29/06/2014 (Brève 404) LDDH Etat de lieu (du 27/06) des violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales en République de Djibouti.


Etat de lieu des violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales en République de Djibouti

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Introduction :

Depuis l’accession d’IOG au pouvoir en mai 1999, la répression antipopulaire est devenue sournoise ce que la communauté internationale a tendance à ignorer. Certes, le régime en place à Djibouti a ratifie des nombreuses conventionnelles internationales relatifs aux droits civils et politiques mais quant au respect, c’est tout une autre histoire.

Démocratie de facade, la République de Djibouti vit toujours sous le parti unique, la pensée unique et le culte de la personnalité. Toute tentative d’alternance par voie démocratique est étouffée dans l’œuf depuis plus de deux décennies. 

Malgré le désir ardent et palpable du peuple à cette alternance, le régime en place à Djibouti a toujours imposée son maintien et ce, en usant et abusant tous les moyens possibles pour détourner la voix du peuple.

L’impunité pour les prédateurs économiques en vigueur dans le pays en détriment du peuple a accentué la pauvreté dans la majorité des ménages djiboutiennes.

L’arrière-pays survit grâce aux vivres du PAM, vivres dans la qualité laisse à désirer.

Les services sociaux (santé, éducation,…) se sont éteints longtemps faute d’une politique avisée en la matière.

Le déficit démocratique dont souffre notre pays a l’impact sur tous les domaines de la vie des djiboutiens.

Le cloisonnement ethnique et tribal que le régime a cultivé et cultive est entrain de s’effriter.

Depuis les dernières élections legislatives, plusieurs dizaines des milliers des djiboutiens ont été internés au centre de rétention administrative de Nagad inconnu au niveau du Parquet de Djibouti. Et des centaines des djiboutiens, hommes et femmes, ont été incarcérés illégalement et arbitrairement à la sinistre prison de Gabode.

Les violations des domiciles sont devenues monnaie courante. Des paisibles citoyens ont été arrêtés en plein sommeil dans la nuit sans aucun mandat de la justice.   

Le moindre de soupçon d’appartenance ou de sympathie avec l’opposition de l’USN peut te conduire à Gabode et te priver de l’emploi dans l’administration ou dans le privé.

Nous déplorons toujours les graves violations des droits de l’homme généralisées et systématiques en République de Djibouti.

La police a toujours utilisée des balles réelles pour réprimer les manifestations pacifiques causant plusieurs blessés qui ne sont pas pris en charge par les hôpitaux publics.

Chapitre 1 : Violations des droits civils et politiques.

Election et participation aux affaires publiques

Des élections périodiques à des intervalles réguliers ont été tenues mais sans que cela permettent une alternance politiques car le même parti RPP est toujours au pouvoir depuis 1977. Ceci est du à l’absence totale des élections libres, démocratiques et équitable comme les démontrent les élections législatives de 22 février 2013 où les résultats définitifs par bureau de vote ne sont pas encore publiés jusqu’aujourd’hui et dont des irrégularités graves ont entachées ce scrutin législatif dont les partis d’opposition ont participé après 10 ans de boycott suite des législatives de 2003 dont l’opposition s’estime d’être spoliée de sa victoire.

Ce semblant de démocratie est d’autant grave que ces élections truquées mettent en péril la légitimité des institutions nationales qui y procèdent comme le stipule que l’article 4 de la Constitution : « La légitimité populaire est le fondement et la source de tout pouvoir. Elle s’exprime par le suffrage universel, égal et secret. »

Ainsi, une crise postélectorale sans précédente secoue le pays depuis près de 16 mois marquée d’une répression féroce et à grande échelle des leaders et militants d’opposition. Plus d’un millier des personnes ont été arrêtées depuis 22 février 2013 et la crise politique se dégrade de jour en jour où une sortie de crise n’est plus plausible après l’échec des négociations entamées entre le gouvernement et la coalition de l’opposition politique USN (Union pour le Salut National) du 14 août au 14 septembre 2013.
Réunion opposition-gouvernement

 

Photo de la réunion entre les deux délégations lors du dialogue politique Gouvernement-USN, 14 aout 2013

Arrestations et détentions arbitraires, Violence

Le cycle répression-violence continue avec le lot des arrestations et détentions arbitraires quasi systématiques après la sortie de la prière de vendredi, le harcèlement judiciaire des leaders de l’opposition , la violence physique et les bavures policières à l’encontre des leaders et militants de l’opposition sont devenues monnaie courante avec des tirs à balles réelles sur les militants dont a été victime un jeune militant dénommé Kako Houmed Kako, blessé par balles au niveau de l’abdomen et un autre blessé au pied le 12 mai 2014 lors d’un meeting organisé par l’USN à la cité Arhiba. De même, une femme a aussi été violentée par des agents policiers et a eu une double fracture aux 2 avant-bras à la suite.

Kako Houmed Kako

Kako Houmed Kako blessée par balles au ventre  

 

 

 

 

 

 

 

Hasna Hassan Houmed présente une double fracture aux 2 avant-bras

 

 

 

 

Le début de cette année 2014 a été une année mouvementé avec l’arrestation de tous les leaders de l’opposition ainsi que des militants et leur séquestration au centre de détention administrative à Nagad pendant une demi-journée sans aucun motif alors qu’ils célébraient le 1er anniversaire de la création de l’USN, le 16 janvier 2014 ,au sein de leur siège social au quartier 4.

