27/03/2014 (Brève 378) Libération : Affaire Borrel: offensive contre le secret défense

A son tour, un gouvernement de gauche est mis à contribution pour éclaircir l’affaire Borrel, du nom de ce magistrat français détaché à Djibouti décédé en octobre 1995. Ses prédécesseurs de droite n’ayant jusqu’à présent communiqué que des informations «insuffisantes et trop partielles».

Thèse.
Cela ressort d’un courrier de la juge d’instruction Brigitte Marchais, adressé début mars au ministère de la Défense, incarné par Jean-Yves Le Drian.

Succédant à Sophie Clément, promue, elle est l’une des trois juges d’instruction désormais en charge du dossier, signe que la justice française n’entend pas lâcher prise. De fait, l’entame de son courrier est sans ambages, évoquant «l’assassinat» de Bernard Borrel, alors que les autorités françaises ont longtemps défendu la thèse d’un suicide –il se serait immolé par le feu avant de se précipiter dans un ravin…

La missive revient sur trois précédentes demandes de levée du secret défense, en 2003, 2004 et 2007 : avec parcimonie, les différents ministres avaient accepté la transmission –après déclassification totale ou partielle– de treize notes de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) et de dix fiches de la DPSD(Direction de la protection et de la sécurité de la défense).«Insuffisant et partiel», donc, à en croire les magistrats.

Pour preuve de la mauvaise volonté des pouvoirs publics à éclairer la justice, aucune note de la DGSE concernant la période 1995-1997 (soit les deux premières années suivant «l’assassinat» de Bernard Borrel) n’a été transmise.

Cette «carence des services de renseignement sur un événement aussi important est inenvisageable», ironise la magistrate dans son courrier à Le Drian. Car de deux choses l’une : soit la DGSE est alors dépassée par les événements, soit elle cache aujourd’hui quelque chose. Brigitte Marchais paraît pencher pour la seconde hypothèse: «Certains des témoins entendus ultérieurement, et dont certains appartiennent à la DGSE, soulignent, qu’à l’époque déjà, les circonstances entourant le décès de ce magistrat étaient considérées comme troublantes et n’excluaient ni l’hypothèse d’un assassinat ni l’hypothèse d’un mobile politique.»

«Fouineur». Bernard Borrel, éliminé par le régime djiboutien sous l’impavidité bovine des autorités françaises, sous prétexte qu’il s’agissait d’un juge «fouineur»? L’affaire n’a pas fini d’empoisonner la Françafrique ou la Françocéanie. Tout récemment, un témoin à charge de l’affaire Borrel, Mohamed Saleh Alhoumekani, ancien membre de la garde présidentielle et dénonciateur de l’actuel leader djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, a été arrêté au Yemen puis finalement libéré en dépit d’une demande d’extradition de cet Etat croupion. Pour cette fois, le pire a été évité.

RENAUD LECADRE

20/03/2014 (Brève 377) Alwihda Info : Djibouti : « Le régime de Guelleh vit ses derniers moments », (Hassan Mokbel)

(Alwihda Info) Rédigé par  – 18 Mars 2014 modifié le 18 Mars 2014 – 21:21
– Lien http://www.alwihdainfo.com/Djibouti-Le-regime-de-Guelleh-vit-ses-derniers-moments–Hassan-Mokbel_a10293.html

Interview de Monsieur HASSAN MOKBEL, responsable des relations extérieures du FRUD.

Alwihda Info : Pouvez vous nous brosser brièvement un tableau de la situation actuelle à Djibouti ?

Hassan Mokbel : Djibouti s’enfonce du jour en jour dans la crise. Le pays va de mal en pis, à cause d’un  seul homme, Ismail Omar Guelleh. La plupart des observateurs y compris dans le camp du pouvoir estiment que le régime de Guelleh vit ses derniers moments, les plus optimistes parlent de 2016 (fin du  3ème mandat). La République de Djibouti peut être qualifiée sans exagération d’État «failli», mais ce régime peut encore durer, parce que maintenu artificiellement par la communauté internationale. D’où le rôle important de  la diaspora pour convaincre cette Communauté de prendre conscience de la gravité de la situation dans ce petit pays où l’on s’achemine vers ce que le politologue camerounais Achile Mbembe appelle la sénilité croissante des pouvoirs nègres. 

L’impasse politique postélectorale, a paralysé en grande partie le fonctionnement de l’État et de certaines institutions. 

Conflit plus ou moins larvé au nord et au sud-ouest. 

Situation sociale catastrophique, en particulier les populations rurales et de certains quartiers de la capitale lancent un véritable cri d’alarme pour que les aides humanitaires leur soient directement distribuées. Les habitants du Nord et du Sud Ouest sont encore plus durement touchés  à cause de durcissement de restrictions alimentaires décidés  ces derniers mois par le gouvernement. Ce n’est pas un hasard si les révoltes et manifestations  surviennent dans ces quartiers pauvres (Balbala, Arhiba) et des régions victimes de la violence de l’Etat. 

Malgré les pressions internationales, le dialogue est au point mort entre le pouvoir et l’opposition.

Est-ce à dire que l’alternance par les urnes est définitivement exclue ? 

