31/08/2013 (Brève 199) ALERTE ROUGE / Enlévement d’Alhoumekani à la prison centrale de Sanaa. L’information est reprise sur Twitter par Survie et par la FIDH

Sur leurs comptes twitter respectifs, Survie et la FIDH ont publié l’information selon laquelle Alhoumekani a été appréhendé à la prison centrale de Sanaa par des hommes non identifiés et qu’il a été conduit vers une destination inconnue, probablement un centre de détention des services secrets yéménites

31/08/2013 (Brève 198) ALERTE ROUGE / Me Modrikamen, avocat au barreau de Bruxelles a été mandaté par la famille Alhoumékani pour défendre la cause de Mohame. Publication ce soir d’un communiqué de presse avec invitation à une conférence de presse lundi 2 septembre à 11h à son Cabinet.

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Une conférence de presse se tiendra ce lundi 2 septembre 2013 à 11 heures au cabinet de Me MODRIKAMEN à Bruxelles, en présence de la Famille.

Pour toute information vous pouvez contacter Me MODRIKAMEN au 00 32 2 672 62 32 ou sur son mobile au 00 32 475 304 204.

_____________________ Communiqué
COMMUNIQUE DE PRESSE TRES URGENT
Affaire BORREL – EXTRADITION DE M MOHAMED SALEH HUSSEIN ALHOUMEKANI

Me MODRIKAMEN est consulté par la famille de M MOHAMED SALEH HUSSEIN ALHOUMEKANI, ressortissant belge. Sa Famille craint légitimement pour la vie du principal témoin de l’assassinat du juge BORREL et important opposant au régime de Djibouti.

Il a en effet été extirpé voici quelques heures de la prison principale de Saana au Yémen pour être envoyé ce soir vers un lieu secret, sans doute dans un centre des services secrets yéménites.

La famille craint l’extradition totalement illégale vers Djibouti d’un des opposants au régime, d’ailleurs membre du gouvernement djiboutien en exil. La Famille réclame dès lors la protection diplomatique immédiate de la Belgique pour un de ses ressortissants.

Elle tient en effet le gouvernement yéménite comptable de la vie et de la sécurité de M ALHOUMEKANI et la Belgique pourrait se montrer coupable de non assistance à personne en danger si elle refusait d’agir immédiatement en lui apportant sa protection diplomatique, due à tout ressortissant, même s’il a la double nationalité ! Me MODRIKAMEN demande au ministre des affaires étrangères, M DIDIER REYNDERS de se saisir personnellement et encore ce soir de ce dossier qui menace directement l’intégrité d’un ressortissant belge.

La famille de M ALHOUMEKANI demande également aux Autorités françaises d’assurer la protection d’un témoin clé dans l’assassinat d’un de leurs magistrats.

Enfin, il est exigé d’INTERPOL de vérifier le rôle de ses agents locaux dans les circonstances de son arrestation en dehors des règles propres à son organisation et à l’entraide judiciaire.

Rappel du contexte
Mohamed Saleh Hussein ALHOUMEKANI, né djiboutien (d’une famille d’origine yéménite) a été
officier dans la garde républicaine de Djibouti, en charge de la sécurité du palais présidentiel. En
octobre 1995, il a entendu une conversation à propos de la mort du Juge français Bernard BORREL, au cours d’une réunion qui réunissait Ismaël Omar GUELLEH (le neveu du Président de l’époque Hassan Gouled APTIDON et futur Président en 1999), le Chef des services secrets Hassan SAID et
d’autres personnages. Parmi les paroles entendues : « Le juge fouineur est mort … ».

Réfugié en 2000, arrivé en France puis installé à Bruxelles, il n’a jamais cessé de maintenir ses déclarations qui prouvaient que le magistrat ne s’était pas suicidé mais qu’il avait été assassiné, ce que la justice française reconnaîtra finalement sept ans plus tard en 2007. Son témoignage a mis endifficulté Ismaël Omar GUELLEH et a empoisonné les relations diplomatiques entre la France et Djibouti depuis lors.

