06/09/2013 (Brève 220) Le Yémen complice de Guelleh. Le doute n’est-il plus permis désormais ? Le refus de visa à son avocat confirme cette thèse.

Pour maintenir Mohamed Alhoumékani en détention, au-delà de la durée maximale d’une garde à vue, dans tout Etat de droit, il faudrait qu’il y ait des motifs sérieux et prouvés, confirmés par un Juge.

Yémen complice de Djibouti
Or le Yémen n’a rien à reprocher à Alhoumékani. La décision de le maintenir à la prison centrale de Sanaa est donc une décision politique illégale, sur fond de diplomatie avec Djibouti. Chacun a bien compris qu’il y avait une volonté de certains ministres (et peut-être le premier d’entre eux et celui de l’intérieur) avec de certains magistrats (procureur, juge) de faire plaisir aux autorités djiboutiennes, moyennant rémunération alléchante.

– Lutte de pouvoir au sein de l’exécutif yéménite
Des indiscrétions permettent de penser que d’autres personnalités du gouvernement (Président ?, ministre des affaires étrangères) sont opposées à toute forme d’extradition. Alors y aurait-il une lutte sourde d’influence dans les coulisses du pouvoir yéménite ?

– Le Yémen refuse un visa pour l’avocat belge d’Alhoumékani

En tout cas, Me Modrikamen, l’avocat mandaté par la famille Alhoumékani, qui avait décidé de se rendre sur place pour rencontrer Mohamed et pour obtenir la copie des procès-verbaux et des motifs d’incarcération, vient de se heurter au refus non motivé de lui délivrer un visa.

Cela confirme que le Yémen ne tient pas à ce que l’on sache ce qui s’est concocté au niveau de la justice, du bureau local d’Interpol, de la brigade criminelle,…

– Yémen complice de Guelleh
Ce qui n’était qu’une interrogation au début de l’affaire, devient progressivement une certitude au fil des jours : Guelleh ne lâche pas le morceau et veut obtenir à tout prix, Alhoumékani vivant, pour se blanchir de l’assassinat du Juge Borrel et régler des problèmes intérieurs de politique.

Malheureusement les Yéménites ne lui ont pas fermé la porte … ils apportent même un soutien actif, en maintenant Alhoumékani en détention arbitraire et en refusant que son avocat belge puisse venir l’assister : ce qui est scandaleux.

– Jouer la montre ?

Pensent-ils que la mobilisation internationale finira par retomber et qu’ils pourront alors extrader discrètement Alhoumékani pour le remettre pieds et poings liés à Guelleh ?

Le Yémen n’a certainement pas pris la mesure du niveau d’endurance des différentes personnes et associations mobilisées pour la libération d’Alhoumékani …. en continuant à agir ainsi, les autorités pourront mesurer cette capacité !!! car la mobilisation ne s’arrêtera que le jour où Mohamed aura posé les pieds à Bruxelles, libre, sain et sauf..