11/07/10 (B560) Dans la série des Interviews (presque) imaginaires, une correspondante nous transmet l’interview du Colonel Zakaria (sortie de son imagination bien entendu). Dit-il la Vérité ?

Interview exclusive et presque (fictive) du Tortionnaire Colonel Zakaria.

Réalisée par Radio-Trottoir, avec la collaboration de Zeinaba, sa cousine « de cuisse », Docteur en Linguistique Afar-Somali et nièce du Colonel Bogoreh.

« Les gars en uniformes et en armes n’ont pas de retenue »
Nouvel adage Afar

Pour plus de commodité nous allons employer les diminutifs suivants : Zei pour
Zeinaba et Zak pour Zakaria.

Zei
Après vingt-cinq années passées hors du pays, cela me fait plaisir de te revoir. Je me prépare de nouveau à partir pour monter un projet d’Unité de recherche en langues Afar et Somali à l’Université d’Amoud, près de Boroma.

Comment vas-tu ? Es-tu satisfait de ta promotion à la tête de la Gendarmerie ? Comme tu le sais Bogoreh était mon oncle et mon père était issu Issa Ourweeney, de la même sous-fraction que mon oncle paternel. C’était un homme que j’admirais beaucoup car il était juste et droit et qu’il savait écouter les autres.

Zak
J’ai bien compris que tu voulais connaître la vérité et savoir si j’avais tué ou non ton Oncle. Tu m’as toujours fatigué avec tes questions.

Déjà à l’école d’Arta, tu n’arrêtais pas de m’interroger et quand j’en avais assez, je te menaçais de te pincer la cuisse … (N’oublie pas que nos deux pères étaient frères de cuisse), alors nous sommes cousins de cuisse, n’est-ce pas ? Mais je t’avertis que si tu continue à me poser des questions, je vais te pincer la cuisse jusqu’au sang !

Comme tu es devenue une grand Dame, Professeur d’Université, je vais répondre à tes questions, à la condition que tu ne me demandes jamais de révéler des noms, car je serais rapidement liquidé pour avoir trop parlé.

Sache que j’ai rencontré l’èpouse du Colonel, qui m’a beaucoup parlé de toi, car tu vas souvent la voir au Canada

Zei
Deux jours avant les festivités de l’Indépendance, j’ai essayé
de te rencontrer, mais en vain. Ton agenda était surchargé. En ce vendredi 9 juillet 2010, juste après le départ de l’allié
d’Israël l’Américano-Palestinien Mahamoud ABASS, je suis heureuse que tu aies pu m’accueillir. Tu as toujours connu mes positions, car
je n’ai jamais eu peur de dire la vérité. On m’a rapporté que tu aimais mon courage en particulier dans les
moments difficiles.

Si mes questions te dérangent, tu n’es pas obligé d’y
répondre.

La première question est : qui a assassiné le Colonel Bogoreh, quels sont les réels mobiles ?

La seconde est : qui est(sont) le ou les commanditaire(s) ?

La troisième est de savoir si on peut se tuer avec un Revolver de gros calibre, « avec 4 balles de l’abdomen au cœur » comme a si bien dit le Député Aden Robleh dès le lendemain sur les ondes de Voice Of America (VOA) en langue Somalie.

La quatrième est de savoir si en tant qu’Adjoint du Chef du Corps de la Gendarmerie nationale et afin d’éviter toutes les spéculations sur son assassinat, spéculations, hélas, en majorité à ton
encontre : pourquoi n’as-tu pas eu le courage d’ordonner un Autopsie du corps de ton Colonel assassiné ?

La cinquième est de me dire pourquoi la famille n’a pas eu le droit de photographier le Corps du cadavre criblé de balles ? Pourquoi a-t-on refusé à ses enfants venus du Canda de prendre des photos en souvenir de leur papa alors que son Corps était entreposé dans la Chambre Froide de l’Hôpital Bouffard ? Avez-vous eu tous peur que ses photos criblées de
balles soient publiées pour alerter le monde entier de vos atrocités? Ou alors
avez-vous eu peur que ces photos servent de pièces à conviction afin d’accélérer
l’ouverture de ou des plainte(s) de la famille au Canada ou ailleurs?

Vous savez très bien, que la Veuve du Juge Borrel assassiné et immolé en 1995 dans notre pays est une Française, mais attention il suffit qu’un membre de la famille directe du Colonel assassiné à Djibouti pour avoir le Droit de déposer des plaintes auprès des Juridictions aux Compétences Universelles avec fortes chances d’aboutir.

J’espère que mes questions sont claires, n’est-ce pas mon cousin de cuisse ?

Tes réponses seront certainement sans ambiguïté car elles te serviront un jour au cas où tu serais attrapé. Je ne manquerais d’être à tes côtés pour te convaincre
et t’amener à témoigner sans détours, sans se cacher sous des consignes du droit
de réserve qui ne sont pas valables devant les Juridictions aux Compétences universelles car ton débile de patron a suffisamment tué et il est temps de
l’envoyer en prison avant qu’il ne soit abattu sans pitié.

