31/01/2016 (Brève 654) Radio Africa 1 – A écouter lundi 1er février 2016, le Grand débat présenté par Francis Laloupo consacré à « Djibouti, la démocratie impossible »

A écouter ce lundi 1er février le Grand Débat, présenté de 18 à 19 h (Paris) par Francis Laloupo sur le thème : « Djibouti, la démocratie impossible » avec

Par téléphone, depuis Bruxelles
Saïd Housein Robleh, député USN (Union pour le salut national)

En studio,
Mohamed Kadamy, représentant en Europe du Frud (Front pour la restauration de l’unité et la démocratie – opposition armée)

Jean-Loup Schaal, président de l’Association pour le respect des droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD)

Par téléphone, depuis Londres,
Fathi Mohamed, membre de l’UMP (Union pour la majorité présidentielle)

26/01/2016 (Brève 653) 1°) Selon plusieurs sources d’information en provenance de Djibouti, il semble que l’exfiltration du député Saïd Houssein Robleh ait été considérée comme un revers par les tenants du régime, qui n’avaient pas anticipé cela – 2°) Une opération secrète des services djiboutiens en cours de programmation sur le territoire belge ? (Equipe ARDHD)

Colère au Palais de l’Escale ?
On dit que le dictateur aurait « piqué » l’une de ses colères habituelles et légendaires en apprenant l’exfiltration du député Saïd Houssein Robleh. En réaction, plusieurs fonctionnaires des postes de contrôle aux frontières auraient déjà été frappés par des mesures immédiates de licenciement et c’est inacceptable.

Monsieur Saïd Houssein Robleh ne faisait l’objet d’aucune poursuite judiciaire et il avait un passeport en règle. Pour quel motif aurait-il dû être empêché de franchir la frontière avec l’Ethiopie ? Mais comme chacun le sait dans un état de non-droit le dictateur a tous les droits de vie, d’incarcération et de mort (et nous pesons ces mots) sur tous les citoyens, qui ne lui lèchent pas les pieds en lui jurant allégeance..

Le jeune député savait cela très bien et c’est la raison pour laquelle il n’a pas tenté de prendre un vol au départ de Djibouti.

Forte mobilisation pour obtenir son arrivée en Europe : un pied de nez à la dictature, qui l’avait blessé grièvement !
Comme on le sait, son évasion, puis la délivrance d’un visa pour l’Europe, sont le résultat d’une fantastique mobilisation de l’ARDHD en premier lieu, puis de plusieurs associations et ONG partenaires (FIDH, Survie, ACAT en particulier), de plusieurs élus au Parlement européen, des diplomates et des représentants de l’Union européenne à Bruxelles et à Djibouti.

Une prise en charge immédiate en France puis ensuite en Belgique.
Pendant son bref séjour à Paris, il a été pris en charge par l ARDHD et quelques amis djiboutiens établis en France et conscients de leur obligation de solidarité envers un concitoyen, victime, comme ils l’avaient été avant lui, de la dictature et de l’injustice. Il a pu passer un scanner pour évaluer les risques réels sur sa vie, puisqu’il a toujours une balle dans le cou.

Dès son arrivée à Bruxelles, Mohamed Alhoumekani et Ali Iftin ont pris le relais. Visites chez leur avocat, accompagnement au Service public fédéral de l’intérieur, accompagnement vers un établissement hospitalier en vue d’une opération d’extraction de la balle.

Bref en quelques jours à peine et grâce à l’action de ces deux personnalités, ce jeune député qui avait failli mourir sous les balles des milices spéciales de Guelleh a déjà obtenu un récépissé de sa demande d’asile et l’ouverture d’une couverture médicale, qui va lui permettre d’être rapidement soigné et probablement d’obtenir le statut de réfugié dans un temps record.

Des craintes en provenance de Djibouti
Des rumeurs convergentes laissent penser que Guelleh aurait envoyé cinq hommes en mission à Paris puis à Bruxelles pour « terminer le travail » sur la personne de Saïd Houssein Robleh.

Désormais MM Ali Iftin et Mohamed Alhoumekani, toujours susceptibles d’être visés et exécutés aussi par un commando des services djiboutiens sous l’autorité d’Hassan Saïd dit Madobe, ont réactivé leur plainte devant la Police belge avec demande de protection et aussi de surveillance de l’arrivée possible des sbires d’Hassan Saïd. Conjointement avec eux le jeune député va déposer sa propre plainte pour demander sa protection.

Compte-tenu en particulier d’actions tentées dans le passé (mais sans succès) par ces mêmes services sur le territoire belge, les plaintes sont prises très au sérieux par les services belges, qui mettent en place des mesures de protection des personnes et d’alerte de l’Ambassade de Djibouti à Bruxelles.

L’opposition toujours paralysée ?
Il est à noter que l’opposition djiboutienne reste très discrète au fond sur les événements du  21décembre et leurs conséquences. En dépit de quelques communiqués fort rares de condamnation, les observateurs ne notent pas de véritables accusations contre les auteurs, les complices ni les commanditaires des massacres, des exécutions sommaires et des tentatives d’homicide.

Probablement affaiblis dans des contradictions internes et des querelles de préséance, les leaders auraient-ils une fâcheuse tendance à s’affronter et à se neutraliser au sein de leurs propres organisations politiques ? Plutôt que de concevoir une feuille de route pour mettre en échec le régime et garantir l’après Guelleh, dans la paix, la sécurité et la justice pour toutes et pour tous.

Jamais nous n’avons eu connaissance d’un programme politique structuré et adapté pour répondre à la dégradation constante du pays, des services de l’état, de la justice, de l’éducation et de la santé et surtout pour répondre aux aspirations légitimes de la population.