Aussi, en cette journée internationale de fête de travail du 01 mai 2014,les militants USN n’ont pas échappés à la spirale de la répression policière qui s’est continuée jusqu’au 03 mai 2014 où les agents des forces de sécurité déguisés en tenue civile portant des t-shirt blanc ont sévèrement violenté et blessés beaucoup des militants de l’opposition venus assister à un meeting organisé par l’USN au siège central de l’UDJ sis à l’Avenue Nasser dont ce siège a été vandalisé par ces agents. Le 12 mai 2014, le siège de l’ARD a subi le même sort.

Conditions de détention et Prisons
Les conditions de détentions sont lamentables et horribles où les personnes sont incarcérées dans des cellules exiguës et insalubres. La prison centrale de Gabode constitue un goulag pour l’opposition  dont les prisonniers n’ont aucun droit pour protester les conditions de détention inhumaines en déposant des plaintes auprès des autorités judiciaires qui transiteront à travers les autorités pénitentiaires ; amenant ainsi le prisonnier à garder le silence sous peine d’être puni.

La surpopulation carcérale est un autre grand problème qui met en danger la santé des prisonniers car il existe des personnes atteintes des maladies transmissibles (la tuberculose,…etc) qui dorment à coté des autres. Parfois, les eaux usées des égouts font surface causant une détérioration de l’état de santé des personnes vulnérables à savoir les personnes atteintes du VIH/SIDA.

En plus de la chaleur épouvantable de l’été, s’y ajoute le calvaire des sanitaires à cause de la surpopulation carcérale et de manque d’hygiène.

Dans ces conditions affreuses, un nombre important des prisonniers sous mandat de dépôt depuis 1, 2,4 voir 8 ans y vivent au coté des condamnés dans cette prison.

Un nombre élevé des prisonniers politiques sont écroués dans cette prison et n’échappent pas à ces conditions de vie dégradantes.

Le cas du centre de détention administrative de Nagad qui est un centre de détention illégale ainsi que l’emprisonnement des militants USN et citoyens sans mandat délivré par un magistrat constituent un crime en regard de la Constitution et des textes en vigueur en République de Djibouti.

Sans oublier les conditions de détention inhumaines dans les locaux des postes de police et brigades de gendarmerie où des centaines personnes y passent quotidiennement.

Mahamoud Elmi Rayaleh est mort en détention à la prison centrale de Gabode et les circonstances de sa mort ne sont pas encore élucidées. Cette mort suspecte n’a pas encore trouvé d’explications de la partie officielle. Monsieur Mahamoud a été enterré sans autopsie médico-légale et en catimini par la police.

Recemment, nous appris la mort en détention d’Abdillahi Hared à la prison de Gabode.

Liberté d’expression et de presse
La pensée unique règne en maitre à Djibouti car il n’existe aucun média indépendant. C’est le gouvernement qui dirige le seul journal, la seule station de radio et la seule chaîne de télévision du pays.

La censure est pratiquée à grande échelle où les sites Web hostiles à la politique du gouvernement sont toujours bloqués à Djibouti dont le seul fournisseur des télécommunications est l’établissement public Djibouti-Telecom.

Toute critique à l’égard du gouvernement et du chef de l’Etat est sévèrement punie.

Les journalistes et défenseurs des droits de l’homme sont harcelés, menacés et arrêtés pour leurs écrits et leurs prises de position.

Les seuls journaux des organes de presse de l’opposition ont disparu à cause de la machine judicaire. Et les journalistes des medias gouvernementaux sont prisonniers d’une autocensure et un contrôle constant de leurs productions.

Ainsi, les djiboutiens se servent des réseaux sociaux comme support médiatique pour s’informer et diffuser et l’information alternative.  

Ces violations flagrantes des libertés fondamentales sont constamment dénoncées par notre organisation qui rappelle l’Etat à respecter ses engagements internationaux et à garantir les dispositions de la Constitution nationale en son article 15 : « Chacun a le droit d’exprimer et de diffuser librement ses opinions par la parole, la plume et l’image ».

Liberté de réunion et d’association
La Ligue Djiboutienne des Droits Humains déplore les mesures restrictives touchant les réunions publiques des partis politiques de l’opposition ainsi que la répression policière des manifestations pacifiques des militants de l’opposition.

Photo du meeting de l’USN réprimé par les forces de police, 06 décembre 2013

Des centaines des personnes sont arrêtées lors des meetings de l’USN par les forces de l’ordre. Nous avons recensé en ce premier semestre de l’année 2014 plus de 400 personnes arrêtées sans aucun mandat.

Ces nombreuses personnes sont arrêtées et jetées en prison par les forces de police sans aucun mandat d’arrêt. Le droit à un procès équitable dés lors que ce sont les agents de police qui arrêtent, accusent les militants des chefs d’inculpation sans qu’un mandat ne soit délivré par un magistrat. Les droits à la défense sont bafoués à savoir l’assistance d’un avocat ou l’examen d’un médecin de leur choix ou des visites familiales. Pire, les décisions de la justice ne sont pas respectées comme le montre la séquestration du porte-parole de l’USN, Daher Ahmed Farah, à la prison centrale de Gabode malgré une décision de relaxe par un jugement du tribunal correctionnel de Djibouti.

