04/07/09 (B506) Afrik.com / Une « Autorité » commune pour l’Union africaine : Kadhafi marque un point

Elle sera chargée de « coordonner » les politiques de défense et les relations internationales

Les dirigeants africains réunis au sommet de l’Union africaine (UA) se sont mis d’accord, dans la nuit de jeudi à vendredi, sur la création d’une « Autorité » commune qui remplacera la commission de l’UA. Elle aura pour fonction de « coordonner » les politiques de défense et les relations internationales. Une avancée sur la voie des « Etats-Unis d’Afrique » prôné par le guide libyen, Mouammar Kadhafi, qui souhaitait néanmoins que l’« Autorité » ait un pouvoir plus étendu.

par Stéphanie Plasse

Mouammar Kadhafi n’a pas été totalement exaucé. Malgré les appels répétés à la création d’un secrétariat de défense commun pour toute l’Afrique du guide libyen et président de l’Union africaine (UA), les dirigeants africains ont opté pour le compromis. Après de longues discussions nocturnes, lors du sommet de l’UA, ils se sont accordés, dans la nuit de jeudi à vendredi, sur la mise en place d’une « Autorité » commune censée « coordonner » les politiques de défense et les relations internationales.

Un mot d’ordre : le consensus

La Commission de l’UA est donc remplacée par cette « Autorité ». Sur ce dossier, les présidents ont pris en compte les positions de toutes les parties en présence. Notamment le Nigéria, l’Afrique du Sud et l’Ethiopie qui s’étaient fermement opposés au projet de Mouammar Kadhafi, le considérant comme une atteinte à leur souveraineté. « Le document reflète un peu les sentiments de tout le monde, y compris ceux du guide libyen. Les Etats sont prêts à laisser tomber une partie de leur souveraineté au profit de cette Autorité », a expliqué à l’AFP, le ministre béninois des Affaires étrangères, Jean-Marie Ehouzou. Dans la bataille, le chef de l’Etat libyen a néanmoins obtenu une avancée sur la voie des « Etats-Unis d’Afrique » qu’il appelle de ses vœux, avec l’attribution d’une Autorité compétente en matière de défense commune et de relations extérieures. Des prérogatives que ne possédait par la Commission.

Les fonctions de l’« Autorité »

Pour entrer en vigueur, cette « Autorité », qui sera dotée d’un président, d’un vice-président et de « secrétaires », devra être ratifiée par les Parlements des 53 membres de l’UA. Selon le texte adopté par le sommet de Syrte en Libye, elle sera également chargée de « coordonner les positions des Etats membres de l’Union africaine lors des négociations internationales ». Elle pourra aussi « parler au nom » de toute l’UA « au sein des organismes internationaux, notamment dans le domaine de la politique extérieure, sur mandat des Etats membres ».

Cette décision vient clôturer les débats houleux de ces derniers mois qui opposaient les partisans du statut-quo aux pro-Kadhafi. Une nette avancée pour l’Union africaine

04/12/08 (B476-B) Siganture à Oslo d’un traité international visant à interdire l’utilisation de bombes à sous-munitions (2 articles)

______________________________ 2 – RFI

Les bombes à sous-munitions déclarées illégales

par Véronique Gaymard

Une centaine de pays participe à Oslo à la convention qui interdira désormais les bombes à sous-munitions.

Ce mercredi à Oslo, en Norvège, a été signée la première convention contre les bombes à sous-munitions, un traité qui s’inscrit dans la continuité de la convention d’Ottawa contre les mines antipersonnel. Plus de cent Etats ont signé le texte. La guerre au Sud-Liban et l’utilisation massive par Israël de ces engins explosifs sur des zones habitées en 2006 a été l’un des catalyseurs de ce traité. Les grands Etats producteurs comme les Etats-Unis, la Chine et la Russie sont les grands absents de cette convention.

Que sont les bombes à sous-munitions ?

Les bombes à sous-munitions sont des petites bombes regroupées par dizaines ou par centaines dans un conteneur qui peut être un obus, une grosse bombe, un missile ou une roquette, largué par avion ou tiré par des lance-roquettes. Le conteneur s’ouvre dans les airs et largue ses sous-munitions qui sont censées exploser au sol. Les militaires appellent cela une stratégie de saturation pour neutraliser une zone de combat. Mais entre 5 et 40% de ces mini-bombes n’explosent pas à l’impact au sol et se transforment de fait en mines antipersonnel, contraires au droit international humanitaire et interdites depuis 1997 par la convention d’Ottawa.

