30/07/2017 (Brève 1046) Assassinat du juge Borrel : la soif de vérité d’Elisabeth, sa veuve (Texte et Vidéo dans Le Parisien)

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La veuve du juge français mort à Djibouti en 1995 s’exprime pour la première fois depuis qu’un rapport a confirmé, ce mois-ci, la piste criminelle. Une femme plus déterminée que jamais.

De sa terrasse, son regard bleu acier embrasse à travers les brumes de chaleur les majestueux massifs de Belledonne, des Bauges, et la pointe du Granier. Dans le jardin, un immense cerisier sert d’abri aux oiseaux, dont elle connaît chaque espèce. Accompagnée de Filou, son malicieux caniche, Elisabeth Borrel, 60 ans, magistrate, a trouvé à La Boisserette son refuge pour «défendre la mémoire de son mari».

La veuve du juge Bernard Borrel, assassiné après avoir été battu à mort et son corps brûlé la nuit du 18 au 19 octobre 1995 à Djibouti, où il était détaché auprès du ministre de la Justice locale, prévient qu’elle «ne lâchera rien» pour démasquer «les commanditaires» et «chercher le mobile» de l’assassinat du père de ses deux fils, Pierre-Alexandre, 29 ans, et François-Xavier, 27 ans. Mi-juillet, le parquet de Paris et les juges d’instruction Cyril Paquaux et Aïda Traoré ont confirmé «l’origine criminelle du décès» du magistrat Bernard Borrel. Engagée dans un long combat judiciaire semé d’embûches politiques sur fond de diplomatie militaire, Elisabeth Borrel, soutenue par ses avocats, Mes Olivier Morice et Laurent de Caunes, se bat «par amour» et «non pas par haine». Entretien.

++ Comment avez-vous vécu ce dernier rebondissement ?
Élisabeth Borrel.
 Je suis contente. Mais d’un autre côté, je regrette que cela ait mis vingt-deux ans à sortir. Car les éléments sur lesquels reposent les conclusions des experts existaient déjà il y a vingt-deux ans. Mais ils ont été systématiquement écartés par deux juges d’instruction dont la seule mission était de verrouiller la seule version du suicide. Ils ont d’ailleurs été dessaisis du dossier en juin 2000 et ont définitivement perdu leur procès en diffamation contre mes avocats… On avait missionné mon mari dans l’enquête sur l’attentat du Café de Paris à Djibouti en octobre 1990, où l’enfant d’un militaire français avait été tué. Malgré cela, certains ont trahi les rapports qu’ils avaient avec mon mari. C’est impardonnable.

++ Qui pouvait avoir intérêt à faire croire au suicide de votre mari ?
Je pense qu’il faut chercher au niveau des plus hautes autorités des deux États. On dispose aujourd’hui d’un compte rendu d’un entretien très détaillé de mai 2005, où l’un des protagonistes conseille noir sur blanc à son interlocuteur de Djibouti de saisir la Cour internationale de justice de La Haye contre la France ! Et ce dans l’unique but que les autorités djiboutiennes obtiennent la copie du dossier criminel français. Tout cela avait pour objectif de faire condamner à Djibouti de petits délinquants, des lampistes, sans lien avec le meurtre de mon mari. Une fois l’affaire jugée là-bas, cela aurait eu pour conséquence directe de faire clôturer ce dossier en France par le juge qui instruisait le dossier.

++ VIDEO. Assassinat du juge Borrel : «On a besoin de la vérité pour survivre»

++ En voulez-vous aussi à la magistrature ?
Je n’ai pas compris au début de l’affaire que j’avais contre moi certains magistrats. Mon mari étant procureur, moi-même étant magistrate, je n’ai jamais imaginé que des magistrats de mon pays soient soumis à des instructions dans ce dossier. On évoque souvent le corporatisme dans notre métier, il a joué contre moi. Et dans ce petit monde de 8 000 magistrats, on y a fait courir les pires insanités sur mon mari pour l’accuser d’être pédophile et affirmer qu’il s’était suicidé en se mettant à genoux dans une position expiatoire. Il y a eu une coalition de magistrats contre moi qui dénigraient Bernard. C’est une blessure profonde. On m’avait déjà enlevé mon mari, mais là on m’enlevait aussi mes illusions sur la profession en laquelle je croyais.

