28/02/10 (B540) Yémen Express (2 articles en Français)

_________________________ 2 – L’Express avec Reuters

La trêve tient au Nord-Yémen, manifestations dans le Sud

Des démineurs de l’armée yéménite ont pénétré à Saada, ville du Nord et bastion des rebelles Houthi, après le retrait de ces derniers aux termes d’un accord de cessez-le-feu.

Mais les tensions se sont accrues dans le Sud où les autorités ont renforcé les mesures de sécurité dans la ville de Dalea, chef-lieu de province, pour faire face à une rébellion séparatiste.

Le Yémen, le plus pauvre des pays arabes, a conclu le 11 février une trêve avec les rebelles Houthi qui combattaient le gouvernement depuis 2004 à l’appui de revendications religieuses, économiques et sociales.

Ce cessez-le-feu, en vigueur depuis deux semaines, tient dans l’ensemble.

Les rebelles du Nord ont accepté jeudi de quitter leur bastion de Saada, à 240 km au nord de Sanaa, la capitale, à condition d’avoir le visage dissimulé, que leurs routes soient débloquées et qu’ils ne soient pas suivis par les services de sécurité.

Le ministère de la Défense a fait savoir samedi sur son site internet qu’après leur départ, des experts en explosifs de l’armée étaient entrés dans la ville pour procéder « au retrait de toutes mines posées par les Houthis ».

Des habitants de la ville ont commencé à y revenir, ajoute le site. Le conflit au Nord Yémen a provoqué le déplacement de 250.000 personnes.

L’Arabie saoudite a été entraînée dans le conflit en novembre lorsque les rebelles du Nord se sont emparés d’un territoire saoudien, à la frontière, en accusant Ryad de laisser les forces yéménites se servir du sol saoudien pour lancer des attaques contre eux.

Les gouvernements occidentaux et l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, redoutent que l’instabilité sur plusieurs fronts au Yémen soit exploitée par al Qaïda pour recruter et entraîner des activistes.

La branche yéménite d’al Qaïda a revendiqué la tentative manquée d’attentat à bord d’un vol Amsterdam-Detroit, en décembre.

ADHÉSION AU CCG

A Ryad, où des donateurs occidentaux et arabes étaient réunis pour discuter d’une aide économique au Yémen, le vice-Premier ministre yéménite Abdulkarim al Arhabi a déclaré qu’une adhésion « accélérée » de son pays au Conseil de coopération du Golfe serait « l’un des meilleurs moyens de permettre au Yémen de contribuer à la consolidation de la sécurité régionale et internationale ».

Le Yémen avait dit jusqu’ici qu’il souhaitait adhérer au CCG d’ici 2015.

Les autorités ont annoncé un renforcement des mesures de sécurité samedi à Dalea, dans le Sud, en invoquant de possibles violences séparatistes deux jours après la mort d’un policier tombé dans une embuscade dans une province voisine.

Un responsable avait déclaré auparavant que l’état d’urgence à Dalea avait été proclamé dans la ville, mais le site du ministre de la Défense l’a par la suite démenti.

Des centaines de personnes ont manifesté samedi à Dalea contre les récentes arrestations, certaines brandissant des drapeaux de l’ancien Sud-Yémen qui s’est uni au Nord en 1990, ont rapporté des habitants et des sites pro-Sud.

Un dirigeant sudiste, Shalal Ali Shayeh, a, dans un discours, exhorté les donateurs réunis à Ryad à régler accéder aux « justes revendications de la population du Sud ».

La population du Sud, où sont implantées la plupart des installations pétrolières, affirme que les nordistes ont profité de l’accord de 1990 sur l’unification du pays pour mettre la main sur les ressources et les discriminer.

Des manifestations ont aussi été organisées dans plusieurs autres villes, dont certaines étaient paralysées par une grève observées à l’appel de militants sudistes, ont rapporté des sites internet.

Dans la province d’Abyan, deux personnes ont été blessées lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser des manifestants qui bloquaient une route.

Des tensions ont éclaté ces dernières semaines dans le Sud après la mort d’un manifestant séparatiste, tué le 13 février lorsque la police a ouvert le feu sur une manifestation.

Des heurts ont ensuite opposé la police à des manifestants venus réclamer le corps du défunt. Il s’en est suivi une semaine d’émeutes au cours desquelles des séparatistes ont incendié des boutiques appartenant à des nordistes et ont tenté de bloquer une route reliant la province de Lahj à Aden, principale ville du Sud.

Les services de sécurité ont depuis procédé à au moins 130 arrestations dans quatre provinces du Sud, notamment à Dalea.

__________________________ 1 – Le Parisien

Yémen: des milliers de manifestants dans le sud où trois civils ont été blessés

Des milliers de personnes ont manifesté samedi dans plusieurs régions du sud du Yémen, où trois civils ont été blessés par la police, à l’appel d’un dirigeant séparatiste sudiste, ont indiqué des témoins.

Arborant le drapeau de l’ancien Yémen du sud et des bannières vertes, la foule a manifesté dans les régions de Dhaleh, de Lahj, d’Abyane et du Hadramout où les commerces étaient restés fermés de crainte d’actes de violence.

28/02/10 (B540) Nouvelles de Somalie (4 articles en Français)

_________________________ 4 – Afrique en Ligne

Somalie: L’UA appelle les groupes armés au processus de paix

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a invité toutes les parties somaliennes à se joindre au processus de paix en cours dans ce pays de la Corne de l’Afrique « sans aucune condition préalable », tout en condamnant les actes récurrents de violence et de terrorisme des groupes armés Al Shabaab et Hizbul Islam en Somalie.

