27/11/09 (B526) Nouvelles de Somalie (11 articles en Français et en Anglais)

________________________ 11 – Les Afriques

Somalie : Le représentant de l’ONU : le paiement de rançons « exacerbe la situation »

La piraterie au large de la Somalie est « une affaire très rentable » a déclaré Ahmedou Ould-Abdallah, représentant spécial de l’ONU dans ce pays, devant le Conseil de sécurité.

« Nous devons donc la traiter comme une activité criminelle ayant des tentacules dans de nombreux endroits de la région et du monde ».

Ahmedou Ould-Abdallah s’est élevé contre le paiement de rançons aux pirates, qui « ne peut qu’exacerber la situation (…) Si quelqu’un sait qu’il va gagner quand il se rend au casino, il continuera à y aller ».

Pour M. Ould-Abdallah, le déploiement depuis un an par la communauté internationale d’une armada de navires militaires et d’avions pour patrouiller la zone d’action des pirates dans l’océan Indien « a considérablement réduit le nombre des attaques réussies par ceux-ci, en particulier dans le golfe d’Aden ».

_______________________ 10 – AllAfrica avec Shabelle (En Anglais)

Des islamistes somaliens (Hisbul Islam) demandent aux troupes gouvernementales d’abandonner l’hôpital Martini, institution pour les blessés de l’Armée somalienne. // Somalia: Islamists Call for Government Troops to Leave Martini Hospital

Mohamed Osman Arus, the spokesman the Islamic organization of Hisbul Islam for the operations has Thursday called for the TFG police forces to leave form Martini Hospital, a home for disabled national Somalia army in Mogadishu.

The spokesman said in an interview with Shabelle radio that they were very sorry for the deployment of the transitional government troops poured into the hospital pointing out that hospital was home for the former Somali military who lost their limbs in the war between Somalia and Ethiopia in 1977.

More of the former Somali national army had made demonstrations yesterday in the hospital as the police forces of the Transitional government reached Martini Hospital in Mogadishu.

All parts from Somali society like the scholars, educators and rights groups condemned the deployment of the government troops in the hospital.

_______________________ 9 – AFP

Somalie: les deux journalistes libérés ont quitté Mogadiscio

Les deux journalistes, une Canadienne et un Australien, libérés mercredi après 15 mois de détention en Somalie, ont quitté jeudi matin ce pays depuis l’aéroport de Mogadiscio.

Amanda Lindhout, la tête recouverte d’une "habaya" (voile somalien) noire, et Nigel Brennan se sont engouffrés dans un petit avion privé après être arrivés à l’aéroport de Mogadiscio dans deux véhicules, sous forte escorte de miliciens du gouvernement de transition somalien.

Les deux anciens otages n’ont fait aucune déclaration publique sur place et ont été tenus à l’écart des journalistes par leur escorte.

Leur avion, qui a décollé à 05H45 GMT, devait a priori rejoindre Nairobi. Il avait atterri la veille à Mogadiscio avec à son bord un pilote et deux autres hommes, venus récupérer les ex-otages.

La journaliste canadienne et le photographe australien, libérés jeudi contre rançon selon leurs ravisseurs, avaient été enlevés le 23 août 2008 par des inconnus armés sur la route Mogadiscio-Afgoye (25 km plus à l’ouest), où ils voulaient visiter des camps de déplacés.

Leur captivité a été une des plus longues dans l’histoire récente des prises d’otages occidentaux en Somalie, et elle a été particulièrement éprouvante.

Amanda Lindhout a déclaré avoir été "battue et torturée" par ses ravisseurs, des "criminels se faisant passer pour des combattants de la liberté", dans une interview accordée par téléphone depuis Mogadiscio à la chaîne publique canadienne CTV. Son quotidien consistait "à rester assise par terre dans un coin 24 heures par jour", a-t-elle ajouté.

Une rançon d’un million de dollars a été versée contre la libération des deux journalistes, a affirmé au téléphone mercredi soir à l’AFP un ravisseur, qui a refusé de donner son identité.