Un tel programme est un préalable indispensable pour préciser les objectifs de l’opposition et la façon dont elle entend remettre le pays sur les rails, mais aussi pour rassurer le monde occidental sur l’avenir du pays. Mais…  il requiert un travail intense et sérieux. Est-ce ce combustible qui ferait défaut en ce moment ?

Sachant que désormais la mainmise progressive de la Chine, sur des fondements entiers du système bancaire, de l’économie et de la défense intérieure et extérieure, va vite devenir un réel handicap dans l’avenir, dès lors qu’il s’agira de conduire le pays dans sa souveraineté et vers la démocratie.

En laissant filer le temps, sans ne manifester de véritable réaction, les dirigeants de l’opposition accumulent les retards et demain Guelleh sera réélu pour un prochain mandat, avec tous les pouvoirs et l’immunité judiciaire nécessaire pour poursuivre son œuvre d’asservissement du pays et de cession de ses actifs à l’étranger. Demain il sera trop tard pour se plaindre.

26/01/2016 (Brève 652) PADD / Lettre ouverte au président de la république populaire de Chine

PADD

Parti Démocrate Djiboutien – PADD
Paix-Démocratie-Dignité
Case Postale 5608
1002 Lausanne – Suisse

Quartier 4 – Djibouti
Email : partidemocratedjiboutien@gmail.com

Tél : +41766740085 / +32465713055

Lettre ouverte au président de la république populaire de Chine

Son Excellence Xi  Jinping
9 Xihuang-Chenggen Beijie
Beijing 100032, Peoples Republic of China 

Son Excellence,
Monsieur Ismaël Omar Guelleh, président de la république de Djibouti, a accédé à la Magistrature suprême du pays grâce à son oncle germain de 1er degré, Feu Hassan Gouled Aptidon, qui avait érigé le régime dictatorial, clanico-mafieux, qui confisque et usurpe depuis 38 ans le pouvoir du peuple djiboutien.

Après deux mandats illégitimes à la tête du pays, Ismaël Omar Guelleh, change-la Constitution du pays dans l’unique but de s’assurer une présidence à vie mais depuis Avril 2011 la pression venant de l’intérieur, le peuple, et de l’extérieur du pays S’accentue sur Guelleh et son régime clanico-mafieux.

Nonobstant, pour atténuer cette pression, Guelleh choisi de mener au niveau national une politique des répressions et de massacre à grand échelle et au niveau internationale, il tente d’amadouer les pays occidentaux en se définissant comme un fervent adepte de la lutte contre les terrorismes, bien sûre avec des objectifs bien tranchés derrière la tête.

Le dictateur Djiboutien a compris qu’il ne pouvait plus facilement manipuler les pays Occidentaux et surtout, suite à sa convocation à la maison blanche du 05 mai 2014 par Le président Obama, il a su que les regards de l’occident sur son régime étaient plus Constants et consistante qu’avant.

Et d’ailleurs, le président Obama qui n’apprécie guère les dictateurs Africains, lui a réservé un accueil glacial loin du protocole et des honneurs réservés aux hôtes de la  maison blanche. Pour le président Obama, l’objectif de cette visite, était autre part, remettre au dictateur un avertissement clair et de lui tracer la ligne rouge à ne pas franchir en matière de location du bout de terre où il officie.

Pour passer son message, Obama avait besoin d’un face à face avec le dictateur Djiboutien afin de lui expliquer les inquiétudes de l’occident à l’égard des agissements du régime de Guelleh.

Guelleh,  à la recherche de la protection d’une puissance internationale sous laquelle il compte bâtir son entreprise d’un régime tyrannique clanique et héréditaire, dévoile un coup de foudre intensive pour les systèmes économique et politique de la Chine.

Avec des éléphants blancs, ces réalisations d’envergures et prestigieuses mais qui s’avèrent plus coûteuses que bénéfiques, dont leurs exploitations ou leurs entretiens deviennent un fardeau financier endettant le pays et son peuple de plus en plus au point d’atteindre à la limite de soutenabilité soit 60% PIB. Une telle politique d’endettement est particulièrement irresponsable compte tenue de la situation économique de Djibouti. Il s’agit d’un pays de services (son secteur tertiaire représente 82 % du PIB), très vulnérable car l’État est le principal employeur du pays – dans un pays où 65 % des actifs sont déjà au chômage. Malgré le manque de transparence sur les chiffres réels des comptes publics, l’augmentation du niveau d’endettement est estimée à environ 10 points de PIB par an depuis deux ans.

Les causes sont les prêts non concessionnels de l’Exim Bank of China (EBC) inclus dans le financement des grands chantiers d’infrastructures que vont réaliser des firmes chinoises et dont les prêts dépassent le 1 milliards de dollars – avec un remboursement prévu en dix ans, sans période de grâce, et à un taux d’intérêt supérieur à 5%.

Il faut rappeler que les financements de la Banque mondiale (BM) sont fixé avec un taux d’intérêt de 2%, avec l’étalement des remboursements sur trente ans et une période de grâce de plusieurs années permettant de ne rembourser le crédit qu’une fois le projet réalisé et rentabilisé. Il faut aussi rappeler que la BM est plus regardante sur les réalisations des projets investis.

Entre autre, la moitié des prêts en question finissent dans les poches de Guelleh et des adeptes de son régime ce qui n’est nullement une surprise dans un pays qui se positionne à la 107e place selon le classement de Transparency International sur 175 pays.

Quant à la politique, il prétend importer et appliquer à Djibouti dans les années à venir un système calqué sur le pouvoir politique opérationnel en République populaire de Chine (RPC). Ce projet politique contenu dans son « livre rouge », actuellement 3 limité à l’intérieur des quatre murs de son palais d’haramous, n’est rien d’autre qu’un tour de passe-passe copié du régime de Siad Barre de la Somalie. À l’époque l’URSS avait fondé de grands espoirs sur son aide au développement de la « jeune nation » somalienne qui constitue, au début des années 1970, l’un des principaux axes de son implication en Afrique mais l’URSS qui a constaté tardivement l’objectif caché de Siad Barre est contrainte d’y quitter avec un échec amer au fond de la gorge.

