24/11/2015 (Brève 523) Espace abonnés de MEDIAPART : A Djibouti, le président Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, songe à se représenter en 2016 même si la Constitution le lui interdit.

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______________________________ Note de l’ARDHD
Selon notre connaissance, la constitution modifiée de façon autoritaire par IOG pour lui permettre un troisième mandat, l’autoriserait (sous réserve de la limite d’âge) à briguer un quatrième mandat. A ce titre nous émettons des doutes concernant l’affirmation contenue dans le titre.
Il serait certainement judicieux que les Djiboutiens s’assurent que Guelleh n’a pas une deuxième nationalité (Français par exemple ???), ce qui constituerait un empêchement majeur à son élection.

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Cela ne saurait être un obstacle insurmontable pour cet homme assoiffé de pouvoir qui avait déjà fait modifier la Constitution en avril 2010 pour pouvoir postuler à un troisième mandat l’année suivante. Il avait promis à l’époque qu’il quitterait le pouvoir en 2016, mais semble être en train de retourner sa veste pour mieux garder son sceptre. Si la manoeuvre est fréquente en Afrique, elle reste de moins en moins impunie, méfiance ! 

L’Afrique, continent ravagé depuis quelques années par le vent de la modification des Constitutions. En 2002, la Constitution guinéenne est modifiée dans le but d’autoriser le président Lansana Conté à se représenter à la fin de son second mandat. C’est également en 2002 qu’une modification de la Constitution tunisienne permet au président Zine Ben Ali de briguer un quatrième mandat en 2004. Au Togo, c’est la modification de 2003 qui a permis à Gnassingbé Eyadéma de se faire réélire pour un troisième mandat après déjà 36 années de pouvoir. En 2005, c’est au tour du Tchad : la Constitution y est modifiée pour permettre à Idriss Deby Itno de se maintenir au pouvoir, où l’avait porté un coup d’Etat en 1990.

Et la liste n’est pas exhaustive. Paul Biya au Cameroun, Joseph Kabila en République démocratique du Congo, Paul Kagamé au Rwanda, Pierre Nkurunziza au Burundi, Denis Sassou-Nguesso en République du Congo, et même Abdelaziz Bouteflika, réélu dans les conditions que l’on sait à la tête de l’Algérie pour un quatrième mandat, etc., autant de présidents assoiffés de pouvoir qui s’accrochent à leurs postes (avec ou sans modification constitutionnelle) coûte que coûte.

Mais le cas de Blaise Compaoré devrait tout particulièrement attirer l’attention d’Ismaïl Omar Guelleh. Arrivé au pouvoir en 1987 à la suite d’un sanglant coup d’Etat, Blaise Compaoré est élu président du Burkina Faso en 1991 puis réélu en 1998, 2005 et 2010. C’est au cours de son quatrième mandat, et après 27 années au pouvoir, qu’il doit démissionner, incapable de faire face à un soulèvement populaire. L’expérience de Blaise Compaoré devrait inspirer les réflexions d’Ismail Omar Guelleh sur l’opportunité ou non de briguer un quatrième mandat, alors que la contestation de son régime est grandissante au sein d’une population qui compte jusqu’à 65 % de personnes en situation de pauvreté et 57 % en situation d’extrême pauvreté.

Djibouti, petit Etat de la corne de l’Afrique, dispose pourtant d’importantes ressources, notamment en matière d’énergies renouvelables. Sa capitale est éminemment riche de son industrie portuaire et Ismail Omar Guelleh, qui a signé d’importants accords avec Pékin pour la construction d’infrastructures de transport aérien et ferroviaire, a promis d’en faire un des hubs commerciaux d’Afrique de l’Est. Mais pour l’instant le pays se classe 147e sur 169 en termes de développement humain, la pauvreté y est endémique et la richesse est distribuée de manière scandaleusement inégale !

En outre, la position stratégique de Djibouti, situé sur la deuxième voie maritime la plus importante au monde, fait de lui l’un des grands acteurs de la géopolitique régionale. A la porte du Golfe d’Aden et à quelques kilomètres du Yémen, cette ancienne colonie française constitue une base idéale pour les actions anti-terroriste et anti-piraterie. Le pays est ainsi devenu un partenaire incontournable des Occidentaux, qui voient en lui un acteur pouvant faciliter leurs entreprises géopolitiques dans la région.