Selon la coalition mondiale contre les bombes à sous-munitions qui regroupe plus de 200 ONG dans 80 pays, dont font partie entre autres Handicap International, le CICR ou Human Rights Watch, 98% des victimes sont des civils, dont 27% d’enfants qui sont attirés par les rubans de couleur vive qui entourent ces bombes à sous-munitions. Environ 400 millions de ces engins auraient été largués depuis 1965, dont les trois-quarts au Laos, Vietnam et Cambodge. Des milliers de personnes ont été tuées et des centaines de milliers mutilées, amputées d’un bras ou d’une jambe. Il était temps pour ces ONG que cette convention soit signée à Oslo.

Quels sont les pays les plus touchés par ces bombes à sous- munitions ?

En Asie, pendant la guerre du Vietnam, les Américains ont largué des millions de ces bombes à sous-munitions au Vietnam mais aussi au Laos, au Cambodge ; trente ans plus tard, ces engins continuent de faire des victimes chaque jour. La Tchétchénie, l’Afghanistan, l’Irak, le Koweït, le Tchad, le Soudan, l’Ethiopie, l’Erythrée et les pays de l’ex-Yougoslavie lors de la guerre des Balkans comptent également des milliers de bombes à sous-munitions sur leur territoire.

Quels sont les pays producteurs?

En 2008, vingt-trois pays ont produit ces engins explosifs, dont la Russie, les Etats-Unis, la Chine, Israël, et Singapour, qui sont les plus gros producteurs, mais aussi le Brésil, l’Inde, le Pakistan, les deux Corées, le Japon, la Turquie, l’Egypte, l’Afrique du Sud. En Europe, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne en ont également fabriqué.

Depuis 1965, dix-huit Etats en ont utilisé, dont les pays de l’OTAN lors des opérations en ex-Yougoslavie, ou encore la Russie en Afghanistan ou en Tchétchénie, le Royaume-Uni aux Iles Malouines et en Irak, et surtout les Etats-Unis lors de la guerre du Vietnam, en Irak, et en Afghanistan. Soixante-dix-sept Etats en stockent dans leurs arsenaux.

Qui va signer ce traité et quelles seront les obligations des Etats ?

Cent onze Etats se sont engagés lors de la conférence finale de Dublin en mai dernier qui préparait la convention. C’est la Norvège qui a lancé ce processus d’Oslo début 2007, alors que les Etats partie à la convention de 1980 sur l’interdiction ou la limitation de certaines armes classiques (CCW) n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur une interdiction de ces bombes à sous-munitions.

La Norvège a décidé de sortir de ce cadre et de mener campagne avec un petit groupe d’Etats au départ (l’Autriche, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, le Pérou, le Costa Rica, l’Irlande et le Saint-Siège). Aujourd’hui, ce sont plus de cent Etats qui ont signé ce traité à Oslo. Beaucoup de pays qui ont été bombardés vont signer, comme le Laos, le Cambodge, la Serbie, le Liban.

Certains pays producteurs comme le Royaume-Uni, la France le Japon ont également signé ce traité.

La convention entrera en vigueur lorsque le trentième Etat l’aura ratifié et désormais, elle interdira l’utilisation, la production, le transfert et le stockage des bombes à sous-munitions. Ces armes seront considérées comme illégales. Les Etats s’engageront à dépolluer les zones affectées dans un délai de 10 ans renouvelable, les stocks devront être détruits dans un délai de 8 ans, mais les Etats pourront en conserver pour des entraînements ou des tests.

Ce qui est nouveau dans ce traité par rapport à la convention d’Ottawa sur les mines antipersonnel, outre l’obligation de nettoyer les zones contaminées, c’est la clause spécifique d’assistance et de réhabilitation aux victimes, à leurs familles et à la communauté affectées.

Quelle sera la portée de ce traité sans l’adhésion des Etats-Unis, de la Chine et de la Russie?

