07/07/2020 (Brève 1655) DEPUIS 27 ANS, LES REFUGIES DJIBOUTIENS SONT VICTIMES DE L’OUBLI EN ETHIOPIE (OMAR GABASSE)

Il y a 27 ans, l’Armée tribale engageait une offensive d’envergure contre les populations civiles du nord de la République de Djibouti, obligeant le FRUD à se replier dans les montagnes de Mabla. Profitant de cela, les milices tuaient les civils et détruisait tout sur leurs passages, arbres, chères, moutons, des femmes âgées, et même des enfants. Ils tiraient sur tout ce qui vivait.

C’est ce qui a contraint des milliers d’habitants à fuir la terreur en se réfugiant en Ethiopie ou en Erythrée.

A ce jour, nous ne savons toujours pas pour quelles motivations, ni le HCR ni es autorités locales sur place n’ont procédé à l’enregistrement de ces réfugiés.

Et pourtant les faits étaient connus puisque même la radio Ethiopienne avait annoncé l’arrivée de 18.000 réfugiés sur son sol en juillet 93 et que le HCR avait octroyé des vivres pour ceux qui étaient parvenus à Ayssaita, Eli Daar et Manda (region2 Afar). La distribution a pris fin en 1997.

Et pourtant des milliers de réfugiés Djiboutiens survivent toujours dans la région 2 Afar grâce à la solidarité de leurs frères et sœurs, tandis que 22 familles, environ, vivent à Addis Abeba, détenteurs d’une carte de réfugié délivrée par le HCR, assortie d’une maigre assistance financière et médicale.

En 2007 ces familles ont mandaté l’ARDHD et son Président Jean-Loup Schaal pour les représenter auprès des institutions internationales notamment auprès du HCR à Paris.

En effet, cette année-là, le HCR avait menacé de supprimer l’assistance sociale et cherchait par tous les moyens à le convaincre de retourner à Djibouti. Grâce aux interventions et aux démarches conduites par Jean-Loup Schaal et son équipe, la décision a été annulée et 5 familles ont pu être réinstallées en France fin 2009 et début 2010 où elles se sont parfaitement intégrées.

Depuis c’est le silence total !

Malgré tous nos appels, les réfugiés Djiboutiens sont les oubliés du HCR !

La situation des réfugiés djiboutiens suscite une mobilisation urgente.

La politique raciste du gouvernement, l’asphyxie économique sont permanentes : l’Armée tribale continue toujours les harcèlements et les arrestations arbitraires dans le nord et le sud du pays .

Rien n’a changé !

C’est pourquoi nous renouvelons nos appels au UN HCR d’Addis Abeba pour qu’elles facilitent, dans un premier temps, la réinstallation dans des pays d’accueil des 22 familles, afin de leur permettre de vivre dignement et en sécurité.

Omar Gabasse
Coreprésentant des réfugiés djiboutiens en Europe