22/08/06 (B363-A) Djibouti – Qu’on laisse un tyran seul sans compagnie, sans caution pour ses crimes… ni complicités, penser à lui tout à loisir ; et l’on verra qu’il n’est rien qu’un homme plein de misères et de peurs. (Africanman)


Roger Picon
Les suites de l’affaire Borrel – auxquelles nous assistons actuellement – ne sont pas seulement un scandale d’Etat mêlant le Palais de l’Escale à celui de l’Elysée, elles servent aussi de révélateur implacable des dérives du « système » djiboutien actuel dirigé par Ismaïl Omar Guelleh, de son opacité, de son cynisme, de son mépris des lois ordinaires de la démocratie ; de l’absence de respect de l’humain.

Voilà ce qui arrive lorsque le pouvoir se concentre tout entier au sein de l’exécutif, qu’il s’abandonne aux mains d’un petit groupe d’hommes qui ne connaissent ni contrôle parlementaire, ni séparation effective des pouvoirs, ni justice, ni transparence obligatoire.

Après 22 années d’indépendance, la jeune république a basculé en 1999 vers un déséquilibre aberrant des pouvoirs, à la fois inefficace ­alors que dans toute « bonne gouvernance » aucune autorité ne peut se dispenser de contrôle et d’explication.

Ceux qui ont osé réclamer un peu de liberté et de démocratie furent tout simplement « suicidés », assassinés ou jetés en prison ; le reste, contraint à l’exil.

Ceci est dangereux pour l’image que l’on peut avoir de la Francophonie comme l’est toute force sans contrepoids et sans sanction naturelle. Dans un pays où la répression policière est quotidienne, où les Droits de l’Homme sont constamment piétinés, où la Justice est bafouée, où les syndicalistes sont incarcérés et maltraités…; les idéaux promus par la Francophonie – créer un espace de Liberté, de Démocratie et de Développement – semblent bien irréels voire utopiques.

Un Rapport éloquent de la Mission d’Enquête Internationale de la FIDH conforte ce que nous affirmons depuis bien des années.

Le contenu du Rapport de la Mission d’Enquête Internationale de la FIDH publié en août 2006 est éloquent. Il démontre une fois de plus, une fois de trop car rien n’a changé depuis la seconde autoproclamation d’Ismaïl Omar à la tête du pays ; la république d’IOG tourne à l’Etat de non droit, ce qui constitue une régression insensée de la démocratie et un anachronisme absolu au début du XXIe siècle.

Ce régime devient ainsi depuis 1999 un Royaume bananier autiste.

Dileïta Mohamed Dileïta n’apparaît en l’occurrence que comme l’ultime aboutissement, comme l’avatar final du lent dessaisissement démocratique qu’aura symbolisé IOG depuis l’indépendance. Le Premier ministre n’a jamais été élu une seule fois, comme si nous vivions encore sous un régime féodal. Il n’a connu que le parcours initiatique du patriciat du pouvoir. Une trajectoire météorique sans aucune influence des votes et des citoyens.

Le Premier ministre n’est cependant que le dernier fanion d’un système IOG caricaturant la république jusqu’à la limite extrême du déséquilibre des pouvoirs compatibles avec la démocratie. Sous Ismaïl Omar Guelleh, ce régime est devenu un royaume illégal mais légitimé par les élections falsifiées ; impossible à contredire dans le pays sous peine de goûter illico presto et sans jugement aux geôles du régime.

Ismaïl Omar Guelleh s’est TOUT accaparé par la tromperie.

Que ce soit sur le terrain politique ou sur le terrain social, il a été depuis plus de 7 années d’avanies en avanies, de recul en recul, de mensonges en mensonges. Il s’est accaparé deux élections présidentielles par la tricherie mais il a perdu tous ses face-à-face avec les Djiboutiens et les Djiboutiennes durant son temps de présidence.

A cela, pas de secret, aucun mystère : à Djibouti a fortiori sous Ismaïl Omar, le pouvoir échoue par excès de concentration de puissance, parce qu’il n’est ni partagé, ni contrôlé, ni contrecarré par d’autres institutions ; par ce que le pays est devenu celui des « rackets institutionnalisés ».

Quel est le pays :

  • où jamais les Députés et le Conseil des ministres ne débattent de quoi que ce soit,
  • où les séminaires gouvernementaux sont des jeux de rôle,
  • où le supposé chef de l’Etat se dispense d’expliquer sa politique à ses concitoyens,
  • où il est à la fois l’arbitre suprême et l’acteur principal des détournements des aides internationales,
  • où le gouvernement n’est réellement responsable que devant l’homme qui préside au Palais de l’Escale,
  • où il n’existe aucune député d’opposition alors qu’une telle tricherie électorale – qui a pour nom scrutin sans véritable scrutin – ampute les populations de leur représentativité,
  • où l’Assemblée nationale ressemble à une chambre d’enregistrement et à un club de « serviteurs aisés » ?

Personne au monde n’est capable de prendre « seul » de bonnes décisions ­ quel que soit le sujet ­ sans débats, sans contradictions, sans contrôles, sans opposition.

La situation de catastrophe économique, sociale et politique est donc la conséquence logique, extrême, d’un pouvoir exécutif qui, ne dépendant de personne, dépend de ses propres faiblesses et, en l’occurrence, de ses propres vices, chantages et rackets.

Faute de réformes d’accompagnements indispensables, mais bloquées par le palais de l’Escale :

  • tant que l’Assemblée nationale restera une « Vénus de Milo » locale et doucement endormie,
  • tant que l’institution judiciaire sera aux ordres et recèlera dans ses rangs la forfaiture avec l’abandon des principes fondamentaux de Justice, les autorités supposées indépendantes, la communication présidentielle demeureront astreintes à des normes d’un autre âge,
  • tant que les falsifications lors des scrutins seront ce qu’ils sont,
  • tant que le couple exécutif n’aura pas été rationalisé,

Djibouti n’aura pas de président contrôlé, donc efficace ; mais tout simplement un tyran doublé d’un « Roi bananier ».

14/08/06 (B362) Djibouti – Regardons nos consciences comme nous regardons nos mains pour voir si elles sont sales !!! (Africanman)

En acceptant et en cautionnant en mai 1999 l’autoproclamation d’Ismaïl Omar Guelleh à la tête du pays, certains occidentaux affirmaient alors – et osent encore le prétendre – que pour maintenir « l’Ordre » dans la jeune république…il convenait d’admettre l’existence de cette « dictature de transition » et de l’aider financièrement afin de préparer le Djibouti de demain à une ouverture vers l’émergence de la démocratie.

Belle imposture politique que tout cela !. Car l’histoire le démontre. Chaque fois que le temps a fait croître un bâton dans un pays africain, au bout du même bâton la tyrannie y a mis une lame.

Par ses menaces – sans séduction d’aucune sorte – le dictateur Ismaël Omar devenu rapidement tyran Ismaïl Omar Guelleh (et changeant le ë de son prénom par le ï, car plus arabisant) fait tourner depuis 1999 le pays autour de lui, et danser les « autres » tout en se complaisant à imposer un chantage au « grand frère ». Il agit exactement comme le ferait un enfant en bas âge lorsqu’il structure la maisonnée à son rythme de vie et à ses seules volontés ; par ses premiers pas, ses risettes mais aussi par ses coups de colère.

Chaque administration et grand service d’une telle dictature se voit contrainte d’accrocher des portraits du tyran dans ses bureaux, tout comme les parents garnissent leurs murs et leurs meubles de photos de « l’enfant prodige ».

Vous me direz que cette comparaison est plaisante mais qu’il y a tout de même une différence entre un petit bébé qui fait ses premiers pas dans la vie et un gros bébé qui tire profit de TOUT et n’a nul respect pour l’humain. Le premier est désiré, le deuxième est subi.

Une dictature a souvent été désirée par certaines personnes et elles s’en félicitent encore longtemps après.

Aussi paradoxal que ceci pourrait paraître, certaines victimes d’un tyran sanguinaire peuvent devenir ses plus ardents défenseurs si elles réchappent aux pires conditions d’incarcération et si leur vie est épargnée.

Quelques années plus tard, force est de constater que la mémoire de certains hommes à quelque chose d’extraordinaire en ce sens qu’ils s’accommodent de TOUT comme si leur mémoire du passé était un cimetière abandonné où gisent sans honneur des « morts » qu’ils ont cessé de chérir et bien vite oubliés.

Lorsqu’ils sont seuls et osent se regarder dans le miroir de leur vie, la mémoire du dégoût qu’ils ont de ce qu’ils ont fait depuis doit être bien plus écrasante que l’image des souffrances subies par leur clan, par leur ethnie.

C’est ainsi que plus graves sont les blessures – physiques et psychologiques – infligées sur ordre du tyran, plus il sera défendu ensuite voire glorifié par certains de ceux qu’il a fait torturer. Le souvenir des pires conditions d’emprisonnement semblerait parfois diluer toutes les couleurs, la mémoire ressemble alors à une photographie exposée au grand soleil d’Afrique ; tout devient demi ton, puis elle se désagrège sous les rayons…dorés à l’or fin …et disparaît avec le temps.

Pour les gens « de peu d’importance », il est alors bien plus facile d’être esclave de son ancien tortionnaire, de ne pas se prendre en charge et d’oublier ainsi la brûlure de la liberté, celle de l’engagement d’homme pour rester debout avec dignité. Il est vrai que le doux parfum de l’argent et les honneurs d’après tortures permettent vraisemblablement pour eux de TOUT voir, de TOUT entendre, de TOUT faire pour être agréables au « maître »…et de TOUT oublier.

