14/03/99 (LIB 001) 1 – LETTRE DE L’ARDHD

Monsieur
le Ministre,

Nos relais
djiboutiens viennent de nous informer du contenu
de votre intervention sur les ondes de RFI, ce matin.
Vos propos les ont surpris / déçus à plus d’un titre
et ils souhaitent
que je vous transmette des informations et des précisions.


Cas de l’Avocat Aref Mohamed AREF et de tous les prisonniers politiques à
Djibouti.

Vous avez déclaré que vous attendiez des informations complémentaires car
vous ne disposiez que de celles contenues dans la lettre
de Maître Montebourg.

Depuis le
12 février, notre Association multiplie les communiqués
et vos collaborateurs (MM xxxxxxxxxxxx et xxxxxxxxxxxxx) ont reçu,
à chaque fois, un exemplaire par FAX. Constatant au travers de vos propos,
que ces documents ne vous pas été transmis, je joins à cette lettre,
un exemplaire de nos communiqués.

Personnellement,
je suis à votre disposition pour vous faire parvenir
tous les éléments qui seraient nécessaires pour compléter vos dossiers. Toutes
nos informations peuvent aussi être consultées sur notre site WEB, ouvert
à cette occasion : www.ardhd.org

Notre Association
est particulièrement attentive sur les conditions d’incarcération des prisonniers
politiques.
Le sort qui est réservé à Maître AREF depuis un mois
est véritablement effroyable et nous demandons une intervention humanitaire
et urgente de la France pour qu’il soit libéré le plus rapidement possible.

Sa condamnation
et les conditions de son procès ont été vivement dénoncées par Maître Anne
Monseu, dans le rapport qu’elle a remis à Avocats Sans Frontières. (copie
ci-joint)

Dépôt
d’une plainte pour tortures et crimes contre l’humanité
.

Notre Association, conjointement avec un plaignant djiboutien,
a déposé le 5 mars 1999 auprès du Procureur de la République,
Tribunal de Grande Instance de Paris, une plainte à l’encontre
de MM Hassan GOULED et Ismaël Omar GUELLEH,
pour tortures et crimes contre l’humanité.

Cette plainte
reprend pour partie les faits qui ont été dénoncés par Maître Montebourg dans
le courrier qu’il vous a adressé.

En
vous adressant cette lettre personnelle, je me fais aussi l’interprète d’une
majorité de djiboutiens, victimes civiles du régime en place, qui attendent
toujours une intervention française efficace pour rétablir la Démocratie,
les Droits de l’Homme et la Justice.

Ils ont été
choqués par les termes de votre intervention et par le fait que la France
renforce sans contrepartie son soutien financier à un régime dictatorial qui
reconnaît lui-même que sa justice ne fonctionne pas.

Ce
même régime, je vous le rappelle :

  • interdit aux avocats
    français l’accès à son territoire et le droit de plaider, en contradiction
    avec les termes de la convention franco-djiboutienne d’assistance judiciaire,
  • continue de pratiquer
    systématiquement la torture, les arrestations arbitraires, les exécutions
    sommaires, le viol des femmes, la destruction de villages, des cheptels
    et des points d’eau, la fermeture des écoles,
  • réprime très violemment
    toutes les manifestations publiques (même autorisées) et tous les mouvements
    syndicaux,
  • ….

Restant à votre disposition,
je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de mes sentiments
respectueux.

 

Jean-Loup
SCHAAL
Président

P.J.

  • Six communiqués récents
    envoyés à vos collaborateurs,
  • Rapport de Maître Monseu,
    administrateur d’Avocats Sans Frontières – Belgique
  • Articles parus dans
    Le Monde, l’Express, La Lettre de l’Océan Indien et
    le
    Nouvel Observateur
  • Copie du contenu de
    notre plainte.

15/03/99 (LIB 002) 2 – LETTRE DE L’AFADD

à
Monsieur Charles JOSSELIN
Ministre de la Coopération
Tarbes, le 15 mars 1999

Monsieur
le Ministre,

Le peuple
de Djibouti vient d’entendre les propos que vous avez tenus sur R.F.I. ce
14 mars et se trouve légitimement interpellé par l’absence de discernement
et de connaissance du sujet dont vous avez fait preuve
lors de cette intervention radiophonique.