Cela démontre la violation flagrante du principe de séparation des pouvoirs et de l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Par ailleurs, la liberté d’association n’est pas respectée à cause des interférences de l’Etat dans les organisations syndicales et associatives. Exemples marquants :

  • Le licenciement abusif et l’harcèlement des syndicalises touchent le fonctionnement régulier des syndicats qui contraignent les travailleurs à la loi du silence. Ainsi, plusieurs syndicalistes licenciés ne sont pas toujours réintégrés dans leurs fonctions malgré les multiples recommandations du BIT et des promesses non tenues du gouvernement , les travailleurs djiboutiens ne peuvent pas réclamer  une amélioration de leurs conditions de travail sachant qu’une catégorie des travailleurs à savoir les dockers ne possèdent aucun droit concernant l’assurance sanitaire, la sécurité sociale et autres droits des travailleurs garantit par le Code de travail alors que ce sont des travailleurs exposés à des nombreux risques néfastes à leur vie et à leur santé.
  • Les associations de quartier sont devenues des caisses de résonnance du gouvernement car plus de 4 000 associations sont enregistrées mais n’ont aucune utilité concrète .Et dernièrement le Secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports a placée sous son autorité les centres de développement communautaire (CDC) ainsi que leurs comité de gestion issus des associations de quartier .Cette décision constitue une forte ingérence qui met en péril l’efficacité et le sens même des CDC qui devaient être laissés au mouvement associatif des communes.

Liberté de circulation
La liberté de circulation des biens et des personnes est gravement atteinte à Djibouti en contravention de l’article 14 de la Constitution qui stipule : « Tous les citoyens de la République ont le droit de se déplacer … sur toute l’étendue de la République. »   

Fait marquant, une interdiction de voyager frappe les dirigeants de l’opposition dont les derniers sont Me Djama Amareh Meidal, délégué aux affaires extérieures de l’USN, dont son passeport a été confisqué par un agent de la police de PAF ainsi que Mr. Adan Mohamed Abdou, vice-président de l’ARD et syndicaliste qui a été arrêté au bord de l’avion avant son décollage pour participer à la conférence internationale de BIT.

Droit de l’intégrité de la personne humaine et de la vie privée :
Torture et traitements dégradants et inhumains
Des nombreux des cas des tortures ont été signalés. Ces tortures sous toutes ses formes sont pratiquées et les auteurs de ces actes criminels ne sont jamais poursuivis et les victimes n’ont reçu aucune sentence judiciaire ou réparations. 

La torture est systématique à Djibouti et les détenus payent le prix fort. Aussi, les défenseurs des droits de l’homme ne sont pas épargnés dont récemment Said Houssein Robleh, Secrétaire général de la LDDH a été arrêté et condamnée à 10 jours de prison et 8 mois de prison avec sursis.

Un jeune dénommé Sahal Ali Youssouf a été trouvé mort à Gachamaleh le 07 juin 2013 après avoir été enlevé et sauvagement torturé par des éléments de la police nationale.

Chapitre 2 : Violations des droits socio-économiques et culturels

Corruption
La corruption est instituée en système à Djibouti dont l’économie du pays est minée par ces fléaux que constituent la corruption et l’affairisme.

Pour exemple, la recette budgétaire du port de Djibouti ne figure pas dans le registre du budget de l’Etat alors que le port constitue le poumon de l’économie générant des chiffres d’affaires estimées à plus de 10 milliards de franc Djibouti.

De même, la rente issue du loyer des bases étrangères installées à Djibouti n’apparait dans aucun document du budget de l’Etat et nous ne savons pas si cette somme d’argent colossale est versée dans les caisses du Trésor national soit le 30 millions d’euros/an de la France et le 38 millions de dollars des Etats-Unis qui est passé à 63 millions de dollars.

Sans parler des détournements de fond public et de la corruption généralisée au sein de l’administration, que peut-on dire de cette économie extrabudgétaire ?

Alors que la population Djiboutiennes vit d’une extrême pauvreté et une misère généralisée ainsiqu’un chômage de masse mais le PIB/habitant est chiffré à 1 523 US $ selon la Banque mondiale (Doeing Business 2014).

Nous ne trouvons pas les mots pour qualifier ce genre d’économie et des finances publiques.

Sans oublier, le surendettement du pays inacceptable qui a dépassé le seuil critique dont qui se répercutera sur les générations futures  et qui mettrait notre économie sous tutelle.    

Insécurité alimentaire

La population djiboutienne est sous la menace d’une insécurité alimentaire permanente à cause de la flambée des prix des denrées alimentaires, d’un manque d’une politique volontariste de production agricole réelle et d’une absence totale d’une stratégie de réserve de stock alimentaire  pour lutter contre la sécheresse récurrente et en cas de catastrophe naturelle comme lors des inondations où nous avons vu que la population n’a pu survivre à une semaine d’inondations.

Cependant, l’Etat a acheté des énormes parcelles de terres agricoles en Soudan, en Ethiopie et en Malawi après la crise de 2008 pour garantir la sécurité alimentaire de la population. Mais, jamais les récoltes de ces terres n’ont été écoulées sur le marché national dont nous cherchons jusqu’aujourd’hui leurs couleurs.

Cette insécurité alimentaire a des conséquences néfastes sur la condition de vie et la santé des citoyens à savoir la malnutrition infantile et des insuffisances qui se répercutent l’espérance de vie de nos populations déjà faible.  

Santé
La santé de Djibouti est devenue un mouroir pour nos citoyens du fait de la mal gestion du budget de la santé pourtant colossal et l’absence de qualité des soins et de services de santé.

Et pour cause, les pauvres citoyens sont obligés de se procurer les médicaments à la pharmacie pour se soigner à l’hôpital. Même pour les soins de base, les patients doivent s’acheter le dakin et les compresses et les solutions d’injection. Pourtant, des tonnes des médicaments gisent dans la CAMME (Centrale d’achat des médicaments et des matériels essentiels) jouxtant l’hôpital Peltier, qui après leur expiration sont soient distribués ou détruits à des millions de franc djibouti. Pire, des tonnes des médicaments sont envoyées dans les pays voisins .Et parfois, on nous rapporte que l’hôpital manque d’oxygène qui met gravement en danger la vie des patients en détresse.