Le président djiboutien aurait déclaré, l’effet du « khat » (plante euphorisante consommée dans la région) aidant, que ceux qui croient me déloger à coup du bout de papier n’ont rien dans la tête, alors que j’ai maintenu ce pouvoir contre vents et marées et surtout face aux partisans armés. 

Les dernières élections législatives furent une illustration éclatante du refus de verdict des urnes. Alors que le ministre de l’intérieur était sur le point de proclamer la victoire  de l’opposition aux élections du 22 février 2013, le président s’est déplacé en personne pour inverser les résultats obtenus par l’opposition au profit de son parti. 

Le changement par les urnes semble pour le moment impossible. Les fraudes massives, sauveur suprême des dictateurs ! 

Battus dans les urnes pourtant confectionnés à sa mesure le pouvoir de Guelleh n’arrive pas à sortir de ce trauma, surtout que la défiance est quasi générale sur le territoire. 

Il a comme seule légitimité la force et comme seul soutien son lignage. 

Le régime de Guelleh commence même à désespérer ses protecteurs occidentaux, inquiets de sa fuite en avant, dans une situation  régionale préoccupante.

Quelles sont les réactions du pouvoir suite au regain d’activités du FRUD, notamment depuis août 2013 ? 

Les populations martyrisées des régions du nord et du sud ouest sont une nouvelle fois prises comme cible par Ismael Omar Guelleh. Il  a dépêché en novembre 2013 des délégations dans les 3 districts de Tadjourah, d’Obock et de Dikhil, composées du premier Ministre, des Ministres de l’Intérieur, de la Jeunesse et du chef d’État major de la gendarmerie pour qu’elles les intimident; les harcèlent, les menacent de représailles si elles n’arrêtent pas leur soutien au FRUD. Joignant l’acte à la parole le pouvoir a interdit au Programme alimentaire mondial (PAM), de distribuer les aides alimentaires dans ces régions.

Suite à la dernière attaque du FRUD contre les symboles de l’État à Tadjourah, le régime a traité les assaillants de mercenaires Érythréens ? Comment réagissez-vous ? 

Les années passent mais les discours sur la résistance ne changent pas, comment peut il en être autrement, quand on sait que les 2 personnages  les plus en vue de la petite République, trônent d’une manière inamovible sur la destinée de ce pays : il s’agit du Président actuel  et de son compère de toujours Ismael Taani. Le chef de l’État par la voix de son premier ministre a traité les combattants du FRUD  y compris le plus ancien prisonnier politique -Mohamed Ahmed dit Jabha-(détenu depuis 4 ans après avoir été férocement torturé) de mercenaires érythréens, le 1er mars à l’Assemblée nationale. 

Ce n’est pas la première fois  que les résistants du FRUD sont qualifiés d’étrangers. Dès le déclenchement de la lutte armée en novembre 1991, ils furent assimilés aux miliciens éthiopiens. Les arguments massue à l’époque étaient qu’il  suffisait de se référer aux noms d’Abatté ou  d’Ougouré Kiflé  qui ne pouvaient être qu’éthiopiens. Le premier est aujourd’hui un  des leaders de l’opposition,  le second, un dissident du FRUD  qui est passé par la case ministre. Étranger un jour et ministre le lendemain quelle cohérence ! 

Ces propos irresponsables  et provocateurs renvoient cependant à la vision du pouvoir qui s’est installé en 1977,  et qui n’a pas changé d’un iota malgré 2 accords de paix, consistant à traiter en « ennemi intérieur » les habitants de ces régions réputées hostiles. C’est ce qui explique que de dizaines de milliers de personnes sont exclues de la citoyenneté  de Djibouti y compris de proches parents du premier ministre. Il faut dire que ce poste  de la primature est devenu un collier de misère pour ses 3 derniers titulaires.

Au delà du cas emblématique  de Mohamed Ahmed dit Jabha, il y a donc un véritable problème de citoyenneté à Djibouti ? 

Mohamed Ahmed Jabha est un combattant du FRUD des premières heures qui a consacré vingt ans de sa vie à la lutte pour la démocratie et la liberté. Il a contribué à toutes les conquêtes des droits démocratiques du FRUD (adoption de la constitution, quadripartisme, multipartisme),  et enfin dans une ultime étape, détermination en bandoulière il s’est engagé, pour faire aboutir  un État national et  véritablement démocratique que ses camarades vont parachever.  

Il est aussi Djiboutien que le chef de  l’État en tout cas il est moins Éthiopien que lui. 

Mais cette question de citoyenneté  est au cœur  des problèmes à Djibouti. 38 ans après la proclamation de l’Indépendance, le fait que la citoyenneté soit soumise au fait de prince, aux desiderata  du chef de l’État, est pour le moins symptomatique  du refus de création d’un État national. Les exemples sont nombreux des personnes qui sont exclues arbitrairement de leur nationalité et d’autres qui en ont bénéficié abusivement.

