13/12/07 (B425) AFRIK.COM Somalie : combats entre insurgés et forces de sécurité à Mogadiscio

Des affrontements ont éclaté, mercredi, entre les insurgés et les soldats du gouvernement de transition à Mogadiscio, la capitale somalienne, indique TV5.

« Les insurgés ont pris position dans les ruelles étroites de Bakara », a déclaré un témoin, Ali Hosow, en précisant qu’ils étaient armés de fusils d’assaut et de lance roquettes.

25/10/07 (B418-C) AFRIK.COM /L’Affaire Borrel creuse le fossé entre la France et Djibouti – Les événements de ces derniers jours relancent la polémique sur la mort du juge français

La famille de Mohammed Saleh Alhoumekani, un témoin clé dans l’affaire de l’assassinat du juge Borrel, a été expulsée lundi après midi de Djibouti vers le Yémen. Cette expulsion fait suite à la montée des tensions entre Djibouti et la France qui a eu lieu ces quatre derniers jours.

« Votre famille est là, vous dites un seul mot et tout rentre dans l’ordre », tels sont les propos qu’auraient tenus deux généraux djiboutiens à Mohammed Saleh Alhoumekani. Sept membres de sa famille ont été expulsés lundi après midi de Djibouti vers le Yémen. Sa mère, ses cinq frères et sœurs et la femme de son frère aîné ont fait l’objet d’une procédure de bannissement de la part des autorités djiboutiennes. D’après une source judiciaire, avant leur départ, la famille aurait été placée pendant 24 heures en garde à vue dans le centre de transit de Nagad situé à quelques kilomètres de la capitale djiboutienne.

M. Alhoumekani, ancien officier de la garde présidentielle djiboutienne réfugié à Bruxelles avait mis en cause le Président djiboutien Ismaël Omar Guelleh dans l’enquête sur la mort du juge Bernard Borrel en 1995. A la suite de son témoignage, l’homme aurait subi des pressions pourqu’il lève ses accusations. Il a assuré mardi avoir reçu des appels émanant de généraux de l’armée djiboutienne lui demandant de revenir sur ces déclarations.

Fin août, le chef des services secrets, Hassan Said, et le procureur général de Djibouti Djama Souleiman avaient été traduits en justice en France dans le cadre de l’assassinat du juge Borrel. Ils étaient suspectés d’avoir menacé deux témoins dont M. Alboumekani.

Une enquête sous haute tension

Les relations entre la France et la République de Djibouti se sont nettement tendues ces derniers mois en raison de l’affaire Borrel. Ce week-end, des manifestations hostiles à la France et à sa justice ont secoué la République de Djibouti. 35 000 personnes sont descendues dans la rue et ont scandé des slogans comme « Justice raciste ! ». Plusieurs ministres, des parlementaires, des chefs religieux et représentants de la société civile ont eux aussi participé au rassemblement.

La remise en cause par la justice française du suicide du juge Borrel, la comparution en France du procureur général et du chef des services secrets attisent les tensions. D’autre part, les autorités djiboutiennes ont récemment évoqué un lien entre la mort du juge et une affaire de pédophilie dont il aurait été chargé. En avril, une plainte pour agressions sexuelles présumées sur mineurs avait été déposée par deux djiboutiens. Celle-ci impliquerait plusieurs ressortissants français ayant résidé à Djibouti dans les années 90.

Le 19 octobre1995, à Djibouti, on retrouvait le corps à demi calciné du juge Bernard Borrel. Douze ans après sa mort, l’affaire n’a pas encore révélé tous ses mystères.

22/06/07 (B400) AFRIK.COM Le juge Borrel a bel et bien été assassiné (Info lectrice)

Le procureur de la République
a annoncé, mardi, à Paris, que la thèse du suicide ne
tenait plus

La femme du juge Bernard Borrel a enfin obtenu satisfaction : l’Etat français
a reconnu que la mort de son mari, en 1995, à Djibouti, était
consécutive à un assassinat et non un suicide. Les investigations
vont se poursuivre pour trouver les responsables de ce crime, dans lequel
serait notamment impliqué le président du petit pays est-africain.

