29/12/14 (Brève 443) Un lecteur nous signale qu’Idriss Arnaoud, le Président de l’AN a été hospitalisé hier dans un état grave. Il serait plongé dans le coma.

Depuis ce week end, le président de l’Assemblée nationale Idriss Arnaoud est dans le coma à l’hopital militaire français Bouffard. (Info lecteur)

Monsieur Arnaoud se trouve dans la section des soins intensifs sous  assistance respiratoire et aucune visite n(est autorisée.

27/12/14 (Brève 442) Nouvelle alerte rouge pour le Gendarme Ahmed Abdallah, qui a été licencié sans préavis ni motif sérieux de la Gendarmerie et qui est maintenant harcelé par les forces au service de la dictature après avoir été emprisonné et torturé. (Avec les informations d’Omar Gabasse)

On se souviendra que le Gendarme Ahmed Abdallah Kamil avait été « kidnappé » le 25 juillet 2014, par les autorités érythréennes, alors qu’il effectuait une mission d’inspection aux côtés des militaires de la force d’interposition du Qatar, en charge de respecter le cessez-le-feu entre Djibouti et l’Ethiopie. Lien

Les autorités djiboutiennes avaient émis de vives protestations exigeant sa libération sans condition. Le 15 septembre 2014, l’Erythrée l’a finalement libéré et il est rentré à Djibouti où il s’attendait à un accueil chaleureux.

Eh bien, non, contrairement à toute attente, c’est un séjour à Gabode qui l’attendait, avec des tortures à la clef. Mais pour quelles raisons ? Aurait-il pu avoir connaissance en Erythrée de situations ou d’informations dérangeantes pour le régime de Guelleh. Aurait-il pu rencontrer des militaires djiboutiens toujours détenus dans ce pays. Toutes les hypothèses mériteraient d’être approfondies.

Finalement, après une campagne d’alerte lancée par Omar Gabasse et l’ARDHD, Djibouti l’avait libéré le 26 octobre 2014. Nous pouvions espérer qu’il retrouverait son corps d’origine et que l’affaire s’arrêterait là. (lien).

Eh bien NON !!
Nous apprenons qu’il a été licencié sans préavis, sans indemnité et surtout sans motif sérieux et véritable. Et qu’en plus, il est la victime d’un harcèlement judiciaire, puisqu’il doit pointer à l’arrondissement chaque mardi.

Nous lançons un appel pour que cesse le calvaire de ce jeune gendarme, très affaibli par sa captivité en Erythrée, puis à Gabode avec torture en prime et maintenant un contrôle judiciaire, sans qu’aucun motif ne lui ait été signifié.

27/12/14 (Brève 441) Massacre d’Arhiba – Un lecteur nous adresse le témoignage d’un médecin français (1°) qui était présent lors du massacre. Il joint une liste des victimes (2°)et la référence à des vidéos disponibles sur Youtube (3°).

1°) Concerne : Massacre d’ARHIBA du 18 décembre 1991

Vous trouverez ci dessous le témoignage d’un médecin français : Dr F… de C… (Médecin-Chef).

 » Le quartier est bouclé, les forces de l’ordre ont brûlé des cartes d’identité. La tension a monté. Un gendarme a été poignardé par un afar juste après la fusillade. 2 policiers afars qui essayaient de prendre la défense des habitants d’Arhiba ont été tués par balle par leurs propres collègues. A ce moment là, c’est la fusillade et les exécutions sommaires. C’est le carnage, les forces de l’ordre tirent sur tout ce qui n’a pas d’uniforme.

J’ai été très impressionne à l’hôpital Peltier par la foule de bléssés qui affluaient. Il faut imaginer un grand couloir avec de chaque côte une enfilade de brancards avec dessus des gens, tous. blessés par balles, tous afars, tous civils.

Au bas mot, une quarantaine de morts. 26 ont été entérrés dans les cimetières hors de la ville plus une quinzaine dans la ville puisque les gens n’avaient pas le droit (le sortir pour enterrer leurs morts ailleurs. La majorité des victimes était des hommes jeunes également des lemmes et des enfants mais aussi un vieil homme dont le crâne a été défoncé à coups de crosse et qui en est mort. J’ai vu un enfant de moins de 5 ans avec un poignet éclaté par balle.