Dans les années 90, de milliers de personnes ont été expulsées d’Arhiba, de Hanlé, de Daoudawya , leur cartes  d’identité djiboutiennes déchirées (comme ce qui a été fait en 1967 à l’encontre des indépendantistes par le colonisateur) et ont été expulsées en Ethiopie. Elles ont rejoint la vingtaine de milles de ressortissants djiboutiens qui se trouvent en Ethiopie, qui ne sont pas reconnus comme réfugiés. En 2008, 300 citoyens djiboutiens  de Syarou ont été expulsés vers l’Ethiopie après avoir été durement réprimés. 7 membres de la famille  de Mohamed Saleh Alhoumekani ont subi le même sort et ont été expulsés au Yémen, uniquement parce que ce dernier est témoin dans l’assassinat du Juge Borel. Plusieurs personnes ont été arbitrairement déchues de leur nationalité  comme Omar Absieh (ancien chef de la police) dans les années 80, plus récemment, Ahmed Aïdahis , ancien blessé FRUD,  détenu pendant 6 mois et torturé, avant d’être expulsé en Ethiopie, et enfin tout dernièrement  Mohamed Robleh Daher , sympathisant du MODEL, torturé et expulsé en Somalie.

Quelles sont les relations  du FRUD avec l’ensemble de l’Opposition ? 

Il nous faut préciser dans cette phase actuelle et cruciale de la lutte que la contradiction principale se situe entre les groupes qui soutiennent ce pouvoir dont les rangs se rétrécissent comme une peau de chagrin et l’ensemble  de la population djiboutienne ainsi que les forces politiques et associatives qui aspirent au changement. Les contradictions  au sein de la population et au sein des forces de changement sont secondaires et peuvent être dépassées par des discussions. C’est la raison pour laquelle chaque fois qu’il y a un conflit, un litige entre le pouvoir et l’opposition, le FRUD est du côté  de cette dernière. C’est pourquoi  nous  sommes solidaires de toutes les luttes que mène le peuple pour une véritable démocratie, ainsi que celles  de l’USN et  des autres forces qui contribuent au changement

Car l’aspiration du peuple  est l’unité, le plus large rassemblement de l’opposition et l’utilisation de toutes les formes de lutte pour créer les conditions du départ d’Ismael Omar Guelleh. Le FRUD n’a pas ménagé ses efforts pour créer les conditions de l’unité de l’opposition. Nous avons contribué à tous les rassemblements de l’opposition. Nous avons crée avec d’autres forces en février 2012 la Coordination Nationale pour la Démocratie à Djibouti (CNDD) qui offre un cadre ouvert à toutes les forces qui veulent aller le plus loin dans leur convergence. Le FRUD a contribué à la création de la coalition de l’USN.

S’ il est nécessaire  comme le fait l’USN depuis un an de  mener  des manifestations  et autres actions pacifiques, le FRUD reste convaincu que la résistance armée face à la violence et à la terreur de l’Etat est  juste, légitime et aussi nécessaire. 

Ceux qui au sein de l’opposition même s’ils sont de plus en plus minoritaires, veulent  mener  la lutte uniquement dans l’espace pacifique, sont  en retard sur l’histoire.

C’est Boris Vian qui disait «y en marre de ces gens qui pensent par exclusion, moi je pense par addition ».

Comment envisage le FRUD la suite  des évènements à Djibouti ?  

Jusqu’ à maintenant, une grande partie de l’opposition essaie d’arracher des réformes démocratiques au régime tout en envisageant de laisser en l’Etat le président omnipotent jusqu’en 2016. Mais l’attitude du chef de l’Etat   qui s’est confirmée lors du dernier congrès  de son parti, en tournant le dos au dialogue avec l’opposition, ne fait qu’illustrer le fait qu’une bande est difficilement réformable. Les arrestations arbitraires en particulier  de jeunes qui sont systématiquement torturés, la répression et les restrictions alimentaires dans les campagnes, le refus de libérer les prisonniers politiques démontrent si besoin étaient  que Guelleh est à des années de lumière de dialogue et de l’ouverture politiques parce qu’il est les sources des problèmes.

Les forces de l’opposition  doivent agir sur 3 axes :

  • Préparer dès à présent  les convergences qui seront nécessaires pour gérer la période de transition. Le FRUD  va travailler en ce sens avec l’USN et avec les forces de la diaspora.
  • Mobiliser toutes les ressources politiques et de la résistance pour mettre au pied du mur ce régime ;
  • Sensibiliser la communauté internationale  sur la situation à Djibouti.

En vous voyant décrire vos trois axes, on a l’impression que le FRUD bénéfice réellement d’un soutien étranger comme de l’Ethiopie ou de l’Érythrée comme d’ailleurs certains proches de l’État djiboutien le disent ? 

Une des caractéristiques fondamentales de l’organisation FRUD, est qu’il n’a jamais bénéficié des soutiens des États, encore moins des États voisins. Dans les premières années du conflit, c’est le pouvoir de Djibouti qui a bénéficié de soutiens et de l’Éthiopie et de l’Érythrée. Ces derniers temps , le pouvoir de Guelleh accuse le FRUD, d’être le bras armé de l’Érythrée comme si cette dernière avait besoin de notre modeste mouvement pour cela. Cette accusation permet à Guelleh de quémander le soutien militaire et sécuritaire de l’Éthiopie, parce que l’armée djiboutienne (affectée par la crise politique et sociale) n’est pas en mesure ou n’est pas motivée pour faire face aux combattants du FRUD.

