14/03/99 (LIB 001) 1 – LETTRE DE L’ARDHD

Monsieur
le Ministre,

Nos relais
djiboutiens viennent de nous informer du contenu
de votre intervention sur les ondes de RFI, ce matin.
Vos propos les ont surpris / déçus à plus d’un titre
et ils souhaitent
que je vous transmette des informations et des précisions.


Cas de l’Avocat Aref Mohamed AREF et de tous les prisonniers politiques à
Djibouti.

Vous avez déclaré que vous attendiez des informations complémentaires car
vous ne disposiez que de celles contenues dans la lettre
de Maître Montebourg.

Depuis le
12 février, notre Association multiplie les communiqués
et vos collaborateurs (MM xxxxxxxxxxxx et xxxxxxxxxxxxx) ont reçu,
à chaque fois, un exemplaire par FAX. Constatant au travers de vos propos,
que ces documents ne vous pas été transmis, je joins à cette lettre,
un exemplaire de nos communiqués.

Personnellement,
je suis à votre disposition pour vous faire parvenir
tous les éléments qui seraient nécessaires pour compléter vos dossiers. Toutes
nos informations peuvent aussi être consultées sur notre site WEB, ouvert
à cette occasion : www.ardhd.org

Notre Association
est particulièrement attentive sur les conditions d’incarcération des prisonniers
politiques.
Le sort qui est réservé à Maître AREF depuis un mois
est véritablement effroyable et nous demandons une intervention humanitaire
et urgente de la France pour qu’il soit libéré le plus rapidement possible.

Sa condamnation
et les conditions de son procès ont été vivement dénoncées par Maître Anne
Monseu, dans le rapport qu’elle a remis à Avocats Sans Frontières. (copie
ci-joint)

Dépôt
d’une plainte pour tortures et crimes contre l’humanité
.

Notre Association, conjointement avec un plaignant djiboutien,
a déposé le 5 mars 1999 auprès du Procureur de la République,
Tribunal de Grande Instance de Paris, une plainte à l’encontre
de MM Hassan GOULED et Ismaël Omar GUELLEH,
pour tortures et crimes contre l’humanité.

Cette plainte
reprend pour partie les faits qui ont été dénoncés par Maître Montebourg dans
le courrier qu’il vous a adressé.

En
vous adressant cette lettre personnelle, je me fais aussi l’interprète d’une
majorité de djiboutiens, victimes civiles du régime en place, qui attendent
toujours une intervention française efficace pour rétablir la Démocratie,
les Droits de l’Homme et la Justice.

Ils ont été
choqués par les termes de votre intervention et par le fait que la France
renforce sans contrepartie son soutien financier à un régime dictatorial qui
reconnaît lui-même que sa justice ne fonctionne pas.

Ce
même régime, je vous le rappelle :

  • interdit aux avocats
    français l’accès à son territoire et le droit de plaider, en contradiction
    avec les termes de la convention franco-djiboutienne d’assistance judiciaire,
  • continue de pratiquer
    systématiquement la torture, les arrestations arbitraires, les exécutions
    sommaires, le viol des femmes, la destruction de villages, des cheptels
    et des points d’eau, la fermeture des écoles,
  • réprime très violemment
    toutes les manifestations publiques (même autorisées) et tous les mouvements
    syndicaux,
  • ….

Restant à votre disposition,
je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de mes sentiments
respectueux.

 

Jean-Loup
SCHAAL
Président

P.J.

  • Six communiqués récents
    envoyés à vos collaborateurs,
  • Rapport de Maître Monseu,
    administrateur d’Avocats Sans Frontières – Belgique
  • Articles parus dans
    Le Monde, l’Express, La Lettre de l’Océan Indien et
    le
    Nouvel Observateur
  • Copie du contenu de
    notre plainte.

