31/10/2015 (Brève 499) Au travers « d’indiscrétions » et de communiqués de presse, un informateur, qui nous transmet cette information, a appris l’ahurissante passation de marché gré à gré, pour la gestion de l’espace aérien de la république de Djibouti. (Info lecteur).

Dans un communiqué diffusé sur internet, la société Hadid International Aviation précise qu’« en raison de l’augmentation du nombre de vols au-dessus et à l’atterrissage dans le pays principalement en raison de la situation politique dans la région, Hadid International Services a été approché et désigné par l’Autorité de l’Aviation Civile de Djibouti pour gérer le contrôle de l’espace aérien ».

Hadid International Aviation Services, prestataire de service Émirati de navigation aérienne (PSNA), fondée par Baha Hadid en 1981, obtient (dans la plus grande discrétion) l’exclusivité du contrôle aérien, à savoir : le contrôle d’approche de(s) aérodrome(s) et aéroport(s) ; la délivrance des droits d’atterrissage ou de décollage ; la perception des redevances aéroportuaires ; ainsi que la gestion de l’espace aérien national (communication/navigation/surveillance/information aéronautique).

Généralement, l’exclusivité du contrôle aérien est confié, pour des raisons de sûreté et de souveraineté, à un service public ou à une entreprise appartenant à l’État.

Cette énième entorse aux procédures de passation des marchés publics survient dans le cadre de plusieurs scandales qui ont éclaboussé les autorités djiboutienne depuis son adhésion, en 1982, à l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI). Le 29 mars 2010, suite à un audit, l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), contacte dans un rapport « cinglant » : « l’absence à Djibouti de tout code juridique de l’aviation civile et le non-respect des critères et normes internationaux ».

30 ans après son adhésion à l’OACI, le 01 mars 2012 sera finalement promulguée : la Loi n°152/AN/11/6ème L portant Code de l’Aviation Civile.

Le 30 avril 2015, dans un article intitulé « Chaos in tower, danger in skies at base in Africa », le Washington Post, affirme que « l’espace aérien de Djibouti est devenu dangereux pour les pilotes de l’US Force » à cause de « contrôleurs aériens qui dorment sur leur lieu de travail ». Dans un communiqué en date du 05 mai 2015, dénonçant « les accusations mensongères d’une presse à sensation », le gouvernement djiboutien, quant à lui, affirme que « les contrôleurs aériens reçoivent des formations régulières à l’étranger dans des centres de formations agréés et les licences qui leurs délivrées sont en conformité avec la réglementation de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) ». la sous-traitance des missions de l’État par des organisations non-gouvernementales ;

  • la partialité de l’administration publique à l’égard de certains contrôleurs (tribalisme) ;
  • l’absence de promotion par le mérite ;
  • l’impunité ;
  • la politisation des emplois ;
  • la gestion non orthodoxe des finances publiques ;
  • la corruption ;
  • la violation délibérée des instruments juridiques nationaux et internationaux (Convention de Chicago) ;
  • l’incivisme ;

tous réunis sous le vocable de mal gouvernance et auxquels on pourrait rajouter bien d’autres, qui font le lit à un État failli, sont malheureusement à l’origine du mal être de l’aviation civile djiboutienne.

Il ne suffit pas de se doter d’une Autorité de l’Aviation Civile (Loi n°108/AN/10/6ème | Décret n°2015-272/PR/MET) pour que celle-ci fonctionne.

Il faudrait non seulement des dirigeants, mais surtout des dirigeants agissant selon les principes d’organisation et de fonctionnement de l’État. Il apparaît tout à fait clairement à la lecture du communiqué de Hadi, malgré l’« attitude » de façade, exhibée aux yeux de la Communauté Nationale, les autorités djiboutiennes tentent de satisfaire la presse américaine.

En tentant ainsi de décapiter le métier de « contrôleur aérien », le régime actuellement en place à Djibouti, nous démontre sa fragilité d’« État défaillant », incapable d’assurer sa mission essentielle de développement économique et social de formation; de garant de la sécurité; de la surveillance de l’espace aérien.

A cette fin, toujours égal à lui-même, dans le seul but d’étouffer toute contestation syndicale ou associative qui naîtrait de l’application de cet accord, le 20 octobre 2015, le régime dictatorial interdit à l’Association Professionnelle des Contrôleurs de la Circulation Aérienne (APCCAD), de célèbrer la Journée Mondiale du Contrôleur Aérien.