Si le FRUD était soutenu par l’Érythrée ou par tout autre pays, nous ne serions pas encore dans l’opposition. Mais nous disons à l’Éthiopie de ne pas tomber dans ce piège grossier. Elle ne doit pas se comporter en soutien inconditionnel d’un régime finissant, car aucune force de l’opposition ne menace les intérêts vitaux de l’Éthiopie.

Le FRUD contribuera à l’établissement de bonnes relations avec tous les États voisins. ​

Quelle est la position de la France -ex-puissance coloniale- par rapport à votre lutte ? ​ 

La France qui dispose d’une importante base militaire à Djibouti est un partenaire et un soutien importants du régime de Guelleh. Pendant les 5 premières années, elle a financé l’armée djiboutienne. C’est grâce à l’interposition des troupes françaises en février 1992, que ce régime a été sauvé in extremis d’une défaite face au FRUD, ce qui a permis aux éléments les plus extrémistes comme le président actuel de monopoliser le pouvoir et de mener le pays à la dérive.​ 

La France ainsi que les autres puissances militairement présentes à Djibouti n’ont aucun intérêt à ce que ce pays se transforme en nouvelle Somalie ou en Centrafrique, ce qui risque d’arriver avec le statut quo actuel. 

Le FRUD et toute l’opposition demande que la France, l’UE et les autres pays conditionnent leurs aides à Djibouti au respect des droits humains ( libérations des prisonniers politiques, arrêt des arrestations , des tortures , des viols et des blocus alimentaires des zones rurales) et l’ouverture d’un véritable dialogue inclusif.

19/03/2014 (Brève 376) IOG: Le symbole du vide politique (par Mohamed Qayaad)

La servitude n’est ni moins haïssable ni moins condamnable quand elle se dit ou se croit volontaire.

Je suis véhément, j’ai la rage au cœur et je n’arrive pas à comprendre qu’IOG qualifie l’USN “ des associés du diable” ,“des terroristes”, “des menteurs” dans son dernier discours du 04 Mars 2014.

Mais ce qui était étrange et décourageant, c’est que, passé la frayeur initiale, cette première proclamation solennelle d’une détermination meurtrière nouvelle déchaîna dans toute la république de Djibouti une vague de discussions et de débats non pas sur la question de l’USN , mais sur le «  MoDeL». Un truc que les Umpistes  ont employé depuis avec succès dans nombre d’autres questions: en menaçant de mort un pays, un peuple, un groupe humain, ils ont fait en sorte que son droit à l’existence, et non le leur, fût soudain discuté par tous – autrement dit, mis en question.N’insistons pas!

Les Rppistes se laissaient séduire par le discours fallacieux et sans preuves, les jeux de langage vides de sens, mais qui captaient par l’émotion.  

Là encore, nous sommes dans l’anathème : nous avons affaire à une accusation gratuite, sans que soit apporté le moindre élément à charge. Lorsqu’on accuse quelqu’un de mentir, a fortiori de mentir  » souvent « , il est préférable de citer les propos jugés mensongers, et d’apporter les éléments qui prouvent qu’ils sont mensongers.

L’argument fait sourire, certes. Au moins essaie-t-il, même maladroitement, de ne pas nier cet aspect incontestable des indices.

Ah! Ce mépris du djiboutien, à qui on raconte des sornettes qu’on ne prend surtout pas le temps de vérifier!

Par ce rapprochement, quelle idée a-t-il voulu transmettre ? Un dogmatisme aveugle en a décidé autrement. La démonstration de cette fameuse similitude thématique tourne à l’insupportable pêle-mêle quand, elle désinforme délibérément.Notre mythomane en est l’illustration parfaite.

La manipulation est plus subtile, elle tient dans la description d’une réalité volontairement tronquée et parcellaire qui nie singulièrement l’information.

Il use de méthodes inadmissibles à l’encontre de tous ceux qui critiquent un tant soit peu ses thèses.Mais j’ai beau avoir du mal à comprendre ce que l’USN peut bien avoir à faire dans la mouvance présidentielle, l’entreprise de diabolisation dont elle fait l’objet me soulève le cœur, car elle surfe sur les fantasmes d’invasion les plus malsains et les plus délirants .Car, pour démontrer sa thèse, tous les moyens sont bons, y compris la mauvaise foi, la calomnie et l’approximation, qu’il est en passe d’élever au rang des beaux-arts.

Le grand philosophe Kant avait noté en son temps, déjà, que le respect supposait la reconnaissance de l’autre, surtout lorsqu’il vous est très différent.

Mais qu’importe : la cause est entendue. Il faut bien constater que, de plus en plus, pour les agitateurs enragés de l’épouvantail ethnico-tribal, la vérité et les faits n’ont strictement aucune importance.

Son discours pullule des adjectifs  » haineux  » et des exp​ressions à faire frémir , à faire froid dans le dos, à glacer le sang.