Même à Bruxelles, Mohamed ALHOUMEKANI a été victime de pressions, de menaces et d’agression et de tentative de subornation de témoin, y compris sur sa famille, organisées par les services djiboutiens.
Les services belges de sécurité ont du intervenir à plusieurs reprises pour assurer sa protection. Tout en conservant sa nationalité yéménite, Il a acquis la nationalité belge, après avoir obtenu le statut de réfugié politique. Avec sa femme et leurs enfants, il réside et travaille à Bruxelles au sein des institutions européennes. Il entretient toujours des relations avec la partie de sa famille qui réside au Yémen, ce qui explique qu’il se rende deux à trois fois par an dans ce pays. Il est toujours actif au seinde l’opposition djiboutienne au régime de GUELLEH.

Arrestation au Yémen le 24 Août 2013
Venant au Yémen le 24 août 2013 pour rendre visite à une partie de sa famille, Mohamed Saleh Hussein ALHOUMEKANI a été arrêté dès son arrivée à l’aéroport de Sanaa (Yémen), et conduit dans les locaux de la direction d’Interpol en réponse à une demande d’extradition formulée par les autorités djiboutiennes, qui ont affirmé qu’il était l’objet d’une fiche rouge émise par Interpol, ce qui n’a jamaisété confirmé par cet organisme.

D’abord maintenu en garde à vue dans les locaux d’Interpol puis dans ceux de la brigade criminelle de Sanaa sans motif valable, le 29 août, il a fait l’objet d’une ordonnance de libération immédiate rendue par un juge yéménite. À sa sortie d’audience, M. ALHOUMEKANI a été de nouveau arrêté par des agents d’Interpol, toujours à la demande du gouvernement de Djibouti.

Le jeudi 29 août, il était transféré à la prison centrale de Sanaa. Ce soir, il a été transféré de la prison vers un lieu inconnu, sans doute un centre de détention des services secrets yéménite !

La pression s’intensifie depuis plusieurs jours sur le gouvernement du Yémen pour qu’il extrade vers Djibouti le témoin clé de l’affaire BORREL, MSH ALHOUMEKANI. Pour faire taire ce témoin, les autorités djiboutiennes déploient les grands moyens : envoi du Général Fathi AHMED, Commandant en Chef de l’Armée à bord d’un vol militaire, puis d’Hassan SAID Chef des services secrets (SDS), diffusion de fausses informations et pressions sur le Quotidien yéménite Al-Teef, pour qu’un article de ce quotidien affirme, faisant état de sources policières sous couvert d’anonymat, que la demande d’extradition formulée par Djibouti serait motivée par une condamnation pour diffusion de fausses nouvelles à l’encontre du Chef de l’État et que de nouveaux éléments justifieraient désormais que « le criminel » ALHOUMEKANI soit jugé pour sa propre implication dans l’assassinat du juge BORREL , dont il n’avait jamais été question jusqu’à présent.

Risques d’extradition
S’il est extradé vers Djibouti, Mohamed ALHOUMEKANI risque la mort. De nombreux cas de morts mystérieuses survenues dans la prison de Gabode à Djibouti sont signalés chaque mois. Le dernier en date est un professeur de français, Mohamed Elmi RAYALEH, opposant, mort dans sa cellule, dans la nuit du 28 août 2013, après deux mois de détention.

Les tribunaux yéménites sont ouverts le samedi et le dimanche : ALHOUMEKANI pourrait donc être jugé extradable dès ce week-end, au prétexte fallacieux qu’à l’époque des faits qui lui sont désormais imputés, il n’avait pas encore été réintégré dans la nationalité yéménite.

Les autorités yéménites, citées mardi par le ministre belge des Affaires étrangères, avaient pourtant assuré qu’il ne risquait pas d’être extradé, vu sa nationalité yéménite.

Assassinat du Juge BORREL en 1995
Le témoignage de Mohamed Saleh ALHOUMEKANI, ancien chef de la garde républicaine de Djibouti au moment de l’assassinat du juge BORREL, avait en effet permis de lever une partie du voile de plomb qui pesait sur l’assassinat du juge BORREL en octobre 1995.

Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard BORREL avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, en contrebas d’un ravin, à 80 km de Djibouti. Son corps était en partie carbonisé. Les enquêteurs djiboutiens et français avaient privilégié dans un premier temps la thèse du suicide. Mais en se basant sur de nouvelles expertises et témoignages, l’enquête française privilégie désormais celle d’unassassinat

Soutien des fils du juge BORREL pour la libération de M ALHOUMEKANI
Les fils du juge BORREL ont d’ailleurs demandé ce samedi 31 août au président de la République et aux ministres de la Justice et des Affaires étrangères français d' »agir sans délai » pour que cessent menaces et pressions de Djibouti obtenir l’extradition d’un témoin-clé dans cette affaire.