Au niveau national et sur la scène internationale en prétextant combattre l’impérialisme Siad Barre avait créé des forces de répression (miliciens, les casques rouge, etc..) pour massacrer ou faire disparaître toutes voix discordantes ou dénonciateurs de son projet. En profitant de cette occasion, il a édifié un régime clanique qui a conduit la Somalie, une vraie nation, dans un chaos que personne n’arrive toujours à y remédier 24 ans après la chute du régime.

De la même manière Ismaël Omar Guelleh tient des propos semblables dans ses discours en langue somalienne. Suite au massacre du 21 décembre 2015 à Buldhuqo commis sur des citoyens de la tribu Yonis- Moussa (l’ethnie la plus largement majoritaire à Djibouti) au cours d’une cérémonie traditionnelle, Guelleh a tenté de justifier son acte lâche, comme d’habitude en cherchant des coupables occasionnels. Au cours d’une cérémonie de Mulud-al-Nabi anticipé tenue le 22 décembre 2015 à la Corniche, un restaurant situé à deux pas du palais présidentiel, Guelleh a accusé des pays occidentaux ayant des forces armées stationnés à Djibouti d’être les responsables indirects du massacre de Buuldhuqo le 21 décembre 2015 parce qu’ils sont d’après lui, opposés l’arrivée à Djibouti de ses nouveaux amis de l’Asie, la Chine populaire.

Toujours comme Siad Barre, Guelleh a créé une armée clanique dénommée Garde Républicaine, des forces populaires constitués des jeunes dirigeants par des hommes de sa famille et des miliciens qui rentrent en action pour des missions précis. Ces miliciens commandants sont à majorité des natifs de la Somalie du Sud recrutés avec le concours du propriétaire de la compagnie AL BARAKA EXCHANGE L.L.C. Ali Ahmed Nur Jumale, un commerçant somalien inclus avant février 2012 dans la liste de l’ONU recensant les terroristes et leurs soutiens dans le monde. Cet individu blanchi une partie de l’argent que le président de Djibouti détourne dans les recettes de l’état à travers la société Al BARAKA.

L’URSS n’avait fait aucun mal au peuple somalien mais ce dernier ne la porte toujours pas dans son cœur parce qu’il l’associe indirectement à cette période sombre de l’histoire de la nation somalienne.

De même, aujourd’hui le peuple djiboutien commence à voir d’un mauvais œil la relation absconse entre la puissante Chine et le régime tyrannique de Guelleh.il est courant de voir ces derniers mois sur des murs de la vile de Djibouti des graffitis avec de slogans anti-régime dont le nom de la Chine y est associé « Non un quatrième mandat et non à la Chine ».

Cette inquiétude grandissante du peuple djiboutien est fondée quant à l’accord secret conclu entre le régime de Guelleh et Pékin, le coup de foudre sans préambule et l’arrivée sur son sol des forces armes chinois.

L’accord secret entre le régime de Guelleh et Pékin peut contenir des clauses qui vont à l’encontre des intérêts du peuple djiboutien et à leur sécurité ;

Le coup de foudre sans préambule de Guelleh pour la Chine a créé beaucoup des soupçons ;

L’arrivée des forces armées chinoises à Djibouti créera des tensions inutiles avec des forces occidentaux présents déjà sur le djiboutien et cette nouvelle donne aura des causes négatifs sur l’économie de ce petit pays plus particulièrement sur les investissements directs généralement considéré comme positif sur la croissance des pays d’accueil, notamment grâce aux transferts de technologie induits.

Cependant, par la voix du PARTI DEMOCRATE DJIBOUTIEN – PADD – le peuple djiboutien sollicite à la Chine des points suivants :

1 – que Pékin octroie des prêts au régime de Guelleh moyennant des accords sur lesquels sont solidement notifiés des clauses garantissant son bon usage ;

2 – la publication dans les médias internationaux de l’accord de défense secret conclu entre le régime de Guelleh et la Chine ;

3 – l’annulation de toute construction de bases militaires chinoise à Djibouti et le stationnement de vos forces armées sur notre territoire.

Croyant bénéficier de la compréhension des dirigeants de la République populaire de Chine et étant disposé à vous exposer de vive voix les inquiétudes du peuple djiboutien, vous prie d’agréer, Son Excellence le Président, les salutations et remerciements de notre parti et du peuple djiboutien en général.

En Suisse, le 21 janvier 2016
Président de PADD
HASSAN CHER HARED

Copiés à : UA – Ligue Arabe – ONU

25/01/2016 (Brève 651) Le Monde Afrique : Djibouti, capitale de la Chinafrique (Par Sébastien Le Belzic)

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/01/25/djibouti-tete-de-pont-de-la-chinafrique_4853066_3212.html#AL56bm4U0Dmi62JW.99

C’est une ancienne zone franche, près du port de Djibouti. Une enclave de sable battue par les vents de la mer Rouge. C’est ici que se dressera d’ici la fin de l’année 2017 la première base militaire chinoise permanente sur le continent. Les travaux viennent tout juste de débuter. De sources non officielles, on avance le chiffre considérable de 10 000 militaires chinois qui seront déployés à Djibouti, contre 4 000 pour les Américains. Ces derniers ont été sommés par le gouvernement djiboutien d’abandonner leur base secondaire d’Obock pour se concentrer sur celle de Camp Lemonnier, et faire de la place aux Chinois.

