25/04/2013 (Brève 139) Mohamed Moussa Aïnaché nous a adressé le compte-rendu de la réunion de samedi à Paris, qui a réuni différentes personnalités : des responsables de l’opposition djiboutienne et des membres d’organisations françaises impliqués dans le combat pour l’instauration de la démocratie à Djibouti.

Compte rendu de la Conférence sur la situation à Djibouti

Lieu : IREA-Maison de l’Afrique,
7 rue des carmes 75005 Paris

Date : Samedi 20 avril 2013 – de 14h00 à 19h30

La conférence de Paris a été un succès bien au-delà de nos espérances. Elle a accueilli une diaspora djiboutienne – à l’image du peuple djiboutien – avide de libertés et de débats démocratiques. Toutes les sensibilités du paysage politique et associatif djiboutien étaient représentées. Plusieurs sujets ont été évoqués au cours de cette conférence, en présence de nombreux démocrates africains et français : les questions des droits de l’Homme, de la démocratie, de la nature de l’État, des élections récentes ainsi que les rôles de la jeunesse et de la diaspora.

Quelques axes de solidarité avec le peuple de Djibouti ont été explorés par les organisations amies (africaines et françaises).

La conférence a débuté avec un rappel historique de Mohamed Kadamy sur les origines de la crise et des dérives actuelles qui découlent du choix fait dès l’indépendance de confisquer les libertés et de tourner le dos à la constitution d’un État national.

Mohamed Moussa Aïnaché, ancien Directeur Général de la Radio et de la Télévision, a décrit la chape de plomb médiatique que subit Djibouti. Il a rappelé que c’est le pays d’une seule télévision, d’une seule radio et d’un seul journal et qu’il se loge au 167ème rang du classement mondial de « Reporters Sans Frontières ». Et paradoxe : des puissances démocratiques internationales continuent de soutenir le régime.

Mahdi Ibrahim God a mis en parallèle l’énorme soutien et rentes occidentaux que reçoit le régime et la misère que vit le peuple djiboutien.

Le représentant de la FIDH, Florent Geel, a ensuite présenté l’état des droits de l’homme à Djibouti. Sa présentation basée sur des faits a mis en exergue les différentes violations des droits de l’homme dans ce pays (exécutions extrajudiciaires, arrestations arbitraires et tortures).

Ensuite Ahmed Kassim Issé a rappelé les punitions collectives, l’injustice, la discrimination et l’impunité dont jouissent les responsables des crimes commis, autant d’éléments qui alimentent la crise qui secoue ce pays.

Le débat qui s’est instauré après ces interventions, a permis aux uns de critiquer les exposés et aux conférenciers de préciser certains points.

Plusieurs orateurs ont mis l’accent sur la nécessité de préparer dès à présent la transition vers la démocratie.

Après une brève pause la conférence a repris avec le témoignage de Cassim Ahmed Dini, qui a partagé avec l’auditoire son vécu personnel en tant que témoin oculaire des derniers événements en cours. Il a évoqué également les limites de l’action des partis politiques ainsi que certaines faiblesses de l’opposition.

Maki Houmed Gaba a pris la parole pour décrire la nature du régime et ses dérives en matière de droits de l’homme ainsi que sa difficulté récurrente à tenir ses engagements nationaux (l’accord de paix de mai 2001 entre le régime et l’opposition armée est restée lettre morte) ou internationaux (beaucoup d’engagement sur les droits de l’homme, ou convention contre la torture, non respectés).

Alexis Mohamed a de son côté décrit la place de la jeunesse et l’exclusion dont elle est l’objet dans la sphère économique du pays. Il a précisé que cette exclusion touche l’ensemble du peuple djiboutien. Dans le souci de désenclaver médiatiquement et politiquement l’entité djiboutienne, l’apport de la diaspora et le rôle de la solidarité africaine et française avec le peuple djiboutien ont été abordés.

Nidal Mahmoud Ibrahim a passé en revue la place que doit prendre la diaspora dans la promotion des droits de l’homme et des libertés démocratiques. Il a souligné la nécessité pour cette diaspora de s’affranchir des pesanteurs tribales et se mettre à la disposition du peuple djiboutien dans ses aspirations au changement et à la démocratie. L’originalité de cette conférence consacrée à la situation à Djibouti est la participation importante des démocrates africains et français qui a fait l’objet de la 3ème table ronde. Outre leur solidarité agissante à l’égard du peuple de Djibouti en lutte pour la démocratie, ces organisations ont chacune proposé quelques pistes pour faciliter les actions des démocrates djiboutiens.

Sylvie Jan du PCF (ancienne présidente de FDIF) qui a plaidé pour une autre politique de la France à Djibouti, a demandé que les aides de la France soient conditionnées au respect des Droits Humains et à la transparence des élections.

Acheik Ibn Oumar (Tchad CNCD – ancien ministre des Affaires étrangères du Tchad), Augusta Epanya (Cameroun UPC), Kecheri Doumbia (Mali FNC) ont tous affirmé que les luttes des djiboutiens ne doivent pas être isolées et doivent être relayées à l’extérieur par les démocrates africains,

Ayivi Raymond de la plate-forme panafricaine et Zang-Nezoune Mahamat, de l’Amicale panafricaine ont chacun de leur côté, estimé que les organisations africaines (UA, IGADD) devaient jouer un rôle proactif dans la recherche d’une sortie de crise à Djibouti, avant que la situation ne devienne explosive, en facilitant le dialogue entre le pouvoir et l’opposition

Enfin, David Gakunzi, a rappelé à l’auditoire que l’IREA-Maison d’Afrique est un espace de dialogue et de paix ouvert à tous et notamment à la communauté djiboutienne. Il a également ajouté que cette conférence ne sera pas la dernière et qu’en accord avec les autres organisateurs d’autres conférences sont prévues.