Les deux anciens otages ont passé leur première nuit de liberté dans un hôtel du centre de Mogadiscio, le Saafi, étroitement protégés par un nombre important de miliciens du gouvernement provisoire, signe que leur sécurité, même à ce moment, demeurait aléatoire.

Dans la Somalie livrée au chaos depuis 1991, les rares Occidentaux présents, qu’il s’agisse de personnel humanitaire ou de journalistes, sont des proies permanentes pour les gangs désireux de monnayer ensuite leur libération, le plus souvent au bout de quelques semaines.

_______________________ 8 – AllAfrica avec Shabelle (En Anglais)

Une explosion en Somalie tue un civil et en blesse un autre. // Somalia: Explosion Kills a Civilian, Injuries Another in Mogadishu

Hassan Osman Abdi

At least one civilian has been killed and another one wounded in Derkenley district in south of the Somali capital Mogadishu, witnesses told Shabelle radio on Wednesday.

Reports say the blast was a hand grenade which targeted to a government troops’ checkpoint at Ma’ma’anka neighborhood in Derkeny district in Mogadishu killing a civilian, wounding another.

"The explosion occurred at around the evening prayer. It was a hand bomb thrown to a government soldiers in Madina specially Darkenley district so one civilian died and another person was wounded. The dead civilian was not identified yet," one witnesses told Shabelle radio by the telephone.

Residents said that the body of the murdered civilian was still where he was shot and killed in the capital adding that he was identified so far.

The movement of the traffic and people in the area was halted after the explosion when more government troops gathered there and they started search operations according to the residents.

"The explosion happened as the troops were very busy for collecting the illegal taxation which is often taken by the public traffic drivers that works between Bakaro market and Derkenley district in the south. After that they opened fire to the civilians which killed one and wounded the other. It is a surprise thing to us really," said another witnesses.

It is not the first time the government troops are targeted explosions. but seems that it is part of a string of blasts targeted to the allied troops of the TFG and AMISOM troops in Mogadishu.

_________________________ 7 – Le Figaro avec AFP

Somalie: une reporter ex-otage torturée

La journaliste canadienne Amanda Lindhout libérée aujourd’hui en Somalie après 15 mois de captivité a déclaré avoir été "battue et torturée" par ses ravisseurs, des "criminels se faisant passer pour des combattants de la liberté".

Libérée contre paiement d’une rançon en même temps que le journaliste australien Nigel Brennan, Mme Lindhout a fait ces déclarations dans une interview accordée par téléphone depuis Mogadiscio à la chaîne publique canadienne CTV.

S’exprimant avec calme, elle a évoque des "moments très sombres" vécus aux mains de ses ravisseurs.

Ces derniers quinze mois, le quotidien consistait "à rester assise par terre dans un coin 24 heures par jour", a-t-elle dit.

"Il y a eu des moments où j’étais battue, où j’étais torturée. C’était une situation extrêmement difficile", a-t-elle dit.

La journaliste a dit vouloir retrouver sa famille au Canada et réévaluer sa vie. Elle avait cherché à garder le moral "dans les ténèbres" en pensant à sa famille et en s’échappant en pensée "vers des endroits ensoleillés, habituellement vers Vancouver".

Une rançon de un million de dollars a été versée contre la libération des deux journalistes indépendants, a affirmé au téléphone à l’AFP un ravisseur, qui a refusé de donner son identité.

_________________________ 6 – RSF

Amanda Lindhout et Nigel Brennan relâchés après quinze mois de captivité

"Nous apprenons avec un immense soulagement la libération de la journaliste indépendante canadienne Amanda Lindhout et du photographe indépendant australien Nigel Brennan, le 25 novembre 2009, à Mogadiscio.

Cet heureux dénouement, qui intervient après quinze mois d’une détention très éprouvante, marque la fin d’un cruel calvaire. Amanda Lindhout et Nigel Brennan se trouvent toujours dans la capitale somalienne. Nous leur souhaitons de retrouver au plus vite leurs familles", a déclaré Reporters sans frontières.

"Nous tenons à saluer les efforts de tous ceux qui, en Somalie et ailleurs, se sont mobilisés pour faciliter cette libération", a ajouté l’organisation.