Dans un communiqué de leur avocat Me Laurent de Caunes, Louis-Alexandre et François-Xavier BORREL demandent à François Hollande « ainsi qu’à tous les responsables politiques attachés à la défense des droits de l’Homme, d’agir sans délai pour que cessent les menaces et les pressions qu’exerce le gouvernement de Djibouti pour obtenir, contre toutes les règles du droit international, son extradition ». « Ils savent, par l’expérience tirée de l’instruction, que les autorités djiboutiennes n’ont jamais cessé de tenter d’intimider, d’influencer ou de faire taire les témoins les mettant en cause dans la mort de leur père, et ce qui se passe en ce moment en est une nouvelle – et peut-être dernière – illustration », ajoutent-ils.

La Famille de M ALHOUMEKANI, représentée par Me MISCHAEL MODRIKAMEN demande dès lors :

• A la République du Yémen de respecter les règles du droit international et sa propreconstitution qui interdit l’extradition d’un citoyen yéménite. Mohamed ALHOUMEKANI doit être remis en liberté par la justice yéménite. Aucun fait délictueux fondé ne pouvant lui être reproché, nous demandons sa libération immédiate et qu’il soit autorisé à rentrer en Belgique sans délais.

• Au Royaume de Belgique, qu’elle accorde sa protection diplomatique immédiate à l’un de ses ressortissants. A défaut, l’Etat belge se rendrait coupable de non assistance à personne en danger. La Belgique ne peut se retrancher derrière la double nationalité de M ALHOUMEKANI pour ne pas assumer ses responsabilités ni répondre aux exigences fondamentales en matière de droit de l’homme et humanitaires.

• A Interpol dont les agents locaux paraissent impliqués dans l’arrestation illégale de M ALHOUMEKANI, de respecter les principes juridiques qui doivent guider son action. Elle aura sinon à rendre des comptes à la justice
.
• A la République française, en la personne de son ministre des affaires étrangères,
d’assurer la sécurité d’un témoin capital dans l’instruction criminelle pour l’assassinat du Juge BORREL, coopérant français, et d’user de son influence diplomatique pour exiger la libération de Mohamed Saleh ALHOUMEKANI et empêcher son extradition vers Djibouti.

31/08/2013 (Brève 197) ALERTE ROUGE URGENT – Des hommes non indentifiés sont arrivés à la prison centrale de Sanaa et ils ont embarqué Momahed Alhoumékani pour une destination inconnue.

Pour l’heure nous ne savons pas qui sont ces hommes, pour quel service ils travaillent ni la destination vers laquelle ils ont conduit Momahed Alhoumekani

31/08/2013 (Brève 196) ALERTE ROUGE – LIBERATION / les fils du juge Borrel dénoncent des pressions (Même article que Le Point)

Les fils du juge Borrel ont demandé samedi au président de la République et aux ministres de la Justice et des Affaires étrangères d' »agir sans délai » pour que cessent menaces et pressions de Djibouti pour obtenir l’extradition d’un témoin-clé dans cette affaire.

Mohamed Saleh Alhoumekani avait mis en cause, dans la mort en 1995 du magistrat français Bernard Borrel, l’actuel président djiboutien Ismaël Omar Guelleh et son entourage. Il a été interpellé au Yémen la semaine dernière, selon son avocat Me Luc Cambier, qui redoute son renvoi vers Djibouti. Mais les autorités yéménites, citées mardi par le ministre belge des Affaires étrangères, ont assuré qu’il ne risquait pas d’être extradé.

Dans un communiqué de leur avocat Me Laurent de Caunes, Louis-Alexandre et François-Xavier Borrel, fils du juge, demandent à François Hollande et à ses ministres, « ainsi qu’à tous les responsables politiques attachés à la défense des droits de l’Homme, d’agir sans délai pour que cessent les menaces et les pressions qu’exerce le gouvernement de Djibouti pour obtenir, contre toutes les règles du droit international, son extradition ».

