29/06/2017 (Brève 1022) Un signe d’espoir pour les familles de réfugiés djiboutiens enregistrées auprès du HCR d’Addis Abeba (Omar Gabasse)

Une grande première qui a redonné espoir et courage aux familles de réfugiés qui vivent dans des conditions très difficiles à Addis Abeba, dans l’attente, depuis plus de 20 ans de solutions de relocalisation dans un pays d’accueil.

En effet, ils ont été invités par le HCR d’Addis et l’ARRA (organisme éthiopien pour les réfugiés) à participer à la journée mondiale des réfugiés du 20 juin. De nombreuses manifestations ont été organisées durant ce déplacement de trois jours à Gambela (située à 500 km d’Addis).

Mais surtout les organisations avaient tout prévu : transport par bus, hôtel et même argent de poche.

Inutile de préciser que ces familles oubliées ont retrouvé le moral à double titre : d’abord parce qu’elles étaient reconnues comme réfugiés et non comme citoyens de troisième niveau et ensuite parce que ces fêtes ont été l’occasion d’oublier la vie difficile qu’elles subissent quotidiennement en marge de la vie des citoyens éthiopiens.

Nous nous réjouissons pour elles.

Omar Gabsse
Co-représentant des réfugiés djiboutiens en Ethiopie

Réfugiés djiboutiens en Ethiopie

29/06/2017 (Brève 1021) De nouvelles victimes des forces de sécurité … (LDDH)

Dans un communiqué de la LDDH signé par son Président Omar Ali Ewado, nous apprenons que les nomades qui avaient été arrêtés dans le nord du pays et transférés en grand nombre dans le centre de rétention de Nagad, pourraient avoir été récemment relâchés, après deux mois d’incarcération illégale dans des conditions particulièrement pénibles : chaleur, insalubrité, etc. Ce point reste à vérifier, car l’accès au centre et aux informations sont strictement interdits et en particulier aux ONG.

L’élément
important est de savoir qu’il y a eu un mort (mauvais traitement, refus de soins ???) le 25 juin : il s’agit d’Abdo Mohamed Ismaïl qui avait été arrêté à Tadjoura deux mois auparavant.

On signale aussi la mort le 11 juin, des suites d’actes de torture, d’un docker qui avait été arrêté le 28 mai 2017 par la Sécurité du port.

L’ARDHD se joint aux appels de la LDDH pour :

  • demander l’ouverture d’une enquête à la suite de ces deux décés et le renvoi devant la justice pénale
    des auteurs de ces crimes.
  • demander la fermeture définitive du centre de rétention de Nagaq, qui est un lieu de détention aux conditions inhumaines et qui échappe au contrôle de l’autorité judiciaire

27/06/2017 (Brève 1020) Djibouti, la minuscule cité-Etat du Golfe d’Aden, et ses sept armées (RFI Par Tirthankar Chanda)

Lien avec l’article http://www.rfi.fr/afrique/20170627-djibouti-guelleh-cite-etat-aden-sept-armees-independance-aptidon

Il y a quarante ans, jour pour jour, Djibouti était la dernière colonie française en Afrique à accéder à l’indépendance. Aujourd’hui, grâce à sa situation stratégique face au détroit du Bab-el Mandeb, à l’entrée d’une des grandes routes commerciales du globe, cette minuscule cité-Etat voit les grandes puissances du moment venir la solliciter pour positionner leurs troupes sur son sol pour combattre les jihadistes ou les pirates, ou les deux. L’arrivée de la Chine sur la scène complique la donne.

Djibouti semble vivre à « une nouvelle allure du temps », écrivait il y a quelques mois Sonia Le Gouriellec, citant Michelet, dans une tribune du quotidien Le Mondeconsacrée aux mutations profondes en cours dans ce pays. Chercheuse à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSERM), l’auteur connaît bien Djibouti et retrace avec enthousiasme le rôle central que celui-ci joue dans l’accélération de l’histoire dans l’Afrique de l’Est en pleine émergence, regrettant seulement que ce renouveau s’écrive avec la Chine et pas avec son partenaire historique, la France, qui n’a pas su repenser sa relation avec ce pays aux ambitions régionales.