L’exemple le plus flagrant de ce que nous avançons est le cas de ce paraît-il avocat qui au seuil d’une mort programmée – car se déclarant dans ses écrits être victime d’empoisonnement en un temps dans les prisons du régime de Gouled – fut sauvé par une campagne d’information tous azimuts lancée par le président actuel de l’ARDHD.

Un président d’une modeste association alors, sensible aux appels « au secours » et qui ne ménagea pas sa peine pour mobiliser l’opinion publique et les instances internationales afin de tenter sauver un homme en grave danger dans les geôles djiboutiennes ; devenu un ami, un « frère de combat » à cette époque.

Plus de 10 années plus tard, le paraît-il avocat perdit toute mémoire et dignité. Il s’est retrouvé face au même Jean Loup Schaal à défendre l’indéfendable dans un procès récent qui fut un « gros flop » pour le supposé « outragé » …mais absent des débats. J’y ai personnellement lu ce jour là – tout de même – dans les yeux du paraît-il avocat une gêne certaine de se retrouver là.

Le véritable triomphe n’appartiendrait-il pas à l’homme courageux qui croit en l’humain, au respect qui lui est dû et espère en la Justice ?.

Notre conscience est un juge infaillible quand nous ne l’avons pas encore …assassinée !

Que l’on soit Afar, Issa ou Somali, on ne peut pas admettre qu’on ait perdu partie de sa famille et de ses amis en vain, pour de simples lubies d’un tyran. Ou bien cela doit vraisemblablement en valoir la peine – financièrement parlant – pour déserter de telles valeurs… et s’endormir en paix chaque soir avec sa conscience.

C’est ainsi que l’on peut lire, voir et entendre dans la presse et les médias d’État des propos aussi enthousiastes que dénués de bon sens à propos d’Ismaïl Omar Guelleh émanant de ceux à l’égard de qui il s’est comporté en véritable prédateur et bien plus. Ces gens là éprouvent-ils de la reconnaissance pour le tyran ? Lui font-ils « risette et carpette » pour éviter qu’il ne les attaque à nouveau ou en espérant qu’il leur jette quelque chose à manger ?

Serait-ce un réflexe naturel envers celui qui s’est institué par la force en chef tribal, un réflexe de survie hérité des âges lointains ?

La propagande propose aux anciennes victimes du pouvoir en place des mots, des anecdotes… manipulées car créées de toutes pièces sur le passé du « seigneur et maître du pays » ; occultant son véritable passé. Autant de raisons de s’enticher du dictateur, falsifications des vérités faciles à démontrer mais qu’ils reprennent en cœur et à l’unisson tel un « copier/coller » du genre : « Gloire à toi oh IOG !

Notre sauveur, notre guide suprême… ». A les entendre …et à les croire, on en oublierait presque ceux et celles qui se sont véritablement battus pour la liberté, pour l’indépendance de leur pays et qui ne sont plus là pour témoigner.

Qu’il est gentil le tyran !

Staline était – lui aussi – « le petit père du peuple » était gentil selon ce qu’en écrivait sa propagande. Sous un tel régime on part toujours du principe que les problèmes dûs à la tyrannie sont – à ce qu’il en est dit – le fait de quelques fonctionnaires idiots ou malveillants. Si le tyran l’apprenait, il réglerait ces problèmes tout de suite… Ah, s’il pouvait obtenir un meilleur contrôle de chaque aspect de la vie… Ah, si la Kabyo ne lui mettait pas des « peaux de bananes » sous les pieds…Tout irait mieux… Il a tant d’amour pour nous…

On sait maintenant que Staline a signé de sa main tous les ordres d’exécution des opposants politiques supposés, allant jusqu’à sacrifier ses collaborateurs les plus proches et les plus fidèles ; démantelant l’État et ses armées !!! . Il aurait dit, à la mort de sa femme, qu’avec elle partait ce qu’il lui restait d’humanité….

La grande différence avec Staline est que si Kadra Mahamoud Haïd disparaissait ceci arrangerait peut-être bien les affaires d’IOG car elle a installé, petit à petit, son propre « État dans l’État » et peut s’appuyer sur ses trois Daltons de frères comme sur bien d’autres à qui elle inspire non point le respect mais la peur ; parfois une véritable frayeur lorsqu’elle « débarque » dans un ministère.

Chaque groupe tribal a un nom pour le grand ancêtre. On élève les enfants en leur racontant ce qu’a écrit l’histoire. Dans la dictature djiboutienne on cherche maintenant à imposer dans les esprits populaires le tyran Ismaïl Omar Guelleh comme étant l’ancêtre fondateur.. de Djibouti. Celui qui aura donné véritablement naissance à la république car – selon la propagande – Gouled aurait commis TOUTES les erreurs alors qu’IOG c’est le « gentil président ».

Un homme honnête, sincère, intègre, probe, incorruptible, loyal, irréprochable bien qu’il se soit accaparé depuis mai 1999 TOUT ce qui est rentable ; que ce soit au niveau des Établissements publics de l’État ou du secteur privé sur lequel il maintient par la force un « Racket », il est vrai magistralement organisé car on ne peut plus efficace et rentable pour lui.

On raconte son histoire à l’école, à la télévision… Il est le véritable fondateur de la nation… Il a accompli de grandes choses…bien que « sur le terrain » ce soit la catastrophe économique, sociale et politique (avec un grand C..). Le dictateur devenu tyran impose sa propre vision du monde à son « bétail » ; une façon de penser toutes choses. Certains s’y habituent, y trouvent leurs marques, un équilibre… ; après tout, « il faut un chef, alors lui ou un autre !!! ».

Mettre le tyran en doute serait mettre l’équilibre du pays, que dis-je « du monde » en balance…

Tel le vampire qui peut vous transformer en vampires, le tyran s’efforce de transformer l’opposition (la véritable, pas celle qui lui est asservie) en imposteurs alors que les pauvres et les classes moyennes à Djibouti meurent sur place, à petit feu ou survivent comme elles peuvent.

L’imposture institutionnalisée est devenue ainsi un formidable ciment pour le pays. Les gens importants mal intentionnés font des impostures de grande ampleur : tel ou tel ministre décide des achats ou de confier des travaux en fonction des pots-de-vin et installe sa famille, la famille de sa famille…, ses amis dans les logements qu’il/elle s’accapare. En dessous d’eux, pour obtenir de l’avancement quelques subalternes organisent des escroqueries de moindre envergure, bien moins lucratives mais partagent toujours les bénéfices avec leurs supérieurs.

Cela forme une pyramide de rackets les plus diversifiés dont les flux de finances et d’influences montent et se concentrent vers le sommet de l’État. Le sommet de l’État ? Le Palais de l’Escale évidemment !

Pour que le système fonctionne il faut que les subalternes aient peur.

Il faut donc régulièrement sacrifier quelques pions. On va donc « attraper » quelques personnes qui ne jouent pas le jeu, par exemple des fonctionnaires qui ne partagent pas assez avec leur « Chef » ou qui se font remarquer par un « train de vie » bien trop …supérieur à celui du « Chef ».

L’affaire est aussitôt portée devant la plus haute autorité du Palais de l’Escale, mais nul procès ne sera ordonné. Procès au cours duquel on condamnerait le coupable à une peine exemplaire avec la diffusion d’une large publicité dans la presse officielle.


Roger Picon
Il n’y a JAMAIS eu de procès pour corruption ou détournement d’argent ou de bien publics à Djibouti, tout comme il n’y a pas de trafics d’enfants, de trafics d’armes et de drogues…. 

Point de cela, tout se règle par des palabres, des compromis avec rétrocession immédiate et gratuite de terrains et/ou de biens immobiliers personnels au profit du Palais de l’Escale. Alors que pour les meilleurs « détrousseurs de fonds publics et d’aides internationales » – qui n’oublient pas d’en reverser majeure partie aux «oeuvres » du Palais de l’Escale – cela se termine systématiquement par une promotion.

L’Office National d’Aide aux Réfugiés et Sinistrés (ONARS) est l’un des exemples de ce que nous avançons. C’est une véritable « pompe à fric » branchée en direct sur les aides internationales.

Épisodiquement les scandales pour détournement de centaines de millions de FD s’y sont succédés durant des années alors que la « justice locale » n’a JAMAIS ouvert une quelconque information et lancé de Commission Rogatoire.

Ce fut le passage obligé de certains hommes, devenus depuis ministres…

Ismaïl Omar Guelleh n’a plus à craindre la police et les armées puisqu’il les contrôle par l’entremise de sa police politique des SDS. Chacun y a ses petites et grosses affaires ; il faudrait être « fou » pour tuer la poule aux oeufs d’or !

IOG peut imposer ses rêves et ses lubies par la force. L’argent des aides internationales et les moyens du pays sont à son entière disposition.

Si cela ne lui suffit pas, il fait lancer quelques grenades (sans faire de victimes) pour qu’affluent aussitôt d’autres aides internationales affectées – paraît-il – à la sécurité des ressortissants occidentaux ; à la police et aux armées qui n’en voient pas …la couleur.

Mais que fait l’opposition politique en exil ?

Quand on parle de l’opposition politique djiboutienne en égrenant ses  » difformités  » que l’on dit être congénitales, ceux qui ne savent pas ou aiment faire des lectures superficielles, pensent tout de suite à de l’affabulation. Mais en réalité, aucun fait sur le terrain occidental, dans le comportement quotidien des responsables de l’opposition en exil, ne vient prouver le contraire.

L’exemple de la réunion du 22 juillet dernier est symptomatique d’une volonté d’Ismaïl Omar Guelleh de tenter de semer le désordre par la désinformation et la manipulation pour morceler l’opposition en fiefs s’affrontant les uns les autres. A ce petit jeu, il a tout à y gagner.

