29/09/2019 (Brève 1485) ALERTE ROUGE : l’ARDHD a envoyé des alertes et des demandes de soutien au Parlement européen

Compte-tenu du fait que la situation judiciaire de Mme Degmo ali Abdi semble être bloquée, l’équipe de l’ARDHD a préparé hier un appel international qu’elle a adressé au Parlement européen et aux grandes organisations internationales de défense et de protection.

La médiatisation n’en est qu’à son début et elle devrait s’amplifier dans les prochains jours, pour demander sa libération et faire connaître les dérives de la justice djiboutienne entièrement aux ordres du dictateur.

Télécharger le texte de l’appel en PdF : http://www.ardhd.org/Documents/Degmo-ali-abdi/u0927_appel_Degmo-Ali-Abdi.pdf

Texte de l’appel
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DJIBOUTI : ALERTE DROITS HUMAINS
ET DEMANDE DE SOUTIEN /INTERVENTION

++ 1 – La Victime
Madame Degmo Ali Abdi, fille de M. Ali Abdi Farah, conseiller du Président djiboutien et ancien ministre et sœur de M. Nour Ali Abdi, homme d’affaires dans le commerce de cigarettes avec le soutien de Mme Kadra Haid, épouse du Président.

Cette jeune femme à l’esprit indépendant par rapport à sa famille, présente un CV qui retient l’attention :

  • Lauréate de la 1ière édition du prix ‘‘European International Women’s Leaders Awards » 2019, décerné par la Parlement européen
  • Doctorante en Science politique et chercheur associé au Centre Thucydide de l’Université Paris II Panthéon Assas
  • Co-Founder & Executive Director of the Panafrican Initiative for Development / R20 Goodwill ambassador
  • Membre du Forum des Intellectuels de la Corne d’Afrique créé sous l’égide de l’Unesco
  • Associate expert & Board member Imagine Africa ThinkTank
  • Membre du comité de rédaction de la revue d’idées et de débats, « Espoir », basé en Afrique de l’Est.

++ Le contexte et les faits
A Djibouti, Degmo Ali Abdi a accepté de répondre en langue Somali aux questions d’un blogueur, qui a mis en ligne une première vague de réponses, dont nous n’avons pas le contenu, mais où elle critiquait les pratiques de la fille du Président, Fatouma pour son accaparement de certaines entreprises du pays.

Convoquée au commissariat, une première fois, où elle avait passé environ une journée avant d’être relâchée.

Il semblerait que malgré l’interdiction de publier la suite de ses propos critiques sur les pratiques de la société djiboutienne, le blogueur soit passé outre et qu’il ait récidivé.

Selon les informations reçues, le père et le frère seraient entrés dans une profonde colère, ce que l’on comprend, puisque proches « obligés » du couple présidentiel, ils ont accès aux plus hautes fonctions et que leurs affaires commerciales reçoivent un large soutien qui, dans ce pays, pourrait leur être retiré sur simple décision présidentielle

Vers le 16 septembre, le frère aurait torturé sa sœur, lui cassant probablement un membre et le père, présent, l’a fait emprisonner d’abord à titre préventif, sans aucun soin médical et au secret absolu.

Le Président de la LDDH (Ligue Djiboutienne des Droits Humains) a tenté de lui rendre visite à la prison de Gabode, mais cela lui a été refusé.

Jeudi 26 septembre, Madame Degmo Ali Abdi a comparu à nouveau devant le tribunal de Djibouti et les gendarmes qui cernaient le Palais de Justice ont empêché le Président de la LDDH d’assister à l’audience. Elle n’a pas eu d’avocat pour la représenter et elle aurait été ramenée à la prison, sans soin, semble-t-il.

Madame Degmo Ali Abdi pourrait faire appel de ce premier jugement dans un délai de 7 jours, soit au plus tard mercredi 2 octobre, mais il faut que cette demande soit déposée au Greffe du Tribunal par un avocat mandaté par la victime.

Peu d’avocats djiboutiens et peut-être même aucun n’accepterait de la représenter et en plus l’incarcération au secret interdisant tout contact, il serait difficile de lui faire signer un mandat.

++ La demande de l’ARDHD et les pistes
La défense de cette victime par les voies judiciaires classiques paraissant ‘impossible’ à l’heure actuelle, l’équipe de l’ARDHD a besoin du soutien officiel et très urgent des organisations internationales pour faire pression sur le régime, afin qu’au minimum, il applique les règles du Droit et qu’il permette à cette jeune femme de se défendre.