15/03/99 (LIB 002) 2 – LETTRE DE L’AFADD

à
Monsieur Charles JOSSELIN
Ministre de la Coopération
Tarbes, le 15 mars 1999

Monsieur
le Ministre,

Le peuple
de Djibouti vient d’entendre les propos que vous avez tenus sur R.F.I. ce
14 mars et se trouve légitimement interpellé par l’absence de discernement
et de connaissance du sujet dont vous avez fait preuve
lors de cette intervention radiophonique.

Vous
avez indiqué n’avoir aucun élément d’information sur la situation de Me AREF
MOHAMED AREF, illégalement condamné et détenu à la prison de Gabode depuis
le 15 février 1999, alors même que vous avez été rendu destinataire de tous
les documents, communiqués et lettres d’intervention émanant tant de l’Association
Française des Amis des Démocrates de Djibouti que d’autres O.N.G. de défense
des droits de l’homme, comme l’Association pour le Respect des Droits de l’Homme
à Djibouti, Amnesty International etc…

Vous
avez été informé également en temps utile du dépôt de la plainte, sous ma
constitution d’avocat, contre MM. GOULED et GUELLEH, devant le Tribunal de
Grande Instance de Paris, pour actes de torture et crimes contre l’humanité.
Le Nouvel Observateur, l’Express, le Monde ont relaté cette situation.

La préfecture
de police de Paris vous a sans doute avisé de la conférence de presse qui
a été tenue le vendredi 12 mars et de la manifestation du même jour à 18 heures
30 devant l’ambassade de Djibouti.

Votre intervention
radiophonique semble laisser supposer que vous ne prenez pas connaissance
des informations qui vous sont adressées ou que les conseils qui vous sont
prodigués sont manifestement mal adaptés.

Ainsi, est-il
aisé de constater une réelle volonté de dénaturer la réalité des faits sur
la situation de Me AREF en général et des droits de l’homme à Djibouti en
particulier.

Dois-je
porter à votre connaissance que votre cabinet m’a téléphoné, sur mon poste
personnel, vendredi 12 mars à 10 heures 45, pour m’informer d’une dépêche
que vous auriez reçue du poste français à Djibouti selon laquelle Madame Madiha
AREF contestait formellement les accusations dénoncées par les O.N.G. en Europe
relativement à la situation de son mari.
Interrogée directement par nos soins, Madame AREF a élevé une solennelle protestation
contre de tels procédés qui ne grandissent pas ceux qui les utilisent et qui
constituent une faute grave à la charge des fonctionnaires français en poste
à Djibouti.

Devant
cette grossière tentative de déstabiliser les défenseurs des droits de l’homme
et de porter un discrédit sur la personne de Me AREF, nous sommes légitimement
fondés à nous interroger sur le rôle joué dans cette affaire par vos services.

Je dois
rappeler que nous avons reçu de nombreux témoignages de soutien d’hommes et
de femmes politiques et de militants des droits de l’homme parmi lesquels
notamment Monsieur Michel ROCARD, Monsieur Arnaud MONTEBOURG et Monsieur Jean-Marie
BOCKEL.

Les agences
des Nations Unies et les grandes O.N.G. se sont toutes mobilisées pour soutenir
et défendre AREF. Le 9 avril prochain auront lieu les élections présidentielles
à Djibouti. GUELLEH, contre qui une plainte pour crime contre l’humanité a
été déposée, est candidat.

Le feu
et le sang sont près des urnes et il convient d’être extrêmement vigilants
dans l’observation de ce scrutin par des personnes indépendantes connaissant
la situation.

Me serait-il
pas possible de vous rencontrer prochainement pour vous apporter d’autres
informations ?

Dans l’attente
de vous lire, Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de
ma parfaite considération.

LE
PRESIDENT,
Roger-Vincent
Calatayud

29/03/99 (LIB 001) GREVE DE LA FAIM ILLIMITEE

Tous
les prisonniers politiques, détenus dans la Prison de Gabode, ont entamé
une grève de la faim illimitée le 29 mars 1999.