Zak
Je vois que tu n’as pas mis des gants pour me poser tes séries de questions.

Même à 90 ans tu ne changeras pas, toujours aussi curieuse. Je vais essayer de te répondre du mieux que je peux. J’avais appris tardivement que Bogoreh était parti le soir avec le Colonel de la Garde Républicaine. J ’avais immédiatement supposé que le Chef de l’Etat l’avait appelé pour le réhabiliter car il l’avait mis
discrètement en disgrâce, juste après son retour de Paris.

Souviens-toi que Guelleh avait été accueilli froidement à l’aéroport par un nombre restreint de gendarmes.

Depuis la bataille de Doumeira qui
n’avait duré que quelques heures mais qui a provoqué de terribles pertes de notre côté, je ne m’occupais olus de lui et ce soir là je ne me suis pas du tout inquiété de son sort.

Vers les trois heures du matin j’ai été réveillé par le téléphone. Je me suis immédiatement
rendu avec mes gardes rapprochés au domicile du Colonel Bogoreh.

J’ai vu sa femme assise par terre complètement atterrée, j’avais voulu la soulever et la ramener dans sa chambre pour qu’elle puisse s’allonger en attendant de préparer ses obsèques.

Mais quel scandale !

Elle m’a traité de tous les noms et ce qui m’a fait le plus de mal, c’est lorsqu’elle m’a dit en criant, en hurlant à maintes reprises comme une folle : « alors tu as eu ce que tu voulais, sort tout de suite de ma maison ».

Ebahi, je suis rentré chez moi pour me désaltérer et calmer mes nerfs. Je te dis franchement que j’ai rapidement pris la décision de me laver les mains de cette sale affaire car elle me dépasse totalement.

D’ailleurs je me demande jusqu’à présent pourquoi après son entrevue très probable avec le Chef IOG, le Colonel Bogoreh a-t-il été aussi lâchement assassiné. En tant que Gendarme j’estime que l’on n’avait pas le droit de le tuer même s’il avait été mis en disgrâce,

Il aurait été plus judicieux de le mettre à la retraite, ce qu’il avait d’ailleurs demandé à deux reprises.

Pour ta première question ma réponse est claire, oui il a été assassiné, mais je n’ai pas osé faire deamnder d’ouvrir une plainte compte-tenu des circonstances de l’assassinat.

Quelles que soient les circonstances de
l’assassinat, j’ai l’ultime et sincère conviction qu’il aurait été malmené auparavant, pour ne pas dire torturé puis canardé froidement avant d’être jeté dans sa cour curieusement déserté par ses gardes du corps depuis la veille.

Quels sont les mobiles ?

Toute l’affaire remonte à la bataille de Doumeira.

Le Colonel Bogoreh ne voulait vraiment pas être complice de la politique de répression à outrance qui s’est abattue ensuite. Pour lui, la Gendarmerie devait conserver sa réputation de Corps républicain, militaro-policier, fort et juste.

Pour lui la seule façon de souder les gendarmes a toujours été de leur dire toujours la vérité et de les tenir informer en permanence.

Tout le monde sait que ce sont les FAR et les Gendarmes qui ont eu à déplolrer le plus de victimes dans leurs rangs (plus d’une cinquantaine rien que pour la Gendarmerie), mais je n’ai pas le droit de te
donner les chiffres exactes ni le nom des gendarmes morts sur le champ de
bataille – c’est un secret d’Etat).

Pour éviter un soulèvement populaire, IOG avait donné l’ordre de ne rien dire aux familles des victimes.
Le Colonel Bogoreh a outrepassé les consignes d’IOG.
Il a ordonné à deux officiers d’aller rendre visite aux épouses qui ont
perdu leur mari afin de les informer tout en leur demandant de garder le
silence absolu.

Il leur a promis de régler personnellement leurs problèmes et il leur a transmis toute sa compassion. La Gendarmerie est le seul Corps des Forces armées Police inclus dont toutes les épouses ont été immédiatement informées de la mort de leur mari à DOUMEIRA le 11 juin 2008.

Aujourd’hui encore, les militaires s’interrogent toujours sur les raisons de cette Guerre. Il y a eu tant de morts dans nos rangs. Pour quel objectif ?

D’autant plus qu’IOG vient maintenant supplier l’Emir du Qatar d’intervenir auprès de
l’Erythrée pour qu’elle vienne à la table des négociations. Il est vrai que les quelques kilomètres carrés de Doumeira n’intéresse plus l’Erythrée car ils ne sont pas stratégiques.