Vous
avez indiqué n’avoir aucun élément d’information sur la situation de Me AREF
MOHAMED AREF, illégalement condamné et détenu à la prison de Gabode depuis
le 15 février 1999, alors même que vous avez été rendu destinataire de tous
les documents, communiqués et lettres d’intervention émanant tant de l’Association
Française des Amis des Démocrates de Djibouti que d’autres O.N.G. de défense
des droits de l’homme, comme l’Association pour le Respect des Droits de l’Homme
à Djibouti, Amnesty International etc…

Vous
avez été informé également en temps utile du dépôt de la plainte, sous ma
constitution d’avocat, contre MM. GOULED et GUELLEH, devant le Tribunal de
Grande Instance de Paris, pour actes de torture et crimes contre l’humanité.
Le Nouvel Observateur, l’Express, le Monde ont relaté cette situation.

La préfecture
de police de Paris vous a sans doute avisé de la conférence de presse qui
a été tenue le vendredi 12 mars et de la manifestation du même jour à 18 heures
30 devant l’ambassade de Djibouti.

Votre intervention
radiophonique semble laisser supposer que vous ne prenez pas connaissance
des informations qui vous sont adressées ou que les conseils qui vous sont
prodigués sont manifestement mal adaptés.

Ainsi, est-il
aisé de constater une réelle volonté de dénaturer la réalité des faits sur
la situation de Me AREF en général et des droits de l’homme à Djibouti en
particulier.

Dois-je
porter à votre connaissance que votre cabinet m’a téléphoné, sur mon poste
personnel, vendredi 12 mars à 10 heures 45, pour m’informer d’une dépêche
que vous auriez reçue du poste français à Djibouti selon laquelle Madame Madiha
AREF contestait formellement les accusations dénoncées par les O.N.G. en Europe
relativement à la situation de son mari.
Interrogée directement par nos soins, Madame AREF a élevé une solennelle protestation
contre de tels procédés qui ne grandissent pas ceux qui les utilisent et qui
constituent une faute grave à la charge des fonctionnaires français en poste
à Djibouti.

Devant
cette grossière tentative de déstabiliser les défenseurs des droits de l’homme
et de porter un discrédit sur la personne de Me AREF, nous sommes légitimement
fondés à nous interroger sur le rôle joué dans cette affaire par vos services.

Je dois
rappeler que nous avons reçu de nombreux témoignages de soutien d’hommes et
de femmes politiques et de militants des droits de l’homme parmi lesquels
notamment Monsieur Michel ROCARD, Monsieur Arnaud MONTEBOURG et Monsieur Jean-Marie
BOCKEL.

Les agences
des Nations Unies et les grandes O.N.G. se sont toutes mobilisées pour soutenir
et défendre AREF. Le 9 avril prochain auront lieu les élections présidentielles
à Djibouti. GUELLEH, contre qui une plainte pour crime contre l’humanité a
été déposée, est candidat.

Le feu
et le sang sont près des urnes et il convient d’être extrêmement vigilants
dans l’observation de ce scrutin par des personnes indépendantes connaissant
la situation.

Me serait-il
pas possible de vous rencontrer prochainement pour vous apporter d’autres
informations ?

Dans l’attente
de vous lire, Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de
ma parfaite considération.

LE
PRESIDENT,
Roger-Vincent
Calatayud

07/05/99 (LIB 001) Maître R-V CALATAYUD membre du Conseil National des Barreaux, Président de l’AFADD réagit sur le conditions dans lesquelles s’est déroulé le procès en appel de Maître AREF

AFADD

Association Française des Amis
des Démocrates de Djibouti

COMMUNIQUE

AREF
CONDAMNE EN APPEL LE 5 MAI
DANS DES CONDITIONS ILLÉGALES

Le 5 mai
1999 Me AREF, condamné en première instance à 2 ans de prison de prison dont
6 mois ferme, le 15 février 1999 par le tribunal correctionnel de Djibouti,
a fait appel de cette décision inique, dans les délais de la loi.

Nous connaissons
tous les circonstances particulièrement scandaleuses dans lesquelles est intervenue
cette condamnation: pas de charges, pas d’interrogatoires, pas de défense
libre et indépendante, pas de procès équitable ni de juges impartiaux.

