans les faits, de troupes unifiées et explique en partie, les revers actuels du TFG.

COMBATTANTS « ÉTRANGERS »

Seulement, alors que la Somalie était assez largement abandonnée à son sort, deux facteurs ont réveillé l’intérêt des pays étrangers et sauver, temporairement du moins, la mise du TFG. D’abord, l’explosion de la piraterie au large des côtes somaliennes, qui perturbe une route maritime essentielle de la planète, pousse de nombreux Etats à appuyer une solution politique destinée, peut-être, à rétablir des autorités centrales dans le pays. Ensuite, la crainte de voir se développer en Somalie une base d’Al-Qaida. mobilise les énergies. Les insurgés ont prospéré initialement grâce à l’intervention éthiopienne, brutale et mal conçue, dressant dans un sursaut de nationalisme prévisible la plupart des porteurs d’armes somaliens. Ils se sont révélés liés à des circuits complexes du djihadisme international.

Une minuscule poignée de combattants « étrangers », originaires de pays du Golfe ou d’Asie du Sud, essentiellement, se tenait dans l’ombre des tribunaux islamiques. Ils sont maintenant plusieurs centaines de volontaires de tous horizons, forgés par les guerres menées en Irak ou en Afghanistan aussi bien côté djihad que des pays occidentaux. Désormais les groupes Al-Chabab (La jeunesse), minoritaires en 2006, mènent l’insurrection tandis qu’un second groupe, Hizbul islam (Parti de l’islam), après des tergiversations, vient de se doter d’un chef : Cheikh Hassan Dahir Aweys.

J.-P. Remy

___________________________ 7 – Le Monde

En Somalie, avec le président assiégé dans une capitale ruinée par les combats

La menace qui pèse sur sa tête se lit jusque dans les plus infimes moments contrariés de la vie quotidienne. Même pour se faire couper les cheveux, le président de transition somalien, Cheikh Chariff Cheikh Ahmed, ne peut pas sortir de Villa Somalia, la présidence protégée comme un bunker. A Mogadiscio, le gouvernement fédéral de transition (TFG) représente à peine plus qu’une hypothèse optimiste, soutenue par la communauté internationale et menacée par des combattants islamistes.

Depuis le 7 mai, ses maigres forces tenues à bout de bras par la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom) sont entrées dans une phase de combats. En face, les insurgés de deux groupes fondamentalistes somaliens, Al-Chabab (La Jeunesse) et Hizbul islam (Parti islamique), ont juré de balayer le TFG et son président, pourtant issu lui aussi de la mouvance islamiste.

Même si les questions religieuses dissimulent aussi des appétits féroces de pouvoir, l’heure est grave. Le président Cheikh Chariff, confiné dans un réduit étiré entre le port, l’aéroport, une rue principale et quelques poches tenues par les miliciens de son clan (Abgal), s’applique à rester en vie dans Villa Somalia et à organiser, en toute urgence, des forces armées tandis que fait rage, à l’extérieur, une combinaison d’attaques, de guérilla urbaine, de tirs d’obus de mortier et d’attentats.

Ses ennemis, les insurgés, opèrent depuis de nombreux quartiers de la ville. Il n’est pas certain que leurs forces, fractionnées entre commandants et factions, soient capables de s’unir au-delà de l’objectif consistant à chasser le TFG et son président de Villa Somalia pour y faire flotter leurs drapeaux noirs (Al-Chabab) ou verts (Hizbul islam). Les Chabab ont été placés par les Etats-Unis sur la liste des mouvements soutenant le terrorisme et sont supposés entretenir des relations avec Al-Qaida.

Trois ans plus tôt, les ennemis du jour faisaient pourtant partie du même mouvement, celui des Tribunaux islamiques. Ils avaient réussi à prendre le pouvoir à Mogadiscio et à y instaurer le calme et la sécurité sur fond d’application rigoriste de la charia (loi islamique), avant d’être chassés par une intervention éthiopienne soutenue par les Etats-Unis. A l’époque, la composante la plus violente, la plus extrémiste de la galaxie islamiste semblait encore marginale. Elle a gagné en puissance pendant l’insurrection anti-éthiopienne.

« DANS CET ANGLE, IL Y A UN TIREUR EMBUSQUÉ QUI PEUT FRAPPER »

Rescapé de cette époque, Cheikh Charif est parvenu à réémerger à l’étranger et à convaincre de ses talents d' »islamiste modéré », expression absurde qui sous-entend la promesse de réunir des tendances hétéroclites somaliennes et de jouer le rôle de repoussoir contre les Chabab, ouvertement djihadistes. En janvier, il a été élu président par les députés somaliens, qui s’étaient réunis à Djibouti pour être certains de terminer le scrutin en restant entiers.

Voici à présent, Cheikh Charif à Mogadiscio, sous les obus. « Je me sens en sécurité ici », assure-t-il avec un sourire évanescent, dans son bureau de Villa Somalia glacé par la climatisation. Et de dénoncer l’Erythrée, engagée aux côtés de l’ennemi: « La majorité des armes des insurgés viennent d’Erythrée. Nous savons que des officiers érythréens viennent ici et apportent de l’argent en liquide. » Il dénonce aussi l’arrivée de combattants étrangers, venus faire le coup de feu avec les Chabab. « La plupart viennent du Pakistan, d’Afghanistan et d’Irak », affirme- t-il. Lorsqu’il dirigeait l’un des organes des Tribunaux islamiques, l’Erythrée était impliquée en Somalie, mais de son côté.