++ Comment cette affaire a-t-elle impacté votre vie familiale ?
Heureusement que j’avais la famille de mon mari, et notamment ma belle-mère, sans oublier mes parents, qui m’ont toujours aidée. Ils ont toujours été présents. Grâce à eux, j’ai pu faire face. Personne n’a cru au suicide de Bernard dans la famille. Mes fils ont pu surmonter tout cela, car ils avaient une totale confiance en nous. Cela leur a permis de survivre à toutes les attaques. Ils avaient 5 et 8 ans au moment de la disparition de leur père. Et leur confiance dure encore. (Sa voix se trouble.) J’avais aussi des amis sûrs. Je ne me suis pas trompée sur mes choix. Ils ont été d’un grand soutien quand j’ai affronté deux cancers successifs.

++ Plus de vingt ans après, quel est votre état d’esprit ?
Je n’ai pas de sentiments de vengeance. J’ai dépassé ce stade. Mais mes fils ont soif de justice. Ils ont cette énergie et cette espérance. Il nous faut la vérité, pas une vérité judiciaire arrangée. Aujourd’hui, on cherche le mobile et les auteurs de l’assassinat de mon mari. Les commanditaires, je sais que cela sera très difficile. Trop de personnes savent. Et l’un d’eux finira bien par parler. On le saura.

28/07/2017 (Brève 1045) Djibouti frappé par de violents incendies (RFI)

Lien avec l’article : http://www.rfi.fr/afrique/20170728-djibouti-frappe-violents-incendies-balbala

Pas de victime, mais quelque 200 maisons ont été détruites à Djibouti par des incendies ces derniers jours. Dans la petite cité-Etat de la Corne de l’Afrique, des centaines de familles se sont retrouvées sans toit en raison de violents incendies, communs en cette période de l’année mais d’une ampleur sans précédent selon les habitants. Ils touchent principalement la commune de Balbala, l’immense banlieue de la capitale composée en grande partie de bidonvilles. Le système électrique serait en cause.

Des vents violents, des températures dépassant 40 degrés, les incendies sont fréquents à Djibouti en cette période, mais pour Daher Robleh Ibrahim, militant d’opposition qui habite à Balbala, plus de 200 maisons détruites en moins d’une semaine, c’est du jamais vu : « Cette année, c’est incroyable. C’est quelque chose qui dépasse toutes les consciences. Les pompiers sont très loin et les bouches d’incendie se trouvent à peu près à cinq kilomètres des lieux. C’est plutôt à Djibouti-ville. Le temps qu’ils aillent là-bas, le feu gagne du terrain et détruit énormément de maisons. » 

Le ministre de l’Intérieur est apparu à la télévision nationale pour pointer du doigt les « raccordements sauvages » au réseau électrique. « Les origines de ces catastrophes, a déclaré Hassan Omar Mohammed, ainsi que les constats effectués par les services compétents, sont les installations électriques frauduleuses mises en place par des personnes sans scrupules qui ne mesurent pas les conséquences de leurs actes. »

Pour Daher Robleh Ibrahim ce sont plutôt les délestages, récurrents ces dernières semaines, qui provoquent les surtensions à l’origine les incendies.

Le chef de l’Etat s’est engagé à reloger immédiatement les personnes sinistrées. Les premières distributions d’aides ont commencé cette semaine.

27/07/2017 (Brève 1044) La base chinoise en Afrique possède des niveaux secrets (Sputiknews)

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La superficie de la première base navale chinoise à l’étranger, située à Djibouti, est beaucoup plus importante qu’on ne le croyait, selon Stratfor.

La base de Djibouti, première base chinoise à l’étranger, possède des niveaux souterrains et sa superficie est en réalité beaucoup plus importante qu’il n’y paraît, selon des données de la plateforme de renseignement privée américaine Stratfor.

Des locaux cachés ont été découverts à l’aide de satellites espions américains. Selon les services de renseignement, la superficie des locaux cachés sous terre est d’environ 23.000 mètres carrés, avec trois niveaux sécurisés.

Les constructions souterraines permettent de mener des activités inobservables et offrent une protection aux véhicules ou aux installations critiques pour la mission chinoise à Djibouti, souligne Stratfor.

