29/02/2012 (B645) The Observer avec Courrier international / Somalie : une aide internationale non désintéressée ?

Le jeudi 23 février se tenait à Londres une importante conférence internationale sur la Somalie, où une quarantaine de pays se sont engagés à soutenir financièrement, politiquement et juridiquement cet Etat ravagé par la guerre civile et la famine, et impuissant face au terrorisme.

Un soutien qui pourrait cependant ne pas être dénué d’arrière-pensées, révèle The Observer. La Grande-Bretagne, qui accueillait cette conférence, serait en effet engagée dans une "course" au pétrole somalien.

Des conversations auraient eu lieu entre des représentants britanniques et leurs homologues somaliens sur l’exploitation des réserves pétrolières du pays.

Si les réserves terrestres sont importantes, c’est surtout le potentiel offshore qui attise les convoitises.

D’après The Observer, il pourrait être comparable à celui du Koweït (plus de 100 milliards de barils), ce qui placerait la Somalie au 7e rang mondial.

29/02/2012 (B645) RSF / Exécution sommaire / Le directeur de Somaliweyn assassiné à son domicile de Mogadiscio

Reporters sans frontières apprend avec consternation le meurtre d’Abukar Hassan Mohamoud, directeur de Somaliweyn, abattu par des hommes armés de pistolets, le 28 février 2012, à son domicile dans le quartier d’Aargada à Mogadiscio. L’organisation condamne cet assassinat de sang froid qui s’ajoute à la longue liste des crimes contre les journalistes et lance un nouvel appel à la communauté internationale afin qu’il ne reste pas impuni.

« Nous exprimons nos plus sincères condoléances à la famille d’Abukar Hassan Mohamoud, ainsi qu’à ses collègues et amis. Cet assassinat montre une fois de plus la violence inouïe à laquelle doivent faire face les journalistes dans le pays »,déplore Reporters sans frontières. « L’indifférence sur le sort des journalistes somaliens doit cesser. Nous réitérons notre appel à la création d’une commission d’enquête internationale indépendante sur les crimes contre les journalistes », a ajouté l’organisation.

Abukar Hassan Mohamoud, 43 ans, plus connu sous le surnom de Kadaf, était membre de longue date de la National Union of Somali Journalists (NUSOJ), association partenaire de Reporters sans frontières. Il participait à toutes les campagnes de la NUSOJ incitant à mieux protéger les journalistes, trop souvent victimes d’attaques et d’exactions. Il réagissait courageusement en son nom propre à chaque nouveau meurtre de reporter pour dénoncer le quotidien intenable auxquels ils sont confrontés. Agé de 43 ans, il laisse derrière lui une femme et deux filles.

L’année 2012 avait déjà commencé sous de tristes auspices avec l’assassinat de Hassan Osman Abdi, directeur du Shabelle Media Network, devant son domicile par cinq hommes armés non identifiés, le 28 janvier dernier.

La Somalie est depuis plusieurs années le pays le plus meurtrier d’Afrique pour les professionnels de la presse. Reporters sans frontières et la NUSOJ ont recensé 4 journalistes tués en 2011, 3 en 2010 et 9 en 2009.

Cet assassinat survient alors que le pays tente en vain de se reconstruire avec l’appui de la communauté internationale. Le 22 février, Reporters sans frontières avait écrit aux délégations présentes à la conférence de Londres sur la Somalie, afin de rappeler les violences auxquelles font face les journalistes et de leur demander la mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante chargée d’étudier l’ensemble des exactions commises contre les professionnels de l’information : http://fr.rsf.org/somalie-lettre-ouverte-aux-delegations-22-02-2012,41921.html

—-

Marie, assistante.
en l’absence d’Ambroise PIERRE
Bureau Afrique / Africa Desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
47, rue Vivienne
75002 Paris, France
Tel : (33) 1 44 83 84 76
Fax : (33) 1 45 23 11 51
Email : afrique@rsf.org / africa@rsf.org
Web : www.rsf.org
Twitter : RSF_Africa

29/02/2012 (B645) Pour quelles raisons le UN HCR écarte-t-il pratiquement la majorité des familles djiboutiennes des possibilités de réinstallation dans un autre pays ?