Or,
sans respecter les délais de citation de 10 jours, et même sans aucune citation,
afin de priver Me AREF de tous moyens de défense sérieux, le gouvernement
djiboutien a déféré Me AREF, aujourd’hui, 5 mai 1999, devant la cour d’appel
siégeant à huis clos, qui l’a condamné à 6 mois de prison ferme, 5 ans d’interdiction
professionnelle et 150.000 Fdj d’amende.

Le public
s’est vu refuser tout accès à la salle d’audience et les forces de l’ordre
ont fermé les portes du palais de justice.

La demande
de liberté provisoire déposée par AREF n’a pas été évoquée, le jugement de
première instance n’était pas à la disposition de Me AREF qui n’a même pas
pu connaître les motifs de sa première condamnation.

Le
Président de l’audience, Monsieur Saïd ABKAR, s’est rendu, en cours de délibéré,
auprès de Ismaël OMAR GUELLEH, président élu de la République, pour y prendre
ses ordres.

Le délibéré
n’a duré que 15 minutes!!! Me AREF a été reconduit à la prison de Gabode aussitôt
après. Ce procès démontre la volonté du pouvoir de poursuivre sa politique
de répression, de bâillonner la libre expression et d’interdire toute libre
défense malgré les engagements mensongers qui ont été pris.

Le gouvernement
français, qui soutient le nouveau président, ne veut pas dénoncer des pratiques
judiciaires qui violent non seulement la loi nationale djiboutienne mais également
toutes les normes internationales et maintient auprès de cet État de
non droit absolu, un magistrat détaché du ministère français de la justice.

Cela est
confirmé par le fait que le parquet de Paris n’a diligenté aucun acte d’investigation
à la suite de la plainte qui a été déposée en mars 1999 pour crimes contre
l’humanité et actes de torture contre MM. Hassan Gouled et Ismaël OMAR GUELLEH.

La convention
franco-djiboutienne de coopération judiciaire est violée impunément par le
gouvernement djiboutien, sans aucune réaction du gouvernement français qui
poursuit son soutien financier et technique.

L’ASSOCIATION
FRANÇAISE DES AMIS
DES DÉMOCRATES DE DJIBOUTI


dénonce le silence du gouvernement français et l’appelle à mettre tout en
oeuvre pour faire respecter les engagements pris. Elle dénonce solennellement
les agissements de l’Etat Djiboutien qui renforce sa répression barbare et
sauvage contre des citoyens à l’honorabilité internationalement reconnue.

Elle accuse
le gouvernement de Djibouti de priver Me AREF de sa profession d’avocat pendant
5 ans alors même que le conseil de l’ordre n’a pas encore statué.

Elle
appelle tous les démocrates à adresser des lettres de protestation aux gouvernements
français et djiboutien. Me AREF, prisonnier politique, militant et défenseur
des droits de l’homme, est le plus glorieux des citoyens de Djibouti: son
pays tente de le briser pour éteindre la flamme de la liberté de tout un peuple.

Restons mobilisés
et unissons-nous pour poursuivre le combat pour la paix, le progrès et la
démocratie.

Le
Président,
Roger-Vincent
CALATAYUD

21/05/99 (LIB 001) L’ASSOCIATION FRANÇAISE DES AMIS DES DÉMOCRATES DE DJIBOUTI,

dont
les présidents d’honneur
sont MM. Xavier Deniau, député du Loiret et ancien ministre
et Moumin Badhon Farrah, ancien ministre djiboutien de la justice et des affaires
étrangères,
vient d’apprendre que le Mouvement des entreprises de France International
organisera le mercredi 26 mai 1999 un petit-déjeuner débat avec le président
GUELLEH.

L’AFADD s’étonne que les entrepreneurs
français souhaitent rencontrer un homme contre qui une plainte pour actes
de torture et crimes contre l’humanité a été déposée entre les mains du procureur
de la République de Paris.

L’AFADD dénonce fermement une telle
initiative qui témoigne du manque total de discernement de cette instance
nationale qui privilégie les relations commerciales à l’instauration de l’Etat
de Droit à Djibouti.

Les massacres, détentions arbitraires,
actes de torture, fraudes électorales, détournement de fonds publics et autres
crimes contre l’humanité ont été dénoncés, depuis de nombreuses années par
toutes les organisations de défense des droits de l’homme.