Le président Ismaïl Omar Guelleh semble prêt à toutes les concessions pour plaire à son homologue chinois. Les deux hommes se sont encore rencontrés le mois dernier en marge du sommet Chine-Afrique à Johannesburg et, depuis, c’est une ronde permanente de diplomates et de militaires entre Pékin et Djibouti.

Une alliance stratégique majeure

La semaine dernière, le bureau de la présidence annonçait la signature avec Pékin d’un accord de libre-échange permettant à la Chine d’utiliser ces installations portuaires à Djibouti à des fins de base de transit. Confirmation dès le lendemain à Pékin lors du point presse hebdomadaire du ministère des affaires étrangères : « La Chine envoie des escortes navales dans le golfe d’Aden, et dans les eaux somaliennes. La question de leur ravitaillement en nourriture et en carburant s’est posée. Nous sommes parvenus à un consensus avec le gouvernement de Djibouti pour disposer d’un soutien logistique pour nos escorteurs ».

Lire aussi : Djibouti : de violents affrontements avec la police font au moins 7 morts et 23 blessés
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/12/22/djibouti-de-violents-affrontements-avec-la-police-font-7-morts-et-23-blesses_4836723_3212.html

Le débarquement annoncé de ces hommes de l’armée populaire de libération n’est pas la seule raison de cette danse du ventre. Pékin et Djibouti sont en train de sceller une alliance stratégique majeure qui fera de ce petit Etat niché au creux de la corne de l’Afrique, l’étape obligée de la Chine dans sa fameuse nouvelle « route de la soie » reliant la Chine à l’Afrique en passant par le Golfe arabique. Un projet estimé à 48 milliards de dollars (44 milliards d’euros) par la presse officielle chinoise.

Des chantiers militaires et économiques

Plusieurs chantiers ont ainsi été lancés simultanément. Le premier est militaire et conduira la Chine à assurer désormais seule la protection de ses navires si nombreux à croiser au large des côtes somaliennes. La marine chinoise a effectué une vingtaine de missions anti-piraterie dans le golfe d’Aden depuis 2008. Les rotations vont pouvoir s’accélérer. Le second est économique. Djibouti et la Chine ont signé trois importants accords économiques et commerciaux. Le premier porte sur la construction d’une zone franche de 48 km2, dont une première tranche d’un kilomètre et demi sera opérationnelle d’ici la fin de l’année. Il s’agit d’en faire une plate-forme de transbordement pour le commerce Chine-Afrique. C’est la société China Merchants Holding qui est au cœur de ce projet estimé à 7 milliards de dollars. Il s’agit de construire la plus grande zone franche industrielle de Djibouti, un chantier naval, une autoroute, et agrandir le port de Doraleh. 200 000 emplois directs et indirects devraient être créés.

Lire aussi : L’Afrique risque de payer cher sa dépendance à la Chine
(http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/12/02/l-afrique-risque-de-payer-cher-sa-dependance-a-la-chine_4822044_3212.html)

Ces chantiers sont en très grande partie financés par la China Exim Bank et les entreprises chinoises qui réaliseront les travaux. Une fois mises en place, ces infrastructures constitueront la charnière de l’union économique et politique qui se tisse entre Djibouti et l’Ethiopie, deux pays au cœur de la stratégie africaine de Xi Jinping. China Merchants Holdings International avait déjà fait son entrée, fin 2012, au capital du port de Djibouti en acquérant 23,5 % des parts pour 185 millions de dollars

Un autre accord porte sur la mise en place d’un cadre légal permettant, selon le communiqué officiel, « l’afflux rapide de banques chinoises à Djibouti » et prévoyant la création d’une chambre de compensation qui permettra de « ne pas perdre de devises dans les échanges avec la Chine », explique la présidence djiboutienne. Cette chambre permettra aux opérateurs économiques djiboutiens de réaliser des échanges commerciaux sans passer par le dollar américain, confirmant ainsi la montée en puissance du yuan chinois sur le continent.

Devenir un carrefour incontournable

La France, les Etats-Unis et le Japon disposent déjà de bases militaires à Djibouti. La France débourse chaque année la somme de 30 millions d’euros pour assurer la présence d’une garnison de 2 700 hommes dans la cité-Etat. Les Etats-Unis et le Japon payent chacun un loyer annuel de 30 millions de dollars pour leurs bases respectives. La Chine, quant à elle, ne paye rien ! Simplement, elle permet à Djibouti de financer et construire un maillage de ports, de routes, de voie de chemin de fer et d’aéroports qui relieront la cité-Etat au reste du continent.

Le président Ismaïl Omar Guelleh veut en effet transformer son pays en un petit Singapour de la Corne de l’Afrique et devenir un carrefour incontournable pour le transit des minerais et des marchandises avec l’Ethiopie, dont il est devenu la porte d’entrée. Pour cela, il a besoin de la Chine.

Pour les Emirats arabes et surtout les Etats-Unis, l’arrivée des Chinois dans le jeu régional complique la donne et entraîne une vaste recomposition des alliances diplomatiques autour de la mer Rouge. Les Etats du Golfe qui prévoyaient d’installer une base militaire à Djibouti se rapprochent désormais de l’Erythrée, son grand rival. Les Occidentaux redoutent de voir Djibouti tomber dans l’orbite de Pékin et perdre ainsi un pays clef au cœur des grandes routes maritimes internationales.

24/01/2016 (Brève 650) VERITE : le tyran perd ses repères,  voici des morts innocents et des leaders de l’USN blessés et violentés devant leur propre maison. (Par notre correspondant)

Au pays des sages, le peuple est sous le choc, la situation est dramatique, la population se demande pourquoi ?  Ce massacre clanique envers des innocents issus d’une noble ethnie. Le régime, pour provoquer, suscite des tensions raciales entre les communautés pour les seuls motifs
1 – de gagner du temps,
2 – de créer la violence entre les quartiers,
3 – de mettre sur le dos des leaders d’USN, la responsabilité des troubles.

Voilà, la situation est tendue dans l’ensemble du pays, et le clan refuse de céder en utilisant la violence, les arrestations, mais le peuple est prêt à réagir, voir à se soulever pur retrouver l’air libre et la démocratie.

Voilà la provocation du régime a coûté la vie à des concitoyens, à des jeunes sans défense, qui ont été massacrés avec des chars d’assaut conduits par des proches du régime triés sur le volet pour effectuer cette mission, sans état d’âme ni la moindre compassion pour leurs victimes pacifiques et sans défense.

Voilà le clan au pouvoir qui utilise les armements lourds pour anéantir  un peuple pacifique qui demande le départ du tyran..

Voilà, le chef de l’armée du clan a ordonné au régiment des blindés stationnés à la caserne Cheik Moussa de se mettre en branle pour effectuer la mission spéciale qui consistait à  massacrer des citoyens résidents à Balballa.

Voilà les forces de sécurité agissant sans réserve ni retenue, ni  respect de la dignité humaine  en utilisant leurs armes contre des citoyens modestes, qu’ils sont censés défendre.

Voilà les méthodes barbares et les actions ciblées du clan pour maîtriser le peuple et ses leaders qui sont conçues, préparées et concoctées pendant les réunions d’Haramous et auxquelles assistent les participants habituels et en particulier :
–          le chef de l’Armée
–          le chef de la police
–          le chef de la gendarmerie
–          le chef de la garde républicaine
–          le chef de la SDS
–          tous les directeurs et commerçants  proches du fils de  l’oued

L’objectif général est :
–         de créer un climat de tension dans le pays
–          de détruire les moyens d’expression du peuple
–          de violenter, arrêter et humilier les leaders de l’USN
–          d’empêcher par la force, la tenue de toutes les manifestations et les réunions publiques et privées de l’opposition
–          de priver les leaders de leur véhicule, pour limiter leurs déplacements
–          d’espionner par tout moyen tous les citoyens susceptibles d’avoir un avis contraire aux principes du tyran et des obligés
–          de commettre des massacres ciblés contre des ethnies comme les Odahgobs aujourd’hui, les Gadabourcis ou les Afar dans le passé, pour ne citer qu’elles
–          de susciter des affrontements ethniques dans le pays
–          de tuer le plus possible de citoyens pour mieux conserver le trône.
–     de recruter des étranges pour former des milices spécialement dressées pour exécuter  des actions sanglantes et criminelles

Voilà le fils d’Anjero et la Qabyo qui élaborent les décisions et signent des arrêtés pour entraver la liberté, ignorant les réalités que traversent le pays, en utilisant sans mesure ni réserve la force armée.

Voilà, la population entière de Djibouti unie et soudée qui  demande à haute voix le départ sans délai  du tyran et de ses acolytes corrompus qui asservissent la Nation.

Voilà le clan semble être désorienté et sa seule réponse et d’agir avec violence, brutalité, d’envoyer des armements lourds et disproportionnés : les chars, les blindés, les batteries et les fusils sont bien entretenus et prêt à être utilisés. Tous les moyens sont bons pour le clan quand il s’agit d’étouffer le peuple :  les engins sont  prêt à partir des casernes. C’est une démonstration sans faille et une intimidation sans limite pour détruire la liberté des citoyens.

Mais le monde suit de près l’hostilité du régime.

Voilà, le fils du train et son clan après tant d’années  de mensonges qui voudraient anéantir la conscience du peuple en détruisant la jeunesse, les familles, les personnes expérimentées en politique, les cadres et au final l’harmonie entre les communautés.

Voilà, les temps évoluent, le moment propice est arrivé, le clan a mesuré la détermination  du peuple qui se mobilise pour retrouver sa vie. Le dictateur doit quitter impérativement son trône avant de commettre d’autres massacres.

Voilà des familles entières qui pleurent leurs morts, victimes de ce massacre. La donne a changé, les citoyens s’organisent et ils devraient opter pour une solution radicale afin de mettre un terme à ce régime.

Voilà, les amis, les occidentaux, les ONG, les Ambassadeurs accrédités  à Djibouti qui surveillent de près la situation chaotique du pays et ils seront les témoins des massacres envers les citoyens.

IOG, le tribaliste chevronné est dans un état de déperdition avancée. Il se plonge dans l’obscurantisme le plus total, il commit des actes criminels, il crée un climat d’insécurité et  il attaque ouvertement des familles nobles, il a tellement de sang sur les mains,

Chers frères et chères sœurs, surtout restez unis et soudés car le tyran cherche une faille pour diviser les citoyens. Ensembles, avec un soulèvement généralisé et organisé par un peuple décidé, vous pourrez gagner votre liberté et une vie saine.

Vive Djibouti libre, vive le peuple  de Djibouti,  vive les leaders d’USN

24/01/2016 (Brève 649) Dans un article publié le 30/05/2013, sur un ton provocateur et humoristique, nous avions imaginé que Guelleh ferait tout ce qu’il pouvait pour améliorer le classement de son régime par R S F, c’est à dire de se rapprocher de l’élite des dictateurs, dont l’Erythrée tient toujours la première place. En 2016, à l’observation de la situation de la presse à Djibouti, on mesure combien nos prévisions s’avéraient justes.

Lien avec le site RSF : https://fr.rsf.org/djibouti-harcelement-contre-les-19-01-2016,48747.html

Notre article du 30/05/2013 (breve 142)  » target= »_blank »http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=15899″>http://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=15899

RSF : HARCÈLEMENT CONTRE LES JOURNALISTES À DJIBOUTI (19/01/2016)

Mohamed ibrahimReporters sans frontières (RSF) condamne vigoureusement les mauvais traitements subis par Mohamed Ibrahim Waïss, reporter pour la radio La Voix de Djibouti injustement retenu en détention du 11 au 17 janvier, et demande aux autorités djiboutiennes de cesser de harceler les journalistes.

Arrêté et détenu 11 au 17 janvier, le journaliste djiboutien Mohamed Ibrahim Waïss aurait été victime de graves violences de la part de la Section de Recherches et de Documentation (SRD). Les gendarmes l’ont contraint par la force à signer un procès verbal contre son gré et à livrer ses identifiants et mots de passe Facebook afin de publier en son nom des images insultantes à l’encontre de l’opposition.

RSF dénonce les conditions de détention dont le journaliste a été victime : privé de tout contact avec son avocat, il n’a pas eu accès à un médecin après ces violences et a refusé de manger par peur que la nourriture de la prison de Gabode ne soit pas comestible. 

Face à l’absence de charges, le tribunal de Djibouti devant lequel le reporter a comparu le 17 janvier n’a pas eu d’autre choix que de le relâcher. Il est néanmoins reconvoqué le 24 janvier.

RSF avait déjà défendu le journaliste, arrêté arbitrairement à plusieurs reprises ces dernières années : il a ainsi passé plus de quatre mois dans la même prison de Gabode en 2011quelques jours en décembre 2013 et dix jours en août 2014.
Mohamed Ibrahim Waïss n’est pas le seul journaliste dans le viseur des autorités puisque son arrestation a précédé de peu celle de Kadar Abdi Ibrahim, co-directeur de L’Aurore, un journal lancé il y a quelques mois par la principale coalition d’opposition, l’Union pour le salut national (USN).

Kadar Abdi Ibrahim a été arrêté le 14 janvier pour avoir publié en Une la photo d’une victime du massacre de Buldhuquo, lors duquel les policiers ont ouvert le feu sur une manifestation interdite, faisant au moins 29 morts d’après la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme. Relâché le 16 janvier, il reste poursuivi bien que les parents de la défunte -une fillette de 7 ans- aient confirmé qu’ils ne portaient pas plainte pour l’utilisation de la photo.

« A l’approche des élections présidentielles d’avril 2016, les autorités djiboutiennes cherchent à réprimer toute voix dénonçant les agissements du gouvernement, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Nous demandons aux autorités djiboutiennes d’abandonner ces poursuites judiciaires et de cesser de harceler les journalistes ».

A Djibouti, les journaux sont traditionnellement les porte-paroles des différents partis politiques mais au fil des ans, les organes d’opposition ont progressivement disparu. Objets d’un harcèlement permanent et de campagnes d’intimidation orchestrées par le gouvernement, les journalistes sont régulièrement arrêtés et torturés, avant d’être relâchés et poursuivis en justice.

La situation s’est aggravée depuis le début de la campagne du président sortant Ismaël Omar Guelleh, candidat à un 4ème mandat. Les autorités djiboutiennes ne reculent devant rien pour faire taire l’opposition et les arrestations de journalistes se multiplient.

Djibouti est classé 170 sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 établi par RSF.

23/01/2016 (Brève 648) Djibouti vendu pieds et poings liés à la Chine ? Sans appel d’offre !!! (Par Jean-Loup Schaal)

Lien avec l’article d’Ecofin : http://www.agenceecofin.com/investissement/2201-35320-la-chine-va-construire-une-zone-franche-d-une-superficie-de-48-km2-a-djibouti

Toutes les informations qui nous parviennent depuis un an environ, confirment que Guelleh vend progressivement le patrimoine des Djiboutiens à la Chine. Ces derniers temps, la multiplication des contrats officiels est impressionnante. Cessions de terrain, construction d’infrastructures (train Djibouti – Addis, création ou développements de ports – Tadjourah, Djibouti, …), modifiations législatives pour faciliter l’implantation et l’exercice des banques chinoises, en dehors du contrôle régalien.

Cette liste non exhaustive ne tient pas compte des accords secrets probablement passés entre Guelleh et son homologue chinois.
Ni des énormes prêts consentis à des taux d’intérêt plus que normaux (non préférentiels), qu’il faudra rembourser sur des dizaines d’années. A noter, que curieusement les premières échéances ne devraient être exigibles qu’après l’élection présidentielle.

Après avoir appris la décision d’implantation de 10.000 militaires chinois, la nouvelle de la cession de 48 km2 pour l’implantation d’une zone franche, qui devrait servir de base logistique pour la distribution des produits chinois vers l’Afrique, l’Europe et le Moyen-orient, vient d’être officialisée.

Recolonisation de Djibouti ?

Ainsi, sans même n’avoir sollicité le consentement des Djiboutiens, Guelleh (non natif de Djibouti) et son équipe d’obligés vendent leurs terres et leur souveraineté à la Chine. Pour leurs intérêts personnels et pour un bénéfice à très court terme. « Après moi le déluge ! » est bien la devise de Guelleh.

Après des années de lutte, le pays avait acquis son indépendance en 1977. Mais voilà qu’en 2015/2016 l’équipe de prédateurs au pouvoir le cède à la Chine, pour s’enrichir et pour conserver un semblant de pouvoir, car ils vont le perdre dans la réalité et devenir des pantins. A ce rythme la Chine aura bientôt la mainmise sans partage sur l’économie avec ses banques bénéficiant de pouvoirs étendus (grâce à une modification législative et fiscale spécialement adaptée pour répondre à leurs exigences), sur l’emploi avec les ports et les zones franches, sur la défense intérieure et extérieure avec un contingent numériquement supérieur à l’ensemble des forces des nations occidentales pré-positionnées dans le pays.

Une enclave chinoise pour dominer le continent africain.

Le pragmatisme chinois est connu. Si les dirigeants de l’empire du milieu ont décidé de réaliser des énormes investissements à Djibouti, ce n’est certainement pas au bénéfice de la population locale, ni pour faire émerger la démocratie et le respect des droits de l’homme, domaines dans lesquels, ils ne sont pas les champions (sic). C’est bien pour accaparer totalement le pays et l’utiliser uniquement pour servir leurs propres intérêts commerciaux, financiers et militaires.

L’impuissance politique de l’opposition

L’opposition djiboutienne assiste, sans réagir, à cette braderie monstrueuse. Ses leaders ont-ils pris conscience du fait que ce seront bientôt les chinois qui dirigeront en sous-main le pays, qui choisiront les ministres et qui dicteront leur loi au gouvernement du pays ? Ont-il
pris la mesure de cette catastrophe pour les nationaux, qu’ils sont censés défendre ?

Il est déjà probablement trop tard pour réagir, mais encore faudrait-il le faire ! Le profond silence de l’opposition sur ce sujet
est révoltant et il conduit à penser qu’elle perd son temps à régler des conflits internes sur la désignation de son leader, au lieu d’avoir une vision des risques majeures de domination chinoise. Qu’elle se concentre sur la dénonciation mal orchestrée des arrestations arbitraires, des condamnations illégales et de la torture. Bref, qu’elle ne fait pas grand chose, ni pour sonner l’alerte, ni pour le faire savoir au monde entier.

21/01/2016 (Brève 647) Vérité : portrait d’un criminel fameux : le pervers chef de la police Abdillahi Abdi Farah (Par notre correspondant)

Abdillahi FarahAbdillahi Abdi Farah, dit Grandes oreilles est né à Djibouti. Durant son enfance, il est allé à l’école du quartier 6 puis à l’école primaire arabique (Nijahiya située au Q 1). Enfant, il était déjà perturbé et le plus souvent, il rodait autour des marchés avant d’aller les cours car il n’aimait pas étudier. Heureusement pour lui, son père déjà âgé, qui exerçait le métier de boucher au marché central, l’a poussé et l’a encouragé à suivre et à poursuivre ses études. Le petit Abdillahi, qui n’avait pas de volonté, est allé suivre l’enseignement secondaire au Lycée de Djibouti.

Apres avoir quitté l’école sans aucun diplôme, le petit se retrouva dans la rue où il fréquentait les délinquants et les cancres qui pulullent. C’est à cette époque qu’il commença « à brouter » du mauvais Khat (KARABA). Toujours mal habillé, le plus souvent en fouta avec une paire de samara abimée, il rodait autour des majliss pour mendier quelques branches à des amis plus aisés.

Il faut reconnaître que le jeune Abdillahi n’a pas eu une enfance facile car ses parents étaient modestes et ils n’avaient pas les moyens financiers suffisants pour satisfaire leurs progénitures. Alors le jeune garçon se tourna vers la famille de sa mère où il a trouvé aide et assistance. Vu que son père était devenu malade et n’avait plus emploi ce garçon solitaire et (encore !) naïf n’avait pas le sens ni le savoir-faire pour décrocher un petit emploi afin d’aider la famille. Il était lent, timide et surtout paresseux. Il aimait assister aux matchs de football des plus grands dans les terrains vague des alentours.

Si Abdillahi est aujourd’hui à la tête de la police, c’est grâce à un officier de police qui était à l’époque le chef du cabinet et qui l’a pistonné auprès du General YacinYABEH, l’ami d’enfance du fils de l’Oued dont vous connaissez l’histoire et la fin tragique.

Devenu Lieutenant il a dirigé une compagnie d’intervention stationnée à l’état-major, mais il n’avait aucune expérience du commandement d’une unité. Il continua de brouter nuit et jour et surtout à imaginer le moyen d’approcher le chef. Agissant comme un serpent, il se faufilait pour espionner les vieux officiers expérimentés et pour rapporter leurs propos à la hiérarchie supérieure (le général Y Y).

Durant 10 années consécutives, il sera le chouchou du Général. Ce qui lui permettra d’obtenir du galon. Nommé à différents postes à responsabilité tels que le commandement du Détachement de la sécurité publique, le corps urbain et surtout la sécurité du quartier commerçant. C’est à cette période qu’il a commencé à « apprivoiser » les riches Arabes et les commerçants somaliens de la place. Cette étape marque le début de son enrichissement personnel : il détournait à son profit les services payants, les dons, les Hakoulas, la caisse de contravention. Il fournit à chaque commerçant un garde du corps et un chauffeur policier.
Petit à petit il « monta » une petite entreprise dont il était le patron et son compte bancaire se gonfla de jour en jour. Il pu investir dans l’achat de bus, de terrains, des propriétés de luxe, et s’offrir de voyages dans le monde financés avec de l’argent sale.

Ayant le sentiment d’avoir réussi, « grandes oreilles » qui était toujours aussi naïf et qui ne prenait aucune précaution pour masquer ses activités illégales, s’est endormi sur son bonheur passager, goûtant aux plaisirs de l’argent facile.
Toujours dominé par une ambition sans limite et un égo sur-dimensionné, il manoeuvra pour se rapprocher de la cour du dictateur viant plus particulièrement la famille du tyran avec l’objectif de déboulonner le général YY qui l’avait tant soutenu pour gravir les échelons. Ingrat il a été puni, comme vous allez le voir.

Dès qu’il a compris le manège infâme de celui qu’il avait tant protégé, le Général lui donna un bon coup de matraque en lui retirant sur le champ toutes ses responsabilités pendant une année et en l’assignant à résidence pour trahison.

Abdillahi, n’a pas ménagé aucun effort pour accéder au sommet de l’institution et à des postes qui auraient dû être confiés à des personnes compétentes et dévouées au service du peuple et non du dictateur.

Mais, comme vous le savez, sous le règne de ce tyran, nul besoin de justifier d’une expérience ou de compétence, il suffit d’avoir le soutien de la dame de fer pour accéder au sommet d’un service et de s’engager à accomplit avec zèle et sans état d’âme toutes les missions spéciales qui sont demandées, surtout si elles sont illégales et inhumaines, en contradiction avec les valeurs morales et les principes de notre République, de notre Religion et de notre Culture.

Peu à peu il finit par prendre conscience que son enfance passée dans la précarité n’a jamais cessé de le ronger.

Devenu l’un des protégés de la dame de fer, assidu, nettoyeur, informateur et profiteur, Abdillahi a dû en échange des faveurs qu’il recevait tremper ses mains dans le sang et accepter toutes les compromissions, les complicités. En plus :
– il participe à des réunions avec la famille royale
– il remplit des missions immorales, criminelles et pire encore
– il concocte des plans pour détruire les opposants
– il coordonne de nombreux « coups tordus » à accomplir dans le pays pour assurer la domination du clan
– il assiste de près ou de loin à des assassinats ciblés,
– il a apporté sa contribution personnelle aux opérations visant la destruction du peuple Afar,
– il a recruté, formé et équipé une milice spécialisée, composée de jeunes délinquants dont les missions sont directement en rapport avec la violence, les menaces, et les intimidations des leaders d’USN.

Les casernes de police sont devenues des centres d’hébergement où les nouvelles recrues, sans formation en provenance des pays voisins, attendent leur affection dans les milices de répression.

Abdillahi a outrepassé la loi et les règlements qui régissent le rôle et la mission du patron de l’institution policière et il a commis des actes contre les citoyens de la nation :

– C’est l’homme qui a vendu 500.000 passeports Djiboutiens aux étrangers résidants (Hargeisa- Jijiga)
– C’est l’homme qui a délivré 100.000 cartes d’identités Djiboutiens aux proches du clan au pouvoir. Il a falsifié ou créé des nouveaux dossiers dans les fichiers de la Police pour intégrer en masse des étrangers. (Sur injonction de la Qabyo)
– Il a détourné des sommes très importantes du budget de fonctionnement de la police

Abdillahi est maintenant un élément du clan à part entière et il en partage toutes les dérives. Corrompu, éloigné du peuple, il n’a plus la conscience de la réalité et n’ayant pas grandi dans le respect d’autrui et de la bienfaisance et des valeurs traditionnelles de notre société, il ne sait pas agir autrement qu’avec violence.

A l’image du dictateur et de son épouse, il divise du sein du personnel du corps pour mieux régner, il n’accorde ni aide ni assistance aux policiers et à leurs familles :

– Révocations ethniques de masse (Fourlaba, Afars, Walaldon, Wardik, Horonee)
– Licenciements abusifs des policiers dès qu’ils expriment l’idée de respecter les Lois,
– Mises à la retraite anticipée d’ officiers expérimentés
– Mesure d’éloignement ou mutations à titre de sanction,dans les cercles de l’intérieur sans motif
– Expulsion des familles de policier de leurs logements dans les casernes en détruisant leur bien et en redistribuent les logements à des proches, serviles et obéissants
– Refus des droits à la pension pour les policiers
– Mise à l’écart de toutes responsabilités des hommes compétents.

Grandes oreilles a mis sur pied une milice composée de jeunes voyous et de délinquants constitués en groupe d’intervention sous l’autorité d’officiers promus au choix tels que :

– Commandant Elmi Jesse
– Capitaine Cher Chee
– Lieutenant Abdo
– Capitaine mohamed Miguel
– Sous-lieutenant Hassan
– Lieutenant Ali
– Adjudant Guedi
– Adjudant Osman

Les noms de ces mercenaires à la solde du régime seront ajoutés à la liste déjà longue et tenue à l’étranger, des criminels (Officiers militaire, gendarmerie, police, garde républicaine).

Abdillahi n’est pas un officier supérieur. Parce qu’il est incapable d’assumer et d’encadrer un travail juste et honnête. Il n’est pas non plus un responsable qui mesure ses actes et sa façon d’agir, car dès que la Qabyo ronronne, il se déchaine, il perd le contrôle, il devient agressif et il commet des actes odieux envers le peuple.

Il y a longtemps que le peuple a constaté que cet officier zélé est une personne perverse et brutale, car il donne des ordres ciblés pour museler les opposants.

On murmure ici que Grandes oreilles, mais cela reste à confirmer, que cet officier paranoïaque aurait plusieurs problèmes inscrits sur son carnet de santé,
– Diabète, cholestérol, trouble du sommeil, problèmes rénaux, problème de vision, problème de communication. Sans ne pouvoir valider ces rumeurs, j’y vois la rancune qui le ronge, l’ingratitude qui le hante, l’agressivité qui l’affaiblit.

Son patrimoine

Il est un patron en parallèle et il manipule des montagnes d’argent
Il est associé avec des grands commerçants de la place
Il dirige d’une grande société de construction
Il participe au partage des appels d’offre pour des projets colossaux,
Il convoque les directeurs des banques de la place pour leur imposer de valider des actes de prêts en faveur de ses proches.
Il fait produire des parpaings et des briques dans la caserne de police pour les revendre
sur le marché, à son seul profit.

Le chef Abdillahi à un dossier très complet :

– disparitions inexpliquées
– assassinats ciblés
– exécution extrajudiciaire
– harcèlement des journalistes et de la presse
– harcèlement des défenseurs des droits humains
– arrestations arbitraires
– détentions illégales
– violation et destruction des domiciles des opposants
– humiliation des citoyens modestes

Voilà le portrait du chef de la police, l’un des bras armés du régime. C’est un homme qui adore le pouvoir et l’argent sale mais qui oublie que la belle vie ne dure qu’un instant très court qu’il devra rendre des comptes au peuple le jour J et ensuite éternellement au très Haut……..