30/10/2015 (Breve 497) Dans un communiqué, l’AJDD (Association des jeunes démocrates djiboutiens) confirme son soutien à la manifestation du 31 ocotbre à Bruxelles

Bruxelles, le 29 octobre 2015

L’
AJDD soutient la manifestation du 31 Octobre à Bruxelles contre la répression à Djibouti

L’AJDD est solidaire de toutes ces personnes arrêtées et torturées à cause de leurs liens de parenté avec les membres du FRUD
Tant qu’Ismail Omar Guelleh va rester à la tête de l’État, les arrestations arbitraires, les tortures systématiques des personnes arrêtées, les viols des Femmes dans le Nord et le Sud ouest du pays, les exécutions extra-judiciaires, ne vont pas cesser pour la simple raison, qu’il est le donneur d’ordre et que les coupables sont protégés par les hautes sphères de l’État.

L’AJDD est solidaire du plus ancien prisonnier politique Mohamed Ahmed dit Jabha qui est détenu dans des conditions scandaleuses alors même qu’il est gravement malade, à cause des tortures sauvages qu’il a reçues.
L’AJDD est solidaire de ces femmes arrếtées et torturées par des gendarmes et en particulier par le chef de Brigade Mohamed Abdourahman Askar, parce qu’elles sont des mères, des épouses ou des sœurs des combattants du FRUD.
L’AJDD est solidaire des jeunes de l’USN arrêtés et torturés à Ali Sabieh et à Dikhil. (…)

Pour L’AJDD de Belgique :
Abdallah Aden

Barkat Mohamed Ahmed

Kadiga Daoud

ajdd-djibouti@hotmail.fr

30/10/2015 (Brève 498) Nouvelle nomination dans l’Ordre prestigieux des Bourreaux de la République de Djibouti : Mohamed Abdourham Askar le chef de la brigade de la gendarmerie de Tadjourah.

Se référant à plusieurs sources concordantes (témoins et victimes), un lecteur de Tadjourah nous a soumis en la recommandant chaudement, la candidature de Mohamed Abdourham Askar le chef de la brigade de la gendarmerie de Tadjourah.

Mohamed Abdourham Askar
Dites-le avec des fleurs !!!!

Qu’en pensent ses victimes ???
Après une analyse minutieuse et une étude approfondie de son dossier de candidature, le comité de cooptation a décidé d’accueillir favorablement l’intégration au grade de Chevalier de Mohamed Abdourham Askar dans l’ordre prestigieux et immortel des bourreaux de la République.

L’équipe de l’ARDHD tient à la féliciter officiellement.

Nul doute que la Présidence et IOG, son chef tyrannique sauront, mieux que nous, compléter cet hommage flatteur et apprécier, avec l’expertise des connaisseurs, ses talents reconnus dans l’application des tortures les plus raffinées sur des victimes civiles, innocentes et sans défense.

Selon nos informateurs, Mohamed Abdourham Askar aurait sauvagement torturé, en particulier, Ouma Deberkaleh, Omar Abdoulkader Daoud mais aussi beaucoup d’autres lors des arrestations du 3 octobre de cette année.

Arrogant, imbus de son grade et de son pouvoir, notre nouveau nominé ne cacherait jamais le soutien direct qu’il reçoit de la Présidence de la République. Sûr de son fait et d’une impunité totale, garantie par Guelleh, il continuerait à semer la terreur à Tadjourah et dans sa région : arrestations arbitraires, tortures. Même si des crimes de viol ne sont pas évoqués explicitement, de forts soupçons pèseraient sur lui aussi à ce propos.

En bref, le comité de cooptation de l’Ordre prestigieux de la République ne pouvait pas passer à côté d’un cas aussi intéressant et emblématique de l’acharnement criminel du régime contre les populations civiles. Avec cette nomination, il reconnait son talent, héritage fructueux d’une tradition hautement reconnue dans le pays. Désormais, notre impétrant pourra sièger aux côtés de ses pairs, dont (pour ne citer qu’eux) le commandant Omar Hassan Mattan, le p’tit Zakaria (Colonel Hassan Zakaria), le Colonel Ladieh (décédé) et sans oublier l’un des farouches artisans et défenseur de la torture, le Grand Hassan Saïd Madobeh.

Le comité complétera le dossier de ce brave patriote, pour le transmettre, le jour venu à un tribunal pénal, qui lui demandera certainement des explications, voire des comptes.