Or, une dérive autoritaire pourrait déstabiliser profondément Djibouti, ce qui aurait des conséquences néfastes pour ses habitants mais également pour les intérêts occidentaux. Ismail Omar Guelleh doit entendre la demande pressante de ses citoyens, épris de liberté et de démocratie. Il faut éviter que la soif de pouvoir d’un dirigeant l’emporte à nouveau sur les revendications démocratiques de tout un peuple ! Il faut que les Occidentaux comprennent que s’ils veulent continuer d’entretenir des rapports avec un pays stable dans une zone en proie au chaos, s’ils ne veulent pas que le dernier bastion de résistance à la barbarie de la Corne de l’Afrique sombre à son tour dans la violence, il faut appuyer le souhait de la population djiboutienne de laisser place à l’alternance ! 

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04/07/2014 (Brève 406) Selon un article (accès payant) de LOI, Djibouti et l’Ethiopie étudierait un projet d’intégration économique qui pourrait conduire à une union politique …

Cette information confirme ce que nous disons depuis des années, à savoir que l’Ethiopie et l’Erythrée surveillent attentivement Djibouti et son port.

Le premier (l’Ethiopie) parce qu’il n’a plus de débouchés maritimes depuis l’indépendance de l’Erythrée et le second (l’Erythrée) parce qu’il veut empêcher à tout prix son voisin ethiopien d’accéder à la mer et qu’il pourrait utiliser des moyens divers, allant depuis un envahissement militaire improbable jusqu’à une déstabilisation avec le concours d’agitateurs sur place.

Certes Addis Abeba peut utiliser d’autres ports, au Somaliland ou au Kenya, mais il semble que ce soit celui de Djibouti qui réponde le mieux à ses besoins énormes en matière de frêt, avec une route praticable et la possibilité de remettre en marche la ligne de chemin de fer. De plus rappelons qu’IOG est éthiopien de naissance, ce qui facilite probablement les négociations en vue d’une possible intégration de Djibouti au sein de son grand voisin.

Cela dit cette annonce peut surprendre et nous n’avons aucune information sur la position des pays qui disposent soit de bases avancées à Djibouti soit d’une présence militaire permanente : France, USA, Japon, Allemagne, Espagne, Corée (?), Chine (?), etc….

L’article évoque aussi les problèmes de santé du dictateur et sa présence au défilé du 27 juin, mais en position « assise » ….. (contrairement aux images diffusées par la RTD, qui étaient sans aucun doute, des images d’archive). En fait LOI parle de la succession de Guelleh et de l’absence pour le moment de candidat crédible et reconnu…. pour faire perdurer le régime ….

En conclusion, il y a fort à parier qu’une majorité de la population djiboutienne légitimes, ne voie pas d’un très bon oeil, l’association progressive avec l’Ethiopie et un régime qui est aussi très autoritaire et qui favorise la suprématie des ethnies dominantes … que péseront 900.000 djiboutiens s’ils étaient rattachés à 90 millions d’éthiopiens ?

Mais Guelleh n’a pas l’habitude de demander l’avis du peuple et il ne le fera pas, préférant conforter ses intérêts personnels … et ceux de sa famille, puis ceux de ses obligés traditionnels.

30/12/2013 (B343) Selon Radio Chine, Guelleh se prépare à envoyer un deuxième contingent en Somalie … (les militaires de l’AND vont-ils apprécier d’être envoyés en opération extérieure sur un terrain … difficile, délicat et très dangereux) Mais au fait, la dépêche ne précise pas le montant de la subvention que Guelleh et ses obligés vont empocher au passage … en risquant la vie de ses hommes mal payés pour son seul profit … Mystère ???

______________________________ Radio Chine

Djibouti va envoyer un deuxième bataillon en Somalie dans le cadre de la Mission de l’ Union Africaine en Somalie (AMISOM).

« Le gouvernement djiboutien va mettre à la disposition de l’ AMISOM dès le début de l’année 2014 un deuxième bataillon qui va s’ ajouter au premier déjà en service dans la zone 4, une des plus grande zone de la Somalie », rapporte sanedi l’Agence Djiboutienne d’Information (ADI).

Le chef de l’Etat djiboutien Ismail Omar Guelleh a déjà fait état de cette décision à ses pairs africains et aux partenaires européennes de la question somalienne lors du récent sommet de l’Elysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique, tenu du 6 au 7 décembre.