Ils
dénoncent :

  • leur
    incarcération illégale, sans jugement ni instruction véritable,
  • les
    conditions effroyables de leur détention ni hygiène,
  • le
    refus de soins aux malades et aux blessés et le décès

    d’Abdi Houffaneh Liban le 12 mars 99

Ils
lancent un appel à la communauté internationale pour obtenir
:

  • leur libération
    immédiate
  • recevoir la visite
    de médecins et de soignants,
  • imposer un contrôle
    de la prison par les organisations internationales

 

ILS
SONT LARGEMENT SOUTENUS
A PARIS / BAGNOLET (9 personnes)
ET A BRUXELLES (15 personnes)

par
de nombreux djiboutiens, dont Aicha Daballeh,
qui poursuivent une gréve de la faim

AU
TOTAL PLUS DE SOIXANTE PERSONNES
COMMUNIQUE

ME AREF
MOHAMED AREF ET LES AUTRES PRSIONNIERS POLITIQUES ONT ENTAMÉ UNE GRÈVE DE
LA FAIM A DJIBOUTI

Le 31 mars
1999 Me AREF, condamné et détenu illégalement par les autorités de Djibouti
a entamé, avec tous les autres prisonniers politiques, le 29 mars dernier
une grève de la faim pour protester contre les conditions de détention auxquelles
ils sont soumis, sans pouvoir recevoir les moindres soins médicaux. Me AREF,
souffrant de graves maux de rein, n’a jamais pu obtenir d’être visité par
un médecin pour recevoir un traitement adapté.

Deux
prisonniers sont morts en 1998 et en mars 1999 à la suite des mauvais traitements
qu’ils subissent. Par solidarité, plusieurs ressortissants djiboutiens, à
Paris et Bruxelles, ont également décidé de faire grève de la faim illimitée.

Le gouvernement de Djibouti
refuse toutes missions d’observations et de bons offices et a rejeté la demande
de visa déposée par la Commission Internationale des Juristes de Genève.

La campagne électorale
pour le scrutin présidentiel du 9 avril prochain a encore plus exacerbé les
positions du régime tyrannique du Président Gouled et du candidat  » officiel
 » Ismaël Omar Guelleh.

L’ASSOCIATION FRANÇAISE
DES AMIS DES DÉMOCRATES DE DJIBOUTI demande la libération de Me AREF et de
tous les prisonniers politiques de Djibouti. Elle dénonce solennellement une
fois de plus les atteintes aux principes fondamentaux qui doivent régir une
telle consultation électorale et s’insurge contre les violations commises
par le gouvernement pour détourner, par tous les moyens, les voix de électeurs.

L’A.F.A.D.D. exige instamment
que soient restaurées les valeurs républicaines et démocratiques défendues
par la majorité du peuple de Djibouti pour que des élections libres et transparentes
soient organisées.

LE
PRESIDENT,
Roger-Vincent Calatayud

07/04/99 (LIB 001) Association Française des Amis des Démocrates de Djibouti LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE DJIBOUT

Monsieur
le Président de la République,

Le 9 avril
1999, un Djiboutien sera élu pour vous succéder aux fonctions suprêmes de
Chef de l’Etat.
Il aura la charge d’assurer la gestion de ce pays et de ce peuple, dans l’état
où il les trouvera après votre départ et 22 années de votre administration.

Vous avez
pris la sage décision de vous retirer des affaires en laissant le peuple s’exprimer
sur son destin.

On aurait
pu croire
que les valeurs de la démocratie étaient en train de pénétrer
l’esprit de ce régime pour marquer de cette façon une page d’histoire de ce
pays, pour tenter d’effacer les longues années d’obscurité, de tyrannie, de
torture et de crimes contre l’humanité, tous actes pour lesquels un Tribunal
est saisi.

On aurait
pu croire
que vous auriez voulu laisser comme dernier sentiment dans le
coeur de votre peuple une lumière d’espoir, un pincement imperceptible, presque
comme un regret.

