13/11/2015 (Brève 512) Parmi les très nombreux articles publiés depuis hier jeudi à propos de la disparition des scellés au Greffe du tribunal, nous vous proposons une dépêche AFP qui semble assez complète. Il est possible que Mme Borrel tienne aussi à présenter son point de vue, ce qu nous mettrons rapidement en ligne si c’est le cas.

Lien avec AFP : http://www.afp.com/fr/info/affaire-borrel-des-scelles-importants-detruits-par-la-justice.

Affaire Borrel: des scellés « importants » détruits par la justice

La garde des Sceaux Christiane Taubira, le 10 novembre 2015 à l’Assemblée nationale, à Paris

Des scellés « importants » ont été détruits dans l’enquête sur l’assassinat à Djibouti du magistrat français Bernard Borrel, énième revers dans une affaire qui reste non élucidée 20 ans après.

La garde des Sceaux Christiane Taubira a ordonné jeudi une enquête de l’Inspection générale des services judiciaires. La ministre de la Justice « prendra les décisions qui s’imposent au vu des conclusions de cette inspection », affirme le ministère dans un communiqué.

Ces scellés « importants, environ 70 objets » selon la famille du magistrat, ont été détruits le 4 décembre 2014.

Parmi ces pièces, un briquet, un short, une montre, une sandale et des bidons d’essence retrouvés sur les lieux, mais aussi des radiographies de la première autopsie effectuée sur le corps de Bernard Borrel.

La destruction a été opérée à la suite d’une mention erronée dans le dossier, indiquant qu’une ordonnance de non-lieu a été rendue le 19 septembre 2003.

« Vu l’historique de l’affaire Borrel, l’acte de malveillance ne peut pas être exclue. La mention erronée n’est ni datée ni signée ce qui soulève des interrogations », a estimé Laurent de Caunes, conseil des deux enfants du juge, lors d’une conférence de presse.

Il a été reçu en fin de matinée avec la veuve du magistrat, Elisabeth Borrel, et ses enfants par le président du tribunal de grande instance de Paris, Jean-Michel Hayat, et le procureur de la République, François Molins.

– ‘Un désastre judiciaire’ –

Olivier Morice, avocat d’Elisabeth Borrel, a dénoncé « un désastre judiciaire qui compromet la suite de l’enquête ». Il envisage de porter plainte contre X pour faux en écriture.

Magistrat détaché à Djibouti, Bernard Borrel avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, le corps en partie dénudé et carbonisé, en contrebas d’un ravin, à 80 km de Djibouti.

L’enquête française, ouverte depuis 1997, a d’abord privilégié la thèse du suicide. Le juge, 39 ans, se serait aspergé d’essence, aurait allumé un briquet puis dévalé une pente à pic, le corps embrasé. Elle s’est depuis réorientée sur la piste d’un assassinat.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a demandé en septembre que de nouveaux actes soient effectués notamment l’analyse d’une sandale, d’une trace papillaire sur un briquet et du carburant utilisé pour l’immolation.

Fin octobre, le juge d’instruction chargé de l’enquête a contacté le service des scellés. A cette occasion, « il a découvert que les objets, conservés au Palais de justice de Paris, avaient été détruits », a relevé Me Laurent de Caunes. Les pièces se trouvant dans une annexe du tribunal, rue des Italiens, ont été conservées.

« Certaines expertises ne pourront plus être menées. Ce qui est encore plus grave, c’est qu’aucune contre-expertise ne pourra être réalisée », a regretté Elisabeth Borrel.

L’affaire Borrel a empoisonné pendant des années les relations entre Paris et son ex-colonie, où la France dispose d’une de ses plus importantes bases militaires à l’étranger.

Vingt ans après, l’enquête piétine. Les dernières demandes de déclassification sont restées lettre morte et l’un des principaux suspects, Awalleh Guelleh, à l’encontre duquel un mandat d’arrêt a été délivré en 2006, est peut-être décédé.

« Certains magistrats continuent à soutenir que mon mari a pu tomber sur de petits malfrats », a déploré la veuve du juge.