Autour de lui, des soldats ougandais de l’Amisom fouillent les visiteurs jusqu’aux chaussures et assurent la défense, sortant à l’occasion leurs chars lorsque grandit la menace de voir les insurgés islamistes, implantés à quelques centaines de mètres, s’approcher trop près. Sur le porche du bâtiment où le président tient audience, un soldat ougandais en casque et gilet pare-balles avertit: « Attention, mettez-vous derrière le mur. Dans cet angle, il y a un tireur embusqué qui peut frapper. » Plaisanterie ? Exagération ? Des responsables somaliens passent sans se presser, chemise flottant au vent. Quelques secondes plus tard, des coups de feu claquent, d’autres rafales répondent. Confusion. « Il y a des insurgés infiltrés à la présidence. Ils se sont même tiré dessus dans Villa Somalia », assure une source militaire haut placée.

« LIVRAISONS D’ARMES »

Dans un bâtiment en contrebas, le premier ministre Omar Abdirachid Ali Charmake, autre captif volontaire de Villa Somalia, tente de se convaincre que l’appui international arrivera à temps. « Nous avons tendu la main à tout le monde, instauré la charia », rappelle-t-il en admettant: « Le temps ne joue pas pour nous. »

Enfoncé dans un canapé en velours profond comme le drame somalien, voici une figure connue: le cheikh Youssouf Mohammed Siad, « Inda’adde ». Après un parcours sinueux, Inda’Adde vient de quitter le camp des insurgés du Hizbul islam pour rejoindre le TFG. Les livraisons d’armes venues de l’Erythrée, il peut en parler, il était à une époque le destinataire d’une partie du matériel, comme l’ont noté des experts des Nations unies en charge de l’embargo sur les armes à destination de la Somalie.

Libéré par une nouvelle trahison, le voici devenu bavard, décrivant des « livraisons d’armes » de l’Erythrée, mais aussi des transferts en liquide assurés par des « individus dans les pays arabes » pouvant atteindre, par versements de 10 000 à 30 000 dollars, « près d’un million de dollars en une seule journée ».

Depuis le 7 mai, plus de 200 personnes ont été tuées, 700 blessées. L’action des forces gouvernementales est un désastre. Lors d’une tentative, la semaine passée, pour reprendre des positions aux insurgés, les forces du TFG ont avancé durant des heures avant de rebrousser chemin à la nuit. Les responsables de l’Amisom n’en reviennent pas. « Ils attaquent, ils avancent, ils prennent des positions et tout à coup, ils reculent.

Et évidemment, les insurgés les suivent », commente, fataliste, le colonel Jack Kakasumba, commandant du contingent ougandais de l’Amisom. « Il suffirait que le gouvernement ait de 3 000 à 5 000 hommes, espère le général Okello, commandant de la force panafricaine, mais surtout avec un commandement en état de fonctionnement. » Deux semaines plus tôt, on avait tenté de leur donner des uniformes, qu’ils avaient refusés, les jugeant « haramu » (impurs).

Alors le gouvernement a recours à des expédients. Des distributions d’armes à des civils ont lieu en ville ou près de la frontière éthiopienne. Des chefs de guerre qui avaient été marginalisés ces dernières années tentent de nouer une alliance pro-TFG. Dans le quartier de Madina, les Chabab font flotter depuis quelques jours leur drapeau noir. Des offensives se préparent des deux côtés.

Jean-Philippe Rémy

___________________________ 6 – Africa News (En Anglais)

Le Kenya soutient le Gouvernement somalien. // Kenya supports Somalia’s new government

Kenya is drawing the international community in support of continued Aid for the Intergovernmental Authority on Development (IGAD) in its quest to restore peace in Somalia. Kenya’s Foreign Affairs Minister Moses Wetangula said Kenya was concerned about the escalating violence in the Horn of Africa nation.

He added that his government recognises the TFG (Transitional Federal Government) of Somalia. Kenya is the outgoing chair of the regional bloc which includes six other states Wetangula has requested the United Nations (UN) Security Council to support resolutions passed by IGAD and the Africa Union (AU) Peace and Security Council in the past week.
That will make the UN impose a no-fly zone in militia held areas and implement a limited or complete blockade of the supply routes through land and other sea ports.

He strongly believes that this will suffocate the Somali militia and warlords to a point where they will be able to together work as people of Somalia.

He said the measures are aimed at weakening the influence of the militias that have been frustrating the TFG’s efforts to establish stability in the war torn country.