Les stocks des Etats-Unis pourraient atteindre les 700 à 800 millions de bombes à sous-munitions, deux fois plus que tout ce qui a pu être utilisé depuis

1965. Le président élu Barack Obama avait déjà prôné l’interdiction du largage de ces armes sur les zones habitées, un texte qui avait été rejeté par le Sénat.

Avec la nouvelle administration américaine, les ONG espèrent que les Etats-Unis se rallieront à cette convention. La Russie, la Chine, ou Israël sont eux aussi les grands absents de ce traité, alors qu’ils figurent parmi les plus gros producteurs. Mais les ONG misent sur l’effet de stigmatisation que provoquera l’entrée en vigueur de ce traité, comme ce qui s’est passé avec la convention d’Ottawa sur les mines antipersonnel.

Les points faibles du traité d’Oslo

La coalition mondiale contre les bombes à sous-munitions reconnaît que certaines concessions ont été octroyées aux Etats. Certains engins ne rentrent pas dans la définition des sous-munitions, celles qui pèsent plus de 20 kilos, ou d’autres critères techniques discutables selon les ONG. Autre point, c’est le nombre de sous-munitions que les Etats pourront conserver : il n’y a pas de limite chiffrée dans le traité.

Et puis il y a ce qu’on appelle l’interopérabilité, obtenue sous la pression des Etats-Unis, qui permet à un Etat signataire de continuer à mener des opérations militaires conjointes avec un Etat non partie à la convention, par exemple dans le cadre de l’OTAN en Afghanistan.

Entrée en vigueur de la convention contre les bombes à sous- munitions

Les Etats devront ratifier au plus vite le traité afin qu’il entre en vigueur, les Etats les plus affectés attendent ce moment, comme le Laos ou le Liban, pour lesquels l’aide internationale est primordiale pour les aider à nettoyer leur territoire et prêter assistance aux victimes. La Norvège, pays hôte de la convention, espère une ratification début 2009.

La France et les bombes à sous-munitions

La France a produit des bombes à sous-munitions et en a utilisé jusqu’en 1991, sans doute lors de ses interventions au Tchad en 1986, puis en 1991 lors de la première guerre du Golfe en Irak et au Koweit. Jusqu’en janvier 2008, la France ainsi que la plupart des pays producteurs, prônaient des améliorations techniques des bombes à sous-munitions, et une restriction de la définition de ces engins, afin de conserver leurs stocks.

Finalement, en janvier, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner s’est également engagé en première ligne dans le processus d’Oslo qui a conduit à la rédaction du texte de la convention, approuvé le 30 mai dernier à Dublin et signé ce 3 décembre à Oslo.

Pour être en règle avec la définition qui a été retenue des bombes à sous- munitions, la France a annoncé fin novembre qu’elle retirait ses obus OGR, elle avait décidé en mai le retrait des roquettes M26.

La France pourra néanmoins conserver ses missiles Apache et ses obus Bonus, plus gros et plus lourds, qui ne rentrent pas dans la définition mais qui selon les ONG comme Handicap International, sont de fait des sous-munitions et pourraient produire les mêmes effets non discriminatoires contre les populations civiles. Cette convention marque une avancée importante du droit international humanitaire.

La Cérémonie de signature de la convention sur les armes à sous-munitions est retransmise en directe sur le site : Convention on Cluster Munitions Signing Conference.

______________________________1 –
AFRIK.COM :

L’Afrique bientôt soulagée du poison des bombes à sous-munitions ?

Un traité interdisant ces armes est signé à Oslo

Une centaine de pays signent mercredi et jeudi, à Oslo, une convention interdisant l’utilisation des bombes à sous-munitions (BASM). Ce traité, salué par l’Organisation des Nations unies, est rejeté par les gros producteurs d’armes que sont les Etats-Unis, la Russie, la Chine et Israël. En Afrique, où plusieurs régions sont contaminées par ces armes, il est difficile de chiffrer le nombre de victimes et il existe un vrai risque de prolifération.

mercredi 3 décembre 2008, par Stéphane Ballong

Exit les bombes à sous-munitions (BASM) [1]. Dix ans après le traité d’Ottawa qui interdit l’utilisation des mines antipersonnel dans les conflits, cent pays environ, signent mercredi et jeudi à Oslo, la capitale norvégienne, une convention bannissant la production, l’utilisation, le stockage et le commerce des bombes à sous-munitions. Cette convention oblige aussi les signataires à venir en aide aux pays et aux personnes victimes des BASM.

