10/02/2014 (Bréve 357) L’histoire des réfugiés Djiboutiens. (ARDHD)

A la demande d’un lecteur qui souhaitait avoir des informations sur la situation des réfugiés Djiboutiens en Ethiopie, nous avons préparé une synthèse rapide. Le site de l’ARDHD contient de nombreuses informations sur ces cas douloureux et vous trouverez à la fin de cet article plusieurs liens avec les documents disponibles.

Les réfugiés djiboutiens sont les combattants du FRUD, qui ont été contraints de passer en Éthiopie dans les années 92-93.

Beaucoup estiment avoir été trahis par certains de leurs « officiers », qui ont rejoint ensuite le régime avec des avantages. C’est le cas en particulier d’Ougoureh Kifleh Ahmed, qui a reçu en échange le poste de ministre de la défense, poste qu’il a conservé pendant de nombreuses années…. Il engageait les troupes du FRUD dans des missions « piège » et il informait en parallèle l’état-major de l’AND de ces actions …

Nous ne savons pas le nombre exact de réfugiés djiboutiens présents sur le sol éthiopien. Selon les sources, on parle de 4.000 à 10.000 anciens combattants. La majorité ont été pris en charge par les populations afars d’Éthiopie ou même d’Érythrée, qui partagent avec eux leurs maigres ressources. Beaucoup sont morts sur place, souvent, faute de soins médicaux adaptés. (Voir les listes http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=11719 et http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=11720

Ceux qui ont pu parvenir à Addis Abeba ont réussi à l’issue d’une épreuve de force (en décembre 2000) avec le UN HCR à se faire reconnaître comme réfugiés età bénéficier d’un minuscule pécule mensuel (ils n’ont pas le droit de travailler en Éthiopie) et une couverture médicale minimale. Cela représente environ 40 à 50 familles, qui devraient pouvoir espérer bénéficier d’une réinstallation dans un pays tiers.

Très peu ont obtenu la réinstallation : Omar Gabasse au Danemark, deux ou trois autres aux USA et enfin quatre familles en France (fin 2009 – début 2010), suite à une forte pression de notre part auprès du HCR. http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=12582

Il faut savoir que la position du HCR en Éthiopie, contrairement à de nombreux autres pays où il intervient, est « sous la surveillance » (même si le mot est fort) du Gouvernement éthiopien et en particulier de l’ARA (organisme éthiopien pour l’administration des réfugiés). Or l’ARA bloque systématiquement (avec toutes les raisons possibles)
toutes les demandes de réinstallation émanant des réfugiés djiboutiens, alors qu’elle favorise les ressortissants d’autres pays (Somalie, Soudan, Érythrée, etc.).

Nous ne pouvons qu’imaginer une collusion entre le régime de Guelleh et l’ARA.

Pour quelles raisons ces familles ne peuvent-elles pas rentrer à Djibouti ?
Deux raisons principales :
la première est que le régime leur ferait payer leur engagement passé dans les rangs du Frud. Nombreuses personnalités qui avaient été extradées illégalement vers Djibouti (toujours dans le cadre d’accords privilégiés entre les deux régimes) sont passées par la case prison et parfois torture (1999-2000). Citons entre autres, Mohamed
Kadamy, son épouse Aïcha Daballeh (vite libérée en raison de sa grossesse à l’époque) et bien d’autres
Mais surtout en second, les risques de représailles de la part de ceux qui ont trahi leurs troupes en se rapprochant du régime, pour en récolter des avantages sérieux.

Aujourd’hui toutes ces familles, reconnues ou non  par le HCR vivent dans des conditions de pauvreté et de précarité indignes et elles sont oubliées par la diaspora et par la communauté internationale. En dépit de tous nos efforts, les demandes de réinstallation sont bloquées.

Un cadre important de l’Ambassade de France à Addis, agissant à titre strictement personnel et humanitaie, a essayé de faire avancer les choses, mais il a jeté l’éponge devant les obstacles et les mensonges qu’on lui a opposés. Compte-tenu de sa position, il n’aurait pas pu aller plus loin à titre personnel.

C’est dire le niveau de blocage.

Les réfugiés nous ont désignés comme coreprésentants pour l’Europe,  Omar Gabasse et moi-même

Documentation
Vous trouverez de très nombreux articles sur la page de regroupement de notre site : http://www.ardhd.org/refugie.asp

Nous conseillons aux lecteur, en particulier,

pour comprendre l’histoire : http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=6075
– pour mesurer le blocage des dossiers sous l’influence de l’ARA    http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=6934

L’affaire H. : cette fille d’un réfugié djiboutien, enlevée à 12 ans, maltriatée puis incarcérée avec les adultes sur de fausses accusations.

Nous avons mené un combat pour la faire libérer 

http://www.ardhd.org/hasnam.asp  et la page http://www.ardhd.org/hasna.asp

Finalement, sous la pression que nous avons maintenue, elle avait été libérée et ensuite sa famille a fait partie des quatre familles qui ont obtenu la réinstallation en France. Cette jeune fille vit en province avec son père et s’intègre parfaitement.