La première base navale chinoise à l’étranger occupe une position stratégique à la sortie de la mer Rouge. La largeur du détroit de Bab-el-Mandeb n’atteint ici que 20 km. 3,8 millions de barils de pétrole brut y transitent quotidiennement. De plus, la moitié des importations de pétrole chinoises et 20 % du commerce mondial s’effectuent via le golfe d’Aden, situé à proximité.

Djibouti abrite des bases navales américaines et françaises. Les militaires chinois y sont arrivés en février dernier. Les premières constructions ont été implantées au mois de mai.

27/07/2017 (Brève 1043) Conflit Djibouti-Érythrée: la Chine pourrait déployer ses troupes à la frontière (Sputiknews)

Lien avec l’article : https://fr.sputniknews.com/international/201707261032385537-conflit-djibouti-erythree-chine-ua-usa-japon/

En phase avec son offensive diplomatique et économique, la Chine étend de plus en plus son rôle militaire dans le monde, notamment en Afrique et au Proche-Orient, et cela préoccupe évidemment les États-Unis, a constaté dans un entretien avec Sputnik l’analyste militaire russe Vladimir Evseïev.

En proposant sa médiation dans la résolution du contentieux frontalier entre Djibouti et l’Érythrée, notamment par le déploiement de ses troupes à la frontière entre ces deux pays, la Chine essaie de se positionner en acteur politique, capable de régler les conflits armés, a déclaré à Sputnik Vladimir Evseïev.

«On ignore toutefois pour le moment si la Chine viendra à bout d’une telle mission demandant une grande expérience en la matière […], mais le fait même que le géant asiatique s’y déclare prêt témoigne de sa ferme volonté de s’affirmer en tant que centre de force politique», a relevé l’interlocuteur de l’agence.

Et d’ajouter que cela devait préoccuper beaucoup plus les États-Unis que la Russie.

«Par ailleurs, le Japon et la Corée du Sud s’en préoccupent déjà, Tokyo et Séoul n’étant pas certains que dans leur conflit avec la Chine, Washington se rangera explicitement de leur côté», a poursuivi M.Evseïev.

Un autre interlocuteur de Sputnik, Ren Yuanzhe, de l’Académie diplomatique de Chine, a souligné pour sa part que la médiation dans le règlement des conflits internationaux figurait parmi les grandes priorités de la diplomatie chinoise.

«L’Afrique occupe une place de choix dans la diplomatie de Pékin. Dans le cadre de l’initiative la Ceinture et la Route, nous voulons apporter le développement et la prospérité dans cette région, alors que le conflit opposant Djibouti à l’Érythrée met en péril la stabilité régionale et n’avantage guère la coopération de la Chine avec les pays africains», a expliqué l’expert.

Ce dernier a insisté sur le fait que la médiation de Pékin dans la région reposait sur la non-ingérence dans sa politique intérieure et la création d’un cadre propice pour des négociations entre les parties en conflit.

La diplomatie chinoise se montre de plus en plus active, Pékin proposant notamment sa médiation dans les conflits entre Israël et la Palestine et entre l’Inde et le Pakistan, ainsi que dans la crise du Golfe, impliquant le Qatar et un groupe de pays arabes.

À la tribune de l’Union africaine (UA), l’ambassadeur chinois auprès de cette institution régionale, Kuang Weilin, a annoncé que la Chine envisageait d’envoyer ses troupes à la frontière entre Djibouti et l’Érythrée afin d’aider à désamorcer la crise entre ses deux pays. Le diplomate l’a déclaré à Associated Press, en soulignant toutefois que son pays pourrait le faire si jamais la demande lui en était faite.

Les observateurs constatent que ce mois-ci, la Chine a installé à Djibouti, sa première base militaire à l‘étranger comme l’ont déjà fait la France, les États-Unis et le Japon. Environ 400 soldats et officiers chinois y sont attendus. Selon Pékin, cette base n’a que des objectifs logistiques et non de défense. Elle servira à des missions de lutte contre les pirates, de maintien de la paix et d’aide humanitaire des Nations unies en Afrique et en Asie occidentale.