___________________________ 5 – Les Echos

Le président somalien accuse l’Erythrée de déstabiliser son pays

Le président somalien, Charif Cheikh Ahmed, a accusé pour la première fois l’Erythrée, hier, d’armer et de financer les insurgés islamistes qui ont lancé le 7 mai une vaste offensive dans le but, revendiqué, de le renverser. Vendredi, l’Union africaine (UA) avait demandé au Conseil de sécurité de l’ONU de prendre des sanctions contre le gouvernement d’Asmara, dénonçant son soutien aux insurgés islamistes somaliens. L’UA a également demandé un blocus maritime et aérien de la Somalie pour couper l’approvisionnement des insurgés par l’Erythrée, qui n’a pas de frontière avec la Somalie.

___________________________ 4 – JDD

Somalie: Couvre-feu imposé dans le sud

Les rebelles islamistes somaliens du mouvement Chabaab ont imposé un couvre-feu nocturne dans la ville de Kismayo, dans le sud du pays, après une attaque à la grenade jeudi soir contre une de leurs bases.

Deux civils ont été blessés lors de l’attaque menée dans cette ville portuaire que les islamistes contrôlent depuis l’an dernier.

___________________________ 3 – AFP

Somalie: l’Amisom se sent incomprise de la population

La Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom) a le sentiment que la population ne comprend pas sa présence à Mogadiscio, a déclaré à l’AFP le général burundais Juvénal Niyoyunguruza, commandant adjoint de cette force de paix.

Q: Quelles sont les principales difficultés auxquelles est confrontée l’Amisom?

R: La principale difficulté c’est la compréhension de la mission par la population somalienne parce qu’elle ne voit pas le but de notre mission et croit que nous sommes venus pour combattre du côté du gouvernement. Ils ne croient pas du tout en notre neutralité.

Même les insurgés n’ont pas compris que nous sommes là pour une mission de paix, pour aider à la réconciliation et la stabilisation de la Somalie, à protéger les institutions et faciliter l’accès de l’assistance humanitaire. C’est pourquoi ils nous attaquent.

Le gouvernement (somalien) doit faire comprendre notre neutralité à la population. Il doit aussi faire comprendre ses objectifs afin que tous les Somaliens se sentent concernés et combattent pour la paix.

Q: Quelles actions menez-vous pour faire comprendre votre action à la population?

R: Nous faisons des actions en faveur des populations, des distributions d’eau potable, l’accès au dispensaire, parce les Somaliens n’ont pas accès aux centres de santé. A ceux qui viennent chez nous on explique notre rôle et ils nous jugent sur nos actes.

L’acharnement contre nous, je peux l’expliquer de différentes façons: d’abord nous sommes près de là où sont les insurgés. Ils ont un accès facile à nos positions. S’ils veulent faire un coup de publicité, ils vont taper là où c’est le plus facile.

Nous sommes aussi bombardés à distance par des mortiers, des fois 10 fois dans une seule journée. Mais on ne peut pas riposter parce qu’ils se mettent là où il y a beaucoup de population, alors si on utilise l’artillerie, on risque de toucher des victimes innocentes et prises en otage. C’est notre grand obstacle.

Q: Ne pensez-vous pas que le principal problème est d’être venu en Somalie en mission de maintien de la paix quand il n’y a encore aucune paix à maintenir?

R: La paix, c’est relatif. Il fallait bien commencer quelque part. Nous avons fait le sacrifice pour aider les Somaliens à reconquérir la paix. La paix viendra bien sûr, mais c’est un processus.

Les moyens dont nous disposons pour la paix sont suffisants. Ca va prendre du temps, des obstacles, mais je suis optimiste. Ils sont en train d’avancer vers la paix. Le gouvernement actuel ne veut plus recourir à la force pour avoir la paix, il est pour la réconciliation mutuelle et le dialogue.

___________________________ 2 – France 24

“Implanter la paix”, mission impossible dans Mogadiscio dévastée

Les soldats de l’Union africaine mandatés pour ramener la paix dans la capitale somalienne sont chargés d’une mission d’autant plus difficile qu’ils sont devenus la cible des insurgés islamistes.

Avant de pouvoir être soigné, chaque malade doit se soumettre à plusieurs contrôles de sécurité. Ici, tout le monde est suspect depuis que les forces de sécurité sont devenues la cible des insurgés islamistes. » Si les Shebab me reconnaissent, c’est sûr, je serai tué », confie un policier.

Aujourd’hui, personne ne contrôle vraiment la capitale somalienne et chacun se prépare au pire. « Si l’Amisom [la Mission de l’Union africaine en Somalie, mandatée par l’ONU pour ramener la paix dans le pays, NDLR] s’en va, je quitte mon uniforme. Je ne pourrai plus compter alors que sur ma kalachnikov », reprend le même agent.

Personne ne se précipite en Somalie…


L’Amisom attend des renforts. Mais personne ne se précipite en Somalie. Et pour cause : les soldats de la force africaine sont devenus l’une des cibles privilégiées des insurgés.

« Ces gars utilisent tout ce qu’ils peuvent contre nous : des engins explosifs improvisés, des couteaux, etc. On est toujours sur nos gardes : l’ennemi peut attaquer n’importe quand. Surtout quand vous avez ces femmes et ces hommes qui viennent ici pour recevoir de l’aide, des médicaments, un traitement : c’est dans ce type de situation que l’on s’attend à se faire attaquer », déplore le lieutenant Boscorasol Sebson, responsable d’un check-point devant le centre de soins.

