10/12/1999 – Communiqué de l’AFADD: libération des trois prisonniers politiques et poursuite des actions pour la libération de tous les prisonniers d’opinion à Djibouti

LES TROIS LEADERS DE L OPPOSITION DJIBOUTIENNE ONT ETE LIBERES.

MOUSSA IDRISS AHMED, ALI MEIDAL et DAHER AHMED ONT FAIT L OBJET D UNE MESURE DE CLEMENCE DE LA PART DU REGIME DICTATORIAL DE DJIBOUTI.

L ASSOCIATION FRANÇAISE DES AMIS DES DÉMOCRATES DE DJIBOUTI SE RÉJOUIT DE CETTE NOUVELLE QUI EST LE RÉSULTAT DE LA LUTTE MENÉE PAR TOUS LES HOMMES ET LES FEMMES DE CE PAYS, PAR TOUTES LES ORGANISATIONS DE PAR LE MONDE POUR QUE DJIBOUTI ENTRE DANS LA VOIE DE LA DÉMOCRATIE.

L’A.F.A.D.D. RESTE MOBILISEE POUR ATTEINDRE CET OBJECTIF ET DEMANDE QUE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES SOIENT LIBÈRES, QUE LES RÈGLES DE L ÉTAT DE DROIT SOIENT RESPECTÉES ET QUE TOUS LES CITOYENS PUISSENT BÉNÉFICIER EN CETTE FIN DE SIÈCLE DES PRINCIPES DE LIBERTÉ DE PROGRÈS ET DE PAIX.

FAIT A PARIS, LE 9 DÉCEMBRE 1999

Roger Calatayud
Président de l’A.F.A.D.D.

Avocat à la Cour
20, rue Brauhauban
F-65000 Tarbes
tél.: 00 33 (0) 5 62 34 10 83
fax.: 00 33 (0) 5 62 51 39 09
courriel: rv.calatayud@wanadoo.fr

22/11/1999 – Communiqué de l’AFADD en faveur de Maître AREF

Association française des amis des démocrates de Djibouti

Aujourd’hui lundi 22 novembre 1999, Me Aref Mohamed Aref, avocat et défenseur des droits de l’homme à Djibouti, a été convoqué à la gendarmerie pour y être interrogé à 16 heures.

Même si les faits qui lui sont reprochés ne lui ont pas été indiqués, il est clair que son témoignage devant les caméras de télévision de France 2 est la cause de cette interpellation.

Par ailleurs, Me Aref avait adressé une lettre d’appel à l’aide à Lionel Jospin, lettre qu’un fonctionnaire français zélé a immédiatement communiqué aux services de renseignements djiboutiens.

Il a reçu de très graves et très sérieuses menaces de mort de la part du pouvoir tyrannique du président Guelleh qui ne cache pas sa volonté de le réduire définitivement au silence.

Le régime de dictature de Djibouti sévit sur toute la population depuis des décennies sans aucune dénonciation de la part de la communauté internationale.

Il faut soutenir Me Aref, un des seuls hommes libres de Djibouti suffisamment courageux pour poursuivre pacifiquement la lutte pour l’honneur, la dignité et la justice.

Mobilisons-nous pour le défendre contre l’état de non droit.

Paris, le 21 novembre 1999

Roger-Vincent Calatayud
Président de l’A.F.A.D.D.
Roger-Vincent Calatayud

Avocat-ancien bâtonnier
20, rue Brauhauban
F-65000 Tarbes
tél.: 00 33 (0) 5 62 34 10 83
fax.: 00 33 (0) 5 62 51 39 09
courriel: rv.calatayud@wanadoo.fr

11/10/1999 – Lettre de l’AFADD à Monsieur Michel CAMDESSUS, Directeur du FMI.

LETTRE OUVERTE DE L’AFADD

à Monsieur Michel Camdessus
Directeur Général du F.M.I.
WASHINGTON DC
USA
Fax.: 00 1 202 625 72 01

Objet: République de Djibouti

Monsieur le Directeur Général,

L’Association Française des Amis des Démocrates de Djibouti (A.F.A.D.D.) dont la co-présidence d’honneur a été confiée à Monsieur Deniau, ancien Ministre et Député du Loiret et Monsieur Moumin Bahdon Farrah, ancien Ministre djiboutien de la Justice et des Affaires Étrangères, a pour objectif de soutenir les actions menées en vue d’inscrire la République de Djibouti dans un processus démocratique.