27/07/2017 (Brève 1042) Djibouti, 40 années d’indépendance sans liberté (Par Mohamed Kadamy dans MondAfrique)

Lien avec l’article : http://mondafrique.com/djibouti-quarante-annees-dindependance-liberte/

Mohamed Kadamy, un des leaders de l’opposition en exil, dresse le bilan de quarante années d’indépendance à Djibouti

Nouvel eldorado pour les grandes et moyennes puissances, Djibouti, indépendante depuis 1977, territoire de 23 000 km2, composés de 800 000 Afars et Somalis (d’une égale importance) et d’une minorité Arabe.Ce n’était ni une colonie de peuplement, ni un territoire à développer, ce fut un comptoir sur le chemin de l’Océan Indien et de l’Indochine.

La colonisation a maintenu  chaque communauté dans son habitat et ses traditions, ce qui a facilité l’exploitation du fait ethnique par la puissance coloniale et parle régime issu de l’indépendance qui a perpétué cette politique de division.

Djibouti, est avec l’Erythrée, au nord, et le Yémen, en face, un point de passage obligé entre la mer Morte et le Golfe d’Aden. Elle est devenue depuis la guerre au Yémen un enjeu régional.    Au carrefour de l’Arabie et de l’Afrique, sur les rives de la Mer Rouge, Djibouti a une position de verrou de cette ligne maritime si importante pour la vie économique internationale. Ce qui explique qu’elle accueille plusieurs milliers de soldats occidentaux (français, américains et japonais); et une base chinoise en construction. Les Saoudiens souhaitent  prendre pied près de Babel Mandab. Les Chinois ont commencé à s’installer  y compris avec des chalutiers pour razzier les poissons, inquiétant les Américains et les Indiens et suscitant la colère des pêcheurs djiboutiens qui à l’instar de leurs collègues somaliens risquent de verser dans la piraterie maritime.

++ De l’échec de la constitution
Deux conceptions se sont heurtés dès l’accession à l’Indépendance en 1977: la conception défendue par le premier ministre  Ahmed Dini, consistait à jeter les bases d’une citoyenneté djiboutienne; qui avait aussi les faveurs  du MPL; la 2ème conception de Gouled -président de la République-  privilégiait la citoyenneté clanique, déconstruire l’État   en transférant ses  prérogatives  aux  clans. Finalement c’est la dernière conception qui a triomphé et qui est à l’origine de la situation dramatique actuelle, d’une « indépendance sans liberté »,  du refus de l’édification d’un État national. Le nouvel État institue après son accession à l’indépendance un système de parti unique, qui va se transformer en parti clanique avec une répression violente de l’opposition. Harcèlements, arrestations et tortures des militants hostiles au régime, une répression plus générale va cibler  les Afar, entraînant la démission d’Ahmed Dini.

Les confiscations des libertés  vont de pair avec le refus de créer un État national. En 40 ans d’Indépendance, la phase primaire de la Constitution d’un État national reste  inaboutie à Djibouti. Les dirigeants ont choisi de privilégier les clans au détriment de l’Etat. . Cela a empêché de créer une armée, une police et une sécurité nationales sans lesquelles le monopole de la violence exercée par le pouvoir reste illégitime.. Cette politique a  marginalisé des communautés entières, des régions importantes. Le corollaire du refus d’édification d’un État national est l’invention de la figure d’ennemi intérieur,   conçue au travers de la guerre coloniale, se reproduira dans le contexte de l’État postcolonial. A Djibouti, l’ennemi intérieur était d’abord représenté par  les Afar : arrestations massives, tortures, exécutions extrajudiciaires, expulsions, massacres, tout est permis pour mettre hors d’état de nuire ce groupe considéré comme une menace. le refus d’investissement dans leur territoire qui s’étend sur les 2/3 du pays. Cette notion  s’est étendue à d’autres groupes : au clan Gadaboursi, aux sous clans Issas comme les Odah Gub, etc.,

++ Refus de l’alternance

Après plusieurs tentatives sans succès pour réformer ce pouvoir congénitalement  violent, une insurrection armée dirigée par le Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie est arrivée à la porte de la capitale. Le régime de Djibouti  a été sauvé in extremis en février 1992 par l’interposition des troupes françaises stationnées à Djibouti

La population djiboutienne  a tenté à  maintes occasions de tourner la page de ce régime L’élection présidentielle de 1999 a permis au peuple de Djibouti de rejeter massivement, Ismail Omar Guelleh  en votant pour Moussa Ahmed, figure indépendantiste.