« Ils savent, par l’expérience tirée de l’instruction, que les autorités djiboutiennes n’ont jamais cessé de tenter d’intimider, d’influencer ou de faire taire les témoins les mettant en cause dans la mort de leur père, et ce qui se passe en ce moment en est une nouvelle – et peut-être dernière – illustration », ajoutent-ils.

De son côté, l’Association pour le respect des droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD) a estimé dans un communiqué que « la pression et la manipulation s’intensifient vers le gouvernement du Yémen pour qu’il extrade vers Djibouti » Mohamed Saleh Alhoumekani. Il pourrait être jugé extradable dans le week-end, « entraînant de fait le risque de clôture de l’instruction en cours en France », affirme l’ARDHD.

Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, en contrebas d’un ravin, à 80 km de Djibouti. Son coprs étaient en partie carbonisé. Les enquêteurs djiboutiens et français avaient privilégié dans un premier temps la thèse du suicide. Mais en se basant sur de nouvelles expertises et témoignages, l’enquête française privilégie désormais celle d’un assassinat.

31/08/2013 (Brève 195) ALERTE ROUGE – Le Point / Djibouti: les fils du juge Borrel dénoncent des pressions

Les fils du juge Borrel ont demandé samedi au président de la République et aux ministres de la Justice et des Affaires étrangères d' »agir sans délai » pour que cessent menaces et pressions deDjibouti pour obtenir l’extradition d’un témoin-clé dans cette affaire.

Mohamed Saleh Alhoumekani avait mis en cause, dans la mort en 1995 du magistrat français Bernard Borrel, l’actuel président djiboutien Ismaël Omar Guelleh et son entourage. Il a été interpellé au Yémen la semaine dernière, selon son avocat Me Luc Cambier, qui redoute son renvoi vers Djibouti. Mais les autorités yéménites, citées mardi par le ministre belge des Affaires étrangères, ont assuré qu’il ne risquait pas d’être extradé.

Dans un communiqué de leur avocat Me Laurent de Caunes, Louis-Alexandre et François-Xavier Borrel, fils du juge, demandent à François Hollande et à ses ministres, « ainsi qu’à tous les responsables politiques attachés à la défense des droits de l’Homme, d’agir sans délai pour que cessent les menaces et les pressions qu’exerce le gouvernement de Djibouti pour obtenir, contre toutes les règles du droit international, son extradition ».

« Ils savent, par l’expérience tirée de l’instruction, que les autorités djiboutiennes n’ont jamais cessé de tenter d’intimider, d’influencer ou de faire taire les témoins les mettant en cause dans la mort de leur père, et ce qui se passe en ce moment en est une nouvelle – et peut-être dernière – illustration », ajoutent-ils.

De son côté, l’Association pour le respect des droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD) a estimé dans un communiqué que « la pression et la manipulation s’intensifient vers le gouvernement du Yémen pour qu’il extrade vers Djibouti » Mohamed Saleh Alhoumekani. Il pourrait être jugé extradable dans le week-end, « entraînant de fait le risque de clôture de l’instruction en cours en France », affirme l’ARDHD.

Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, en contrebas d’un ravin, à 80 km de Djibouti. Son coprs étaient en partie carbonisé. Les enquêteurs djiboutiens et français avaient privilégié dans un premier temps la thèse du suicide. Mais en se basant sur de nouvelles expertises et témoignages, l’enquête française privilégie désormais celle d’un assassinat.

31/08/2013 (Brève 194) ALERTE ROUGE – RTL(BE) Le Belge Mohamed Saleh pourrait-il être tué à Djibouti ? (Article du 27 août)

Mohamed Saleh Alhoumekani, un belgo-yéméno-djiboutien opposé au régime en place à Djibouti, a été arrêté samedi au Yémen. Le président d’une association qui suit de près la situation dans ce pays, Dimitri Verdonck -par ailleurs un ami de la famille de M. Saleh- craint une extradition de l’opposant vers Djibouti… où il est considéré comme un ennemi à éliminer par le pouvoir en place. Car si le Yémen n’extrade pas ses ressortissants, Djibouti serait en train de tenter de corrompre les Yéménites.

« Le général de l’armée djiboutienne est arrivé au Yémen dimanche soir déjà. En ce moment, M. Saleh y est sous la garde d’une quinzaine de soldats djiboutiens. Si le Yémen sent qu’il n’y a pas une trop grosse pression européenne pour protéger M. Saleh, il sera extradé à Djibouti. Se retrouver là, c’est la mort assurée. » Voilà l’appel à l’aide que M. Verdonck, le président de l’Association Cultures et Progrès (ACP), a confié à la rédaction de RTLinfo.be, deux jours après avoir médiatisé l’affaire.

