27/01/2015 (Brève 448) Texte intégral de l’accord-cadre signé entre l’USN et le Gouvernement à Djibouti le 30 décembre 2014

Il n’appartient pas à l’ARDHD de commenter cet accord ni de donner un avis à son propos, tant sur les espoirs qu’il peut susciter que sur les risques en cas de non-application ou d’application partielle.

Ce que nous savons, c’est que le régime dictatorial de Guelleh n’a jamais appliqué aucun des accords passés avec l’opposition dans le passé. Il reste à espérer que le dicton « jamais deux sans trois » soit contredit cette fois.Nous devrions disposer d’éléments concrets dans les prochaines semaines et en particulier lors de la communication qui a été annoncée par l’USN pour la mi-février.

Guelleh et ses obligés sont rusés. S’ils ont signé un accord avec l’opposition, c’est qu’ils avaient intérêt à le faire (pression internationale, pression populaire,… ?). S’ils le respectent, c’est aussi parce qu’ils auraient intérêt à le faire. S’ils ne le respectent pas, c’est que leurs intérêts personnels, comme toujours, leur commandent de passer outre …. au risque de soulever des manifestations populaires d’envergure, comme cela a été annoncé par les orateurs de l’USN le 24 janvier 2015 à Paris

TEXTE INTEGRAL – Pour ceux qui n’ont pas lu le texte intégral, nous le mettons à leur disposition en cliquant sur ce lient (PdF)

26/01/2015 (Brève 447) Mise en ligne de l’intégralité des interventions enregistrées en Vidéo, durant la conférence de Presse de l’USN, le 24 janvier 2015 à Paris

Lien pour les consulter : http://www.ardhd.org/p0124_conf_presse_usn_paris_jan15/p0124-conf-presse-usn-paris.html

25/01/2015 (Brève 446) Ce samedi 24 janvier : conférence de presse de l’USN à Paris pour expliquer le contenu de l’accord-cadre du 30 décembre, les espoirs qu’il suscite, mais aussi les risques et les enjeux pour l’opposition (Ce lundi, les vidéos intégrales des interventions seront disponibles)

A la tribune de gauche à droite : Isabelle Hirayama, représentant le comité de soutien de Paris de l’USN, dont la présidente Zarah Guedi n’avait pu venir, Hachim Loïta Ahmed, représentant de l’UDJ, Maki Houmedgaba, représentant de l’USN pour la France et de l’ARD pour l’Europe et Makaila N’Guebla, journaliste tchadien, en charge de la modération. Ils ont été rejoints ensuite par Elmi Diraneh, représentant le RADD en France.

L’équipe de l’ARDHD avait été invitée à assister à la conférence de presse organisée par l’USN à Paris le 24 janvier, à propos de l’accord-cadre signé le 30 décembre 2014 entre le premier Ministre djiboutien Abdoulkader Kamil Mohamed et le Président de l’USN Ahmed Youssouf Houmed.

Après un bref rappel de la situation à Djibouti, Maki Houmedgaba a présenté les grandes lignes de l’accord-cadre.

En simplifiant à l’extrême, cet accord contient trois types de disposition :

  • Dispositions applicables dès la signature, en particulier :
    • Libération des trois religieux,
    • Rétablissement dans tous leurs droits, des personnes injustement spoliées,
    • Intégration des huit députés de l’opposition au sein de l’Assemblée nationale avec paiement rétroactif de leurs indemnités,
    • Engagement des deux parties à veiller sur l’exercice de l’ordre constitutionnel
    • Réformes démocratiques et institutionnelles immédiates (sans détail)
  • Dispositions à discuter entre un nombre équivalent de représentant de la majorité présidentielle et de l’opposition, dans un délai de quelques semaines, en particulier :
    • Création d’une CENI indépendante,
    • Statut de l’opposition
  • Réformes à mettre en oeuvre dans un délai raisonnable, par exemple :
    • Réforme de la Loi sur la communication de 1992,
    • Renforcement de la décentralisation,
    • Garantie du respect des Droits de l’Homme,
    • Conditions de l’octroi de la nationalité.