Venus en Somalie pour ramener la paix, les soldats de l’Amisom ne contrôlent aujourd’hui qu’une toute petite partie de Mogadiscio. Avant de distribuer des cachets et d’aider les malades les plus mal en point, ils doivent penser à préserver leur propre sécurité.

Quarante morts en deux ans

Pour eux, les rues de Mogadiscio sont effectivement devenues aussi dangereuses que l’Irak ou l’Afghanistan pour les Américains. Voitures piégées, attaques répétées de leurs positions, bombardements au mortier : les casques verts de l’Union africaine ont payé un lourd tribu à la Somalie. Plus de 40 morts en 2 ans…

Le major Barigye Ba Hoku, porte-parole de l’Amisom, témoigne de la difficulté de la mission : « Je suis incapable de me souvenir du nombre de fois où nous avons été attaqués sur cette route. Quant à toutes les zones où nos forces sont stationnées, il faut constamment les garder sous contrôle. Or, ceux qui s’opposent à la paix sont à côté et mettent la pression… », raconte-t-il.

Malgré la guerre qui ravage Mogadiscio, la vie continue pour ceux qui n’ont pas fui la ville. Au large du port, les bateaux qui n’ont pas été arraisonnés par les pirates attendent de décharger leur cargaison. Voilà 20 ans que la Somalie est un pays sans État.

___________________________ 1 – AFP

Somalie: Ban Ki-moon condamne les attaques contre le gouvernement

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a vivement condamné jeudi les attaques répétées des groupes islamistes radicaux visant à renverser le « gouvernement légitime » en Somalie.

M. Ban « condamne vigoureusement les attaques armées qui se poursuivent contre le gouvernement fédéral de transition (GFT) », déclare un communiqué de son service de presse.

« La campagne de violence vise à renverser par la force un gouvernement légitime qui a tendu la main à ses opposants dans un esprit de réconciliation, par une politique de la porte ouverte et des négociations », poursuit le texte.

M. Ban est également « profondément préoccupé par le nombre croissant de civils tués, blessés et déplacés en conséquence de ces attaques. »

« Devant cette menace persistante pour le processus de paix, le gouvernement somalien appelle à l’aide internationale et le secrétaire général souhaite relayer cet appel de manière forte et urgente », dit le communiqué.

Le chef de l’ONU exhorte la communauté internationale à verser sans délai l’aide financière d’urgence et les autres formes de soutien récemment promises à Bruxelles au GFT et à la Mission de l’Union africaine (UA) en Somalie (Amisom).

Il a appelé également à des aides bilatérales directes au gouvernement somalien.

Le président somalien Sharif Cheikh Ahmed a accusé mercredi pour la première fois l’Erythrée d’armer et de financer les insurgés islamistes radicaux qui ont déclenché le 7 mai une vaste offensive dans le but, revendiqué, de le renverser.

Vendredi dernier, l’UA avait demandé au Conseil de sécurité de l’ONU de prendre des sanctions contre le gouvernement d’Asmara, dénonçant son soutien aux insurgés islamistes somaliens. L’UA a également réclamé un blocus maritime et aérien de la Somalie pour couper l’approvisionnement des insurgés par l’Erythrée qui n’a pas de frontière avec la Somalie.

30/05/09 (B501) Le journal de la Flibuste … Pour ne pas être en reste par rapport aux autres pays présents sur zone, la marine indienne capture à son tour une embarcation de pirates, mais c’est probablement une ‘nouvelle » bavure ? L’Australie entre en scène. « Plus de bateaux de guerre et pourtant plus d’attaques » (RFI) ??? (6 articles en Français)

_________________________ 6 – Europe de la Défense (Bruxelles)

Est-ce une nouvelle bavure de la marine indienne ?

En tout cas, certains faits le laissent sous-entendre.

Un vraquier norvégien, battant pavillon libérien, le MV Maud, a été attaqué, jeudi matin, dans le Golfe d’Aden (à 225 miles à l’est d’Aden) par des pirates. Il a poussé un appel de détresse. Et si le flou demeure sur certaines circonstances, il y a désormais confirmation par la marine indienne. C’est bien une frégate indienne, le INS Talwar, qui est intervenue. Une partie de l’équipage du MV Maud est indienne. Il a simplement écarté la menace en faisant feu sur le skiff suspect. Au bilan deux morts.

Coté indien on explique que la frégate qui escortait trois navires marchands quand elle a reçu l’alerte. Elle a aussitôt envoyé son hélicoptère de combat Chetak et un bateau d’intervention rapide, et donné instructions au navire marchand d’accélérer l’allure et de faire une série de manoeuvres d’évitement.

Mais les pirates avaient déjà lancé l’abordage par l’arrière du bateau quand l’hélicoptère est arrivé sur place.

