12/10/2013 (Brève 285) Rachad Farah se fait ramasser à la candidature de directeur général de l’Unesco. Même certains pays sur lesquels il comptait, avec la prétention qui le caractèrise, ne lui ont pas donné leurs suffrages … Une belle culotte, bien méritée à notre avis, quand on considère son soutien à une dictature qui asservit un peuple et qui ruine l’éducation et la culture !

Selon un article payant publié par LOI, Rachad Farah n’a obtenu que 13 votes sur 58 suffrages contre 39 à la Présidente sortante Irina Bokova, réélue dès le premier tour. Il semble que les consignes de vote des organisations arabes et africaines, n’aient pas été suivies par un grand nombre de pays associés, dont (entre autres) l’Arabie saoudite, l’Egypte, le Congo ou le Gabon.

La France, les USA, l’Egypte ont voté en faveur de la candidate sortante.

12/10/2013 (Brève 284) ALERTE ROUGE – Revue de presse. Rappel des articles de presse publiés depuis deux jours, suite à la libération de Mohamed Alhoumékani et à la fusillade qui le visait en arrivant au Palais du Gouverneur de sa province ancestrale.

EUROPE 1
Mort du juge Borrel : le témoin-clé cible de coups de feu
Arrêté en aout dernier au Yémen, il venait à peine d’être libéré. L’homme se dit menacé. L’INFO. A peine libéré de sa geôle, il essuie des coups de feu. Mohamed Saleh Alhoumekani, le témoin-clé dans l’affaire du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort à …

NOUVEL OBSERVATEUR
Affaire Borrel : un témoin-clé a failli être assassiné
18 ans après la mort du magistrat français, un ancien officier de la garde présidentielle à Djibouti a été la cible de coups de feu au Yémen lors d’une embuscade raté …

7sur7 
Pris pour cible à Al Bayda, Alhoumekani en appelle à la Belgique
Le Belgo-Yéménite Mohamed Saleh Alhoumekani, libéré mardi après un mois et demi de détention dans son pays d’origine, a été la cible de tirs, jeudi à Al Bayda (sud), a annoncé sa famille à l’agence Belga. Il n’a cependant pas été blessé. Dans un 

LE FIGARO
Borrel:le témoin-clé cible de coups de feu
Le témoin-clé dans l’affaire du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort à Djibouti en 1995, a été aujourd’hui la cible de coups de feu au Yémen, deux jours après sa sortie de prison, a-t-on appris auprès de sa famille en Belgique. « Des hommes habillés en 

RFI
Affaire Borrel: le témoin clé victime d’une embuscade
Des proches de Mohamed Saleh Alhoumekani (sa femme et son fils, Moncef) montrent son portrait et son passeport belge aux médias, le 2 septembre 2013. AFP PHOTO / BELGA / LAURIE DIEFFEMBACQ 

LE PROGRES
Bourg-en-Bresse: l’appel à l’aide de la veuve du juge Borrel
Bourg-en-Bresse: l’appel à l’aide de la veuve du juge Borrel. .

FRANCE INTER
Le témoin clé de l’affaire Borrel affirme qu’on a voulu l’assassiner

Bernard Borrel est ce magistrat assassiné à Djibouti le 19 octobre 1995. Mohamed Alhoumekani, l’ancien responsable de la garde présidentielle de Djibouti et témoin clé de l’affaire, a été victime d’une tentative d’assassinat ce matin. C’est une scène de 

11/10/2013 (Brève 283)ALERTE ROUGE Revue de presse Libération – Affaire Borrel : le témoin-clé cible de coups de feu

Mohamed Alhoumekani est considéré comme un acteur clé dans l’enquête sur la mort du juge Borrel.

Le témoin-clé dans l’affaire du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort à Djibouti en 1995, a été jeudi la cible de coups de feu au Yémen, deux jours après sa sortie de prison, a-t-on appris auprès de sa famille en Belgique.

«Des hommes habillés en policier ont tiré sur lui», a déclaré à l’AFP son frère, Saleh Houssein Nadrin. Il n’a «pas été blessé», mais un policier qui l’accompagnait «aurait été tué», a-t-il ajouté.