A noter également dans la salle, la présence du nouveau délégué spécial pour l’union de salut national (USN) aux affaires étrangères globales, Mr Abdourahman Borreh, ainsi que d’autres invités de marque. .

23/04/2013 (Brève 138) Vérité : Hommage à Jean-Paul Noël Abdi

VERITE : Jena-Paul.Abdi Noël, un bijou rare. Demeure au Paradis !!

JEAN-PAUL NOEL ABDI  était un enfant du pays, il était humain, ayant la démocratie dans le sang, il aimait la grande liberté et la réussite du peuple.

Ayant servi  sous Gouled dans la politique à l’Assemblée  nationale, il  a façonné beaucoup de changement en apportant de nouveaux outils pour améliorer les services  au sein de l’Assemblée.

J-P NOEL  était un politicien chevronné  qui a assisté à tous les changements  politiques aue notre pays a connu ; c’était un leader infatigable des Droits de l’Homme.

Ayant une très grande expérience, il connaissait parfaitement tous les rouages de l’administration  du chamelier et ses défauts.

J-P NOEL, était un citoyen noble ; il vivait au sein de son peuple ; il était en lutte chque jour contre le pouvoir en place. Son désir était que le pays retrouve une politique saine et que le peuple regagne sa fierté d’être des citoyens respectés.

Sous la chaleur et la tempête du khamsin, il n’hésitait jamais  à aller de l’avant pour mieux dénoncer les magouilles du régime et son chef bobard.
                                                                                 
Il avait un grand cœur, il adorait la liberté de chacun, il aimait que le peuple respire l’air pur de FREEDOM.

J-P NOEL  refusait  la dictature, le pouvoir sans partage, le clanisme, l’enrichissement facile par un groupe, le détournement des biens publics au détriment d’un peuple a l’agonie.

C’était un homme de conviction avec un objectif à atteindre :   que le pays soit démocratisé dans un avenir proche.

Sans moyen ni aide, il progressait dans l’obscurité et dans la chaleur pour dénoncer la corruption, la main mise, les systèmes du fils de l’oued.

C’est lui qui a démontré, avec une détermination sans faille, en lançant des appels auprès des Organisations internationales, des Ambassades, du monde entier pour alerter sur le fait que  Djibouti  mourrait à petits  feux, que son peuple était dans la misère totale et que la dictature et l’injustice étaient à tous les coins de rue, et surtout qu’une guerre civile était imminente.

Ses actions étaient visibles et touchantes dans tous les domaines, il dénonçait souvent les agissements aveugles, les violences quotidiennes, les Droits humains bafouées, l’injustice, la déchirure sociale, l’étouffement de la jeunesse, le clanisme dans tout l’sphère, le massacre de la population Afar.

C’était l’homme, qui pensait  que le combat contre le pouvoir se déroulait au sein du pays  et qui il était temps que   les leaders de l’opposition prennent des décisions concrètes pour diriger les masses populaires pour se mettre en face de la royauté du clan.

J-P NOEL,  a mainte fois  séjourné dans les geôles du régime, a comparu devant le parquet sans motif sérieux ni valable. Il a été accusé faussement et sans prise et ljeté en prison pour des mois..

Il a été maltraité, humilié devant ses proches par la police gouvernementale et la gendarmerie à la solde du fils du rail.

J-P NOEL était  un homme aimé par l’ensemble de la population Djiboutienne, ses valeurs politique et humaine étaient reconnus au delà  des frontières,  celui qui a dit non la politique de l’autruche  d’IOG.

22/04/2013 (Brève 136) Contribution d’Aïnaché à la Conférence sur la situation à Djibouti qui s’est tenue à Paris le 20 avril 2013


Retrouvez toutes les chroniques d’Ainaché : Lien

Par Aïnaché

CONFÉRENCE SUR LA SITUATION A DJIBOUTI

PARIS, Samedi 20 avril 2013

Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Chers compatriotes,

Avec l’introduction de ce fameux 20 % à la proportionnelle, lors de l’élection législative du 22 février dernier, certains d’entre nous avaient espéré.

Ils ont voulu croire qu’il y avait là, une avancée, minime, certes, très minime, mais une amorce de démocratisation  à Djibouti.

Nous savons hélas, aujourd’hui, que c’était un leurre.

Cette manœuvre du gouvernement en place avait pour objectif de mettre  fin aux critiques persistantes qui pleuvaient sur la pratique antidémocratique de la non représentation des opposants à l’Assemblée Nationale.

Cette fausse ouverture assouvissait également  les appétits de quelques assoiffés d’un mandat.

Ce piège grossier a été tendu par les tenants du pouvoir  pour sortir de dix ans de boycottage des élections dont la population djiboutienne avide de s’exprimer, commençait à se lasser.

L’opposition ne s’était pas remise du détournement des résultats des élections de 2003 et avait décidé de ne plus participer à aucune autre élection tant que le pouvoir ne lui donnerait pas satisfaction sur les garanties d’une élection véritablement démocratique.

A cette occasion, comme  un de mes amis a eu la gentillesse de me le rappeler, j’avais pris la liberté de m’exprimer dans un article consultable sur le site ARDHD, du 27/11/02 – LA VOIX AU CHAPITRE : Échéance Électorale.

 Je n’ai rien à retirer de ce que j’ai écrit il y a presque 11 ans.

En effet, rien n’a changé.  Nos dirigeants sont restés des experts en tripatouillage électorale.