Par sa virulence, une telle déclaration choque et consterne. Sont-ce là les mots d’un homme nourri d’une volonté de pacification? Au lieu de cela, son discours, par ses thèses grossièrement alarmistes, par les préjugés et l’ignorance qu’il traduit, ne fait qu’alimenter activement le ressentiment justifié de ladite opposition – alimenter, donc, ce qu’il prétend combattre. Bref, ces propos inconsidérés sont une claire incitation à la violence.

Ce sensationnalisme digne des pires feuilles de chou populistes ne répugne pas, à l’occasion, à utiliser le vocabulaire caractéristique de toutes les bonnes vieilles théories du complot.Ne cherche-t-il pas à designer l’USN à la vindicte des djiboutiens? En vain!

Mais il y a plus grave. L’art véhiculant nettement les idéologies racistes est ainsi banalisé dans sa confrontation avec tout le reste.Que décider? Le spectateur non averti est incapable de trancher.

Tour de passe-passe qui, en mélangeant les situations historiques différentes, aboutit à estomper toute l’action mortifère de la propagande ioguiste! 

Ainsi s’ajoute à l’idée nauséabonde à la base de son projet une audace remarquable qui se vautre avec délectation dans la démesure et l’outrance aussi bien par sa forme que son fond. Les jolis cœurs adeptes du langage châtié de Shakespeare deviennent des psychopathes, nymphomanes, zombies, tueurs sanguinaires.

Un tel paradoxe n’émeut guère IOG : « Faîtes ce que je dis, pas ce que je fais », voilà qui résume son attitude.

IOG a ainsi mis en application sa tactique révolutionnaire du mensonge systématique. Cette tactique consiste à faire toutes les promesses qu’attendent les djiboutiens sans jamais avoir eu l’intention de les tenir.

Affirmer une chose tout en faisant le contraire était chez lui une habitude, voire une manière de vivre.

Les djiboutiens ne savaient pas qu’ils avaient donné le pouvoir à un fanfaron. C’est qu’ils ne pouvaient pas imaginer qu’un homme puisse mentir avec autant d’aplomb dans absolument tout ce qu’il disait.

Quelle cause peut-elle servir? Quelle vérité fait-elle avancer? Quel mensonge dénonce-t-elle? Quelle injustice répare-t-elle? Où est le dialogue?

Quel est le problème soulevé, aux rppistes ? Si ce n’est de bien illustrer l’ensemble des clichés véhiculés à l’encontre de l’USN: terrorisme, misogynie, obscurantisme, fanatisme.

Il y a ici une mise en place habituelle d’un flou malsain et empoisonneur. On provoque un brouillard chaotique cherchant à embrouiller, à paralyser la réflexion, à instaurer la confusion jusqu’au délire, occultant ainsi -consciemment ou inconsciemment- les conséquences ravageuses des négociations par la minorité mafieuse djiboutienne.

IOG reste souvent flou, incertain, et comme bien souvent dans le vocabulaire politique, utilisé à des fins diverses et contradictoires.

Mais la mobilisation est particulièrement forte lorsque la société se trouve dans une situation de trouble ou de ce que Durkheim appelait l’anomie. Dans les situations de crise, lorsque les individus perdent leurs repères, lorsqu’ils se sentent menacés, lorsqu’ils sont confrontés à l’incertitude, la question sécuritaire devient non seulement mobilisatrice, mais porteuse de toutes leurs angoisses et des possibilités de la gérer.

Aussi voit-on, malheureusement, l’USN stigmatisé au quotidien : un jour on dénonce le MRD, un autre jour les 3 Sheikhs , puis le MoDeL qu’on assimile à une catégorie de la population djiboutienne définie en termes religieux. Cette stigmatisation au quotidien, qui est nécessairement voulue, s’installe dans la conscience et la perception des djiboutiens(nnes), puis elle tend à faire dans l’espace djiboutien, d’une opposition  un ennemi global, dans des proportions que même le Moyen Age n’avait pas connues.

Mohamed Qayaad

19/03/2014 (Brève 375) Guelleh assure « son » avenir ! Compterait-il se faire réélir jusqu’en 2035 ? Oui si l’on croit cette information publiée sur le site Afriquinfo à partir de l’agence chinoise XINHUA. Encore de la communication « poudre aux yeux ». Pour masquer la misère dans laquelle il a plongé volontairement le pays, il fait croire que cela ira mieux … en 2035 !

Djibouti adopte un projet de développement à long terme « Vision Djibouti 2035 »

DJIBOUTI (Xinhua) – Le gouvernement djiboutien, réuni mardi en conseil des ministres, a adopté le projet « Vision Djibouti 2035 » relatif à l’orientation de la politique nationale djiboutienne de développement sur le long terme.

Il s’agit, selon un communiqué du gouvernement djiboutien, d’ une réflexion prospective globale sur l’avenir du pays dans laquelle s’inscriront désormais la planification stratégique et les stratégies de développement à court et moyen termes.

Ce document élaboré sur la base d’une approche participative est essentiellement fondée sur une articulation entre les aspirations des populations, les enjeux et défis majeurs et le scénario désiré de développement à long terme en République de Djibouti.