Lorsqu’on fait le bilan des quatre décennies d’indépendance de Djibouti, il est difficile de ne pas s’apercevoir que cette petite cité-Etat de la corne de l’Afrique est en train de changer, plus rapidement aujourd’hui qu’au cours des trente premières années de son existence en tant que pays indépendant. Qualifié longtemps d’« arpents de cailloux bordant la mer Rouge », ce territoire à peine plus grand que la Normandie est en passe de devenir grâce à sa situation face au détroit du Bab-el-Mandeb, entre la mer Rouge et l’océan Indien, l’un des lieux les plus stratégiques de la planète où les pays les plus puissants se concurrencent pour positionner leurs troupes.

L’enjeu est de taille, celui de protéger l’une des principales voies maritimes du globe par laquelle circulent près de 20% des exportations mondiales et 10% du transit pétrolier annuel. Aujourd’hui, tout le monde veut être à Djibouti.

++ Du sable, du sel et 20 000 chameaux »
Ce destin stratégique n’avait pas été prévu lorsque ce confetti de l’ancien empire français a accédé à l’indépendance le 27 juin 1977. C’est le président Giscard d’Estaing qui a reconnu la vocation à la souveraineté de cette dernière possession française en Afrique lorsque sa population a voté à plus de 98% en faveur de l’émancipation au référendum organisé pour mesurer l’adhésion populaire.

Pour la presse de l’époque, la cité-Etat qui lors de son indépendance faisait l’objet des revendications territoriales de la part de ses voisins somalienne et éthiopienne, n’avait aucun avenir. Elle était, pouvait-on lire dans l’édition du 27 juin 1977 du Monde, condamnée à « troquer une dépendance contre une autre » ! La presse anglo-saxonne n’était pas plus optimiste. Après avoir rappelé que Djibouti n’avait qu’en tout pour tout un kilomètre carré de terrain cultivable et une seule route goudronnée, l’agence Associated Press s’interrogeait sur la viabilité de ce nouvel Etat qui n’avait pour seules ressources que « du sable, du sel et 20 000 chameaux ».

Créé de toutes pièces par les marins français au XIXe siècle, Djibouti est un petit pays de 23 000 km2, annexé à l’empire français dès 1888. Pendant la période coloniale, il a longtemps servi d’escale maritime pour les bateaux à vapeur battant pavillon français en route pour l’Indochine. En inaugurant en 1917 la ligne de chemin de fer reliant la colonie à Addis Abeba, en Ethiopie, les colonisateurs français ont ouvert l’arrière-pays enclavé de la corne de l’Afrique au commerce international. Mais c’est seulement à partir des années 1990, après l’indépendance de l’Erythrée qui fut la façade de l’Ethiopie  sur la mer Rouge, que l’économie djiboutienne a commencé vraiment à tirer parti de cette liaison ferroviaire par laquelle désormais transite plus de 80% des marchandises éthiopiennes.

En attendant, Djibouti sommeillait, tirant l’essentiel de son revenu (40% du PIB) de la base de 4 000 hommes armés – un dispositif allégé depuis – que la France y maintient depuis l’indépendance, à la fois pour servir de parapluie contre les menaces qui pesaient sur la République fraîchement émancipée, et pour perpétuer sa présence militaire dans un continent où elle a des intérêts géopolitiques importants.

Pour l’opposition djiboutienne, les militaires français ont aussi servi d’« assurance-vie » au régime autoritaire qui a pris le pouvoir après l’indépendance, instaurant un régime clanique et tribal. « En 1992, les rebelles du Frud (Front pour la restauration de l’unité et la démocratie) étaient aux portes de Djibouti-ville et sans le soutien des militaires français au dictateur Hassan Gouled Aptidon, le gouvernement serait tombé », se souvient Mohamed Kadami, fondateur historique du Frud exilé à Paris depuis 2000 et chantre de la résistance armée contre le régime djiboutien.