L’attaque s’est déroulée jeudi matin à Al Bayda, une zone tribale du sud d’où est originaire Mohamed Saleh Alhoumekani, selon son frère. «On ignore les raisons de cette attaque. Dans les zones tribales, il y a parfois des erreurs», a avancé Saleh Houssein Nadrin.

Joint au téléphone par la radio France Inter, Mohamed Alhoumekani a expliqué n’avoir pas le droit de quitter le territoire yéménite et lancé un appel aux autorités françaises et belges. «Ici, je suis devenu une cible. Le Yémen est une prison à ciel ouvert.

Tout le monde est armé.

C’est la raison pour laquelle je demande à la France et à la Belgique d’intervenir (…) pour que je puisse quitter le territoire», a-t-il dit à France Inter. Mohamed Alhoumekani, qui est domicilié à Bruxelles et a la double nationalité belge et yéménite, est considéré comme un acteur clé ayant permis de relancer l’enquête sur la mort du juge Borrel.

Cet ancien officier de la garde républicaine de Djibouti avait mis en cause auprès des autorités judiciaires françaises l’actuel président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, et son entourage, pour leur implication dans la mort du juge. Il avait été arrêté à son arrivée au Yémen le 24 août. Les autorités yéménites avaient mis en avant une demande d’arrestation faite par Interpol à l’initiative des autorités de Djibouti, qui réclament son extradition, selon sa famille.

Il a été libéré mardi.

Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, son corps en partie carbonisé. Les enquêteurs djiboutiens et français avaient privilégié dans un premier temps la thèse du suicide. Mais en se fondant sur de nouvelles expertises et des témoignages, l’enquête française privilégie désormais celle d’un assassinat. L’affaire Borrel a empoisonné pendant des années les relations entre Paris et son ex-colonie, où la France dispose de l’une de ses plus importantes bases militaires à l’étranger.

11/10/2013 (Brève 282) ALERTE ROUGE / Revue de presse Le Progrès (édition de l’AIN) l’appel à l’aide de la veuve du juge Borrel

Mohamed Alhoumekani, l’ancien numéro 2 de la garde présidentielle de Djibouti, a été visé jeudi matin par une série de tirs de kalachnikovs au sud du Yémen.

Il est un témoin clé dans l’affaire Borrel, du nom du magistrat assassiné à Djibouti le 19 octobre 1995.

Sa veuve, Elisabeth Borrel, magistrate dans l’Ain, en appelle à l’Union européenne pour le rapatrier en toute sécurité

Rappelez-nous en quoi Mohamed Alhoumekani est un témoin-clé dans l’affaire de l’assassinat de votre mari…

Le lendemain de l’assassinat, il a assisté à une réunion entre l’actuel président de Djibouti Ismaël Omar Guelleh, deux terroristes internationaux, le chef du renseignement de l’époque et Alain Romani, ancien grand argentier de Djibouti, où il a été question de l’effacement des preuves du meurtre.

Il ne s’est décidé à parler qu’en fin d’année 1999 aux autorités belges après avoir fait une demande du statut de réfugié politique. Aujourd’hui, les deux terroristes ont disparu. Si Alhoumekani venait à disparaitre, il ne resterait plus de témoin direct de cette scène et l’instruction en France pourrait être enterrée.

Avez-vous des contacts avec lui ?
Je l’ai rencontré une fois dans le cabinet de son avocat en Belgique en présence de mes avocats, c’était au moment où j’ai appris son existence. Depuis, nous sommes restés régulièrement en contact. La dernière fois que je l’ai eu au téléphone, c’était en juillet, il était heureux à l’idée d’aller au Yémen (NDLR : après avoir été déchu de la nationalité djiboutienne, il avait demandé la double nationalité belge et yéménite où il a de la famille), son fils allait concourir pour les championnats mondiaux de boxe thaï.

Il a été arrêté par les autorités yéménites au moment où il entrait dans le pays.