Selon le porte-parole du gouvernement djiboutien, Mahmoud Ali Youssouf, qui s’est exprimé devant la presse, l’élaboration de ce document important reflète l’oeuvre d’un consensus national dans lesquelles les intervenants ont permis de réfléchir sur le renforcement de la stratégie djiboutienne de développement durable et de construire une société meilleure.

Il a indiqué par ailleurs que cette stratégie, qui va servir de cadre de référence aux actions futures, a été bâtie sur cinq piliers principaux qui sont la paix et l’unité nationale, la bonne gouvernance, une économie persifié et compétitive, la consolidation du capital humain et l’intégration régionale.

Ce projet ambitieux couvre à la fois l’aspect économique mais aussi social et prend en compte des secteurs porteurs tels que l’ Education, le Tourisme, la Pêche, les Nouvelles Technologies et l’ Industrie avec des projets structurants.

« Ces grandes orientations de cette étude prospective vont permettre au pays de poursuivre les objectifs d’une véritable politique de développement à long terme et tendre vers une ère de prospérité et de bien être », a-t-il dit.

Pour M. Mahmaoud, la réalisation de ce programme de développement qui concerne l’ensemble des Djiboutiens s’inscrit dans le cadre d’une consolidation des bases de la construction économique, sociale et spatiale. Elle permettra surtout la réalisation des fortes avancées dans tous les domaines afin de faire de notre pays, un pays émergent.

En vue de concrétiser ce nouveau modèle de croissance, la  » Vision Djibouti 2035″, dont la coordination et le suivi des actions sera assuré par le Conseil Supérieur de Planification, présidé par le président de la République, sera opérationnalisé à travers des plans d’actions quinquennaux.

Cette approche consultative et participative a été conçue, selon le porte-parole du gouvernement djiboutien, pour permettre de consolider le processus de développement de Djibouti pour offrir aux futures générations un pays prospère.

« C’est une vision qui ambitionne de faire du pays un pôle économique, commercial et financier régional et international », a- t-il conclu.

17/03/2014 (Brève 374) Me Abdillahi Zakaria, président de la LDDH confirme dans La Nouvelle Tribune que les prisonniers politiques détenus illégalement à Gabode, ont entamé une grève de la faim illimitée.

Lien avec le site : http://www.lanouvelletribune.info/index.php/actualite/etranger/annonces/18550-djibouti-greve-de-la-faim-des-opposants-politiques-detenus

Djibouti : grève de la faim des opposants politiques détenus

Ecrit par Olivier Ribouis, le 16 mars 2014

Refuser de s’alimenter. C’est le seul moyen qui reste aux opposants politiques emprisonnés à Djibouti. Maître Abdillali Zakaria, Président de la Ligue djiboutienne des droits de l’homme a fait ce constat lors d’une visite< qu’il a rendue aux prisonniers politiques samedi. Les prisonniers politiques ont atteint 35 après l’arrestation, dans la capitale, de 14 nouveaux opposants membres de l’Union pour le salut national (Usn). Le procureur de la République avait pu obtenir une amélioration de condition de détention de 08 des 35 prisonniers, après avoir fait appel. Mais cela n’a pas suffit à calmer les esprits. Ils ont unanimement décidé d’observer une grève de la faim pour obtenir la libération des 08 relaxés encore sous les verrous. De retour de sa visite, Me Abdillali Zakaria apprend que les détenus politiques djiboutiens se sont résolus à commencer une grève illimitée de la faim.

17/03/2014 (Brève 373) Communiqué SURVIE – CPCR – Simbikangwa condamné, le génocide des Tutsi reconnu, le CPCR et Survie  restent mobilisés

Paris, 15 mars 2014 – A l’issue du verdict du Jury de la Cour d’Assises de Paris, le CPCR et Survie, parties civiles dans le procès du rwandais Pascal Simbikangwa expriment leur satisfaction de voir l’accusé reconnu coupable et condamné à 25 années de réclusion pour des actes commis durant les 3 mois du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Nos organisations rappellent que ce procès historique est  le premier d’une longue série à venir.

A quelques semaines de sa 20 ème commémoration, ce verdict a ouvert une brèche contre l’impunité des auteurs présumés de ce génocide en France résidant en France, après des lenteurs de procédures qui ont vu la France condamnée en 2004 par la Cour Européenne des Droits de l’Homme dans l’affaire Wenceslas Munyeshaka.

Organisé dans de bonnes conditions, après une instruction sérieuse, ce procès, au-delà de ce seul verdict a permis de réaffirmer que le génocide des Tutsi au Rwanda n’était pas contestable. C’est ce qui ressort clairement du prononcé de la feuille de motivation du verdict, exposée par le Président Olivier Leurent.

Le déroulement des audiences avait pourtant été marqué par la répétition par l’accusé et ses défenseurs de discours visant à atténuer la réalité et l’ampleur du génocide des Tutsi, par le biais notamment de la contestation de certains faits, tels que la préméditation et l’organisation soigneuse de ce génocide, ou d’accusations « en miroir ». Une stratégie du déni et du mépris adoptée par la défense jusque dans sa plaidoirie qui a choqué de nombreuses personnes présentes, parties civiles et rescapés en particulier.