Depuis plusieurs années, nous interrogeons le UN HCR pour savoir les raisons qui conduisent à ce que nous sommes contraints de considérer comme une véritable politique de discrimination à l’égard des réfugiés djiboutiens, qui attendent, pour certains, une offre de réinstallation, depuis une vingtaine d’années.

Les faits sont mesurables. Seuls six à sept familles djiboutiennes ont bénéficié d’une réinstallation en France, au Danemark ou aux USA. Et pourtant leur intégration s’est déroulée dans d’excellentes conditions.

Alors pour quelles raisons le UN-HCR met-il systèmatiquement les familles djiboutiennes à l’écart de ces programmes ? Y aurait-il une collusion avec des intérêts djiboutiens relayés par l’Ethiopie ? La question mérite d’être posée.

Dernièrement, un correspondant que nous remercions à cette occasion, nous a fait parvenir les photos du tableau d’affichage du bureau UN HCR d’Addis Abeba, qui convoque plus de 200 familles pour des interviews dans le cadre de proposition de réinstallation.

Combien de familles djiboutiennes ?

Aucune. Zéro !

Dans ces conditions, nous allons demander officiellement au HCR, les raisons de ce qui semble ête une politique de discrimination et nous lançons dès maintenant des alertes pour la faire cesser immédiatement, afin que les familles djiboutiennes, qui devraient être prioritaires, en raison souvent de l’antériorité de leur présence, bénéficient d’un traitement au moins égal à celles des autres ressortissants.

Pour des raisons de volume des photos, nous mettons ci-dessous, seulement un échantillon des listes qui sont affichées au UN HCR d’Addis Abeba, mais nous avons la photo de toutes les pages dans notre dossier.

29/02/2012 (B645) Courrier des lecteurs : devoir de mémoire pour l’un des fondateurs de Djibouti-ville, retombé dans les oubliettes de l’Histoire, en dépit de ses dons charitables : Haji Dideh

Sa naissance

Houssein Djama Idleh Guedi Bayleh Hassan Simaneh Ahamed Houssein Mohamed Makadoor Said Samarone dit al zayli’i. Il est né à Lughaya dans la région d’Awdal et il est mort à Djibouti en 1920.

Sa descendance :
Il a eu un fils et une fille. Le fils s’appelait Mohamoud Haji Dideh ; et la fille, Ajaa’ib Haji Dideh. Sa fille a eu plusieurs filles qui sont toujours en vie.

Son commerce :
Haji Dideh était un commerçant renommé dans la corne d’Afrique, avant et pendant le colonialisme. Son commerce était principalement à Zeilah. Quand le port de Djibouti ouvrît ses portes, il s’est déplacé vers la nouvelle cité. Par la suite, il devint le cofondateur de la chambre de commerce de Djibouti comme en a témoigné l’ancien président de cette chambre, feu Said Ali Coubeche.

Il possédait beaucoup des biens dans la région d’Awdal, principalement entre la ville portuaire de Zeilah et la ville de Lughaya, où vivait une grande partie de sa famille, le sous clan de Bahabar-Eli.

Haji Dideh a laissé des souvenirs innombrables, en laissant des biens waqf, à Djibouti. Il a légué beaucoup des œuvres caritatives.

Beaucoup de ses œuvres caritatives ont été détournées à des fins non justifiées ou personnelles. Parmi ses œuvres, on trouve la grande mosquée de quartier 2.

Cette mosquée s’appelle mosquée Haji Dideh et a été selon nos sources la première mosquée fondée à Djibouti. La terre a été achetée par les colons français en 1906, puisque Djibouti-ville commença à se peupler à partir de 1896. La mosquée a été construite avant 1900.

Il a légué en homme charitable, l’école Haji Dideh où on apprenait la langue française. En plus se trouvaient parmi ses dons ; 30 maisons habitables. Celles-ci devraient être louées pour couvrir les dépenses de la mosquée. Ces maisons étaient dispersées dans toute la ville, et en majorité dans le centre ville (guudka).

Certaines ont été réquisitionnées illégalement, d’autres vendues sans autorisation.

Cheikh Houssein Djama Idleh dit Haji Dideh avait donné aussi comme œuvre caritative les terrains où se situent la chambre de commerce et le ministère de l’intérieur de la république de Djibouti.