Dans le cadre de l’AMISOM, Djibouti a déployé depuis 2011 un contingent de 1.000 hommes appelé « Hiil » (soutien en somali) qui est basé dans la ville de Beledweyne, au centre de la Somalie.

Outre une frontière commune, Djibouti partage avec la Somalie, la même langue, la même religion (l’Islam) et surtout la même culture. F

12/12/2013 (Brève 334) Selon l’agence French.China, l’Europe pas rancunière va offrir 105 millions d’Euro sur six ans à la famille Guelleh. Officiellement il s’agit d’un programme d’amélioration de la distribution de l’eau et … des programmes de filets sociaux de sécurité (????)

On peut se demander ce que cache ce financement de l’UE désigné comme « filets sociaux de sécurité », pour un montant de 59 millions d’Euro. En effet le programme pour l’eau est évalué à 46 millions sur un total de 105 millions.

S’agit-il d’enfermer les populations hostiles derrière des filets de sécurité ? Si c’est le cas, merci à l’Europe de son soutien sans faille à Guelleh en lui assurant la pose de filets de protection (autour d’Haramous ???).

Compte-tenu du passé, on peut imaginer que la distribution d’eau ne connaîtra au mieux aucune amélioration dans les six prochaines années (il faut mieux anticiper une dégradation ..), car l’équipe des prédateurs au pouvoir va utiliser ces aides européennes pour arrondir ses précieux avoirs détenus dans des banques à l’étranger.

Il est temps que l’Union européenne agisse avec cohérence en appliquant des décisions conformes aux motions d’alerte votées par les députés européens et maintenant par les représentants belges et qu’elle refuse de financer l’argent de poche de Guelleh et de sa famille.
Toutes les aides et subventions internationales sont systèmatiquement détournées et ne profitent jamais à la population.

___________________________ Dépêche French.China

L’UE débloquera 105 millions d’euros pour soutenir le Programme Indicatif National de Djibouti

L’Union européenne va dé bloquer 105 millions d’euros pour soutenir le Programme Indicatif National (PIN) de Djibouti d’ici six ans, a annoncé mercredi le ministre djiboutien de l’Economie et des Finances, Ilyas Moussa Dawaleh, de retour d’un voyage à Bruxelles.

« Le Commissaire (européen au développement) Andris Pielbags a renouvelé son soutien indéfectible au développement de la Ré publique de Djibouti et a confirmé à cette occasion l’augmentation significative des crédits budgétaires du PIN de 40,5 millions d’ euros à 105 millions d’euros », a-t-il fait savoir.

Selon le ministre, cette enveloppe servira essentiellement au financement des projets d’eau et d’assainissement, et des programmes des filets sociaux de sécurité en Djibouti.

En outre, M. Dawaleh a révélé que l’UE va financer à hauteur de 46 millions d’euros la mise en oeuvre d’un projet appelé PEPPER (production d’eau potable par énergie renouvelable).

Selon M. Dawaleh, la concrétisation de ce projet permettra à l’ Office national de l’eau et l’assainissement de Djibouti (ONEAD) de produire un volume additionnel de 22.500 m3 d’eau potable.

14/06/2013 (Brève 144) Ahmed Daoud, qui signe en qualité de militant de l’ARD, nous adresse un texte que nous publions à sa demande et sous sa responsabilité. Cette publication n’engage pas les positions de l’ARDHD.

Les Agabas à Paris

Selon plusieurs sources concordantes, le FRUD Agabas seraient de retour à Paris.

Un haut responsable des Agabas (de la sécurité) serait venu à paris pour entamer une discussion avec une partie de l’opposition en exil.

Selon cette information, le dialogue serait rétabli entre l’opposition et le pouvoir à Djibouti. L’objectif de cette discussion serait clairement d’affaiblir la contestation pacifique regroupée à Djibouti autour de l’USN, en évitant la contagion dans l’autre principale communauté du pays, à savoir les Afars.

Le pouvoir djiboutien semble avoir déjà fait le choix de l’opposition fréquentable avec qui il peut discuter, les autres qu’il faut réprimer avec la plus grande fermeté.

Les oulémas du Model et le président du MRD ainsi que les cadres de ces deux formations sont victimes de cette stratégie. L’ironie de l’histoire est que les démocrates issas sont enfermés dans ‘’la célèbre cellule Afar ‘’ de la prison centrale à Gabode.