L’A.F.A.D.D. a reçu le soutien notamment de Madame Danielle Mitterrand et de MM. Michel Rocard, ancien Premier Ministre et Député Européen, Jean-Marie Bockel, ancien Ministre et Député, Arnaud Montebourg, Député et président du groupe d’amitié parlementaire France-Djibouti.

Si nous soutenons tous les projets de progrès social, nous sommes contraints, très fréquemment, de dénoncer les crimes qui sont commis par les autorités djiboutiennes: détournements de fonds publics, assassinats, arrestations et procès illégaux, corruption, suppression de la liberté de la presse et des droits de la défense, refus de visas à des avocats, etc…

Ce pays, situé dans la zone d’influence française, est victime d’un pillage en règle de la part de ses dirigeants.

Le peuple est exsangue, l’économie est chaotique, les fonds publics sont accaparés, l’État ne respecte plus ses engagements et ne paie plus ses dettes contractuelles vis à vis de sociétés étrangères…

Or, le F.M.I. va prochainement avoir à décider de sa contribution en faveur de Djibouti. Cette aide ne sera pas utilisée par les tyrans en place pour améliorer la situation du pays dans le seul souci de préserver le bien commun mais sera mise à l’exclusive disposition de l’oligarchie en place.

C’est la raison pour laquelle, j’attire tout particulièrement votre attention sur cette situation désastreuse qu’il convient de stigmatiser au plus haut niveau.

Le F.M.I. ne doit pas se faire le complice d’une telle dictature.

Je vous adresse sous ce pli également une lettre émanant de Monsieur Aref Mohamed Aref, avocat militant des droits de l’homme, adopté comme prisonnier politique par toutes les organisations internationales dont Amnesty International, membre de la famille de l’ancien Président du Gouvernement Ali Aref Bourhan, incarcéré et destitué de ses fonctions d’avocat.

Le peuple de Djibouti attend beaucoup de vous : il place ses espérances dans votre décision qui ne devra être conduite que par la sagesse et le respect de la dignité et de l’honneur des hommes.

Dans l’attente de vous lire, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur Général, l’expression de mes sentiments distingués.

LE PRÉSIDENT,
Bâtonnier Roger-Vincent Calatayud

06/10/1999 – La République de Djibouti ou la tyrannie acceptée.

L’ancien Territoire Français des Afars et des Issas, devenu indépendant en 1977, connaît un régime de non droit où les libertés les plus élémentaires ont été anéanties.

Le président Hassan Gouled Aptidon et depuis les dernières élections de mai 1999, son neveu et successeur, Ismaël Omar Guelleh, ont pillé la population de ce petit État de 500.000 habitants, accroché à la Corne de l’Afrique, face au détroit de Bab El Mandeb, face à la péninsule arabique.

Ce pillage organisé et cette oligarchie ancrée par la force, la torture, les massacres et la peur dans le paysage politique de cette terre ancestrale, chantée par Rimbaud et Henri de Monfred, ont ravagé Djibouti et sa population.

Les forces de résistance à l’oppression se sont peu à peu organisées pour tenter d’infléchir cette politique d’avilissement. La résistance intérieure et extérieure occasionne de réels dommages aux forces gouvernementales qui reçoivent l’aide la France et de l’Éthiopie.

La base militaire française de Djibouti, la plus importante en Afrique, installée à demeure sans bourse déliée, sans paiement de loyer, ni d’indemnités d’aucune sorte, constitue une garde prétorienne rapprochée du tortionnaire Guelleh. Les aides publiques françaises, européennes ou provenant du Fonds Monétaire International sont systématiquement détournées au profit du clan du pouvoir : château à Divonnes les Bains, Palais sur la Mer Rouge, comptes en banque en Suisse etc…

Les journaux d’opposition sont interdits; les journalistes sont incarcérés sans jugement; les avocats de la liberté sont condamnés et emprisonnés dans des conditions inhumaines, les juges sont à la botte du pouvoir bien qu’ils aient été pour la plupart formés à l’École Nationale de la Magistrature de Bordeaux.

La France met à la disposition du gouvernement de Djibouti des fonctionnaires, militaires et magistrats français dans le cadre d’accords bilatéraux.