On aurait
voulu croire
que votre volonté était de laisser le peuple, au moins une
fois sous votre férule, la seule et dernière fois, décider librement de son
avenir à l’occasion du scrutin présidentiel. Or, ce rêve était fugace et la
réalité était conforme à la barbarie de votre fin de règne.
Non seulement, vous avez présenté votre neveu, directeur
de cabinet, trafiquant en tout genre et chef de la sécurité, comme votre successeur
naturel – ce qui fait tressaillir d’horreur tout électeur conscient de ses
responsabilités, mais en plus vous usez des derniers pouvoirs que vous détenez
pour tenter par tous les moyens de circonvenir ce scrutin.

Vous n’hésitez
pas à arrêter les démocrates, à les faire condamner, à leur faire subir des
actes de torture et des traitements inhumains. Vous n’avez aucun scrupule
à laisser mourir dans vos prisons les prisonniers politiques que vous avez
enlevés depuis leur refuge étranger, en les privant de soins médicaux appropriés.

Vous n’avez
pas tenté de préserver une des grandes figures de votre pays, un fils de cette
terre, MOHAMED AREF, défenseur des droits de l’homme, avocat estimé de tous,
ici et ailleurs, cet homme dont l’esprit illumine votre drapeau à l’intérieur
et à l’extérieur de Djibouti. Et au lieu de travailler à la restauration de
la démocratie en collaborant avec cet homme juste, vous l’avez illégalement
fait condamner et conduire à Gabode.

Mais
vous n’en êtes pas resté là: vous avez ordonné que sa famille soit soumise
à une surveillance humiliante, aux manoeuvres de vos sicaires, pour terroriser
cette femme et ses jeunes enfants.

Sachez,
Monsieur le Président de la République, que le peuple de Djibouti et le monde
entier regardent ce qui se passe ici et que si l’histoire vous a déjà jugé,
les hommes se préparent à le faire.

Sachez
aussi, que toutes les femmes, toutes les mères de famille, s’identifient à
Madiha AREF et à ses enfants et la soutiennent par la force de leur esprit.

Sachez
enfin que le peuple souverain, vendredi prochain, s’exprimera – aussi librement
que possible – compte tenu des pressions, fraudes, manipulations et autres
exactions d’ores et déjà commises sur place par vos services. Vous avez voulu
poursuivre votre vie politique en mettant en avant Ismaël Omar GUELLEH, un
criminel qui aurait chausser vos bottes sur le chemin de l’iniquité.

Vous n’avez
pas choisi la voie de l’honneur pour quitter vos fonctions: c’est ce qui sera
retenu, de façon indélébile, par l’histoire.

Après
ce suffrage qui ouvrira une nouvelle ère pour votre peuple, chacun retrouvera
sa place et l’avenir démontrera que la démocratie, la justice, la vérité et
la liberté finissent toujours par vaincre.

Je vous prie
d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma parfaite
considération.

LE
PRESIDENT,
Roger-Vincent
CALATAYUD

20/09/99 (LIB 001) Association Française des Amis des Démocrates de Djibouti

20, rue Brauhauban

F-65000 TARBES
Téléphone: (33) 05 62 34 10 83
Télécopie: (33) 05 62 51 39 09

courriel:
afadd@wanadoo.fr

L’Association
Française des
Amis des Démocrates de Djibouti

a été constituée
pour répondre à une nécessité de réunir tous les démocrates qui oeuvrent dans
la défense des droits de l’homme à Djibouti.

Le
Bureau :

Présidents d’Honneur :
Monsieur Xavier DENIAU,
Député du Loiret, ancien ministre, Maître des Requêtes Honoraire au Conseil
d’Etat;
Monsieur Moumin Bahdon Farrah,
ancien ministre djiboutien de la justice et des affaires étrangères;

Président
:

Monsieur
Roger-Vincent CALATAYUD,


avocat, ancien bâtonnier, membre du Conseil National des Barreaux, expert-consultant
auprès d’organisations internationales;

Vice-Présidents:
Michel
HONORIN
, journaliste,
grand reporter; Monsieur Aref Mohamed AREF, avocat à Djibouti; –

Secrétaire
:

Madame Fabienne TRUSSES-NAPROUS, avocat; –

Trésorier:

Monsieur Jean-Charles PARAS, avocat.