Quelles sont vos marges de manœuvre pour demander la protection de ce témoin ?
Aucune ! La protection des témoins n’existe pas en droit français. J’ai contacté cet été Daniel Cohn-Bendit, Corinne Lepage, des députés européens, mais ça n’a rien donné. L’année dernière, Christiane Taubira avait promis de me recevoir, elle ne l’a pas fait. Toutes les personnes dont j’ai les coordonnées ont été averties de la situation.

Moi aujourd’hui, je suis un pion, une balle de ping pong dans cette affaire. Je ne peux que demander à l’Union européenne de rapatrier Mohamed Alhoumekani en Belgique le plus rapidement possible.

Continuer à parler de lui publiquement, c’est assurer aussi sa protection.

Propos recueillis par Johanna Nezri

10/10/2013 ALERTE ROUGE (Bréve281-b) Ce matin Mohamed Alhoumékani a échappé de justesse à un attentat (A écouter son témoignage ce matin)

Nous venons d’avoir un entretien téléphonique avec Mohamed Alhoumékani, qui vient d’échapper à un attentat au Yémen dans la ville d’Al Saïda où il devait assister à une réception donnée par le Gouverneur de la région en honneur à la victoire de son fils Moncef, dans le championnat de boxe et aussi pour saluer sa libération.

Un grand nombre de policiers avait été deployé autour de la résidence du Gouverneur. Quand Mohamed est arrivé, des tirs à balles réelles ont été déclenchés. On pense probablement par des membres de ces forces de protection (?). Par miracle, Mohamed et son fils ont échappé aux tirs. Un gendarme aurait été tué dans la confusion.

Mohamed lance un appel urgent d’abord à la Belgique, dont il est citoyen, puis à la France et à l’ensemble de la communauté internationale pour que les Etats assurent sa protection et son rapatriement en Belgique dans des conditions qui garantissent sa sécurité et celle de son fils.

Il semble que tout désigne Guelleh dans la commandite de ce nouvel attentat.

Dès hier, nous évoquions l’hyptohèse d’un plan B concocté au Palais de l’Escale à Djibouti, qui consisterait à éliminer physiquement ce témoin qui a permis de le désigner Guelleh, comme le commanditaire possible de l’assassinat du Juge Borrel.

Cette information est confirmée par le site Horn of Africa, qui ajoute que Guelleh serait devenu fou furieux en apprenant la libération de Mohamed et qu’il aurait ordonné à son complice de toujours, le célèbre Hassan Saïd, chef du SDS, de faire exécuter Alhoumékani. On peut donc légitimement imaginer que ce sont ses sbires qui auraient pu avoir acheté des tireurs (policiers, gendarmes, mercenaires, … ?)

Nous réactivons l’alerte rouge.


1°) A écouter en WMA


2°) A télécharger en MP3
Lien de téléchargement

10/10/2013 (Brève 282) Revue de presse (RFI une longue interview de Med Aloumékani après la tentative d’attentat)

_________________________ RFI

Affaire Borrel: le témoin clé victime d’une embuscade


Par Pierre Pinto

En exil depuis 15 ans, le Belgo-Yéménite Mohamed Saleh Alhoumekani, dont le témoignage met en cause directement le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh dans l’enquête sur la mort du juge Borrel, à Djibouti en 1995, vient de passer un mois et demi en prison au Yémen, réclamé par Djibouti pour des délits mineurs.

Cet ancien officier de la garde républicaine djiboutienne est tombé dans une embuscade, ce jeudi matin, alors qu’il se rendait dans sa ville natale.

RFI : Vous êtes au Yémen, où vous avez été libéré mardi. Ce matin, alors que vous vous rendiez dans votre ville natale, vous êtes tombé dans une embuscade. Que s’est-il passé ?

Mohamed Saleh Alhoumekani : Ce matin nous avons été invités dans la région de ma ville natale. Et à notre entrée on nous a tirés dessus à balles réelles. On a été obligé de rebrousser chemin. Il y a même eu un blessé. Ils étaient habillés en soldat. C’était un piège tendu pour qu’on puisse arriver et que je puisse mourir ici.