 » Le procureur de la République de Paris (…) précise
que si la thèse du suicide a pu un temps être privilégiée,
les éléments recueillis notamment depuis 2002 militent en faveur
d’un acte criminel « , a annoncé, mardi, dans un communiqué,
le procureur Jean-Claude Marin. Cela faisait douze ans qu’Elisabeth Borrel
attendait une telle reconnaissance pour son défunt époux, le
juge Bernard Borrel, dont le corps avait été retrouvé
à moitié calciné au fond d’un ravin à Djibouti,
le 19 octobre 1995.

 » Lésions osseuses sur le crâne « 

Ce qui a poussé la France à explorer un autre scénario,
ce sont  » les expertises anthropologiques, médico-légales
et de police scientifique « , annonce le procureur. Elles  » concluent
à l’existence de lésions osseuses sur le crâne et sur
l’avant-bras gauche, faites à l’aide d’un objet contondant, et à
la découverte de deux produits inflammables de nature distincte versés
sur le corps « , précise-t-il, en soulignant que la victime était
couchée lorsque les liquides ont été déversés
sur elle.

Ces précisions arrivent près d’une semaine après que
la vice-présidente chargée de l’instruction de l’affaire Borrel
a demandé au procureur que soient rendus publics ces conclusions. Objectif
de Sophie Clément : éviter  » la propagation d’informations
inexactes « . Le président français a promis de faire la
lumière sur ce retard de communication lors d’un entretien avec Elisabeth
Borrel, mardi, à l’Elysée.

Recherche pour  » identifier les auteurs « 

Cet entretien avec Nicolas Sarkozy a ragaillardi l’auteure de Un juge assassiné
(Flammarion).  » Je voulais le remercier car c’est le seul qui m’ait reçue
depuis douze ans, je n’ai jamais été reçue par qui que
ce soit, aucun ministre, aucun garde des Sceaux auparavant, dans une affaire
qui concerne pourtant l’assassinat d’un magistrat. C’est vrai qu’il m’a un
peu, sur ce plan-là, réconciliée avec mon pays « ,
a-t-elle déclaré. Il faut dire que l’affaire Borrel est un sujet
sensible, à cause duquel diverses pressions politiques et médiatiques
auraient été exercées. Des soupçons indiquent
en effet que le président de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, et
une partie de son entourage sont impliqués dans l’assassinat. Or, la
France dispose dans ce petit pays est-africain d’une base militaire stratégique…

Le communiqué du procureur n’établit pas de responsabilités.
 » En l’état, l’instruction vise à compléter ces
éléments par des auditions et de nouvelles expertises afin,
notamment, d’identifier les auteurs et de connaître leurs mobiles « ,
souligne son communiqué.  » Le président Sarkozy va également
demander à ce que l’on fasse des recherches pour savoir pour quelles
raisons des documents classés secret défense de 1995 à
1997 n’ont pas été retrouvés « , a précisé
Me Olivier Morice, avocat de la veuve, à l’AFP. L’affaire Borrel semble
prendre une autre dimension.

04/05/07 (B393-B) AFRIK.COM « Cellule Afrique » de l’Elysée : Circulez, y’a rien à voir !

par
Saïd Aït-Hatrit


Une perquisition a été
refusée à deux juges dans le cadre de l’affaire Borrel

L’Etat français semble toujours peu enclin à collaborer
à l’élucidation de l’affaire Borrel. Deux juges
d’instruction se sont vus refuser l’entrée de l’Elysée,
mercredi, dont ils souhaitaient perquisitionner la « cellule Afrique
». Le palais présidentiel a brandi l’article 67 de la Constitution
qui rend le président de la République intouchable durant son
mandat.

Les juges d’instruction qui souhaitaient perquisitionner la «
cellule Afrique » de l’Elysée, mercredi, dans le cadre
d’un dossier périphérique à l’affaire Borrel,
se sont vu opposer une fin de non recevoir ferme. Le palais présidentiel
a d’abord argué de la nature militaire de son enceinte, nécessitant
de la part des juges le déclenchement d’une procédure
pénale longue pour y accéder, avant de brandir l’article
67 de la Constitution.