Elle reste persuadée qu’il s’agit d' »un crime d’État qui pourrait impliquer l’actuel président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh », alors chef de cabinet de son prédécesseur Hassan Gouled Aptidon.

Elle s’appuie notamment sur le témoignage de Mohamed Saleh Alhoumekani, lieutenant de la garde présidentielle djiboutienne. L’homme a affirmé avoir entendu cinq hommes rendre compte de la mort du « juge fouineur » à Ismaël Omar Guelleh.

« Il devient impératif que nos demandes de déclassification soient entendues » notamment celles qui concernent les autorités djiboutiennes, a souligné Elisabeth Borrel. « Il faut aussi qu’on s’attache à faire parler les ADN recueillis et à en prélever d’autres », notamment pour identifier une empreinte génétique inconnue retrouvée sur le short de Bernard Borrel en 2006, a-t-elle ajouté.

04/01/2014 (Brève 347) AFP : Un témoin clé dans l’affaire de la mort du juge Bernard Borrel en 1995 à Djibouti, détenu récemment au Yémen, affirme dans un entretien vendredi à Mediapart avoir fait l’objet de pressions de Djibouti pour revenir sur son témoignage.

Contacté par l’AFP, Mohamed Alhoumekani, ex-membre de la garde présidentielle djiboutienne, a également confirmé avoir « déposé plainte la semaine dernière au tribunal fédéral de Bruxelles pour séquestration contre les gouvernements du Yémen et de Djibouti ».

Les autorités de Djibouti n’étaient pas joignables dans l’immédiat pour réagir.

En février 2000, l’homme, qui réside en Belgique, avait impliqué dans la mort du juge français l’actuel président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh et son entourage. Son témoigage avait relancé l’enquête.

Le 23 août dernier, M. Alhoumekani avait été arrêté au Yémen, suscitant l’inquiétude de ses proches et de la famille du juge Borrel. Les autorités yéménites avaient mis en avant une demande d’arrestation émise par Interpol à l’initiative des autorités de Djibouti. Il a finalement été libéré le 8 octobre.

M. Alhoumekani affirme que dès son arrestation, « à l’aéroport de Saana par la sécurité nationale », un haut militaire djiboutien lui a demandé de revenir sur son témoignage dans l’affaire Borrel.

« J’ai été conduit à la prison de Marzaki, sans billet d’écrou ni aucun ordre du parquet, sans avoir été présenté à la moindre autorité judiciaire. J’y suis resté 47 jours », affirme l’ancien officier, qui a la double nationalité belge et yéménite.

Selon lui, un député yéménite lui a alors rendu visite, là aussi pour lui proposer d' »aider » le président djiboutien.

Le témoin affirme encore avoir été la cible de coups de feu dans sa voiture au Yémen, deux jours après sa libération.

Puis, alors qu’il était privé de son passeport, de nouvelles « réunions » auraient eu lieu avec des officiels yéménites et djiboutiens. « L’on voulait que je signe des attestations officielles, disant d’abord qu’il n’y a pas eu d’attentat contre moi, et puis que mon témoignage dans l’affaire Borrel avait été dicté par des personnes malveillantes », affirme-t-il. Il a aussi évoqué aussi une proposition financière, « 5 millions de dollars pour moi, 5 millions de dollars pour Elisabeth Borrel », la veuve du juge. Proposition qu’il a refusée, déclare-t-il, en affirmant avoir « réussi à quitter clandestinement le Yémen ».

Lors de son témoignage en 2000, M. Alhoumekani avait affirmé avoir assisté à une réunion au cours de laquelle l’actuel président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président de l’époque, était informé de la mort du « juge fouineur », dont le corps avait été retrouvé à moitié carbonisé dans un ravin. La piste du suicide avait été initialement privilégiée.

20/12/2011 (B635) AFP / Somalie: premiers renforts djiboutiens à Mogadiscio pour l’Union africaine

Un premier contingent de 200 soldats djiboutiens est arrivé mardi à Mogadiscio pour renforcer la force de l’Union africaine (UA) en Somalie, l’Amisom, qui lutte contre les insurgés islamistes shebab, a-t-on appris auprès d’une source gouvernementale somalienne.