« La dégradation constante de la situation en Somalie est la preuve de l’internationalisation croissante de ce conflit », a déclaré le CPS dans un communiqué de presse rendu public vendredi après avoir reçu un compte-rendu de la situation dans le pays du représentant spécial du président de la Commission de l’UA pour la Somalie, ainsi que des représentants des Nations unies et de la Ligue des Etats arabes.

« Le Conseil a réaffirmé son soutien au gouvernement fédéral de transition – TFG) de la Somalie et s’est félicité des contributions des Etats membres de l’UA à ce gouvernement tout en appelant à davantage de soutien, y compris militaire et pour le renforcement des capacités, afin de permettre au TFG de neutraliser les éléments armés menant des attaques contre lui et d’assurer aux populations des services de base », indique le communiqué.

De l’avis du CPS, les groupes islamistes Al Shabaab et Hizbul Islam mènent ces actes de terrorisme et de violence avec le soutien actif d’éléments étrangers, au mépris des propositions de paix du TFG et de la communauté internationale.

Le CPS s’est déclaré profondément préoccupé par la situation humanitaire en Somalie et a sommé les groupes d’opposition armés de se conformer immédiatement au droit humanitaire international et à assurer un accès humanitaire sans restriction et une assistance aux civils dans le besoin dans les régions sous leur contrôle.

En se félicitant de la signature d’un accord, avant celle de l’accord de coopération entre le TFG et Ahlu Sunna Waljamaa (ASWJ), le Conseil a noté qu’il s’agissait d’une mesure concrète importante prise par le TFG pour élargir le dialogue et la réconciliation conformément avec les principes et les objectifs du processus de Djibouti.

Il a également réitéré son appréciation de la contribution des pays qui ont déployé des forces policières tout en se félicitant de la récente mise en place de huit Bataillons des forces de sécurité somaliennes dans le cadre du soutien de l’AMISOM au TFG.

Par ailleurs, le Conseil a invité le TFG à s’assurer du déploiement effectif de ces Bataillons afin qu’ils jouent un rôle plus grand dans la sécurisation du TFG et de la population de Mogadiscio, en particulier.

Le CPS a apprécié les mesures prises par la composante policière de l’AMISOM pour soutenir effectivement la reconstruction de la Force de police somalienne (SPF), à travers la formation et la supervision.

En plus d’encourager l’AMISOM à continuer à jouer son rôle de coordonnateur dans le cadre des efforts de renforcement des capacités en Somalie, le Conseil a appelé la communauté internationale à s’assurer du maintien des forces de sécurité somaliennes.

Dans le même communiqué, le CPS a renouvelé son appel aux Etats membres de l’UA qui ont promis des troupes à l’AMISOM à tenir leurs engagements, afin que l’AMISOM puisse atteindre son effectif recquis.

_________________________ 3 – Les Afriques

Somalie : Jean Ping veut augmenter les troupes de l’AMISOM

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA) veut plus de soldats de maintien de la paix au sein de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).

Jean Ping a lancé un appel pour aider le gouvernement fédéral de transition (TFG) à faire face à la situation dangereuse marquée par les risques d’affrontements avec les insurgés islamistes d’Al Shabaab.

Les troupes de l’AMISOM comptent actuellement 5500 soldats.

« Nous avons besoin d’encore plus de troupes en Somalie et nous insistons sur ce nouveau appel », a déclaré M. Ping.

L’appel est particulièrement dirigé vers les pays qui avaient promis, sans le faire, d’envoyer des troupes pour la mission de l’UA : le Nigeria, le Ghana et le Malawi.

___________________________ 2 – Zenit.org

Somalie : Nouvelle urgence humanitaire pour la Caritas

Le réseau Caritas vient de lancer une opération d’urgence en Somalie, où la population est confrontée à une terrible crise alimentaire, la plus forte depuis 18 mois, ainsi qu’à une recrudescence de la guerre civile dans le pays.

Pour des raisons de sécurité liées à la guerre civile, le centre et le sud du pays sont actuellement inaccessibles aux aides internationales. Le plan de réponse de la Caritas se concentrera donc sur la région nord du Somaliland, où l’organisme pense pouvoir couvrir les besoins essentiels de près de 70.000 personnes.

Dans le nord du pays, dont la zone est axée sur l’élevage, la sécheresse a entraîné une diminution dramatique de la production agricole et du bétail, causant de graves problèmes de sécurité alimentaire.

La Somalie souffre de ces situations d’urgence répétées depuis vingt ans. Face aux taux élevés de malnutrition et d’insécurité alimentaire de la population, ces interventions de la Caritas sont incontournables. Mais depuis quelques années, le climat de violence constitue un frein dans ses actions.

La région du Somaliland a rompu ses relations avec la Somalie en 1991, après s’être déclarée indépendante. Une indépendance que ne reconnaît toujours pas la communauté internationale.

Épargnée par la guerre civile qui afflige le reste du pays, elle est toujours accessible aux aides internationales.

Le réseau Caritas travaille au Somaliland depuis 1994, en étroite collaboration avec Caritas Somalie, – qui a lancé un appel d’urgence face à la crise alimentaire pour un montant total de 542.677 euros -, les organisations civiles de Somalie et le gouvernement du Somaliland.