En attendant son nom sera ajouté à la liste « éternel » des personnalités, membres de l’Ordre des Bourreaux de la République

Ordre des Bourreaux

29/10/2015 (Brève 496) (HCH24) Djibouti : Le dictateur Guelleh de Djibouti et sa famille poursuivent les trafics d’armes sur la Mer Rouge et l’Océan indien.

Extrait du site HCH24 – lien : http://www.hch24.com/actualites/10/2015/djibouti-le-dictateur-guelleh-de-djibouti-et-sa-famille-poursuivent-les-trafics-darmes-sur-la-mer-rouge-et-locean-indien/

Mafia familiale à DjiboutiDécidément, la famille du dictateur Guelleh se croit tout permis. Elle se donne tous les droits, compris celui de faire commerce illégal d’armes. Ce trafic implique, en effet, quatre des frères du dictateur Ismaël Omar Guelleh. Il s’agit du directeur du port de Djibouti, Saad Omar Guelleh, et de trois transitaires qui sont Saïd, Saleh et Youssouf Omar Guelleh, ces deux derniers étant par ailleurs cadres respectivement à l’ONEAD et à l’IGAD (Intergouvernemental Autorité for Développent).

Samedi 20 octobre 2012, la police a pris l’un de ces frères, Saleh Omar Guelleh, en flagrant délit de transbordement d’armes dans une embarcation. Saisie a été immédiatement opérée. Aussitôt, les trois autres frères et complices de Saleh sont intervenus, et la bande a obligé le chef policier à recharger les armes à bord de l’embarcation, laquelle a pu tranquillement repartir. Vers quelle destination ? Mystère.

En août 2010, déjà, des armes ont été saisies à Djibouti et l’enquête a pu vite remonter aux frères du dictateur Guelleh. Mais l’affaire a été rapidement étouffée. Plus près de nous, le 28 août 2012, une cargaison de 22.272 armes à destination de Djibouti, a été saisie par la Garde civile espagnole au Port d’Algésiras. Là aussi, difficile de ne pas supposer quelque lien avec le dictateur et ses trafiquants de frères.

29/10/2015 (Brève 495) Dans un communiqué signé par son Président, l’amicale panafricaine apporte son soutien à l’appel de la diaspora djiboutienne à la manifestation du samedi 31/10 à Bruxelles

L’Amicale Panafricaine, apporte son soutien à la lutte légitime de ses frères et sœurs du FRUD, des partis d’opposition et du peuple djiboutien et particulièrement les proches parents des membres et dirigeants principalement d’origine Afar victimes des incarcérations illégales, des tortures.

L’Amicale Panafricaine dénonce et condamne avec la plus grande fermeté les agissements criminels du gouvernement djiboutien et de leur soutien.
Fait à Paris le 28 octobre 2015

Pour l’Amicale Panafricaine

Le Président
ZANG-NEZOUNE Mahamat

29/10/2015 (Brève 494) MediaPart / Tandis que la prochaine élection présidentielle à Djibouti doit avoir lieu en 2016, les partis d’opposition peinent à faire entendre leur voix.

Plusieurs mois après avoir évoqué leur sort sur ce blog, force est de constater qu’ils continuent d’être étouffés par le pouvoir sans partage de l’actuel chef de l’Etat, Ismaël Omar Guelleh. 

A Djibouti, il se pourrait bien que le scrutin présidentiel de 2016 tourne à la mascarade. Tous les éléments sont réunis : un chef de l’Etat, Ismaël Omar Guelleh (IOG), qui rechigne à céder son trône présidentiel – et ce malgré plusieurs annonces en ce sens – au prix de retouches constitutionnelles à répétition ; une opposition qui, en dépit d’un accord-cadre signé en décembre 2014 avec la majorité présidentielle, ne parvient toujours pas à exister démocratiquement ; une crise politique désormais bien établie, la situation interne de cet Etat de la Corne de l’Afrique risquant à présent de le faire exploser, selon le président de la Ligue djiboutienne des droits de l’homme (LDDH), Omar Ali Ewado.

