10/06/12 (Brèves 003) Les habitants de Yoboki nous adressent un message désespéré pour qu’on leur vienne en aide. Yoboki, ville morte sans eau.

Un habitant du village de Yoboki nous a fait contacter pour que nous communiquions sur le calvaire que vivent les siens.

A Yoboki, le chômage est général, donc aucune source de revenu : c’est la solidarité familiale de ceux qui travaillent à Djibouti-ville qui permet « aux locaux » de survivre.

Le problème, c’est que le régime a demandé aux habitants de Yoboki d’acheter eux-mêmes le carburant pour faire fonctionner la petite station de pompage d’eau.

N’ayant pas d’argent, ils ont été dans l’impossibilité d’acheter le diesel.

Donc, il n’y a plus d’eau potable à Yoboki que ses habitants viennent de quitter massivement pour s’installer dans la plaine de Hanlé.

Yoboki est aujourd’hui une ville morte !

Déjà martyr car privée de tout programme de réhabilitation prévu par l’accord de paix du 12 mai 2001 qui consacrait tout un volet à la reconstruction des zones affectées par le conflit.

09/06/12 (Brèves 002) La voix au Chapitre : LE RÉVEIL DE L’ARDOUKOBA (Par Aïnaché)


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LA VOIX AU CHAPITRE
du 9 juin 2012

LE RÉVEIL DE L’ARDOUKOBA

Par Aïnaché

Grâce à un certain nombre d’initiatives, l’opposition Djiboutienne s’est
réveillée, comme l’ARDOUKOBA. Ce fameux volcan qui avait eu une éruption dans notre pays en novembre 1978 après un repos volcanique de 3.000 ans.

Comme il nous a été révélé par les scientifiques, ce volcan avait provoqué des phénomènes observables à ciel ouvert : LA DERIVE DES CONTINENTS.

Sans vouloir se hasarder à une quelconque comparaison, force est de constater que les activités de l’opposition Djiboutienne à la fois discrètes ou publiques redonnent l’espoir. Et c’est  heureux ainsi !

APPEL A MANIFESTER

La dernière initiative unitaire de l’opposition Djiboutienne est l’Appel à manifester le samedi 23 juin prochain à Bruxelles devant les Institutions Européennes.

Cette manifestation, à 5 jours de l’anniversaire à l’accession de notre souveraineté nationale, est voulue, et réunira l’ensemble des forces politiques Djiboutiennes d’opposition : membres de la CNDD, de l’UAD, de l’UMD ainsi que les sociétés civiles donc le CDS. Excusez du peu !

Cette manifestation a pour but de redire une fois de plus NON à la dictature à la confiscation de l’État, à la répression arbitraire, aux violations massives des Droits de l’Homme etc…

Elle a pour but également de dénoncer  l’absence de la démocratie après 35 ans de parti unique et l’absence quasi unique de la liberté d’expression qui demeure jusqu’à présent un délit.

Les manifestants émettront le souhait, comme stipulé dans le manifeste de l’Appel : NON à une nouvelle guerre civile, OUI à la paix et à la justice.

Il va sans dire que les Djiboutiennes, les Djiboutiens, et les amis démocrates de Djibouti sont attendus nombreux à cette action de masse collective. 

Je suis persuadé qu’il en sera de même partout où des Djiboutiens sont présents à travers le monde et particulièrement à OTTAWA.

Malgré l’entrave de la liberté et la confiscation de l’État dans tous les domaines, bien que nous soyons le seul pays où aucun contre pouvoir ne fonctionne, nous fêterons quand même le 27 juin de cette année, le 35ème anniversaire de notre accession à l’indépendance nationale.

CROISSANCE ÉCONOMIQUE

Depuis  ces 35 ans nous subissons  la même politique
socio-économique et les mêmes dirigeants à quelques variantes près.

A l’avènement de notre accession à la  souveraineté nationale, il faut bien admettre qu’une  fée protectrice s’est penchée sur notre berceau !
Les pays amis et ceux plus proche de nous, les monarchies de golfe n’ont pas lésiné pour nous couvrir, lors de notre naissance, de cadeaux sonnants et trébuchants.

Cette générosité est sans doute dû à notre territoire à la dimension étroite (23.000 km2), à une faible population estimée à l’époque à environ  un peu plus de 300.000 habitants, et également au poids des réfugiés  Somaliens accueillis chez nous, suite à la guerre entre les deux pays voisins (Ethiopie et Somalie).

Les réfugiés recensés alors,  représentaient  pratiquement dix pour cents (10%) de notre population.

Bien que le bébé se soit transformé en un monstre insatiable, certains continuent à nous aider et  nous font l’amitié de ne pas nous abandonner à la mal gouvernance et aux détournements criants de nos politiques, ce qui n’a  plus de secret pour personne.

Grâce à la vigilance de nos amis et malgré nos dirigeants insatiables, la croissance de notre économie demeure soutenue.

 A cause de la mal gouvernance, cette croissance n’a pas permis de réduire,  loin sans faut, la pauvreté endémique dans notre pays.

Si nos dirigeants ne torpillent pas les activités portuaires et les investissements étrangers, comme ils ont l’habitude de le faire, les investissements en provenance des pays du Golfe devraient s’accélérer au cours des prochaines années

Comme chacun le sait, le Fond Monétaire International (FMI) a vu rouge en constatant le dérapage habituel en matière de fiscalité en 2009, et a fermement demandé aux autorités Djiboutiennes de s’atteler à rétablir un équilibre des finances publiques pour les prochaines années.