L’AFADD demande expressément
au MEDEF INTERNATIONAL d’annuler cette mascarade qui discrédite l’ensemble
des entreprises françaises aux yeux de la communauté internationale.

LE PRESIDENT,
Roger-Vincent
Calatayud

24/07/98 (LIB 001) AMNESTY INTERNATIONAL International Criminal Court – diplomatic Conference Action

Desired fo
your information Dear Pierre, I am writing to you to let you know how much
I and the rest of the Amnesty International delegation valued the contribution
of Aref Mohamed Aref, before and during the diplomatic conference in Rome.

I have known
Aref for many years, starting with my work with him at he African Commission
on Human and Peoples’ rights.

He impressed
me with his quick grasp of complex legal issues and his excellent lobbying
skills, so it was natural that we would ask him to go with me to the Dakar
conferences on the International Criminal Court.

His energy
and determination were essential in ensuring that both the declaration at
the non-governmental organization meeting and the one organized by the Government
of Senegal and No Peace without Justice were strong.

Of course,
we then asked him to join us as a delegate to the final session of the Preparatory
Committee on the Establishment of an International Criminal Court.
He played a crucial role in developing a generally unified African government
position in practice at the Preparatory Committee, bridging the unhappy
gaps which existed between countries speaking different languages.

His ability
to shift effortlessly between Arabic, French and English in the same conversation
and his great personal charm helped build up trust of government officials
and representatives of non-governmental organizations from all parts of
Africa.

He also paid
a crucial visit to Burkina Faso during the session to lobby the incoming
Chair of the OAU on the International Criminal Court. Largely as a result
of his work, Africa became an important and positive power bloc at the diplomatic
conference.

It was then
inevitable that we would invite him to become a member of the Amnesty International
delegation in Rome for the entire five weeks of the diplomatic conference.

If there is
one hero I would single out among non-governmental organization representatives,
it would be Aref.

His inexhaustible
energy and unwavering determination were responsible for African governments
staying generally united in support of a strong court and resisting incredibly
strong pressure from the United States, including threats to withdraw economic
assistance.

Without the
strong support of African governments, we simply would not have had an International
Criminal Court. He was particularly effective with new delegates who had
not been involved in the work of the Preparatory Committee and with francophone
African government delegated, where he had to labour under the enormous
handicap of not having any French translations of Making the right choices.

He often had
to spend valuable time translating key parts of our materials into French
to assist these delegates, but it paid off in the end as these delegates
came to him again and again for assistance in developing their government’s
position.

He also undertook
the equally difficult task of ensuring a unified position among non-governmental
organizations from the South and helped ensure that the declaration of non-governmental
organizations from Asia, Africa and Latin America included everyone of Amnesty
International’s16 fundamental principles.

He demonstrated
an excellent ability to work with people from all parts of the world and
on a wide variety of issues. I hope that Aref’s invaluable work receives
the recognition it deserves from the movement.

I look forward
to working with him in the future on ratification of the Statute and other
issues.

His talent
need to be exploited, not only by Amnesty International, but by other non-governmental
organizations working for the cause of human rights everywhere.

Yours sincerely,
Christopher Keith Hall

04/05/99 (LIB 001) Maître R-V CALATAYUDmembre du Conseil National des Barreaux, Président de l’AFADD adresse une lettre ouverte à M. Ismaël Omar GUELLEH Futur Président de la République de Djibouti

Monsieur
le Président de la République,

J’interviens
auprès de vous en ma qualité d’avocat et d’ami de Me AREF mais également au
titre de mes fonctions de président de l’Association Française des Amis des
Démocrates de Djibouti qui comptent de nombreuses personnalités françaises
et djiboutiennes.

Comme vous
le savez, les conditions dans lesquelles Me AREF a été jugé et condamné ont
fait l’objet d’une mobilisation de toutes les personnes à travers le monde
attachées à la liberté, au progrès et à la démocratie.
De
nombreux messages de soutien nous ont été adressés et transmis à votre ambassade
en France.

Je
vous ai personnellement écrit à plusieurs reprises, via votre ambassade à
Paris, pour solliciter une mesure de clémence à l’occasion de votre investiture,
qui constituerait un signe clair de votre volonté de rétablir la paix et la
République.
Vous n’avez
pas cru devoir me répondre et je le regrette, car je suis très attaché à mes
amitiés fraternelles djiboutiennes et à ce pays que j’aime mais qui n’est
pas le mien.

