05/03/11 (B594) Petites nouvelles du front par nos correspondants sur place. Le journal des événements … L’équipe du Journal de Djibouti nous envoie ses informations

journal du vendredi 4 mars 2011.

Comme on s’y attendait, les gens sont sortis en grands nombre à Djibouti. ais le régime avait pris des précautions en mobilisant l’armée, la police, la gendarmerie et la garde republicaine, pour les empêcher de se déplacer dans la ville. Les routes qui mènent au stade Hassan Gouled étaient barrées. Dans une certaine confusions, la police a procédé aux premiers arrestations des jeunes qui voulaient manifester.

Le général Zakaria avait fait sortir ses blindés. Le Gouvernement a averti les leaders de l’opposition du fait que le Chef de l’Etat avait donné ordre aux forces de défense et de s »curité de tirer sur tout ce qui bougerait, même sans sommation.

Constatant que les premiers jeunes avaient été coffrés dans les voitures des compagnies d’intervention de la police, les jeunes ont rebroussé chemin.

Un attroupemment s’est constitué à cote du siège du parti d’Ismail Guedi. La police anti-émeute, soutenue par des unités mobiles d’intervention de la gendarmerie a rapidement bloqué tous les accès empêchant les manifestants de prendre la route d’Arta.

Sur le pont de Balbala, les forces d’action rapide commandées par le lieutenant colonel Osman Doubad Sougouleh ont bloqué le passage. Le régime sait que si Balbala commence à se mettre en marche, ce sera sa fin car tout Djibouti suivra.

Les unités de la caserne Cheik Osman avec leurs blindés se sont positionnées, sous les ordres du Général Zakaria Cheik Ibrahim afin d’ouvrir le feu au cas où la manifestation pourrait dégéner.

Le régime n’a pas lesiné sur les moyens déployés pour faire peur à la population.

Les unités de Gendarmerie etaient toutes en alerte maximale pour parer à toute eventualité. Dans chaque rue, il y avait soit des policiers, soit des gendarmes. Tous les jeunes suspects qui passaient étaient systèmatiquement interpellés et envoyés a Nagad.

Constatant que l’Etat avait fait déployer des moyens de guerre,
les leaders de l’opposition ont jeté l’éponge, pour éviter une boucherie.

Le ministre de l’intérieur Yacin Elmi Bouh et son homologue de la defense Ougoureh Kifleh furieux de ne pas pouvoir profiter de son majliss pour brouter, étaient sur le terrain pour superviser les opérations « militaires »

À la hauteur de l’avenue Nasser la brigade spéciale de la police nationale commandée par le commandant Elmi Jess avait reçu l’ordre de faire descendre des bus tous les jeunes qui se dirigeaient vers la manifestation. Plus de 15 jeunes ont été ainsi interpellés sans aucune raison valable et conduit a la brigade de la gendarmerie des quartiers 6 et 7 pour enquête supplémentaire.

Du cote de la mosquée des Kourougmen et Gachamaleh, ce sont les compagnies d intervention de la police commandées par le capitaine Abdillahi Ibrahim Fod et les gendarmes de la brigade d Ambouli qui étaient chargés de repousser tous individus suspects. Tout était quadrillé pour que personne ne puisse se rendre au stade Gouled ni autour.

Du cote d Arhiba les unités d’intervention de la Gendarmerie nationale commandées par leur chef de corps par intérim le colonel Zakaria Hassan Aden (P’tit Zak) qui supervisaient les aller et retour jusqu’au point où se trouve la bouteille de Coca Cola. Les gendarmes arrêtaient tous les jeunes suspects. Le quartier cité Saoudis était complètement bouclé par la gendarmerie.

Du coté de la laiterie de Djibouti et de la centrale de l’EDD dit « la palmeraie » les forces armées étaient chargées de la sécurité de toutes les allées. Seuls les voitures en provenance du port de Djibouti et les bus pouvaient passer. Toutes les jeunes filles comme les garçons étaient arrêtées immédiatement, car suspects aux yeux des militaires.

Dans le reste de la ville de Djibouti les grosses voitures des forces armées paradaient dans les rues qui avoisinent les quartiers pour montrer que l’état ne va pas tolérer des manifestations comme celle qui s’est produite le 18 février et qui a causé beaucoup de morts et des destructions de biens publics et privés.

Voyant cette armada de soldats, les leaders de l’opposition ont préférer opté pour le repli tactique en demandant à leurs militants de ne pas provoquer les forces de police et des autres forces armées.

Ils ont évité ainsi un bain de sang inutile. Chose surprenante. Pour ce démonstration de force, les policiers des compagnies d’intervention étaient armées jusqu’aux dents. Du jamais vu depuis la colonisation française.

C’est dans ces conditions de musèlement, que les partis d’opposition ont finalement décidé d’annuler à la dernière minute, toute la manifestation pour éviter une boucherie sanglante.

Du coté du pouvoir, on respire. Ce vendredi n’a pas été le vendredi maudit que les dirigeants redoutaient. Les autorités disent ouf : c’est passé tandis que l’opposition ronge son frein et revoit sa stratégie pour la bataille suivante.

À Djibouti, ce déploiement de force a surpris la population. Les parents déjà fatigués d’aller faire libérer leurs progénitures à la caserne de Nagad et dans les brigades de gendarmerie à coup de 50.000 Fdj par enfant, ne voulaient plus entendre parler d’une autre manifestation et ils ont imposé à une majorité de jeunes de rester à la maison.

Voila ce que l ’on pouvait dire de la manifestation. Tout a été annulé. L’état et l’opposition se rejettent chacun la responsabilité de l’échec de cette manif.

À suivre.

Hier soir jeudi, la gendarmerie a arrêté à la cité Carton, rue 13, 9 jeunes qui étaient censés préparer des banderoles pour la manifestation de ce vendredi. Ils ont été écroués à la brigade nord de la gendarmerie appelée communément Fichta. Les gendarmes étaient, selon les infos, en tenue de sport pour ne pas éveiller de soupçons. Les voitures bleues de la gendarmerie étaient stationnées à coté du CES d Ambouli.

Les 9 jeunes de la Cité Carton vont être présentés au Procureur de la République Maki ce samedi matin.

Dans la ville de Djibouti les gens évoquent la possible démission du ministre de l’intérieur Yacin Elmi Bouh. Le ministre qui a appris que c’était un coup monté, a clairement fait savoir qu’il n’a jamais démissionner de son poste et que les rumeurs qui circulent dans la ville de Djibouti sont fausses. Il est toujours ministre de l’intérieur.

Voila qui met fin a notre journal de ce vendredi 4 mars 2011.

L équipe du journal Djibouti aujourd’hui.