L’avocate de la défense a ainsi prononcé des mots particulièrement choquants pour  les familles des victimes présentes, insistant sur l’absence des victimes du côté des parties civiles. Alain Gauthier, président du CPCR avait pourtant rappelé à la barre que  « la marque du génocide, c’est le silence de nos morts »

La Cour d’Assises de Paris a considéré que « la thèse soutenue par l’accusé d’un mouvement populaire chaotique spontané, incontrôlable, non concerté et inorganisé ne concorde nullement aux constatations réalisées tant par les historiens que par les témoins visuels, journalistes, rescapés et diplomates qui ont tous relaté au contraire la préparation et l’organisation particulièrement efficaces des massacres perpétrés en raison de motifs politiques ou raciaux.

Cette thèse du chaos généralisé est également incompatible avec l’ampleur des tueries commises et leur propagation à tout le pays. »

De même, la Cour s’est dite « convaincue que le crime de génocide tel que défini par l’article 211-1 du Code Pénal, à savoir l’existence d’atteintes volontaires à la vie ou d’atteintes graves à l’intégrité physique ou psychique, en exécution d’un plan concerté, tendant à la destruction totale ou partielle du groupe ethnique Tutsi a bien été commis au Rwanda entre avril et juillet 1994 ».

La tenue de ce procès 20 ans après les faits, le faible nombre de rescapés, donc de témoins, la prescription des accusations de torture auront été autant d’obstacles pour l’accusation et pour les jurés qui ont cependant, en leur âme et conscience, décidé d’inculper Pascal Simbikangwa de « crime » de génocide, comme réclamé par le Ministère public dans son réquisitoire, et non de simple « complicité » de génocide, pour des faits commis à Kigali.

L’importance du dossier d’accusation constitué lors de l’instruction pour la préparation de ce premier procès d’un présumé génocidaire en France a confirmé  la nécessité de voir le Pôle génocide et crimes contre l’humanité  du TGI de Paris, créé le 1er  janvier 2012 disposer de moyens suffisants, à renforcer dans la perspective des nombreux procès à venir.

Le verdict de ce procès n’est en effet qu’une étape dans la voie de la vérité et de la justice qui vient de s’ouvrir en France. 27 des 33 affaires instruites par le Pôle génocide et crimes contre l’Humanité concernent le Rwanda, dont 7 concernent la complicité présumée de militaires et mercenaires français dans le génocide.  L’association Survie, partie civile dans ces 7 dossiers, milite depuis de nombreuses années pour que la responsabilité de dirigeants français, politiques et militaires soit également établie et jugée, ce qui n’ était pas l’objet du procès Simbikangwa.

Les parties civiles de ce procès, qui n’ont pas été épargnées par l’accusé et par sa défense, accusées de disposer de moyens considérables et de manipuler les témoins, ont tenu à montrer dans leurs interventions et plaidoiries que leur présence n’était pas liée à un acharnement contre un homme, mais bien à un combat citoyen contre l’impunité, appelé à se poursuivre.

Pour le CPCR, dont l’unique objectif est la poursuite des présumés génocidaires complaisamment accueillis en France, ce verdict est un formidable encouragement à continuer ce combat contre l’impunité, « sans haine ni vengeance », mais avec détermination.

Contacts :

  CPCR : Alain GAUTHIER – 06 40 57 09 44 collectifrwanda@aol.com
  Survie : Laurence DAWIDOWICZ – 06 50 29 82 43

http://proces-genocide-rwanda.fr/wp-content/uploads/2014/03/Motivation-Simbikangwa.pdf

15/03/2014 (Brève 372) France Info : Procès Rwanda : Pascal Simbikangwa condamné à 25 ans de réclusion

Lien avec l’article sur le site France Info : http://www.franceinfo.fr/justice/proces-rwanda-pascal-simbikangwa-condamne-a-25-ans-de-reclusion-1351353-2014-03-14
_______________________ Note de l’ARDHD.
Pascal Simbikangwa a été condamné pour génocide et complicité de crimes contre l’humanité. Il n’a pas été jugé pour ses pratiques de la torture, car ces faits sont prescrits au bout de 15 ans.
C’est une première en France et nous pouvons espérer qu’elle va ouvrir la voie au jugement des criminels qui ont torturé leurs compatriotes à Djibouti et qui ont commis des massacres dans le Nord, en particulier, mais pas seulement …

De nombreuses associations étaient constituées « partie civile », dont le CPCR, la FIDH, la LICRA, la LDH et SURVIE qui a apporté une contribution significative aux avocats. Plusieurs avocats représentaient les parties civiles, Mes Simon, Daoud, Baudoin et confrères.
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Pascal Simbikangwa a été condamné ce vendredi soir à 25 ans de réclusion dans le procès historique du génocide rwandais. Il était jugé par la cour d’assises de Paris. L’ancien capitaine de la garde présidentielle a été reconnu coupable de génocide et de complicité de crime contre l’humanité. 

Coupable.  
Après un procès fleuve et douze heures de délibéré, les jurés de la cour d’assises de Paris ont déclaré Pascal Simbikangwa coupable de génocide et de complicité de crime contre l’humanité. L’ancien capitaine de la garde présidentielle a été condamné à 25 ans de réclusion. Dans son réquisitoire, l’avocat général avait réclamé la perpétuité. 

