31/01/2017 (Brève 917) Détention de l’opposant djiboutien Jabha: une situation ubuesque pour son avocat (RFI – Carol Valade)

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Me Zakaria Abdillahi est le président de l’une des deux ligues de défense des droits de l’homme à Djibouti et député d’opposition à l’Assemblée nationale. Lui-même incarcéré à plusieurs reprises, Me Zakaria consacre sa vie à défendre les opposants politiques face à la justice djiboutienne. Parmi eux, Mohamed Ahmed, dit Jabha, dont les proches sont toujours sans nouvelles malgré l’annulation de la procédure à son encontre. Me Zakaria Abdillahi répond aux questions de Carol Valade.

« Ce monsieur Jabha, où toutes les charges ont été abandonnées, et dont toute la procédure a été annulée pour non-respect des règles les plus élémentaires du Code de précédure pénale djiboutien, se trouve toujours dans les prisons de la République de Djibouti mais sans que nous sachions où. C’est quelque chose qui est quand même assez ubuesque, qui n’existe qu’à Djibouti. Et rappelez-vous ce qu’a dit le Premier ministre de la République de Djibouti: « Tant que je serai aux affaires, il restera en prison. » Le procureur général était aussi ce jour là à l’audience de la Cour suprême. Je m’adresse au procureur général et je lui dis: « mais il est où mon client ? » Il a été incapable de me répondre… »

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♦ Contacté par RFI, le procureur de la République de Djibouti n’a pas tenu à répondre aux accusations formulés par Me Zakaria. « Dans les deux affaires, l’instruction est en cours » a-t-il précisé.

31/01/2017 (Brève 916) Publication du rapport annuel 2016 de la LDDH, qui recense toutes les violations des DH commises par le régime djiboutien, Exécutions, incarcérations arbitraires, non respect des règles du travail, etc.. Le rapport peut-être téléchargé en version PdF sur le site de l’ARDHD

La LDDH, sous la signature d’Omar Ewado en qualité de Président, nous a fait parvenir son rapport annuel 2016. Ce rapport est mis à la disposition de tous les internautes sur le site de l’ARDHD – lien de téléchargement -.

Précis et bien documenté, il reprend

  • région par région, toutes les atteintes aux D.H. qui sont commises par les autorités djiboutiennes sous les ordres du Magistrat suprème, le Président Ismaël Omar Guelleh et ses proches.
  • les activités de la LDDH et de ses dirigeants,
  • des informations sur la situation des travailleurs et les excés commis par les différents employeurs, en particulier, en violation du Droit du Travail

29/01/2017 (Brève 915) Erythrée : les Français inquiets pour Djibouti. Paris accroît la défense de l’espace aérien de l’ancienne colonie.(Libération) ATTENTION, il s’agit d’un article de 1999, conseillé par un lecteur.

Lien avec l’article original : http://www.liberation.fr/planete/1999/02/12/erythree-les-francais-inquiets-pour-djibouti-paris-accroit-la-defense-de-l-espace-aerien-de-l-ancien_264801

Dans la corne de l’Afrique, où l’Ethiopie et l’Erythrée s’affrontent, les militaires français sont particulièrement inquiets pour la sécurité de leur «bac à sable», la république de Djibouti. Les 3 100 soldats «prépositionnés» (* D’après nos informations, le chiffre serait plus proche d’une fourchette comprise entre 1.700 et 1.900 – Note de l’ARDHD) dans cette ancienne colonie ont été placés dans une «posture de vigilance confortée», a annoncé hier le ministère de la Défense. Washington a par ailleurs demandé à ses ressortissants de quitter l’Ethiopie et l’Erythrée.

Aux yeux de l’état-major, la principale menace vient de l’aviation érythréenne, qui pourrait s’en prendre au port de Djibouti, par où transite l’essentiel du commerce de l’Ethiopie. Les militaires redoutent moins un bombardement, peu probable, qu’une simple incursion au-dessus de la ville. Une «gesticulation», comme disent les stratèges, qui ridiculiserait la France, incapable d’assurer la défense de l’espace aérien de Djibouti.