Par ailleurs, Haji Dideh a contribué à la résistance et à l’indépendance de son pays. Des générations et des générations l’ont suivi dans ce chemin, il a été un farouche opposant aux colons et à leurs objectifs de déportation et d’exploitation.

28/02/2012 (B645) Radio-Trottoir : un groupe qui signe « Union de la jeunesse djiboutienne » nous envoie des informations alarmantes, que nous n’avons pas pu encore vérifier. Elles doivent donc être considérées avec la plus extrême prudence et nous émettons toutes les réserves d’usage.

Selon le communiqué diffusé par ce groupe, IOG serait atteint de maladie, ce qui l’empêcherait d’exercer pleinement ses fonctions, d’où une certaine « anarchie » au sein du Gouvernement.

Toujours selon ce communiqué (dont les informations restent à vérifier, rappelons-le) deux tendances s’opposeraient actuellement :

– les proches de Guelleh avec Ismaël Tani à leur tête et en particulier dans ses rangs : Hassan Saïd, le général Zakaria (en concurrence avec Ismaël Tani pour prendre le leadership de la cabale), Djama Ali Guelleh (l’ombre de la lumière), Dileita (la vache qui rit), Idriss Arnaoud, Djama Souleiman et Maki (les deux procureurs abusifs), Djama Elmi (secrétaire à la jeunesse), Ali Yacoub (Ministre « dépressif de la santé »), Hamoud Souldan (ministre, spécialiste de la Somalie), …

– les proches de Paulette qu’elle dirigerait en personne : dont Djama Haid (Beauf’ et caissier chef de la banque nationale), Ali Adnan, Abdillahi Abdi (miraculé et directeur de la Police), le p’tit Zak (patron de la gendarmerie), Ilyas Moussa (le ministre des finances qui vit sur une autre planète) , Abdi Houssein (sinistre des télécoms), Mahamoud Ali Youssouf (prétentieux ministre des A.E.), Hassan Omar et Ali Hassan Bahdon, …

– Sans compter les non-inscrits à l’une ou l’autre de ces tendances.
_______________________________

Sur ces bases le groupe, qui signe sous le nom de la jeunesse estudiantine djiboutienne, lance un appel d’urgence :

  • aux leaders de l’opposition pour qu’ils intègrent ces informations et qu’ils se concertent afin d’organiser la transition démocratique, en cas de vacance du pouvoir et de créer les conditions pour l’élection transparente du futur Président,
  • aux forces étrangères (surtout USA et France) pour qu’elles soutiennent et accompagnent les aspirations légitimes du peuple à l’établissement d’un régime démocratique en prévenant les risques d’une « guerre civile »,

________________________________ ARDHD

Dans les prochains jours, nous essaierons d’avoir des informations plus précises et vérifiées qui pourraient soit contredire ce communiqué, soit le confirmer.

27/02/2012 (B645) Les lecteurs nous écrivent … ils dénoncent certains propos publiés dans le journal du PND d’Aden Robleh.

_______________________________ Note de l’ARDHD

Voici les extraits que nos correspondants jugent racistes, dangereux et dépassés. Nous laissons aux lectrices et aux lecteurs, le soin d’en juger.

Nous avons simplement noté que le PND était abonné aux renversements d’alliance, rompu à la pratique du double jeu et adepte de la provocation (cf la déclaration à la BBC concernant les causes probables de la mort du Colonel Bogorreh. Déclaration non suivie d’acte devant la justice pénale …)

Des rumeurs

Nous avons appris que certains s’interrogeraient actuellement sur la véritable volonté de ses dirigeants de manifester le 18 février 2012 au stade Gouled … En effet, des rumeurs prétendent qu’il aurait pu s’agir d’une opération concertée avec le pouvoir. Qu’il y aurait pu avoir des accords secrets pour appeler à la manifestation, sachant qu’elle serait interdite par le ministre de l’intérieur. Objectif : laisser supposer que le PND était considéré comme le rival puissant et dangereux pour le régime. Allez savoir !!

Nous rappelons aux lecteurs qui nous ont adressé leurs contributions, que le rôle de l’ARDHD n’est pas d’émettre une opinion à propos des opposants sincères et véritables, mais bien au contraire d’accompagner un mouvement pour que le peuple djiboutien retrouve le plein exercice de tous ses droits et pour que cesse les violations caractérisées des Droits de l’homme.