En 2003,  et en 2013,  les partisans  du  Président furent battus aux élections législatives  par l’opposition. Pour ne pas  se plier aux verdicts des urnes, le régime a inversé les résultats en sa faveur par la magie des fraudes. Ce qui a permis à Guelleh de briguer un 4èmemandat en 2016 et de s’ouvrir ainsi la voie à une présidence à vie. Mais, la guerre de succession fait rage   au sein de son entourage, sentant l’usure du pouvoir et une atmosphère de fin de règne. Guelleh tente contre vents et marée d’imposer son fils Aïnaché pour lui succéder.

++ Misère, répression et résistance

L’opposition politique qui lutte dans des conditions très difficiles parce qu’elle est l’objet  du tout répressif du chef de l’Etat qui a fait ses premières armes  dans la répression en tant que chef de la sécurité, a été affaiblie. Le multipartisme  ne garantie aucune existence légale aux partis politiques de l’opposition  dont les dirigeants sont souvent réprimés. Les principaux partis de l’opposition n’ont pas de statut légal. Cette répression a favorisé   la dislocation de l’opposition politique. Dès lors la cible du pouvoir reste le FRUD, principale force  de l’opposition, à échapper au rouleau compresseur du régime qui a beaucoup de mal à le déloger de ses bastions. On assiste à une véritable politique de la terre brûlée dans les provinces dites rebelles (Nord et sud ouest). Guelleh voudrait faire de leur territoire, des terres vacantes et sans maître qu’il peut  vendre comme il vient de le faire pour les îles Musha ou tenter de les spolier comme à Assal ou à Bakéré. L’armée se comporte à l’égard des habitants de ces régions comme en territoire ennemi. La situation s’est aggravée ces dernières années:massacre des innocents le 21 Décembre 2015 à Buldhuqo (faubourg de la capitale)  Les pratiques des tortures  érigées en système se banalisent.

Arrestations arbitraires des civils soupçonnés de soutien ou d’avoir de proches au sein du FRUD, le cas le plus emblématique est celui de  Mohamed Ahmed Jabha (détenu depuis 7 ans malgré sa grave maladie), qui vient d’être condamné à 15 de prison. Les viols des femmes Afar par des soldats se poursuivent en toute impunité dans le triangle Margoïta, Syarou, Garabtissan, où les populations des éleveurs sont maintenues de force autour des camps militaires. Le parlement européen  a condamné pour la première fois en mai 2016 les violations des droits humains  et notamment les violences et les viols envers les femmes Afar à Djibouti et a invité les NU  à mener une enquête internationale

Depuis le début du mois de mai 2017, 250 personnes  ont été arrêtées au Nord  et détenues  au centre de rétention de Nagad, dans la capitale. Ouma Mohamed, épouse d’un membre du FRUD, n’a pas été épargnée,  2 personnes sont mortes après avoir été torturées (Mohamed Hamadou et Abdo Ismail).

Les organisations internationales (BAD, FMI) dénoncent la corruption à ciel ouvert des dirigeants de ce pays, obstacle à un développement sain et équitable Plus grave, le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme accuse le régime d’avoir détourné 8,6 millions$ sur les dons alloués à Djibouti..

Face au refus de l’alternance par les urnes, rien ne s’oppose à la construction d’un rapport des forces multiformes, pour sauver ce pays d’une dérive à la somalienne. Encore faut-il, échapper aux narcissismes de petites différences et à la posture du génie solitaire qui ruine  les efforts des forces pour un changement réel.

Les luttes  du FRUD, (Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie), crée en  1991, qui est un continuum historique des mouvements démocratiques (MPL, FDLD, UMD, etc), redonne du souffle à la culture des résistances, tout en réhabilitant l’action collective. C’est en résistant qu’on construit l’avenir a dit le célèbre avocat égyptien anti Sissi, Me Khaled Ali. Le FRUD  ne se lassera jamais d’appeler à l’union de  toutes les forces de l’opposition en vue  de préparer l’alternance et éviter la transmission du pouvoir au fils du Président

27/07/2017 (Brève 1041) Des nouvelles victimes de la mal gouvernance à Djibouti (Communiqué de l’UDJ)

Dans la journée du mardi 18 juillet 2017, un feu d’une violence inouïe s’est déclaré dans la grande banlieue de Balbala et plus précisément à Barwaqo et aux quartiers tristement appelés les 4m et les 8m (ces sinistres chiffres rappellent les conditions de vie dans ces taudis qui ne mesurent que 4m2 ou 8m2 ou s’entassent une dizaine de membres par famille) détruisent au bas mot 400 logements.