« Djibouti a déployé un premier contingent en Somalie aujourd’hui pour aider le pays à rétablir la paix et la stabilité, nous avons un besoin désespéré de soutien militaire pour éliminer la menace des shebab », a affirmé un responsable de questions de sécurité au gouvernement somalien, Mohamed Abdirahman.

« Le premier contingent est composé de 200 hommes, et d’autres suivront dans les jours à venir, » a-t-il ajouté.

Djibouti, qui s’est engagé à envoyer quelque 850 hommes en Somalie voisine, est le troisième pays à participer à l’Amisom. Ses troupes devraient être stationnées à Mogadiscio, comme les 9.700 soldats ougandais et burundais qui formaient jusqu’ici seuls la force de l’UA dans le pays.

L’Amisom, qui intervient en soutien du fragile gouvernement de transition (TFG) somalien, a grandement contribué à l’abandon en août, par les shebab, de leurs positions-clés dans la capitale somalienne.

Mais Mogadiscio reste la cible de régulières attaques à la grenade ou au véhicule piégé et les appels à un renforcement de la force de l’UA se sont multipliés ces derniers mois.

Selon le plafond autorisé par les Nations unies, le contingent de l’Amisom peut actuellement atteindre jusqu’à 12.000 hommes. Son chef a de son côté demandé à pouvoir bénéficier de 20.000 soldats.

La Sierra Leone a promis d’envoyer 850 soldats en Somalie après avril 2012.

Le Kenya pourrait aussi rejoindre la force de l’UA. Il est déjà militairement présent dans le pays, depuis une offensive lancée mi-octobre dans le sud somalien pour en déloger les shebab, rendus responsables d’enlèvements et d’attaques sur son sol.

Les insurgés islamistes contrôlent encore l’essentiel du centre et du sud du pays, mais font face à une pression militaire accrue depuis quelques mois. Selon des témoins, l’Ethiopie aurait elle aussi envoyé le mois dernier des troupes de l’autre côté de sa frontière avec la Somalie.

La Somalie est en état de guerre civile et sans gouvernement effectif depuis la chute, en 1991, du président Siad Barre.

Ces violences incessantes, combinées à la récente sécheresse qui a dévasté la Corne de l’Afrique, ont plongé le pays dans une gravissime crise alimentaire ces derniers mois. Selon l’ONU, trois provinces du sud somalien sont aujourd’hui encore en état de famine, et 250.000 personnes risquent d’y mourir de faim.

15/05/11 (B604) Béchir à Djibouti : la CPI alerte / AFP (Info lectrice)

N’est-ce pas une preuve de plus, que les dictateurs les plus sanguinaires et les plus anti-démocratiques se soutiennent de façon inconditionnelle entre eux et s’interdisent formellement de se dénoncer aux justices pénales !

Allez !
IOG – El-Béchir : même combat ???
(Note de l’ARDHD)

__________________________________ AFP

La Cour pénale internationale a fait savoir jeudi au Conseil de Sécurité de l’ONU que le président soudanais Omar el-Béchir, sous le coup d’un mandat d’arrêt, avait visité Djibouti, un état qui a obligation de l’appréhender. Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont "informé" le Conseil de sécurité de cette visite, les 7 et 8 mai, du président Béchir, afin que "toute mesure appropriée" puisse être prise.

"Djibouti, étant un Etat partie au Statut de Rome, a l’obligation de coopérer avec la Cour pour l’exécution des mandats d’arrêt", ont rappelé les juges de la chambre préliminaire I chargés du dossier d’Omar el-Béchir. Le 27 août 2010, ces juges avaient déjà informé le Conseil de sécurité des Nations unies et l’Assemblée des Etats parties au Statut de Rome des visites d’Omar Omar el-Béchir au Kenya et au Tchad.