La plupart des actions du plan Caritas garantissent la remise en marche des systèmes d’irrigation et l’arrivée de l’eau potable aux communautés rurales, pour leur permettre de faire face aux conditions de sècheresse chronique et développer, indépendamment des changements climatiques, une activité agricole sur laquelle repose la sécurité alimentaire.

___________________________ 1 – RSF

Somalie – Un journaliste détenu depuis trois jours par la milice Al-Shabaab

Reporters sans frontières se joint à son organisation partenaire en Somalie, the National Union of Somali Journalists (NUSOJ), pour exprimer sa vive inquiétude quant au sort réservé à Ali Yusuf Adan, arrêté le 21 février dans une zone controlée par la milice Al-Shabaab.

 » Classée parmi les prédateurs de la liberté de la presse, la milice islamiste Al-Shabaab ajoute un triste fait à la longue liste des violations de la liberté d’expression qu’elle a déjà perpétrées. Nous condamnons cette arrestation et demandons la remise en liberté immédiate du journaliste », a déclaré l’organisation.

Ali Yusuf Adan est correspondant pour la Radio Somaliweyn à Wanlaweyn, région où il a été arrêté. Il aurait été transféré dans une prison de la ville de Merca, au sud de la Somalie. Il serait détenu pour avoir commenté, le 20 février, un meurtre perpétré par cette milice.

Nous sommes malheureusement toujours sans nouvelles de lui.

Pour plus d’information, voir le communiqué de la NUSOJ : http://www.nusoj.org/?zone=/unionac…

28/02/10 (B540) Le Journal de la Flibuste. Déstockage contre rançons ! (3 articles en Français)

___________________________ 3 – L’Alsace

Somalie : des pirates obtiennent une rançon pour un cargo grec

Une rançon a été payée à des pirates somaliens pour qu’ils relâchent un cargo grec et son équipage de dix neuf marins qu’ils retiennent au large des Seychelles, a indiqué samedi à Bruxelles la mission navale européenne dans la région.

«Le largage d’une rançon a été effectué avec succès pour obtenir la fin du détournement du cargo grec battant pavillon panaméen +Navios Apollon+,» a indiqué la force navale anti-piraterie de l’UE NAVFOR dans un communiqué.

Le capitaine du navire est grec et son équipage philippin.

Des pirates somaliens utilisant des embarcations rapides avaient capturé le cargo en décembre dernier alors qu’il faisait route vers la Thaïlande.

Selon le porte-parole de NAVFOR, le commandant John Harbour, cela prend normalement 24 heures aux pirates pour libérer un bateau et son équipage «après que l’argent a été compté».

Il s’agissait de la seconde rançon larguée pour la libération d’un navire en deux jours, prouvant ainsi le dilemme dans lequel se trouvent gouvernements et compagnies entre le souci de récupérer bateaux et équipages et la peur d’encourager encore plus les actes de piraterie.

Le montant de ces rançons pas été révélé.

Presque immédiatement après le versement de la première rançon, un chimiquier indonésien battant pavillon de Singapour, le Pramoni, et son équipage de 24 marins avaient été relâchés par les pirates, a indiqué à l’AFP John Harbour.

Vendredi NAVFOR avait indiqué que les pirates qui retenaient depuis début janvier le chimiquier avaient reçu une rançon du propriétaire, ouvrant la voie à sa libération rapide.

Le navire d’un capacité de 20.000 tonnes avait été capturé le 1er janvier dans le golfe d’Aden alors qu’il faisait route vers le port de Kandla en Inde.

___________________ 2 – La Tribune de Genève avec AFP

Somalie: un navire indonésien capturé en cours de libération

Des pirates somaliens détenant depuis début janvier un navire chimiquier indonésien avec 24 membres d’équipage à bord ont reçu vendredi une rançon du propriétaire, ce qui ouvre la voie à sa libération rapide, a indiqué la force navale anti-piraterie de l’UE.

Des pirates somaliens détenant depuis début janvier un navire chimiquier indonésien avec 24 membres d’équipage à bord ont reçu vendredi une rançon du propriétaire, ce qui ouvre la voie à sa libération rapide, a indiqué la force navale anti-piraterie de l’UE.

« Une rançon a été lâchée » sur le bateau, le Pramoni, battant pavillon de Singapour, a indiqué le porte-parole de la force de l’UE, John Harbour.

« Il faut entre 12 et 24 heures ensuite pour que le navire soit libéré », une fois que l’argent a été compté par les pirates, a-t-il ajouté.

« Les pirates ont déjà accepté de libérer le navire après avoir reçu une rançon de 3,7 millions de dollars, je pense qu’ils vont quitter le bord ce soir ou demain », a confirmé par téléphone Abdi Yare, un pirate basé à Harardere, village côtier du centre de la Somalie.

« Ils ont reçu la rançon aujourd’hui (vendredi) », a confirmé un autre pirate, Hasan Abdulle, également interrogé au téléphone à Harardere depuis Mogadiscio.

Le navire d’un capacité de 20.000 tonnes avait été capturé le 1er janvier dans le golfe d’Aden alors qu’il faisait route vers le port de Kandla en Inde. Il se trouve actuellement ancré près du port somalien de Eyl, selon le porte-parole.

L’équipage est composé de 24 personnes: 17 Indonésiens, cinq Chinois, un Nigérian et un Vietnamien.

________________________ 1 – Le Figaro avec AFP

Somalie: un navire libéré

Des pirates somaliens détenant depuis début janvier un navire chimiquier indonésien avec 24 membres d’équipage à bord ont reçu vendredi une rançon du propriétaire, ce qui ouvre la voie à sa libération rapide, a indiqué la force navale anti-piraterie de l’UE.