Pour vous, qui se cache derrière l’attaque que vous avez subie ce matin ?
C’est Ismail Omar Guelleh qui est derrière cela ! Parce qu’ils ne peuvent plus m’arrêter. Ils ne peuvent plus m’incarcérer. Ils ne peuvent plus m’extrader. Donc ils n’ont plus qu’un seul choix, c’est de m’éliminer maintenant.

Pourquoi ?
Parce que si on m’élimine au Yémen, Ismail Omar Guelleh va se laver les mains, pour dire : ce n’est pas moi. Il n’est pas de mon territoire, il est sous la responsabilité des Yéménites.

Revenons à présent sur votre arrestation à Sanaa, au Yémen il y a un mois et demi. Quel motif a-t-on invoqué à ce moment-là ?
Dès mon arrivée, j’ai passé douze heures à l’aéroport. Ces messieurs ont voulu me garder, parce qu’ils savaient parfaitement qu’un avion arrivait de Djibouti pour pouvoir m’extrader. Et heureusement que j’avais des amis qui m’ont dit que la loi ne leur permettait pas de me garder à l’aéroport. Il fallait que je sois à la brigade criminelle, à laquelle une enquête pouvait être ouverte.

J’ai été transféré à cette brigade et je suis resté six jours dans la cellule, sans savoir les motifs !

Mais les motifs j’ai pu les savoir par le directeur d’Interpol. Il m’a dit que je fais l’objet de deux délits. Le premier c’est falsification en 2004. Et j’ai rigolé. Le deuxième c’est une bagarre en 93.

Alors je lui ai dit : d’abord en 2004 je n’étais pas à Djibouti pour falsifier quelque chose. J’ai quitté Djibouti en 98. Il m’a dit : OK.

Pour le deuxième cas, en 1993, même s’il y avait quelque chose ce serait prescrit.

Et je ne peux pas faire l’objet d’une fiche rouge pour une simple bagarre. Il m’a dit : moi je suis venu vous voir pour savoir si vous maintenez surtout, votre nationalité yéménite ou belge. J’ai dit : pourquoi ?

Et il me dit : si vous me dites que vous êtes Belge, il y a un avion qui est à l’aéroport de Sanaa, on vous extrade immédiatement. Si vous dites que vous maintenez votre nationalité yéménite, la Constitution yéménite ne permet pas de vous extrader. J’ai dit : je suis Yéménite.

Et puis le lendemain matin, sans l’ordre du parquet, j’ai été kidnappé de cette cellule de la brigade criminelle à la grande prison du Yémen, où figurent des terroristes à l’intérieur, des criminels. J’ai été parmi tout ce beau monde, et sans l’accord du parquet !

Je suis resté trente-quatre jours dans cette cellule ! Après j’ai fait intervenir ma tribu, il y a eu un peu de pression. On a ramené un dossier au parquet.

Et le substitut du procureur qui m’a auditionné a estimé que je devais être libre. Mais vingt-quatre heures plus tard, il n’y a rien d’officiel. J’apprends que peut-être on m’interdirait de quitter le territoire yéménite. Je ne vois pas pourquoi on va m’interdire de quitter le territoire yéménite. Je l’ai compris ce matin. Le fait de me garder sur le territoire yéménite, dans un territoire où tout le monde est armé, je deviens une cible potentielle pour me faire descendre

Je ne pense pas que le gouvernement yéménite soit complice. Mais sans doute un groupe de personnes fait pression sur certains membres du gouvernement pour que je reste ici. Mais je ne pense pas que le gouvernement yéménite soit complice pour qu’on m’assassine. Ismail Omar Guelleh a des tentacules au Yémen. J’ai eu la visite de personnes à la grande prison au Yémen, qui sont venues me dire que nous avons des intérêts à Djibouti. La seule chose qu’on vous demande c’est de rectifier votre témoignage. Et j’ai refusé. J’ai dit non !

Alors justement, vous êtes cité comme témoin, dans l’enquête sur la mort du juge Borrel à Djibouti. Dans votre témoignage, vous impliquez directement Ismail Omar Guelleh, devenu depuis le président de Djibouti. Est-ce que vous maintenez vos déclarations encore aujourd’hui ?