++ Une dynamique nouvelle
En 40 ans d’indépendance, Djibouti a connu seulement deux présidents. En 1999, Ismaïl Omar Guelleh, le neveu du président-fondateur Aptidon, s’est installé à la tête du pays. Il s’est maintenu au pouvoir, depuis, en modifiant la Constitution et en verrouillant la vie politique. « La situation politique est tellement verrouillée que les conseils des ministres ressemblent à un conseil de famille », ironise Mahmoud Djama, coordinateur pour l’Europe du parti de l’opposition Mouvement pour le Renouveau démocratique (MRD). Pour ce dernier, la longévité du président Guelleh au pouvoir depuis 18 ans s’explique en partie par la nouvelle dynamique née avec la ruée dans la région de militaires appartenant aux puissances qui comptent.

L’histoire s’est en effet accélérée à Djibouti au tournant du millénaire lorsque, faisant suite aux attentats du 11 septembre, les Etats-Unis y ont installé en 2002 leur première base militaire permanente sur le continent africain dans le but de pourchasser et éliminer les jihadistes. C’est ce que font depuis quinze ans les 4 000 militaires américains du camp Lemonnier, base abandonnée des légionnaires français, jouxtant l’aéroport international de Djibouti. De là partent les avions pour aller bombarder en Somalie voisine les succursales locales d’al-Qaida qui font régner la terreur dans la Corne de l’Afrique ou pour aller prêter main forte aux Saoudiens qui mènent au Yémen, de l’autre côté du détroit, une guerre féroce contre la puissance montante iranienne, par le mouvement yéménite des houthistes interposé.

Dans la foulée des Américains, le Japon, l’Allemagne, l’Italie et l’Arabie saoudite ont installé leurs troupes, tant pour participer à la lutte contre les jihadistes que pour combattre la piraterie au large de la Somalie qui a coûté en 2011, au plus fort des attaques, des pertes de l’ordre de 11 milliards de dollars au commerce international. Cette piraterie en mer touche de prime abord la Chine dont les navires font transiter quotidiennement des marchandises valant plus d’un milliard de dollars par la voie maritime de Bab el-Mandeb, à destination de l’Europe. Par ailleurs,  la moitié des importations de pétrole chinoises transitent par ce même détroit.

Cela n’étonnera donc personne qu’après avoir participé pour la première fois en 2008 à une opération de lutte anti-piraterie dans la mer Rouge, la Chine s’apprête à ouvrir à Djibouti sa propre base militaire qui pourrait accueillir jusqu’à… 10 000 soldats. L’ampleur de cette présence – revue à la baisse par les autorités locales – tout comme les rumeurs les plus folles qui circulent sur les facilités opérationnelles accordées aux futures forces chinoises, préoccupent les autres pays étrangers présents sur le territoire djiboutien.

Djibouti peut difficilement refuser de satisfaire les demandes de Pékin qui a investi 14 milliards de dollars à cette date pour doter la cité-Etat d’infrastructures modernes : des installations portuaires dont le port multifonction de Doraleh opérationnel depuis le mois de mai, un oléoduc, des zones franches, une banque d’investissement, un centre financier…. Last but not least, cent ans après les Français, les capitaux et le savoir-faire chinois ont permis de construire une nouvelle voie de chemin de fer entre Addis-Abeba et Djibouti et les trains peuvent de nouveau circuler entre les deux capitales.

++
« Mon pays est devenu un porte-avions occidental »
Ces développements tout comme les loyers élevés des bases militaires, qui tombent tous les ans, ont réussi à donner ces dernières années un coup de fouet à l’économie de la cité-Etat. Selon les chiffres du gouvernement, le taux de croissance qui a frôlé 6 ,5% pendant deux années consécutives, devrait dépasser la barre de 7% en moyenne entre 2017 et 2019, sans que pour autant elle réduise significativement la pauvreté qui touche la moitié de la population. C’est ce qui fait dire à l’opposition que le bilan des quarante années d’indépendance demeure « globalement négatif » et que le poids de la dette, notamment envers la Chine, risque d’être vite insoutenable, rejoignant les critiques formulées récemment par le FMI (2).