Le 9 octobre 2004, l’Opposition unie avait interpellé le Président de la République. Nos exigences portaient, outre l’indispensable refonte du Conseil Constitutionnel, prévu par l’accord de paix du 12 mai 2001 sur :

  1. La refonte et la réactualisation des listes électorales 
  2. L’établissement de ces listes par bureaux de vote dans les régions de l’Intérieur
  3. La publication des listes et leur mise à disposition de  tous les partis politiques 
  4. La mise en place d’une véritable Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), composée à parité égale de représentants de l’opposition et de représentants des partis au pouvoir, sous la présidence d’une personnalité indépendante acceptée par les deux parties ;
  5. L’élaboration conjointe (Opposition/Gouvernement) d’un Statut Spécial pour  la ville Capitale ;
  6. La modification de la Loi relative aux élections dans ses articles 27 et 54, portant sur la proclamation des résultats et la remise des Procès-verbaux, consécutive au dépouillement du résultat des scrutins. Désormais, pour une réelle transparence des élections, nous demandions que chaque partie dispose d’un exemplaire du PV et des résultats proclamés par la CENI ;
  7. L’abandon pur et simple des pratiques de l’ancien système du parti unique dans la désignation des assesseurs. Ces assesseurs devront représenter les parties en compétition ;
  8. L’accès libre et équitable des partis politiques aux médias publics ;
  9. L’amendement et l’application effective de la loi de 1992 sur la communication qui autorise l’ouverture de radios et de télévision libres.
Neuf revendications guidées par le souci d’instaurer enfin une démocratie digne de ce nom en République de Djibouti.
 
Pas d’accusé de réception, pas de réponse .

Sans l’assurance d’un changement de pratique de la part du pouvoir, nous avons cherché des garanties auprès de nos partenaires et amis avant de nous lancer dans cette campagne.

Avant les élections, les démarches effectuées auprès de la représentation à Djibouti par l’opposition, comme celles entreprises ici à Paris se sont conclues invariablement par :

 ‘‘Allez aux élections, nous serons vigilants sur leur déroulement ».

Fort de ces encouragements et de ces promesses, et compte tenu des forces d’opposition formelles et informelles grandissantes au sein d’une population opprimée qui attendait ces élections, nous,  l’opposition intérieure et extérieure, avons décidé de participer à l’élection législative du 22 février dernier.

Des nouveaux partis tels que le MoDel et RADD  s’étaient  créés et avaient demandé leur agrément afin de concourir aux élections législatives.

L’élection locale de l’année dernière a montré la lassitude des Djiboutiens, à l’égard du tenant du pouvoir et a donné la victoire à la liste indépendante  »RADD » encore tolérée. Ce qui a créé un réel espoir de changement.

Cette fois, le gouvernement en place n’a pas eu le temps de manipuler ces partis émergeants. Pourtant, la méthode était rodée : il suffisait de cloner ces nouveaux partis, ces syndicats ou ces associations. On en crée d’autres, on leur donne les mêmes appellations et bien sûr, on met à leur tête, des marionnettes dociles et soumises…

Des méthodes de ce genre, le pouvoir en invente régulièrement et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est sans vergogne. C’est ainsi que, suite à la dernière élection législative, il a licencié comme de simples employés les Elus du Conseil Municipal de Djibouti Ville : le Maire et ses adjoints !

Cette fois, le MoDeL et le RADD ont échappé au clonage et ont rejoint l’opposition. Ces renforts ont permis la création de l’Union de Salut National (USN).

Une dynamique était née.  Cette nouvelle opposition a galvanisé les foules, comme en témoignent les réunions et les manifestations tenues durant les 12 jours de cette campagne électorale.

On connaît la suite :

  • panique au plus haut sommet de l’État au vu du succès grandissant et de l’engouement suscité lors des différents meetings de l’opposition à Djibouti-ville comme dans toutes les villes et les villages à travers le pays
  • intervention télévisée menaçante  du chef de l’État, après la clôture de la campagne électorale transformant l’élection législative en un référendum : Pour ou contre le Président.
  • fraude massive  qui a abouti purement et simplement à l’inversion des résultats du scrutin, après un conciliabule de nos dirigeants durant neuf longues heures. 

L’ Ambassadeur de France a alors ouvertement cautionné cette élection frauduleuse constatée par tous les observateurs en place en félicitant le parti du Président et les Elus.

Cette sortie ridicule a bien sûr été exploitée par le gouvernement en place qui a largement diffusé son intervention dans les médias.

Silences gênés de nos amis français qui contrastaient avec leurs encouragements appuyés qu’ils nous avaient prodigués avant les élections…

Ce manque de clarté de la France, ces attitudes ambiguës, ce double langage entre  pouvoir en place et opposition sont déstabilisants.

Nous avons apprécié l’attitude de la représentation des États-Unis d’Amérique présente à Djibouti qui est resté fidèle à la politique prônée par Le Président Barack OBAMA vis à vis des dictateurs africains dans la ligne qu’il  avait fixée lors de son discours à Accra du 11 juillet 2009 affirmant  :

 L’AFRIQUE N’A PAS BESOIN D’UN HOMME FORT, MAIS D’UNE INSTITUTION FORTE-  .

C’est ainsi que le Président OBAMA

  • s’est bien gardé de féliciter notre Président à l’issue de la reconduite de son troisième mandat anticonstitutionnel.
  • ne l’a jamais invité à la Maison Blanche comme il l’a fait pour les différents Présidents africains démocratiquement élus. Ces rencontres, comme celles du 31 juillet 2011 et récemment du 28 mars 2013 sont qualifiées de « rencontres de solidarité démocratique qui visent à saluer des démocraties solides et émergentes. »

Notre Président, vexé de cet affront, s’est agité avec frénésie pour s’inviter  -sans y être convié- à la réception  donnée par le Président OBAMA à New-York en septembre 2011.