Amanda Lindhout et Nigel Brennan avaient été enlevés par un groupe d’hommes armés, le 23 août 2008, sur la route de Mogadiscio, alors qu’ils rentraient du camp de réfugiés d’Afgoye, situé à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la capitale somalienne.

Plus d’informations (en anglais) sur le site de l’Union nationale des journalistes somaliens (Nusoj), organisation partenaire de Reporters sans frontières en Somalie (http://www.nusoj.org/index.cfm?zone=/unionactive/view_article.cfm&HomeID=145256)

_________________________ 5 – Radio Canada

Amanda Lindhout raconte ses mois de torture

La journaliste canadienne Amanda Lindhout et le photographe australien Nigel Brennan, qui avaient été enlevés en août 2008 en Somalie, ont été relâchés mercredi. Jeudi matin, ils sont arrivés au Kenya après avoir quitté le pays à bord d’un petit avion. La jeune femme prendra ensuite la direction du Canada.

Dans une entrevue au réseau CTV, la femme de 28 ans, originaire de Sylvan Lake, en Alberta, a raconté qu’elle avait été battue et torturée durant sa détention.

Elle a précisé qu’elle avait été enfermée dans une pièce sans éclairage ni fenêtres et qu’on lui donnait très peu de nourriture.

Elle a raconté avoir passé les 15 mois de sa détention assise sur le plancher, dans un coin, 24 heures par jour.

C’était une situation extrêmement, extrêmement difficile. (Amanda Lindhout)

La journaliste a indiqué que les ravisseurs réclamaient un million de dollars à sa famille pour la libérer. Mais sa famille ne pouvait amasser une telle somme, et c’est pourquoi, dit-elle, ses ravisseurs l’ont maltraitée.

Elle a expliqué que périodiquement, les ravisseurs lui permettaient de parler à sa mère au téléphone afin de la convaincre de payer la rançon. Mais elle a précisé qu’elle ne pouvait lui parler ouvertement et que les ravisseurs lui dictaient ce qu’elle devait dire.

La journaliste soutient qu’un certain montant, dont elle ne connaît pas l’ampleur, a été remis à ses ravisseurs, mais rien n’a encore été confirmé.

Amanda Lindhout travaillait habituellement de Bagdad, mais elle avait aussi couvert les conflits en Afrique et en Afghanistan.

Elle était en Somalie pour travailler pour la chaîne française France 24. Elle a été enlevée avec Nigel Brennan le 23 août 2008 alors qu’ils effectuaient un reportage près de Mogadiscio.

Les deux journalistes comptaient parmi les otages détenus depuis le plus longtemps en Somalie. Un journaliste somalien et deux chauffeurs capturés en même temps qu’eux avaient été libérés en janvier dernier.

Le gouvernement critiqué

Le ministre des Affaires étrangères, Peter Kent, qui a déclaré être soulagé par la libération de Mme Lindhout, a réitéré que le gouvernement ne payait pas de rançon pour la libération des otages. Le député libéral Dan McTeague a critiqué « les efforts limités du gouvernement ».

Le journaliste Robert Draper, qui travaillait en Somalie pour le National Geographic quand la journaliste a été kidnappée, a déclaré qu’Ottawa n’avait pas son travail. L’association canadienne des journalistes avait pressé le premier ministre Stephen Harper d’agir pour la libération de la journaliste.

________________ 4 – Site OpérationPaix

Al-Shebab demande au PAM de ne plus importer de nourriture –

Le groupe Al-Shebab exige que le PAM « cesse immédiatement d’importer des rations alimentaires de l’extérieur de la Somalie mais plutôt acheter la nourriture de fermiers somaliens » afin de cesser de « dévaster l’agriculture somalienne ».

Les sous-traitants somaliens devront donc mettre fin à leur contrats avec le PAM d’ici le 1er janvier tandis que l’agence onusienne devra pour sa part vider tous ses entrepôts d’ici là. Le PAM n’a pas encore réagit à l’annonce.

______________________ 3 – Nouvel Obs avec AP

Libération de deux journalistes enlevés en Somalie

Deux journalistes étrangers enlevés l’an dernier en Somalie ont été libérés mercredi, selon des responsables somaliens.