L’opposition critique notamment la transformation du pays en une « cité à casernes ». « Mon pays est devenu un porte-avions occidental », se lamente Mohamed Kadami. Quant au Belgo-Djiboutien Daher Ahmed Farah, président du MRD (Mouvement pour le Renouveau démocratique) et porte-parole de la coalition des opposants l’USN (Union pour le salut national), il accuse le régime d’« interpréter la présence militaire étrangère comme un soutien à sa politique sécuritaire en trompe-l’œil et donc comme un permis de fouler aux pieds en toute impunité les droits de l’Homme et les libertés publiques ».

De plus en plus, l’opposition djiboutienne se voit comme la solution à la crise de « fin de régime » que traverse le pays avec à sa tête un président vieillissant, usé par de longues années de pouvoir sans partage. « Les pays occidentaux s’inquiètent de voir Djibouti tomber dans l’orbite de Pékin, tout comme nous », affirme Mohamed Kadami. Et d’ajouter : « On pourrait peut-être enfin s’entendre. »

26/06/2017 (Brève 1019) La détention et la condamnation de Jabha à 15 ans de prison reflètent bien le visage hideux et haineux du pouvoir de Guelleh (Communiqué du FRUD signé par Mohamed Kadamy)

FRONT pour la RESTAURATION de L’UNITE ET la DEMOCRATIE

–FRUD-

djibouti_frud@hotmail.com

À l’issue d’un pseudo procès plié d’avance, qui n’a duré que 2 heures, Mohamed Ahmed Jabha a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle par  la Cour Criminelle le 18 juin 2017.

Verdict inique, mais tellement prévisible compte tenu des propos tenus par les hauts responsables  politiques de ce pays («tant que je serai au pouvoir, Jabha ne sortira pas de  prison » a déclaré le 1er ministre).

Verdict qui s’apparente à une condamnation à mort. pour Mohamed Ahmed Jabha, qui à cause de refus systématique des soins est tombé gravement malade, dans l’enfer carcéral de Gabode, comme l’a déclaré son avocat Me Bérenger Tourné,  interdit de plaidoirie à Djibouti

L’entière responsabilité de ce qui pourra lui arriver, incombera à son principal bourreau: Ismael Omar Guelleh.

Rien ne lui a été épargné: torturé  durant 58 jours tour à tour par tout ce que le pouvoir compte comme forces de coercition : l’armée  (à Margoïta et à Assageila),  la SDS et la police dans la capitale. Sept années de calvaire dans les geôles de Gabode où  la police l’a encore  torturé   au vu et au su de tout le monde et a tenté de l’empoisonner lors de sa détention.

Les institutions de la République de Djibouti qui sont impliquées dans le funeste sort infligé à Mohamed Ahmed Jabha ne sortent ni  grandies, ni indemnes de  la manière d’avoir traité le plus ancien prisonnier politique de ce pays. Aucune de ces institutions n’a respecté les règles édictées par les 4 conventions de Genève de 1949 et la convention contre la torture  de 1984

D’abord au niveau des forces armées et des forces de l’ordre : lors de son arrestation le 3 mai  2010  à Margoïta et ensuite au niveau  des institutions judiciaires  qui ont démontré leur soumission totale au  dictateur, nonobstant des décisions courageuses de quelques juges  de la Cour d’Appel et de la Cour suprême.

Les soldats, les agents de la police  ainsi que leurs commanditaires sont coupables de crimes de guerre.

L’article commun aux conventions de Genève de 1949, qui couvrent les conflits armés internes

exige que toutes les personnes se trouvant aux mains de l’ennemi soient traitées avec humanité, sans aucune distinction de caractère défavorable. Il interdit  le meurtre, les mutilations, la torture, les traitements cruels, humiliants et dégradants, les prises d’otages et les procès inéquitables.