Pourquoi est-il urgent de bouger?

L’urgence, elle vient de la présence sur place de hauts dignitaires de l’armée djiboutienne, qui font pression sur le Yémen, et du manque d’implication des Affaires étrangères belges pour réagir et sauver leur ressortissant, selon M. Verdonck. « J’avais été chargé par famille de voir quoi ce qu’on pouvait faire avec les Affaires étrangères et je viens d’apprendre qu’ils ne seraient pas très très chauds pour réclamer le retour en Belgique de cet opposant », explique-t-il.

La Belgique pieds et poings liés

L’arrestation de M. Saleh a bien été confirmée par les Affaires étrangères et un consul honoraire au Yémen ainsi que l’ambassade belge à Riyad en Arabie saoudite ont été saisis du dossier. Mais la diplomatie belge se révèle impuissante dans ce cas-ci, explique Henrik Van de Velde, le porte-parole des Affaires étrangères, à RTLinfo.be. En effet, puisque M. Saleh a également la nationalité yéménite, la Belgique se doit de suivre « un principe international ». « Il n’est pas possible pour nous d’offrir une assistance consulaire à un ressortissant belge qui aurait la double nationalité et serait emprisonné dans le pays » de son autre nationalité. « Ça limite notre capacité d’intervention », explique-t-il.

Au niveau diplomatique, le sort de M. Saleh est donc entre les mains du Yémen. A tel point qu’en Belgique, »nous ne connaissons pas le motif d’inculpation » pour lequel Mohamed Saleh a été arrêté. Le Yémen et Djibouti considérant, à juste titre donc, que notre pays n’a pas son mot à dire dans cette affaire.

Pourquoi risque-t-il la mort ?

« Il est le principal témoin à charge contre le président dans l’affaire Borrel », explique M. Verdonck. Mohamed Saleh Alhoumekani avait en effet témoigné dans l’affaire « Borrel », du nom du juge français assassiné à Djibouti en 1995. Officier dans la garde républicaine, il avait témoigné auprès des autorités judiciaires françaises des faits dont il avait eu connaissance à propos de l’assassinat à Djibouti du juge Bernard Borrel, en octobre 1995.

Djibouti a conclu à un suicide mais l’enquête française menée à Paris par la juge Sophie Clément privilégie la thèse d’un assassinat. Des témoignages dont celui de Mohamed Saleh mettent directement en cause le président de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, et son entourage.

Visiblement victime de violences

Mohamed Saleh Alhoumekani avait d’ailleurs été condamné par contumace à Djibouti pour dénonciations calomnieuses dans le cadre de cette affaire. C’est suite à cette condamnation qu’il avait fui son pays et sollicité l’asile en Belgique en 2007 où il a obtenu la nationalité belge. 

Un mandat d’arrêt international a été lancé par Djibouti quand le pays a appris la présence de M. Saleh au Yémen voisin, pays dont il est originaire. Il a été interpellé samedi à l’hôtel Hotel Move’n Pick à Sanaa. Un cousin de l’opposant a pu rencontrer ce dernier dimanche dans un local de la brigade criminelle. Il se trouvait « en slip et présentait des hématomes », d’après le président de l’ACP. « La famille est désemparée. Sa femme en Belgique devient folle et veut que la Belgique fasse de l’aide à son mari une urgence absolue », selon M. Verdonck.

« Le Yémen n’extrade pas ses ressortissants »

Mais du côté belge, tout a été fait. Si la famille craint le pire pour Mohamed Saleh, sa nationalité yéménite est en réalité sa planche de salut. En effet, selon M. Van de Velde, « l’article 45 de la constitution du Yémen interdit l’extradition » de ses ressortissants. « L’urgence n’est plus là », conclut-il.

Djibouti serait en train de tenter de corrompre le Yémen

Mais pour M. Verdonck, une question se pose: Pourquoi est-il dès lors toujours détenu? « Le souci, c’est ce qui va arriver maintenant. M. Saleh est toujours emprisonné mais n’a plus aucune raison de l’être. Soit le Yémen ne l’extrade pas et il est libéré, soit le Yémen l’extrade et il reste en prison ». Et selon des proches de M. Saleh sur place, cités par M. Verdonck, Djibouti tiendrait tellement à récupérer l’opposant que le pouvoir d’Ismaël Omar Guelleh serait actuellement en train de tenter de corrompre financièrement le pouvoir yéménite.

