28/01/2017 (Brève 914) Relations Chine-Etats-Unis : Djibouti au centre d’une nouvelle guerre froide (JolPress)

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Avec l’entrée en fonction du nouveau Président américain, farouchement opposé à la Chine, Djibouti risque de se retrouver pris en étau entre les deux grandes puissances mondiales. L’actuelle position sinophile du Président Ismail Omar Guelleh pourrait dans ce contexte de tension compromettre les bonnes relations avec Washington et mettre durablement en péril la stabilité du pays.

En déclarant ces mots sur la chaîne américaine Fox en décembre dernier, le président-élu Donald Trump mettait fin à quarante ans de politique diplomatique américaine. Et ouvrait un nouveau chapitre dans l’histoire des relations sino-américaines : une ère de méfiance et de tension. Considérée comme une dictature et accusée d’agir unilatéralement dans ses relations commerciales, Pékin a été désigné de longue date comme « ennemi » des Etats-Unis par Donald Trump. Le Président récemment entré en fonction entend donner la priorité aux intérêts américains et semble dessiner les contours d’une nouvelle forme de guerre froide. 

Seule base militaire américaine en Afrique, Djibouti pourrait bien se retrouver au centre des tensions entre Pékin et Washington. Donald Trump a déjà fait connaître ses réserves quant à la pertinence des alliances militaires négociées par ses prédécesseurs et du maintien d’une présence militaire américaine sur le sol étranger. Conseiller stratégique de son équipe de transition, Pete Hoekstra a émis des critiques sur les relations militaires qui unissent le petit pays de la Corne de l’Afrique au géant asiatique, dénonçant le népotisme débridé du dirigeant djiboutien au détriment d’une stratégie globale de lutte contre les menaces sécuritaires dans la région.

Quel impact pour l’économie djiboutienne ?

Partenaire historique de Djibouti, les Etats-Unis versent à eux seuls plus de 70 millions de dollars par an, aide au développement incluse. Le Président IOG, aujourd’hui dans son quatrième mandat à la tête du pays à la suite d’une réforme constitutionnelle, a pourtant commencé à leur tourner le dos pour se rapprocher de la Chine. Un clientélisme qui vaut aujourd’hui à Pékin d’avoir dépassé Washington en devenant le premier partenaire commercial de Djibouti.

Manifestement inconscient des tensions dont il est l’objet, Guelleh s’exprimait : « La Chine a le droit de défendre ses intérêts comme tout le monde ». Le gouvernement djiboutien a ainsi ordonné aux autorités américaines l’évacuation de leur base militaire, et ce, malgré des investissements colossaux dans le Port d’Obock, un projet qui avait mobilisé à lui seul 14 millions de dollars américains directement prélevés des poches de Washington. En parallèle, la Chine renforce sa présence sur place en postant plus de 10 000 hommes de manière permanente.

Le résultat de cette sinophilie du Président djiboutien est pour l’heure que les Etats-Unis envisagent de quitter définitivement le pays pour s’établir au Sénégal. Privé de la présence militaire américaine et face au déclin de ses relations avec la France, Djibouti serait alors entièrement livré à la puissance chinoise, bien déterminée à consolider sa présence sur le continent africain. Nul doute, dès lors, que cette sinophilie finira d’achever les relations économiques et diplomatiques entre Djibouti et Washington. Mais Pékin est-il prêt à assumer à lui seul le rôle de deux grandes puissances ?

En laissant le pays sous l’entière coupe de la Chine, IOG condamne son économie à être placée sous respirateur artificiel provenant d’une seule et unique source. La mainmise de la Chine sur l’économie djiboutienne fait en outre peser un risque en cas de récession du géant chinois. La fermeture du marché américain et de ceux des pays qui s’aligneront sur la ligne de Washington pourrait plonger la Chine dans une période de troubles économiques et la forcer à ralentir sa production, faute de débouchés. Que se passera-t-il lorsque Pékin coupera ses investissements dans les infrastructures djiboutiennes ?