Et, aujourd’hui, ici, à Paris, nous voulons dire haut et fort à la France, le pays des droits de l’homme qu’elle nous a déçus :

Elle nous avait assuré de son soutien,

Elle s’était porté garante du bon déroulement des élections.
…. pour se taire, une fois de plus, à la proclamation de résultats honteusement manipulés
…et pour, par la voix de son ambassadeur, féliciter les artisans de cet outrage à la démocratie…

Quant à nous, les membres de l’opposition à ce régime indigne,
Si, nous avons été meurtris par ce nouvel épisode douloureux dans notre combat, nous continuerons à œuvrer, nous continuerons à nous faire entendre, nous continuerons notre marche pour une nation libre et digne.

Pour finir, et toujours, pour plaider pour cette nation libre et digne, permettez-moi, en tant qu’ancien directeur de la RTD, Radio et Télévision de Djibouti, de dresser un portrait de l’univers médiatique de notre pays.

Ce ne sera pas long !

C’est un désert unique en son genre. Aucun pluralisme: Un journal unique, une radio et une télévision étatique. point final. Manifestement, il est admis que les médias gouvernementaux suffisent aux besoins de la population.

A Djibouti, on n’aime pas les journalistes, aucun n’obtient de visa pour entrer. Plusieurs journalistes se sont vu refuser leurs demandes de visa, d’autres se sont vu refoulés à l’aéroport.

 Ce fut la mésaventure du correspondant de la chaîne Qatari  »AL JAZIRA » dans la région qui avait essayé sur plusieurs frontières de rentrer à Djibouti lors des manifestions unitaires de l’opposition de février 2011.

C’est simple, dans nos représentations et notamment à Paris, la première question que les agents d’accueil posent aux demandeurs de visa est  celle-ci  »êtes-vous journaliste ? ». Ce qui désarçonne les simples touristes et finalement en décourage certains.

Il y a quand même une exception à ces refus, les journalistes du Magazine Jeune-Afrique. Ces derniers n’ont pas besoin de faire de démarches pour obtenir des visas. Ils ne risquent aucun refus comme leurs collègues car ils sont régulièrement invités par le pouvoir à chaque fois que celui-ci a besoin de faire passer un message.

Il n’est pas étonnant que notre pays se loge au 167ème rang  du classement mondial de « Reporters Sans Frontière ». Ce classement est amplement justifié car, outre l’interdiction de créer un média indépendant, l’opposition n’a pas accès aux médias étatiques.

Le pouvoir s’est fait violence durant la campagne électorale en couvrant partiellement les réunions de l’opposition. La couverture obligatoire se transformait régulièrement en un sabotage. En effet,  les trois minutes octroyées généreusement à l’opposition, dans  »l’Édition Spéciale élection » se résumait à un plan large de la réunion et quelques phrases hachées des différents orateurs donc forcément dénaturées. Cela frisait le ridicule.

La plupart du temps, pour ne pas dire quotidiennement, le journal télévisé se limite intégralement à l’activité présidentielle. Il n’est pas surprenant pour ceux qui subissent le déroulement du journal télévisé, de voir de longues minutes, des images du chef de l’Etat sans commentaires, comme au temps des films muets…

En effet, les journalistes de différentes rédactions, journal écrit, agence de presse,  radio et télévision ne produisent rien sur les informations locales : ils reçoivent  du cabinet présidentiel les textes à lire et à imprimer.

Il n’est pas étonnant que les Djiboutiens suivent les radios et télévisions étrangères.  Cela agace prodigieusement le pouvoir. Il fait régulièrement des tentatives auprès des médias étrangers et particulièrement des chaînes qui diffusent des informations en langue somalie : BBC de Londres et VOA de Washington. Il se murmure que les  journalistes de ces différentes radios seraient approchés régulièrement par des émissaires  gouvernementaux afin de  monnayer un contenu bienveillant pour le pouvoir en place…

Quant à RFI, Radio France International … Le pouvoir ne s’est pas gêné pour fermer purement et simplement son relais pour la région de la corne d’Afrique.

Vous avez dit démocratie ?

AÏNACHÉ

22/04/2013 (Brève 137) ALERTE ROUGE – Violation des Droits de l’Homme et refus des soins nécessaires sur un jeune Djiboutien, remis en prison, immédiatement après une opération grave, sans convalescence (Info correspondant)

Jeune en prisonJe tenais à apporter à la connaissance de l’opinion internationale et à l’ARDHD, le cas d’un jeune militant de l’ARD qui avait été arrêté à Arhiba pendant la révolte de ce quartier pauvre de la capitale.

Le jeune Abdoulkadir Ibrahim Mohamed a présenté une appendicite qui s’est compliquée en péritonite du fait du retard dans le diagnostique. Finalement il avait pu être opéré à l’Hôpital Général Peltier, dans des conditions graves .

Jeune opéré remis en prisonJe viens d’apprendre qu’il avait aussitôt remis en prison, pratiquement dès la fin de l’opération et sans convalescence, il est dans un état grave.

Vous trouverez les photos de ce jeune d’abord en prison et puis après une opération abdominale.

Toute l’équipe de l’ARDHD est profondément choquée par cette nouvelle situation de refus de soin à une personne arrêtée, probablement sans motif sérieux …

Ce n’est pas la première fois que le régime tortionnaire de Guelleh se livre à de tels actes sur des personnes faibles, (Il serait plus juste de dire que malheureusement, c’est la règle au royaume de pacotilles) mais il convient de dénoncer les crimes qui sont commis chaque jour contre les populations civiles et tous ceux qui osent dénoncer les injustices et les abus d’un régime tout puissant derrière une police et une justice aux ordres.

21/04/2013 (Brève 135) RFI A Paris, l’opposition djiboutienne fait entendre sa voix

Selon l’opposition djiboutienne, le parti du président Ismail Omar Guelleh a triché lors des dernières législatives. Par RFI

A Paris, s’est tenue ce samedi 20 avril une conférence sur la crise à Djibouti.