Or,
je viens d’apprendre que Me AREF avait été averti, ce matin, que son procès
sera évoqué demain matin, le 5 mai, devant la cour d’appel de Djibouti: aucun
délai pour préparer sa défense, aucune possibilité pour moi de me rendre sur
place – ce d’autant que mon visa m’est toujours refusé sur votre ordre – aucune
défense libre et indépendante.

Oserais-je
espérer que cette audience de demain sera la dernière qui permettra le rétablissement
de la vérité et la restitution des droits de Me AREF.
Monsieur le Président
de la République, j’espère qu’un jour, tous les démocrates d’ici et d’ailleurs
pourront se retrouver dans votre pays pour célébrer un grand événement: la
restauration de l’Etat de Droit.

Je suis sûr
qu’un jour, je serai présent à leur côté pour fêter ce moment de joie et de
félicité. Bien sûr, en attendant je renouvelle ma demande d’autorisation de
me rendre à Djibouti, la libération de Me AREF, le plus glorieux porte drapeau
de votre pays et attend avec impatience l’engagement de votre politique nouvelle
dans la voie de la démocratie et de la liberté, de la dignité de l’homme et
de son honneur, conformément aux prescriptions des normes internationales.

Dans l’attente
de vous lire ou de vous rencontrer, je vous prie d’ agréer, Monsieur le Président
de la République, l’expression de ma parfaite considération.

Roger-Vincent
Calatayud

29/03/99 (LIB 001) GREVE DE LA FAIM ILLIMITEE

Tous
les prisonniers politiques, détenus dans la Prison de Gabode, ont entamé
une grève de la faim illimitée le 29 mars 1999.

Ils
dénoncent :

  • leur
    incarcération illégale, sans jugement ni instruction véritable,
  • les
    conditions effroyables de leur détention ni hygiène,
  • le
    refus de soins aux malades et aux blessés et le décès

    d’Abdi Houffaneh Liban le 12 mars 99

Ils
lancent un appel à la communauté internationale pour obtenir
:

  • leur libération
    immédiate
  • recevoir la visite
    de médecins et de soignants,
  • imposer un contrôle
    de la prison par les organisations internationales

 

ILS
SONT LARGEMENT SOUTENUS
A PARIS / BAGNOLET (9 personnes)
ET A BRUXELLES (15 personnes)

par
de nombreux djiboutiens, dont Aicha Daballeh,
qui poursuivent une gréve de la faim

AU
TOTAL PLUS DE SOIXANTE PERSONNES
COMMUNIQUE

ME AREF
MOHAMED AREF ET LES AUTRES PRSIONNIERS POLITIQUES ONT ENTAMÉ UNE GRÈVE DE
LA FAIM A DJIBOUTI

Le 31 mars
1999 Me AREF, condamné et détenu illégalement par les autorités de Djibouti
a entamé, avec tous les autres prisonniers politiques, le 29 mars dernier
une grève de la faim pour protester contre les conditions de détention auxquelles
ils sont soumis, sans pouvoir recevoir les moindres soins médicaux. Me AREF,
souffrant de graves maux de rein, n’a jamais pu obtenir d’être visité par
un médecin pour recevoir un traitement adapté.

Deux
prisonniers sont morts en 1998 et en mars 1999 à la suite des mauvais traitements
qu’ils subissent. Par solidarité, plusieurs ressortissants djiboutiens, à
Paris et Bruxelles, ont également décidé de faire grève de la faim illimitée.

Le gouvernement de Djibouti
refuse toutes missions d’observations et de bons offices et a rejeté la demande
de visa déposée par la Commission Internationale des Juristes de Genève.

La campagne électorale
pour le scrutin présidentiel du 9 avril prochain a encore plus exacerbé les
positions du régime tyrannique du Président Gouled et du candidat  » officiel
 » Ismaël Omar Guelleh.

L’ASSOCIATION FRANÇAISE
DES AMIS DES DÉMOCRATES DE DJIBOUTI demande la libération de Me AREF et de
tous les prisonniers politiques de Djibouti. Elle dénonce solennellement une
fois de plus les atteintes aux principes fondamentaux qui doivent régir une
telle consultation électorale et s’insurge contre les violations commises
par le gouvernement pour détourner, par tous les moyens, les voix de électeurs.