Il semble certain qu’une intervention musclée des forces de l’ordre sur quartier afar était prévue à titre de vengeance et de représailles depuis la veille au soir à cause d’une sévère défaite militaire, dans la zone nord de Tadjourah où l’armée aurai eue 3oo morts ou disparus. A Tadjourah, l’armée nationale a subi de lourdes pertes et de lourdes défaites.

A Obock, c’est une ville morte, occupée par les forces de I ‘ordre et encerclée par les rebelles et la population civile est avec les rebelles en brousse. Leur souci est un souci d’alimentation et de soutien sanitaire. On comprend bien qu’ils ont la possibilité de se ravitailler par l’Ethiopie ou par le Yémen mais pour cela il faut de l’argent et les fonctionnaires ont des difficultés pour récupérer de l’argent sauf ceux qui sont à Djibouti.

Le pays est coupé en deux. Les gens d’Obock s’ils veulent venir à Djibouti doivent passer par l’Ethiopie, c’est à dire:’ qu’ils font un tour gigantesque pour contourner le pays.

On ne peut plus passer par la mer puisque l’armée contrôle les sorties. D’ailleurs les pêcheurs d’Obock qui s’étaient réfugiés à Djibouti se sont vu confisquer leurs boutres.

L’inquiétude majeure des djiboutiens est que Djibouti devienne comme Mogadiscio. Les tracts dans le sens de la guerre civile distribués à Djibouti n’ont pas trouvé une oreille à haut niveau On craignait que les quartiers Issas déferlent Djibouti sur les quartiers afar. Mais en réalité jusqu’à présent ce ne sont que les forces de l’ordre qui arrivent sur les quartiers afar. La majorité des djiboutiens voudrait préserver leur pays. La situation ethnique est plutôt calme au regard de la gravité des événements. »

Docteur F… de C…

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2°) A noter qu’il nous est très difficile d’avoir la liste complète et nominative de toutes les victimes. Nous publions cette liste, mais vous pouvez aussi consulter celle qui avait été publiée le 16 décembre 2011 à l’initiative d’Omar Gabassé : lien

BILAN DU MASSACRE D’ARHIBA 18 décembre 1991

33 corps abandonnés sur le terrain vague, 7 personnes décédées à l’hôpital Peltier le lendemain des suites de leurs blessures, 7 corps retrouvés le 19 en mer à marée basse, 12 corps que les forces de l’ordre ont emportés, Soit un total de 59 morts dont 47 ont été enterrés.

LISTE DES PERSONNES TUÉES LORS DU MASSACRE D’ARHIBA

Cas de disparition forcée le 18-12-1991 :
1. HAMAD IBRAHIM SAID
2. YASSO KATHE ALI
3. ALI IBRAHIM MOURRA
4. NIBALLEH ADEN MOHAMED
5. DAOUD MOHAMED ALT
6. ABDALLAH HANAD OMAR
7. SAID HAMADOU GAAS

Corps découverts sur place :
1. ALI ADAM AHMED
2. AHMED MOUMINE BAGUILA
3. HABILE MOUMINE BAGUÏLA
4. GANIBO IBRAHIM YASSO
5. ALI MOHAMED WEO
6. ADAM DIHIBO MOUSSA
7. MOHAMED ALI OMAR
8. ALI ALELOU ASSOWE
9. BERO DAOUD ANGADE
1O.OMAR MOHANED KABADE
11.ABDALLAH YAYO IBRAHTM
12.HASSAN ALI ABOUBAKER
13.MALIK ALI MAHAMED
14.HASSAN ABDOU ABOUBAKER
15.ALI ABDALLAH GOURATE
16.SABOLI ABDALLAH GAAS
17.ALI KABIR MANDEITOU
18.NOUMANE MOHAMED ABDALLAH
19.ALI SATD MOHAMED
20.MAHAMED MOUSSA WAAYE
21.ALI HOUSSEIN HARSSOU
22.ALI CHEIKO HAMAS
23.ADAM CHEIKO HAMAD
24.MOHAMED ALI HOUSSEIN
25.HASSAN FILADERO HASSAN
26.IDRISS LALE ALI
27.MOHAMED OSMAN IBRO
28.OSMAN MOHANED IBRO
29.SAADA AHMED
3O.ALI ARERO ALI
31.MISERA BOUCHRA CHOUMA
32.SALIHA MOHAMED ALT
33.ALI ADAM ALI