D’après le colonel Abdulhai Hassan Barise, porte-parole de la police, la Canadienne Amanda Lindhout et l’Australien Nigel Brennan ont recouvré la liberté dans la journée et se trouvent avec des policiers et le parlementaire somalien Botan Isse Alin dans un hôtel de Mogadiscio.

MM. Barise et Alin ont refusé de préciser si une rançon avait été versée en échange de leur libération.

Les journalistes avaient été arrêtés en août 2008 en compagnie de leur chauffeur somalien et de deux gardes somaliens alors qu’ils circulaient au sud-ouest de la capitale.

Journalistes et travailleurs humanitaires sont fréquemment enlevés en échange de rançons en Somalie, pays déchiré par la guerre qui compte parmi les Etats les plus pauvres de la planète. Des travailleurs étrangers et locaux se déplacent généralement à bord de convois placés sous la haute surveillance de miliciens.

_________________________ 2 – AFP

Dans Mogadiscio en guerre, la difficile mission des soldats de l’Amisom

De Hervé BAR

"En avant!": collée à l’oreille d’un caporal ougandais, la radio crache les ordres du chef d’un convoi de la force de paix de l’Union africaine en Somalie (Amisom).

Dans un nuage de poussière, les trois véhicules blindés blancs démarrent en trombe, vers les positions des soldats de l’UA en plein coeur de Mogadiscio en guerre.

Un son métallique de culasse résonne dans la cabine: du haut de leur tourelle, les servants des mitrailleuses 12,7 mm viennent d’engager une balle dans le canon de leur arme, prêts à ouvrir le feu.

L’ancienne avenue qui mène de l’aéroport, principale base des soldats de l’Amisom, au centre-ville n’est plus qu’une route poussiéreuse défoncée où circulent de rares véhicules brinquebalants.

Les soldats ougandais et burundais de la force de paix y ont été à plusieurs reprises la cible d’engins piégés, qui ont disparu avec la mise en place d’un poste avancé.

Le détachement "migration" –baptisé ainsi car installé dans un bâtiment de l’ancienne administration des frontières– surveille toute cette partie sud-est de la ville.

L’endroit jouxte un baraquement crasseux où somnolent avachis des miliciens pro-gouvernementaux. Trois immeubles défraîchis se font face autour d’une cour carrée, sur les toits desquels des militaires ougandais cachés derrière des sacs de sable passent leur journée à scruter l’horizon.

"D’ici, nous pouvons surveiller toute l’avenue jusqu’au centre-ville", explique le chef de poste, le lieutenant David Orejcho.

Les poseurs de bombe ne peuvent donc plus nuire, mais les snipers insurgés ont pris le relais. Interdiction de circuler plus de quelques instants à découvert sur les toits, "sinon vous risquez de vous faire descendre".

Le convoi reprend sa route, cette fois vers "kilomètre 4", "K4" pour tous les Somaliens, où quelques dizaines de militaires ougandais veillent, depuis un immeuble voisin criblé d’impacts de balles, sur ce rond-point stratégique de la capitale.

Un long coup de klaxon, deux coups de feu claquent: le mitrailleur d’un blindé de l’Amisom tente de faire dégager de la route un bourricot entêté, au milieu des minibus bondés de passagers, sous le regard amusé des miliciens en armes.

"Qui tient K4 tient Mogadiscio", résume le chef de détachement ougandais, le capitaine Oscar Kuche. "K4 contrôle les accès à tous les poins clés de la ville".

Derrière un simple portail de fer rouillé, renforcé de sacs de sable empilés, son compound est 3 à 4 fois par semaine la cible de snipers ou de tirs de mortiers, auxquels les militaires de l’Amisom "ripostent immédiatement" à l’aide d’une batterie de mortiers alignés devant sa porte.

Ils interviennent occasionnellement en renfort des forces pro-gouvernementales lorsqu’elles y affrontent les islamistes shebab, dont le bastion –le marché de Bakara– n’est qu’à quelques centaines de mètres de là.

Dernière position de l’Amisom avant la présidence et point "le plus chaud" pour les soldats ougandais, "Shakara" offre une vue plongeante sur les quartiers islamistes.