La mortalité infantile est élevée avec 67 décès pour 1 000 naissances vivantes. Ceci est du à un manque de prise en charge néonatale adéquate.

Il n’existe pas un hôpital de référence aux normes correctes pour un pays dont les patients nécessitant une évacuation sanitaire attendent leur mort pour défaut d’aide médicale de l’Etat lorsque des membres de l’autorité et leurs familles font l’aller-et-retour des hôpitaux de Paris ou autre sous les frais des contribuables djiboutiens.

La malnutrition, les maladies infectieuses et les épidémies de paludisme et de tuberculose et de sida ravagent beaucoup des djiboutiens. En dernier, l’épidémie de paludisme a tué plus de 100 personnes en ce début d’année 2014 sans qu’aucune alerte n’a été lancée à temps ni par le ministère de santé ni par le bureau de l’OMS à Djibouti. Mais c’est après la sonnette d’alarme tirée par notre organisation que tout le monde s’est réveillé.

Education
L’éducation est meurtrie par la politique des chiffres.

L’école produit des diplômés sans emploi et l’Etat a fermé toute opportunité d’études à l’extérieur dont les bourses d’études et le dossier blanc ont été bloqué.

Fait surprenant, les 3 000 candidats de la série générale (S-ES-L) qui ont composés le bac, 400 ont été admis en premier soit un taux de réussite de 13%.

Le même scenario se perpétue à l’université dont la plupart des filières range plus de 200 étudiants, environ 50 étudiants passent à la deuxième année.

Ainsi, la plupart des étudiants qui n’ont pas pu être admis, se retrouvent dans la rue que ce soit les lycéens et les universitaires.

Conclusion :
Les droits des citoyens et libertés publiques sont foulés au pied sans que les auteurs de ces délits ne soient poursuivis mais sont au contraire promus à des grades supérieurs.

Nous dénonçons ces violations des droits de l’homme mais l’Etat fait fi des ces allégations et s’entête toujours à harceler les seuls défenseurs des droits de l’homme existants à Djibouti.

L’impunité officielle est la source de ces violations graves des droits de l’homme et des libertés fondamentales

Recommandations :

  • La LDDH condamne sans réserve les violences policières contre les manifestations pacifiques de l’opposition.
  • La LDDH demande la fin de la spirale des violences dont sont uniquement victimes les populations civiles.
  • La LDDH déplore le trafic des êtres humains qui se cache dans la migration clandestine dont notre pays est devenu l’une des plaques tournantes dans la région.
  • La LDDH demande la poursuite des auteurs des abus devant la Justice pour mettre fin à l’impunité.
  • La LDDH lance un appel solennel à l’adresse de la communauté internationale pour faire pression sur le régime en place à Djibouti qui viole sans vergogne les droits humains.
  • La LDDH recommande la visite d’une mission d’enquête internationale sur les violations des droits humains généralisées et systématiques.
  • La LDDH exige la fin de l’opacité financière en vigueur dans le pays.
  • La LDDH demande vivement la libération des détenus politiques et lance un appel urgent et solennel aux deux parties (pouvoir-opposition) pour l’ouverture d’un dialogue politique basé sur la vérité et la transparence.

 

Le Président de la LDDH :                            Le Secrétaire général :
Omar Ali Ewado                                              Said Houssein Robleh    

Cite Hayabley, Babala                                                       Cité Barwaqo, Balbala
Tel: +253 77 61 55 49                                                       Tél: +253 77 71 73 96
E-mail: iwado_lddh@yahoo.fr            E-mail :saidhoussein2020@gmail.com

29/06/2014 (Brève 403) Communiqué du FRUD : Affrontements meurtriers entre le FRUD et l’Armée gouvernementale

Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie -FRUD-
frud_djibouti@hotmail.com

Au lendemain de la commémoration du 37ème anniversaire de l’indépendance

Affrontements meurtriers entre le FRUD et l’Armée gouvernementale

Selon des informations émanant du Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie (FRUD), plusieurs accrochages ont eu lieu entre l’armée gouvernementale et les combattants du FRUD dans la journée du 28 juin 2014, dans les Mablas (district de Tadjourah) :

Le 1er accrochage a eu lieu vers 6h du matin , aux environs de Galeila où se trouve un camp militaire de l’AND ;

un autre affrontement s’est déroulé à Débel, non loin de Garbanaba, un véhicule de l’armée a été détruit, 2 morts et 3 blessés parmi les soldats de l’AND.

Partis du Camp de Galeila, les militaires ont affronté les combattants du FRUD à Sismo toujours dans les Mablas de 14h à 18h, 1 soldat tué et 4 autres ont été blessés. Une vingtaine de militaires ont fuit le combat et sont rentrés chez eux.

Le FRUD, de son côté, ne déplore aucune perte.

On apprend aussi que l’armée nationale djiboutienne a interrompu les festivités de la commémoration du 37ème anniversaire de l’indépendance et a envoyé plusieurs détachements à Galeila pour faire face aux éléments du FRUD.

28/06/2014 (Brève 402) Bon ramadan à tous les Djiboutiens et à tous les musulmans dans le monde. (ARDHD)

L’équipe de l’ARDHD souhaite un bon ramadan à toutes les Djiboutiennes et à tous les Djiboutiens, celles et ceux qui sont au pays, les réfugiés en Ethiopie et ceux qui vivent à l’étranger. Ses voeux s’adressent aussi à tous les musulmans qui commencent aujourd’hui ou demain, ce mois béni.