Personnes retrouvées mortes à la marée basse :
34.HOUSSEIN IBRAHIM MOHAMED
35.KILO YASSIN ALI
36.MAHAMEISSE DINBIHISSE ALI
37.ALI HAMAD DOULA
38.HERE ALI YASSO
39,FOSSEYA MOHAMED OSMAN
40.HASNA SAID MOHAMED

Personnes retrouvées mortes à l’hôpital Peltier :
41 OSMAN YOUSSOUF
42.HAMADOU GOHAR HAMADOU
43 ABDOULKADER MOHAMED ISSA
44.ARISSO ONDE ARISSO
45.MOHAMED MOUSSA MOHAMED
46.MOHANED ALI AHMED
47.GOHAR HAMADOU GOHAR

3°) ____________ Video
DJIBOUTI – PART 1 – VIDÉO – MASSACRE DU 18 DÉCEMBRE 1991 A ARHIBA. https://www.youtube.com/watch?v=-hXqxZu89n0

DJIBOUTI – PART 2 – VIDÉO – MASSACRE DU 18 DÉCEMBRE 1991 A ARHIBA. https://www.youtube.com/watch?v=xbHVel60zwc

DJIBOUTI – PART 3 – VIDÉO – MASSACRE DU 18 DÉCEMBRE 1991 A ARHIBA. https://www.youtube.com/watch?v=wbVM93R6j14

15/12/14 (Brève 440) ADD : appel à manifester le 18 décembre devant l’Ambassade de Djibouti à Paris pour commémorer le massacre d’Arhiba

Association pour la Démocratie et le Développement – A.D.D.-
Add-Djibouti@hotmail.fr

Commémoration du massacre du 18 décembre 1991

Mercredi 18 décembre 1991, restera à jamais gravé dans la mémoire de la République de Djibouti dont les représentants en uniforme de l’Etat (armée djiboutienne,  F.N.P, Gendarmerie et Marine) ont mené une opération militaire contre les civils du quartier d’Arhiba (habité par des Afars), les exclus du champ de l’Etat, en représailles à une défaite des troupes gouvernementales dans le Nord du pays face au Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie (F.R.U.D). Bilan connu : 59 morts, 88 blessés.

Il s’agit d’une décision politique délibérée et assumée par les plus hautes autorités de l’Etat. Depuis 23 ans, non seulement  ce crime d’Etat qui a toutes les caractéristique d’un crime de guerre reste impuni, mais il n’y a  eu même pas un début de reconnaissance.

Cette année encore, cette commémoration se déroule dans un contexte marqué par l’escalade de la répression contre des civils, des démocrates, des jeunes manifestants, des familles des membres du FRUD et des viols des femmes par l’Armée à Obock et à Syaru

Aussi nous réclamons :

  • L’ouverture d’une enquête internationale sur le massacre d’Arhiba ;
  • Libération des prisonniers politiques, notamment de Mohamed Ahmed dit Jabha ;
  • Reconnaissance officielle de massacre d’Arhiba et de tous les autres crimes commis par l’Etat Djiboutien

Et nous dénonçons :

  • Les violations permanentes des droits humains ;
  • Les viols des femmes par l’armée, les arrestations arbitraires et les tortures systématiques infligées aux personnes arrêtées

L’Association pour la Démocratie et le Développement vous convie :
A la mémoire des victimes du 18 décembre 1991, à participer au rassemblement qui aura lieu  
Jeudi 18 décembre 2014 de 16h30 à 18h30 devant l’Ambassade
De la République de Djibouti en France