Parmi les points qui ont été évoqués par les orateurs et ceux qui ont été soulevés par les personnalités présentes :

1°) Le contexte actuel.
Les orateurs ont beaucoup insisité sur le fait que cette démarche de négociation avec le pouvoir, avait permis de retrouver un climat apaisé et de diminuer les tensions. Isabelle Hirayama a insisté sur la nécessité de :
– permettre aux dirigeants actuels de ne pas perdre la face,
– de promouvoir l’unité nationale à tous les niveaux : patis d’opposition et surtout la population, qui est garante du respect des accords en vue de faire progresser l’évolution démocratique.

2° Les enjeux et l’espoir.
Pour tous les orateurs, la signature de cet accord représente une avancée et permet d’entrevoir une ouverture démocratique progressive. Ils estiment que tous les djiboutiens doivent soutenir cette étape

3°) Les risques
Par le passé, le régime n’a jamais respecté les accords passés avec l’opposition. Il y a donc un risque non négligeable qu’il ne respecte pas ceux-ci. Pour cela, l’opposition doit pouvoir compter sur des moyens de résistance, qui sont de deux ordres :
– le retrait des députés de l’opposition de l’Assemblée nationale et l’alerte des puissances occidentales,
– la pression populaire dans la rue.

4°) L’avenir
Comme l’a souligné Alex, le chemin sera long. Pour lui, hors les difficultés avec le régime, il est nécessaire que l’opposition travaille sur son programme et qu’elle se choisisse le plus rapidement possible, un candidat unique qui la représentera et qui briguera l’investiture en 2016

Maki Houmedgaba a souligné qu’il y avait eu des légers retards dans l’application des mesures décidées. L’USN communiquera vers le 15 février sur l’état d’avancement des négociations

Hachim Loita a souligné le fait, que dans l’état actuel de la Consitution amendée avant la dernière élection présidentielle, IOG était légitime à se représenter en 2016, avec le soutien de sa famille, de son clan et de ses obligés qui ont tout intérêt à ce qu’il continue à assurer la Présidence.

18/01/2015 (Brève 445) Les mésaventures d’un citoyen djiboutien, résidant en Europe du Nord, quand il revient dans son pays …. (Copie de la lettre ouverte et signée qu’il adresse au Président djiboutien et à un certains nombres d’autorités)

IBRAHIM DJAMA

à M. Ismail Omar Guelleh
Président de la République de Djibouti
Box. 6
DJIBOUTI
REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

Monsieur le Président, Excellence,

Je suis arrivé à Djibouti le 19 décembre 2014 pour effectuer un séjour au pays et pour solliciter le renouvellement de ma carte d’identité nationale.

Mon retour en Europe était prévu le 9 janvier 2015.

À chacun de mes séjours, en novembre ou en décembre, j’ai commencé toujours à faire de longues promenades à pied, quittant mon hôtel vers 8 h 00 du matin pour me rendre compte des changements dans l´environnement de la ville.

Il arrive que je parcoure parfois 50 km à pied dans une journée. Lorsque je me sens un peu fatigué, je rentre au Tribunal de Djibouti pour assister aux audiences publiques. Pour me reposer et se faire une idée en comparant le fonctionnement de la justice de Djibouti et celle du pays Européen qui m’a accueilli.

Le 23 décembre 2014 à 11h00 (heure locale), je me suis présenté au Palais de Justice de Djibouti. Le gendarme Sergent-Chef Kadiyeh me refusa l’entrée et je me suis arrêtée à 50 mètres de lui espérant rencontrer une personne de ma connaissance qui me faciliterait l’accès à la Salle d’audience publique.

N’ayant pas eu la chance de rencontrer une personne de ma connaissance, au bout d’une heure, je me suis décidé à poursuivre ma longue marche en me dirigeant vers mon hôtel ”Avenue 13”.