Pour Guelleh, en revanche,
l’important
est que le Président Erythréen relâche la centaine de prisonniers que ses armées ont fait sur le terrain et surtout pour qu’il lui accorde son soutien à l’occasion de sa réelection pour un troisième « mandat à vie », en exigeant que le Sultan de
Raheita fasse campagne pour lui auprès des populations
de son Sultanat et qu’il débourse de quoi alimenter la campagne.

Depuis Doumeira le courant ne passait plus entre IOG et le Colonel Bogoreh.

Pire encore, Bogoreh était partisan de l’ouverture d’un dialogue franc et sincère. A demi-mot, il disait qu’il n’allait pas jouer le même jeu que le Général Zakaria et du Général feu Yassin Yabeh lors des élections mascarades de 1999.

Actuellement la situation politique est délicate, le conflit armé urbain est aux portes de Djibouti, IOG était convaincu que le Colonel Bogoreh risquait d’encourager sinon de fermer les yeux sur la préparation d’un front
armé urbain capable de mettre en échec fin 2010, début 2011 les pseudosélections.

D’autres mobiles peuvent avoir jouer un rôle :


comme celui de charger Bogoreh discrètement de l’élimination physique de Boreh par des membres de sa famille, pour éviter aux mamassans d’avoir à le faire.

– d’autres motivations sont possibles ? mais elles sont moins importantes. Quoiqu’IOG considère souvent, dans la précipitation, des actes insignifiants, comme des crimes de lèse-majesté impardonnables.

Reste à savoir quelles pourraient être ces « indélicatesses » souvent fabriquées par la SDS avec
l’appui du Colonel de la Garde Républicaine.

Quand tu me demandes pourquoi interdire que ses enfants prennent des photos souvenirs de leur père, ce n’est pas moi qui ai donné des ordres dans ce
sens.

Sache que la surveillance du corps a été confiée à un
officier de la gendarmerie membre de la SDS. Ce n ’est un secret pour personne, qu’il y a des intouchables de la Police. Par exemple, l’officier Awaleh de la Police ou le
Conseiller du Ministre de l’Intérieur chargé des Réfugiés, actuellement
nommé à titre confidentiel, préfet de la sécurité Monsieur Hassan Gacanlo ou le
manchot qui tous deux opèrent ensemble en toute Impunité au nord et à l’ouest de la République.

Des intouchables dans la Police, il y a aussi des intouchables dans la Gendarmerie et dans l’Armée Nationale, ils sont tous des
membres du SDS et pour certains d’entre eux depuis plus de trente trois ans. Ils en étaitent déjà membres quand IOG était patron du SDS, poste qu’il conserve malgré son titre de Premier Magistrat.

Quant à moi je travaille toujours avec IOG dans le cadre du SDS, mais j’évite à salir mes mains comme bon nombre des Forces armées.

Je te quitte en catastrophe et te laisse ces articles de RUE 89

J’ai rendez-vous avec la Prévôté française au Camp Lemonnier des Forces américaine pour étudier avec eux la possibilité d’envoyer des hommes de couleurs de l’armée française et de celle des Etats-Unis pour aider les Ougandais et les Burundais incapables de maîtriser des religieux qui n’ont que Dieu pour soutien.

Professeur ZEINABA
native d’Arta

Voici l’article de Rue89 du 7 juillet 2010 qu’il m’a laissé avec le Canard
Enchaîné du 7 juillet 2010. Je pense que l’article du Canard sur « Sarko
ordonne le silence sur l’Afghanistan », l’a probablement secoué et l’a encouragé
à faire quelques petits écarts au principe du droit de réserve.

Mais il doit s’engager sans hésiter à abattre son patron IOG avant d’être définitivement abattu comme BOGOREH et peut-être avant même le Général Zakaria ou de son fidèle Colonel Mohamed Djama.

A débattre
Afghanistan : Morin sanctionne un général pour avoir douté

Par Pierre Haski | Rue89 | 07/07/2010 | 13H39

A l’instar du limogeage de McChrystal par Obama, le général Desportes sera puni pour avoir critiqué la stratégie en Afghanistan.

La sanction n’a évidemment pas la même portée que le limogeage du général Stanley McChrystalpar Barack Obama après son interview à Rolling Stone, elle en est plutôt un effet collatéral. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a annoncé mercredi qu’il allait sanctionner le général Vincent Desportes, directeur du Collège interarmées de défense (CID), pour des propos jugés non-orthodoxes, à propos de la guerre d’Afghanistanoù la France vient de perdre son 45e homme au combat.

Sur RMC, Hervé Morin a été catégorique :
« Il sera sanctionné. Le général Desportes est soumis à une obligation de réserve. Son devoir de réserve lui impose de ne pas manquer de discernement. Il a manqué de discernement. »

Des doutes sur la stratégie en Afghanistan

Quel crime a donc commis le général Desportes, trente-huit ans de service derrière lui et proche d’un départ à la retraite ? (…)