« Pas d’élection présidentielle sans commission paritaire »
Dernier événement en date : le bombardement, au mois d’août dernier, par l’armée djiboutienne – fidèle au gouvernement d’IOG –, de certaines positions du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD) dans le nord du pays. Créé en 1991, lorsqu’éclate la guerre civile à Djibouti, le FRUD – qui signifie également Front pour la restauration de l’unité à Djibouti – rassemble des militants issus du Front de libération de Djibouti (FDLD), lui-même issu d’un regroupement entre deux petits mouvements en 1979 : l’Union nationale pour l’indépendance (UNI) et le Mouvement populaire de libération (MPL).

Opposé dès le départ au népotisme du président de la République d’alors, Hassan Gouled Aptidon – chef de l’Etat depuis l’indépendance acquise en 1977 –, le FRUD poursuit les actes de contestation, surtout dans le nord du pays, après l’élection d’IOG en 1999. Ce dernier, depuis, n’hésite pas à solliciter les forces armées djiboutiennes afin d’étouffer toute tentative de rébellion ou de dissidence politique.

En décembre 2014, un accord entre la majorité et l’opposition avait pourtant été trouvé. Le pays était alors secoué par une grave crise post-électorale à l’issue du scrutin législatif de février 2013, remporté par l’Union pour le salut national (USN) – regroupement des partis d’opposition – mais bafoué par le parti du président Guelleh. D’après le président de l’USN, Ahmed Youssouf : « Cette victoire traduisait le ras-le-bol de la population djiboutienne envers un régime qui n’a pas su répondre à ses attentes.

Malgré les moyens disproportionnés déployés, les intimidations, l’achat de conscience, le regroupement de l’opposition a largement devancé le pouvoir. » Après plus de vingt mois de tension et une USN obligée de revoir à la baisse ses victoires électorales, les parties signent l’accord tant espéré, qui n’aboutit cependant à rien. La commission paritaire en vue de l’élection présidentielle de l’année prochaine n’a toujours pas vu le jour, l’USN dénonçant la mauvaise volonté d’IOG dans l’affaire. Pour Ahmed Youssouf, la position est claire : « pas d’élection présidentielle en 2016 sans commission électorale paritaire indépendante ». 

« On essaie de sensibiliser la communauté internationale »
Pourtant, les revendications de l’opposition sont connues : « Les points essentiels sont largement énumérés. Il y a les questions immédiates, il y a les questions un peu longues : le changement dans les institutions, la décentralisation, les statuts des partis politiques… et la liberté de s’exprimer dans les médias nationaux…, chose dont nous sommes tous privés », alerte le président de l’USN. Djibouti est, en effet, non loin derrière l’Iran et la Chine, l’un des pays au monde où la liberté de la presse est la plus bafouée.

Quiconque souhaite s’élever contre le régime par le canal médiatique se voit automatiquement empêché – lorsqu’il n’est pas arrêté.

Le cas de Maydaneh Abdallah Okieh est de ce point de vue révélateur : journaliste et responsable technique du site d’informations La Voix de Djibouti – créé en 2010 par la diaspora –, ce dernier a été, au cours des deux années passées, régulièrement séquestré par les forces de police du pays. Son tort ?

Avoir voulu couvrir une réunion de l’USN en mai 2014 et été témoin de la violente répression, par la gendarmerie, des sympathisants présents au meeting. Selon Virginie Dangles, adjointe à la direction des programmes de Reporters sans frontières (RSF) : « Maydaneh Abdallah Okieh diffusait une information libre et indépendante qui dérange la dictature djiboutienne depuis longtemps. »

Plus récemment, ce n’est ni plus ni moins qu’un membre dirigeant de l’USN, Fayçal Mohamed Hadi, qui s’est vu arrêter pour ses opinions ; ancien secrétaire général de la Chambre de commerce de Djibouti, ce dernier a été révoqué illégalement avant d’être placé en détention par la SDS, sorte de police politique dévolue au président Guelleh.

Si l’élection présidentielle devait avoir lieu, comme prévu, en 2016, sans que rien ne bouge, les soupçons de corruption et de fraude électorales seraient, à coup sûr, immenses. La communauté internationale réagirait-elle pour autant ? Rien n’est moins sûr. C’est pourtant vers elle que se tourne l’opposition djiboutienne : «

On essaye de sensibiliser la communauté internationale sur l’impasse politique que connait notre pays », affirme ainsi Ahmed Youssouf. L’absence de réponse valable de sa part est pour l’instant le seul constat à tirer.