Bien sûr ! Je n’ai jamais changé et je ne rectifierai jamais ! D’abord, je n’ai jamais mis en cause Ismail Omar Guelleh comme assassin. Je ne l’ai jamais dit. J’ai dit que j’ai été témoin d’une discussion au palais présidentiel, dans laquelle Ismail Omar Guelleh était présent, avec tous les responsables cités : Hassan Saïd, le chef de sécurité, le colonel Mady, Monsieur Alain Romani et deux présumés terroristes. Ça, je le maintiens. Je ne changerai pas !

Ces personnalités qui sont venues me voir m’ont dit que je serai libre et que Ismail Omar Guelleh paiera tous mes soucis, en particulier à moi et ma famille. Et j’ai refusé ! Et je refuserai ! Je l’ai dit, même si on me met la corde au cou pour me tuer, je ne changerai même pas une virgule ! Je le dis devant la justice française. Et ça ne concerne en aucun cas le Yémen. Ça concerne Djibouti et la France. Je ne vois pas pourquoi le Yémen va m’arrêter, m’incarcérer et faire pression sur moi pour ce témoignage.

Je demande aujourd’hui aux autorités européennes, françaises et surtout belges, d’assurer ma protection, parce qu’on m’interdit de voyager et de quitter ce territoire, mais ils doivent être responsables de cela, parce qu’ils n’ont rien fait. Et ils doivent bouger immédiatement pour ma sécurité et que je quitte le territoire. J’ai été libéré et je ne vois pas pourquoi je vais rester, pour être une cible. Et si je meurs aujourd’hui, ce sera sous la responsabilité du gouvernement yéménite qui m’a libéré pour être une cible, et surtout du silence des Européens, de la Belgique et de la France.

09/10/2013 (Brève 280) Mohamed Dour, l’Ambassadeur de Guelleh auprès du Yémen, grand ami du Ministre de l’intérieur yéménite, qui a tenté d’obtenir l’extradition de Mohamed Alhoumékani est-il un brave homme ? A priori pas vraiment selon les informations que nous venons de recevoir à son sujet : ce serait même le contraire.

On sait que l’entourage proche de Guelleh n’est pas constitué que de personnalités honnêtes, au-dessus de tout soupçon !!! … Cela se vérifie chaque jour, que ce soient les directeurs des grands établissement publics (eau, électricité, télécommunications), les principaux directeurs dans l’administration et les ministres. Mais cela concerne aussi les Ambassadeurs. Par exemple, l’ARDHD avait poursuivi une chronique édifiante sur les aventures du Prince des noisettes, l’ancien ambassadeur à Bruxelles, qui se croyait tout permis, y compris de battre son propre chauffeur …

Mohamed Douhr, l’ambassadeur de Djibouti au Yémen n’échappe pas à la règle.

On sait qu’il a atterri un beau jour en Belgique pour demander le droit d’asile puis la nationalité en se faisant passer pour un réfugié somalien … Ensuite il a décidé de quitter son épouse qui est restée en Belgique, mais il a kidnappé les enfants avant de s’enfuir vers Djibouti où Guelleh l’a accueilli comme un digne membre de la bande mafieuse qui tient le pays et il l’a nommé comme Ambassadeur au Yémen, en récompense de ses hautes qualités.

Actuellement Mohamed Douhr ferait l’objet d’une enquête judiciaire en Belgique pour kidnapping d’enfants et en plus il risque de perdre le droit d’asile et la nationalité au motif qu’il a menti honteusement lorsqu’il a déposé sa demande.

Tout cela suffit à montrer qu’il est un digne représentant du régime ….et qu’il ne peut rient refuser à Guelleh ! Sera-t-il convoqué par la justice française, en plus, pour tentative de subornation de témoin et complicité de séquestration. L’avenir le dira !

09/10/2013 (Brève 279) Des détails sur la libération de Mohamed Alhoumékani que nous avons pu joindre par téléphone.