L’hélicoptère indien a alors ouvert le feu à l’aide de son canon de 7.62. Et deux pirates sont tombés à l’eau. Le RHIB est alors arrivé à hauteur du skiff pirates, a arrêté les six pirates restants. A bord, il a découvert les traditionnels AK47, lanceurs de grenades et un dispositif GPS. Les commandos ont aussi mis la main sur un lance roquette Katyusha. Arme plutôt inhabituelle entre les mains des pirates, car assez longue, elle est davantage destiné à l’usage terrestre. Les armes ont été saisies. L’essence du navire vidée… Et la frégate indienne a – tranquillement – poursuivi sa route et sa mission d’escorte ! (lire le récit dans Indian Today)

Coté européen, la version est légèrement différente. Alertée, et sur demande du Quartier-général, une frégate d’Atalanta est arrivée sur les lieux. Aux fins « d’enquête » précise-t-on au Quartier général d’Atalanta.

Elle a effectivement découvert, à proximité des lieux, un skiff (dont on a tout lieu de penser qu’il pourrait être ce skiff de pirates), il a trouvé 8 personnes à bord : 2 morts, 4 blessés et 2 personnes sains et sauf. Les personnes, qui ne sont « pas qualifiées de suspects » par Atalanta – aucune arme ni instrument suspect n’a été retrouvé à bord – ont été « prises en charge » à bord, sont soignées par le médecin du bord, et seront amenés dans un centre médical dès que possible.

Toute la question est de déterminer quel pays pourra accueillir les 6 rescapés et où enterrer les 2 décédés.

_____________________________ 5 – Géostratégie

Somalie : sont-ce réellement des pirates ?

Christian Bouchet

Selon un rapport de la Rand Corporation le nombres d’actes de piraterie depuis 1994 a été de 2672 dont 92 % ont eu lieu depuis le changement de millénaire. Ainsi, rien que pour l’année passée on a compté 293 attaques de navires dont 49 ont été arraisonnés, 889 marins capturés, et 32 tués. La prise d’otage, en Mer d’Aden, des plaisanciers du bateau de croisière français Le Ponant, puis la fin tragique du détournement du yacht Le Tanit dans la même région, ont attiré l’attention des grands médias français sur ce phénomène et tout particulièrement sur l’action des pirates au large des côtes de Somalie, la zone maritime qui est actuellement le plus touchée par ce phénomène.

Si les journalistes français n’ont pas été avares d’articles et de reportages, ils sont restés bien discrets sur la signification réelle de cette piraterie. C’est donc dans la presse britannique, que l’on a pu lire, posée par Johann Hari, un collaborateur du quotidien londonien The Independant, cette question iconoclaste : « Sont-ce des pirates ou des résistants au Nouvel ordre mondial ? » Une question qui fait écho à l’opinion d’un certain nombre d’Africains de l’Est et qu’on récemment formulé publiquement des personnalités aussi différentes qu’Abayomi Azikiwe le correspondant local d’Al-Jazeera et que Cheikh Muktar Robow, le porte-parole des Shebabs, ces milices musulmanes qui luttent contre le gouvernement somalien « légal » soutenu par l’Occident.

Pour comprendre ce raisonnement, il faut remonter dans le temps. Au début des années 1990, conséquence tardive de l’affrontement entre les États-Unis et le bloc soviétique, la Somalie entre dans une guerre civile dont elle n’est jamais sortie depuis. Si un gouvernement somalien reconnu par les instance internationales se maintient, il n’a guère de pouvoir et il est concurrencé par des gouvernements séparatistes régionaux.

Cette situation n’est pas sans donner des idées à certains « entrepreneurs » occidentaux qui obtiennent auprès de ministres somaliens, contre espèces sonnantes et trébuchantes, des droits de pèche et d’immersions de déchets dans les eaux territoriales du pays.

Ainsi des chalutiers étrangers se pressent bientôt au large des côtes somaliennes où, en absence de toute réglementation, il pillent à loisir les fonds marins, à la recherche de crevettes, de langoustes et de thons (pour la seule année 2008, la valeur de leur pèche dans les eaux territoriales de la Somalie est estimée à 300 millions de dollars), y faisant quasiment disparaître toute vie aquatique.

Mais il y a pire, comme l’a révélé, dès 2005, Nick Nuttall, porte-parole du Programme des Nations unies pour l’environnement : « Les eaux au large de la Somalie ont été utilisées comme décharge pour des déversements dangereux qui ont commencé au début des années 1990 et se sont poursuivis tout au long de la guerre civile qui a frappé ce pays. On y a émergé des fûts de déchets radioactifs, d’uranium, de plomb et de métaux lourds comme le cadmium et le mercure. Il y a également eu des immersions de déchets industriels, de déchets d’hôpitaux, de déchets chimiques, etc. Les compagnies européennes estimaient que c’était très bon marché de se débarrasser des déchets au prix ridicule de 2,50 dollars la tonne, alors que les dépôts de déchets en Europe réclament des montants de l’ordre de 1000 dollars la tonne ».

C’est le tsunami de décembre 2004, qui révéla les preuves de ces activités criminelles en rejetant de nombreux fûts rouillés contenant ces déchets sur les rivages du Puntland, entraînant de ce fait une pollution importante et expliquant les troubles récurrents de santé dont souffrait une partie de la population locale depuis de nombreuses années.