Selon l’Ong Handicap International, près de 100 000 personnes, dont 98% sont des civils, ont été tuées ou mutilées dans l’explosion de bombes à sous-munitions à travers le monde depuis 1965. Plus d’un quart de ces victimes sont des enfants. En Afrique, si aucune statistique n’évalue le nombre de victimes, celles-ci sont pourtant importantes. Sur les 440 millions de bombes à sous-munitions dispersées dans le monde depuis quarante ans, notamment en Asie, près de 33 millions d’engins n’auraient pas encore été neutralisés.

Le conflit du Liban, en été 2006, pendant lequel ces sous-munitions ont fait plus de 200 victimes quelques semaines après les bombardements d’Israël, a contribué à « éveiller les consciences », estime Marion Libertucci, Responsable de plaidoyer à Handicap International dans les pays francophones d’Afrique.

En mai dernier, à Dublin (Irlande), Ong et associations humanitaires ont âprement négocié avec les Etats la signature du traité.

Risque de prolifération dans les zones conflictuelles en Afrique

A Oslo, la capitale norvégienne, des pays comme la France ou la Grande Bretagne qui, jusque-là, s’opposaient à l’interdiction de ces armes ont signé cette convention. Selon Jean-Marie Fardeau, directeur du bureau parisien de l’Ong Human Rights Watch, « il s’agit d’une avancée significative. Il y a quelques années encore, la plupart des pays signataires considéraient que les bombes à sous-munitions étaient indispensables pour leurs armées. »

Pour l’Afrique, l’enjeu de ce traité est double, explique Marion Libertucci.

D’abord parce plusieurs pays, comme l’Erythrée, l’Ethiopie, l’Angola, et aussi la République démocratique du Congo sont infestés par les sous-munitions.

Grâce à ce traité, ils vont recevoir l’aide des pays signataires qui s’engagent désormais à participer au nettoyage des zones contaminées. Ensuite, « il existe un vrai risque de prolifération de ces armes dans les zones conflictuelles », indique Marion Libertucci. « Comme dans le cas des mines antipersonnel, nous avons pu constater que ces armes sont généralement fabriquées dans les pays du Nord mais sont surtout utilisées dans les pays du Sud où elles font le plus de victimes ».

L’Egypte, parmi les producteurs qui rejettent le traité

Les Etats africains ont pris conscience de ce danger. Nombre d’entre eux, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Kenya par exemple, ont fait le déplacement en Norvège pour signer cette convention. En septembre déjà, la Coalition internationale contre les sous-munitions (CMC) [2] a réuni à Kampala en Ouganda, une quarantaine d’entre eux pour les encourager à signer la convention.

Ce traité d’Oslo est certes historique, mais sa portée reste limitée. Les plus gros fabricants de bombes à sous-munitions étant absents. Les Etats-Unis, la Russie, Israël, la Chine…, ont refusé de le signer. Les Etats-Unis, à eux seuls, détiennent entre 700 et 800 millions de sous-munitions, selon la CMC. Sur le continent noir, l’Egypte et l’Afrique du Sud sont également producteurs de ces armes. Le pays arc-en-ciel, après avoir longtemps hésité, a finalement rejoint le groupe des signataires. « Malheureusement, l’Egypte est réticente », déplore Marion Libertucci qui ne désespère pas : « la mise en application de ce traité conduira à des normes tellement contraignantes que ces pays seront obligés de le respecter, comme on a pu le voir dans le cas de la convention des mines antipersonnel ».

Autre bémol : les pays signataires de ce traité ont toujours le droit de disposer, en faible quantité, de bombes à sous-munitions pour, dit-on, l’entrainement des soldats au déminage.

[1] Les bombes à sous-munitions sont des petites bombes regroupées dans une grosse bombe, un missile ou une roquette. Elles peuvent être larguées par avion ou tirées par des lance-roquettes.

[2] La Coalition internationale contre les sous-munitions (CMC) regroupe près de 300 ONG

29/11/08 (B476) Afrik.com / Les politiques africains dans le collimateur de la justice française

Jusqu’où l’appareil judiciaire français peut-il aller ?