Nous avons pu joindre Mohamed Alhoumékani, ce mercredi et il nous a donné des informations sur sa détention et sur sa situation après sa libération hier mardi de la prison centrale de Sanaa.

Durant la première semaine qui a suivi son arrestation sur l’aéroport de Sanaa, Mohamed Alhoumékani avait été soumis à un règime « très sèvère » au sein de la prison de Sanaa. Isolement complet, brimades et probablement sévices, ce qui confirme l’alerte que nous avions lancée à propos de mauvais traitements possibles.

Après plusieurs jours passés dans ces conditions (comme disent les policiers français « pour attendrir la viande »), il a reçu la visite d’une haute personnalité djiboutienne, qui
a tenté de nouveau d’obtenir qu’il revienne sur son témoignage dans l’affaire Borrel, en échange de sa libération immédiate. Il a refusé de changer une virgule, position qu’il avait toujours maintenu et qu’il maintient contre vents et marées jusqu’à sa libération hier.

Ensuite, il a bénéficié d’un régime « assoupli », proche de la normale dans la prison centrale de Sanaa. Bien que les juges aient estimé à deux reprises que les accusations présentées par Djibouti, même complétées de nouveaux délits inventés au fil du temps, ne tenaient pas la route, le Procureur a toujours botté en touche, en ne prenant pas la décision de libération.

Dès le début de l’affaire la tribu d’Alhoumékani a considéré que Mohamed était un otage et elle a joué un rôle fondamental, augmentant la pression pour contrebalancer les promesses financières de Guelleh, présentées par les différents intermédiaires qui se sont succédés à Sanaa et dont nous avions évoqué la présence. Aux promesses financières, il faut certainement ajouter une opération de chantage sur des établissements yéménites à Djibouti…?

Hier, comme, elle l’avait annoncé dans la presse (nous avions publié l’information), la tribu a décidé que Mohamed serait libéré. Ce sont 5.000 hommes armés qui sont venus encercler la prison. 5.000 autres étaient prêt à les rejoindre et Mohamed a cité le nombre de 25.000 hommes au total, susceptibles de venir en renfort.

Face à cette démonstration et sachant que le Yémen n’avait rien à lui reprocher, le Président yéménite s’est enfin décidé à confirmer l’ordre de libération. Mohamed est sorti de la prison dans le calme, accueilli par sa tribu et les nombreuses banderolles que l’on peut voir sur les photos ci-dessous. La tribu avait menacé, au final, de couper tout l’approvisionnement qui passe du nord vers le sud du pays.

Mohamed Alhoumekani nous a confirmé qu’il a reçu, durant sa séquestration, la visite de nombreux émissaires djiboutiens qui demandaient à chaque fois, le reniement de son témoignage. Pour le moment, il ne nous appartient pas de dévoiler leurs identités qui sont en notre possession, mais ils se reconnaîtront et nous pouvons espérer que la Justice française les convoquera pour les entendre dans une nouvelle tentative de subornation de témoin… Cela pourrait concerner aussi plusieurs personnalités yéménites.

Pour preuve de sa bonne foi, Mohamed Alhoumékani a remis plusieurs documents à la justice yéménite, documents écrits et copies des enregistrements audio de conversations avec Grandes Oreilles, le Procureur Djama (et d’autres),
au cours desquels ils tentaient d’obtenir sa rétractation…

Guelleh a perdu son épreuve de force. A Djibouti, on parle de mettre en marche un plan B. S’agirait-il de l’assassinat programmé de Mohamed Alhoumékani ? Pour le moment il se repose au sein de sa tribu dans un village
et il est protégé par de nombreux hommes armés, qui garantissent sa sécurité, au cas où Guelleh entretiendrait encore l’espoir de mettre fin à ses jours …. (Sait-on jamais ?)

La tribu de Mohamed Alhoumékani occupe une vaste zone qui est stratégique parce qu’elle contrôle le passage des marchandises et du pétrole du nord vers le sud. Tout blocage à partir de Sa’dah priverait la capitale et une grande partie du pays de ses approvisionnements, ce qui aurait des conséquences graves.

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