Cette association,
regroupant des démocrates français et djiboutiens, a pour but de développer
les liens entre les deux pays, de promouvoir les valeurs démocratiques, les
droits de l’homme et la norme internationale.

Elle a également
pour objectif de sensibiliser l’opinion publique aux questions tenant au respect
des droits de la personne humaine.
Elle devra favoriser les échanges culturels et la coopération notamment dans
le domaine de l’éducation aux droits de l’homme.

Elle aura
à réaliser des projets utiles et nécessaires à la Démocratie, à la Liberté
et aux Droits de la Personne Humaine.

De très nombreux
démocrates ont adhéré immédiatement et un comité d’honneur a été mis en place
avec notamment,
Arnaud Montebourg, Député, Président du Groupe d’amitié France-Djibouti,

Jean-Marie Bockel,
Député et ancien ministre, Fondation Agir Ensemble
pour les Droits de l’Homme, F.N.U.J.A.,
Jean-Yves Bertrand-Cadi,
Premier Président Honoraire de Cour d’Appel,

Anne Cadiot,
avocat, ancienne présidente de la Fédération Nationale des
Jeunes Avocats,
de nombreuses personnalités djiboutiennes, etc..

07/04/99 (LIB 001) LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

Monsieur le Président de la République,

Le 9 avril
1999, un Djiboutien sera élu pour vous succéder aux fonctions
suprêmes de Chef de État

Il aura la
charge d’assurer la gestion de ce pays et de ce peuple, dans l’état
où il les trouvera après votre départ et 22 années
de votre administration.

Vous avez pris
la sage décision de vous retirer des affaires en laissant le peuple
s’exprimer sur son destin.

On aurait pu
croire que les valeurs de la démocratie étaient en train de
pénétrer l’esprit de ce régime pour marquer de cette
façon une page d’histoire de ce pays, pour tenter d’effacer les longues
années d’obscurité, de tyrannie, de torture et de crimes contre
l’humanité, tous actes pour lesquels un Tribunal est saisi.

On aurait pu
croire que vous auriez voulu laisser comme dernier sentiment dans le cœur
de votre peuple une lumière d’espoir, un pincement imperceptible,
presque comme un regret.

On aurait voulu
croire que votre volonté était de laisser le peuple, au moins
une fois sous votre férule, la seule et dernière fois, décider
librement de son avenir à l’occasion du scrutin présidentiel.
Or, ce rêve était fugace et la réalité était
conforme à la barbarie de votre fin de règne.
Non seulement, vous avez présenté votre neveu, directeur de
cabinet, trafiquant en tout genre et chef de la sécurité,
comme votre successeur naturel – ce qui fait tressaillir d’horreur tout
électeur conscient de ses responsabilités, mais en plus vous
usez des derniers pouvoirs que vous détenez pour tenter par tous
les moyens de circonvenir ce scrutin.

Vous n’hésitez
pas à arrêter les démocrates, à les faire condamner,
à leur faire subir des actes de torture et des traitements inhumains.
Vous n’avez aucun scrupule à laisser mourir dans vos prisons les
prisonniers politiques que vous avez enlevés depuis leur refuge étranger,
en les privant de soins médicaux appropriés.

Vous n’avez
pas tenté de préserver une des grandes figures de votre pays,
un fils de cette terre, MOHAMED AREF, défenseur des droits de l’homme,
avocat estimé de tous, ici et ailleurs, cet homme dont l’esprit illumine
votre drapeau à l’intérieur et à l’extérieur
de Djibouti. Et au lieu de travailler à la restauration de la démocratie
en collaborant avec cet homme juste, vous l’avez illégalement fait
condamner et conduire à Gabode.