Associations, ONG ou familles, elles demandent justice et les autorités judiciaires françaises se font un devoir de répondre à leur besoin de punir les coupables de crimes qui ont coûté la vie à des proches. L’appareil judiciaire se met alors en marche et n’hésite pas à s’attaquer à de hauts responsables politiques tunisiens, algérien, rwandais ou encore djiboutien, jusqu’à se heurter à la raison d’Etat… qui souvent l’emporte.

Par Falila Gbadamassi, Stéphane Ballong

Interpellés ou appelés à témoigner dans des procès en France, plusieurs responsables politiques africains sont dans la ligne de mire de la justice française. Rose Kabuye, la directrice de protocole du président rwandais, Paul Kagame, a été arrêtée en Allemagne, puis extradée vers la France. Elle y sera inculpée le 19 novembre pour « complicité d’assassinat ». En novembre 2006, le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière avait émis un mandat d’arrêt international contre neuf personnalités rwandaises, dont la diplomate, qu’elle soupçonne d’être impliquées dans l’attentat qui a coûté la vie au président Juvénal Habyarimana.

Son assassinat est à l’origine du génocide rwandais de 1994. Mise en liberté provisoire, Rose Kabuye n’a pas l’autorisation de quitter la France. Tout comme Mohamed Ziane Hasseni, le chef du protocole du ministre algérien des Affaires étrangères. Il a été lui aussi arrêté en août dernier, puis libéré. Il est accusé d’avoir commandité l’assassinat en France de l’opposant algérien et citoyen français Ali Mecili en 1987. Alger, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci, a d’ailleurs estimé qu’il était retenu en otage.

Témoins ou prisonniers de la France

Quand ils ne sont pas contraints de rester dans l’Hexagone, les politiques africains qui ont maille à partir avec la justice française sont appelés à témoigner. Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali est invité à comparaître comme témoin, annonçait mercredi, Me Eric Plouvier, avocat de la victime, au procès en France d’un ancien diplomate tunisien accusé de torture.

Les témoignages de l’ambassadeur de la République tunisienne en France, Mohamed Raouf Najar, et Zouhaier Gombri, consul de Tunisie à Strasbourg, sont également sollicités. Si le président tunisien ne s’est pas encore exprimé sur la requête de l’avocat français, Simone Gbagbo, la première dame ivoirienne, elle, a décidé de ne pas répondre aux multiples convocations de la justice française dans l’affaire Kieffer.

Le journaliste franco-canadien est porté disparu depuis avril 2004. Guy André Kieffer enquêtait sur le financement de la filière cacao en Côte d’Ivoire. Le juge Patrick Ramaël convoquera, pour la première fois, l’épouse du président ivoirien et le ministre d’Etat Paul Antoine Bohoun Bouabré à témoigner en juillet 2008. Sa requête restera sans suite, tout comme la seconde en octobre 2008.

Deux ans plus tôt, un mandat d’arrêt international a été délivré contre deux proches du président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, le procureur de la République et le chef des services secrets djiboutiens, dans le cadre de l’affaire Borrel. Accusés de « subornation de témoins » dans l’enquête sur le meurtre du juge Bernard Borrel, ils ont été condamnés par contumace à dix-huit mois et un an de prison ferme.

Le corps du juge français avait été retrouvé en octobre 1995, calciné, à Djibouti. Le magistrat enquêtait sur l’attentat du Café de Paris, à Djibouti, où un Français avait été tué. Les avocats d’Elisabeth Borrel ont demandé par la suite à entendre le président djiboutien. La veuve du juge considère le chef de l’Etat comme l’un des commanditaires de l’assassinat de son époux. En juin 2008, la Cour internationale de justice a estimé que la France n’avait pas à transmettre le dossier aux autorités djiboutiennes qui en ont fait la demande. Une décision à laquelle les autorités judiciaires administratives françaises ne se sont pas immédiatement opposées.

Cette attitude donne, encore une fois, matière à s’interroger sur les motivations de Paris qui choisira, pendant longtemps, de s’aligner sur l’hypothèse de Djibouti : la thèse du suicide.

Peut-on risquer de déplaire au président d’un pays qui accueille une base militaire où sont stationnés 2 900 soldats français ?