Retranchés dans une maison à demi-effondrée criblée d’éclats, les militaires de la force de paix, gilets par-balles et casques lourds, y font une cible idéale pour les insurgés.

Indifférents à ces menaces, de respectables barbus quinquagénaires devisent paisiblement dans la rue, assis à l’ombre d’un acacias. Des femmes voilées se regroupent devant une petite échoppe voisine.

Des combats à l’arme lourde font rage dans le lointain, les blindés de l’Amisom filent à pleine vitesse. Ainsi va la guerre à Mogadiscio.

_________________________ 1 – AFP

Le correspondant de l’AFP en Somalie et trois autres journalistes distingués

Quatre journalistes, dont le correspondant de l’AFP en Somalie Mustafa Haji Abdinur, ont reçu mardi à New York le prix international de la liberté de la presse 2009, décerné par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), organisme de défense des journalistes.

Les journalistes récompensés, outre Mustafa Haji Abdinur, sont la Tunisienne Naziha Réjiba, l’Azerbaïdjanais Eynulla Fatullayev et le Sri Lankais J.S. Tissainayagam.

Mustafa Haji Abdinur, 27 ans, est depuis trois ans le correspondant de l’Agence France-Presse en Somalie, un pays livré au chaos et à la guerre depuis 1981. Il a fondé en 2007 une radio indépendante, Radio Simba, dont il est le rédacteur en chef.

"En m’attribuant ce prix, ils reconnaissent le courage de tous les journalistes qui travaillent en Somalie", a déclaré Mustafa Haji Abdinur. "Ils rendent hommage à tous ces reporters qui ont fait des sacrifices énormes pour leur profession", a-t-il poursuivi.

"Jamais au cours de ma vie –j’ai 27 ans– la Somalie n’a eu de gouvernement central", a-t-il expliqué. "C’est pour cela qu’il est si dangereux d’être reporter: il n’y a ni police, ni armée, ni système judiciaire pour nous protéger quand il y a un problème".

Mustafa Haji Abdinour "a vu six de ses confrères tués cette année dans des échanges de tirs dans les rues de Mogadiscio, ou abattus dans l’exercice de leur métier. Il figure parmi les très rares journalistes qui ont le courage de travailler à Mogadiscio en dépit de la violence et d’une économie en ruines", avait relevé le CPJ au moment de l’annonce des lauréats.

Naziha Réjiba, "une des journalistes les plus critiques de Tunisie", selon le CPJ, dirige un site d’information indépendant, Kalima, qui a dû fermer en octobre 2008 à la suite d’une attaque informatique dont elle accuse le gouvernement. Elle a cofondé l’Observatoire de la liberté de la presse, de l’édition et de la création.

"Je ne suis ni une héroïne, ni une victime, juste une journaliste qui voudrait travailler dans des conditions normales", a-t-elle dit.

Les autres lauréats, emprisonnés dans leurs pays respectifs, n’étaient pas présents à la remise des prix dans un grand hôtel de Manhattan.

Le journaliste azerbaïdjanais Eynulla Fatullayev a été condamné fin 2007 à 8 ans de prison pour "terrorisme" à la suite d’un article sur les relations entre son pays et l’Iran.

Le journaliste sri-lankais d’origine tamoule J.S. Tissainayagam est détenu depuis mars 2008, et a été condamné à 20 ans de prison en septembre dernier pour des articles jugés contraires à "l’harmonie de la communauté".

Il a reçu cette année le premier prix Peter Mackler du "journalisme éthique et courageux", un prix créé à la mémoire de l’ancien rédacteur en chef de l’Agence France-Presse pour l’Amérique du Nord, décédé en 2008.

Un reporter chinois récompensé en 2001 et qui était détenu depuis 2000 pour avoir exercé son métier, Jiang Weiping, ancien journaliste du quotidien Wen Hui Bao et de l’agence Xinhua, est sorti de prison et a pu recevoir son prix à New York mardi.

Au cours de la cérémonie, l’éditorialiste du New York Times Anthony Lewis a aussi reçu le prix Benjamin Burton pour toute sa carrière dans le célèbre quotidien.