Les médias surveillent la réaction du Yémen

M. Verdonck garde cependant espoir. Selon des associations humanitaires connaissaint bien ce pays de la péninsule arabique, le Yémen n’a jamais fait d’entorse à sa constitution concernant des extraditions. En attendant, les projecteurs des médias belges, français et africains sont tournés vers le Yémen. La famille de M. Saleh attend désormais la libération de l’opposant dans un mélange d’espoir et de crainte.

31/08/2013 (Brève 193) ALERTE ROUGE – Communiqué de presse de l’ARDHD – La  pression et la manipulation s’intensifient sur le gouvernement du Yémen pour qu’il extrade vers Djibouti le témoin clé de l’affaire Borrel, Mohamed Saleh Hussein Alhoumékani.

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IL Y A URGENCE : Nous recommandons à toutes celles et à tous ceux qui le peuvent de relayer cette information parmi leurs réseaux et de l’adresser surtout aux journalistes, aux élus et aux personnalités politiques dans leur entourage.
Vous pouvez télécharger la version intégrale en PDF : lien
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COMMUNIQUE   31 aout  2013

DANGER   pour la vie du témoin-clé de l’affaire BORREL
YEMEN :  LA PRESSION de DJIBOUTI s’intensifie  POUR EXTRADER MSH  ALHOUMEKANI

Le témoin-clé de l’affaire Borrel, pourrait être jugé extradable vers Djibouti dans le week-end, entrainant de fait le risque de clôture de l’instruction en cours en France sur l’assassinat de ce juge français à Djibouti en 1995.

La  pression et la manipulation s’intensifient sur le gouvernement du Yémen pour qu’il extrade vers Djibouti le témoin clé de l’affaire Borrel, MSH Alhoumékani.

Pour faire taire ce témoin, les autorités djiboutiennes déploient les grands moyens : envoi du Général Fathi Ahmed, Commandant en Chef de l’Armée à bord d’un vol militaire, puis d’Hassan Saïd Chef des services secrets (SDS), diffusion de fausses informations et pressions sur le Quotidien yéménite Al-Teef, pour qu’un article de ce quotidien affirme, faisant état de sources policières sous couvert d’anonymat, que la demande d’extradition formulée par Djibouti serait motivée par une condamnation pour diffusion de fausses nouvelles à l’encontre du Chef de l’État et que de nouveaux éléments justifieraient désormais que « le criminel » Alhoumekani soit jugé pour sa propre implication dans l’assassinat du juge Borrel, dont il n’avait jamais été question jusqu’à présent.

S’il est extradé vers Djibouti, Mohamed Alhoumekani risque la mort. De nombreux cas de morts mystérieuses survenues dans la prison de Gabode sont signalés chaque mois. Le dernier en date est un professeur de français, Mohamed Elmi Rayaleh, opposant, mort dans sa cellule, dans la nuit du 28 août 2013, après deux mois de détention.

Venant au Yémen le 24 août 2013 pour rendre visite à une partie de sa famille, Mohamed Saleh Hussein Alhoumékani a été arrêté dès son arrivée à l’aéroport de Sanaa (Yémen), et conduit dans les locaux de la direction d’Interpol en réponse à une demande d’extradition formulée par les autorités djiboutiennes, qui ont affirmé qu’il était l’objet d’une fiche rouge émise par Interpol, ce qui n’a jamais été confirmé par cette organisme.

D’abord maintenu en garde à vue dans les locaux d’Interpol puis dans ceux de la brigade criminelle de Sanaa sans motif valable, le 29 août, il a fait l’objet d’une ordonnance de libération immédiate rendue par un juge yéménite.  À sa sortie d’audience, M. Alhoumekani a été de nouveau arrêté par des agents d’Interpol, toujours à la demande du gouvernement de Djibouti. Le jeudi 29 août, il était transféré à la prison centrale de Sanaa.