Par ailleurs, bien des silences gênés de supposés opposants à son régime viennent en tout cas conforter la position de ceux qui n’ont jamais cru en la possibilité d’une quelconque unité de l’opposition djiboutienne.

Notre question est « Ont-ils raison ou tort ? »

Si nous avons toujours défendu le principe d’unité de l’opposition dans nos écrits c’est par ce que nous pensions, et pensons encore, qu’il convient d’abord de briser ce cercle pervers d’images de Responsable de parti politique d’opposition « bouffant et broutant de ci, de là… », tirant la couverture à soi et que pour soi ; ce qui affaiblit l’ensemble de l’opposition et nuit gravement à sa crédibilité auprès des instances internationales.

Appelons les « choses » par leur nom et arrêtons de nous mentir !

Regardons nos consciences comme nous regardons nos mains pour voir si elles sont sales !!!

La division par l’achat de quelques consciences politiques d’opposition est une réalité. Elle fait indubitablement le jeu politique d’IOG alors qu’il convient pour l’opposition de ne point se leurrer sur les promesses du tyran et de s’endormir, bercée par un doux ronronnement mais – bien au contraire – de regarder les réalités en face.

Il faut prendre en compte les spécificités et les diversités des composantes ethniques comme tribales qui ont fait et font plus que jamais Djibouti. Tout en sachant que ce processus d’unité – pourtant absolument nécessaire – serait bien fragile dès l’instant où l’on ne se limiterait qu’à d’éternelles palabres …sans lendemain, sans projet concis quant à une « Réconciliation nationale ». Alors que – pour ce qui les concerne – les « agents » du pouvoir Guelleh et d’évidence faux opposants politiques n’ont qu’un but actuellement qui est de tenter de diviser, de semer la zizanie dans la communauté djiboutienne, entre les uns et les autres ; à Djibouti comme hors des frontières du pays.

Ces agents là agissent déjà depuis bien des années, infiltrés qu’ils sont dans l’opposition et sur ordre d’un Ismaïl Omar. Un IOG autoproclamé président et passé maître dans les manipulations, les promesses sans lendemain et la temporisation qui repousse les échéances, prince de l’esbroufe ; hautement compétent dans l’achat de conscience, le chantage et les coups les plus bas. Un IOG qui n’acceptera de négocier que par la force des choses et seulement lorsqu’il sera face à une opposition unie.

Par ailleurs et d’évidence, pour un quelconque chef de parti le fait de négocier individuellement avec Ismaïl Omar Guelleh ou avec l’un de ses paraît-il représentants se fonderait sur une certaine ambiguïté, dont personne ne serait dupe.

Avant de négocier avec un loup, mettez-lui une muselière et faites le à plusieurs ; vous n’en serez que plus forts et plus crédibles.

De même et avant d’envisager toute réunion, toute discussion préalable avec IOG, il convient – à notre sens – de considérer que ces négociations là doivent OBLIGATOIREMENT être issues d’un travail collectif de préparation de l’opposition politique pour trouver en préalable – et seulement en préalable à toute discussion – les conditions précises d’un équilibre des intérêts sur lequel seulement peut se fonder une paix durable à Djibouti.

Quand on renie le passé et l’histoire d’un pays et de ses hommes et femmes, on en perd son avenir.

Dans notre esprit il ne saurait être question de renier ce passé et de donner un coup d’éponge pour effacer d’un seul geste tout ce qui s’est fait et hélas se fait encore, notamment en pays Afar.

Pour le gouvernement djiboutien actuel, admettre les « erreurs », s’excuser et réparer financièrement tous les aveuglements du passé, c’est un « passage obligé » pour autant que l’on soit sincère et que l’on veuille véritablement construire l’avenir dans la paix. Dans ce cas, ce ne serait point poser les fondements de futures offenses à l’égard de l’un, de l’une ou de l’autre.

De même, nul ne saurait se réclamer de la trop facile fatalité. Nul ne saurait trouver de justification aux tortures perpétrées aveuglément et notamment les plus récents contre des vieillards, des femmes et des enfants car ce serait l’excuse des âmes sans volonté ; l’excuse de ceux qui sur ordre du pouvoir n’ont qu’une seule et bien piètre capacité qui est celle de ne s’attaquer qu’aux êtres sans défense.

On ne peut hélas plus ressortir de leurs tombes les morts, faire revivre les victimes inutiles de la folie de quelques-uns. Mais ces morts là, tout comme ces victimes de la torture, ont droit à un respect et à une réhabilitation.

Vient donc le moment d’admettre la réalité des faits et de tenter de réparer ensemble ; de tenter de gommer lentement et avec le temps ces « erreurs » et surtout de ne pas les perpétuer.

08/08/06 (B362) Djibouti –  » Disons nous et disons à nos enfants que tant qu’il restera un esclave sur la surface de la Terre, l’asservissement de cet homme est une injure permanente faite à la race humaine toute entière.  » Victor Schoelcher. (Par Africanman)


Roger Picon
Nous estimons qu’il est de notre devoir de Djiboutiens et de Français de regarder les vérités en face aussi désagréables et fondées soient-elles, mais aussi de savoir tourner les pages les plus noires de notre histoire commune et celles des mauvaises séquelles de la colonisation.

Djiboutiens et Français, nous ne voulons plus d’une société archaïque. Nous voulons une société où les individus puissent s’organiser librement suivant les principes et les fondements de la République ; hommes et femmes assumant leurs choix et prenant leurs responsabilités. Lasse des errements ruineux et des fausses solidarités imposés par des États aussi centralisés qu’épuisés, la société civile – qu’elle soit djiboutienne ou française – doit reprendre l’initiative dans tous les domaines.

DEVRAIT-ON RESSASSER LES ERREURS DU PASSÉ ?

Ayons le courage de regarder ensemble notre histoire commune, admettons-le une fois pour toutes ! L’Afrique fut une terre asservie par le colonialisme développée par certains représentants locaux de la France et majoritairement à des profits personnels et non à des intérêts d’Etats – comme par ceux d’autres puissances colonisatrices – qui ont abusé des enfants de l’Afrique selon une échelle de valeur aujourd’hui dépassée, mais restée injuste hier comme elle l’est trop souvent encore aujourd’hui.

Nous devons, nous Français qui nous réclamons de l’héritage du pays « des Droits de l’homme », honorer les humains serves, tous les humains tenus illégitimement dans notre domination, dans l’indignité de « l’indigénat », de « l’exploitation ». Rendre aussi justice et droits par le respect en revalorisant comme il se doit les pensions y compris celles pour invalidité et blessures de guerre de tous les  » soldats d’Afrique  » pour atteindre un niveau  » acceptable  » ; ceux qui ont combattu lors des deux grandes guerres du 20ème siècle, versant leur sang pour la France et sa libération.

Respect aussi pour ceux qui ont combattu pour la liberté de leur pays – pour leur indépendance comme nous le faisions ensemble 40 ans plus tôt et avec bon nombre d’entre eux – considérés alors et à tort comme des  » demi Français « …- au moment où notre pays était dans la servitude et survivait dans la tyrannie du nazisme.

A quelque niveau que ce soit, les erreurs et les injustices commises par le passé devraient nous permettre de mieux comprendre l’histoire commune et surtout de préparer un  » Autre Demain « , non point dans la servilité et la dépendance masquée de l’un par rapport à l’autre mais dans le partage d’un véritable et pérenne partenariat.

Qu’ils soient Africains, Djiboutiens ou Français, nos enfants cherchent en chacun/chacune d’entre nous ce qu’ils espèrent en l’avenir ; de cela il faut avoir pleine conscience.

Cet autre avenir ce ne sont point les affres de cet exil – celui d’une autre grande souffrance – que subissent bien des familles djiboutiennes dans les pays du monde occidental et qui commence par ce que le présent leur est confisqué outrageusement par la tyrannie cautionnée qui règne dans leur propre pays.

Ce qui est vrai pour les Djiboutiens l’est aussi pour d’autres communautés africaines. Loin de la terre qui les a vus naître, ils et elles sont condamnés à rêver le temps d’avant, à condamner le présent dans leur pays et à attendre dans un monde qui est un mélange tragique d’infortunes les plus diverses, trop souvent d’ignorances occidentales coupables à leur égard, mais aussi d’espoirs fondés en la France qui ne doivent pas être vains.

L’ACTION POLITIQUE TOURNE EN ROND DANS SES DONJONS !

Quelle soit française ou djiboutienne l’action politique des gouvernants actuels bégaie et tourne en rond dans ses donjons, ressassant les mêmes litanies ; couvrant voire cautionnant les mêmes excès, les mêmes injustices.

Catalogue des mêmes mots, des mêmes contre vérités comme c’est le cas dans les suites de l’assassinat du Juge Bernard Borrel. Meurtre prémédité, cautionné a posteriori de la Justice lorsqu’elle est intègre et que l’on estime dangereuse pour la  » diplomatie  » et les supposées  » bonnes relations  » entre Etats (laissez-moi en sourire avec amertume).

C’est ainsi que l’on en est arrivé au point où l’on peut TOUT FAIRE à haut niveau de responsabilités en évitant PAR TOUS LES MOYENS l’émergence de certaines vérités d’intérêts privés. Primauté du supposé  » diplomatiquement correct  » sur les lois, la Justice et les droits républicains car, faute de quoi, ce serait – d’après ce qu’il en est dit – …un édifice d’Etat qui pourrait s’effondrer face à une opinion publique tant nationale qu’internationale ; a fortiori à l’approche d’un scrutin d’importance en France.