Elle espère que chacun pourra vivre ce mois dans la paix et dans le recueillement et que le dictateur djiboutien ne prendra pas de nouvelles mesures contre les opposants et ceux qui critiquent son régime inhumain et sanguinaire.

19/06/2014 (Brève 401) Mohamed Alhoumékani convoqué par la justice française dans le cadre de l’instruction pour l’assassinat du juge Borrel .. (J-L Schaal / ARDHD)

Nous avons appris que Mohamed Alhoumékani allait recevoir une convocation pour se présenter à Paris et apporter son témoignage devant les juges en charge de l’instruction pour l’assassinat du juge Bernard Borrel à Djibouti en octobre 1995.

Ce n’est pas la première fois qu’Alhoumékani sera entendu par des magistrats français. L’instruction dure depuis près de 20 ans !! Plusieurs magistrats se sont succédés sur le dossier, dont en premier, Mme Moracchini et M. Le Loire, qui avaient été dessaisis du dossier, fait rarissime, après avoir organisé une reconstitution à Djibouti sans la présence des parties civiles.

L’instruction a connu, semble-t-il, des hauts et des bas, des périodes d’activité, des périodes de silence et des périodes de tension diplomatique entre Paris et Djibouti. L’instruction avait d’abord été conduite pour rechercher les causes d’un suicide improbable, thèse soutenue par les deux premiers magistrats et confortée par une expertise signée par le Pr Lecomte de l’institut médico légal de Paris (qui a reconnu ensuite, n’avoir donné son avis, qu’au vue des pièces ???), Ensuite, grâce à la persévérance du juge Parlos, une nouvelle expertise médicale a prouvé que le juge n’avait pas pu se suicider, puisqu’il présentait un « trou » derrière le crâne, ce qui n’avait pas été décelé à l’hôpital Bouffard, quand le corps du magistrat a moitié carbonisé y avait été examiné (?????)

Finalement, peu après la prise de fonction de N. Sarkozy, le procureur de Paris avait enfin reconnu en 2007 que l’instruction était conduite désormais pour assassinat …

La responsabilité du régime djiboutien a toujours été pointée du doigt dans cette affaire et le témoignage d’Alhoumékani, dés les années 2000, avait confirmé qu’il s’agissait bien d’un assassinat et que la Présidence djiboutienne était au courant au plus haut niveau, sans pourtant ne désigner aucun coupable ni de la commandite du crime, ni de son exécution.

Deux question se posent aujourd’hui.

A) La première est de savoir si Alhoumékani acceptera de se rendre à cette convocation. Sa famille et lui-même ont payé cher son témoignage : bannissement pendant six mois de sa mère âgée et de ses proches, qui avaient été jeté dans un avion en partance pour Sanaa, sans valises ni documents d’identité (ils y sont restés durant six mois), puis en août 2013, l’arrestation de Mohamed à Sanaa, son incarcération à la demande des autorités djiboutiennes pour des motifs ahurissants, sa libération de prison dans le calme, mais sous la protection des membres armés de sa puissante tribu et finalement son « évasion » à la barbe des services yéménites.

Il est intéressant de noter, dans ces différentes affaires et dans d’autres (comme de multiples tentatives d’intimidation et de subornation commises sur le sol belge, par le procureur djiboutien « grandes oreilles ») que la France n’est jamais intervenue pour lui apporter la moindre protection, ni même un soutien aussi minime soit-il …. alors que Mohamed Alhoumékani est considéré comme un témoin clef pour la justice française qui enquête, rappelons-le sur l’assassinat à l’étranger d’un magistrat français en exercice.

On pourrait comprendre, dans ces conditions, que Mohamed Alhoumékani n’ait pas très envie de rendre service à la justice d’un pays qui n’a jamais rien fait pour lui … Mais de l’autre côté, nous savons, puisqu’il l’a dit à plusieurs reprises, qu’il souhaite que la vérité éclate au grand jour et qu’il a toujours apporté un soutien sans faille à Elisabeth Borrel et à ses enfants.

Pour qui sonne le glas ?

La seconde question est de savoir pourquoi l’instruction est relancée aujourd’hui ?
Est-ce la maladie (qui est probablement très grave) de Guelleh, maladie au sujet de laquelle, de multiples rumeurs circulent ? Cela veut-il dire que la France considère que la fin d’IOG est proche et qu’elle peut donc relancer sereinement la recherche des véritables commanditaires du crime sans ne craindre un nouvel incident diplomatique avec le Président actuel, qui serait, dit-on, dans l’incapacité d’exercer temporairement ou définitivement son autorité ?

Voilà des questions auxquelles nous sommes incapables de répondre, mais les faits sont là.

A propos de l’exercice du pouvoir, comme nous l’avions déjà écrit, c’est le Général Zakaria qui détiendrait actuellement l’autorité. Des tractations seraient engagées en vue d’assurer la succession. D’un côté, nous avons les différentes personnalités qui ont soutenu le régime de Gouled, puis de Guelleh, de l’autre, les responsables des différentes tribus et enfin des hommes qui ont la force avec eux, comme Zakaria, patron des forces armées ou Hassan Saïd, chef du SDS.

Comme toujours la diplomatie française semble avoir encore la possibilité de donner son avis. Zakaria aurait été refusé catégoriquement par Paris. Hassan Saïd ne semble pas souhaiter occuper le fauteuil princier et de toutes les façons, il pourrait être recherché pour une implication éventuelle dans l’assassinat du juge Borrel et dans d’autres affaires non élucidées.