Il serait peut-être temps de changer aussi le nom de la cellule réservé aux prisonniers politiques …

L’analyse de notre chef Agaba en mission spéciale est encore plus intéressante. Le gouvernement djiboutien vivrait ses derniers instants, ne pouvant pas survivre à l’impasse actuelle.

Le chef de l’Etat voulait remercier les fideles mais il est conscient que le pays a besoin d’un nouveau gouvernement pour une sortie de la crise.

L’USN est une coalition hétérogène sans programme politique.

L’ARD, la principale force politique de l’opposition est affaiblie par une dissension interne insoluble. Ce parti n’a livré aucune bataille ni pendant la campagne ni dans la contestation des résultats électoraux.

Son déclin inéluctable permet à d’autres de se positionner sur ce créneau afar laissé vacant et en demande de leadership : c’est ainsi qu’il faut comprendre toutes les guéguerres entre « responsables » de cette malheureuse communauté.

Et il est même probable que certains cadres de l’ARD soient complices de cette OPA et trahissent leurs troupes pour se positionner et être récupérés : ça fait déjà longtemps qu’on parle de trahison à l’ARD et les preuves commencent à s’accumuler publiquement.

Le chef de l’Etat aurait toujours le soutien et la confiance de la France ainsi que des Etats-Unis pour une meilleure transition démocratique.

La crise politique actuelle est dans un sens salvatrice.

La Constitution ne prévoit pas la cohabitation au sommet de l’Etat. La victoire de l’USN n’était pas prévue et serait encore plus grave pour le pays.

L’opposition en exil doit se positionner en alternative crédible.

A la lumière de ces informations, vous comprendrez mieux l’agitation à Paris, et surtout pourquoi le MRD et son président se trouvent au milieu d’un tir croisé entre les partisans du régime et une opposition en exil en France sur les réseaux sociaux.

Ahmed Daoud, un militant de l’ARD

24/03/2013 (Brève 126) Culture / TARTUFFE / Une nouvelle série limitée de représentations au Grand Théâtre d’Haramous sur un texte de Roger Picon, d’après le livret original du Grand Molière (1622 – 1673)

Représentation exceptionnelle :
Mise en scène originale Hachi dit le Bouffon
Conseiller technique : Djama Souleiman dit Grandes Oreilles
Protection des droits de la femme :
Ali Mohamed Abdou dit « Le benêt »
Eclairage des zones d’ombre et effets spéciaux : Hassan Saïd dit « Le noiraud »
Chef de la billetterie : Paulette dit RPP
Directeur de la Production : Carlos, dit le Prince noir ou le Pharaon

Tartuffe à Haramous Extrait (à suivre)
(A noter que Roger Picon, avec son souci du détail, a tenu à conserver la forme poétique et littéraire en usage à l’époque du Roi Soleil : Louis XIV)

Nous n’avons pas encore reçu la confirmation de la distribution des rôles, mais chacune et chacun essaiera de les attribuer … au mieux de leurs compétences.

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L’AVOCAT DE LA DIABLESSE
Qu’est-ce? J’apprends ici de terribles mystères.

ORGON ISMAÏL BOBARD
Ce sont des surprises dont mes yeux sont témoins,
Et vous voyez le prix dont sont payés mes soins.
Je recueille, avec zèle, une femme en sa misère,
Je l’épouse, la loge, et la tiens comme ma propre mère;
De bienfaits, chaque jour, elle est par moi chargée,
Je lui fais confiance, et lui offre tout le bien que j’ai volé ;
Et dans le même temps, la perfide, l’infâme,
Tente le noir dessein de suborner mon âme ;
Et non contente encor de ces lâches essais,
Elle m’ose menacer de mes propres bienfaits,
Elle veut, à la ruine de mon trône, user des avantages
Contre moi armer ses collabos, cupides et trop peu sages;
Pour me chasser de mes biens à l’étranger que j’ai transférés,
Et me réduire au point d’où je l’ai retirée.

LA FOULE
Le pauvre homme!

L’AVOCAT DE LA DIABLESSE
Majestueuse Majesté, je ne puis du tout croire
Qu’elle ait voulu commettre une action si noire.

ORGON ISMAÏL BOBARD
Comment?