Ajoutez-y le poids du chantage exercé par Ismaïl Omar Guelleh sur  » ses amis de conjonctures  » et vous aurez presque fait le tour de la question du  » pourquoi il faut ABSOLUMENT faire taire la Justice française  » en la contournant dans ce dossier aussi brûlant que nauséabond.

Il est des situations qui masquent mal les stratagèmes de « polichinelleries » utilisés contre l’émergence des vérités qui dérangent.

Vérités galvaudées par trop de discours creux alors que l’idée même de réforme profonde du régime djiboutien et des comportements antirépublicains est devenue absolument nécessaire et surtout une véritable hantise tant pour Ismaïl Omar Guelleh que pour sa nomenklatura minée par la corruption et pour leurs quelques et bien rares  » amis occidentaux « . Amis ? Pas si certain que cela, appelons cela plutôt  » intérêts privés et concomitants  » qui justifieront toutes les cautions qu’ils offrent – tout comme les décorations honorifiques distribuées selon la méthode de la  » pochette surprise à tous les coups l’on gagne  » – afin que le sacro saint  » Ordre des Désordres  » perdure à tout prix à Djibouti.

Ces élites politiques confondues ne portent plus aucun espoir quant à la résolution du  » problème djiboutien  » qui dépasse et de très loin l’affaire Borrel ; bien plus ancien et plus profond car touchant toutes les populations du pays depuis plus de 29 années.

Perte de confiance car faute de résultats et de respect des engagements que définit pourtant clairement la Charte de la Francophonie.

Titre I : Des objectifs

Article 1 : Objectifs

« La Francophonie, consciente des liens que crée entre ses membres le partage de la langue française et des valeurs universelles, et souhaitant les utiliser au service de la paix, de la coopération, de la solidarité et du développement durable, a pour objectifs d’aider : à l’instauration et au développement de la démocratie, à la prévention, à la gestion et au règlement des conflits, et au soutien à l’État de droit et aux droits de l’Homme ; à l’intensification du dialogue des cultures et des civilisations ; au rapprochement des peuples par leur connaissance mutuelle ; au renforcement de leur solidarité par des actions de coopération multilatérale en vue de favoriser l’essor de leurs économies ; à la promotion de l’éducation et de la formation……….. »

C’est ainsi qu’au fil des années cette Charte est devenue une forme de vieille  » 403 pigeot  » au moteur poussif, louvoie dans la brume ou le vent du désert qu’elle entretient et qui a toutes les peines du monde à grimper les côtes africaines ; celles du changement avec une ouverture à la démocratie. A Djibouti, une simple pierre suffit à bloquer le véhicule.

Alors et épisodiquement l’Organisation internationale de la Francophonie ressort cette Charte lors d’un Sommet dans l’une des capitales africaines pour en lustrer la carrosserie tout en prenant le soin de ne pas en changer ce qui fait office de moteur et en respectant mordicus la supposée souveraineté des États, leurs langues et leurs cultures. Y compris la culture de la tyrannie comme c’est le cas à Djibouti sous Ismaïl Omar Guelleh. Il existe ainsi une  » culture de la tyrannie  » que l’on ne saurait voir de l’extérieur ou dans la douce quiétude des palaces locaux, plus assassine que des coups de bâton car cautionnée de l’extérieur. Des mots apparemment imparfaits ; des non dits, inavouables et qui transportent vers un autre monde bien éloigné de la Francophonie et des valeurs héritées du Général Charles de Gaulle.

L’accumulation de lois, de règlements et de décrets ne peut pallier à l’absence de projet politique cohérent à Djibouti, a fortiori si lois et règlements ne sont pas respectés mais servent quasi exclusivement à laisser croire à l’opinion publique internationale que….  » Tout va bien à Djibouti et que chacun peut dormir en paix …en Occident ! » Accumulation d’artifices me direz-vous, mais nous n’en sommes plus à un près !

Débordé par l’inquiétude générée par les manifestations qui se développent et se renforcent depuis des mois et qu’il ne peut maîtriser que par l’usage de la force bestiale en opposition avec la logique démocratique de la culture du dialogue social, le gouvernement djiboutien actuel se réfugie dans les mythes à la gloire du  » tout privé  » (du  » TOUT pour IOG « ) au détriment des finances publiques ; de l’intérêt de l’État, donc des populations djiboutiennes.

L’EXPLOITATION DES ETABLISSEMENTS PUBLICS, UNE AFFAIRE JUTEUSE

C’est ainsi que comme président autoproclamé d’un état de 27 000 km2 ; Ismaïl Omar Guelleh s’est approprié en se vendant à lui-même – par l’intermédiaire de ses sociétés écrans interposées ayant leur siège social à Dubaï – l’exploitation des Établissements publics (EPIC). Ce faisant, il laisse à la charge des finances publiques, donc de l’État djiboutien qu’il dirige, la grande majorité des charges de salaires et les frais d’entretien des locaux.

La question est « En vérité, qui paie au final les mystifications d’IOG ? »

La réponse est « Les aides internationales détournées de leur affectation ! ».

Si la rentabilité de ces EPIC est aujourd’hui incontestablement confirmée par une meilleure gestion d’ensemble, la trahison dont se rend coupable le président Guelleh vis-à-vis des comptes publics est qu’il s’accapare au passage – comme affairiste privé – la quasi-totalité des dividendes financiers générés.

Ajoutons à cela que refusant les réalités économiques d’un monde ouvert, ce gouvernant opportuniste et de circonstance aggrave et décuple les déficits publics pour des projets qui souvent ne voient pas le jour, hypothéquant ainsi le futur des familles dont il n’a que faire. A Djibouti, l’endettement par habitant a pris ces dernières années des proportions inégalées comparativement à bien d’autres Etats d’Afrique, plaçant le pays dans les trois derniers rangs en matière de  » bonne gouvernance  » et de « progrès social, économique et politique » sur le continent.

Toujours prompte au mensonge, la propagande locale revendique l’ouverture du pays vers l’extérieur alors que le Palais de l’Escale entretient – à l’inverse de cela – le repli du secteur privé – commercial et industriel – sur lui-même.

Secteurs monopolisés et verrouillés d’accès par quelques-uns qui n’hésitent pas à faire expulser du pays lorsque  » l’affaire est rentable  » – sous 12 heures voire illico presto – certains investisseurs étrangers imprudents. S’appropriant arbitrairement leurs biens, ils font saisir le contenu de leurs comptes bancaires par… décision de ce qui fait office de justice locale et imposent ainsi leurs propres lois et leur culture persistante du racket cautionné par l’État sur le marché local, avec toutes les augmentations injustifiées du coût de la vie.

Pour ne prendre qu’un exemple parmi d’autres, en s’appropriant – au début de l’année 2006 – comme affairiste privé la maîtrise du monopole d’importation des fruits et légumes – avec la complicité de son trésorier et associé Abdourahman Borreh – Ismaïl Omar Guelleh ne fait que confirmer la procédure de mainmise totale sur le secteur privé du pays qu’il a initiée dès sa première auto proclamation comme président en mai 1999.

Face à cela, pour retrouver l’optimisme, la confiance et le goût de l’avenir, pour gagner leur place dans le concert des nations démocratiques, pour restaurer un État de Droit, pour construire un Djibouti et un monde dans lequel leurs enfants pourront s’épanouir, les jeunes générations de Djiboutiens/Djiboutiennes – vivant dans le pays ou en situation d’exil – doivent rendre possible un nouveau modèle de société.

Les mots ne suffisent plus, c’est avant tout de leur seule responsabilité d’agir mais aussi de dénoncer – point par point et sur le net comme auprès des instances internationales – ce qui doit l’être.

31/07/06 (B361) Djibouti – Lorsqu’il ne reste plus rien que la fuite en avant pour un Etat tyrannique et falsificateur, on appelle alors les Forces de Police et de répression aveugle pour tenter de maintenir le « Désordre public » imposé par Ismaïl Omar Guelleh …et par Kadra. (Africanman)


Roger Picon
Ces dernières années se sont exprimées avec une certaine force dans les rues de la capitale – comme dans tout le pays – des aspirations portant sur l’émancipation de la population face à l’asservissement tyrannique.

Elles se sont exprimées, sans réserves, de manière nouvelle et forte par une large partie de la population, active ou non.

Qui pourrait contester à cette population le fait qu’elle est en droit d’attendre des institutions et de la classe politique la satisfaction des demandes exprimées selon les règles de la démocratie en vigueur dans une République ?.

Une démocratie du suffrage universel permet au peuple souverain de renouveler le personnel politique à qui il confie ses destinées ainsi que l’organisation et la planification des éléments de programmes dits « de progrès » – économique, social et politique – appelés à assurer le bonheur des citoyens, leur sécurité, leur bien-être, leur unité et les conditions d’un épanouissement légitime, juste et partagé entre tous.

A l’inverse de cela, à Djibouti toutes les élections sont falsifiées et ont donné naissance à un Etat qui est aujourd’hui en pleine déliquescence ; et qui d’Etat n’a plus que le nom afin de tenter de sauver la face sur le plan international.

A haut niveau, chacun et chacune a son « jardin des privilèges » et fait largement usage de prérogatives qu’il/elle s’est indûment octroyé (e).

Par la force des choses, la rue est devenue le seul lieu d’expression pour les Djiboutiens/Djiboutiennes …sous les bastonnades et les tirs à balles réelles !

Lorsque les sans-travail, les sans-revenu, les sans-éducation, les sans-santé, les sans-secours, les sans-abris, les sans-avenir, les sans-illusion, les sans-espoir, les sans-syndicat, les sans-parti en ont assez d’être bercés de promesses sans fondement et sans lendemain, ils se retrouvent dans la rue ; cette rue qui devient un peu plus chaque jour l’un des rares lieux d’expression et de revendications.