Mais vous n’en
êtes pas resté là: vous avez ordonné que sa famille
soit soumise à une surveillance humiliante, aux manœuvres de
vos sicaires, pour terroriser cette femme et ses jeunes enfants.

Sachez, Monsieur
le Président de la République, que le peuple de Djibouti et
le monde entier regardent ce qui se passe ici et que si l’histoire vous
a déjà jugé, les hommes se préparent à
le faire.

Sachez aussi,
que toutes les femmes, toutes les mères de famille, s’identifient
à Madiha AREF et à ses enfants et la soutiennent par la force
de leur esprit.

Sachez enfin
que le peuple souverain, vendredi prochain, s’exprimera – aussi librement
que possible – compte tenu des pressions, fraudes, manipulations et autres
exactions d’ores et déjà commises sur place par vos services.
Vous avez voulu poursuivre votre vie politique en mettant en avant Ismaël
Omar GUELLEH, un criminel qui aurait chausser vos bottes sur le chemin de
l’iniquité.

Vous n’avez
pas choisi la voie de l’honneur pour quitter vos fonctions: c’est ce qui
sera retenu, de façon indélébile, par l’histoire.

Après
ce suffrage qui ouvrira une nouvelle ère pour votre peuple, chacun
retrouvera sa place et l’avenir démontrera que la démocratie,
la justice, la vérité et la liberté finissent toujours
par vaincre.

Je vous prie
d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression
de ma parfaite considération.

LE
PRESIDENT,
Roger-Vincent CALATAYUD

20/09/99 (LIB 001) Association Française des Amis des Démocrates de Djibouti

COMMUNIQUE
DE
L’ASSOCIATION FRANÇAISE DES AMIS
DES DÉMOCRATES DE DJIBOUTI

Les
procès politiques, les arrestations illégales, les rétentions arbitraires
de passeport et autre abolition de la liberté de la presse restent à Djibouti
le système quotidien de gouvernement.

Les violations
des droits de l’homme, de la loi constitutionnelle et des conventions internationales
sont chaque jour constatées.

Les militants
des droits de l’homme et tous les opposants sont les victimes de cet État
de non droit. MM. MOUMIN BAHDON et autres, Me AREF, les journalistes d’opposition
et certain membre de la famille du candidat à la présidence de la République
sont arrêtés, incarcérés ou condamnés dans des conditions totales d’iniquité.

Le
13 octobre prochain doit s’ouvrir le procès devant la cour d’appel de Djibouti
de MM. Moumin Bahdon et autres. Après avoir indiqué qu’un visa sera délivré
à l’avocat des prévenus, le bâtonnier Roger-Vincent Calatayud, avocat français,
l’Ambassade de Djibouti à Paris refuse aujourd’hui de régulariser cette situation
et privera, dès lors, l’ensemble des prévenus, de toute défense libre et indépendante.

Par ailleurs,
Djibouti attend beaucoup de l’aide internationale et notamment du Fonds Monétaire
International (FMI). Le président Omar Guelleh se trouve actuellement aux
États Unis pour solliciter une aide du FMI. La France s’est engagée à appuyer
cette demande.

Cette situation
est inadmissible et la poursuite d’envoi d’aides publiques françaises et européennes
à Djibouti ancre ce pays dans un système maffieux de détournement et de blanchiment
d’argent.

Pour la
liberté de la défense, pour la liberté de la presse, pour la liberté d’association,
mobilisons-nous et contactons tous l’ambassade de Djibouti à Paris, rue Menier
75116 Paris, pour dénoncer cette état de fait.