L’AVOCAT DE LA DIABLESSE
Les gens de bien sont enviés parfois.
Même sortis du ruisseau devenus reine sans loi

ORGON ISMAÏL BOBARD
Que voulez-vous donc dire avec votre discours,

L’AVOCAT DE LA DIABLESSE
Que chez vous on vit d’étrange sorte,
Et qu’on ne sait que trop la haine aux autres qu’on lui porte.

ORGON ISMAÏL BOBARD
Qu’a cette haine à faire avec ce qu’on vous dit?

L’AVOCAT DE LA DIABLESSE
Je vous l’ai dit cent fois, quand vous étiez petit en Ethiopie.
La vertu, dans le monde, est toujours poursuivie;
Les envieux mourront, mais non jamais l’envie.

ORGON ISMAÏL BOBARD
Mais que fait ce discours aux choses d’aujourd’hui?

L’AVOCAT DE LA DIABLESSE
On vous aura forgé cent sots contes d’elle
Alors que seul un homme la défend, Guédi Ismaël

ORGON ISMAÏL BOBARD
Je vous ai dit déjà, que j’ai vu tout moi-même.

L’AVOCAT DE LA DIABLESSE
Des esprits médisants, la malice est extrême.

ORGON ISMAÏL BOBARD
Vous me feriez damner. Je vous le di,
Que j’ai vu de mes yeux, un crime si hardi.

L’AVOCAT DE LA DIABLESSE
Les langues ont toujours du venin à répandre;
Et rien n’est, ici-bas, qui s’en puisse défendre.

ORGON ISMAÏL BOBARD
C’est tenir un propos de sens bien dépourvu !
Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu,
Ce qu’on appelle vu: faut-il vous le rebattre
Aux oreilles cent fois, et crier comme quatre?

L’AVOCAT DE LA DIABLESSE
Mon Dieu, le plus souvent, l’apparence déçoit.
Il ne faut pas toujours juger sur ce qu’on voit.

ORGON ISMAÏL BOBARD
J’enrage. Je vais en divorcer avant qu’elle ne me pende

L’AVOCAT DE LA DIABLESSE
Aux faux soupçons la nature est sujette;
Et c’est souvent à mal, que le bien s’interprète.

ORGON ISMAÏL BOBARD
Je dois interpréter à charitable soin,
Le désir d’embrasser ma femme?

L’AVOCAT DE LA DIABLESSE
Il est besoin,
Pour accuser les gens, d’avoir de justes causes,
Et vous deviez attendre à vous voir sûr des choses.

ORGON ISMAÏL BOBARD
Hé, diantre, le moyen de m’en assurer mieux?
Je devais donc, attendre qu’à mes yeux
Elle eût… Vous me feriez dire quelque sottise.

L’AVOCAT DE LA DIABLESSE
Enfin d’un trop pur zèle on voit son âme éprise,
Et je ne puis du tout me mettre dans l’esprit,
Qu’elle ait voulu tenter les choses que l’on dit.

ORGON ISMAÏL BOBARD
Allez. Je ne sais pas, si vous n’étiez un frère,
Ce que je vous dirais, tant je suis en colère.

LE PEUPLE
Juste retour, Monsieur, des choses d’ici-bas.
Vous ne vouliez point croire, et l’on ne vous croit pas.

LA VACHE PLEUREUSE
Nous perdons des moments, en bagatelles pures,
Qu’il faudrait employer à prendre des mesures.
Aux menaces de la fourbe, on doit ne dormir point.

HASSAN, LE MATRAQUEUR
Quoi! son effronterie irait jusqu’à ce point?
Pour moi, je ne crois pas cette instance possible,
Et son ingratitude est ici trop visible.

LA VACHE PLEUREUSE
Ne vous y fiez pas, il aura des ressorts,
Pour donner, contre vous, raison à ses efforts;
Et sur moins que cela, le poids d’une cabale
Embarrasse les gens dans un fâcheux dédale.
Je vous le dis encore, armé de ce qu’elle a,
Vous ne deviez jamais la pousser jusque-là.

ORGON ISMAÏL BOBARD
Il est vrai, mais qu’y faire? À l’orgueil de cet être
De mes ressentiments je n’ai pas été maître.

06/03/2013 (Brève 116) Durcissement dramatique du régime djiboutien (ARDHD)

Comme cela avait été anticipé il y a une semaine, par le Président de l’ARDHD, au cours de l’émission le Grand débat sur Africa 1, Guelleh n’a plus d’autre alternative que de partiquer la terreur tous azimuts.