« Une rançon a été lâchée » sur le bateau, le Pramoni, battant pavillon de Singapour, a indiqué le porte-parole de la force de l’UE, John Harbour.

« Il faut entre 12 et 24 heures ensuite pour que le navire soit libéré », une fois que l’argent a été compté par les pirates, a-t-il ajouté.

Le navire d’un capacité de 20.000 tonnes avait été capturé le 1er janvier dans le golfe d’Aden alors qu’il faisait route vers le port de Kandla en Inde. Il se trouve actuellement ancré près du port somalien de Eyl, selon le porte-parole.

L’équipage est composé de 24 personnes: 17 Indonésiens, cinq Chinois, un Nigérian et un Vietnamien.

28/02/10 (B540) FreeDjibouti -> DJIBOUTI ! La responsabilité patriotique

Par FreeDjibouti

Retrouvez l’intégralité des chroniques
de FreeDjibouti : lien

Le peuple djiboutien continue d’écrire les pages sombres de son histoire dans l’indifférence, dans l’insouciante et surtout dans l’hypocrisie de la communauté internationale. Livré à lui-même, le peuple ne sait plus d’où lui viendront les secours. Les leaders politiques sont plus ou moins usés par la lutte démocratique et certains tombent dans le « relooking » en changeant de veste au détriment des intérêts du peuple.

Notre démocratie, c’est virtuelle mais ça viendra.

Ainsi, contre vent et marrée, le peuple continue de mettre son espoir dans l’opposition traditionnelle malgré ses insuffisances. Cependant, le peuple ne sera plus naïf; raison pour laquelle les responsables de l’opposition doivent avoir à l’esprit que ce peuple n’est pas prêt à revivre à nouveau le lendemain d’un certain mois d’avril 1999. Depuis cette date, qu’est-ce qui a pu changer vraiment sur la terre de nos aïeux? Rien; sinon Djibouti III version Guelleh, et à la clef, M. Dileita ‘le soumis’ à la primature. L’heure n’est plus de critiquer IOG mais de l’obliger à quitter le pouvoir à la fin de son dernier mandat.

Une photographie de la persistance crise socio-politique djiboutienne met en évidence trois points:

  • Une stratégie basée sur la culture de la violence sous toutes ses formes: base de la méthode du RPP pour maintenir, accroître et pérenniser le pouvoir par tous les moyens et le tout orchestré et instrumenté par un système d’impunité légitimé;
  • L’impuissance d’une opposition en panne de véritables stratégies ou ne disposant pas de moyens de ses actions, le tout sur fond d’une querelle de leadership;
  • Une communauté internationale calculatrice et sourde aux cris de désespoir des Djiboutiens.

Beaucoup d’actes posés par la partie présidentielle depuis la prise du pouvoir de Guelleh sont des signes avant coureurs de tout ce qui se trame sur le dos du peuple. Il ne faut plus se voiler la face, la démocratie à Djibouti, ce n’est pas pour demain.

En effet, le pays est dirigé par le dictateur Guelleh qui a écarté par la force tous les opposants et contraint des milliers de citoyens à l’exil. C’est ainsi que la démocratie n’est devenue malheureusement qu’un rêve pour cette nation éprise de liberté. Les medias publics (télévision et radio) sont contrôlés par le régime, la presse privée et indépendante est presque interdite. Les journalistes de ces organes privés sont accusés injustement et jetés en prison quotidiennement.

Sur le plan de la justice sociale, le tableau est aussi sombre. Les syndicats des travailleurs sont empêchés souvent d’exercer leur droit de grève et les dirigeants(les vrais) sont persécutés.

Le comble, c’est que les trois pouvoirs censés régir un état de droit, à savoir: pouvoir exécutif, législatif et judiciaire, sont concentrés entre les mains d’un seul homme. Le moins qu’on puisse dire qu’à Djibouti, les jours, les semaines, les années se succèdent et se ressemblent, ce qui veut dire la stabilisation de la dictature et les victimes qui demeurent les mêmes (les enfants de Djibouti).

Qu’est-ce qu’il faut faire?

C’est là la grande question car en ce moment, le camp présidentiel peaufine ses stratégies et affûte ses armes pour que la Constitution djiboutienne soit révisée, afin de permettre au Président Guelleh de solliciter un troisième mandat.

Le rôle de la diaspora :

Une chose est sûre, il faut que la diaspora djiboutienne se mobilise. Si un changement doit intervenir à Djibouti, la diaspora doit continuer de relayer le travail effectué sur place. Aussi faudrait-il que dès à présent, toutes les diasporas djiboutiennes dans leurs pays d’accueil respectif donnent un signal fort à Guelleh et son équipe par l’organisation d’un rassemblement démonstratif et de positionnement. Les puissances occidentales (surtout la France) qui conseillent le pouvoir dans la répression et les fraudes doivent désormais rencontrer sur leur chemin une diaspora déterminée. Il est temps que chaque membre de la diaspora mondiale djiboutienne agisse comme si le changement à Djibouti ne dépendait que de ses actions patriotiques qu’il posera l’année à venir.

Que fait l’opposition ?

Ce qui désole tous les Djiboutiens,victimes quotidiennes des atrocités de Guelleh, est cette incapacité de l’opposition en qui le peuple a mis sa confiance, à conduire une vraie politique fondée sur un idéal commun: Mettre fin a la dictature à djibouti.