Pour celles et ceux qui auraient tendance à l’oublier, faut-il leur dire que, dans le contexte actuel, la cible n’est certainement pas au PND, mais bien au Palais de l’Escale et qu’il serait stérile de concentrer son énergie sur des leurres.

_________________________ Extrait de la République (PND)


« Il y’a plus grave, la destruction de l’identité du pays, le détenteur du pouvoir ont décidé à éradiquer la population autochtone du pays …. C’est surtout l’épouse qui est le maitre d’œuvre. »

« Que l’on me le comprenne en parlant d’autochtones et d’immigrés, mon intention n’est pas de dresser les uns contre les autres il ne s’agit de bouter hors du pays les immigrés mais tout simplement de respecter l’ordre naturel des choses. Aux autochtones de jouir de ce que j’appellerai le droit d’ainesse ce qui le confère le droit de guider ou de diriger le pays ; aux immigres, le droit de travailler et de vivre dans le respect et la sécurité. Il ne faut oublier que la citoyenneté à l’occidentale est différente que celle en vigueur et en Arabie. Dans nos pays chaque ethnie et tribu est maitre de sa terre ancestrale et c’est à elle que revient la gouvernance de cette terre. »

« C’est cette population autochtone d’Ali Sabieh, de Galafi à Kabah Kabah en passant par Obock, Tadjourah, Dikhil a lutté pour mettre un terme à la colonisation française. Les autres habitants que j’appellerai immigrés n’y avait contribué que très rarement. »

26/02/2012 (B645) Radio-Trottoir / Flash info : un hélicoptère américain s’écrase à quelques encablures d’Haramous (Source : nos correspondants proches du Palais princier) Article illustré le 27/02 à 20h00 CET

Flash Info. du 26 février 2012

Un hélicoptère américain bourré d’électronique
s’est écrasé. Bilan: un pilote ingénieur et 3 experts en drone sont morts à quelques dizaines de kilomètres de d’Haramous.

C’est arrivé il y a un peu plus d’une semaine. Il s’agissait d’un hélicoptère très, très sophistiqué de l’armée de l’air américaine, équipé d’appareils électroniques qui permettaientà l’Etat-major de l’armée de l’air de guider les drones chargés de bombarder les populations civiles, de Mogadiscio.

Toutes les opérations de drones dans la région partent de la base américaine au sud de l’Ethiopie. Les missions sont télécommandés depuis Djibouti : du décollage aux bombardements des Somalis du Sud, jusqu’au retour et à l’atterrissage sur leur base en Ethiopie.

La location annuelle de cette base s’élève à 600 millions de dollars américains, qui vont directement dans les poches de Meles et de ses obligés d’Addis à Haramous.

Mais au fait, qui aurait pu abattre cet outil précieux ?

Difficile de le savoir, d’autant plus que les spécialistes en balistique n’ont pas terminé leurs recherches.

Pourtant certains spécialistes privilégient le fait qu’il aurait été atteint par un missile sol-air lancé à partir, soit d’une villa fermée non loin de la résidence d’IOG, par un associé d’El Shabaab tendance commerçant, soit à partir de la terrasse d’un immeuble de Loota, mitoyen de l’ambassade des Etats-Unis à Haramous, où par certains éléments El Shabaab tendance Al Qaîda que dirigerait Ismaël Tani et qui auraient pu avoir accès à ces bâtiments ….

On voit donc le véritable imbroglio que doit déméler le FBI qui enquête sur la mort de quatre ingénieurs américains, hautement qualifiés.

Le FBI a beaucoup de travail à Djibouti : déjà, la mort d’un informaticien qui travaillait à l’Ambassade des USA retrouvé étranglé dans sa chambre d’hôtel, plus un conseiller qui a perdu la vie aux Salines.

Bref, travailler pour le FBI à Djibouti, ce n’est pas un métier de tout repos, d’autant plus que l’on dit que des sources locales, haut placées, parasiteraient les preuves auxquelles les inspecteurs devraient normalement avoir accès.