Voté en février dernier par le Parlement, cet article prévoit
que « le président de la République n’est pas responsable
des actes accomplis en cette qualité. Il ne peut, durant son mandat
et devant aucune juridiction (…) être requis de témoigner non
plus que de faire l’objet d’une action, d’un acte d’information,
d’instruction ou de poursuite ».

Les deux juges n’ont pas fait de déclaration. Mais Me Olivier
Morice, l’avocat de Mme Borrel, la veuve du juge retrouvé mort
en 1995, à Djibouti, dans des circonstances non élucidées,
a dénoncé « une entrave inadmissible à la justice
». Le Syndicat de la magistrature (de gauche) et l’Union syndicale
des magistrats (majoritaire) ont eux aussi dénoncé l’«
obstruction » à l’action judiciaire ainsi faite.

Les deux organisations soulignent également l’interprétation
erronée de l’article 67 qui protégerait la personne du
président mais pas ses services, visés par les juges.

Au contraire, d’autres juristes constitutionnalistes cités par
Le Monde se prononcent pour une « interprétation extensive »
de l’article de loi qui inclurait les collaborateurs et les locaux du
chef de l’Etat.

Les Affaires étrangères, la Justice
et la « cellule Afrique » en cause

Les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia avaient déjà
perquisitionné le ministère de la Justice et celui des Affaires
étrangères, les 18 et 19 avril dernier, dans le cadre de cette
affaire où elles enquêtent sur les conditions de rédaction
d’un communiqué du Quai d’Orsay publié le 29 janvier
2005. Celui-ci annonçait la transmission à la justice djiboutienne
du dossier de l’affaire Borrel, où figure l’identité
de témoins qui mettent en cause Ismaël Omar Guelleh, le président
de cet ancien territoire français. En réponse, Elisabeth Borrel
avait déposé plainte pour « publication de commentaires
en vue d’influencer une décision judiciaire ».

Elles avaient dû faire sans le soutien de la gendarmerie,
selon
laquelle « ce type d’intervention prendrait nécessairement
un sens politique, médiatiquement exploité » dans le contexte
des élections présidentielles. Au contraire, les juges ainsi
que le syndicat de la magistrature soulignent la nécessité de
perquisitionner la « cellule Afrique » avant la fin du processus
électoral. Elles craignent que la valse des ministères accompagnée
de destruction d’archives ne fassent disparaître les preuves éventuelles.

« Raison d’Etat,
quand tu nous tiens »

Ce n’est
pas la première fois que l’Etat français met des bâtons
dans les roues de la justice dans cette affaire
. La dernière
remonte au sommet Afrique-France de février dernier, à Nice,
où le président de Djibouti était convié. Sophie
Clément, la juge d’instruction chargée du dossier, avait
alors convoqué Ismaël Omar Guelleh pour l’entendre en qualité
de témoin.

Mais le ministère
des Affaires étrangère avait indiqué via un communiqué,
avant la réponse de l’intéressé, que l’immunité
diplomatique empêche un juge d’instruction d’auditionner
un chef d’Etat étranger. Avec près de 2 800 hommes, la
France entretient sa principale base militaire extérieur à Djibouti.
Un carrefour stratégique de plus en plus couru dans le Proche-Orient,
notamment par les Etats-Unis, qui y ont installé 1 500 marines en 2001.

Dans
un communiqué titré « raison d’Etat, quand tu nous
tiens », le Syndicat de la magistrature s’était indigné
« du double langage permanent des autorités françaises,
tantôt faussement bienveillantes vis-à-vis du combat pour la
vérité mené sans relâche par Elisabeth Borrel,
tantôt – et le plus souvent – impitoyable vis-à-vis de l’enquête
(…)

Aussi, le Syndicat de la magistrature attend-il du Président de la
République française, (actuel et futur) un engagement fort pour
que la justice ne soit plus l’objet d’obstacles incessants dans
cette affaire ». Raté pour l’actuel.