Satellite espion. Les Erythréens ont désormais les moyens d’une telle action. Ils ont acquis six Mig 29, et selon la DGSE, d’autres sont en cours de livraison. Ces avions très performants, de fabrication russe, appartiennent à la même génération que les Mirage 2000 ou les F16 C américains. A plusieurs reprises, le satellite espion français Hélios 1 les a photographiés sur leur base d’Asmara, et des vols de reconnaissance de Mirage IVP auraient eu lieu au-dessus de l’Erythrée. Les Mig 29 seraient pilotés par des «conseillers» étrangers. Prudence. Face à cette menace,

Paris renforce les moyens de défense aérienne de Djibouti. Sur place, l’armée de l’air maintient une dizaine de Mirage F1C de l’escadron Vexin, un chasseur nettement moins moderne que le Mig 29. La marine a envoyé une frégate antiaérienne, le Jean-Bart, qui peut surveiller l’espace aérien erythréen depuis la mer Rouge. C’est sans doute insuffisant: «Nous avons un délai d’alerte de trois minutes», reconnaît-on au ministère de la Défense. Dans cette région montagneuse, un avion de chasse peut se faufiler à basse altitude sous les «lobes» radars sans être détecté. Et déboucher tranquillement devant Djibouti. Prudente, l’armée de l’air a discrètement envoyé des radars mobiles et des moyens de transmissions supplémentaires.

Des batteries de missiles Crotale et Mistral protègent la base aérienne, qui sert d’aéroport à Djibouti, alors que l’état-major étudie la possibilité d’envoyer des missiles sol-air moyenne portée Hawk. Ceux-ci avaient été installés à N’Djamena (Tchad), au plus fort des affrontements avec la Libye. 

28/01/2017 (Brève 914) Relations Chine-Etats-Unis : Djibouti au centre d’une nouvelle guerre froide (JolPress)

Lien avec l’article original : http://www.jolpress.com/relations-chine-etats-unis-djibouti-au-centre-dune-nouvelle-guerre-froide-article-835645.html

Avec l’entrée en fonction du nouveau Président américain, farouchement opposé à la Chine, Djibouti risque de se retrouver pris en étau entre les deux grandes puissances mondiales. L’actuelle position sinophile du Président Ismail Omar Guelleh pourrait dans ce contexte de tension compromettre les bonnes relations avec Washington et mettre durablement en péril la stabilité du pays.

En déclarant ces mots sur la chaîne américaine Fox en décembre dernier, le président-élu Donald Trump mettait fin à quarante ans de politique diplomatique américaine. Et ouvrait un nouveau chapitre dans l’histoire des relations sino-américaines : une ère de méfiance et de tension. Considérée comme une dictature et accusée d’agir unilatéralement dans ses relations commerciales, Pékin a été désigné de longue date comme « ennemi » des Etats-Unis par Donald Trump. Le Président récemment entré en fonction entend donner la priorité aux intérêts américains et semble dessiner les contours d’une nouvelle forme de guerre froide. 

Seule base militaire américaine en Afrique, Djibouti pourrait bien se retrouver au centre des tensions entre Pékin et Washington. Donald Trump a déjà fait connaître ses réserves quant à la pertinence des alliances militaires négociées par ses prédécesseurs et du maintien d’une présence militaire américaine sur le sol étranger. Conseiller stratégique de son équipe de transition, Pete Hoekstra a émis des critiques sur les relations militaires qui unissent le petit pays de la Corne de l’Afrique au géant asiatique, dénonçant le népotisme débridé du dirigeant djiboutien au détriment d’une stratégie globale de lutte contre les menaces sécuritaires dans la région.

Quel impact pour l’économie djiboutienne ?

Partenaire historique de Djibouti, les Etats-Unis versent à eux seuls plus de 70 millions de dollars par an, aide au développement incluse. Le Président IOG, aujourd’hui dans son quatrième mandat à la tête du pays à la suite d’une réforme constitutionnelle, a pourtant commencé à leur tourner le dos pour se rapprocher de la Chine. Un clientélisme qui vaut aujourd’hui à Pékin d’avoir dépassé Washington en devenant le premier partenaire commercial de Djibouti.

Manifestement inconscient des tensions dont il est l’objet, Guelleh s’exprimait : « La Chine a le droit de défendre ses intérêts comme tout le monde ». Le gouvernement djiboutien a ainsi ordonné aux autorités américaines l’évacuation de leur base militaire, et ce, malgré des investissements colossaux dans le Port d’Obock, un projet qui avait mobilisé à lui seul 14 millions de dollars américains directement prélevés des poches de Washington. En parallèle, la Chine renforce sa présence sur place en postant plus de 10 000 hommes de manière permanente.