28/10/2015 (Brève 493) Les arrestations se multiplient à Djibouti. Appel à manifester le 31 octobre et communiqué (émis par la Diaspora djiboutienne en Belgique)

Appel à manifester

La diaspora Djiboutienne en Belgique
Manif Bruxelles
Photo : manifestation sept 2013

soutenue par l’ensemble des forces de l’opposition djiboutienne et des associations de la société civile, appelle à un rassemblement, le 31 octobre de 13H30 à 16h30 devant l’Ambassade de Djibouti en Belgique : Avenue Franklin Roosevelt, 204 1000 Bruxelles.

Pour protester :
– Contre les arrestations arbitraires des civils, accusés d’avoir un lien de parenté avec les membres ou les dirigeants du FRUD ;

– Contre les arrestations des mères de famille, des épouses et des sœurs des membres du FRUD ;

– Contre les tortures infligées par les gendarmes et les militaires aux personnes arrêtées ;

– Contre l’exécution extra-judiciaire de Mohamed Ali Haïssama, survenue le 23 août 2015 au lac Assal;

– Contre la criminalisation des actions politiques, les harcèlements et les arrestations des militants de l’USN;

Pour exiger:
– la libération immédiate de Mohamed Ahmed dit Jabha, très malade et détenu depuis mai 2010, dans des conditions inhumaines, après avoir été sauvagement torturé;

– la libération de toutes les autres personnes arrêtées arbitrairement;

– le jugement des responsables de la torture, des viols des femmes et des violations graves des droits de l’Homme.

Contact : diasporadjibbelgique@gmail.com
tel 0032 476 342 583 & 0032 499 880 397

26/10/2015 (Brève 492) STAR AFRICA (Djibouti) – Enquête des tribunaux britanniques relative aux allégations de corruption présidentielle.

Lien avec l’article : http://fr.starafrica.com/actualites/enquete-des-tribunaux-britanniques-relative-aux-allegations-de-corruption-presidentielle.html

LONDRES, October 25, 2015 /PRNewswire/

Les poursuites engagées par la République de Djibouti contre Abdourahman Boreh, ancien président de l’autorité portuaire de l’État, ont subi ce jour un autre revers devant la High Court de Londres. Durant le procès, Lord Falconer, associé du cabinet d’avocats Gibson Dunn qui représente la République de Djibouti, a vainement essayé d’empêcher le tribunal britannique d’examiner les allégations de corruption présidentielle et gouvernementale au Djibouti.

À l’origine, le Djibouti avait porté 16 accusations contre M. Boreh, mais a renoncé entre-temps à 11 d’entre elles, dont sept au début du procès à Londres ce mois-ci et quatre le 22 octobre 2015.

Seulement cinq accusations sont actuellement poursuivies, mais la République de Djibouti ne cesse de lancer des allégations non fondées contre DP World et Emirates National Oil Company (ENOC), et ce, bien que le Juge Flaux ait récemment reconnu que ni DP World ni ENOC n’ont eu l’occasion de répondre à ces accusations graves.

Pour contester les cinq accusations restantes, M. Boreh fera valoir la corruption présidentielle et gouvernementale endémique qui règne au Djibouti sous le président Ismaïl Omar Guelleh. Le tribunal a déjà entendu les allégations selon lesquelles le président possède 80 automobiles et s’est acheté un appartement d’une valeur de 2,248 millions EUR à Paris, le tout avec un salaire officiel de quelque 10 000 $ par an. En outre, il aurait exercé des pressions contre M. Boreh pour régler des dépenses personnelles telles que des vacances à l’île Maurice d’une valeur de 44 955 EUR.

Ces accusations cadrent avec la conduite du président qui a modifié la constitution du Djibouti en 2010 afin de rester au pouvoir pour un troisième mandat. Il a mis en place une culture qui exige de tous ceux désireux de faire des affaires au Djibouti de payer le président ou les membres de sa famille sous peine d’impôts arbitraires, saisie des biens et persécutions généralisées.

Par la suite, le juge Flaux et le tribunal examineront les allégations de corruption présidentielle relatives aux poursuites restantes. Le président Guelleh a déjà refusé de témoigner devant le tribunal londonien pour répondre à ces allégations.

M. Boreh soutient que les accusations reposent sur des motifs politiques et qu’elles finiront par s’avérer fabriquées, ainsi que les accusations contre DP World et ENOC. Ce fut le cas des accusations de terrorisme formulées contre lui et rejetées en mars 2015, lorsque le tribunal londonien a qualifié les preuves fournies par la République de Djibouti d’« évasives et trompeuses ».

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