En attendant d’avoir d’autres informations, à la fois sur la décision d’Alhoumékani de se rendre ou non chez les juges et sur les raisons de la relance de l’instruction Borrel, en particulier, le lien avec l’état de santé de Guelleh, nous laissons cette page ouverte.

Au final, nous regrettons que l’opposition djiboutienne, qui connaît la situation du tenant du titre, ne mette pas en avant un candidat de qualité issu de ses rangs, une feuille de route pour conduire la période d’alternance entre dictature et démocratie et un programme de gouvernement pour assurer la conduite du pays et sa reconstruction sur tous les plans : finances, social, politique, judiciaires, éducatif, etc..

Faute de quoi, le risque d’un éclatement et d’un embrasement comme en Somalie existe et les responsables de l’opposition ne pourront pas dire qu’ils l’ignoraient.

09/06/2014 (Brève 400) Djibouti « L’ordre des désordres » règne mais derrière le lion à l’agonie se cachent les hyènes et les charognards toujours prêts pour la curée qui devient imminente. (Par Roger Picon)

Palais d'haramousTous les pouvoirs politiques que l’on peut s’octroyer par auto-proclamation, mais surtout pour les avantages financiers que l’on s’est indument octroyés, sont autant de pernicieuses tentations auxquelles Ismaïl Omar Guelleh a cédé.

Aujourd’hui il paie (ou a payé ?) le montant de la facture, avec les intérêts de retard et si l’on donne crédit aux rumeurs persistantes sur son état de santé, alors on peut affirmer qu’il n’est plus en état d’assumer ses responsabilités.

Ce qui est certain c’est que tout est fait pour tenter de nous cacher les vérités sur son état de santé.

A Haramous garder un tel secret sur l’état de santé d’IOG consiste à ne le confier…. qu’à une seule personne à la fois.

Le « Che » des années 80 de la Corne Est de l’Afrique, que nombre de Djiboutiens et d’étrangers saluèrent en 1999 comme étant une victoire de la future démocratie dont le pays avait tant besoin, a succombé à la facilité tout en imposant une image artificiellement trompeuse derrière laquelle il a tenté maladroitement de dissimuler, là encore, de désastreuses vérités.

Des vérités qui ont émergé, immanquablement l’une après l’autre, et contre lesquelles les pitoyables opérations de désinformation, lancées par Haramous pour tenter de les contrer, ont fait « chou blanc »

Le plus grave étant l’image qu’il offre sur le plan international, au point que Guelleh passe depuis bien des mois pour être un pestiféré à qui le « diplomatiquement correct » impose qu’on lui fasse bonne figure et que l’on aille pas « fouiller dans son jardin », certes pour tenter de sauver les apparences, mais qui est devenu incontestablement infréquentable.

Les preuves de ce que nous avançons sont évidentes.
Les avions présidentiels étrangers passent au Djibouti sans y faire escale ou s’ils s’y posent c’est simplement pour une escale technique et un avitaillement en carburant.

Les photos parues lors de la visite d’IOG aux USA en présence du président Obama sont éloquentes ; nul besoin d’un long discours !

En matière de ridicule ; encore tout récemment, la décision de Kadra Mahamoud Haïd de faire remplacer les forces de Gendarmerie, qui composent la Garde Présidentielle (GP), par des policiers a de quoi surprendre ; tout comme le silence du Gal Zakaria Cheick Ibrahim face à cette mesure qui n’est certes pas du ressort et de la compétence de Kadra Haïd.

Si une telle décision il devait y avoir, celle-ci incombait à IOG !!!!

Là encore c’est le silence le plus complet mais l’on sait pourquoi.

Décidemment les évènements qui se déroulent au Cirque Haramous depuis quelques semaines ont de quoi surprendre….. qu’à moitié.

Pour reprendre ce que nous écrivions un peu plus haut, prenez le temps de faire le recensement des Chefs d’Etats qui rendent visite à Djibouti sur invitation et vous comprendrez que Sa Majes  tueuse Majesté Bobard 1er n’est plus en odeur de sainteté.

Ses ruses politiciennes l’ont usé jusqu’à la corde et en ont fait un vieux malade qui a tiré sur trop de ficelles à la fois mais qui ne trompe plus personne sur le plan international.

Depuis bien des années, il en est réduit à inviter quelques vieux crabes politiciens séniles, anciens ministres occidentaux, en leur réservant une haute qualité d’accueil et surtout en leur octroyant généreusement et discrètement quelques « dons d’ordre financier » aux fins qu’ils fassent, devant ses médias à Djibouti, l’apologie de sa politique et l’éloge de …sa réussite.

Cela nous remet en mémoire ce qu’écrivit Paul Eluard lorsqu’il encensait aveuglément le « Camarade Staline »

Toute proportion gardée, on y trouve une étrange similitude !
Il est vrai qu’IOG est allé à la même « Ecole », celle des louanges du grand guide du communisme à la soviétique.

L’historienne Anne Applebaum estime que 18 millions de Soviétiques ont connu le Goulag sous Staline et six autres millions l’exil forcé au-delà de l’Oural ; un à deux millions de personnes y décédèrent.

Ode à Staline (1950) par Paul Eluard
 
Staline dans le coeur des hommes
Sous sa forme mortelle avec des cheveux gris
Brûlant d’un feu sanguin dans la vigne des hommes
Staline récompense les meilleurs des hommes
Et rend à leurs travaux la vertu du plaisir
Car travailler pour vivre est agir sur la vie
Car la vie et les hommes ont élu Staline
Pour figurer sur terre leurs espoirs sans bornes.
Et Staline pour nous est présent pour demain
Et Staline dissipe aujourd’hui le malheur
La confiance est le fruit de son cerveau d’amour
La grappe raisonnable tant elle est parfaite

Ceci étant dit, les limites de l’acceptable en matière de tyrannie étant largement dépassées, c’est aujourd’hui l’accentuation du régime de la terreur qui s’est imposé à Djibouti soulevant des réactions de la diplomatie internationale – qui semble avoir changé de lunettes – et prive ainsi OG d’une sortie qui aurait pu être honorable à défaut d’être glorieuse.