Lorsqu’il ne reste plus rien que la fuite en avant pour un Etat tyrannique et falsificateur, on appelle alors les Forces de Police et de répression aveugle pour tenter de maintenir le « Désordre public » imposé par Ismaïl Omar Guelleh.

La force d’inertie, les promesses sans lendemain, les propos dilatoires d’un gouvernement – qui a conduit le pays au fond du gouffre – tiennent lieu de réponses. Trop souvent même, le mépris, l’insulte, les bastonnades et l’emploi des armes avec tirs à balles réelles. On peut parler d’absence de démocratie aux conséquences graves et qui risquent de l’être encore plus demain.

21/07/06 (B360) Djibouti – La propagande cynique et arrogante du pouvoir d’Ismaïl Omar Guelleh ne se pose pas de questions morales. On croit rêver, elle a l’aplomb de parler de « démocratie participative » sur la tyrannie imposée par la pensée unique d’Ismaïl Omar Guelleh. (Africanman)

Un mensonge en entraînant un autre, de parjure en trahison des promesses car non tenues, cette propagande a fait le choix de la mystification et de la duperie qui flatte et caresse dans le sens du poil l’opinion internationale et les pays bailleurs de fonds mais laisse les familles djiboutiennes au fond du gouffre économique, social et politique.

Les illusionnistes n’arrivent pas à se mettre réellement au travail.

Depuis sont autoproclamation à la tête de l’Etat, Ismaïl Omar a toujours eu une nette tendance pathologique à remettre systématiquement au lendemain les actions déterminantes – car prioritaires – pour l’avenir du pays et de ses populations. D’autre part, pour ce qui concerne ses petites (et grosses) affaires personnelles c’est bien autre chose.

D’évidence, constat est fait que les « procrastinateurs » de l’Etat djiboutien, n’arrivent pas à se « mettre réellement au travail » ; ils veulent laisser croire et donner le sentiment à l’extérieur du pays qu’ils dominent la situation alors qu’ils forcent les populations, par l’usage de toutes les contraintes, à s’adapter à leurs propres et seuls désirs et à leurs actes. Les contraindre à s’adapter en fait à un immobilisme dans lequel les initiatives ne sont pas le fait du gouvernement actuel mais viennent de l’extérieur du pays, tout comme les aides financières sans lesquelles RIEN ne serait possible à Djibouti.

De par ses impossibilités d’agir en responsable ce gouvernement là a le besoin d’être protégé, conseillé, dirigé ; que quelqu’un d’autre se substitue à ses propres responsabilités et prenne les décisions importantes dans le bon sens. Décisions dont chacun des membres du gouvernement se vantera en réclamant la paternité de ce qu’il n’a pas fait, et pour certains de ce qu’ils sont incapables de faire.

C’est ainsi que tant l’ADI que le journal La Nation et la RTD, qui sont censés diffuser de l’information un tant soit peu objective, ne sont EXCLUSIVEMENT que des relais distributeur de parades et de pavanes, de glorioles et de ravissements avec des ministres et « hauts dignitaires » claironnant à tue tête dans leurs interviews, à faire rêver les familles djiboutiennes au « rêve impossible », sans oublier de glorifier au passage et de magnifier à outrance son Excellentissime Sérénité le Tyran IOG..

C’est ainsi que l’on peut lire dans un article récent paru dans le journal d’Etat La Nation que …« Toutes ces grandes actions ont été accomplies pendant ces dernières années. Cela démontre encore une fois la volonté politique du Président de la République et de son gouvernement, d’aller de l’avant, de mener le pays au développement durable… »

Développement durable …de la tyrannie !

De quel développement durable …parle t-on sous un tel régime qui a confisqué toutes les libertés publiques et privées dans le pays, qui incarcère et torture des femmes et des enfants Afars, des opposants politiques, des syndicalistes et autres réfractaires à la tyrannie ?

A quelle volonté politique peut-on se référer ? Si ce n’est celle de dilapider les aides financières internationales, multiplier les emprunts au point que la dette dépasserait les 600 millions d’USD… Alors que l’on voit émerger – ça et là – des bâtiments et des maisons à vocation locative qui sont la propriété des « hommes et femmes » du pouvoir et qui ne créent quasiment aucun emploi.

La duperie se confirme lorsque l’on observe qu’aucun chiffre officiel n’est publié sur le chômage tant la situation est catastrophique dans ce domaine. Pour cause, le chômage « explose » littéralement – de mois en mois – pour en arriver à dépasser largement 85 % des personnes dites « en âge d’avoir un emploi ».

Ceux-là mêmes qui dirigent le pays, vont de réunion en réunion au …Sheraton et font voter des lois – paraît-il – en faveur des plus fragiles. Ils osent prétendre lutter contre la pauvreté mais n’ont nullement cessé d’augmenter leurs propres indemnités et avantages inavouables publiquement, de s’octroyer des privilèges financiers liés à leurs fonctions ou mandats. En moins d’une décennie, les « élus -désignés » par Ismaïl Omar (non point élus démocratiquement) sont devenus une caste budgétivore qui en croque sans vergogne alors qu’elle exige tous les sacrifices de la part des familles djiboutiennes les plus exposées aux pires difficultés financières : jeunes et moins jeunes chômeurs, retraités, salariés précaires, fonctionnaires….

En revanche, même en période de, soi-disant, vache maigre, la caste des « autoproclamés » ne songe jamais à se serrer la ceinture, elle construit à l’étranger résidences et palais en dilapidant les fonds publics dont les principales sources de « recettes » (de ce qu’il reste d’Etat) sont les aides internationales et les emprunts.

Peu importe que ces vérités dérangent le pouvoir d’Ismaïl Omar Guelleh et ses caciques. Le propre de ces vérités c’est que, compte tenu de la situation gravissime qui sévit à Djibouti, elles ne sauraient s’accompagner de complaisances à leur égard.

Dans chaque discours ou interview des ministres on retrouve quasi systématiquement des phrases récurrentes et pompeuses qui ne trompent personne tels que « …déterminer les défis à relever et à avoir surtout un aperçu sur les réalisations faites… ». Supposées réalisations que l’on se gardera bien de détailler.

Il suffira de dire que « c’est fait » alors que cela ne l’a pas été. A cela s’ajoutent les sempiternelles contre vérités dont le régime politique en place s’est fait une spécialité du genre « nous pouvons constater qu’il y a eu quelques avancées au cours de ces quatre années passées, notamment en matière d’Education Nationale et de Santé. Dans ce dernier domaine, nul ne peut ignorer que des réalisations ont été concrétisées avec l’accès aux soins dans les différents milieux.. »

L’expression « quelques avancées au cours de ces quatre années passées… » confirme bien que RIEN NE CHANGE ou si peu malgré les dizaines et les dizaines de millions d’USD et d’€ qui affluent vers le pays chaque semestre et nourrissent par perfusion constante les finances publiques – donc indirectement les « fraudeurs et escrocs en col blanc » – sans pour autant améliorer l’univers concentrationnaire dans lequel survivent les familles djiboutiennes dans leur ensemble.

A l’exception d’une cinquantaine de familles, toutes les couches de la société djiboutienne se sont appauvries en quelques 10 années.

A l’exception d’une cinquantaine de familles, nul ne peut avoir accès aux soins gratuits alors que l’on sait – par ailleurs – que les médicaments offerts par des ONG internationales sont détournés pour être revendus sur un « marché parallèle » à Djibouti et au Somaliland.

IOG n’ayant pas de solution pour limiter le chômage, il le remplace par des mirages tels que Doraleh et les Zones Franches.

D’autre part, prétendre qu’au niveau économique la création du Port de Doraleh permettrait d’accroître !!! l’économie du pays et par la même occasion d’alléger le problème de la pauvreté relève du pire mensonge qu’il soit.

Une telle affirmation tendant à laisser croire que Doraleh pourrait résoudre pour partie les problèmes de pauvreté à Djibouti est une odieuse duperie car ne créant que très peu d’emplois (tout au plus 200) alors que les entreprises ne reversent – et ne reverseront demain quasiment aucune taxe et impôt à l’Etat ; comme ceci est stipulé dans leurs contrats signé par Abdourahman Borreh.

Pire que cela, cette affirmation d’amélioration économique – donc de création d’emplois directs – maintient au sein des demandeurs d’emploi un rêve que les dirigeants djiboutiens savent utopique car impossible.

C’est ainsi que fonctionne le système Guelleh, de mensonge en mensonge, de parjure en trahison des promesses car non tenues. Sa propagande n’a pas fait le choix de la transparence mais celui de la mystification et de la duperie alors que parallèlement, pour travailler sur l’ensemble Doraleh, Abdourahman Borreh fait importer la quasi-totalité de l’encadrement et des techniciens de l’étranger.

Placé sous le contrôle de l’armée et des forces de police, l’arrière pays est laissé quasiment à l’abandon.

Il faut savoir que dans le monde, cette dernière décennie a fait encore 3 600 000 victimes de conflits internes parce qu’elles affichaient une pensée divergente ou étaient nées d’une ethnie différente que celle au pouvoir.

Pour ce qui concerne spécifiquement Djibouti, le droit de chaque homme de vivre dans la paix doit être réaffirmé haut, fort et partout mais n’attendons pas du pouvoir Guelleh d’abonder dans ce sens autrement que par des promesses faites aux instances internationales alors que – dans les faits constatés – il ne se limite qu’à des « déclarations d’intentions » et accentue – par ailleurs – le génocide contre les Afars.

Assa Gueyla, Dadoya, le Day, Dora, Gorrabous, Hale, Gagade, Lac Assal, Mont Hemet, Randa, Sagaloh et Yoboki…. sont autant de massacres perpétrés contre les populations djiboutiennes et tout particulièrement contre les Afars, qualifiés d’étrangers et dont nous avons conservé bonne mémoire.