Depuis les élections législatives du 22 février dernier, tous les partis de l’opposition dénoncent en effet des fraudes massives et le vol du scrutin par le président au pouvoir depuis 1999, Ismail Omar Guelleh. Depuis deux mois, l’opposition n’en démord pas : selon elle, c’est l’Union pour le salut national qui a remporté les législatives du 22 février, et non le parti du président Ismail Omar Guelleh, à la tête de l’État djiboutien depuis 1999.

Lors d’une conférence organisée ce samedi avec des représentants de la société civile et des ONG françaises, l’un des représentants de l’opposition en France, Mahamoud Djama, l’a répété : « Même s’il y a eu beaucoup de fraudes de la part du gouvernement, l’opposition a gagné. Et c’est le soir de l’élection que les résultats ont été inversés. Depuis, la situation a été totalement bloquée ».

Arrestations d’opposants Les membres de l’opposition manifestent régulièrement et dénoncent le dialogue de sourds du régime qui ne répond que par la répression. « Tous les vendredis, tous les jours, il y a des arrestations de l’ensemble de l’opposition. Des leaders de l’opposition, de la société civile, ou même de simples partisans de l’opposition », rapporte encore Mahamoud Djama.

Depuis, le président a nommé son Premier ministre le 1er avril dernier, Abdoulkader Kamil Mohamed. Un changement qui n’en est pas un, selon l’ancien directeur de la télévision nationale, Mohamed Moussa Aïnaché : « Le Premier ministre est issu des partis au pouvoir depuis l’origine.

Il était récemment ministre de la Défense. On ne doit s’attendre à aucun changement ». Selon la FIDH, la répression à Djibouti est incontestable. Au moins six personnes sont mortes depuis fin février.

20/04/2013 (Brève 134) A lire sur Billets d’Afrique, la lettre mensuelle de Survie, une longue interview d’Abdourahman Waberi et d’Ali Coubba « Le silence du Gouvernement français est indigne ». Propos recueillis par Raphaël de Benito (Article publié avec l’aimable autorisation de la rédaction de billets d’Afrique)

Abdourahman A. Waberi est écrivain, actuellement professeur de littératures et cultures françaises et francophones à George Washington University aux Etats-Unis).

Ali Coubba est docteur en histoire contemporaine et auteur de “Djibouti, une nation en otage”.

Ils réagissent à la violente crise politique qui secoue Djibouti.

Billets d’Afrique : Où en est la contestation un mois après le scrutin législatif contesté?

La contestation se poursuit sans perdre de sa cohérence ou de sa véhémence. La rue djiboutienne ne décolère pas. Sur le plan politique, la coalition USN (Union pour le salut national) garde le cap. Les semaines précédentes, des manifestations épisodiques se sont déroulées devant le palais de justice pour protester contre les arrestations et condamnations en catimini des opposants ciblés par les forces de l’ordre.

Une justice téléguidée par le palais présidentiel tente de neutraliser les responsables de la société civile. Plus fortement suivies, les manifestations de masse, après la prière générale du vendredi midi, impressionnent le pouvoir qui pensait que le mécontentement populaire allait s’essouffler une fois les «meneurs» jetés en prison et sévèrement condamnés à un emprisonnement allant de deux à douze mois, avec privations de droits civiques pour deux ou trois d’entre eux.

Quatre à six semaines plus tard, le caractère bon enfant et déterminé déconcerte également le pouvoir dictatorial qui a sombré dans le mutisme. Ses partisans semblent comme tétanisés. Tout le monde se rend compte maintenant que la contestation à Djibouti a un caractère inédit. Côté pouvoir, on privilégie répression policière et intimidation.

Or, les arrestations de masse opérées par le régime, un peu plus de 600 hommes, femmes et enfants, ont été jetés en prison entre le 23 février et le 28 mars 2013, restent sans effet. La rue est toujours bondée les vendredis midis.

En dépit de la campagne de licenciement ayant visé les fonctionnaires sympathisants de la coalition USN, en particulier ceux qui se sont présentés aux bureaux de vote en tant que délégués de l’opposition, la tension ne baisse pas d’un cran. Bien au contraire. Sur le plan politique, après avoir procédé à tous les recours possibles, les élus de la coalition USN refusent non seulement de siéger dans la nouvelle assemblée fantoche mais sont en train de mettre en place une nouvelle assemblée beaucoup plus conforme aux choix des électeurs. Mais le plus intéressant pour nous, c’est de faire un autre constat.

Avant, le peuple djiboutien faisait le jeu du pouvoir et se complaisait à être victime et bourreau, jeu sinistre qui allait finir par le détruire.

Heureusement, le schéma traditionnel d’une nation divisée, entre partisans de la dictature et opposants, est révolu. Dans l’histoire de Djibouti, jamais le régime n’a été contesté à la fois par les populations du Nord, du Sud-Est, et de la capitale, dans un même mouvement de rejet.

Il faut souligner qu’il est discrédité dans le milieu afar, depuis 36 ans. Voir le discrédit de la part des autres composantes et surtout les populations somali qu’il croyait avoir à sa disposition, à la fois comme vivier électoral et comme «instrument» de répression à l’encontre de ses adversaires, a dû ruiner les dernières illusions au palais présidentiel.

Notre seule inquiétude concerne les violences dont pourrait user le pouvoir contre les civils. Car toute violence gratuite contre la population risque de radicaliser les manifestants, de désorganiser les services publics et de provoquer le chaos dans la ville de Djibouti.

Il semble que le processus voulu par la dictature se soit déroulé selon le schéma suivant : d’abord le vote visible dans les bureaux de votes des grandes villes, ensuite le rassemblement puis la publication des résultats par circonscriptions sans le détail bureau par bureau. Est-ce là que la fraude s’est jouée ?