Source : Haramous

26/02/2012 (B645) IRIN News (ONU) SOMALIE: L’importance accordée aux opérations militaires « met davantage de civils en danger »

__________________________ Note de l’ARDHD

Guelleh a-t-il assisté à la conférence ? On peut se le demander, car, contrairement à ses homologues régionaux (Ethiopie, Qatar, Kenya, Somalie, entre autres), il n’est pas cité une seule fois dans ce compte-rendu, diffusé par un organe de presse officiel des Nations unies… Oubli involontaire ou consensus, pour ne pas lui donner la parole, étant donné la perte irréversible de sa crédibilité sur la scène internationale et pourquoi pas, son double-jeu (armes, pirates, financements) … ?

Nous allons chercher la réponse qui conviendrait le mieux !

Mais on peut déjà comprendre que Guelleh a été « snobé » par ses homologues, qui n’ont pas jugé utile de lui donner la parole. Est-ce en raison de ses « récents succès », comme la décision du Conseil de sécurité, d’inscrire sur la liste des personnes « non grata », un financier somalien sulfureux qui est hébergé « et protégé ? » officiellement à Djibouti par lui-même et sa bande d’obligés alimentaires. Lien

Encore un « bide » sur la scène internationale ?

Sans oublier sa pitoyable prestation lors de l’assemblée générale des Nations-Unies .. où aucun des grands (y compris le Président des USA) n’a souhaité lui accorder un entretien privé. C’est un sous-sous-secrétaire qui avait été chargé de la corvée … !

Sans oublier ses déconvenues lors de la Conférence de l’UA à Addis Abeba, où le même scénario se serait reproduit : c’est à dire que les grands dirigeants auraient refusé de lui accorder des entretiens privés.

Décidément, il accumule les échecs … et il ne représente plus rien sur le plan international. C’est la Paulette qui va avoir bien du travail à faire pour lui remonter le moral, car il ne doit pas être au beau fixe….

______________________________ Extrait d’IRIN News

La seule solution militaire ne sera pas suffisante en Somalie

LONDRES, 26 février 2012 (IRIN) – La Conférence de Londres sur la Somalie s’est conclue par l’adoption d’un plan en sept points visant à renforcer l’aide humanitaire et le soutien aux soldats de l’Union africaine (UA), et à prendre des mesures plus strictes contre la piraterie, mais elle « n’a pas fait état des mesures requises pour remédier aux risques auxquels les civils sont confrontés », a indiqué Amnesty International.

« La récente recrudescence des opérations militaires accroît la vulnérabilité des civils face aux attaques et au déplacement, tandis que le nombre d’armes se multiplie, dans un pays déjà envahi par les armes », a dit Bénédicte Goderiaux, chercheuse sur la Somalie à Amnesty International.

« C’est une combinaison mortelle qui pourrait alimenter de nouvelles atteintes aux droits humains. Lors de cette conférence, nous espérions voir se déployer des efforts plus soutenus afin de renforcer la sécurité de la population somalienne ».

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, la Secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, l’Union africaine et la Ligue des États arabes, des Présidents des pays de la région, une délégation de représentants somaliens, notamment le Président, le Premier ministre et le président du Gouvernement fédéral de transition (GFT) – ainsi que de nouveaux acteurs, comme le Qatar et la Turquie – ont participé à la Conférence du 23 février.

Les intervenants qui se sont succédé à la tribune ont exhorté le Gouvernement fédéral de transition (GFT) somalien à résoudre la situation politique, rapidement. Mme Clinton a dit : « Le temps presse et notre position est claire, la communauté internationale ne soutiendra aucune prorogation du mandat du GFT au-delà de la date fixée par la feuille de route, soit le 20 août … Il est temps – il est plus que temps – de s’atteler à la tâche et de faire ce qu’il faut pour ramener la stabilité en Somalie pour la première fois dans la vie de nombreux habitants … Les tentatives d’empêcher les avancées et de maintenir le statu quo ne seront pas tolérées ».

La Turquie joue un rôle de plus en plus important dans le dossier somalien, et son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a appelé ses confrères à faire preuve de davantage d’audace. « Nous devons être visibles et présents sur le terrain. Nous ne pouvons pas nous contenter de participer à des conférences organisées loin de la Somalie. Nous devons être sur le terrain … Nous appelons donc les pays participants à ouvrir des ambassades. D’un point de vue psychologique, il est très important de donner l’impression que la situation va se normaliser en Somalie ».

