07/07/2017 (Brève 1025) 1993-2017 Commémoration du 24ème anniversaire de l’Exode des Djiboutiens vers l’Ethiopie . (Omar Gabasse)

Aujourd’hui est un bien triste anniversaire.

24 ans après l’exode de populations Afar qui fuyaient la répression sanglante du dictateur impitoyable. Elles ont cherché refuge en Ethiopie et en Erythrée.

En juillet 1993, en réponse au mécontentement clairement exprimée par les populations Afar qui refusaient leur exclusion de la citoyenneté à part entière et qui dénonçaient les discriminations de tous ordres dont elles étaient victimes, ce sont des mercenaires à la solde du pouvoir politique Djiboutien , recrutés en Ethiopie et en Somalie, qui ont lancé de grandes opérations de répression sauvage dans le Nord, le Sud et le Sud Ouest de la République de Djibouti.

Au lieu d’avoir le courage d’affronter sur le terrain, les armes à la main, les combattants du FRUD, ces hordes sauvages de mercenaires, dont l’impunité était garantie, se sont attaqués aux populations civiles sans défense. Avec la plus extrême des cruautés.

Is ont pris comme cibles privilégiées, les femmes, les enfants et les vieillards en pilonnant largement les villages dans lesquels, il n’y avait pas de combattants, tels que Yoboki, Obock, Randa et tant d’autres en région Afar. Pour aller plus vite, ils ont lancé des milliers de bombes au phosphore.

Des images filmées de ces massacres ont été diffusées sur la Radio Télévision Djiboutienne (RTD) ; elles ont confirmé les méthodes odieuses qui ont abouti à la mort de centaines d’êtres sans défense ; jetant ainsi l’effroi au sein de l’opinion publique nationale et suscitant des réprobations unanimes au sein de la communauté internationale.

Pour fuir cette barbarie, on estime que plus de 80 000 personnes ont cherché refuge dans les pays voisins, fuyant les zones bombardées. Cette tragédie et le calvaire de ces familles sans défense a fait l’objet d’un dossier complet :  http://www.ardhd.org/refugie.asp

Parmi toutes ces familles fuyant la terre de leurs ancêtres, le plus souvent sans bagages et avec le strict minimum, quelques 20 familles Afar ont obtenu le statut de réfugiés délivré par le HCR d’Addis Abeba. Elles vivent dans l’attente d’une réinstallation dans un pays susceptible de les accueillir.

Parmi les familles ayant cherché refuge en Ethiopie, plusieurs milliers vivent encore de nos jours en région Afar d’Ethiopie sans papier, ni aucune reconnaissance d’aucune sorte, que ce soit du Haut Commissariat aux Réfugiés, ou du gouvernement d’Ethiopie.

Ces familles ne doivent leur survie qu’à la Solidarité de l’ensemble des populations Afar d’Ethiopie.

La mémoire de la plupart des gouvernants Djiboutiens est un cimetière abandonné où gisent sans honneurs les mercenaires qui les ont servis mais qu’ils ont cessé de chérir depuis bien longtemps.

Pour ce qui nous concerne nous avons conservé, 24 années plus tard, la mémoire de nos morts.

En ce jour de commémoration je voudrais rendre hommage à tous nos morts, sans exception aucune. A nos combattants, aux familles mortes lors des odieux bombardements, à celles et ceux qui sont morts des suites de maladies après s’être exilés loin de la terre de leurs ancêtres.

La liste que nous avons établie n’est hélas pas complète car les noms de tous ces morts n’a pas été enregistrés tant ils étaient nombreux à cette époque alors qu’une partie des familles se sont disséminées de par le monde.

Omar Gabassé
Co-représentant des réfugies Djiboutiens en Europe