Oui, si on se limite à la circonscription de Djibouti, c’est le scénario que vous décrivez qui a eu lieu. En effet, dans la capitale, le scrutin s’est déroulé dans des conditions de transparence que les délégués de l’USN n’ont pas contestés. La surprise est venue lors de la publication des résultats.

Le score victorieux de l’USN a été attribué à la majorité présidentielle, parfois en majorant d’une manière artificielle les résultats. Heureusement les délégués de l’USN avaient eu le bon réflexe de faire des copies de procès verbaux signés par les assesseurs. Par conséquent, l’opposition estime avoir remporté la majorité parlementaire dans la capitale et dans deux autres circonscriptions électorales, à Ali-Sabieh et à Arta. Ailleurs, à Tadjourah, Dikhil et Obock, il n’y a pas eu de consultation électorale.

D’après M. Aden Mohamed Abdou, un responsable de l’USN qui a fait un compte rendu détaillé du déroulement du scrutin dans une vidéo, les militaires – certainement sur ordre de la présidence inquiète de la tournure prise par la votation – ont empêché les électeurs de voter dans certains bureaux.

Dans d’autres, les urnes pré-remplies ont servi à faire le décompte des voix. Ailleurs, les délégués de l’opposition ont été chassés de lieux de vote. La publication de résultats par bureau de vote est pourtant le minimum requis pour une élection sincère! D’habitude, le ministère de l’Intérieur publie le soir même de la consultation électorale les résultats de chaque bureau de vote.

Donc, premier accroc à la tradition dénoncée aussitôt par l’opposition.

Deuxième accroc, le Conseil constitutionnel a attendu deux semaines avant de parapher les résultats du scrutin parlementaire. Ce retard témoigne d’une inquiétude certaine au sommet de l’Etat. D’après la rumeur qui a circulé dans les allées du pouvoir, le président du Conseil constitutionnel, M. Ahmed Ibrahim, ancien ambassadeur de Djibouti en France, aurait refusé de cautionner des fraudes aussi flagrantes.

Plusieurs jours ont été nécessaires pour ramener ce dernier à la raison… à coups de menaces et de chantage. On saura un jour ce qui s’est réellement passé.

L’ambassadeur de France a déclaré qu’il n’y avait pas eu de fraudes visibles dans les bureaux de vote. Est-ce vrai dans tous les bureaux de vote du pays ? Comment a t-il pu le vérifier ?
L’ambassadeur a dit qu’à sa connaissance le processus semble s’être déroulé convenablement dans les bureaux de la capitale. Le propos sciemment vague, sans parler de la précaution diplomatique habituelle, ne dit rien sur cette élection. Tout juste, ce que les Américains appellent un «lip service» des plus gênés car les observateurs n’ont pu se rendre que dans quelques bureaux de la capitale triés sur le volet.

De plus, dans cet entretien de moins de deux minutes, il n’a jamais parlé de scrutin, de décompte, encore moins de résultats chiffrés et pour cause. Enfin, l’opposition a relevé des entorses à la loi électorale avant, pendant et après ce scrutin. Tout cela est documenté et disponible, notamment sur Internet. Pour mémoire, les entorses et les tripatouillages sont un sport national. En 2010, le président avait modifié la constitution nationale pour pouvoir briguer un troisième mandat illégal.

Nous ne sommes pas à un viol anti-constitutionnel près à Djibouti.

Quel est votre sentiment après la réaction a minima de la diplomatie française et européenne?

Elle ne nous surprend pas. Le port de Djibouti est devenu un enjeu de première importance dans la région. Les intérêts géostratégiques, énergétiques et commerciaux, expliquent sans doute la frilosité de Paris. Le reproche peut être adressé, dans les mêmes termes, aux Etats-Unis et au Japon. Leur silence assourdissant en dit long sur la nature des relations diplomatiques entretenues avec Djibouti.

Elles possèdent des zones d’ombre, peu recommandables. En revanche, nous sommes indignés par le silence du gouvernement socialiste qui n’accompagne pas maintenant la volonté de changement exprimée par la population. Maintenant que le rejet de la dictature ne fait plus de doute: ses électeurs «naturels» l’ont boudée. A ce stade, de nouvelles déclarations de Paris appelant au respect des droits de l’homme seront les bienvenues.

Ces chancelleries attendent peut-être que les manifestations acquièrent un caractère virulent et qu’il y ait mort d’hommes. A ce moment-là, la gestion de la crise deviendra difficile pour tous les protagonistes. En réaction et par dépit, les Djiboutiens pourraient conserver par la suite le sentiment d’avoir été trahis par Paris, Washington et Tokyo.

Nous avons le précédent tunisien qui a durablement empoisonné la coopération avec Paris. Plus que jamais se posera alors la question de «bases militaires étrangères» qui remettent en question la souveraineté nationale. La transition démocratique, comme on l’a observé dans d’autres pays, va de pair avec le nationalisme.

La France et l’UE préconisent un recours juridique tout en sachant que les institutions juridiques et constitutionnelles sont aux mains du pouvoir. Cela équivaut-il à une validation implicite ?

Bien sûr, nous sommes habitués à la langue de bois de la France et de l’Union européenne qui, en dernier ressort, préfèrent de loin le statu quo au changement de régime en Afrique ou ailleurs. La transition démocratique serait pour elles une période d’instabilité, non seulement dans le pays concerné mais aussi dans toute la région. La valeur géostratégique de Djibouti, après les contagions provoquées par le «printemps arabe», incite encore à plus de réticence à aider les forces démocratiques. Mais ce serait une erreur de se voiler ainsi la face.