Qu’on le veuille ou non, IOG n’a pas l’intention de quitter le pouvoir ni de son propre chef et encore moins de celle de l’opposition. Autrement, il y a belle lurette qu’on en serait débarrassé.

Si vous devez opter une nouvelle fois, vous, leaders de l’opposition, à une solution pacifique, et cela est tout à fait à votre honneur, n’oubliez pas de construire une force sur laquelle vous devez prendre appui, ENSEMBLE, pour affronter ce régime. Si vous y allez une fois de plus en rangs dispersés, nous n’obtiendrons une fois de plus RIEN, et vous le savez. Vous aurez au contraire donné une fois de plus des arguments à Guelleh et ses sbires, de continuer en toute tranquillité dans l’illégalité.

NE COMMETTEZ SURTOUT PLUS CETTE ERREUR CAR LE PEUPLE NE VOUS LE PARDONNERA PLUS.

Les leaders de l’opposition doivent travailler de communs accords pour maximiser les conditions de concrétisation de la future victoire dans la réalité. Comme la diaspora, les leaders de l’opposition doivent aussi plus que jamais, se mobiliser et fédérer l’opposition djiboutienne. Il ne faut surtout pas d’attendre le coup de sifflet de Guelleh(le lancement de sa campagne) pour organiser des manifestations et des débats qui seront inutiles et stériles.

L’enjeu est très important, Djibouti appartient à chaque Djiboutienne et Djiboutien. La présidence à vie qui prend racine à Djibouti doit disparaître. Les sacrifices consentis par le Djibouti d’en bas doivent cesser.

Notre démocratie, c’est virtuelle mais ça deviendra concret si nous, nous le voulons sincèrement.

L’heure est venue de se réveiller et de se rendre plus actif et utile pour notre pays.
«Ne restons donc plus à compter nos jours, mais faisons désormais que nos jours comptent.»

Djiboutiennement

FreeDjibouti

freedjibouti@windowslive.com

http://afraissas.over-blog.com

28/02/10 (B540) Point de vue / Un lecteur nous signale un article de La Nation, qu’il considère comme faisant partie « des manoeuvres de Guelleh pour faire oublier le projet de modification constitutionnelle, en détournant l’attention publique des véritables problèmes ». Les lecteurs de l’ARDHD jugeront …

___________________________ 1 – Extrait de La Nation

Vive le peuple Djiboutien, vive la difference,

Nous prêchons l’amour et la fraternité entre les peuples et nous ne cultivons pas la haine entre les populations Djiboutiennes, les une contre les autres. Ce qui est frappant chez les Issa c’est l’ignorance de l’islam tolérant et les principes qui régissent. Je suis conscient que l’Islam est arrivé récemment chez nos amis Issa : il y a au moins de deux siècle.

Dans ce cas là, il vaut mieux consulter les ecclésiastiques « pèlerins » qui amenaient la religion dans vos foyers. Je pensé aux Arabes yéménites et aux autres tribus Somalis. Malgré ça, vous ne devez pas économiser votre réflexion en profondeur de l’Islam ni analyser la situation politique du pays, au lieu de vous accrocher désespérément à la haine.

Ma connaissance de l’Islam est limitée pour des raisons personnelles et familiales, mais je dois dire en tout cas, sans qu’aucune personne ne contredise la vérité. Personne ne peut nous amener la pluie , personne ni pour un groupe : La pluie c’est une affaire de Dieu.

A la RTD, les Issa ont confirmé hier soir une autre bêtise que le piètre Ougas, ressortissant Ethiopian, fera la pluie et bon temps dans cette dictature qu’est la RDD

J’ai constaté avec beaucoup de regrets la pauvreté spirituelle mais surtout intellectuelle des Issa, en affirmant ceci : La richesse matérielle, la puissance physique(guerrier) et un quotient intellectuel supérieur aux autres ne sont pas nécessaires.

Un homme public « Roi Issa » doit être riche matériellement quelle que soit la provenance de ses richesses; fort physiquement même gros. L’essentiel est qu’il doit apparaître « un homme fort ». L’intelligence n’est pas un facteur déterminant pour diriger un peuple. Là aussi, j’ai constaté avec beaucoup d’étonnement ce type de raisonnement.

Le portrait de l’Ougas que vous avez présenté ressemble beaucoup à quelqu’un que tout le monde a reconnu.

Chers amis Issa, votre vraie personnalité est : vous etes des passionnés, aveuglés par le tribalisme, la haine de l’autre.

Enfin, vous êtes possédés par le démon du « diable tribal ». vous représentez un risque certain pour la population Issa, les autres communautés et plus grave la cohabitation entre les communautés du pays, tout simplement la paix sociale. J’attire votre attention pour le drame tribal, pour la dernière fois:

Le mal de la tribu ce n’est pas dans la tribu qu’il est, c’est dans la pratique politique. Depuis l’indépendance en 1977, les gouvernements de Gouled et d’IOG favorisent volontairement la rupture entre les communautés. Pour cela, j’interpelle l’opposition djiboutienne si elle existe réellement, de saboter cette provocation entre frères djiboutiens.

Rien ne sert de nous aider si certaines fractions continuent de prêcher à la haine tribale (dieu vous protége). Je termine avec une note d’espoir : le plus grand cœur du monde, c’est lui qui pardonne. Nous, les Gadaboursis, nous vous pardonnons quand même, parce que votre problème c’est uniquement l’ignorance.