Pascal Simbikangwa était notamment accusé d’avoir armé et donné des instructions aux miliciens. Ceux là mêmes qui tenaient des barrières à Kigali où étaient filtrés et exterminés les Tutsis. L’avocat général l’avait décrit comme un « génocidaire négationniste ».

La défense avait demandé l’acquittement

Tout au long du procès, Pascal Simbikangwa, âgé de 54 ans et paraplégique depuis 1986, avait expliqué n’avoir vu aucun cadavre durant les 100 jours au cours desquels 800.000 personnes ont été massacrés. Essentiellement des Tutsi tués par les Hutu.

Jeudi, la défense avait réclamé son acquittement en tentant de jeter le discrédit sur les témoins qui se sont succédés à la barre. Les avocats de Pascal Simbikangwa avaient notamment dénoncer des témoignages « fragiles » et un procès « politique ».

« Le fait qu’il conteste avoir vu le moindre cadavre revient à manifestelent minimiser son rôle et sa connaissance des massacres qui se déroulaient sous ses yeux », a exstimé la cour. Elle a aussi jugé « invraissemblable » qu’il soir rester inactif après l’assassinat du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994.

La défense pourrait faire appel 

« C’est un pas de plus pour la justice universelle et la lutte contre l’impunité des bourreaux » (Patrick Baudoin)  

Avec Sophie Parmentier
« Nous avons assisté à un procès exemplaire », a expliqué Patrick Baudoin, l’avocat de la Fédération internationale des Droits de l’Homme. « C’est enfin une avancée et un pas de plus pour la justice universelle et la lutte contre l’impunité des bourreaux », raconte-t-il. 

Pour l’un des avocats de l’accusé, Me Fabrice Epstein, « c’est une décision qui ne va pas jusqu’au bout. Si on reconnait Pascal Simbikangwa coupable de génocide, alors il faut le condamner à la perpétuité. C’est une décision empreinte d’un malaise ». La défense qui envisage de faire appel.

Un procès historique
Ce verdict intervient à quelques semaines seulement des commémorations du déclenchement du génocide, c’était le 7 avril 1994. Pendant longtemps, les autorités du Rwanda ont accusé la France d’avoir soutenu le régime hutu génocidaire et soutenu ses responsables.

Ce procès qui s’est achevé vendredi est donc historique. C’est le premier, en France, lié au drame rwandais. Pascal Simbikangwa avait été arrêté en 2008 à Mayotte pour trafic de faux papiers. Il était jugé au nom du principe de compétence universelle qui permet de juger un étranger pour des faits commis à l’étranger pour les crimes les plus graves. 

Par Baptiste Schweitzer

14/03/2014 (Brève 371) RFI -Crise politique à Djibouti: aucune sortie de crise en vue

Lien avec le site RFI: http://www.rfi.fr/afrique/20140314-crise-politique-djibouti-sortie-crise-ismail-omar-guelleh-ismael-guedi-hared/

Le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh refuse de signer l’accord négocié entre son directeur de cabinet et l’opposition.

Le président Ismaïl Omar Guelleh avait laissé entendre à son opposition qu’il allait négocier directement avec elle. Car, depuis plus d’un an, cette dernière revendique la victoire aux législatives du 22 février 2013 et refuse de siéger au Parlement. Poussé dans ses retranchements par une opposition unie, largement soutenue par la rue à Djibouti, le président a fini par dépêcher son directeur de cabinet pour conduire des négociations qui ont abouti à un accord. Problème : il refuse de le signer. Plus surprenant encore, en pleine phase de « rapprochement », des militants de l’opposition sont arrêtés.

Le chef de l’Etat djiboutien avait annoncé sa décision de mener personnellement une négociation avec l’opposition. Mais en réalité, le régime a multiplié les promesses de dialogue sans jamais les concrétiser. Et la situation n’a jamais été aussi tendue sur le terrain. Il y a une semaine à peine, 14 membres de l’Union pour le salut national (USN) ont été arrêtés dans la capitale et placés sous mandat de dépôt.

« Ils font les sourds »

En fin de compte, la répression n’a fait que s’aggraver, déplore Ismaël Guedi Hared, président de la coalition des partis de l’opposition réunis au sein de l’USN. « Nous avons dialogué pour qu’il y ait la réconciliation, pour éviter qu’il y ait des répressions, explique-t-il.Mais ils font les sourds et tout ce qu’ils ont à offrir au peuple djiboutien, et aux militants de l’USN, c’est des arrestations quasi quotidiennes. Donc, nous espérons que le président va changer d’avis et acceptera de signer les projets que nous lui avons soumis pour que dans l’avenir – pas aujourd’hui, pas demain, mais dans quelques années quand il y aura des élections – il y ait des élections transparentes. C’est l’essentiel de notre projet. »

Le président n’a jamais négocié

Le président Ismaïl Omar Guelleh n’a jamais négocié avec qui que ce soit. Pas plus qu’hier, il n’a l’intention de le faire aujourd’hui. D’ailleurs, sous le couvert d’anonymat, certains proches du président le confirment sans difficulté.