Pour l’instant, indépendamment de la nature du régime, la coalition USN joue la légalité et a déposé le recours auprès du conseil constitutionnel. Ce pouvoir étant au bout du rouleau, elle ne veut pas lui donner des prétextes pour tirer à balles réelles sur les civils.

Que pensez-vous des accusations du régime Guelleh dénonçant l’infiltration islamiste de l’USN?

Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage. Ces accusations sont trop grossières et intentionnellement mises en scène par la dictature. Il faut savoir que la coalition USN est composée de six partis politiques dont seulement quatre sont légaux. Le Mouvement pour le développement et la liberté (MoDel) qui a vu le jour en décembre 2012 et que le pouvoir a refusé de reconnaître, est soutenu par des membres de la société, des enseignants et des prédicateurs.

Ce sont des activistes, des acteurs de la société et non des affreux terroristes comme le pouvoir s’évertue à les présenter. Quand l’un des trois prédicateurs visés travaillait avec le pouvoir, ce dernier abritait donc des terroristes dans son sein.

Ce n’est pas très sérieux, le pouvoir tente de discréditer l’opposition démocratique qui se bat contre lui depuis 36 ans. Quant à l’islam, il représente les valeurs positives autour desquelles le peuple djiboutien (musulman à presque 100%) peut réaliser le consensus le plus large.

Outre la présence d’une importante base militaire française, le silence français n’a t-il pas été «acheté» par le nouvel activisme de Guelleh en faveur de l’intervention française au Mali ?

A la suite d’une élection parlementaire ou présidentielle dans le pré-carré, le silence des autorités françaises est une constante de leur diplomatie. Plaider pour plus de démocratie à Djibouti s’inscrirait dans une démarche positive. Il est vrai que la base militaire de Djibouti est un dispositif important dans la politique de défense française.

Dès qu’une crise frappe le continent africain, les troupes à Djibouti sont mobilisées. Nous espérons que dans un avenir pas trop loin les différentes composantes de Paris (Elysée, Quai d’Orsay, Bercy et le ministère de la Défense) parleront d’une seule et même voix. Ici comme ailleurs, l’exemple tunisien joue contre la stratégie (déni, aveuglement et répression).

Avec un partenaire plus soucieux du sort du peuple djiboutien, ses intérêts géostratégiques seront mieux garantis qu’aujourd’hui. Paris ne doit pas oublier que la base américaine a relégué à la seconde place la France. En outre, Iraniens et Turcs aimeraient disposer d’un pied à terre à Djibouti. La question de plus en plus sensible d’hydrocarbures acheminés par la mer Rouge (50% du total), la lutte contre la piraterie et le commerce maritime (15% du trafic mondial) passant par le golfe d’Aden, imposent une nouvelle approche diplomatique.

Un dernier mot sur la disparition de l’écrivain nigérian Chinua Achebe ?

Une immense perte pour tout le continent et pour le monde entier. Mais comme disait Birago Diop (1906-1989), le poète et conteur sénégalais, les morts ne sont pas morts. Il faut relire son magnifique poème spirituel (Souffle) qui date de 1948.

Propos recueillis par Raphaël De Benito
_______________________________________

* Note biographique
1°) Abdourahman A. Waberi est né le 20 juillet 1965 à Djibouti Ville, dans ce qui s’appelait encore la Côte française des Somalis, l’actuelle République de Djibouti.Il quitte son pays en 1985 afin de poursuivre des études en France, d’abord à Caen,
puis à Dijon et enfin à Paris.

Écrivain, il a publié depuis une dizaine d’ouvrages,
dont une trilogie sur Djibouti: Le pays sans ombre (Le Serpent à plumes, 1994),
Cahier nomade (Le Serpent à plumes, 1996) et Balbala (Le Serpent à plumes,
1997), Passage des larmes (Editions Jean-Claude Lattès, septembre 2009).
Résidant à Washington, il est actuellement professeur de littératures & cultures
françaises et francophones à George Washington University (Etats-Unis).

2°) Ali Coubba, né 1961 à Aïri-Tadjoura (Djibouti), docteur en histoire contemporaine et auteur de Djibouti, une nation en otage (L’Harmattan, 1993), Le mal djiboutien: rivalités ethniques et enjeux politiques (L’Harmattan, 1995), et Ahmed Dini et la vie politique à Djibouti (L’Harmattan, 1998), est connu pour son engagement politique et une critique acerbe faite du régime, à l’époque de la présidence de Hassan Gouled (1977-1999).

Il a quitté son pays à la fin de l’année 1990, suite à des sévices corporels subis de la part d’un «escadron de torture» sous les ordres du chef de la police politique de l’époque, Ismail Omar Guelleh, l’actuel président de la République. En décembre 2004, il a créé un parti politique d’opposition, Uguta-Toosa, deux termes afar et somali signifiant «Levez-vous ! Défendez-vous!».

Résident à Reims, il enseigne depuis plusieurs années dans un lycée professionnel à Epernay.

13/04/2013 (Brève 133) Une certitude désormais : la banque mondiale n’est pas rancunière – Elle consent un nouveau « prêt » de 7 millions d’US $ au régime de Guelleh après qu’un prêt précédent pour les malades du SIDA ait été détourné par le Ministre de la Santé Abdillahi Miguil !!! Il faut comprendre la Banque mondiale qui ne sait pas refuser un peu de confort au couple de pacotilles.(Source ADI)

10/04/2013 – La Banque Mondiale octroie 7 millions de dollars US à Djibouti pour améliorer le rayon de couverture et la qualité des soins de santé 
On estime que 300 000 personnes, dont majoritairement des femmes, vont bénéficier d’un nouveau projet destiné à améliorer le rayon de couverture et la qualité des soins de santé à Djibouti. D’un montant de 7 millions de dollars, le nouveau crédit approuvé aujourd’hui par la Banque mondiale aidera le pays à assurer de meilleurs services de santé maternelle et infantile, et à améliorer ses programmes de lutte contre les maladies transmissibles (VIH/sida, tuberculose et paludisme).