Gada, Afar, Issack, Arabe, et autres ; un seul credo : De l’amour, de la vie et les hommes peuvent grandir y compris les tribalistes.

Elmi D. F
Quartier 7 Sud

28/02/10 (B540) Message de condoléances pour la disparition de Abdoulkader Ibrahim Sultan (Lecteur)

Abdoulkader Ibrahim Sultan n’est plus.

Parfois, la vie est trop injuste. Abdoulkader Ibrahim Sultan nous a quittés brutalement ce jeudi 25 février 2010, en milieu de matinée, des suites d’une violente attaque cardiaque, sur les lieux de son travail.Ce fonctionnaire du ministère de la santé, occupait le poste de directeur régional de la santé en charge des districts de Tadjourah et Obock.

Abdoulkader est né en juin 1960 à Djibouti.

Après sa scolarité primaire et secondaire à Djibouti, l’adolescent est envoyé en France, à Poitiers, en septembre 1976 pour intégrer le collège Henri IV, puis, le lycée polyvalent Camille Guérin.Il obtient son baccalauréat scientifique en 1980.

Il intègre la faculté de médecine de Poitiers. Finalement, il abandonne ses études de médecine, pour un master en MBA ( master busines administration ) à San Francisco, aux Etats-Unis, de 1985/1988.Il a perdu son père, Ibrahim Mohamed Sultan, ministre des finances des gouvernements de Hassan Gouled, de l’indépendance à sa mort, le 26 novembre 1986. Evènement, qui pousse Abdoulkader à rentrer au pays, duquel il s’était absenté très jeune.

Il débute sa carrière en 1986 à la Banque nationale, avant de se voir muté au Trésor public.

Fin 1995, le ministre de la santé de l’époque, Jean-Marie, invite Abdoulkader et en fait l’un de ses collaborateurs. Il se voit confier le poste de gestionnaire de l’Hopital Général Peltier.

Printemps 2001, il est relevé de ses fonctions et, muté dans un service administratif du ministère.

L’actuel ministre de la Santé, Abdallah Abdillahi Miguil hérite de ce ministère.

Très vite, Abdoulkader est appelé aux cotés du nouveau locataire des lieux. Il travaille à ses cotés quelques années, puis, il est nommé directeur régional de la santé pour les districts de Tadjourah et Obock. Poste qu’il conservera jusqu’à son décès.Le défunt, très apprécié par ses collègues, ses amis et autres connaissances, avait le sens éminemment de l’amitié, de la générosité.Toujours souriant, Abdoulkader aimait la vie, qu’il croquait à pleines dents.

Mais, le destin tragique l’a surpris.

Abdoulkader a quitté trop tôt son épouse, ses enfants, ses frères et sœurs, et ses proches. Celles et ceux qui l’ont connu reconnaissent sa grande gentillesse et serviabilité exceptionnelles. Qualités qui n’ont rien à avoir avec l’éloge funèbre bien sûr ! Il manquera infiniment à son épouse Saliha et ses enfants. Mais aussi, à ses frères et sœurs et à tous les proches et amis qui pleureront encore longtemps cet homme unanimement apprécié.

Abdo, tu nous manqueras à tous !

Inna lillah, wa inna ileyhu radjiun

28/02/10 (B540) ARD : communiqué à l’issue des assises nationales qui se sont tenues à Balbala les 25 et 26 février 2010.

COMMUNIQUE
Tenues à Balbala les 25 et 26 courant, les Assises Nationales de l’ARD ont réuni une centaine de délégués venus de la vingtaine d’annexes de la Capitale et des districts. A l’issue des travaux, les participants ont dressé le constat, adopté les résolutions et lancé les mots d’ordre suivants :

LE CONSTAT

1) Les actions du Parti

a) Dans le pays
Sur la base de l’état des lieux dressé par le Secrétaire Général, les participants ont pris bonne note des actions entreprises aussi bien par le Comité Exécutif que par les responsables des annexes, malgré les entraves policières imposées par cette dictature à peine déguisée. De même qu’ils se sont félicités de la détermination qui anime la coalition de l’UAD.

b) A l’étranger
Le renforcement de l’ARD au sein de la diaspora a été accueilli comme une avancée prometteuse. A cet égard, mention spéciale a été faite du rapprochement d’Uguta-Toosa du Docteur Ali Coubba dont une rapide concrétisation est attendue.

c) Au niveau diplomatique
Les multiples démarches entamées dans le cadre de l’UAD auprès des chancelleries occidentales pour les tenir informées de la dégradation de la situation politique ont été exposées aux participants. La timidité du feed-back tient à la situation dans laquelle s’inscrit notre combat démocratique.

2) La situation

a) Le contexte national
Bien qu’il n’ait pas réussi à occulter le débat sur la détérioration croissante des conditions d’existence de nos concitoyens, inhérente à la mauvaise gouvernance, le thème du 3ème mandat présidentiel s’est imposé. C’est, pour les participants, la preuve d’un massif rejet populaire qu’il appartient à l’opposition de capitaliser par une mobilisation soutenue. Si un scénario à la nigérienne semble ici exclu, les risques d’une explosion sociale y sont réels, que ne peuvent prévenir les habituelles technologies dictatoriales de domination : appauvrissement, famine, cloisonnement ethnique ou encore asservissement de la société civile.

b) La conjoncture régionale
Le conflit armé nous opposant à notre voisin érythréen et la situation d’anarchie sanglante et les multiples ingérences militaires en Somalie, créent un environnement qui complique davantage la tâche des démocrates et des défenseurs des droits de l’homme à Djibouti.