Le président
de l’A.F.A.D.D.
le 20 septembre 1999
Roger-Vincent Calatayud
Président de l’A.F.A.D.D.
20, rue Brauhauban F-65000 Tarbes
tél.: 00 33 (0) 5 62 34 10 83 fax.: 00 33 (0) 5 62 51 39 09
courriel: rv.calatayud@wanadoo.f

07/05/99 (LIB 001) Maître R-V CALATAYUD membre du Conseil National des Barreaux, Président de l’AFADD réagit sur le conditions dans lesquelles s’est déroulé le procès en appel de Maître AREF

AFADD

Association Française des Amis
des Démocrates de Djibouti

COMMUNIQUE

AREF
CONDAMNE EN APPEL LE 5 MAI
DANS DES CONDITIONS ILLÉGALES

Le 5 mai
1999 Me AREF, condamné en première instance à 2 ans de prison de prison dont
6 mois ferme, le 15 février 1999 par le tribunal correctionnel de Djibouti,
a fait appel de cette décision inique, dans les délais de la loi.

Nous connaissons
tous les circonstances particulièrement scandaleuses dans lesquelles est intervenue
cette condamnation: pas de charges, pas d’interrogatoires, pas de défense
libre et indépendante, pas de procès équitable ni de juges impartiaux.

Or,
sans respecter les délais de citation de 10 jours, et même sans aucune citation,
afin de priver Me AREF de tous moyens de défense sérieux, le gouvernement
djiboutien a déféré Me AREF, aujourd’hui, 5 mai 1999, devant la cour d’appel
siégeant à huis clos, qui l’a condamné à 6 mois de prison ferme, 5 ans d’interdiction
professionnelle et 150.000 Fdj d’amende.

Le public
s’est vu refuser tout accès à la salle d’audience et les forces de l’ordre
ont fermé les portes du palais de justice.

La demande
de liberté provisoire déposée par AREF n’a pas été évoquée, le jugement de
première instance n’était pas à la disposition de Me AREF qui n’a même pas
pu connaître les motifs de sa première condamnation.

Le
Président de l’audience, Monsieur Saïd ABKAR, s’est rendu, en cours de délibéré,
auprès de Ismaël OMAR GUELLEH, président élu de la République, pour y prendre
ses ordres.

Le délibéré
n’a duré que 15 minutes!!! Me AREF a été reconduit à la prison de Gabode aussitôt
après. Ce procès démontre la volonté du pouvoir de poursuivre sa politique
de répression, de bâillonner la libre expression et d’interdire toute libre
défense malgré les engagements mensongers qui ont été pris.

Le gouvernement
français, qui soutient le nouveau président, ne veut pas dénoncer des pratiques
judiciaires qui violent non seulement la loi nationale djiboutienne mais également
toutes les normes internationales et maintient auprès de cet État de
non droit absolu, un magistrat détaché du ministère français de la justice.

Cela est
confirmé par le fait que le parquet de Paris n’a diligenté aucun acte d’investigation
à la suite de la plainte qui a été déposée en mars 1999 pour crimes contre
l’humanité et actes de torture contre MM. Hassan Gouled et Ismaël OMAR GUELLEH.

La convention
franco-djiboutienne de coopération judiciaire est violée impunément par le
gouvernement djiboutien, sans aucune réaction du gouvernement français qui
poursuit son soutien financier et technique.

L’ASSOCIATION
FRANÇAISE DES AMIS
DES DÉMOCRATES DE DJIBOUTI


dénonce le silence du gouvernement français et l’appelle à mettre tout en
oeuvre pour faire respecter les engagements pris. Elle dénonce solennellement
les agissements de l’Etat Djiboutien qui renforce sa répression barbare et
sauvage contre des citoyens à l’honorabilité internationalement reconnue.

Elle accuse
le gouvernement de Djibouti de priver Me AREF de sa profession d’avocat pendant
5 ans alors même que le conseil de l’ordre n’a pas encore statué.

Elle
appelle tous les démocrates à adresser des lettres de protestation aux gouvernements
français et djiboutien. Me AREF, prisonnier politique, militant et défenseur
des droits de l’homme, est le plus glorieux des citoyens de Djibouti: son
pays tente de le briser pour éteindre la flamme de la liberté de tout un peuple.

Restons mobilisés
et unissons-nous pour poursuivre le combat pour la paix, le progrès et la
démocratie.

Le
Président,
Roger-Vincent
CALATAYUD