22/10/2011 (B627) Le silence étant par nature une non-réponse… Appel à manifester à Ottawa ce samedi 22 octobre

L’Acsao a décidé d’organiser un rassemblement de soutien;

-Au Dr Adawa et au rêve retardé d’une éducation de qualité pour tous, arme la plus puissante pour changer le monde selon Nelson Mandela.

-À nos jeunes bacheliers issus de familles modestes qui, sans le sou, ne peuvent s’inscrire à l’Université de Djibouti.

-À nos jeunes diplômés-chômeurs jetés en prison pour avoir osé, en organisant un sit-in, réclamer du travail.

L’Acsao a décidé d’organiser un rassemblement pour;

-Mettre en garde tous ceux qui, en s’appuyant sur le fait ethnique et sur la manipulation du sentiment xénophobe, joue un jeu dangereux pour diviser la Nation djiboutienne. NON À LA DIVERSION !

-Pour dénoncer l’occupation militaire de l’arrière-pays. Des écoles OUI ! Des casernes NON !

-Dénoncer le mutisme honteux des leaders afars. Date : le samedi 22 octobre 2011
Heure : 13H30 à 15H
Lieu : la Colline Parlementaire, à Ottawa

La diaspora djiboutienne de l’Europe et d’ailleurs ne doit pas rester indifférente.

Ceci dépasse la rhétorique stérile et partisane des uns et des autres.

______________ *Texte initialement écrit comme compte-rendu

Stupeur, incompréhension, injustice. Ce sont les sentiments qui se dégagent auprès de la diaspora Djiboutienne du Canada, notamment la communauté afar après le limogeage de Dr Adawa Hassan Ali Ganta.

Venu initialement pour participer aux festivités du 50ième anniversaire de fondation de l’AUF (Agence Universitaire de la Francophonie) qui se sont déroulées à Montréal le 23 et le 24 septembre 2011, l’ex ministre de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle, a par la suite effectué une courte visite de travail de deux jours à Ottawa. Arrivés le 24 au soir, le ministre et Mme Fatouma Houmed Aboubaker, inspectrice générale à l’Éducation Nationale, ont tenu le lendemain une réunion de travail avec le Réseau de la Diaspora de Djibouti au Canada(RDDC). Dans la soirée, un diner avait été offert en l’honneur du ministre par l’Association Culturelle et Sportive des Afars d’Ottawa (ACSAO).

Les membres de cette dernière ont pris l’initiative de recevoir ce nouveau ministre qui était à leurs yeus la personne qu’il fallait à place qu’il fallait ; l’homme est issu du milieu éducatif et possède les compétences nécessaires pour relever le défi de l’éducation du XXIème siècle. Enfin, cerise sur le gâteau, il est docteur en Histoire. Cela suffisait amplement pour que nous croyions en ces capacités (voir son portrait).

D’ailleurs, tous ceux qui ont approché le Dr Adawa lors son bref séjour ont été emballés par son allant, sa disponibilité et sa grande capacité d’écoute. Le pédagogue en lui – il ne recourrait pas à la langue de bois – expliquait par le menu détail l’ambitieux projet qu’il avait dans ses cartons pour aller vers une éducation de QUALITÉ. Une de ses priorités était la construction de nouvelles écoles et la réhabilitation de celles déjà existantes dans l’arrière pays (une entrevue vidéo en afar où il détaille ses objectifs sera bientôt en ligne).

Réaliste, il savait que multiples seraient les obstacles pour arriver au bout du chemin. Par exemple, il condamnait, à juste titre d’ailleurs, une éducation à deux vitesses.

Pour autant, il ne déviait jamais de son rôle de ministre et de la solidarité gouvernementale.

Monsieur le ministre avait constaté de visu que la diaspora djiboutienne au Canada était non seulement attachée à son pays d’origine mais qu’elle avait surtout la volonté de contribuer à son développement. Une diaspora bien éloignée des clichés.

Enfin, la journée du 26 fut particulièrement chargée et fructueuse professionnellement parlant. Tout cela est fidèlement documenté sur le site officiel du Réseau de la Diaspora Djiboutienne. Et repris, une fois n’est pas coutume, par le journal La Nation dans son édition du 5 octobre 2011.

Deux semaines après son départ, poum ! Le ministre de l’Éducation Nationale se fait « descendre » par un décret présidentiel, à quelques semaines d’une rentrée scolaire !

Pour la petite histoire, et alors que les vrais opposants d’Ottawa ont eu la décence de ne pas faire de vagues sur la présence du ministre dans la capitale canadienne, un pseudo opposant, trop pressé de se faire du capital politique, se vante sur la toile d’avoir rencontré le ministre. Mensonge et petitesse ! N’hérite pas de l’héroïsme du père qui veut.

Les dessous d’un vrai-faux remaniement.

Le 8 mai 2011 pendant son discours d’investiture de son troisième mandat, le chef de l’État a déclaré qu’ « On ne réforme pas une société par décret ». Aggiornamento politique sous le ciel couleur sable de la capitale. Le président avait compris, disait-on le message de la rue du fameux

18 février 2011. Les ministres warabas, les Ougoureh, Rifki et companie sont écartés, non sans «cadeaux politiques», et remplacés par des ministres jeunes et diplômés – oui ça étonne encore après 34 ans d’indépendance !

Mais revenons au cas du Dr Adawa.

Que nous disent Opaque Djibouti, pardon Transparence Djibouti et la perfide Djibouti24 ?

Qu’il a eu des échanges salaces avec une étudiante sur Facebook ! Mais encore ?

A-t-il pêché par excès de confiance en voulant prendre le mammouth – l’Éducation Nationale – par les cornes ?

En proposant de construire des nouvelles écoles de Daasbio à Daddato et de Hanlé à Hayyu, a-t-il perturbé le tropisme somalien du président Guelleh qui a entendu des onomatopées à la place ? Xaq,dhac, han,hayu ! Ce n’est pas sérieux que tout ça. On ne reforme pas un système scolaire par…quoi déjà ? Ah oui, Décret présidentiel !

Quelque que soit la raison ou les raisons, et même si IOG démet qui il veut, prendre Hassan Omar Mohamed, numériquement, comme dirait madame la suspicion – nous avons nommé Djibouti24, à la place de Dr Adawa, qu’est-ce que ça signifie ?

Madame la discorde (encore elle !) nous apprend que le nouveau ministre de l’habitat est un grand patriote, un homme qui a toujours défendu l’Intérêt Suprême de la Nation, à fortiori, pendant les années de braises (91-93).Nous lui souhaitons beaucoup de courage cette fois encore !

Quant au Dr Adawa, bien lui a pris d’avoir été écarté du gouvernement ; il est perçu par beaucoup comme un héros.

Aujoud’hui, cinq mois après, la promesse d’un changement était en fin de compte un effet d’annonce comme on dit en politique. Quelle naïveté oui !

Le président est définitivement ankylosé, intolérant aux solutions hétérodoxes. Nous ne le savions pas ? Quelle naïveté oui ! Alors, on se la ferme et on attend la prochaine campagne ?

Le silence étant par nature une non-réponse…