Or, selon Ahmedou Ould-Abdallah, représentant de l’ONU pour la Somalie, la pratique de l’immersion de déchets toxiques se poursuit dans la région. « Ce qui est plus alarmant encore, estime-t-il, c’est qu’on y déverse également des déchets nucléaires. Les déchets d’uranium radioactif sont à même de causer la mort de ressortissants somaliens et de détruire complètement l’océan. » Quant à Mohammed Gure, président du Somalia Concerned Group, il a déclaré récemment à Al Jazeera que l’impact social et environnemental de ces déversements de déchets toxiques se fera sentir durant des décennies. « La côte somalienne faisait vivre des centaines de milliers de personnes pour qui elle représentait une source de nourriture et un gagne-pain en général. Aujourd’hui, une grande partie en est presque détruite.»

Il y a donc, chez les populations côtières beaucoup de ressentiment et une grande pauvreté. Or, au large, croisent les navires marchands qui se dirigent vers le canal de Suez et qui alimentent l’Occident. On comprend aisément que certains pêcheurs aient pensé à se rembourser à leur manière avec le soutien moral d’une population qui estime, comme l’a exprimé le Cheikh Muktar Robow, qu’ils « n’ont pas tort d’attaquer les navires étrangers qui, n’ont rien à faire dans les eaux somaliennes ». Opinion que partagent, selon le site internet WardherNews 70 % des Somaliens qui voient dans la piraterie « une manière de défendre les eaux territoriales de leur pays ».

Ainsi se vérifie une nouvelle fois l’adage qui veut que ceux que l’Occident considère comme des terroristes soient pour les peuples du tiers-monde des résistants…

_____________________________ 4 – JDD

Lutte contre la piraterie: L’ONU optimiste

L’intervention de navires de guerre de différents pays contre la piraterie au large des côtes somaliennes a permis d’arrêter une centaine de pirates et a placé les autres sur la défensive, a déclaré vendredi l’émissaire spécial des Nations unies pour la Somalie, Ahmedou Ould-Abdallah. « La présence maritime internationale porte de plus en plus ses fruits, (…) parce que les pirates sont contraints d’aller plus loin », a-t-il analysé. « La situation empire », a pour sa part estimé le chef de la diplomatie somalienne, Mohamed Aboullahi Omaar.

_____________________________ 3 – RFI

L’Australie entre aussi en scène

Toujours plus de bateaux et toujours plus d’attaques.

C’est ainsi que l’on pourrait résumer la situation au large de la Somalie. La marine indienne a annoncé, vendredi, avoir mis en échec, dans le golfe d’Aden, une attaque de pirates visant un navire marchand enregistré au Liberia. Il y avait dix Indiens à son bord. L’embarcation pirate a été saisie et les armes confisquées. Selon le Bureau maritime international (BMI), les attaques de pirates au large de la Somalie ont décuplé au cours du premier trimestre 2009 par rapport à la même période de 2008, passant de six à 61. De nouveaux pays comme l’Australie vont participer aux opérations contre les pirates, mais les risques de méprises augmentent. Cette semaine, deux pêcheurs yéménites auraient été tués après avoir été pris pour des pirates.

Selon le ministère français de la Défense, 34 navires ont encore été attaqués depuis le début du mois et quatre de ces attaques ont réussi. Douze navires marchands sont toujours aux mains des pirates, soit environ 160 hommes d’équipage.

Les récentes conférences sur la piraterie de Kuala Lumpur et d’Abu Dhabi ont souligné la nécessité d’étendre la zone d’opération des forces navales qui patrouillent dans la région jusqu’aux Seychelles, et de mieux coordonner leurs actions. En attendant la restauration de l’Etat de droit en Somalie, des navires de plus d’une vingtaine de nationalités continuent à patrouiller dans cette région de l’océan Indien.

On dépasse là le simple cadre de la lutte contre la piraterie, car de nombreuses nations qui souhaitent affirmer leur statut de puissance navale ont décidé de se déployer dans le golfe d’Aden par où transitent près de 30% des approvisionnements pétroliers de la planète.

Après la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan, l’Iran et l’Arabie Saoudite, c’est au tour de l’Australie d’envoyer des moyens dans la région. Un navire, le HMAS Waramunga, et un avion de patrouille maritime P3C Orion vont rejoindre la « Task Force » (TF 151), la force anti-piraterie sous commandement américain. Le Japon – qui assure avant tout la protection de ses propres navires de commerce – va envoyer deux avions supplémentaires.

L’Europe, elle, maintient à ce jour treize navires dans la cadre de l’opération Atalante, dont trois bâtiments français : l’Albatros, le Nivôse et le Commandant Bouan. Des renforts hollandais et norvégiens sont attendus au mois d’août prochain. Ils seront rejoints par des unités belges en septembre.

_____________________________ 2 – AFP

Kadhafi propose une zone maritime exclusive somalienne contre l’arrêt de la piraterie

Le numéro un libyen Mouammar Kadhafi a présenté vendredi à Sabratha (Libye) un projet de reconnaissance par la communauté internationale d’une zone maritime exclusive somalienne, en contrepartie à l’arrêt de la piraterie au large de ce pays.

Qualifiant les pirates de « Somaliens pauvres qui défendent leurs richesses », le colonel Kadhafi a affirmé qu’il « présentera au monde un plan qui consiste à respecter les eaux économiques somaliennes en contrepartie à l’arrêt de la piraterie ».