Répondre à la soif de justice des familles des victimes

Associations, ONG et familles des victimes se sont portées partie civile dans ces affaires qui s’apparentent souvent à des crimes d’Etat. C’est leur détermination qui pousse les autorités judiciaires françaises à investir la sphère politique des pays concernés. Quand il s’agit de l’intérêt des civils, la justice française met tout en branle, au risque de créer l’incident diplomatique et de se heurter à la raison d’Etat. Kigali a interrompu ses relations diplomatiques avec Paris depuis 2006.

Il en va tout autrement quand des intérêts économiques sont en jeu, notamment ceux de l’Etat français. Dans l’affaire Elf, les présidents Eduardo dos Santos de l’Angola, Paul Biya du Cameroun et Omar Bongo Odimba du Gabon n’ont jamais été inquiétés par la justice. Pourtant, ces chefs d’Etats auraient perçu, de façon indirecte, des fonds du groupe pétrolier français, au titre de l’exploitation de l’or noir dans leurs pays. Aucune condamnation n’a été prononcée contre eux. Nicolas Sarkozy recevra même Omar Bongo, en 2007, au lendemain de la condamnation de plusieurs dirigeants d’Elf.

Préserver ses intérêts économiques

Autre affaire : l’Angolagate, dont le procès à démarré à Paris début octobre. Elle concerne l’un des plus importants trafics d’armes du XXe siècle vers l’Afrique. Valeur estimée : plus de 790 millions d’euros. Dans ce procès, l’accusation estime qu’une trentaine de hauts responsables politiques angolais, dont le président José Eduardo dos Santos, ont perçu des commissions.

En mai dernier, le président français Nicolas Sarkozy est même allé rassurer son homologue à Luanda. Il lui avait alors promis qu’aucun ressortissant de son pays, où la France a de nombreux intérêts pétroliers, n’aurait à répondre à la justice dans l’Angolagate. Nicolas Sarkozy à invité José Eduardos dos Santos à tourner la page de ce « malentendu ».

Même scénario au Soudan, où Total, le géant pétrolier français, a repris en juillet ses activités après vingt ans d’interruption. En septembre dernier, selon le journal suisse Le Temps, Paris aurait entamé des démarches auprès de la Cour pénale internationale (CPI) pour annuler la procédure judiciaire lancée contre le président Omar el-Béchir. Le chef de l’Etat soudanais est accusé de crimes contre l’humanité au Darfour, en proie à une guerre civile depuis 2003.

La France comptait parmi les pays qui préconisaient que les responsables de ce conflits soient traduits devant la justice internationale.

Deux mois après l’annonce du retour de Total au Soudan, elle change de position.

D’après le Sudan Tribune, Bruno Joubert, le Monsieur Afrique de Nicolas Sarkozy, aurait garanti aux autorités soudanaises le soutien de l’Hexagone pour un report des poursuites judiciaires contre Omar el-Bechir.

Lorsqu’il s’agit d’intérêts économiques, tout reste négociable. Même la justice.

15/10/08 (B469-B) Afrilk.com / Appel désespéré de l’Ethiopie à la communauté internationale

L’Éthiopie a lancé, mardi, un appel désespéré à la communauté internationale, indique TV5. Touchée par la famine, elle a demandé à ce qu’en dépit de la crise financière qui frappe l’économie mondiale, l’Afrique ne soit pas oubliée du reste du monde.

Le secrétaire d’État éthiopien à la sécurité alimentaire, Mitiku Kassa a rappelé, lors d’une conférence de presse à Nairobi, que son pays avait besoin de 265,6 millions de dollars pour faire face à la situation de crise dans lequel il est plongé.

03/10/08 (B467-B) Afrik.com / Somalie : sept civils tués par des tirs de mortier à Mogadiscio (Info lectrice)

Cinq insurgés islamistes ont tiré au mortier contre un avion de l’Union Africaine à l’aéroport de Mogadiscio mercredi.

Sept personnes ont été tuées par les obus aux alentours de l’aéroport, selon l’AFP. Mi-septembre, ils avaient exigé la fermeture du site considéré comme un instrument aux mains de l’armée somalienne

02/10/08 (B467-B) Afrik.com / Somalie : une force navale se regroupe autour du cargo d’armes des pirates

Plusieurs navires de guerre étrangers encerclaient ce mercredi le cargo ukrainien Faina tenu par des pirates aux larges des côtes somaliennes depuis le 25 septembre.