LES RESOLUTIONS

A) Au niveau du parti

1) Il conviendra de renforcer le parti par l’implantation des sections et annexes dans tous les quartiers de la capitale et dans tous les districts de l’intérieur ;

2) Il conviendra d’accroitre la visibilité du Parti à l’étranger par la mobilisation de la diaspora ;

B) Au niveau de l’opposition

3) La dynamisation de l’opposition pacifique sera renforcée par une plus grande unité d’action et par l’organisation rapide et soutenue d’une campagne de mobilisation commune et multiforme ;

4) Des démarches diplomatiques unitaires seront entamées auprès des chancelleries occidentales et arabes ;

C) De l’instauration de la Démocratie

5) L’ARD condamne les entraves multiformes par lesquelles le régime interdit le fonctionnement normal des partis politiques et nuit gravement à l’instauration de la paix civile et d’une véritable démocratie ;

6) L’ARD condamne vigoureusement tout projet de révision constitutionnelle en faveur d’un troisième mandat présidentiel

7) Toute sortie de l’impasse politique qui s’est instaurée depuis la violation des accords de paix et le trucage des législatives de janvier 2003 devra nécessairement passer par la mise en place d’une véritable transition démocratique ayant pour objectifs de :

  • Mettre fin aux dysfonctionnements institutionnels qui interdisent toute alternance démocratique, par la mise en œuvre des remèdes définis dans l’Accord de paix du 12 mai 2001 qui devront être actualisés, complétés et renforcés,
  • Restaurer dans leur citoyenneté tous ceux qui en sont encore injustement privés ;
  • Reconstruire une identité djiboutienne mise à mal par le pouvoir clanique :

D) De la situation régionale

8) L’ARD dénonce le rôle déstabilisateur du régime djiboutien dans la corne de l’Afrique ; 9) L’ARD appelle Djibouti et l’Erythrée à soumettre leur différend frontalier à l’arbitrage des juridictions internationales et invite l’Erythrée à traiter ses éventuels prisonniers de guerre Djiboutiens dans le respect de la Convention de Genève ; 10) L’ARD soutient la lutte internationale contre le terrorisme et la piraterie.

11) L’ARD exhorte les parties somaliennes à trouver une solution pacifique sans ingérences extérieures ;

12) L’ARD salue le processus de paix en cours au Darfour.

LES MOTS D’ORDRE

1. Non à toute révision constitutionnelle, régler les vrais problèmes !

2. Non à un troisième mandat anticonstitutionnel !

3. Halte aux exactions contre les populations civiles du nord et du sud-ouest !

4. Halte aux expropriations sauvages du domaine public en faveur des étrangers !

5. Sauvons la paix civile en 2010 en organisant des manifestations pacifiques !

6. Légalisation immédiate et inconditionnelle du MRD !

Le président de l’ARD
Ahmed Youssouf Houmed

28/02/10 (B540) 16 ème anniversaire de l’arrivée des premiers réfugiés djiboutiens en Ethiopie. Cette semaine, Mohamed Hassan, ancien réfugié, en cours de réinstallation en France, répond aux questions de l’un des collaborateurs de l’ARDHD

ARDHD : Bonjour Mohamed Hassan. Un grand merci tout d’abord de nous accorder cet interview, depuis la ville de Clamecy, où vous êtes logés avec votre famille, dans le cadre du programme de réinstallation en France. Pourriez-vous tout d’abord vous présenter, nous dire qui vous êtes …

Mohamed Hassan,
ancien réfugié djiboutien à Addis,
à son arrivée en France le 4/02/2010,
dans le cadre
du programme de réinstallation du HCR.

Mohamed Hassan : C’est vous que je remercie. Je m’appelle Mohamed Hassan. Je suis marié et père de famille. Ancien membre du FRUD, j’ai été contraint de chercher refuge en Ethiopie en 1993 .

Profitant de cette occasion, je voudrais renouveler nos remerciements à votre association ARDHD et à ses dirigeants Anne-Marie de Vaivre et Jean-Loup Schaal, à l’association SURVIE et au UN HCR de Paris et son infatigable collaboratrice, M.-N. T., à UGUTA-TOOSA et son Président Ali Coubba, sans oublier notre ami Omar Gabasse, ancien réfugié réinstallé au Danemark, qui n’a jamais oublié ses frères d’armes. Sans leur intervention nous ne serions pas ici aujourd’hui.

Un grand merci à toutes et à tous,…

ARDHD : pouvez-nous nous parler de toutes ces années que vous avez passées en Ethiopie. Comment était la vie là-bas ?

MH : Je résumerai avec un seul mot « catastrophique » …

Au début de notre arrivée, nous avons vécu à Eli Daar (Région 2 Afar). Je suis incapable de vous dire le nombre des fois où j’ai été arrêté par les policiers locales. La raison est qu’ils voulaient s’attribuer les maigres ressources alimentaires que le HCR nous fournissait.

J’ai quitté cette région en 1998, pour venir à Addis Abeba. En dépit de nos demandes réitérées et des conventions, au début le HCR a refusé systématiquement de nous reconnaître la qualité de réfugiés.

Nous vivions à Addis Abeba, en situation irrégulière, sans papier. La Police et les autorités en profitaient pour nous harceler en permanence. En 2001, une vingtaine de familles se sont regroupées et ont participé à un « sitting » dans les bureaux du HCR. Les dirigeants du HCR ont enfin accepté de nous reconnaître le statut de réfugiés avec l’attribution d’un maigre revenu et une prise en charge médicale.