Vivre en ville !!!

Autrefois, vivre en ville était plutôt une exception. Aujourd’hui la tendance s’inverse et le monde devient plus urbain que rural. Chaque année, 62 millions d’êtres humains dans le monde quittent la campagne pour les villes qui abritent déjà la moitié de l’humanité.

Le phénomène est si rapide à Djibouti que la capitale est devenue une mégalopole concentrant des dizaines de milliers d’habitants sur quelques km2. Djibouti ville apparaît comme une espèce de masse tentaculaire aux limites mal définies et cernée de bidonvilles. Aujourd’hui, quatre humains sur sept y survivent dans un bidonville et deux humains sur sept vivent dans un logement souvent insalubre ; privés d’eau et d’électricité.

Cette urbanisation massive change fondamentalement le rapport entre les hommes et leurs ressources vitales (nourriture, eau…) qui ne sont pas directement accessibles là où les hommes vivent. Il faut les acheminer et ensuite évacuer les déchets. C’est une charge colossale tant pour les familles que pour les municipalités des villes concernées et pour l’Etat qui doit aussi gérer l’intégration sociale des jeunes (scolarisation, transports…) mais aussi le grave problème de l’emploi.

Dans ce dernier exercice, le gouvernement Guelleh a montré ses carences, insuffisances et échecs qui pénalisent la jeunesse et les moins jeunes. De lancement de programme en lancement de programme, sans bilan objectif de la situation, on en arrive à faire le constat que la politique imposée par Ismaïl Omar Guelleh se limite en une culture de la « réunionite sheratonesque » au milieu des petits fours, gâteaux fins et champagne du meilleur crû.

Réunions et soirées au cours desquelles on palabre sur ce qui devrait être fait mais qui, dans les faits démontrés, ne se fait pas et surtout ne se fera pas aussi longtemps qu’il monopolisera TOUS les pouvoirs.

Parallèlement, Djibouti sous IOG ne survit que par et pour l’assistanat financier dont le maître du pays tire largement profit alors qu’il n’a que faire de la Démocratie participative.

06/06/06 (B357_B) Les actualités récentes vu par nos humouristes.

1 – Faute d’électricité le pays s’enfonce inexorablement dans le noir (réel et figuré).


Roger Picon

Dans les quartiers, les bougies ont fait leur réapparition …

M. Ismaïl Le Chamelier s’associe au rationnement. Son épouse Mme Paulette Le Chamelier, organise maintenant des grands dîners aux chandelles, dans leur grande maison.

2 – L’équipée grotesque contre les parents d’Ali Iftin à Borama (Somaliland) : c’est l’opération BB "Banane – Borama"
Proposition d’élever un monument à la gloire de ces mercernaires incompris !


Roger Picon

3 – Le bébé Guelleh, présentait-il déjà des signes médicaux avant-coureur, qu’il aurait fallu soigner à l’époque ? Maintenant, c’est trop tard ! (Sur une chanson de Michel Fugain) (Par Africaman)

Qui c’est qui ???
Africanman.

Qui c’est qui est très gentils (les gentils)
Qui c’est qui est très méchants (les méchants)
Qui c’est qui a falsifié toutes les élections à Djibouti (les gentils)
Qui se fait matraquer,emprisonner et torturer depuis 7 ans (les méchants)

Qui c’est qui – sur les fonds publics – ponctionne sans répit (les gentils)
Et qui c’est qui dénonce tout cela et la corruption en manifestant (les méchants)
Qui c’est qui trafique dans la drogue et qui vend des fusils en Somalie (les gentils)
Qui c’est qui se retrouvent face aux balles et devant (les méchants)

Qui c’est qui a « suicidé » la Justice et qui le renie (les gentils)
Et qui c’est qui accuse de meurtre prémédité depuis 10 ans (les méchants)
Qui c’est qui voit des fantômes, la nuit dans leur maison et Palais à Djibouti (les gentils)
Qui c’est qui veut la Vérité, pour la Justice, pour une mère et ses enfants (les méchants).



Roger Picon

22/06/06 (B355_B) Djibouti – A tous les niveaux de la société, hommes et femmes commencent à exprimer ouvertement une « faim de démocratie », une nécessité à court terme et non plus un rêve impossible qu’entretiennent la tyrannie et ses suppôts. (Africanman)

Les faits sont là pour le démontrer et ce malgré ce que pourraient en penser les plus sceptiques ; au fur et à mesure que la démocratie gagne du terrain dans le monde, il devient de plus en plus clair que l’avenir politique d’un pays, sa force économique, sa vitalité nationale et son identité ne peuvent être façonnés que par l’avènement d’un gouvernement responsable de ses actes et transparent. Un gouvernement pluraliste dans ses représentativités tribales, une équipe d’hommes et de femmes véritable partenaire d’une société civile dynamique et certes pas fondé sur une tyrannie déguisée grossièrement en supposée démocratie.


Roger Picon

Dans la capitale, dans les villes et villages de l’arrière pays à Djibouti comme ailleurs en Afrique de l’Est et dans le monde, nous assistons aux mêmes phénomènes qui sont les indéniables et inévitables prémices à de profonds changements dans les mentalités.

C’est ainsi que fonctionnaires, militaires, gendarmes, policiers ou simples citoyens, hommes et femmes se situant à tous les niveaux de la société djiboutienne commencent à exprimer de diverses manières une « faim de démocratie » comme un droit, une absolue nécessité à court terme et non plus comme un luxe ou un rêve impossible.

Certes, la démocratie est partout un exercice compliqué, un challenge à relever avec courage et c’est pour cela que l’erreur fondamentale d’Ismaïl Omar fut et reste de ne pas avoir tenté de s’y essayer. L’histoire aurait alors gardé de lui l’image d’un Chef d’État alors qu’elle n’en conservera que l’allégorie d’un tyran devenu sanguinaire avec le temps.

A l’inverse de ce que nous attendions de lui en mai 1999, il s’est refusé à toute élection digne de ce nom. Apeuré qu’il fut à l’idée de doter le pays d’une opposition politique représentative des populations et constructive, présente au parlement djiboutien. Plutôt que de laisser à la liberté faire le choix de Députés dignes ce nom et de leur fonction, en nommant arbitrairement des « pleure-misères guignolesques » – car n’étant représentatifs que d’eux-mêmes et de leurs seuls cupides intérêts – voilà le genre d’attitude traumatique et irresponsable qui marque une population et qui contribue depuis des années à l’émergence des manifestations de plus en plus importantes dans le pays.

Pourtant, l’évolution des pensées que nous constatons – mais aussi la prise de conscience des risques imminents d’explosion populaire par ceux qui gravitent en périphérie du pouvoir d’IOG -, la perception de ce qu’il se passe ailleurs par comparaison avec la situation de catastrophe dans laquelle se débattent les populations force – plus que jamais – chacun et chacune à comprendre qu’il n’y a rien d’aberrant à vouloir être gouverné dans les règles de l’art dans une démocratie en devenir et que les appels au « faux patriotisme » d’IOG et de sa propagande ne sauraient se substituer à la « Participation » et à l’émancipation. Émancipation ne signifiant nullement faire tout ce que l’on veut et sans limites dans une société déterminée mais savoir ce que l’on fait.

Le 27 juin 1977, aux considérations de quelques-uns, l’instauration d’une amorce à la démocratie à Djibouti semblait être un rêve impossible. Les ambitions des uns et des autres hommes politiques s’affrontaient presque ouvertement au sein du Rassemblement Pour le Progrès (RPP) alors que la porte du bureau politique était verrouillée solidement pour empêcher que quelques démocrates prônant le changement et le véritable progrès n’accèdent un jour aux plus hautes instances de l’État.

Des hommes politiques connaissant le fonctionnement de l’État et pourtant soutenus par les Djiboutiens/Djiboutiennes – tels Mohamed Djama Elabeh et bien d’autres – se sont opposés au régime de « Gouled – Guelleh » et en ont payé le prix fort.

En Afrique, les dictateurs et leurs généraux étaient largement plus nombreux à cette époque que les présidents et les premiers ministres élus démocratiquement ou pour le moins soutenus par les populations. La post colonisation de l’après « De gaulle » faisait pleinement son « œuvre » car voulant y gagner en tranquillité du moment. France des incohérences de l’époque, repoussa sans vouloir voir tous les mouvements africains en faveur de l’instauration d’une ouverture à la démocratie et du respect de l’humain qui émergeaient – ça et là – dans ses ex territoires et colonies ; mouvements spontanés et qui furent souvent réprimés dans le sang.

En enterrant le général en 1970, on enterra bien vite le « gaullisme » avec sa vision d’une Coopération française évolutive en Afrique et ailleurs dans le monde. Mais l’on ira rechercher son nom – de temps à autre et suivant les convenances du moment de quelques uns et de quelques autres – comme faire valoir pour tenter de laisser croire que l’on s’inspirerait de sa pensée ce qui est – là encore – une indigne manipulation politique et surtout une insulte à sa mémoire.

Presque 30 ans plus tard, la transformation qui s’est opérée en Afrique est encourageante, dépassant parfois les espérances, même les plus optimistes pour autant que l’UE et les USA imposent de véritables règles et ne se cantonnent pas au « diplomatiquement correct » au nom de quoi on laisse faire n’importe quoi. Assurément transformations…oui mais ailleurs qu’à Djibouti car la dictature y est devenue bien plus sournoise et avide depuis l’autoproclamation d’IOG à la tête de l’État.

En quelques 7 années, Ismaïl Omar Guelleh n’a pas changé ses stratégies, tactiques manipulatoires et certes pas ses principes de tyran inspirés de chez « monsieur Staline » où il fut formé en un temps.