15 années après l’auto-proclamation d’Ismaïl Omar Guelleh à la tête du pays, l’ambiance est plus que jamais pourrie, vérolée à outrance.

La corruption s’est institutionnalisée, le népotisme et le clientélisme qu’il a favorisés et entretenus ensuite par ses « Collabos » favorisent l’incompétence.

Incompétences et inaptitudes aux caractéristiques des postes à responsabilités qui ont emménagé en toute liberté dans tous les ministères, les grands services du secteur public mais aussi dans le privé.

Les allégeances claniques et le tribalisme ont largement fait « tache d’huile » au fil des ans créant des fractions et des frictions entretenues, y compris parmi « l’opposition de façade » notamment chez de vieux chevaux sur le retour.

Hommes d’une époque révolue mais qui, vissés à leur siège depuis trop longtemps, oublient un peu trop vite qu’il se trouvera toujours quelqu’un pour venir, en temps et en heure, leur demander des éclaircissements sur certains points de leur nébuleux passé.

Pour information, le pays Afar ne sera jamais une forme de « Réserve d’indiens » que l’on fait visiter aux touristes ni un spectacle de danses Massaïe pour quelques USD !

Comme en Tunisie, la rue s’est dressée et n’est pas prête de s’asseoir pour se taire alors que la répression sauvage n’a pas assez de balles pour faire taire plus de 80 % de la population djiboutienne.

La population constituée par les manifestants harcèle sans cesse le pouvoir d’Haramous alors que les « Outils de la Répression » font largement défection, de jour en jour ; des hommes basculent dans l’opposition car las de tirer à balles réelles sur leurs frères, sur leurs sœurs, sur des enfants qui le plus souvent, comme eux, ont faim de Liberté !

Le drame pour l’avenir est ce désenchantement dont souffre le pays avec une jeunesse intellectuelle victime de l’exclusion tribaliste et qui s’exile alors que les familles des opposants politiques sont les premières victimes de l’odieux chantage exercé par le pouvoir d’Haramous pour les faire taire.

Pourtant, à affronter la Tyrannie y compris sur internet, il y a plus à perdre en reculant et en baissant la tête qu’à avancer avec courage en n’hésitant pas à se faire menaçant.

La liberté a un prix, encore faut-il savoir comment la construire et comment l’utiliser pour la faire prospérer !

08/06/2014 (Brève 399) Communiqué de l’UDT sous la signature de son responsable aux relations extérieures Hassan Cher Hared pour dénoncer l’arrestation et le refoulement du camarade ADAN MOHAMED ABDOU à l’aéroport de Djibouti. (Selon les informations reçues à l’ARDHD, ce refoulement saurait été commis à bord d’un avion étranger, donc en territoire étranger, et en dehors de toute légalité – Nouvelle violation flagrante des libertés et des droits syndicaux)

Le camarade ADAN Mohamed Abdou, secrétaire général de l’UDT, devait décoller ce matin, 6 Juin 2014, vers 12h 10min, de l’aéroport de Djibouti sur un vol de la compagnie Turkish
Airlines. Il finit l’embarquement sans encombre et monte dans l’avion, mais quelques
minutes avant le décollage des membres de la police politique montent dans l’avion et le
font descendre par force.

Il est conduit dans un local de la police des frontières, à l’intérieur de l’aéroport, aménagéen centre d’interrogatoire et de torture.

Son passeport (pièces d’identités), son billet d’avion et ses bagages lui sont confisqués définitivement. Le gouvernement djiboutien justifie cette violation grave de la liberté de circulation, une sanction qui frappe toute personne qui n’est pas de même avis du régime djiboutien, comme suit : « ADAN Mohamed Abdou comptait participer à une conférence
internationale sans l’autorisation du président de la république. Ce qui est une faute grave au vu de la loi du pays et de nos intérêts. »

Le gouvernement djiboutien a, par cet acte, démontré une fois de plus qu’il n’apportait aucune considération à ses engagements devants les instances et les lois internationaux, tels que la constitution de l’OIT, les conventions internationaux, la déclaration universelle des droits de l’homme, etc…

D’autre part, pas plus qu’hier une délégation conduite par le ministre de travail de Djibouti a rendu visite au directeur général du BIT, Guy Ryder, dans l’objectif sournois d’impliquer le BIT à un projet qui mettra fin à la liberté syndicale et au syndicalisme libre et indépendant au pays.

Cette délégation, qui comprenait des agents de la police politique déguisés en syndicaliste, tels que Mohamed Youssouf et Abdo Sikieh qui est à la fois le secrétaire général de l’UGTD clone et un parlementaire coopté à l’assemblé nationale djiboutienne sur ordre du président de la république de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, recommande au BIT la tenue d’un congrès pour le deux centrales syndicales, l’UDT et l’UGTD.

Quelle hypocrisie de la part du gouvernement djiboutien alors que nous savons que, ce dernier, depuis plus de 18 ans refuse d’intégrer les cadres et militants syndicaux licenciés pour activités syndicales et fait fi de tous les recommandations du BIT.