Le régime d’Ismaël Omar Guelleh exerce une pression de plus en  plus lourde sur le gouvernement du Yémen : la constitution yéménite empêche théoriquement l’extradition d’un citoyen du pays, mais le Yémen subit des pressions de plus en plus fortes, avec ce 31 août, des allégations mensongères des autorités djiboutiennes qui prétendent maintenant qu’Alhoumékani est l’auteur de l’assassinat du magistrat français. Les tribunaux yéménites sont ouverts le samedi et le dimanche : Alhoumékani pourrait donc être jugé extradable dès ce week-end, au prétexte fallacieux qu’à l’époque des faits qui lui sont désormais imputés, il n’avait pas encore été réintégré dans la nationalité yéménite. 

En plus du risque pour sa vie, la condamnation à Djibouti de Mohamed Saleh Alhoumekani au titre de l’assassinat du Juge Borrel, dans une parodie de justice, pourrait entraîner la clôture de l’instruction en France.

Il est évident que le dictateur djiboutien Ismaël Omar Guelleh a envie de faire taire définitivement ce témoin qui l’a clairement impliqué dans la commandite du meurtre du Juge Bernard Borrel ou qu’il souhaite obtenir, y compris par la force, un désaveu de son témoignage devant la justice française.
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Nous demandons

  • A la République du Yémen de respecter les règles du droit international et sa propre constitution qui interdit l’extradition d’un citoyen yéménite.

Mohamed Alhoumekani  doit être remis en liberté par la justice yéménite. Aucun fait délictueux fondé ne pouvant lui être reproché, nous demandons sa libération immédiate et qu’il soit autorisé à rentrer en Belgique.

  • A la République française,  en la personne de son ministre des affaires étrangères, d’assurer la sécurité d’un témoin capital dans l’instruction criminelle pour l’assassinat du Juge Borrel, coopérant français, et d’user de son influence diplomatique pour exiger la libération de Mohamed Saleh Alhoumekani et empêcher son extradition vers Djibouti. Rappelons que Laurent Fabius écrivait en soutien de l’appel « POUR LA VERITE » en 2005 : « Je souhaite que la vérité soit connue sur les circonstances exactes de la disparition [du juge Borrel]. A ce stade mon intime conviction est que cette vérité n’est absolument pas celle que certains voudraient accréditer. Sur cette triste affaire comme pour d’autres, aucune raison d’état ne doit être plus forte que la vérité. »
  • Nous adressons la même demande au Royaume de Belgique

Bref rappel sur l’assassinat du juge Borrel

On se souvient que le témoignage de MSHA ancien chef de la garde républicaine de Djibouti au moment de l’assassinat du juge Borrel, –  réfugié en Belgique depuis 2000, et désormais citoyen belge et yéménite,  – avait permis de lever une partie du voile de  plomb qui pesait sur l’assassinat du juge Borrel en octobre 1995, – assassinat toujours inexpliqué, dont on attend toujours le procès, et pour lequel les gouvernements français, et en premier lieu les gouvernements Chirac ont eu de façon continue des attitudes dilatoires, de déni de vérité, voire de déni de justice.

Avec une mort suspecte par enfoncement de l’arrière du crâne, puis une immolation post mortem, avec deux essences différentes, la mort du magistrat, d’abord déclarée suicide, avait été requalifiée d’ « assassinat en service » sans que les causes et les auteurs de l’assassinat n’aient jamais été activement recherchés par la France .


(Alors qu’en termes géopolitique, la place de Djibouti, plate-forme de surveillance de la mer rouge /  abrite aujourd’hui 2.000 militaires français, plus de 2.100 militaires US, 600 militaires japonais. .e régime de Djibouti, classé 167ème sur 179 par RSF, demeure l’un des champions du musèlement de l’opposition et de la violation des Droits de l’Homme)

Bref rappel du parcours de M. Mohamed Alhoumékani

Mohamed Saleh Hussein ALHOUMEKANI, né djiboutien (d’une famille d’origine yéménite) a été officier dans la garde républicaine de Djibouti, en charge de la sécurité du palais présidentiel.

En octobre 1995, il a entendu une conversation à propos de la mort du Juge français Bernard Borrel, au cours d’une réunion qui réunissait Ismaël Omar Guelleh (le neveu du Président de l’époque Hassan Gouled Aptidon et futur Président en 1999), le Chef des services secrets Hassan SaÏd et d’autres personnages, dont au moins un français. Parmi les paroles entendues : « Le juge fouineur est mort … »

Réfugié en 2000, arrivé en France puis installé à Bruxelles, il n’a jamais cessé de maintenir ses déclarations qui prouvaient que le magistrat ne s’était pas suicidé mais qu’il avait été assassiné, ce que la justice française reconnaîtra finalement sept ans plus tard en 2007.