Selon Jeune Afrique, au moins trois bateaux de guerre russes et malais font route vers les côtes somaliennes, où trois navires de guerre américains surveillent déjà étroitement le Faina.

Le cargo ukrainien avait été capturé le 25 septembre, alors qu’il faisait route vers le port Kenyan de Mombasa, avec à son bord une importante cargaison d’armes dont 33 chars d’assaut T-72.

01/10/08 (B467-B) Afrik.com / Somalie : le mystère s’épaissit autour de la cargaison d’armes du Faina

L’Ukraine et le Kenya embarrassés par les déclarations des pirates somaliens

Le destinataire final de la cargaison du Faina, le cargo ukrainien arraisonné jeudi dernier par des pirates somaliens demeure toujours inconnu. Alors que les pirates et la marine américaine affirment que le bateau chargé de chars d’assaut et d’armes avait pour but le Sud-Soudan, Kiev, Nairobi et l’armée de la région semi-autonome soudanaise démentent formellement.

par Anissa Herrou

« Nous confirmons que ces armes n’appartiennent pas au gouvernement du Kenya, mais aux autorités de la région semi-autonome du Sud-Soudan », a déclaré mardi à l’AFP, Sugule Ali, le porte-parole des pirates somaliens. Par cette déclaration, il a semé le trouble pour la deuxième fois dans les eaux somaliennes.

Nairobi et Kiev nient formellement cette information, affirmant que la transaction devait bien avoir lieu dans le cadre d’un contrat de vente entre le Kenya et l’Ukraine. Un contrat effectué par la société d’Etat ukrainienne Ukrspetsexport. L’armée de la région semi-autonome du Sud Soudan a elle aussi démenti dans un communiqué les dires du pirate somalien.

Le bateau ukrainien qui a été arraisonné dans la journée de jeudi au large des côtes somaliennes alors qu’il se dirigeait vers le port de Mombasa (sud-est du Kenya) avec à son bord dix-sept Ukrainiens, trois Russes et un Letton, transporte trente-trois chars d’assaut T-72 de fabrication soviétique ainsi que de nombreuses armes lourdes.

De quelle source proviennent les révélations des pirates ? Difficile à dire. Un porte- parole de la Ve flotte américaine basée à Bahreïn avait affirmé la même chose la veille, lundi 29 septembre. « Nous avons des informations indiquant que le cargo et la cargaison étaient en route pour le Soudan » a déclaré le lieutenant Nathan Christensen, qui ne souhaitait pas en dire plus.

« Notre problème c’est les 20 millions de dollars »

Embarrassante pour Kiev, Nairobi et Khartoum, cette affirmation ne semble pas déranger pour autant les pirates. « Le propriétaire des armes n’est pas notre problème, notre problème c’est les 20 millions de dollars » exigés comme rançon pour relâcher le cargo et son équipage. Il semblerait pourtant que la marine américaine ait dû intervenir aujourd’hui avec le concours d’un hélicoptère. Elle a tenté d’empêcher les assaillants de décharger à terre la cargaison.

Quatre personnes seraient déjà mortes à bord du bateau depuis la prise d’otage : trois pirates ainsi que le capitaine russe Vladimir Kolobkov, d’une crise d’hypertension, selon un membre de l’équipage.

Selon le Bureau Maritime International (BMI) basé en Malaisie, il s’agit de la 61ème attaque de pirates au large des côtes somaliennes depuis le début de l’année 2008. Le Golfe d’Aden est devenu l’un des endroits les moins surs pour la navigation depuis le début de la guerre civile en 1991, conflit qui déchire la Somalie.

24/09/08 (B466-B) AFRIK.COM / Ethiopie : deux humanitaires français de Médecins du monde enlevés.

Deux employés de Médecins du monde (MDM), une Néerlandais et une Japonaise, ont été kidnappés au cours d’une mission en Ethiopie, dans la région de l’Ogaden, rapporte RFI.

Ils se trouvaient dans une zone environ 80 kilomètres de la frontière avec la Somalie.

Les ONG travaillent en Ogaden sans escorte militaire afin de marquer leur neutralité dans le conflit qui oppose l’armée éthiopienne à un mouvement séparatiste de la région