Cette nouvelle mascarade consiste à imposer aux centrales syndicales des hommes de la police politique et à bloquer les cadres syndicaux issues des syndicats de base comme il a été toujours chez nous. Les responsables des centrales syndicaux sont des responsables et militants qui ont acquis de l’expérience dans les syndicats de base.

Cependant, l’UDT appelle à tous les syndicats amis, à la CSI, aux organisations internationales, au BIT et toutes autres instances que les droits de l’homme concernent de près ou de loin à saisir le président de la république de Djibouti afin de lui recommander à restituer à notre camarade Adan Mohamed Abdou, secrétaire général de l’UDT, ses bagages et son passeports et à respecter ses engagements devant les instances internationales.

Hassan Cher Hared
Responsable aux relations internationales de l’UDT

07/06/2014 (Brève 398) Qu’est-ce qui se passe ? Des rumeurs, impossibles à vérifier pour le moment, évoquent une possible aggravation de la santé du dictateur et même pire … ?

A l’heure actuelle, les autorités djiboutiennes sont muettes sur le sujet. Certains informateurs pensent que l’état de santé du dictateur se serait dégradé et que le pire pourrait déjà être arrivé.

C’est possible, mais nous n’avons aucun élément qui puisse le confirmer. Rappelons que la coutume, dans tous les régimes dictatoriaux, veut que l’on règle la succession du chef dans le silence feutré des salons de ses obligés, avant de faire connaître la vérité. Cela n’est pas à exclure … !

Dès que nous aurons des informations vérifiées, nous les diffuserons sur le site.

Comme nous le faisons depuis plusieurs années et en particulier depuis plusieurs semaines, nous renouvelons nos appels à l’opposition pour qu’elle soit présente, visible et organisée afin de présenter son programme, le jour où le flambeau devrait changer de main et surtout pour qu’elle refuse d »assister en qualité de simple spectateur à une possible passation de pouvoir concoctée par la famille et les prédateurs qui profitent du régime et qui entendent bien continuer …..

06/06/2014 (Brève 397) Zakaria Ibrahim, maître de Djibouti par intérim ? (ARDHD)

Depuis plusieurs semaines, des rumeurs évoquent une possible dégradation de la santé du dictateur Guelleh. Malheureusement les informations fiables sont difficiles à obtenir et à vérifier : au sein des hauts dignitaires et des proches, c’est la Loi du silence qui prévaut. Les subalternes sont contraints de se taire ou de faire circuler des fausses informations pour éviter que la vérité ne soit connue.

Dans le passé, à plusieurs reprises et en particulier à l’occasion des élections présidentielles, de fausses informations sur l’état de santé de Guelleh avaient été diffusées par ses proches et aussi par des obligés comme l’avocat félon Aref. Il s’agissait de faire croire que l’on pouvait voter en faveur de la dictature, puisque les jours du tenant du titre étaient comptés. Propagande et désinformation ….

Qu’en est-il aujourd’hui ?
Nous n’avons aucune information recoupée à notre disposition, mais les différents messages que nous recevons, semblent confirmer que le dictateur est gravement souffrant. Le secret médical nous interdit de toutes les façons, de faire état de l’affection dont il souffrirait, selon ces rumeurs …

Il semble, comme nous l’avions déjà écrit, il y a plusieurs semaines, que le Général Zakaria, ancien sous-officier de l’armée française, promu chef d’état-major, après la mise en retraite du général Fathi, ait reçu la charge de commander le pays, non plus uniquement sur le plan militaire, mais aussi civil. Qui, mieux qu’un général, pourrait faire perdurer un état de dictature et garantir l’enrichissement continuel des familles et des clans dominants ?

Un général, dont le niveau de culture n’a jamais été évalué, mais qui sait faire appliquer des décisions brutales et sans recours, est-il le meilleur garant de la sécurité et de la cohésion du pays ? C’est certainement ce que doivent penser les responsables des pays qui ont des bases implantées localement … USA, France, Chine, Japon et les autres : Allemagne, Italie, Espagne et Corée (?).

Face à cela, l’opposition qui a enfin réussi à afficher une certaine unité, doit se trouver rapidement un leader capable d’assurer un contre-pouvoir et de proposer un programme crédible pour assurer l’alternance et une inévitable période de transition vers la démocratie.

Malheureusement pour les Djiboutiens qui sont au pays et qui souffrent, nous sommes encore loin de cela.

1°) Progamme politique : toujours en cours de rédaction depuis les années 2000 … ? Mais en dépit de nos appels, nous n’avons toujours rien lu …

2°) Feuille de route pour la transition : là aussi, rien …. ! Pourtant c’est essentiel.

3°) Leader reconnu, capable de rassembler l’opposition : plusieurs noms circulent, mais chaque parti, chaque clan, chaque tribu a son champion … Tant qu’il n’y aura pas une personnalité ayant les qualités pour assumer cette lourde tâche et en particulier une vision politique, économique et sociale, l’opposition va tourner en rond et elle n’aura pas la force suffisante pour présenter une alternative crédible.

Le moment est venu pour l’opposition, qui a fait des progrès d’unité durant ces dernières années, de se mettre au travail, car s’il y a actuellement une fenêtre entre-ouverte qui pourrait permettre de provoquer la fin de la dictature, elle pourrait se refermer rapidement, avec la prise en main du pays par une équipe de haut-gradés sans aucun scrupule. Ils poursuivront sans état d’âme, l’oeuvre de destruction du pays, de son économie et de sa société civile, qui a été conduite par Hassan Gouled puis amplifiée par Guelleh, ancien petit flic….

Au travail, le succès sera à ce prix !!

Jean-Loup Schaal
Président de l’ARDHD