La peur de l’autre n’est pas le pire pour lui. L’atroce c’est la honte lorsqu’il se regarde succomber à cette peur chaque soir avant de s’endormir – d’après ce qui nous en est dit par des membres de sa garde – alors qu’il verrait certaines nuits…le fantôme du Juge Bernard Borrel qui hanterait les couloirs du Palais d’Haramous.

Le drame réel d’IOG est devenu aujourd’hui insoutenable, il s’est accaparé par la mystification tous les pouvoirs à Djibouti en espérant que les populations ne changeraient pas et n’évolueraient pas, or bien des choses changent y compris au sein des institutions ; chez les fonctionnaires, gendarmes et policiers. Et contre cela Ismaïl Omar n’y peut rien, malgré les « bastonnades », les tirs sur les manifestants, les incarcérations arbitraires et les tortures, tout comme les exécutions sommaires qu’il ordonne.

Au sein de toutes les couches sociales djiboutiennes, les individus (pris au sens étymologique et respectable du terme) sont de plus en plus nombreux à prendre conscience du fait que l’avènement d’un gouvernement véritablement responsable de ses actes et transparent – oeuvrant dans un esprit de partenariat avec une société civile dynamique – déterminera l’avenir politique du pays, sa force économique, son énergie nationale et jusqu’à la diversité de ses identités, cultures et traditions qui en font sa force.

Quiconque s’emploie à faire rayonner la démocratie a pu observer des moments de turbulence – à certains moments plus fréquemment qu’à d’autres. Mais même dans l’adversité, même dans nos différences au sein de l’opposition, nous avons toujours ressenti les liens étroits qui unissent les individus déterminés à promouvoir la démocratie et le respect des droits de l’humain. De toute évidence, le rôle de la société civile et de l’opposition politique dans l’encouragement des réformes et dans la modernisation des régimes politiques et économiques revêt un caractère essentiel. Encore faudrait-il que l’opposition politique ait un droit de parole et celui de penser autrement.

A Djibouti sous IOG, il n’y a point de droit du plus sage mais le droit du plus fort ;

Pourtant, le rôle que les acteurs extérieurs au gouvernement devraient jouer dans le renforcement de la démocratie fait l’objet de débats non seulement en Afrique, mais aussi dans le reste du monde, qu’il s’agisse des démocraties bien enracinées d’Europe occidentale ou partout dans le monde. Partout ? certes mais pas à Djibouti.

La voie est tracée, il convient de la suivre en considérant ensemble l’exemple des pays africains qui découvrent actuellement la démocratie après des années de drames. Des pays où chaque jour est un combat qu’il faut livrer pour forger l’identité de la collectivité vis-à-vis de la démocratie, établir la transparence des institutions essentielles et définir le rôle de l’individu face à celui de l’État.

Une chose est en tout cas certaine, c’est que le futur gouvernement djiboutien et les acteurs non gouvernementaux devront trouver un juste équilibre émanant d’un respect mutuel. Le gouvernement devra respecter le droit qu’ont ses citoyens/citoyennes de s’organiser, et ces derniers (es) devront donner à leurs institutions les moyens de gouverner convenablement.

Ce n’est qu’au prix d’une action concertée – nonobstant d’occasionnelles tensions qu’il conviendra de régler par le dialogue – que la volonté des populations djiboutiennes sera faite et pas autrement.

La société civile devra jouer un rôle clé dans la défense des intérêts du public, l’analyse de l’action des pouvoirs publics, la mobilisation des partisans de la réforme d’ensemble et le maintien de la transparence.

Les associations que forment des citoyens désireux d’améliorer leur société et son fonctionnement auront en charge d’éduquer l’opinion publique sur des dossiers fondamentaux, de mobiliser les esprits, de plaider les causes d’intérêt général et de suivre le comportement et les réalisations des élus.

Manifestement, ce sont là des fonctions qui ne gagnent pas toujours les faveurs de la presse ni celles des personnalités publiques, mais cette caractéristique ne les rend que plus précieuses. Dans tous les cas, les citoyens/citoyennes doivent garder à l’esprit que l’objectif doit être d’améliorer la gestion des affaires publiques, et non pas de démolir les institutions de l’État.

Une société civile robuste et dynamique encourage trois éléments essentiels à la démocratie :

 

– la transparence de l’État et de ses institutions.

De par sa nature même, le concept du gouvernement dans les règles de l’art suppose la transparence des institutions politiques et bureaucratiques. La société civile doit exercer une pression sans relâche et responsable si elle veut sortir gagnante du combat livré à la corruption dans les institutions publiques. Faute de quoi, sa croisade se trouverait ravalée au rang de la démagogie pure et simple.

– la participation prise au sens large tout comme dans l’entreprise du secteur privé ;

Une société civile bien organisée donne des moyens d’action aux démunis et elle décuple leur voix collective dans la vie politique. Les organisations sur lesquelles elle repose servent à éduquer les citoyens sur leurs droits et leurs devoirs. Elles incitent les citoyens à se battre pour les droits dont la jouissance est indispensable à l’amélioration de l’existence.

– la dynamique de la réforme politique.

On est bien obligé d’admettre que les alliés les plus fidèles de la réforme durable du régime politique se situent généralement en marge du gouvernement. Il n’empêche que les pouvoirs publics et la société civile ont besoin d’agir d’un commun accord pour parvenir à imposer des réformes véritables.

Qu’on ne s’y trompe pas : la société civile ne saurait être un ersatz des partis politiques ni d’un encadrement politique. Bien au contraire. L’idée n’est pas de substituer la société civile aux partis politiques, mais plutôt de faire en sorte que celle-là complète ceux-ci. De même, il serait erroné de croire que la société civile est par nature hostile au gouvernement. Nous avons vu de nombreux exemples de partenariats entre les autorités et le secteur privé, qui ont pour triple effet de renforcer l’action des pouvoirs publics, de cimenter les organisations civiques et de permettre aux entreprises de prospérer en créant l’emploi.

Au Népal, par exemple, la campagne d’alphabétisation des femmes menée par des ONG a été l’étincelle qui a amené la Cour suprême du pays à abroger les lois relatives à la succession. En Namibie, le dialogue informel noué entre les ONG et le corps législatif a permis aux premières de mieux défendre les intérêts du public et au second de prendre des décisions dans un plus grand souci de transparence.

Dans une démocratie, la majorité doit pouvoir s’exprimer.

Cette majorité, qu’elle soit éparpillée dans les bidonvilles à la périphérie de la capitale ou dans les campagnes, peut avoir une perspective différente de celle des professionnels et des universitaires de la classe moyenne.

Ce qui compte pour les membres de cette majorité, c’est le quotidien. D’évidence, le terme de « société civile » les laisse complètement indifférents. Interroger une famille djiboutienne qui souffre de malnutrition, de la faim, d’un manque de soins médicaux sur le sens qu’elle donne à la société civile, c’est feindre d’ignorer que son plus gros souci est de pourvoir à ses besoins les plus élémentaires ; c’est se moquer ouvertement de ses droits fondamentaux.

Les principes de la théorie de la démocratie doivent donc être traduits dans le langage du quotidien, et il faut que le futur gouvernement ne fasse pas de « nombrilisme » et démonstration d’autosatisfaction déplacée mais soit capable d’établir un lien indiscutable entre la démocratie et le relèvement du niveau de vie des populations.

Les faits le démontrent, dans pratiquement tous les pays de la planète, ce sont les problèmes locaux qui accaparent l’attention de la majorité des citoyens. Les individus sont acquis à l’objectif de la participation, mais c’est à la solution de problèmes affectant directement leur collectivité auxquels ils/elles veulent participer. Une multitude de préoccupations viennent à l’esprit dont la nécessité de se doter d’écoles et de centres médicaux de qualité, d’améliorer les services de voirie urbaine et les transports, d’élaborer des plans cohérents pour l’approvisionnement des ménages en électricité et en eau, de mettre au point des programmes qui leur permettront d’acheminer plus facilement leurs produits vers le marché.

Hommes et femmes veulent avoir leur mot à dire dans la gestion des affaires qui leur tiennent à cœur. Ce n’est qu’en participant effectivement aux décisions prises à l’échelon local qu’ils peuvent avoir gain de cause, ce qui loin d’en être le cas à Djibouti actuellement avec un subterfuge de « régionalisation » dont de but est – une fois encore – de servir d’artificielle façade au pouvoir d’Ismaïl Omar Guelleh.

La participation des citoyens/citoyennes.

Le défi qui se posera à la démocratie djiboutienne nouvellement établie (souhaitons-le fortement) consistera à véritablement décentraliser le pouvoir politique.

Il ne s’agira pas de remplacer « le tyran Ismaïl Omar Guelleh » du pays par des centaines « d’hommes avides et dotés d’un bâton » à l’échelon local, mais bien au contraire de faire participer l’ensemble des citoyens dans toutes les municipalités du pays.

Les graines de la démocratie ainsi plantées ne tarderont pas à porter des fruits

Beaucoup d’associations de l’UE qui militent en faveur de la société civile à travers le monde s’emploient principalement à financer, ne serait-ce qu’en partie, les activités susceptibles de promouvoir la réelle participation des citoyens à la vie politique locale et régionale.

Les caractéristiques qui font de notre lutte – pour l’émergence d’une amorce de démocratie à Djibouti et pour le respect de l’humain – une affaire parfois bruyante, critique et sarcastique sont précisément celles qui lui donnent son dynamisme et sa souplesse. Si le pouvoir d’Ismaïl Omar Guelleh nous donnait le droit de parole, alors nous discuterions ouvertement de nos différences, de nos propositions et nous arriverions peut-être à des décisions qui pourraient permettre de parler de progrès et non point de « bastonnades politiques » et de tyrannie.