M. Béchir, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) depuis 2009, s’était rendu le 7 mai à Djibouti pour assister le 8 à la nouvelle cérémonie d’investiture du président Ismail Omar Guelleh, réélu en avril. Premier chef d’Etat en exercice visé par un mandat d’arrêt de la CPI, M. Béchir est poursuivi pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide au Darfour, vaste région de l’ouest du Soudan en proie à la guerre civile.

19/02/11 (B592) AFP (En Anglais) Demonstrators, police clash in Djibouti streets // Manifestations et heurts avec la police dans les rues de Djibouti

Djibouti police firing tear gas clashed Friday with demonstrators who turned out in their thousands in an unprecedented protest to demand the departure of President Ismael Omar Guelleh, an AFP reporter said.

The protest by opposition supporters had started peacefully at around 2:00 pm (1100 GMT) but the demonstrators then decided to set up camp outside a stadium, vowing to remain there until their demand is met.

After dusk, the standoff escalated into clashes, pitting demonstrators hurling stones against riot police firing tear gas grenades.

The area facing the interior ministry was blocked to traffic, with only police vehicles screeching past with their sirens wailing.

Two burned-out cars could be seen near the el-Hannan hospital; other vehicles were damaged and glass from broken car windows crunched underfoot.

The rare demonstration in the tiny Horn of Africa country was organised amid mounting opposition to the president, who last year had the constitution amended to allow him to seek a third mandate in upcoming April elections.

« IOG out », read one banner, using the president’s initials, as most Djiboutians do. « No to a third mandate », read another banner.

When the demonstration started opposition leaders addressed a peaceful crowd consisting mainly of students.

Colonel Abdillahi Abdi Farah, the national police chief, told AFP that the protestors were no more than 600 to 700.

But the crowd swelled as several thousand protestors set up camp at the entrance of a stadium facing the interior ministry, with the intention of staying there until their demand is met.

Later in the afternoon, the president of the Union for Democratic Change, an umbrella group of three opposition parties, Ismael Guedi Hared, put the number of demonstrators at 40,000.

« This peaceful popular uprising reflects the desire of the Djiboutian people to see the fall of the ruling regime, » he told AFP.

Demonstrators were determined to hunker down in front of the stadium for as long as necessary, mimicking the protracted protests on Cairo’s Tahrir square that got the better of Egyptian President Hosni Mubarak’s 30-year-old rule.

Asked if he hoped for an Egypt-like scenario, Hared said: « Yes, that’s it. »

« We came out here to stay. We will leave when the regime collapses, » said Habiba, a young student from Djibouti University.

« We don’t want you here anymore, IOG, » shouted Hassan, a young unemployed Djiboutian from the capital’s Balbala neighbourhood.

Security forces were deployed en masse but initially refrained from attempting to break up the protest.

Small groups of protesters could still be seen in the streets later in the night after police broke up the gathering and the clashes died down, an AFP correspondent said.

The national radio and television made no mention of the protests in their Friday evening broadcasts.

The 63-year-old Guelleh has been in power since 1999 and the new constitution allows him to stand for another six-year term in the April 8 elections.

Djibouti, a former French territory, sits in a strategic location commanding the strait between the Red Sea and the Gulf of Aden.

It has borders with Somalia’s breakaway state of Somaliland, Ethiopia, Eritrea and faces Yemen, where protests demanding long-time President Ali Abdullah Saleh’s ouster have left 10 people dead since Sunday.

Students had already held smaller protests and clashed with police earlier this month, although they were demonstrating mainly against the marking system in law exams.

The authorities had arrested several people in the aftermath of the protests, including opposition activists and a prominent human rights campaigner.

31/01/11 (B589) Nouvelles de Somalie (Flash) – Un soldat tire au canon dans la foule, au moins 17 civils tués (AFP)

Un soldat somalien a tué au moins 17 civils et en a blessé plus de 50, après avoir ouvert le feu, apparemment par accident, avec un canon anti-aérien dans la foule à Mogadiscio, a-t-on appris de source médicale et auprès de témoins.

L’incident s’est produit dans le quartier de l’hôpital de Banadir, dans le sud de la capitale, où un differend entre forces de sécurité somaliennes venait de dégénérer en combats ayant causé la mort d’un soldat quelques minutes plus tôt.