Discuter avec Al-Shabab ?

Le ministre Qatari, Dr Khalid bin Mohammed al Attiyah, a appelé à la participation d’Al-Shabab au processus de renforcement de la confiance et à l’inclusion de toutes les parties somaliennes. « À cette étape du processus, l’exclusion de toute partie retardera ces efforts », a-t-il dit, « et rendra toute discussion sur la sécurité et la stabilité irréaliste et incohérente avec les réalités du terrain en Somalie ».

Mme Clinton « s’est fermement opposée » à tout engagement avec Al-Shabab, mais des signes ont montré que certains partenaires européens des États-Unis ne seraient pas aussi catégoriques. Le ministre des Affaires étrangères italien, Giuliomaria Terzi, a souligné que les insurgés contrôlaient toujours plus d’un tiers de la Somalie et a ajouté, « Leur capacité à contrôler ce territoire ne réside pas seulement dans l’utilisation de la coercition ».

Lors de la conférence, l’accent a surtout été mis sur les solutions militaires, ce qui inquiète les organisations humanitaires qui tentent de travailler des deux côtés de la ligne de front dans le sud et le centre du pays. Le Premier ministre du GFT, Abdiweli Mohamed Ali, a apporté son soutien à la possibilité de frappes aériennes ciblées contre ceux qu’il considère comme des membres d’Al Qaïda.

Mandat de l’AMISOM

La résolution du Conseil de sécurité a été généralement bien accueillie : elle prévoit la prorogation du mandat de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), un financement plus stable, la fourniture d’équipements supplémentaires et l’envoi de troupes supplémentaires. Les Kényans, qui sont déjà présents en Somalie (les soldats éthiopiens ne sont pas concernés) ne seront pas « transférés » au sein des forces de l’AMISOM.

Le président kényan Mwai Kibaki et le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi se sont félicités des succès rencontrés par leurs troupes ces derniers jours, notamment la prise de Baïdoa et l’extension de ce qu’ils considèrent être les zones libérées du sud. L’hôte de la conférence, le Premier ministre britannique David Cameron, a annoncé la création d’un fonds de stabilité pour les zones qui sont à nouveau sous le contrôle du gouvernement de transition. Ce fonds recevrait les contributions de la Grande Bretagne, des Pays-Bas, de la Norvège, du Danemark et des Émirats Arabes Unis.

« Il est absolument nécessaire », a dit M. Cameron, « d’aider les populations des zones reprises à Al-Shabab à construire des zones plus sûres et mieux gouvernées, et de montrer aux populations des zones qui sont toujours sous le contrôle d’Al-Shabab qu’il y a une meilleure alternative ».

Aide aux réfugiés

Ces zones sont également surveillées par le Kenya, qui plie sous le poids du grand camp de réfugiés de Dadaab, situé à proximité de la frontière orientale avec la Somalie. M. Kibaki a dit : « Le Kenya espère que cette conférence permettra d’élaborer des solutions fermes et durables, y compris le retour de ces populations vers leur pays d’origine … Les acteurs humanitaires devraient maintenant installer ces populations dans les zones libérées d’Al-Shabab. Il s’agit d’une question extrêmement urgente, car le Kenya ne peut plus supporter le fardeau lié à cette situation ».

Rahma Ahmed, coordinateur du Somali Relief and Development Forum, a toutefois dit à IRIN : « Nous pensons que ni la brutale détérioration de la situation sécuritaire à Dadaab ni l’évolution de la situation en Somalie, qui demeure instable – y compris dans les zones identifiées par le gouvernement du Kenya dans l’optique du rapatriement – ne sont suffisantes pour mettre en œuvre un programme de rapatriement conforme au droit international des réfugiés et au droit international des droits de l’homme ».

La Grande-Bretagne a annoncé un plan triennal d’aide visant à aider les réfugiés – le Kenya devrait recevoir plus de 56 millions de dollars et l’Éthiopie plus de 23 millions de dollars. Un porte-parole du Département du développement international du Royaume-Uni a dit à IRIN que ces sommes n’étaient pas destinées à financer le rapatriement; mais à être utilisées pour les camps de réfugiés, où elles pourraient permettre d’améliorer les conditions de vie.

eb/am/mw-mg/amz

(Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies)