29/04/2016 (Brève 774) LDDH / Communiqué / LDDH : Coopération Militaire Djibouti-Ethiopie : Prélude d’un risque de régionalisation du conflit au Nord de Djibouti

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Ligue Djiboutienne des Droits Humains

Djibouti, le 29Avril 2016

COMMUNIQUE de PRESSE

Coopération Militaire Djibouti-Ethiopie : Prélude d’un risque de régionalisation du conflit au Nord de Djibouti

Nous avons appris que la République de Djibouti et l’Ethiopie géant de l’est africain viennent de parafer une série d’activités de coopération militaire par les deux ministres de défense et par les chefs d’état major respectifs.

Sachant que la région est déjà assez troublée avec les conflits Ethiopie/Erythrée  DJIBOUTI/ERYTHREE, la LDDH est inquiète car cette coopération fait courir le risque d’une confrontation militaire au Nord de Djibouti entre l’ETHIOPIE et l’ERYTHREE dont les principales victimes seront sans aucun doute les populations civiles du NORD et du Sud Ouest.

Il est regrettable que la rébellion qui a éclate en Novembre 1991 dans le Nord de la République de Djibouti perdure à ce jour et ce, malgré les multiples accords de paix signés entre le gouvernement djiboutien et les diverses factions de la dite rébellion.

A qui la faute ?

Aujourd’hui, les possibles entrés sur scène des militaires éthiopiens risquent d’envenimer une situation déjà tendue car les érythréens peuvent à leur tour faire de même le tout au grand dam des populations nomades des régions nord de la République de Djibouti.

Sachant que notre pays accueille plusieurs bases des forces étrangères et constitue le pays qui a le plus des soldats étrangers au km2, la LDDH est inquiété voire alarmée que le conflit au Nord du pays attire des nouveaux protagonistes qui se soucient peu des droits humains et que la vulnérabilité des populations civiles des régions Nord du pays expose ces derniers à un proche avenir grave.

Ainsi la LDDH s’insurge et dénonce cette coopération militaire dont les principales victimes seront les populations innocentes.

Pour la LDDH
Le Président
OMAR ALI EWADO

27/04/2016 (Brève 773) MondAfrique / Pour l’ONG Survie, la coopération militaire sert les dictatures africaines

Lien avec l’article : http://www.mondafrique.com/long-survie-cooperation-militaire-sert-dictatures-africaines/

Avec pas moins de 16 scrutins présidentiels programmés sur le continent, l’année 2016 constitue un véritable test démocratique pour les Etats africains. Puissant révélateur des réflexes autoritaires qui travaillent le pouvoir dans ces pays, cette période électorale est également un bon thermomètre des relations entre Paris et ses ex colonies.

Essoufflé sur le plan politique, le partenariat entre la France et l’Afrique s’est recentré sur l’un de ses plus anciens piliers : la coopération militaire. Cruciale pour la préservation des intérêts de l’ancienne métropole à l’étranger, celle-ci qui a trouvé un nouvel élan sous la présidence de François Hollande à la faveur des interventions militaires au Mali, en Centrafrique et dans le contexte de la percée de la menace terroriste sur le continent.

Au coeur des préoccupations occidentales, la lutte contre les groupes radicaux sert toutefois régulièrement de prétexte pour les régimes en place à maintenir des habitudes répressives avec, sinon l’assentiment, du moins l’assurance que la France n’interviendra pas.

C’est ce qu’entend dénoncer l’ONG Survie dans sa dernière étude « La coopération militaire au service des dictatures ». En s’appuyant sur quatre pays du pré carré français soumis cette année à l’épreuve des urnes : le Congo-Brazzaville, le TchadDjibouti et le Gabon, les auteurs du rapport souhaitent mettre en évidence « les compromissions auxquelles se livrent les dirigeants français vis-à-vis de leurs engagements officiels à défendre partout la démocratie et les droits humains, dès lors qu’il s’agit de maintenir la présence militaire et l’influence politique. »

Au Congo-Brazzavile, « la France se distingue par son silence sur les exactions commises et par le maintien de sa coopération militaire avec le régime » relève le rapport qui précise que l’accord de coopération militaire qui lie les deux pays depuis 1974 est régulièrement actualisé. « Cela a encore été le cas en 2015. »

Premier partenaire commercial du Congo, pays dont l’entreprise Total extrait 60 % du pétrole et qui a octroyé en 2009 à Bolloré la concession du port de Pointe-Noire sur 27 ans, la France continue de soutenir le président Denis Sassou Nguesso, y compris en période de forte contestation populaire.

« Ces intérêts économiques et diplomatiques s’articulent avec des enjeux militaires au cœur de la relation historique entre la France et le régime dictatorial de Sassou, dont elle met en avant le rôle clef en matière de sécurité dans la région (en Centrafrique notamment). »

La coopération militaire officielle entre la France et le Congo s’opère actuellement sur trois volets : le soutien direct, à travers la présence de conseillers français auprès des cadres des forces armées et de la gendarmerie ; la formation des éléments des forces armées, de la police et de la gendarmerie, et l’équipement de ces forces. « La France fournit au Congo des experts techniques, militaires, des experts de la gendarmerie, des experts spécialistes de la sécurité maritime ainsi que des spécialistes de la formation et de l’organisation générale des opérations. »

(…) « Au niveau de la formation, la France a financé une école militaire nationale de génie-travaux à Brazzaville à hauteur de 578 000 euros (378 millions de FCFA) qui accueille depuis septembre 2010 des stagiaires venant de 17 pays africains. Des accords spécifiques permettent aussi aux militaires congolais de venir se former dans les écoles militaires françaises (notamment à Saint-Cyr). Du fait de ces relations de formation et d’expertise, il existe de véritables liens organiques entre les cadres militaires français et congolais

Pour ce qui est de l’appui logistique et de l’équipement, l’article III des accords de coopération technique de 1974 précise que « la République Populaire du Congo peut s’adresser à la République française pour la fourniture de matériel et d’équipement militaires et des rechanges correspondants. La République française apporte son concours dans des conditions à définir au soutien logistique de l’armée populaire nationale ».

Malgré le tripatouillage constitutionnel et les multiples violations des Droits de l’Homme dont fait preuve le régime de Sassou, la France n’a toujours pas suspendu sa coopération militaire, et continue de la renforcer sur le plan opérationnel, comme le montre la signature des nouvelles conventions de 2015, mais également sur le plan symbolique, à travers la décoration de piliers du régime de Sassou de la Légion d’Honneur.

— A Djibouti, pays clé, au coeur du dispositif militaire français en Afrique, la France reste présente depuis l’indépendance du pays en 1977 malgré la perte de son hégémonie et des relations souvent houleuses avec le président Omar Guelleh.

Comme le précise le rapport, « Paris veut préserver sa plus grande base militaire extérieure (avec 1750 hommes, et constituant son point d’ancrage sur la côte est- africaine), qui a été employée dans près des deux-tiers des opérations extérieures menées en Afrique depuis les années 60. »

Aujourd’hui, la base de Djibouti est un élément-clé de l’opération anti terroriste Barkhane au Sahel dont elle permet la continuité à l’Est. Afin de la préserver, le Parlement français a ratifié en 2012 un nouvel accord de défense avec Djibouti pour 10 ans renouvelables. Or, comme le précise le rapport de Survie, « cet accord est le seul conclu avec une ancienne colonie française qui comprenne encore après renégociation une clause d’engagement de la France « à contribuer à la défense de l’intégrité territoriale de la République de Djibouti » en cas d’agression armée.

Encore faut-il caractériser ce qu’est une agression armée dans un pays qui connaît une longue tradition de rébellions et de répression de l’opposition par des moyens militaires » s’inquiètent les auteurs du rapport. Un soulèvement populaire ou un mouvement d’opposition demandant le départ de Guelleh déclencheraient-ils une intervention française pour sauver le régime ?

Enfin, la présence militaire française apporte un soutien financier considérable à l’Etat djiboutien. « Le loyer annuel de la base militaire française est de 30 millions d’euros, dont 5 millions d’euros d’aide au Ministère djiboutien de la Défense, principalement destinée à l’achat de matériel militaire français. A cette manne financière (…) s’ajoute l’aide publique au développement et la coopération militaire (25 millions d’euros par an), ainsi que des cessions de matériels militaires, et la consommation de biens et de services djiboutiens par les forces françaises. Or, le taux de croissance honorable de Djibouti, dû essentiellement aux loyers militaires et aux infrastructures et taxes de transport, ne profite qu’au clan au pouvoir. 80 % de la population djiboutienne vit sous le seuil de pauvreté relative, 60% est au chômage, et le pays est au 170e rang pour l’Indice de Développement Humain sur 187 pays. »

Autre cas d’école, l’histoire militaire récente du Tchad repose en grande partie sur son intrication avec l’armée française.

Depuis l’indépendance en 1960, la présence militaire française y reste quasi ininterrompue et le pays détient le record du nombre d’interventions françaises sur son sol, toutes ayant un objectif de défense du régime en place, même si leur motif officiel (rétablissement de l’état de droit, lutte contre le terrorisme, etc.) ne le laisse pas paraître. » (…) « La coopération militaire française s’articule dans deux cadres, d’une part une coopération bilatérale et d’autre part celle apportée par la présence sur le territoire tchadien de l’opération Epervier de 1986 à 2014, devenue Barkhane.

Les objectifs de la coopération sont ainsi définis par le rapport Fromion : « Le but de la coopération y est clairement d’accompagner la montée en puissance des armées tchadiennes en diffusant la doctrine française, de façon à tisser des liens entre les deux armées ». Ce rapport précise aussi le budget : « Le budget alloué à la coopération structurelle atteint 12 millions d’euros par an, auxquels on peut agréger les 53 millions d’euros de dons et d’aides diverses fournis par la force Épervier. »

Implantée à N’Djamena, Abéché et Faya Largeau au Nord du pays, l’opération sert aussi plus largement le dispositif militaire français en Afrique en jouant le rôle de base de prépositionnement pour les opérations françaises dans la sous région.

Enfin note le rapport, « le Tchad constitue un terrain d’entraînement idéal et à moindre coût pour l’armée française, puisque aucun loyer n’est payé pour son implantation (…) : « l’Etat tchadien a fait preuve d’une grande retenue dans la taxation de l’entraînement des troupes françaises et des manœuvres du dispositif Epervier. Cela est très appréciable comme l’est (à l’inverse de ce qui se fait à Djibouti) l’absence d’autorisation préalable pour envoyer des troupes en « nomadisation » ou le décollage d’un hélicoptère ou d’un avion de surveillance. La confiance d’Idriss Déby vis-à-vis du dispositif français est relativement exceptionnelle ».

Un traitement de faveur très apprécié des militaires français qui vantent en retour la stabilité du régime tchadien malgré se dérives autoritaires. L’installation du commandement de l’opération Barkhane à N’Djamena, « du fait d’une prétendue stabilité et de l’engagement du Tchad dans la lutte anti- terroriste, contribue à justifier le soutien à ce régime infréquentable, corrompu et répressif » souligne le rapport.

La militarisation du Gabon, qui s’accompagne d’une augmentation des exactions commises par l’armée, se fait avec l’appui de la France qui possède dans le pays sa principale base militaire permanente sur la côte occidentale depuis l’indépendance en 1960. En 2010, un nouvel accord de « partenariat de défense » signé entre la France et le Gabon continue de permettre «la mise à disposition de coopérants militaires techniques français » au sein de l’armée gabonaise.

En 2014, la France a ainsi formé 4000 près de soldats gabonais. La Garde républicaine reste par ailleurs toujours solidement encadrée par des experts français. C’est notamment via l’Ecole d’état-major de Libreville, que les Forces françaises au Gabon (FFG) forment de nombreux officiers des pires armées de la sous-région (Tchad, Cameroun, Congo- Brazzaville, etc.). Le rapport de Survie précise que « l’armée française met à disposition, juste pour cette école, cinq coopérants militaires techniques à temps plein ».

Le partenariat maintient par ailleurs la base militaire française et offre de nombreux avantages à l’armée française. Il permet par exemple qu’aucun « contrôle d’inventaire ou douanier ne soit fait par le Gabon sur tout le matériel et les approvisionnements […] des forces françaises » note le rapport.

La base militaire française au Gabon est par ailleurs un élément-clé du maillage de l’Afrique francophone par l’armée française. Récemment, elle a permis le départ des premiers bataillons français envoyés dans le cadre de l’opération Sangaris en Centrafrique, et son état-major a servi de commandement à cette opération. « Mais cette base française permet aussi d’intervenir dans des opérations bien moins médiatisées par le gouvernement français » relèvent les auteurs du rapport. Il y a eu par exemple son rôle proactif dans la guerre qu’a mené Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville en 1997.

Enfin, la présence militaire française au Gabon est intimement liée aux nombreux intérêts économiques français dans ce pays.

« A l’approche des élections présidentielles, et alors que l’on doit craindre une intensification de la répression, la France a pourtant le choix de suspendre sa coopération militaire et sécuritaire, pour ne pas se rendre indirectement responsable des exactions commises par les forces de sécurité gabonaises qu’elle contribue à former et conseiller » conclut le rapport.

27/04/2016 (Brève 772) MetroTime (Belgique) avec Belga / Dix femmes en grève de la faim à Saint-Josse protestent contre les viols commis à Djibouti

Lien avec l’article en Anglais : http://fr.metrotime.be/2016/04/26/news/dix-femmes-en-greve-de-la-faim-a-saint-josse-protestent-contre-les-viols-commis-a-djibouti/

Dix femmes originaires de Djibouti (Corne de l’Afrique) qui résident en Belgique ont entamé une grève de la faim à Saint-Josse (Bruxelles) depuis lundi, indique mardi le Comité des femmes djiboutiennes contre les viols et l’impunité. Ces femmes dénoncent « les viols des femmes par des soldats djiboutiens ».

Elles se placent ainsi dans la continuité des actions menées en avril en France. « Depuis le début de la guerre civile en 1991, des centaines de femmes ont été violées par l’armée gouvernementale », signale le comité des femmes djiboutiennes. « Ces crimes se déroulent (près) des bases militaires française, américaine, nippone et chinoise. » Un appel à la communauté internationale est dès lors lancé « pour qu’elle condamne les viols et l’impunité de ces crimes ».

« Le viol est utilisé comme une arme de guerre, visant à détruire l’identité des communautés. L’impunité érigée en système en République de Djibouti rend impossible toute reconstruction pour ces femmes », souligne le communiqué. Le comité a quatre exigences: la reconnaissance des viols comme crimes de guerre, l’ouverture d’une enquête internationale, le jugement des soldats suspectés de viol et le respect des conventions régionales et internationales ratifiées par Djibouti.

Cette grève de la faim intervient « dans un contexte postélectoral très tendu », indique le comité qui désigne l’actuel chef de l’État djiboutien, Ismael Omar Guelleh comme le commanditaire des « pires massacres » et ayant « une responsabilité toute particulière dans les viols et l’impunité des soldats violeurs ».

Source: Belga

27/04/2016 (Brève 771) Selon un article du journal irlandais « Thejournal.ie », Guelleh aurait porté plainte en Irland contre FaceBook pour des articles d’internautes, qu’il juge offensants à son égard et il demande par voie de justice le retrait des articles, la suppression des comptes et la communication des coordonnées des auteurs…. (En Anglais)

Lien avec l’article en Anglais : http://www.thejournal.ie/president-of-djibouti-suing-facebook-ireland-2724044-Apr2016/

The President of Djibouti is suing Facebook Ireland over posts about him

He also wants Facebook to close the accounts and removal what the President says is the offending material.THE PRESIDENT OF the African state of Djibouti Ismael Omar Guelleh has brought High Court proceedings against Facebook Ireland over what he claims are offensive posts on the social media site about him.

The matter was briefly mentioned before Mr Justice Paul Gilligan at the High Court today. The Judge was told that on consent from both parties the matter could be adjourned for a week.

In his action President Guelleh seeks several orders including one restraining Facebook Ireland Ltd from publishing or continuing to publish the content of certain Facebook accounts, and that the accounts be suspended pending the full hearing of the action.

He also wants Facebook to close the accounts and removal what the President says is the offending material.

The President of Djibouti, which is located on the Horn of Africa on the continent’s east coast, further seeks orders directing Facebook to disclose to him the identities, names, e-mail accounts, telephone numbers, postal address and IP addresses of those associated with the social accounts complained of.

President Guelleh (aged 68) has been President of Djibouti since 1999 when he took over from his uncle, who was the nation’s first leader after it obtained independence in the 1970’s. Also known by his initials IOG President Guelleh has been re-elected on two occasions since coming to power.

27/04/2016 (Brève 770) Blog de Mediapart. C’est reparti pour 5 années de désespoir (FreeDjib)

Lien avec l’article : https://blogs.mediapart.fr/freedjib/blog/260416/djibouti-guelleh-remporte-la-presidentielle-cest-reparti-pour-5-ans-de-desespoir?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-67

Djibouti : Guelleh remporte la présidentielle, c’est reparti pour 5 ans de désespoir.

En remportant une présidentielle à laquelle il avait pourtant promis de ne pas se présenter, IOG maintient son pays dans un état de peur et de torpeur qui, sauf sursaut de l’histoire, devrait durer 5 années de plus.

Ismaël Omar Guelleh a été largement réélu à la tête de la République de Djibouti dès le premier tour de la présidentielle. Ce vote, boycotté par une partie de l’USN, et jugé peu crédible par les observateurs, reconduit un des dirigeants les plus autoritaires d’Afrique. Si les derniers évènements semblent être en train de fragiliser le soutien occidental, il peut compter sur la Chine, nouveau soutien majeur de son régime, pour poursuivre sa politique féroce. 

« Il n’y aura rien de nouveau puisque le dictateur va gagner », mettait en garde l’écrivain et professeur franco-djiboutien Abdourahman Ali Waberi, à la veille de l’élection. « Mais tout peut changer si une colère monte de la base, du peuple. L’histoire est toujours en mouvement. » Ce pessimisme quant au vote était largement partagé au sein de la société civile, et personne ne se faisait d’illusion. Les partis d’opposition historiques ont même, pour certains, appelé au boycott d’un scrutin qu’ils qualifient de simulacre électoral. Pour eux, les« conditions minimales de transparence ne sont pas garanties » et l’Union pour la majorité présidentielle (UMP), parti au pouvoir, imposerait de graves « restrictions à la liberté de réunion et d’expression. » Et l’histoire leur a donné raison. Ismaël Omar Guelleh, que l’on surnomme « IOG », a été réélu dès le premier tour pour un quatrième mandat avec 86,68% des voix. Le premier candidat de l’opposition, Omar Elmi Khaireh (USN) arrive loin derrière avec 7,3% – un résultat à des lieues des mouvements populaires d’opposition qui ont enflammé le pays l’année dernière.

Les signes avant-coureurs s’étaient multipliés. Après une victoire peu crédible de l’UMP aux élections législatives, Djibouti a connu une vague de vives protestations, qui ont mené à une crise politique. Afin d’apaiser les esprits, le gouvernement et l’USN ont ratifié en 2014 un accord-cadre pour la création d’une Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Celle-ci n’a néanmoins toujours pas été mise sur pied. Daher Ahmed Farah, le porte-parole de l’USN, dénonce ce qu’il considère être « une mascarade », alors que les analystes ont condamné des manœuvres politiciennes. Pour arracher cet accord, l’opposition avait dû accepter de n’avoir que 10 députés, au lieu des 52 auxquels elle estimait avoir droit. Difficile après ça de s’attendre à une conduite exemplaire du régime. Et les craintes ont été largement confirmées. L’ancien Premier ministre du Mali Soumana Sako encadrait l’activité des observateurs de l’Union africaine, qui ont pu visiter 124 des 456 bureaux de vote. Au sein des bureaux contrôlés, il a noté un certain nombre d’irrégularités.

Dans un quart des bureaux visités, « le procès-verbal (de dépouillement) n’a pas toujours été rédigé, ni signé par les membres du bureau de vote et les délégués des partis », soulignait M. Sako quelques jours après la tenue du scrutin. De plus, « les procès-verbaux n’ont pas été affichés publiquement sur la porte du bureau. » La mission d’observation a également déploré que la vérification de l’index des électeurs, trempé dans une encre indélébile pour s’assurer que personne ne puisse voter plusieurs fois, avait été loin d’être systématique. De même, les urnes n’ont souvent pas été dûment scellées et des assesseurs ont été vus arborant des tee-shirts à l’effigie du président Guelleh à l’intérieur des bureaux de vote. Enfin, les observateurs de l’UA ont constaté l’absence des délégués de candidats de l’opposition dans certains bureaux de vote. Ainsi, sans grande surprise, M. Guelleh, 68 ans, est donc réélu pour un nouveau mandat de cinq. Cette victoire perpétue une tradition de longue date : l’ancienne colonie n’a connu que deux présidents depuis son indépendance en 1977. 

L’exaspération de l’opposition au lendemain de ce simulacre démocratique est d’autant plus compréhensible qu’IOG avait annoncé qu’il se retirerait de façon répétée, et ce jusqu’au lancement de sa campagne. Ainsi le site d’information Jeune Afrique titrait en 2011 : « En 2016, je m’en irai, cette fois je peux le jurer. » En 2014, « Encore deux ans et je m’en irai, mission accomplie. » Et finalement, en mars 2016, « Les Djiboutiens m’ont interdit de partir. » Et pendant ce temps, le pays sombre un peu plus dans la corruption et la pauvreté. Le taux de chômage avoisine les 60%, et 79,4% des Djiboutiens vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Pour ne rien arranger, ancien auxiliaire de la police coloniale française, Ismaïl Omar Guelleh s’est illustré par la violence de sa répression de toute opposition dans son pays. « Aller à l’élection c’est comme aller à l’abattoir », s’indignait Mohamed Daoud Chehem, candidat indépendant.

Le dernier fait marquant remonte au 21 décembre, lorsque l’armée réprime violemment une cérémonie religieuse traditionnelle, en périphérie de la capitale, dans le bidonville de Balbala. L’intervention de l’armée fait 27 morts, selon la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), mais le bilan officiel est de sept morts. Pour avoir publié la liste des victimes de Balbala, le fondateur de la LDDH, Omar Ali Ewado, est arrêté et condamné à trois mois de prison ferme. Le 31 décembre, le Parlement proclame l’état d’urgence, et deux députés de l’opposition sont exclus de l’Assemblée. Pourtant, la communauté internationale détourne les yeux – au mieux, elle condamne mollement les abus, sans prendre de mesure. Cela est dû au fait que la payse accueillie des bases étrangères sur son territoire – notamment française et américaine. Selon Dimitri Verdonck, président de l’Association culture et progrès, partenaire de la FIDH : « [les pays présents à Djibouti] préféraient que le minimum qu’on demande au président soit respecté : la liberté d’expression, au moins un média indépendant, tout cela n’existe pas à Djibouti. IOG ne remplit pas sa part du contrat. Mais en même temps, ils ont besoin de Djibouti pour ce que représente ce pays dans la lutte contre la piraterie ou le terrorisme. »

Un nouvel acteur qui a également changé la donne est la Chine. A l’heure où les abus de Guelleh deviennent si flagrants qu’ils sont difficilement tolérables pour les puissances occidentales, son régime s’est fait un nouvel allié. Pékin et Djibouti avancent dans la construction d’une base militaire chinoise, dont l’ouverture est prévue pour 2017. Officiellement, cette base doit servir aux opérations anti-piraterie menées par la Chine dans le golfe d’Aden. Mais elle sert aussi les intérêts économiques de Pékin en lui donnant accès à une position stratégique unique en Afrique. Progressivement, la Chine s’installe donc à Djibouti, rejoignant les Français, les Américains et les Japonais. De fait, un million de Chinois vivent en Afrique et Pékin se doit de protéger ses ressortissants et ses investissements. 

Les preuves de ce rapprochement se multiplient : le gouvernement chinois a investi 185 millions de dollars en avoirs dans le port de Djibouti. La China Civil and Engineering Construction Corporation (CCECC) a elle contribué à hauteur de 420 millions à sa construction. La Chine assure également la construction de la ligne de chemin de fer liant la capitale à l’Ethiopie voisine. En outre, le pays s’est engagé à payer 20 millions par an pour la décennie à venir en droit d’utilisation du sol djiboutien pour sa nouvelle base. Ces investissements fleuves interviennent alors que nombre de sociétés européennes ont choisi de mettre un terme à leur activité dans un pays où la pression politique a considérablement augmenté ces dernières années. Mais, renforcé par le soutien de Pékin, IOG peut continuer de fouler aux pieds les principes démocratiques. 

26/04/2016 (Brève 769) Comité des femmes djiboutiennes contre les Viols et l’Impunité. Une nouvelle grève de la faime a commencé en Belgique.

Comité des Femmes Djiboutiennes Contre les Viols et l’Impunitédjiboutiennes-contrelimpunite@hotmail.fr
Tél : +32 (0) 465 48 00 45 ou +32 (0)465 12 35 63 

COMMUNIQUE

Contre les viols par l’armée djiboutienne et l’impunité
Grève de la faim de 10  femmes Djiboutiennes
Dix femmes de Djibouti, résidant en Belgique entament une grève de la faim, le 25 avril 2016, dans la continuité des actions menées à Arcueil  (France)

Pour dénoncer les viols des Femmes  Afar  par des soldats djiboutiens  qui continuent dans l’impunité totale depuis septembre 1993, dans le Nord et le Sud-Ouest du pays.   

Elles entendent protester  contre ces violences et briser le mur de silence érigé  autour des viols. Ces crimes se déroulent à quelques encablures des bases militaires française, américaine, nipponne et chinoise.  

A Djibouti comme dans d’autres régions d’Afrique et du monde, le viol est utilisé comme une arme de guerre, visant à détruire l’identité des communautés.

L’impunité érigée en système en République de Djibouti rend impossible toute reconstruction pour ces femmes.  

Depuis le début de la guerre civile en 1991, des centaines de femmes Afars ont été violées par l’armée gouvernementale à Djibouti. Ces femmes gardent pour beaucoup d’entre elles des séquelles physiques. Elles sont toutes marquées à vie dans leur corps, leur dignité, leur conscience.   

Malgré la répression et la honte qu’elles éprouvent, certaines victimes ont eu le courage de porter plainte. Aucune plainte n’a pu aboutir jusqu’à ce jour.  

L’actuel Chef de l’Etat, Ismael Omar Guelleh, qui vient d’être « élu » pour  un 4ème mandat, commanditaire des pires massacres à Djibouti (Arhiba, Yoboki, Barislé, Bulduko) a une responsabilité toute particulière dans les viols et l’impunité des soldats violeurs.

Cette grève de faim se déroule dans un contexte postélectoral, très tendu, avec une terrible répression et de nombreux accrochages entre le FRUD et l’armée : deux personnes sont décédées sous la torture des gendarmes en février 2016,  (arrestations, tortures, exécutions extrajudiciaires, et toujours les viols des femmes).

Le Comité des Femmes Djiboutiennes contre les Viols et l’Impunité lancent un appel à la communauté internationale pour qu’elle condamne les viols des femmes djiboutiennes et l’impunité de ces crimes.  

Nous exigeons :   

  • La reconnaissance de ces viols comme crimes de guerre
  • L’ouverture d’une enquête internationale sur toutes les exactions à l’encontre des femmes en République de Djibouti
  • Le jugement des soldats coupables des viols
  • Le respect des conventions régionales et internationales ratifié par Djibouti dont le CEDAW   

Fait à Bruxelles,
Le 24 Avril 2015

24/04/2016 (Brève 768) LDDH / S’en aller loin à tout prix.

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Ligue Djiboutienne des Droits Humains

Djibouti, le 22 Avril 2016

COMMUNIQUE DE PRESSE
S’en aller loin à tout prix.

De plus en plus les régimes dictatoriaux de l’Afrique poussent la jeunesse du continent sur les chemins de l’exil parsemés des multiples drames.

Nous avons appris lors du dernier drame en méditerranée, des jeunes Djiboutiens font partie du lot des centaines des victimes noyées au large des côtes européens.

La faillite de la politique à l’adresse de la jeunesse Djiboutienne du régime en place à Djibouti ne laisse aucune opportunité sur place à nos jeunes qui se lancent dans les affres de l’exil au péril de leur vie.

Nous déplorons que notre jeunesse soit contrainte à l’exil malgré les potentialités du pays qui ne demandent qu’être exploitées d’une manière rationnelle au bénéfice de tout un chacun.

Nous regrettons que le manque d’avenir dans le pays expose notre jeunesse à la précarité, au chômage  et pour y échapper s’en aller loin à tout prix est devenue la seule solution possible à leurs yeux.

Nous interpellons tous les responsables politiques du pays à permettre à cette jeunesse l’autre issue que l’exil et ce, en adoptant un politique volontariste et capable d’intéresser et de fixer nos jeunes dans leur propre pays.

Enfin, nous nous associons et partageons la douleur avec les familles Djiboutiennes qui ont perdu leurs progénitures les plus chers dans ce drame.

  Le Président de la LDDH 
OMAR ALI EWADO

22/04/2016 (Brève 767) UDJ / Le parti UDJ s’oppose au clonage organisé par la dictature

 UDJ Djibouti   
  RÉPUBLIQUE DE DJIBOUTI

Union pour la Démocratie et la Justice ( U.D.J)
 Paix-Liberté-Justice

Le 21 avril 2016
Communiqué de presse :

Le parti UDJ s’oppose au clonage organisé
par la dictature

Non content de sa mascarade électorale du 08 avril 2016, le régime dictatorial en place organise un nouveau visage de l’opposition en créant une coalition des clones des partis politiques d’opposition qui se rajouteront à la coquille vide de l’UMP pardon du RPP.

Ainsi, en rachetant certains membres du bureau politique de l’UDJ qui sont payés par la caisse noire de la présidence, le dictateur Guelleh a décidé de cloner le parti UDJ en ordonnant à la fille du défunt Président fondateur Ismail Guedi Hared  de prendre la présidence du parti UDJ avec l’appui du jeune ministre zélé Djama Elmi Okieh.

Les manipulations politicardes du régime dans le clonage du parti révèlent sa main dans cette affaire scandaleuse en regard des multiples erreurs juridiques commises et les intentions du régime qui se lisent à travers les nombreux faux communiqués signés par la fille d’Ismail Guedi Hared. Car primo, une présidente par intérim ne peut nommer une autre présidente par intérim. Deuxièment, les titres et contenus de ces faux communiqués sont révélateurs du malaise du régime ou à chaque événement grave, le régime utilise le clone UDJ pour tenter de discréditer les démarches de l’opposition. Les exemples des faux communiqués au nom de l’UDJ sur la mise à mort de l’accord-cadre par le régime, le massacre de Buldhuqo et tout dernièrement de la félicitation de la ré-intronisation de Guelleh bien avant le RPP et leurs acolytes, sont illustrateurs des manœuvres grotesques du régime à la commande de ce clonage organisé au plus haut sommet.

Pire, le Ministre de l’Intérieur, Hassan Omar Mohamed proclame déjà la fille d’Ismail Guedi Hared comme Présidente de l’UDJ dans une lettre d’autorisation signée , bien avant la tenue de leur fantoche congrès du clonage du parti UDJ prévu pour ce vendredi 22 avril 2016 alors que le Congres d’un parti s’organise indépendamment du Ministère de l’intérieur. Cela démontre la preuve de l’aveuglement du régime dans sa volonté pressée du clonage du parti UDJ.

Face à ce clonage du parti UDJ par le régime de Guelleh, nous appelons en conséquence, à tous les militants et sympathisants de l’UDJ de se réunir sans plus tarder pour tenir leur Congrès extraordinaire afin de réorganiser leur parti et d’élire leur nouveau Président et Bureau politique conformément au Statuts et Règlement intérieur du parti.

Pour l’U.D.J, 
Said Houssein Robleh
D
éputé national