Plusieurs témoins ont rapporté à l’AFP avoir vu le soldat juché à l’arrière d’un camion, faire feu accidentellement sur la foule, avec un canon anti-aérien de ZU-23 de fabrication soviétique.

« Il y a eu un désastre aujourd’hui à Mogadiscio. Nous avons reçu 55 blessés et 12 cadavres. Cinq blessés ont depuis succombé à leurs blessures dans l’hôpital. Le bilan s’élève à présent à 17 morts », a déclaré à la presse le directeur de l’hôpital Medina, le plus grand de la ville, Mohamed Yussuf.

Plusieurs témoins ont affirmé à l’AFP avoir vu, en plus des victimes amenées à l’hôpital, des familles récupérer le cadavre de leur proche sur les lieux du drame, suggérant un bilan peut-être encore plus lourd.

« Beaucoup de victimes ont été amenées rapidement à l’hôpital mais j’ai vu environ quatre cadavres, dont ceux de deux femmes, être emportés par leurs proches pour pouvoir les enterrer. Je n’ai jamais vu une telle tragédie », a décrit à l’AFP un témoin, Abdirahman Muktar Hussein.

17/01/11 (B587) Puntland / AFP : le Puntland rompt tout lien avec le gouvernement somalien

La région autoproclamée autonome du Puntland, dans le nord-est de la Somalie, a officiellement rompu tout lien dimanche avec le gouvernement de transition somalien, et ce jusqu’à la mise en place d’un « gouvernement fédéral légitime », a-t-on appris de source officielle.

Cette décision a été prise à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire dimanche à Garowe, la « capitale » du Puntland, selon un communiqué du gouvernement du Puntland parvenu à l’AFP à Nairobi.

Le conseil des ministres « proclame que le Puntland ne coopèrera plus avec le TFG (gouvernement de transition somalien) jusqu’à ce qu’un gouvernement fédéral représentatif et légitime soit mis en place avec l’accord des acteurs légitimes en Somalie », annonce le communiqué.

Le conseil « déclare que le TFG ne représente pas le Puntland dans les instances internationales et appelle le bureau politique des Nations unies pour la Somalie à revoir sa position et son soutien au TFG au détriment d’autres parties prenantes somaliennes », poursuit le communiqué.

Les autorités du Puntland, dans ce communiqué particulièrement virulent en forme de réquisitoire, reprochent notamment au gouvernement du président Sharif Cheikh Ahmed son échec à rétablir la sécurité, à instaurer un vrai fédéralisme et l’accusent de chercher à déstabiliser le Puntland et d’autres régions stables de Somalie.

Elles dénoncent ainsi « le manque de participation, de consultation et de représentation du gouvernement du Puntland lors du processus de paix de Djibouti en 2008-2009, qui a conduit la formation de l’actuel TFG ».

Le gouvernement du Puntland déplore également « la marginalisation du Puntland dans les initiatives et financements de la communauté internationale pour la reconstruction » du pays et accuse le TFG d’être « impliqué dans la création de milices armées anti-gouvernementales visant à déstabiliser les régions en paix de la Somalie ».

Contrairement au Somaliland voisin, le Puntland, fondé en 1998 par l’ancien président des institutions de transition Abdullahi Yussuf Ahmed, n’a pas fait sécession mais dispose de ses propres institutions et administration (gouvernement, Parlement) installées à Garowe.

Dans son communiqué, le gouvernement du Puntland propose l’organisation rapide d’une conférence de réconciliation nationale et apporte son « soutien » à la nouvelle politique à deux volets des Etats-Unis en Somalie.

Cette nouvelle approche, exposée fin septembre à New York par le secrétaire d?État adjoint aux affaires africaines Johnnie Carson, vise à contrer l?expansion des insurgés islamistes radicaux shebab, qui se réclament d’Al-Qaïda, tout en soutenant le TFG.

Elle met surtout l’accent sur un rôle accru des régions du Puntland et du Somaliland.