Roger Picon

C’est indéniablement par l’entremise de l’acceptation de l’existence d’une opposition politique librement élue au sein du Parlement – elle aussi responsable de ses actes – et en considérant conjointement chaque adversaire politique comme un concurrent – et non comme un ennemi à incarcérer voire à abattre – que chacun/chacune pourra envisager de participer à l’émergence d’une amorce d’ouverture à la démocratie à Djibouti.

Faute de quoi, le pays pourrait s’embraser demain, après demain.

06/06/06 (B353_A) La pire des démocraties à Djibouti sera de loin préférable à la meilleure des dictatures de la pensée unique. (Africanman)


Nous n’avons de cesse de dénoncer depuis des années le fait qu’à l’intérieur des frontières de la République de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh fait contrôler d’une « main de fer » la presse écrite et audiovisuelle. Nul n’échappe à cette surveillance – au mot à mot – exercée par un organisme composé de « conseillers » qui en fait appartiennent à la Police Politique (SDS) du régime.


 


Parler de Djibouti c’est aussi aller regarder dans le « jardin du grand frère » afin d’y voir ce qu’il s’y passe. Contrairement à une idée répandue, la liberté d’expression proclamée lors de la Révolution de 1789 n’a été appliquée en France que quatre ans et demi en deux siècles.


 


Vous avez bien lu : « seulement 4 ans et demi en 200 ans » !


 


Le contrôle exercé par l’État sur l’information a atteint son paroxysme dans les années 1944-54, période durant laquelle toute la presse a été nationalisée.


 


Ce qu’il faut savoir c’est que le « système actuel », quoique formellement respectueux des libertés (dont celle de sa Justice, comme dans l’affaire Borrel…), est contrôlé à tous les stades par les services du Premier ministre. « l’État » détient plus de la moitié du capital de l’AFP, offre des réductions conditionnelles des charges sociales et de la TVA, accorde des subventions directes aux « grands » quotidiens et censure les chaînes de radio et de télévision par le CSA ;


 


Le Conseil supérieur de l’audiovisuel est composé d’un Collège de neuf membres (les Conseillers) qui sont nommés par décret du président de la République. Trois sont désignés par le président de la République, trois par le président du Sénat et trois par le président de l’Assemblée nationale.


 


Pour en revenir à Djibouti, l’autocensure est omniprésente et les journalistes ne peuvent aborder certains sujets sans s’attirer les foudres des autorités qui leur envoie la Police Politique (SDS).


 


L’audiovisuel est au service exclusif du pouvoir en place avec une différence notable par rapport au « grand frère » c’est qu’il n’existe pas de CSA à Djibouti mais les SDS –  Services Djiboutiens de Sécurité – et la prison de Gabode pour les journalistes « récalcitrants » qui vont y croupir, souvent comme seule forme de « procès ».


 


Pressions et entraves au libre exercice du journalisme sont sans cesse observées et si cela ne suffit pas – comme nous l’avons dit – il reste l’incarcération sous un fallacieux prétexte (dont celui par trop facile « d’atteinte à la sûreté de l’État »…) pour ceux et celles qui prendraient la liberté de transgresser les consignes imposées du haut du Palais de l’Escale.


 


Rien d’étonnant à ce que chacun/chacune ménage ses critiques à l’encontre d’un gouvernement en pleine déliquescence et qui ne survit que grâce aux actions menées par les pays bailleurs de fonds et dont il s’attribue la paternité. Chaque chroniqueur se voit contraint de contribuer – parfois contre son gré – aux « mensonges de l’État », se forçant ainsi à respecter les limites de cette sacro sainte ligne rouge tracée par le pouvoir afin de ne pas subir l’implacable répression réservée aux « journalistes déviants ».


 


Djibouti sous IOG n’est qu’une démocratie de façade.


 


La presse et les médias officiels – entendez par là l’ADI, la RTD et le journal La Nation – publient exclusivement des articles et des émissions favorables au pouvoir de son Excellentissime le Tyran Ismaïl Omar Guelleh qu’il faut sans cesse encenser et auquel il faut trouver des qualificatifs de plus en plus ronflants à sa gloire.


 


A ce jeu là beaucoup y ont perdu non seulement leur dignité mais aussi leur âme.


Que sert au journaliste de gagner les faveurs d’un tyran, s’il y perd son âme ?


 


Certes, vous me direz qu’ils/elles en tirent de larges profits financiers mais s’exposent néanmoins aux sautes d’humeur dévastatrices émanant du squatter du Palais de l’Escale.


 


Au quotidien, l’ambiance actuelle au Palais de l’Escale ce ne serait pas un « long fleuve tranquille », loin s’en faudrait !


 


De ce que l’on en sait, les « crises » de son Excellentissime seraient fréquentes et il n’hésiterait pas à jouer de la gifle voire du coup de poing suivant les circonstances. Lorsque quelqu’un met Ismaïl Omar en colère, c’est – avant tout – le jugement qu’il a de lui-même qui le met en colère.


 


On dit qu’en cas de « crise », ses « subalternes » se trouveraient soudainement quelque affaire … très urgente … à traiter en dehors du Palais afin d’éviter la distribution de gifles et de coups de poing ….


 


Quant à la presse internationale, soit elle n’aborde pas dans ses parutions le sujet Djibouti dans les domaines de l’économie, du social ou du politique mais se contente de l’aspect « touristique » et beauté des paysages, alors les journaux concernés peuvent être vendus dans le pays ; soit cette presse étrangère fait de l’information libre sur ces sujets d’importance – qui concernent par priorité toutes les familles djiboutiennes – et dans ce cas ces journaux étrangers et indépendants sont interdits de parution à Djibouti. 


 


Signe des temps ? Influences étrangères ? Prise de conscience de quelques journalistes à Djibouti ?


 


Le fait est que l’on ne peut contester que la « chape de plomb » se fissure de plus en plus alors que les informations fusent de toutes parts. La raison en est que le régime de la pensée unique en est réduit aujourd’hui à licencier sur le champ, voire à faire incarcérer illico presto ses propres journalistes ; ceux et celles qui l’ont soutenu depuis avril 1999, ceux et celles qui lui ciraient les chaussures avec tant de complaisance et de condescendance !!!


 


Si nous condamnons de manière la plus formelle ces incarcérations, force est de constater que nous y voyons là une nouvelle démonstration de ce que sont les visées d’Ismaïl Omar Guelleh et de sa nomenklatura. L’objectif est d’alimenter la peur qui s’insinue dans le coeur de certains Djiboutiens/Djiboutiennes ; ils la flattent et la renforcent. Or, quand la « primauté de la pensée unique », qui est une valeur fondamentalement opposée à la démocratie, nourrit le débat et se renforce au détriment de sentiments positifs, nous pouvons dans ce cas craindre le pire.


 


Son discours fallacieux traduit – sur le fond – un sentiment de culpabilité, qu’il essaie de retourner en tentant de culpabiliser les personnes défendant les valeurs de respect de l’humain.


 


En multipliant les provocations vis-à-vis des Afars, IOG choisit d’ouvrir la boite de Pandore. Il trahit les idéaux les plus forts de la démocratie, son statut de « chef d’État » et les accords signés avec le FRID pour l’instauration d’une paix effective dans le pays. Il ne joue pas sur les aspirations des populations djiboutiennes, mais sur les peurs, les angoisses, les factions et les frictions, voire les haines qu’il entretient par personnes interposées pour tenter de sauver son trône vacillant..


 


Les « choses commenceraient à bouger dans le bon sens » !!!


 


Pour ne prendre qu’un exemple parmi les plus récents, toutes les informations qui nous parviennent de Djibouti font état d’un rejet de plus en plus marqué au sein même des Ministères et des Services de l’État pour ce qui concerne les arrestations arbitraires, les mauvais traitements infligés et les meurtres perpétrés sur ordre contre les populations du Nord et de l’Est du pays. A ceci s’ajoutent des faits nouveaux (occultés par l’ADI) suivants lesquels le sud du pays semblerait à son tour s’opposer et commencerait à faire front à un pouvoir central en pleine crise interne et qui en est réduit aux pires expédients (fomentation de haines Afars/Issas/Somalis) pour tenter de survivre.


 


D’après ce que l’on en sait, des Officiers, Sous Officiers et Soldats, Gendarmes et Policiers n’hésiteraient plus à exprimer ouvertement un désaveu marqué à l’égard de la politique de « Génocide » lancée par le pouvoir contre les populations du Nord et du Nord Est du pays. Politique de guerre par exacerbation de tensions relancées récemment à Djibouti par l’entremise du Sinistre Ministre de l’Intérieur.


 


Nombreux seraient les Militaires, Gendarmes et Policiers qui n’accepteraient pas que l’on frappe et que l’on incarcère des vieillards, des femmes et de jeunes bergers tout juste sortis de l’enfance pour une raison inavouée d’appartenance ethnique ou tribale.


 


Si ces informations se vérifiaient, les plus de 2000 militaires, gendarmes et policiers impliqués dans les supposées « opérations de maintien de l’ordre » dans le Nord n’y suffiraient plus pour – paraît-il – faire la « chasse aux… brigands » !!!.


 


Ajoutons à cela que depuis le début de la semaine passée, des centaines de personnes se réuniraient en divers points du pays pour organiser un front commun contre Ismaïl Omar Guelleh et sa nomenklatura.


 


Une fois n’est pas coutume.


 


Quelque chose d’important se prépare à Djibouti ! Réveillez-vous !!! Faute de quoi vous risqueriez de rater l’essentiel.