Le résultat de cette sinophilie du Président djiboutien est pour l’heure que les Etats-Unis envisagent de quitter définitivement le pays pour s’établir au Sénégal. Privé de la présence militaire américaine et face au déclin de ses relations avec la France, Djibouti serait alors entièrement livré à la puissance chinoise, bien déterminée à consolider sa présence sur le continent africain. Nul doute, dès lors, que cette sinophilie finira d’achever les relations économiques et diplomatiques entre Djibouti et Washington. Mais Pékin est-il prêt à assumer à lui seul le rôle de deux grandes puissances ?

En laissant le pays sous l’entière coupe de la Chine, IOG condamne son économie à être placée sous respirateur artificiel provenant d’une seule et unique source. La mainmise de la Chine sur l’économie djiboutienne fait en outre peser un risque en cas de récession du géant chinois. La fermeture du marché américain et de ceux des pays qui s’aligneront sur la ligne de Washington pourrait plonger la Chine dans une période de troubles économiques et la forcer à ralentir sa production, faute de débouchés. Que se passera-t-il lorsque Pékin coupera ses investissements dans les infrastructures djiboutiennes ? 

27/01/2017 (Brève 913) La Présidence de Djibouti : un panier de crabes familial, avec un Guelleh affaibli, incapable ‘arbitrer les luttes fratricides dans son clan (Source LOI)

Selon le dernier numéro de LOI (accès payant), les proches membres de la famille Guelleh, qui occupent des postes de premier plan, se battent entre eux. En ce moment, c’est à propos des élections régionales …

D’abord, toujours selon ce média, le beau-frère de Guelleh, Abdoulkader Kamil Mohamed, le premier Ministre aux pouvoirs très réduits, s’oppose (férocement ?) au gendre de Guelleh, le Ministre de la santé, Djama Elmi Okieh dit Djama Speed.

Mais ce n’est pas tout… Les deux personnalités citées ci-dessus, seraient en guerre ouverte avec le secrétaire général de la primature, fils du premier mariage de la Paulette avec Abdallah Kamil (ancien premier Ministre), Naguib Abdallah Kamil.


La gouvernance de Djibouti est désomais entre les mains d’une seule famille … nous n’allons pas citer tous les fauteuils qui sont occupés par les enfants et leurs conjoints, dans l’administration ou dans le privé, car la liste est trop longue.

Bref, s’il y avait encore des personnes mal informées, la République de Djibouti est devenue une entreprise familiale intégrée, mais les loups commencent à se dévorer, parce que le Roi perd ses griffes et que la Reine a fini par fatiguer tout son entourage, par ses caprices, ses dictats, son appétit à se méler de la politique et à donner des ordres aux Ministres, alors qu’elle n’a aucune fonction officielle qui pourrait donner une apparence de légitimité à ses interventions.

24/01/2017 (Brève 912) Quand l’Assemblée nationale de Djibouti reconnait un génocide commis à l’étranger et fait l’impasse sur les massacres commis sur son propre territoire. Une véritable honte pour les députés….(ARDHD)

Selon le site de l’APA (http://fr.apa.az/haut_karabagh/le-parlement-de-djibouti-a-adopt-une-r-solution-sur-la-reconnaissance-du-massacre-de-khodjaly.html) l’Assemblée nationale de la République de Djibouti (parlement) a adopté à la majorité absolue une résolution concernant le génocide de Khodjaly.

« Portant commémoration du massacre des civils azerbaïdjanais dans le ville de Khodjaly en 1992 et soutien contre agression de la République d’Arménie contre la république d’Azerbaïdjan »
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Très curieusement, avant de s’intéresser aux affaires des autres, nous notons que le Parlement djiboutien n’a jamais émis de résolution concernant les massacres commis à Arrhiba ni à Bulduqo.

Face à ce déni de justice et de compassion pour les victimes djiboutiennes et pour leur famille, on ne peut que s’interroger sur l’indépendance des parlementaires djiboutiens : s’interroger est un bien grand mot, car nous avions la réponse depuis longtemps : ils sont aux ordres de la dictature…..

23/01/2017 (Brève 911) L’UDJ canal historique, appelle au boycott des élections municipales en dénonçant une ènième mascarade électorale. Selon un communiqué signé par son secrétaire général.