« Nous pensons que ces deux régions de la Somalie ont été des zones relativement stables sur le plan politique et civil et nous pensons qu?elles feront effet de rempart contre l?extrémisme et le radicalisme qui pourraient sortir du Sud » somalien, avait alors déclaré M. Carson.

Les insurgés shebab contrôlent la majeure partie du sud et du centre de la Somalie et ont juré la perte du gouvernement de transition qui ne contrôle que quelques quartiers de la capitale Mogadiscio, où les combats sont quasi-quotidiens. Le TFG ne doit sa survie qu’à la protection des quelque 8.000 de la force de l’Union africaine Amisom.

En comparaison, le Puntland et le Somaliland jouissent d’une relative stabilité.

Le Puntland abrite toutefois la majeure partie des pirates somaliens qui multiplient depuis 2007 les captures de navires contre rançon.

26/10/10 (B575) Le Journal de la Flibuste – quatre morts dans un accrochage entre pirates et hélicoptère militaire (1 article)

_____________________ 1 – AFP

Somalie: quatre morts dans un accrochage entre pirates et hélicoptère militaire

Au moins quatre personnes ont été tuées et trois blessées lors d’un accrochage entre un hélicoptère des forces internationales anti-piraterie et des flibustiers somaliens qui s’apprêtaient à prendre la mer, a-t-on appris lundi de sources locales concordantes.

La force navale antipiraterie de l’Union européenne, Atalante, a cependant nié toute implication dans l’incident, précisant en outre qu’à sa connaissance les autres flottilles sous commandements des Etats-Unis (CFM) et de l’Otan (Ocean Shield) n’étaient pas non plus en cause.

Les combats, selon des témoins, se sont produits dans la nuit de dimanche à lundi, lorsque les pirates ont ouvert le feu sur un hélicoptère militaire qui survolait Labad, un petit village côtier à 25 km au nord de Hobyo, une des principaux repaires de pirates en Somalie.

« Plusieurs de nos amis qui s’apprêtaient à prendre la mer en vue d’une attaque ont été provoqués par un hélicoptère militaire des forces internationales, ils ont ouvert le feu sur lui mais il a répliqué par un tir de missile qui a tué quatre personnes dont des pêcheurs », a déclaré au téléphone à l’AFP Abdi Yare, un pirate installé à Hobyo.

« Trois autres personnes ont également été blessées », a-t-il ajouté.

« L’hélicoptère a tiré un missile après avoir essuyé les tirs des pirates, et on nous a rapporté qu’une dizaine de personnes avaient été tuées ou blessées, la plupart étant des pirates », a confirmé un ancien de Hobyo, Mohamed Abdi.

Aucune information n’était immédiatement disponible sur la nationalité de l’hélicoptère impliqué dans l’accrochage, ni sur celle du bateau duquel il avait décollé en direction des côtes somaliennes.

« Cet hélicoptère n’appartient pas à Atalante », a affirmé à l’AFP le porte-parole de la force navale européenne, le lieutenant-colonel Per Klingvall joint par téléphone au quartier général de Northwood (banlieue nord de Londres).

« Nous n’avons pas non plus entendu parler d’un quelconque incident de cette nature avec les autres forces de la CMF et de l’Otan », a-t-il ajouté.

Les pirates somaliens — qui retiennent quelque 20 navires et 400 marins en captivité — ont repris leurs activités depuis quelques semaines à la faveur de la fin de la mousson, synonyme de mer moins agitée.

11/10/10 (B573) Le Puntland à la Pointe Somalie: des pirates enlèvent un ministre du Puntland (AFP)

Des pirates présumés ont enlevé lundi le ministre des Pêches et des infrastructures maritimes de la région somalienne autoproclamée autonome du Puntland (nord-est), Mohamed Rage, a-t-on appris de source sécuritaire et auprès d’un notable du Puntland.

« Nous recevons des informations selon lesquelles les pirates ont réussi à capturer le ministre et plusieurs de ses gardes armés alors qu’il tentait de fuir une intense fusillade », a déclaré à l’AFP un responsable de sécurité installé à Garowe (Puntland), Mohamed Abdirasak.