Si Djibouti a enregistré ces dernières années des progrès considérables sur le plan de la prestation de services sanitaires, de l’offre de prestataires, de la disponibilité de médicaments et des capacités de gestion du secteur, il lui reste encore beaucoup à faire dans le domaine de la santé. 

Ses indicateurs en la matière figurent en effet parmi les plus bas du monde, et Djibouti risque de ne pas atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à la santé.

Le nouveau projet de la Banque mondiale est en phase avec la « Vision Djibouti 2035 », le plan de développement adopté par les autorités djiboutiennes et sur lequel reposera la prochaine stratégie de partenariat de la Banque mondiale avec ce pays. Il a été conçu en se fondant sur les enseignements des opérations que la Banque a déjà soutenues dans le secteur de la santé à Djibouti ; il tient également compte des activités que mènent d’autres partenaires du développement en vue d’appuyer les efforts entrepris par le gouvernement.

« Avec ce projet, nous poursuivons notre soutien à l’Initiative pour le développement social par laquelle le pays s’est engagé à améliorer les services de santé, a déclaré Homa-Zahra Fotouhi, représentante résidente de la Banque mondiale à Djibouti. 

Ces efforts importants en direction de la réduction de la mortalité maternelle et infantile et de la lutte contre les maladies transmissibles aideront aussi le pays à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. »

Comme son nom l’indique, le Projet d’amélioration de la performance dans le secteur de la santé repose sur un système de primes financières qui vise à encourager les prestataires de soins de santé et leur personnel à fournir aux populations des services en plus grand nombre et de meilleure qualité. 

La hausse de la performance qui en découlera bénéficiera en premier lieu aux soins apportés aux femmes enceintes, aux nouveau-nés et aux enfants ainsi qu’aux programmes consacrés à la prévention et au traitement du VIH/sida, de la tuberculose et du paludisme.   

« Les résultats sont au cœur même de la conception du projet », a indiqué Sami Ali, responsable de l’équipe chargée du projet à la Banque mondiale. Les établissements de santé recevront des incitations financières en fonction de l’augmentation de la productivité et de l’amélioration de la qualité des soins. »

Comme l’a également précisé Sami Ali, les populations auront par ailleurs voix au chapitre pour ce qui concerne la définition, la planification et la gestion de leurs besoins en matière de santé, grâce à l’instauration de comités locaux.

Le projet est financé par l’Association internationale de développement (IDA), une institution de la Banque mondiale fondée en 1960 et chargée d’aider les pays les plus pauvres du monde en leur accordant des dons et des crédits ne portant pas intérêt et destinés à financer des projets de nature à stimuler la croissance économique, à atténuer les inégalités et à améliorer les conditions de vie des populations. 

L’IDA est l’un des principaux bailleurs d’aide aux 81 pays les plus déshérités de la planète. Les ressources de l’IDA apportent un changement positif dans la vie de 2,5 milliards de personnes vivant avec moins de deux dollars par jour. 

Depuis sa création, l’IDA a soutenu des activités de développement dans 108 pays. Le volume annuel de ses engagements est en constante augmentation et a représenté en moyenne 15 milliards de dollars au cours des trois dernières années.

12/04/2013 (Brève 132) Hommage à Jean-Paul Noël Abdi, président de la LDDH, qui nous a quitté le 13 avril 2012.

L’ARDHD s’associe à toutes les manifestations qui sont organisées en hommage à la mémoire de Jean-Paul Noël Abdi. Elle publiera les témoignages qui lui seront adressés.

___________________________

VERITE : Frère, J-PAUL A. NOEL, PAIX A VOTRE AME ET DEMEURE AU PARADIS

He, frère de lutte
He, frère de sang
He, frère de la démocratie
He, frère de la liberté
He, frère du changement
He, frère d’espoir
He, frère de loyauté
He, frère de générations
He, frère du droit humanitaire

He, frère vous étiez le premier homme honnête et juste
He, frère vous étiez l’homme de la vérité
He, frère, vous étiez l’homme aimé par toute la communauté Djiboutienne et les ONG des droits humains
He, frère, vous étiez l’homme qui pensait que ce bout de terre pourrait être dirigée autrement et dans la démocratie d’où le peuple vivrait dans l’harmonie. He, frères, vous êtes toujours avec nous, et pensons toujours a vous et vos remarquables actions.

—————————————————
VERITE : LES SOUVENIRS D’UN PATRIOTE- POLITICIEN- HUMANITAIRE

Dans un Djibouti libre, l’histoire des leaders politiques sera transmise aux futures générations pour que ces derniers connaissent la mal gouvernance, la destruction de notre culture, le détournement de l’structure et les biens de l’état. 40 années de domination totale, le pouvoir, les fonds aides, l’argent sale tous pour le clan et leurs enfants.

He, frère, vous étiez un bijou rare, l’image gravée dans nos mémoires est immense, et aussi une chose inoubliable car nous vivons avec et c’est l’histoire vécue presque 40 années.

1 – vos talents de luter contre les despotiques engraissés dans l’appareil dictatoriale qui détruit les citoyens au sein de leur pays.

2 – vos visions et vos sens de refuser la mauvaise gestion, la corruption galopante a tous l’échèle du pouvoir en place.

3 – vos investigations politiques : la dérive de la justice, la déroute de l’administration, le clanisme, l’insécurité, la pauvreté plantée par le régime, les mensonges du roi et ses acolytes, l’inégalité, l’incompétence politique pour redresser le pays, et enfin terroriser le peuple pour mieux servir son clan.