Ces mêmes fonctionnaires, militaires et magistrats français sensés apporter la contribution de la France à l’évolution du pays vers la démocratie connaissent les crimes, les actes de torture, les violations des droits de l’homme quotidienne sans les dénoncer.

Les justiciables n’ont pas droit au libre choix d’avocats indépendants interdits de visa et les engagements donnés par les autorités djiboutiennes au gouvernement français sont retirés sans réaction ni protestation aucune.

Tout se passe comme si le peuple de Djibouti vivait dans un pays parfaitement harmonieux. Voyage d’Etat pour le Président Guelleh à Paris accueilli avec tous les honneurs à l’Élysée et à Matignon ; demande d’aides importantes au F.M.I. et à l’Union Européenne, etc…

Le peuple est maintenu en servitude par des monopoles économiques : -Société Djibnet, société dont les principaux associés appartiennent au cercle rapproché du président Guelleh, pour la diffusion des programmes télévisés comme Canal + Horizons au préjudice d’entreprises locales évincées scandaleusement, ce qui entraîne des litiges actuellement en cours devant le Tribunal de Commerce de Paris. -Société SOGIK, entreprise composée des mêmes associés, ayant le monopole du Khat, drogue à base d’herbes, importées d’Éthiopie. -Hôtel Sheraton, bien d’Etat privatisé par la loi, tombant dans le patrimoine d’un proche du président Guelleh, revendu récemment à un riche homme d’affaire éthiopien à un prix très élevé….

L’économie est exsangue, le peuple n’a plus le moindre espoir et les énergies disparaissent sans le moindre sursaut des pays du Nord.

La presse elle-même reste silencieuse, sauf la récente réaction de Reporters sans Frontières à la suite de l’arrestation illégale des journalistes d’opposition.

Devons-nous attendre des massacres plus importants encore, des tortures plus odieuses encore, des violations des droits de l’homme plus ignobles encore pour que les médias des pays libres commencent à attirer l’attention des politiques, français notamment, sur cette situation inadmissible que nous avons sous les yeux. La loi du silence règne.

TOUT EST TRANQUILLE.

Roger-Vincent Calatayud,
ancien bâtonnier,
Président de l’A.F.A.D.D

06/10/1999 – Lettre de Me R-V CALATAYUD au ministre Djiboutien de la justice.

Monsieur le Ministre de la
Justice et des droits de l’homme

B.P. 12
DJIBOUTI
République de Djibouti

(FAX : 00 253 35 40 12 ou 35 54 20)

Tarbes, le 6 octobre 1999

Aff.: MOUMIN BAHDON FARRAH et MOUSSA AHMED IDRISS/ M.P.

Monsieur le Ministre,

Vos télécopies de ce jour n’ont pas manqué de me surprendre. En effet, le gouvernement de Djibouti ne m’avait pas habitué à un tel juridisme qui vient en contradiction avec les violations sans cesse renouvelées des normes nationales et internationales.

L’ambassadeur de Djibouti à Paris avait assuré à Monsieur Hubert Védrine que la question des visas était réglée et que je pourrais me rendre aux audiences des 6 et 13 octobre pour assister mes clients MM. Moumin et moussa

Je constate que par des subterfuges éculés, vous refusez une nouvelle fois l’application des accords bilatéraux de coopération judiciaire avec la France et que vous privez vos propres ressortissants d’une défense libre et indépendante.

Enfin, il est constant que toutes les juridictions de Djibouti sont soumises au pouvoir politique gouvernemental dont les instructions que vous donnez sont suivies à la lettre.

De nombreux exemples récents l’ont hélas encore rappelé.

Cette attitude sera une nouvelle fois dénoncée auprès de l’opinion publique internationale.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma parfaite considération.

Bâtonnier Roger-Vincent Calatayud

29/09/1999: Le procès de M Moussa Idriss reporté au 6 octobre.

COMMUNIQUE AFADD

Ce matin, l’avocat de l’Opposition Djiboutienne Unifiée, le bâtonnier Calatayud, a fait parvenir par télécopie au tribunal une lettre par laquelle il demandait le renvoi de cette affaire.