Les étés se suivent et se ressemblent pour les malheureux balbalawis qui côtoient la misère et subissent le mépris total des autorités.

Comme à leur accoutumée, les pompiers sont venus apportés leurs secours avec dans leurs bagages leur incompétence et leur impréparation. C’était déjà trop tard. Le feu avait consommé des centaines d’habitations et causé la mort d’un enfant de 2 ans.

En chef de délégation impromptue, l’argentier du régime Monsieur Ilyas Moussa Dawaleh, secondé par notre tortionnaire en chef Monsieur Hassan Omar Mohamed et accessoirement ministre de l’intérieur s’installent à quelques encablures sous une tante bien à l’ombre à déblatérer des bla bla d’une énormité enfantine. Au lieu de compatir au drame des sinistrés et de leur donner des paroles d’apaisement, le ministre commerçant Dawaleh dénigre, accuse et menace même les sinistrés en particulier les jeunes en les qualifiant des  »voyous ».

Il a oublié de dire que ces « voyous » furent les premiers à affronté le feu à mains nues. Nous lui demandons est-ce qu’il pourra ouvrir les portes de sa cité privée Dawaleh pour loger ces sinistrés ne serait-ce que temporairement ?

Quand à son second, notre manchot national sous l’effet du khat écarquillait les yeux et copiait jusque dans les expressions son maître à penser avec ses éternels « n’est-ce pas » oubliant même de dire la date exacte et le lieu du drame alors qu’il se trouve sur le lieu même des incendies.

Pendant ce temps là, la population est parquée dans des écoles comme des réfugiés. Rien n’a été prévu pour pareille circonstance et d’ailleurs dans tout le domaine.

Pire, le dictateur Guelleh enfonce le clou et dit ne pas comprendre la colère et les souffrances de la population en accusant lui aussi la population de jeter les pierres sur les sapeurs pompiers. En même temps, il ordonne depuis Haramous à la police et à la gendarmerie de réprimer les sinistrés pour dresser les forces de l’ordre contre la population afin que le Peuple l’oublie.

Après le massacre et la chasse des habitants de Buldhuqo sans oublier la population de Doraleh qui était expulsée manu militari de leurs maisons avec grand renfort de pelleteuse et de bulldozers (les ex-habitants errent toujours à quelques encablures de leurs anciens logis sous des campements nomades sans eau, sans électricité), l’expropriation est en cours, cette foi-ci, en utilisant ce drame.

Coupés de la ville après la fermeture du pont italien, abandonnés par les services publics et livrés à eux-même face à ce drame, la population de Balbala vit leurs moments les plus durs et se retrouvent des réfugiés dans leur propre pays végétant dans la pauvreté abjecte et la misère généralisée perdant tout espoir.

L’UDJ exprime sa solidarité et sa compassion aux familles sinistrées et adresse ses sincères condoléances à la famille attristée de l’enfant qui a perdu sa vie à cause de la mal gouvernance de Guelleh.

L’U.D.J appelle à toute la population djiboutienne où qu’elle soit de faire vibrer sa générosité légendaire et de venir en aide à nos frères et sœurs.

L’ U.D.J met en garde les sinistrés contre une expropriation qui germe déjà dans l’esprit mercantile de Ilyas Dawaleh et qui bouscule l’agenda des mabraz du régime.

Fait à Paris, le 21 juillet 2017.
Le Secrétaire Général de l’UDJ :
Hachin Loita Ahmed

25/07/2017 (Brève 1040) Remise des insignes de Chevalier de l’Ordre prestigieux des Bourreaux, au cours d’une cérémonie majestueuse. (Humour-Fake)

Ce mardi matin 25 juillet 2017, les abords du Palais de l’Escale, où une tribune avait été dressée dans la nuit, connaissaient l’affluence des grands jours assortie d’une surveillance policière renforcée.

Le badauds s’étaient massés derrière les barrières de sécurité pour assister à un moment spécial : La remise des insignes de Chevalier dans l’Ordre des Bourreaux de la République. Il faut avouer et surtout se féliciter du fait, qu’un tel évennement n’arrive pas tous les jours.