Le protocole 1 du 8 juin 1977, additionnel aux conventions de Genève, prévoit une interdiction absolue de la torture.

Enfin le statut de la Cour pénale internationale a défini le crime de guerre dans son article 8-

1  La cour a compétence à l’égard des crimes de guerre;
2 Aux fins du Statut, on entend par «crimes de guerre»  les infractions graves aux conventions de Genève  de 1949 comme : 
   . La torture ou les traitements inhumains,  les traitements humiliants et dégradants »

++ Le Font pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie dénonce :

  • toutes ces violations des conventions de Genève de 1949 ;
  • les tortures  infligées à  Mohamed Ahmed Jabha durant toutes ces années ainsi que le  refus des soins qui constituent un crime de guerre.
  • ce simulacre de procès qui condamne à une mort certaine Mohamed Ahmed Jabha, ce combattant de la liberté qui a sacrifié sa prime jeunesse pour l’avènement d’un véritable état national à Djibouti.

Fait à Bruxelles, le 25 juin 2017
Mohamed Kadamy
Président du FRUD

25/06/2017 (Brève 1018) 40 années d’indépendance en trompe l’oeil (Equipe de l’ARDHD)

Après-demain 27 juin, cela fera 40 ans que le pays a acquis son indépendance vis à vis de l’ancienne puissance coloniale. Il y a 40 ans Ahmed Dini prononçait un discours plein d’espoir, alors que le nouveau drapeau de la République remplaçait celui de la France. La foule en liesse buvait ses paroles et imaginait un monde meilleur où les Djiboutiens seraient libres de leurs choix et de leurs décisions.

40 années plus tard, alors que le dictateur, sa femme, ses enfants et leurs obligés se préparent à honorer de leur présence de nombreuses manifestations exceptionnelles, force est de constater que la popuplation vient de vivre, dans sa grande majorité, 40 années de recul, de privations, d’appauvrissement et d’asservissement.

Loin de connaître des améliorations progressives de leur niveau de vie, comme cela aurait dû être le cas,
les nationaux de Djibouti se sont enfoncés dans la misère, dans l’injustice, la peur de s’exprimer et l’obligation d’adhérer à la pensée unique, sous peine d’être arrêtés, torturés, humiliés, …. La qualité des services publics s’est dégradée, en particulier la Santé, l’Education et la distribution de l’eau et de l’électricité. Le chômage bat un nouveau record chaque année.

Quant à l’indépendance du pays, les décisions de Guelleh l’ont sérieusement compromise. Même si la France, ancienne puissance coloniale a perdu beaucoup de terrain et de pouvoir, elle a été remplacée d’abord par des puissances militaires : en particulier par les USA, mais aussi le Japon, l’Italie et d’autres encore. Ils sont présents militairement, mais les témoins ne parlent pas de volonté de contrôle dans le fonctionnement du pays. Ils payent des loyers dont les montants devraient constituer une part significative du budget de l’Etat : mais il ne semble pas que la population en ait ressenti les effets bénéfiques.

Il reste la Chine qui est en train de pratiquer une nouvelle forme de colonisation :

– financière d’abord. Par des investissements importants, dont le retour sur investissement ne semble pas garanti, les Chinois ont endetté le pays dans des proportions inquiétantes. Même l’emploi des autochtones ne semble pas en avoir bénéficié de façon sensible. Mais les Djiboutiens devront rembourser les échéances … Et les banques chinoises bénéficient désormais de facilités exceptionnelles pour développer leurs activités,

– militaire ensuite. Bien que la Chine et Djibouti restent très discrets sur les projets chinois d’implantations de bases militaires, on parle quand même d’un minimum de 10.000 hommes et même 20.000 dans un avenir pas si lointain que cela.

Alors où est l’indépendance, lorsqu’un pays est occupé par des militaires étrangers en grand nombre et que son économie locale passe progressivement aux mains d’une puissance étrangère?