Le Tribunal a accepté de reporter ce dossier à huitaine, c’est à dire au mercredi 6 novembre 1999 pour permettre aux prévenus et notamment au candidat Moussa Ahmed Idriss de faire assurer sa défense par un avocat librement choisi.

Or, le gouvernement de Djibouti refuse toujours de délivrer un visa à l’avocat français de l’Opposition Unifiée. Les délais minimum de délivrance de visa et de déplacement à Djibouti rendent impossible la défense des prévenus dans des délais si brefs.

Une grande manifestation spontanée a eu lieu à Djibouti ce matin pour protester contre la tyrannie du Président Guelleh.

Le gouvernement français refuse de dénoncer cette situation et de rappeler les magistrats français mis à la disposition du régime totalitaire de Djibouti malgré la prise de position du Parti Socialiste Français par lettre du 28 septembre 1999.

L’A.F.A.D.D. s’insurge contre une telle complaisance dans la violation des droits élémentaires de la défense, des libertés publiques et des conventions internationales.

L’A.F.A.D.D. appelle une nouvelle fois le gouvernement français à réagir énergiquement contre une telle situation.

Le président,
Roger-Vincent Calatayud

28/09/1999: Lettre de Me R-V CALATAYUD à M Moussa IDRISS.

Roger-Vincent Calatayud
20, rue Brauhauban
F-65000 TARBES
tél.: 33 – (0)5 62 34 10 83

fax.: 33 – (0)5 62 51 39 09
courriel: rv.calatayud@wanadoo.fr

TARBES, LE 27 SEPTEMBRE 1999

MONSIEUR MOUSSA AHMED IDRISS PRÉSIDENT DE L’OPPOSITION DJIBOUTIENNE UNIFIEE
DIRECTEUR DU JOURNAL LE TEMPS
B.P. 501 DJIBOUTI
FAX: 00 253 35

Monsieur le Président,

En réponse à votre télécopie de la veille, je vous confirme mon accord pour vous assister à l’audience du 13 octobre prochain devant les juridictions de Djibouti.

Cependant, le problème du refus de visa reste entier et il me semble qu’il faille demander le report de toutes les affaires appelées à cette même audience jusqu’à ce que le visa soit délivré conformément aux accords internationaux et aux principes du libre choix de l’avocat.

Merci de me tenir informé de la stratégie que vous adopterez.

Bien à vous.

26/09/1999 : Communiqué de l’AFADD sur le refus de visa aux avocats de l’opposition

Le Président de la République de Djibouti refuse de délivrer un visa d’entrée à l’avocat de l’Opposition Unifiée pour le procès du 13 octobre.

Les membres de l’opposition de Djibouti seront privés d’avocat lors de leur procès qui s’ouvrira en appel le 13 octobre 1999 au Palais de Justice de Djibouti.

Le Président Ismaïl Omar Guelleh a fait savoir ce matin qu’il refusait de délivrer un visa d’entrée au Bâtonnier Roger-Vincent Calatayud, avocat français des prévenus qui avait fait une demande officielle.

Le 18 août 1999, cette affaire avait fait l’objet d’un renvoi au 13 octobre devant la Cour d’Appel de Djibouti pour permettre aux prévenus d’organiser leur défense.

L’Ambassade de Djibouti en France avait été contactée par le Ministre français des Affaires Étrangères qui, par lettre adressée à l’Association Française des Amis des Démocrates de Djibouti en date du 14 septembre 1999, avait assuré que le visa serait délivré.

Ce matin, 25 septembre 1999, Monsieur Moumin Bahdon Farrah, ancien ministre et membre de l’opposition, a indiqué que le gouvernement djiboutien avait interdit définitivement à l’avocat français librement choisi d’exercer les droits de la défense à Djibouti.

Une fois de plus, le régime djiboutien ne tient pas ses engagements et renforce les moyens illégaux pour supprimer les libertés fondamentales et asservir un peuple tout entier.

L’A.F.A.D.D. demande au gouvernement français d’intervenir énergiquement et exige que les droits de la défense soient respectés à Djibouti conformément à la convention judiciaire qui lie les deux pays.

L’A.F.A.D.D. exige également le rappel par la France de l’ensemble de ses coopérants magistrats français en poste à Djibouti.

Il est enfin demandé une déclaration claire du gouvernement français sur cette situation pour soutenir l’A.F.A.D.D. dans son engagement en faveur des droits de l’homme.