« Nous ne savons pas où les pirates l’ont emmené mais ils (le ministre et ses gardes) sont entre leurs mains et les forces de sécurité (du Puntland) préparent actuellement une opération de sauvetage », a-t-il ajouté.

Plus tôt lundi, le ministre de l’Intérieur du Puntland Ali Yusuf Ali avait annoncé à la presse que M. Rage était tombé dans une embuscade tendue par des pirates lourdement armés alors qu’il tentait de se rendre dans la localité de Garaad, sur la côte de l’océan Indien.

« Le ministre se rendait là-bas pour rencontrer des notables quand il a été attaqué. Il est sain et sauf, et sur le chemin du retour » vers Garowe, l’une des principales villes du Puntland, avait assuré M. Ali, précisant qu’un des gardes de M. Rage avait été tué et un second blessé dans l’embuscade.

Selon une source sécuritaire et un chef coutumier de la région, le ministre a finalement été enlevé alors qu’il tentait de rejoindre Garowe après la première fusillade.

Abdirahman Muhidin, un notable d’une localité située à proximité des affrontements a ainsi expliqué à l’AFP que des dizaines de pirates armés de lance-roquettes et de fusils d’assaut avaient prêté main forte au groupe qui avait tendu l’embuscade pour finalement neutraliser l’escorte du ministre.

« Ils ont pris le dessus sur ses hommes et ont saisi les véhicules. Selon nos informations, il est désormais leur otage », a déclaré M. Muhidin.

Plusieurs sources officielles du Puntland, interrogées lundi soir par l’AFP, ont refusé de commenter cette information.

09/08/10 (B564) Puntland – nouvelle offensive contre les insurgés shebab dans le nord (1 article)

____________________________ 1 – AFP

Somalie: nouvelle offensive contre les insurgés shebab dans le nord

Les forces de sécurité du Puntland, région autoproclamée autonome du nord-est de la Somalie, ont lancé dimanche une nouvelle offensive contre une milice liée aux insurgés shebab, a-t-on appris de source officielle et auprès de témoins.

Cette offensive, qui fait suite à une première du genre fin juillet, visait une milice de plusieurs centaines d’hommes dirigée par le chef de guerre et trafiquant d’armes somalien Mohamed Said Atom et établie dans la chaîne montagneuse de la région de Sanaag, frontière naturelle entre les deux régions autonomes du nord du pays, le Puntland et le Somaliland.

"Nous avons attaqué leurs bases et pris le contrôle de leurs camps. Nos forces contrôlent à présent complètement les montagnes de Galagala et l’ennemi qui a subi de lourdes pertes, a fui la zone", a déclaré à la presse à Bossasso le ministre de la Sécurité de cette région du nord-est de la Somalie Yusuf Ahmed Qeyr.

"Nous en avons tués plus de 10 et fait prisonniers plusieurs d’entre eux", a-t-il ajouté.

Des habitants de la localité de Galagala ont affirmé que les combats, qui ont duré environ quatre heures, avaient fait des victimes dans les deux camps.

"Nous avons vu sept combattants tués, issus des deux camps mais on ne sait pas clairement qui contrôle la zone disputée", a expliqué à l’AFP un chef coutumier, Mohamed Bashir.

Un autre habitant, Said Hussein, a également fait part de sept morts dans les combats.

"Quinze soldats du Puntland ont été admis à l’hôpital depuis ce matin et l’un d’eux est mort", a rapporté à l’AFP un responsable de l’hôpital de Bossasso, s’exprimant sous couvert de l’anonymat.

Les forces du Puntland avaient déjà lancé une première attaque contre les hommes d’Atom le 26 juillet.

Mohamed Said Atom, qui fait l’objet de sanctions des Nations unies pour avoir violé l’embargo sur les armes en Somalie, a établi plusieurs camps dans la chaîne montagneuse de la région de Sanaag. Il est décrit comme le représentant des shebab dans la région par les autorités puntlandaises.

La chaîne de montagnes des Golis est difficile d’accès et criblée de grottes, offrant un repaire parfait pour Atom et ses hommes, selon des responsables locaux.