L’A.F.A.D.D. exige instamment
que soient restaurées les valeurs républicaines et démocratiques défendues
par la majorité du peuple de Djibouti pour que des élections libres et transparentes
soient organisées.

LE
PRESIDENT,
Roger-Vincent Calatayud

07/04/99 (LIB 001) Association Française des Amis des Démocrates de Djibouti LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE DJIBOUT

Monsieur
le Président de la République,

Le 9 avril
1999, un Djiboutien sera élu pour vous succéder aux fonctions suprêmes de
Chef de l’Etat.
Il aura la charge d’assurer la gestion de ce pays et de ce peuple, dans l’état
où il les trouvera après votre départ et 22 années de votre administration.

Vous avez
pris la sage décision de vous retirer des affaires en laissant le peuple s’exprimer
sur son destin.

On aurait
pu croire
que les valeurs de la démocratie étaient en train de pénétrer
l’esprit de ce régime pour marquer de cette façon une page d’histoire de ce
pays, pour tenter d’effacer les longues années d’obscurité, de tyrannie, de
torture et de crimes contre l’humanité, tous actes pour lesquels un Tribunal
est saisi.

On aurait
pu croire
que vous auriez voulu laisser comme dernier sentiment dans le
coeur de votre peuple une lumière d’espoir, un pincement imperceptible, presque
comme un regret.

On aurait
voulu croire
que votre volonté était de laisser le peuple, au moins une
fois sous votre férule, la seule et dernière fois, décider librement de son
avenir à l’occasion du scrutin présidentiel. Or, ce rêve était fugace et la
réalité était conforme à la barbarie de votre fin de règne.
Non seulement, vous avez présenté votre neveu, directeur
de cabinet, trafiquant en tout genre et chef de la sécurité, comme votre successeur
naturel – ce qui fait tressaillir d’horreur tout électeur conscient de ses
responsabilités, mais en plus vous usez des derniers pouvoirs que vous détenez
pour tenter par tous les moyens de circonvenir ce scrutin.

Vous n’hésitez
pas à arrêter les démocrates, à les faire condamner, à leur faire subir des
actes de torture et des traitements inhumains. Vous n’avez aucun scrupule
à laisser mourir dans vos prisons les prisonniers politiques que vous avez
enlevés depuis leur refuge étranger, en les privant de soins médicaux appropriés.

Vous n’avez
pas tenté de préserver une des grandes figures de votre pays, un fils de cette
terre, MOHAMED AREF, défenseur des droits de l’homme, avocat estimé de tous,
ici et ailleurs, cet homme dont l’esprit illumine votre drapeau à l’intérieur
et à l’extérieur de Djibouti. Et au lieu de travailler à la restauration de
la démocratie en collaborant avec cet homme juste, vous l’avez illégalement
fait condamner et conduire à Gabode.

Mais
vous n’en êtes pas resté là: vous avez ordonné que sa famille soit soumise
à une surveillance humiliante, aux manoeuvres de vos sicaires, pour terroriser
cette femme et ses jeunes enfants.

Sachez,
Monsieur le Président de la République, que le peuple de Djibouti et le monde
entier regardent ce qui se passe ici et que si l’histoire vous a déjà jugé,
les hommes se préparent à le faire.

Sachez
aussi, que toutes les femmes, toutes les mères de famille, s’identifient à
Madiha AREF et à ses enfants et la soutiennent par la force de leur esprit.

Sachez
enfin que le peuple souverain, vendredi prochain, s’exprimera – aussi librement
que possible – compte tenu des pressions, fraudes, manipulations et autres
exactions d’ores et déjà commises sur place par vos services. Vous avez voulu
poursuivre votre vie politique en mettant en avant Ismaël Omar GUELLEH, un
criminel qui aurait chausser vos bottes sur le chemin de l’iniquité.

Vous n’avez
pas choisi la voie de l’honneur pour quitter vos fonctions: c’est ce qui sera
retenu, de façon indélébile, par l’histoire.

Après
ce suffrage qui ouvrira une nouvelle ère pour votre peuple, chacun retrouvera
sa place et l’avenir démontrera que la démocratie, la justice, la vérité et
la liberté finissent toujours par vaincre.

Je vous prie
d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma parfaite
considération.

LE
PRESIDENT,
Roger-Vincent
CALATAYUD