ARDHD : Y a-t-il eu un moment plus difficile que les autres, durant cet exil forcé ?

MH : Pour moi, il n’y a pas de doute. Le pire que j’ai vécu est l’enlèvement de ma fille Hasna. Je ne dormais plus la nuit. J’étais au bord de la dépression.

Heureusement grâce aux actions que vous (l’ARDHD, SURVIE et …) avez conduites, aux interviews à la BBC et sur RFI, aux pétitions et aux manifestations devant l’Ambassade d’Ethiopie à Paris, ma fille a été libérée de la prison pour adultes où elle était injustement incarcérée, sur des bases totalement fausses : la Police avait menti sur son âge, sa situation de famille et lui avait attribué un vol à l’étalage, alors qu’elle était la victime d’un jeune éthiopien ….


Hasna Mohamed Hassan, avait été séquestrée en Ethiopie, puis incarcérée à Addis avec les adultes, avant d’être libérée, sous la pression médiatique.

Heureusement, elle n’a pas trop souffert de cet épisode et elle va très bien aujourd’hui.

ARDHD : et vos compatriotes restés à Addis ?

MH : C’est malheureux d’avoir à le dire !.

Mais l’affaire de ma fille a servi de déclencheur. Elle a fait prendre conscience au HCR, et probablement à l’ARRA, que nous étions des hommes, des femmes et des enfants comme les autres. Que nous n’étions pas des citoyens de troisième classe. Et tout cela pourquoi ? Parce que nous avions des soutiens de poids dans le monde, qui pouvaient organiser des campagnes médiatiques.

Aussitôt après la libération d’Hasna, nous avons constaté des changements considérables dans l’attitude du HCR et des personnels. Enfin, on nous accueillait normalement, sans nous traiter comme des parias. Très vite le moral de nos concitoyens est remonté d’un cran.

Même si nos soeurs et nos frères sont usés, comme nous l’avons été par ces longues années d’exil, de difficultés journalières.

Même si le problème de chaque jour est de subsister avec une maigre allocation, alors que l’inflation galopante diminue le pouvoir d’achat.

Même s’il faut se protéger des harcèlements incessants et scandaleux de la Police locale, qui, je l’affirme, coopère avec le SDS djiboutien.

Même si nous devons toujours sortir en groupe pour éviter une attaque sournoise de la Police ou de voyous.

Même s’ils connaissent la peur à chaque minute.

Nos compatriotes ont retrouvé l’espoir. Et cela minimise les difficultés quotidiennes que je viens d’évoquer.

ARDHD : Quel espoir ?


Arrivée à Roissy, le 4/02/10 des familles
de Med Hassan
et Ali Merito.
Premiers pas sur le sol français

après 16 années d’exil en Ethiopie.
MH : L’exemple de nos trois familles (Karera, Ali Merito et la mienne – NDLR) a redonné l’espoir. La réinstallation dans un autre pays est possible ! Nombre de nos compatriotes aimeraient que ce soit la France qui les accueille, car ils sont francophones et souvent francophiles … Mais si ce n’est pas possible, ils accepteront d’aller dans un autre pays.

Tout sera mieux que la vie à Addis, pour eux !

En plus, nous savons que d’autres dossiers ont été instruits par le HCR. Cela prend beaucoup de temps, car il y a des allers et retours entre Addis et le Kenya, entre le Kenya et Genève. Mais au bout du chemin, il y a le programme de réinstallation. Ils ne vivent plus qu’avec cet espoir !

ARDHD : Avez-vous un message pour la diaspora djiboutienne ?

MH : Oui bien sur ! N’oublions jamais nos soeurs et nos frères qui subissent une existence difficile en Ethiopie et mobilisons-nous pour leur porter secours !

Il faut que la diaspora comprenne que nous avons des milliers de compatriotes qui se sont victimes d’une situation catastrophique. Un exemple ! Bien que récemment enregistrées comme réfugiées par le HCR et l’ARRA, dix familles ne bénéficient même pas des maigres allocations et sont dans l’attente de bénéficier d’une protection médicale.

Et les autres n’ont rien, rien du tout. Pas de papier, pas d’allocations, pas de couverture médicale. Combien sont morts faute d’avoir pu recevoir les soins qui étaient justifiés par leur état de santé ?

Je lance un appel à tous nos frères djiboutiens où qu’ils soient dans le monde, pour qu’ils prennent la mesure de ces milliers de tragédie qui se déroulent chaque jour en Ethiopie et pour qu’ils unissent leur force, afin de faire pression sur les autorités internationales, pour que les réfugiés djiboutiens d’Addis accèdent, sans discrimination, au statut de réfugiés et qu’ils puissent prétendre à l’application de la Charte du HCR et bénéficier d’un droit à la réinstallation dans un pays libre.

ARDHD : Merci Mohamed Hassan. Nous vous renouvelons tous mes voeux pour que cette période difficile de réinstallation se déroule dans les meilleures conditions possibile, pour votre famille, vos amis et pour vous.

MH : Je voudrais ajouter que j’adresse tous nos remerciements aux autorités françaises qui nous ont accueillis avec beaucoup d’humanité et qui nous donnent aujourd’hui les moyens de « refaire » notre vie en France. Nous sommes bien installés et les services nous apportent des moyens pour nous intégrer : cours de Français, assistance pour les démarches administratives, etc …

Et un dernier grand merci à l’ARDHD.