De plus, l’impétrant qui était encore hier un obscur sous-officier de Police attaché au commissariat du Port (PAID) est devenu en quelques jours un personnage éminent et reconnu de la dictature, comme fervent soutien des exactions à l’encontre des civils sans défense.

Précédés par le Premier ministre et de nombreux ministres, c’est l’arrivée en voiture blindée et en grande pompe des deux colonels, patron de la Police et de la Gendarmerie. Aussitôt, ils sont accueillis à la tribune par Hassan Said dit Madobe, grand maître de l’Ordre des bourreaux….

Mais que se passe-t-il ? Un frémissement traverse la foule : on signale l’arrivée personnelle de RPP, la Reine Paulette de Pacotilles. Aussitôt arrivée devant l’estrade, elle est très entourée par tous les obligés que comptent la dictature. Puis Guelleh apparaît majestueusement pour s’incliner devant son épouse, qui gérerait, dit-on, la principauté en ses lieux et place.

Le Sergent Ibrahim Ali Ibrahim en grande tenue, dans un garde-à-vous impeccable fait face à la tribune, d’où descendent les deux Colonels Abdillahi Abdi et le P’tit Zak, suivis d’un huissier qui porte la décoration sur un coussin de velours.

C’est le Colonel de la Police qui prend la parole pour déclarer : « Nous Colonel de la Police, Vice-Président de l’Ordre des Bourreaux de la République, nous allons vous élever au grade de Chevalier, en fonction des pouvoirs que nous avons reçus.

Nul doute que vos actes de cruauté répétés à l’encontre des dockers et l’extermination pratiquement sous la torture du jeune Mohamed Hamadou ont largement contribué à votre cooptation.

Nous sommes fiers de vous, Sergent. Et nous espérons que vous saurez faire profiter les jeunes générations de votre savoir-faire si unique !!! »

Après une court roulement de tambour, les deux colonels ont fixé la nouvelle décoration sur la poitrine de l’impétrant, qui a été suivie d’une accolade protocolaire.

Interrogés à l’issue de la cérémonie par des journalistes, les représentants des différentes chancelleries ayant un poste à Djibouti se sont refusés à commenter la cérémonie, affirmant sobrement qu’ils avaient pris note des motivations de cette cooptation et du nom de l’impétrant et qu’ils informeraient leur hiérarchie.

22/07/2017 (Brève 1039) Finalement ce sont deux colonels qui devraient remettre ses insignes de Chevalier de l’Ordre des Bourreaux au Sergent Ibrahim Ali Ibrahim.. (Fake)

Ordre des bourreaux de la RépubliqeDes sources, dignes de confiance, nous informent que contrairement à ce qui avait été envisagé durant un moment, ce n’est pas Guelleh qui remettra les insignes de Chevalier de l’ordre des Bourreaux de la Répblique au célèbre Sergent Ibrahim Ali Ibrahim.

En effet, les deux colonels Abdillahi Abdi et le P’tit Zak, respectivement chefs de la Police et de la Gendarmerie, Vice-Présidents et membres éminents de l’Ordre (pour leurs états personnels de services dans cette discipline) qui ont sollicité cet honneur.

La cérémonie est prévue pour ce prochain mardi. Même si le Palais de l’Escale n’a toujours pas apporté de réponse précise, il n’est pas impossible que Guelleh y assiste, accompagnée de sa tendre épouse, la Reine Paulette de Pacotilles, gérante discrète mais effective des affaires de la Principauté.

Si c’est le cas, le Sergent Ibrahim Ali Ibrahim du Poste de Police du PAID devrait être particulièrement honoré et félicité pour la capture suivie de mort du jeune Mohamed Hamadou Hamad. Des témoins pensent même qu’il pourrait obtenir une promotion d’officier dans les prochaines semaines, à la condition de s’engager à poursuivre ses actes cruels l’égard des dockers et plus généralement des constestataires de toutes ethnies, sans distinction et de transmettre son savoir-faire en matière de torture aux jeunes recrues de la Police.

Le corps diplomatique pourrait envoyer des observateurs à la cérémonie, afin de mieux répondre ultérieurement par la négative à toute demande future de visa qui pourrait être sollicitée par l’impétrant ou de reconnaissance d’un faux statut de réfugié.

Hélas une telle notoriété, acquise aussi rapidement, est souvent assortie de petits inconvénients.