Aujourd’hui, il sait que son régime et sa personne ont été massivement rejetés par la population
lors du dernier scrutin. Le flou sur les résultats (dont la responsabilité est à mettre uniquement sur le système dictatorial, qui maquille les chiffres n’importe comment) persiste. Impossible de connaître le pourcentage réel des voix en faveur de l’USN, mais il est certain que la formation d’opposition a devancé largement son concurrent l’UMP.

Guelleh et ses obligés, eux, connaîssent les véritables chiffres de la défaite de leur système mafieux, qui asservit la population.

Pour se maintenir à la tête du pays et continuer à l’exploiter pour leur enrichissement personnel, le dictateur n’a plus d’alternative. Il doit se préparer au pire, c’est à dire à son licenciement par une population déchaînée, parce qu’elle est lassée de l’injustice, de la corruption, des violations des droits de l’homme, des viols, de la torture, des exécutions sommaires, des arrestations arbitraires.

Il doit donc radicaliser la répression et anticiper, tant qu’il le peut encore, les manifestations populaires : arrestations massives des manifestants, incarcération et inculpation des leaders de l’opposition, quadrillage militaro-policier de la ville.

Le cercle vicieux est en marche.

Plus la population manifeste sa colère légitime, plus le régime a recours à des méthodes violentes de répression, allant jusqu’au tir à balles réelles contre des manifestants pacifiques et des morts et blessés.

Plus la répression se durcit, plus le peuple se mobilise dans une nouvelle unité retrouvée qui estompe les divisions tribales, familiales ou ethniques, qu’IOG n’avait jamais cessé d’encourager pour s’accrocher à son fauteuil doré.

L’inconnu est de savoir pendant combien de temps les membres des forces militaro-policières vont appliquer les ordres et prendre le risque de tuer des frères, des soeurs, des cousins ou des cousines. Les officiers savent désormais que l’information circule et que les noms des responsables de crimes contre la population sont connus et qu’ils risquent des poursuites pénales dans un avenir proche.

Le régime ne tient plus que grâce à ses forces spéciales. Combien de temps, avant qu’il ne soit lâché progressivement par des officiers et des soldats honnêtes qui refuseront légitimement d’appliquer des ordres criminels et meurtriers ?

On sait que la chute du régime d’IOG est maintenant proche. S »il était intelligent, il aurait déjà fait ce constat et il partirait avant que ce ne soit trop tard. Pourquoi ne pas rejoindre Ben Ali dans son exil doré, par exemple. Ils pourront partager souvenirs et recettes dicatoriales. En plus la Paulette pourra faire de la couture avec Leila Ben Ali tout en discutant des méthodes utilisées pour accaparer toutes les richesses d’un pays en fédérant toutes les entreprises bénéficiaires …

Guelleh est-il intelligent ?
Qui répondra positivement à cette question ? Pas grand monde semble-t-il !!! Alors le risque est qu’il continue à s’accrocher à son pouvoir pour mourir finalement et honteusement comme d’anciens collègues (Mussolini, Kadafi, …)

Espérons qu’il va le comprendre et prendre très rapidement la seule solution encore possible : sa démission et sa fuite en exil.

Note A relire parmi nos meilleures pages

1er Avril 2001 – Je démissionne ! Déclaration imaginaire de Guelleh Lien

Déc 2011 : Pourquoi un avion de 181 places ?  L’opacité du financement du nouveau joujou de Guelleh aurait motivé la rupture des relations avec le FMI Lien 

26/01/2013 (Brève 099) En exclusivité sur l’ARDHD et en format « Roman-Photo », Rachad Fahrat, représentant de la dictature sanguinaire répond aux questions ..

Les mensonges de Rachad Farhat

25/11/2012 (Bréve 053) L’actualité continue et la réalité djiboutienne dépasse souvent la fiction. Roger Picon nous envoie ses derniers dessins pour caricaturer l’équipe au pouvoir … et lancer des appels à l’opinion internationale pour faire cesser cette parodie de justice et de démocratie, acceptée « tacitement » par les grandes puissances sur place et en particulier la France et les Etats-Unis.

29/09/2012 (Brève 033) Tout chaud ! Tout chaud ! les dernières caricatures de Roger Picon, qui « croque » l’actualité gouvernementale djiboutienne avec sa « férocité » désormais célèbre.