Commémorer le 40ème anniversaire de l’indépendance, certes oui, mais pour le fêter, il faut soit appartenir aux quelques familles qui ont accaparé tous les pouvoirs et qui détournent les produits de l’Etat à leur seul profit, soit être particulièrement masochiste !

C’est la raison pour laquelle, l’équipe de l’ARDHD ne souhaitera pas bonnes fêtes aux Djiboutiennes et aux Djiboutiens, mais se limitera à un message de sympathie et de soutien pour mettre un terme à la dictature qui a volé 40 années d’indépendance.

24/06/2017 (Brève 1017) Pour une reconnaissance du droit des Afar, au même titre que toutes les composantes de la Nation, dans le cadre de la constitution et des lois républicaines (Lecteur de Tadjoura)

« Si un être se fixe dans un endroit qui n’est pas le sien sans volonté évidente de l’améliorer et en excluant les populations autochtones, alors cet endroit le rejettera comme étant un arbre à l’odeur fétide et qui n’a pas porté de fruits »

Les tentatives d’exclusions dont est victime, une fois encore la population Afar de Tadjourah, appelle chacune et chacun d’entre nous à une vive réaction d’opposition au projet de Saad Omar Guelleh.

En effet, l’ancien laveur de vedettes, devenu le « Big Chief » du Port Autonome International de Djibouti (PAID) par la grâce d’IOG règne lui aussi mais en monarque tyrannique sur le port.

Il donne des promotions à qui bon lui semble et révoque immédiatement ceux qui le dérangent en lui posant des questions embarrassantes sur sa gestion humaine bien plus qu’approximative : comme sur les « évaporations » maintes fois constatées dans la gestion financière du PAID.

++ L’une de ses décisions récentes prête à contestations.
En effet, Saad Omar Guelleh se refuse catégoriquement à embaucher des personnes originaires, vivant à Tadjourah et dans sa région comme employés (es) du futur port qui a  été inauguré récemment.

En la circonstance, le racisme dont il fait preuve et duquel il se vante ouvertement, devant témoins, à l’encontre de la jeunesse Afar locale et des Afars en général, dont il parait nécessaire de rappeler que 90 % de ces jeunes sont en situation de chômage, n’est pas à considérer comme une simple opinion banale mais comme un délit assimilable à un crime ; un crime de long processus de génocide masqué, contraire à notre Constitution nationale et à nos lois.

++ A quoi peut servir une Constitution nationale ?
A quoi peuvent servir les lois de la République si elles sont transgressées ouvertement par ceux qui doivent, en premier et pour l’exemple, les respecter ?

Constat est fait que dans ce cas, l’abus de pouvoirs, dont fait démonstration l’incompétence cautionnée et aux ordres du Palais d’Haramous, risquerait d’enfanter des réponses cinglantes et pourrait même soulever de vives réactions au sein de la communauté des jeunes Afars qui plaçaient et placent encore beaucoup d’espoirs dans ce futur port.

On oserait même affirmer que cette manifestation évidente du rejet des Afars, dont nous observons hélas un exemple flagrant mais qui n’est ni la première ni la dernière du genre, entre dans une procédure plus globale d’exclusion systématique des familles de leurs terres ancestrales, datant de 1977, et au profit d’une population étrangère d’importation.

L’ampleur qu’a pris ce phénomène d’exclusion des Afars a de graves conséquences depuis plus de 30 ans sur la modification de la structure de la population autochtone et constitue, chaque jour un peu plus, des risques graves car générant un « déséquilibre démographique » très important : un risque d’insécurité et la menace de la paix sociale dans le pays.

À cet égard et sans qu’il soit question dans notre esprit de rejeter les « étrangers » dans la mesure où ils respectent les populations autochtones, toutes leurs traditions et ne tentent pas de les chasser de leurs terres, comme nous respectons les leurs, il parait essentiel de rappeler le fait que des pans entiers de l’économie en pays Afar sont accaparés par des « étrangers » d’importation calculée, constitue un motif de fort mécontentement d’une bonne frange de la population djiboutienne de souche.