Le dirigeant libyen s’exprimait à l’ouverture d’un sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad), auquel ont pris part seulement une dizaine de chefs d’Etats (parmi 28 pays membres).

« Ce ne sont pas des pirates mais des gens qui défendent leurs droits », a estimé M. Kadhafi, affirmant que la Somalie n’a pas d’autorité sur sa « zone économique exclusive » que « des pays étrangers viennent piller ».

« Nous avons besoin d’un Frontex africain pour protéger nos richesses marines », a encore ajouté le guide de la révolution libyenne, en allusion au dispositif européen de contrôle des frontières (Frontex).

Il a appelé au respect des eaux économiques qui s’étendent jusqu’à 200 miles marins des côtes somaliennes, selon les lois internationales, exprimant sa crainte de voir « le phénomène de la piraterie s’étendre dans le monde » notamment au large des côtes africaines.

Le 11e sommet de la Cen-Sad, prévu vendredi et samedi à Sabratha, à 65 km à l’ouest de Tripoli, doit discuter vendredi et samedi des conflits entre le Tchad et le Soudan, ainsi que de la sécurité dans ces deux pays, selon l’ordre du jour de la réunion.

_____________________________ 1 – Le Figaro

À la chasse aux pirates
à bord du «Nivôse»

Pierre Prier,

Un fusilier marin monte la garde près d’un Somalien suspecté d’être un pirate, à bord de la frégate de surveillance française Nivôse, le 3 mai dernier. Crédits photo : AFP
Une trentaine de bateaux de guerre sillonnent les eaux au large de la Somalie à la poursuite des pirates, sur une route qui voit passer 30 % du commerce mondial.

Cette fois, les pirates ont vu un peu gros. Ils se sont attaqués au Mirqab, yacht de l’émir du Qatar, un engin futuriste et ultrarapide de la taille d’un petit paquebot.

«Le bateau a accéléré», commente sobrement l’officier marinier qui présente le volet «renseignement» du briefing du soir, à la mi-mai dans la cafétéria du Nivôse.

L’équipage reste sur le qui-vive, soucieux de conserver son statut de star des chasseurs de pirates du golfe d’Aden. Cette frégate française, arrivée en avril sur la zone pour prendre part à l’Eunavfor, la force européenne antipirates, s’est rendue célèbre en alignant un score de 22 arrestations, en deux prises de onze.

La dernière équipe de forbans, aveuglée par le soleil, a pris le bateau de guerre pour un cargo. Le temps de se rendre compte de leur erreur, les assaillants étaient arraisonnés par les Zodiac des commandos du bord, soutenus par l’hélicoptère, décollé en urgence.

Le Nivôse et son commandant, le capitaine de frégate Jean-Marc Le Quillec, en tirent une certaine fierté, comme en témoignent les peintures au pochoir ornant la tourelle du canon de 100 mm et la queue de l’hélicoptère : des têtes de mort soulignées de deux sabres croisés. Une bonne partie des marins portent un t-shirt orné d’un dessin de Plantu paru dans Le Monde, représentant un pirate au bandeau en forme de carte de l’Afrique et un marin à pompon rouge, légendé : «À bord de la frégate Nivôse.»

Habitué à la protection des zones de pêche du grand Sud ou a des missions de représentation, le bateau s’est forgé une âme de corsaire. Une équipe de fusiliers marins, des types souples aux allures de chats, est venue renforcer et entraîner l’équipe de protection du bord.

On les voit tous les matins faire des pompes sur la plage arrière. Mais, une fois capturés, les pirates sont traités humainement. Le médecin, Stéphanie Le Goff, les a trouvés en bonne santé. Fidèle au serment d’Hippocrate, et ayant constaté la grande quantité de riz emportée sur les esquifs des prisonniers, elle a demandé aux cuisines de leur servir du riz à tous les repas afin, dit-elle, de ne pas les rendre malades en changeant leurs habitudes alimentaires.

80 millions de dollars de rançon en 2008

Les pirates somaliens échouent souvent, mais ils persévèrent. Les attaques se succèdent. Quinze, dont quatre réussies dans la première quinzaine de mai. Le rythme reste à peu près constant : 31 attaques dont 5 réussies en mars, 38 dont 11 réussies en avril.

Les «bateaux-mères», des boutres chargés d’armes et traînant des barques rapides équipées de moteurs hors-bord, continuent de quitter les côtes somaliennes. La raison est simple : les armateurs des bateaux capturés paient. 80 millions de dollars de rançon ont été versés en 2008, d’après les assureurs. À la mi-mai, 14 navires et plus de 200 hommes d’équipage étaient toujours détenus en Somalie même ou sur le territoire de l’«État» non reconnu du Puntland. La perspective de gain financier enhardit les pirates. «On en voit maintenant qui s’aventurent à mille milles nautiques (plus de 1 800 km) des côtes somaliennes», s’étonne le commandant.

À la montée en puissance des pirates répond celle de la communauté internationale. Le Nivôse fait partie d’Atalanta, la première grande opération navale de l’Union européenne, baptisée Eunavfor. Lancée en décembre 2008, commandée par un amiral espagnol, elle rassemble aujourd’hui treize navires et trois avions de patrouille français, espagnols, allemands, italiens, grecs et suédois.