Son témoignage a mis en difficulté  Ismaël Omar Guelleh et a empoisonné les relations diplomatiques entre la France et Djibouti.

Même à Bruxelles, Mohamed ALHOUMEKANI a été victime de pressions, de menaces et d’agression et de tentative de subornation de témoin, y compris sur sa famille, organisées par les services djiboutiens. (Le chef des services secrets Hassan Saïd et le Procureur de Djibouti Djama Souleiman. Les services belges de sécurité ont du intervenir à plusieurs reprises pour assurer sa protection.

Tout en conservant sa nationalité yéménite, Il a acquis la nationalité belge. Avec sa femme et leurs enfants, il réside et travaille à Bruxelles où il a une situation régulière. Il entretient toujours des relations avec la partie de sa famille qui réside au Yémen, ce qui explique qu’il se rende deux à trois fois par an dans ce pays.

Il est toujours actif au sein de l’opposition djiboutienne au régime de Guelleh

Contacts presse :
ARDHD
Anne-Marie de Vaivre : amdevaivre@ardhd.org
Jean-Loup Schaal : jlschaal@ardhd.org
Tel bureau : + 33 (0)1 46 34 70 70
Cellulaire : + 33 (0)6 11 32 19

31/08/2013 (Brève 192) ALERTE ROUGE : les vraies (fausses) informations de l’ARDHD. La communauté internationale au secours du soldat Alhoumekani. Réunion improvisée de crise ce matin à Reykjavik.

Nous apprenons ce matin qu’une conférence de crise, décidée à la dernière minute a réuni ce matin, en Islande, les mnisitres des Affaires étrangères et de la défense américains, belges et français. François Hollande, quelques minutes auparavant, avait tenu à rappeler le contexte et les enjeux : « Nous ne pouvons pas ignorer le cas du témoin Alhoumekani – si le recours à la diplomatie ne permet pas de régler son statut et de le ramener libre, sain et sauf, en Belgique, nous devrons intervenir par tous les moyens disponibles. Une motion sera déposée dès aujourd’hui au conseil de sécurité de l’ONU, car nous avons des preuves qui accablent le régime djiboutien (…)

Deux thèses

Selon des indiscrétions recueillies en marge de la conférence improvisée, il semble que les trois pays ne se soient pas encore accordés sur le type d’intervention à conduire, ni surtout sur le choix de la cible : le Yémen ou Djibouti. Deux thèses s’affrontent :

  • – la première désigne le Yémen comme coupable potentiel, puisque c’est ce pays qui a arrêté Alhoumekani et qui détient les clefs du dénouement en acceptant ou en refusant l’extradition.
  • – la seconde dit que le Yémen n’ayant pas encore pris de décision à cette heure, il serait injuste de le punir. Le seul véritable coupable est Guelleh, président de Djibouti car c’est lui qui a demandé l’arrestation et maintenant, il doit assumer ses lourdes responsabilités

On sait que les Américains, qui :

  • – ont déjà perdu deux collaborateurs, à Djibouti, assassinés dans des circonstances mystérieuses qui n’ont jamais été élucidées par manque de coopération de la police et de la justice djiboutienne,
  • – enquêtent sur différents trafics dont Djibouti serait la plaque tournante,

sont en faveur de la condamnation de Djibouti.

Au dernier moment Londres décide d’intégrer le comité

La position de la Belgique et de la France est incertaine, mais les deux pays pencheraient plutôt pour une intervention militaire contre le Yémen.

Dernière minute : l’Angleterre aurait décidé, selon les termes d’un télégramme envoyé personnellement par son P.M, de se joindre à la coalition à condition qu’elle vise les deux pays. La vision de l’autre côté de la Manche, est de considérer que les deux pays sont totalement complices dans cette crise et qu’ils devraient partager solidairement et conjointement les responsabilités.. Ce qui pourrait mettre tout le monde d’accord …

Nous attendons les derniers développements que nous ne manquerons pas de vous faire partager.

(De notre correspondant permanent à Reykjavik)