++ Si la liberté c’est le respect des droits de chacun ; l’ordre républicain c’est le respect des droits de tous.
Sans distinction d’appartenance ethnique, tribale, clanique ou autre, j’en appelle à mes sœurs et à mes frères Djiboutiens : à toutes ces femmes, à tous ces véritables hommes de progrès pour la paix, pour la tolérance, qui expriment une considération mutuelle, un respect pour les Droits de l’Humain et qui ont pour point de départ un respect du passé de l’autre afin qu’ils interviennent pour que cesse la « chasse et l’exclusion des populations Afars »

Mes sœurs et mes frères Djiboutiens vous représentez l’ultime forme de nos espoirs communs en des jours meilleurs, l’ultime forme de notre dignité.

23/06/2017 (Brève 1016) Bonnes fêtes de l’Aïd à tous les musulmans

L’équipe de l’ARDHD souhaite de joyeuses fêtes à tous les musulmans et particulièrement aux Djiboutiens, qu’ils soient au pays, réfugiés en Ethiopie ou établis dans d’autres pays.

Pour certaines et pour certains, l’engagement a été particulièrement significatif, soit en raison des fortes chaleurs, des pénuries d’eau ou de la longueur des journées en particulier en Europe du Nord.

Nous souhaitons à toutes et à tous de joyeuses fêtes pour marquer la fin de cette période de privation, de prières et de réflexion, en espérant, mais sans trop y croire, que le dictateur de Djibouti aura pris des résolutions pour mettre un terme à l’asservissement de la population, à l’accaparement de toutes les ressources nationales et aux violations des Droits de l’Homme.

20/06/2017 (Brève 1014) Le plombier en Chef a ouvert le robinet pour alimenter les habitants en eau !

Tel Pharaon, le Génie de la Corne de l’Afrique est venu et il a ouvert, en majesté, le robinet d’eau qui va permettre l’adduction sur une partie du territoire dont la ville d’Ali Sabieh et la capitale (Info Xinhua Agence de presse chinoise)

Lien avec l’article : http://french.china.org.cn/foreign/txt/2017-06/20/content_41058930.htm

Le chef de l’Etat djiboutien, Ismail Omar Guelleh, a présidé lundi la cérémonie d’inauguration officielle d’un système d’adduction potable depuis l’Ethiopie.

Ce projet transfrontalier d’adduction d’eau potable entre Djibouti et l’Ethiopie a pu être réalisé grâce à un financement à hauteur de 59 milliards de francs Djibouti (environ 327 millions de dollars) de la Banque d’import-export de Chine.

L’eau ainsi acheminée depuis la vallée du Kulen dans la zone de Shinileh, en Ethiopie, est destinée en premier lieu aux régions sud de Djibouti et va également absorber les besoins colossaux en eau de la capitale.

Les régions Ali-Sabieh, Dikhil et Arta bénéficieront chacune d’environ 60.000 mètres cubes par jour. Un quota de 80.000 mètres cubes par jour est réservé à la capitale éthiopienne.

M. Guelleh, qui s’est exprimé à cette occasion, a indiqué ce projet constitue « un levier primordial » pour le développement de son pays.

« Avec la réalisation de ce projet, notre pays noue avec un nouvel état d’esprit, celui d’appréhender plus sereinement son développement après l’acquisition de dispositions indispensables à sa survie telle que l’eau », a-t-il déclaré.

L’Ethiopie a concédé gratuitement à Djibouti pour une période de vingt ans un volume de 100.000 mètres cubes d’eau par jour.

Il s’agit du troisième projet qui va relier ces deux pays, après le chemin de fer, et une ligne d’interconnexion électrique.

Avec une économie interdépendante, Djibouti et l’Ethiopie ambitionnent de devenir un exemple concret d’une intégration économique réussie dans cette partie de l’Afrique souvent connue pour les conflits armés et la famine.