La Grande-Bretagne fournit l’état-major, basé à Northwood, près de Londres.

Les États-Unis, jamais ravis de voir l’Europe s’émanciper militairement, ont réagi en janvier en créant la leur propre coalition, la Task Force 151, aujourd’hui commandée par un amiral turc, et qui inclut aussi des navires danois. D’autres pays se sont joints à la chasse, individuellement : le Japon avec deux destroyers, la Chine, la Russie, le Pakistan, la Corée du Sud, l’Arabie saoudite.

Sans oublier les bâtiments appartenant à l’opération de l’Otan «Enduring Freedom», qui prend part à la guerre en Afghanistan mais peut aussi, à l’occasion, poursuivre les pirates. En tout, une trentaine de bateaux de guerre sillonnent les eaux somaliennes et celles du golfe d’Aden. L’enjeu est à la hauteur : 30 % du commerce mondial passe par le canal de Suez.

Internet, le secret de la coopération

On se dit qu’avec cet embouteillage naval, la cacophonie devrait régner. Mais les marins ont une astuce secrète, plutôt réservée d’habitude aux ados «accros» à Internet : au cœur du centre d’opérations, sous la passerelle, un simple ordinateur portable connecté sur le «chat» d’Atalanta. Les renseignements et les requêtes s’y échangent en permanence, en temps réel. Justement, l’aviso Commandant-Bouan, un autre bâtiment français, signale deux «skiffs» suspects dans son sillage. Une quinzaine de cargos se sont mis à la queue leu leu derrière le bateau français, mais les derniers sont trop loin, et le Commandant-Bouan ne dispose pas d’un hélicoptère.

Cinq minutes plus tard, un croiseur américain voguant dans les parages, le USS Gettysburg, réagit : «J’envoie mon hélicoptère.» La coordination entre Européens et Américains fonctionne. Les pirates font demi-tour.

En fait, l’Internet est la clé de la lutte antipirates.

Plus de 4 000 navires marchands se sont inscrits sur le site de la force européenne, mschoa.org, où ils déclinent nom, destination et caractéristiques. En échange, ils reçoivent les dernières informations et conseils. En particulier les horaires de départ des convois pluriquotidiens qui s’assemblent sur les deux corridors internationaux, l’un montant, l’autre descendant, de l’embouchure de la mer Rouge au canal de Suez.

«On ne peut leur garantir une escorte particulière, mais les différentes forces patrouillent dans ce secteur», explique le commandant du Nivôse. En outre, les bateaux sont encouragés à emporter un transpondeur AIS (Automatic Identification System).

Un clic, et les noms des bateaux apparaissent sur le radar, avec route et position. Problème : «Les pirates peuvent acquérir cette technologie à un prix relativement modique», estime un spécialiste européen. L’industrie du transport maritime est consciente du danger.

Dans leurs recommandations sur «les meilleures façons de dissuader la piraterie dans le golfe d’Aden et au large de la Somalie», diffusées à tous les navires, les onze principales organisations professionnelles d’armateurs et d’assureurs, réunies hier pour une conférence internationale au Caire, autorisent les commandants à «débrancher l’AIS s’ils pensent que son usage augmente leur vulnérabilité». Il est même conseillé de «le débrancher complètement au large des côtes somaliennes»….

La meilleure défense reste la vitesse. Depuis le début des actes de piraterie, aucune attaque n’a réussi contre un bateau filant plus de quinze nœuds (28 km/h). Les cargos les plus lents n’ont droit à une escorte particulière que s’ils sont affrétés par le Programme alimentaire mondial de l’ONU (PAM) pour décharger de l’aide d’urgence en Somalie. La plupart des marines de guerre présentes envoient des commandos à bord et suivent le navire marchand de près. Pour le reste, les commandants de la marine marchande ont appris à ruser.

Suivant les recommandations du document des organisations professionnelles, beaucoup s’en sont tirés en évoluant en zigzag, en posant des barbelés aux endroits les plus propices à l’abordage ou en installant des mannequins sur les ponts, pour donner l’impression d’une force importante à bord.

C’est encore mieux «en vrai» : le marché des mercenaires est en hausse. Les armateurs les plus puissants engagent des anciens des SAS ou de l’armée israélienne.

Que faire des prisonniers ?

Reste une question : que faire des pirates capturés ? Ceux qui ont attaqué le Ponant, le bateau de croisière français, ont été déférés à Paris. Des assaillants de navires américains sont jugés à New York. Pourtant, le Nivôse a remis ses prisonniers aux autorités judiciaires kényanes, à Mombasa.

Le Kenya a signé des accords internationaux par lesquels il accepte de juger et d’emprisonner éventuellement les pirates arrêtés dans les eaux internationales. Le pays a en effet intégré dans son droit national le crime de piraterie tel qu’il est défini par la convention du droit de la mer de l’ONU, comme un crime contre le genre humain tout entier.

La marine russe, elle, ne s’embarrasse pas de considérations juridiques. Des directives récentes l’autorisent à tuer les pirates si c’est le meilleur moyen de les empêcher de nuire.