L’accélération de l’inflation est tirée principalement de la croissance des prix des produits alimentaires, pratiquement  tous importés, ainsi que par, dans une moindre mesure, les prix du poste : – logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles et de celui des transports.

En réalité, nous ne manquons pas d’atouts  pour renforcer le positionnement de notre pays comme plaque tournante des échanges commerciaux, de logistique et de services connexes. Nous avons la possibilité de mieux nous positionner comme fournisseur de services financiers, de nombreux corridors routiers à réaliser et pour certains à réhabiliter avec  les pays voisins, l’Ethiopie et la Somalie notamment.

Bien que les banques de dépôts et de crédits les plus anciennes se retirent, on constate une floraison des nouvelles banques  qui ont vu le jour. Le nombre d’institutions présentes sur la  place financière au jour d’aujourd’hui  se portent à onze pour un petit pays comme le notre. Et manifestement ce n’est pas fini.

Pour attirer les investisseurs, le gouvernement multiplie les  réformes structurelles, comme la refonte du code des investissements, la loi sur les sociétés et les faillites, ou encore la refonte du code du travail.

Je dois admettre qu’au moins dans les secteurs financiers le tenant du pouvoir se donne les moyens.  Mais, comme toujours les résultats ne profitent pas à la population.

Notre économie est peu diversifiée, nous dépendons presque exclusivement des activités portuaires et du secteur tertiaire.  Ces derniers représentent 76 % du PIB, tandis que le secteur primaire n’a qu’une faible contribution, de l’ordre de 3.9 %.

Notre pays est entièrement, pour ne  pas dire complètement, tourné vers l’extérieur pour notre approvisionnement alimentaire. Notre production agricole domestique ne couvre que 10 % de nos besoins récurrents.

Depuis  longtemps, l’énergie électrique est gérée par l’inamovible cousin du président, elle reste limitée et coûteuse. Cela entrave considérablement le développement de notre pays. La construction lancée avec un grand fracas de publicité, d’une ligne d’interconnexion avec l’Éthiopie  afin d’importer de l’électricité, ne nous a pas encore démontrée son efficacité.

Enfin, bien que nous ne manquions  pas d’atouts  et que la croissance de l’économie soit soutenue, elle ne bénéficie pas,  malheureusement  à  l’ensemble de la population.

Les fonctionnaires sont payés avec du retard, leur salaire est figé depuis des décennies.

Le chômage demeure élevé et la pauvreté touche pratiquement plus de 70 % de la population.

Il faut souligner malheureusement le fait que, malgré une certaine croissance apparente, la majeure partie de la population vit dans des conditions horribles, peut être les pires en Afrique.

Pour que la potentialité de notre positionnement, plaque tournante des échanges commerciaux et géopolitiques profite à l’ensemble de la population, il faut mettre fin à la politique désastreuse menée depuis 35 ans.

CONFISCATION DES MÉDIAS

Pour ce qui concerne la liberté d’informer, il n’y a aucune possibilité d’émettre ou de publier dans notre pays. Bien que la constitution de 1992, ait prévue  :   

– La Commission Nationale de la Communication-, elle n’a jamais été mise en œuvre.

Que dit la constitution :
 » La Commission Nationale de la Communication est une autorité indépendante prévue par la loi n°2/AN/92 2ème L du 15 septembre 1992 relative à la liberté de la communication.

La liberté de communication est garantie par la Constitution et est définie par l’article 3 de la loi susvisée: « La liberté de communication est le droit, pour chacun de créer et d’utiliser librement le média de son choix pour exprimer sa pensée en la communiquant à autrui, ou pour accéder à l’expression de la pensée d’autrui.

Le citoyen a le droit à une information complète et objective, et le droit de participer à l’information par l’exercice des libertés fondamentales de pensée, d’opinion et d’expression proclamées par la Constitution.

La Commission Nationale de la Communication est chargée de veiller au respect du pluralisme de l’information ».

Dernièrement, le pouvoir a voulu réanimer cette Loi qui n’a jamais été mise en œuvre durant 22 ans,  pour trouver une parade et  se prémunir d’ éventuelles demandes  de l’opposition dans ces domaines.

Le dynamisme de l’opposition inquiéterait donc le pouvoir qui cherche comment faire barrage.

Ainsi, ce ne serait pas Le Président qui aurait interdit, la création des outils des médias, mais une instance en principe autonome et libre de sa décision.

Bien entendu  et comme il est de coutume, il mettra à la tête de cette commission un homme de paille qui portera  »le chapeau ».

Le Président n’a t-il pas affirmé dans son journal préféré :  » Jeune Afrique »  n°2655-du 27.11. au 03.12.12.2011- en réponse à la question du journaliste : Pourtant, il n’y a chez vous ni télévision ni radio indépendantes….

Le président avait répondu sans hésiter :  »Ce n’est pas un problème de censure mais un problème d’argent ». On se demande pourquoi sont censurés les sites internet de l’opposition et des défenseurs des Droits de l’Homme comme l’ARDHD ?

D’anciens fonctionnaires qui ont déposé une demande pour la création d’un journal auprès du gouvernement depuis le mois de février dernier attendent toujours  à ce jour une réponse (LOI n°1332).

Le dynamisme de l’opposition et les méthodes évoluent et cela accroit l’espoir et l’attente des Djiboutiens.

Autant je redoute pour mon pays le réveil du volcan l’ARDOUKOBA, autant je me réjouie de la dynamique de l’opposition réunie.

Nous fêterons donc, joyeusement dans l’unité de l’opposition, notre 35ème année d’indépendance, du 27 juin 2012.

AÏNACHÉ