Enième mascarade électorale : L’U.D.J appelle au boycott

UDJ canal historiqueLes élections municipales de 2017 qui permettront la formation des équipes qui dirigeront les différentes communes de la capitale et des conseils régionaux
pointent leur nez et nous interpellent, nous responsables politiques de l’opposition.

La victoire de l’USN aux législatives de février 2013, fruit de l’engouement et de l’engagement de la population djiboutienne fut usurpée par le régime en place sans autre forme de procès.

Une répression féroce qui avait pour objectif d’étouffer les aspirations légitimes du peuple fut la seule réponse du régime face aux manifestations pacifiques.

Après plusieurs mois de face à face tendu, le régime lâcha du lest en initiant un accord-cadre trompeur après moult réunions de préparation. Ce rapprochement entre les deux parties suscita beaucoup d’espoir au sein de la population qui voulait en finir avec l’impasse politique née de la crise postélectorale. Comme chaque régime dictatorial qui se respecte, il enterra unilatéralement l’accord et accusa l’opposition.

Profitant de la cacophonie créée par les divergences de points de vue au sein de l’opposition, les élections présidentielles de 2016 furent une promenade de santé pour l’usurpateur de Djibouti.

Pour revenir aux pseudo-élections municipales de 04 février 2017, il faut être crédule pour espérer des élections libres et transparentes.

Fait surprenant, toutes les listes électorales sont triées par le Secrétaire Général du RPP, Monsieur Ilyas Moussa Dawaleh, ministre-commerçant, cet homme qui monte aux yeux de la famille régnante, joue au faiseur de roi.

Le régime n’est plus intéressé par cette élection, pour preuve il n’y a pas des bailleurs, l’absence remarqué des observateurs électoraux qui n’apparaissent que le jour de l’élection. Des sources sures nous rapportent qu’il n’y a plus de cartes d’électeurs pour voter. Désormais, la carte d’identité suffira ; une première à Djibouti, ce qui n’augure rien de bon.

Ni l’opposition ni la société civile digne de ce nom ne sont représentées dans ces élections communales. Force est de constater que des nouveaux groupes ont fait leur apparition, ces derniers jours, pour se présenter et légitimer encore une fois cette mascarade du régime, mais personne n’est dupe. Tout le monde s’accorde à dire que ces listes dites indépendantes sont des ramifications du parti au pouvoir censées habiller cette énième usurpation du pouvoir du peuple.

Pour L’U.D. J, forte de son expérience, rejette et ne participera pas à cette nouvelle mascarade communale et par conséquent appelle la population djiboutienne au boycott massif parce que c’est une tromperie de plus.

Fait à Paris, le 22 janvier 2017.
Le Secrétaire Général de l’UDJ :
Hachin Loita Ahmed


E-mail: hachinloita@email.com

Signé Hachin Loyta Ahmed

20/01/2017 (Brève 910) Les lycéens du Nord de Djibouti (Obock et Tadjourah), exclus du système scolaire, parcequ’ils sont issus de familles défavorisées. Désormais condamnés à errer dans les rues. (LDDH)

Selon un communiqué qui nous a été adressé par Ali Omar Ewado, en qualité de Président de la LDDH, plusieurs dizaines de lycéens de Tadjourah et d’Obock auraient été renvoyés des établissements scolaires pour un motif sordide.

En effet leurs familles, qui se débattent dans la pauvreté puisque le régime leur refuse l’accès aux emplois et aux services, n’ont pas les moyens de régler les frais de scolarité de leurs progénitures.

Voilà un nouvel exemple dramatique qui démontre, s’il en était besoin, à la fois des mensonges du dictateur, qui ne perd jamais une occasion pour prétendre qu’il fait tout pour sa population alors que les faits prouvent systématiquement l’inverse, mais aussi la volonté de punir les populations du Nord, en les condamnant à la pauvreté, à l’ignorance, aux harcèlements policiers et au manque de soins.

Nous soutenons les appels de la LDDH
– vers les organisations internationales, en particulier celles qui s’occupent des enfants et des jeunes (comme l’UNICEF et aussi l’UNESCO)
– aux responsables djiboutiens, en particulier au sein du Ministère de l’Education nationale pour qu’ils revoient leur copie et qu’ils mettent un terme à cette situation honteuse d’abord pour eux-mêmes mais aussi pour tout le pays.