Le 24 décembre 2014 vers 12 h 00, je me suis de nouveau présenté à l’entrée du Palais de Justice toujours dans le but, d’assister aux audiences publiques de la journée. De nouveau, le Sergent-Chef Kadiyeh, de la Gendarmerie me refusa l’accès et je me suis posté à 50 mètres avec le même espoir : celui de rencontrer une personne qui qui me reconnaitrait et qui me faciliterait l’accès au tribunal, mais sans succès ce jour-là aussi.

Le 25 décembre 2014 à 11 h 00 je passais devant le Tribunal, mais sans intention d’en solliciter l’accès. Juste uniquement pour marcher à pied jusqu’à l´hôpital Peltier. Le sergent-chef Kadiyeh m´arrêta sans raison cette fois ci et m’accusant
d’être un terroriste potentiel, il me signifia mon arrestation.

Il appela une voiture de gendarmerie et me jeta à l’intérieur.

En chemin il me demanda mon appartenance tribale et je lui ai répondu que j’étais de l’ethnie ISSA.

Il affirma que je mentais et pour vérifier, il me demanda de préciser mon sous-clan. Je lui répondis Issa Fourlaba

Aussitôt dit Fourlaba, il en déduisit que j’étais un terroriste potentiel.

Dans le procès-verbal établi par les Services de la Gendarmerie de la Brigade du

nord, il est noté ses affirmations :

”Cet individu stationne devant le tribunal depuis plus de 30 jours et nous avons peur de lui.

Le service de la Gendarmerie me plaça aussitôt en garde à vue, dans une cellule qui ressemble à un cul de basse-fosse où je suis resté de 11 h 00 jusqu’à 19 h 00.

A 19 h 00 l´Adjudant Hassan Osman me fit sortir de mon isolement pour me poser des questions.
– Ton nom ? Ibrahim Djama
– date de naissance ? XX/XX/XX à Djibouti.
– Vous dites né á Djibouti ? – Bien sûr : je suis né à Djibouti et je suis djiboutien comme vous
– quelle tribu ? Issa fourlaba _ reer-Nour.
– Raconte-moi ton parcours à Djibouti ? J´ai raconté mon parcours à Djibouti et mon départ du pays en 1987.
– L´adjudant Hassan me demanda ensuite de donner des noms de collègues de ma classe de 81 à Holl Holl pour vérifier si j’avais bien servi dans l’Armée. – je me souvenais de deux noms : ceux du Chef de Corps de la Gendarmerie le Colonel Mohamed Abdi Douksiye et du Commandant de la Garde présidentielle Ali Iftin actuellement refugié à Bruxelles.

Ces deux officiers faisaient partie de la Gendarmerie alorsque j’ai été incorporé dans l´Armée nationale. Dans mon affectation nous étions 5 gendarmes et 10 militaires de l’AND.

Après ces réponses, l’Adjudant Hassan Osman fut étonné des charges relevées contre moi il me confirma que j’étais un citoyen djiboutien avec un casier judiciaire vierge.

Il poursuivit en rapportant que le Sergent-Chef kadiyeh avait affirmé que j’étais présent tous les jours depuis un mois devant le Tribunal et il m’en demanda la raison.

Je lui ai répondu ceci:

Je suis arrivé à Djibouti le 21 décembre et c´est mon quatrième jour à Djibouti. Si M. Kadiye vous a dit que je stationne devant le Tribunal depuis plus d´un mois ce ne peut être qu’une erreur.

-Avez-vous des pièces justificatives prouvant que vous êtes arrivé à Djibouti le 21 décembre ? Bien sûr parmi les pièces saisies dans mes poches on trouver la réservation et ma carte d´embarquement. De plus, si vous m´accompagnez à mon hôtel je vous montrerai le cachet d’entrée sur le territoire qui est sur mon passeport.

L´adjudant Hassan Houssein est allé chercher les preuves et il me confirma qu’il ne me considérait pas comme un terroriste. Il ajouta que mon dossier était désormais sur les bureaux du Lt Youssouf Ahmed et du Colonel Zakaria Hassan Aden.

Il ajouta que la seule chose qu’il pouvait faire pour me venir en aide, était de restituer mon téléphone portable pour pouvoir communiquer avec mes proches et solliciter qu’ils m’apportent un repas.

Aussitôt mon portable récupéré, j’ai appelé un ami officier, qui a contacté le Lt Youssouf Ahmed surpris qu’on lui disait qu’Ibrahim Djama était suspecté d´acte de terrorisme…. !.

C’est lui qui est venu en personne 10 minutes plus tard pour me libérer et me raccompagner à mon hôtel.

Monsieur le Président de la République, il ne fait nul doute, que si je n’avais pas téléphoné à un ami officier, j’aurais dû moisir dans les cellules de la Brigade Nord voir y mourir puisque j’étais considéré comme un terroriste en puissance, même s’il n’y avait aucune preuve contre moi.

Le fait que le pays soit en état d’alerte maximum n’est pas une excuse suffisant pour ignorer les Droits de l’Homme et pour accuser de terrorisme un citoyen qui n’a commis aucun acte contraire à la LOI.

Le 10 décembre 2014, pour la journée des Droits de l’Homme, je vous rappelle que vous aviez affirmé dans votre discours à l’hôtel Kempisky que » la République de Djibouti respectait les Droits de l’Homme « 

Monsieur le Président de la République, j’ai eu la chance d’avoir un ami officier qui n’est pas Fourlaba et qui est intervenu pour ma libération. Mais qu’en est-il pour les Djiboutiens qui n’ont pas les relations nécessaire quand ils sont confrontés à la même situation?

Sont-ils condamnés à pourrir dans les cellules de la Gendarmerie voire à y mourir sans assistance ?

Je me demande qui est terroriste : celui qui ne connait pas la définition du mot ”terrorisme” et qui bafoue les règles de la République et celle de son serment en considérant que toute la tribu Fourlaba est composée de terroristes en puissance ou un simple citoyen en visite dans son pays.

Au lieu de protéger la Constitution et la population, certains sous-officiers et/ou officiers la piétinent. Et pourquoi, ce ne seraient pas eux qui commettent des actes de terrorisme à l’encontre de citoyens sans défense ?

Combiens de Djiboutiens sont tombés sous les abus d’autorité manifestes de ce Sergent-Chef de la Gendarmerie ?

Combiens de Djiboutiens sont devenus des opposants après avoir été maltraités par ce Sergent-Chef ?

Combiens de djiboutiens ont quitté Djibouti pour la simple raisons qu´ils sont étés
mal traitées par des gens comme le sergent-chef Kadiye.

Aujourd´hui c´est moi qui ai subi les abus manifestes du Sergent-Chef Kadiyeh : qui sera le prochain ?

Monsieur le Président de la République si, aujourd’hui, je prends ma plume pour vous adresser cette lettre c’est parce qu’il existe des milliers de Djiboutiens qui ont subi les mêmes situations d’injustice.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Président de la République, Excellence, l’assurance de ma plus haute considération

Destinataires pour information
1- Premier ministre
2- Ministre de la Defense
3- Chef de service de securité (SDS)
4- Chef d´etat major de la Gendarmerie

01/01/2015 (Brève 444) 1/01/2015 Bonne année à toutes et à tous

En ce premier jour de 2015, l’équipe de l’ARDHD adresse ses meilleurs voeux à tous les internautes et en particulier à tous les Djiboutiens.

Elle a une pensée spéciale pour toutes les Djiboutiennes et les Djiboutiens qui souffrent au pays et surtout ceux qui ont du se réfugier en Ethiopie, pour fuir le régime dictatorial et féroce de Guelleh. Elle espère que le UNHCR reconnaîtra enfin leur statut de réfugié et leur droit à être proposé à la réinstallation dans des pays d’accueil.

Enfin, même si elle a un sentiment très réservé, elle espère que les accords signés récemment à Djibouti puissent permettre une évolution de la situation démocratique : nous devrions pouvoir le vérifier dans les prochains mois.

Bonne année à toutes et à tous.