11/12/03 (B224) Mohamed Alhoumekani réagit aux informations d’un lecteur qui ont été reprises à deux reprises dans Radio-Trottoir sous le thème d’une bagarre avortée à Roissy …

A ma connaissance, Fathi
Ahmed CHAMSAN avec qui Ali SALEM se serait "accroché" à
l’Aéroport de Roissy, est une personne honnête, qui n’a jamais
participé aux magouilles du Pouvoir

Si certaines personnes
ont le désir d’obtenir le statut de Réfugié politique,
dont l’instruction aurait été mise ‘en sommeil’, puisque l’attestation
délivré par leur parti politique n’est pas jugée comme
un élément convaincant, semble-t-il, aux yeux des Autorités
européenes, elles devraient trouver d’autres arguments et d’autres
moyens pour tenter de les convaincre et de justifier leur statut.

Je m’interroge vraiment
sur les raisons cachées du tapage qu’ils ont engagé contre Rifki.
S’ils ont été maltraité ou spolié à Djibouti
par ces personnes, je ne saurais que leur conseiller de porter plainte devant
une justice européenne.

Si leur famille sont vraiment
en danger, il leur suffira d’apporter des preuves.

Je remercie l’ARDHD de
bien vouloir publier ‘in extenso’ ma réaction

Mohamed
Alhoumekani

28/11/03 (B222) Le vendredi 21 nov 2003, M.ALI ABDILLAHI IFTIN ex-Commandant de la Garde républicaine et ex-Patron de la Sécurité du Président Gouled et M.MOHAMED SALEH ALHOUMEKANI ex-Commandant Adjoint de la Garde Républicaine et Chef de la Sécurité Adjoint de Gouled, ont été invités par une équipe de journalistes travaillant pour l’émission « SeptAhuit » de TF1, pour répondre à une interview dans le cadre de l’affaire Borrel. Ça se gâterait pour IOG et pour ses complices !

Le journaliste, M.Laurent
DELHOMME, vient de rentrer de Djibouti, où il est resté une
semaine pendant laquelle, il a eu l’occasion de rencontrer certaines personnes
qui ont accepté de donner leur version et d’apporter leur témoignage
public.

Extraits de l’interview (A l’heure actuelle, nous ne disposons pas d’une
transcription précise des termes de l’interview, mais nous avons reçu
des indications suffisantes pour publier cette information – L’ordre des questions
n’est pas obligatoirement respecté) :


Le journaliste informe les deux anciens militaires, qu’au cours de
leur déplacement à Djibouti, il a réalisé des
interviews qui ont été enregistrées et qu’il aimerait
avoir leur réponse sur des déclarations / accusations qui ont
été portées à leur encontre.

Question
A :
Djama,
le Procureur, a dénigré vos capacités personnelles

Caricature du Procureur
Djama Souleiman, réalisée à l’époque, à
partir d’une photo extraite d’une interview télévisée.
Le
journaliste :

« Le Procureur de la République de Djibouti, M.DJAMA SOULEIMAN
OMAR, aurait affirmé qu’Alhoumekani était un élément
dangereux pour la Sociétédjiboutienne, qu’il avait un passé
médiocre, et qu’il trouvait très curieux, le fait que des
« terroristes » comme Awaleh Guelleh et Adawani puissent s’être
rendus au Palais présidentiel pour y rencontrer des personnes dignes
et propres comme Hassan Saïd ou le Colonel Mahdi. Il a trouvé
aussi qu’il était grotesque de prétendre qu’Alain ROMANI
était présent lui aussi, car en réalité, il
étaità l’île de la Réunion à ce moment-là. »

_________________________

 

Réponse
d’Alhoumekani :
Il ne
faut pas avoir peur d’affirmer que ce procureur est un homme malhonnête.

Prenons point par
point.

1 – D’abord, il se cache
sous une fausse identité. Son vrai nom lui a été donné
par sa famille d’accueil à Djibouti, dont le chef est Djamma Hersi
Ahmed. Cette famille l’a adopté, à son arrivée de l’Ougaden
en Éthiopie (où il est né) et l’a élevé.

Les circonstances et les
liens familiaux / tribaux ont permis sa naturalisation à l’époque.
Ensuite, c’est Hassan Saïd qui lui met le pied à l’étrier
au sein de la Justice djiboutienne. Leurs deux mères sont de la même
tribu : DARODE.

2 – Souvenez-vous, car
cela a été dénoncé à l’époque, que
l’épouse de Djama Souleiman, avait été arrêtée
et placée en détention par les autorités australiennes
alors qu’elle demandait à bénéficier du statut de réfugiée
politique à Sydney. Elle a été accusée et reconnue
coupable de détention de faux documents d’identité. C’est elle-même
qui me l’a confié un jour où elle avait forcé sur l’alcool,
alors que son mari était en déplacement.

 


En janvier 2002, le Procureur Djama, qui a fait spécialement
le voyage, rencontre Alhoumekani dans un grand Hôtel de Bruxelles
et il tente d’acheter son silence dans le cadre de l’affaire Borrel. Alhoumekani
a fait prendre ces photos et il affirme qu’il détient aussi un
enregistrement sur cassette de la conversation.

3 – (Alhoumekani
poursuit) En janvier 2002, pour acheter mon silence, le Procureur a
demandé à me rencontrer à Bruxelles où il
m’a offert des millions.

 

NDLR : Si les
faits sont confirmés, il s’agit de l’une des plus graves affaires
de subornation de témoin. Ce n’est pas la partie adverse qui
la conduit, mais … le Procureur en charge du dossier. Est-ce un cas
unique dans les annales judiciaires ?

4 – en conclusion. Si
les affirmations du Procureur étaient exactes, je m’interroge sur les
raisons qui l’ont conduit à Bruxelles pour tenter d’acheter mon silence
et de renier mon témoignage devant la Justice française …
? Outre le rendez-vous que nous avons eu dans un grand hôtel de Bruxelles,
il a aussi rencontré mon avocat dans son bureau et il m’a remis une
proposition et des documents écrits que je détiens.

Ces documents contiennent
les termes du marché qu’il me proposait et de la déclaration
que je devais faire en échange pour revenir en quelque sorte sur mon
témoignage, afin de dédouaner IOG … Je devais en effet préciser
que je m’étais trompé et qu’il ne s’agissait que d’une simple
réunion de Sécurité au Palais présidentiel et
que j’avais du faire erreur en croyant reconnaître Alain Romani.

Je détiens aussi
des enregistrements audiovisuels sur la réponse d’IOG ..

________________

IFTIN prend la
parole :

Il précise que c’est IOG, en personne, qui lui avait demandé
d’affecter TROIS pistolets automatiques à Alain ROMANI.

Il ajoute que Me
Alain Martinet est un homme malhonnête et incompétent, car
c’est lui qui a participé volontairement et volontairement à
la pression qui l’avait contrainte à signer la fausse déclaration
à Djibouti, afin de protéger sa famille, qui était
menacée.

_____________________________________________________

Question
B
:
Que pensez-vous de votre procès qui s’est tenu à Djibouti ?

Le journaliste : « que pouvez-vous nous dire sur votre procès
qui s’est tenu à Djibouti. Même si, à mon avis, je le
trouve ridicule puisque vous-même, le principal intéressé,
vous avez pas été convoqué … »

Alhoumekani : « notre justice est corrompue et pourrie ! Les magistrats
ne sont pas indépendants. Ils reçoivent directement leurs ordres
du Palais présidentiel. Prenez par exemple, le procès du Général
Yassin Yabeh, qui avait accusé IOG d’avoir commis le premier Coup d’État
en organisant une fraude électorale massive lors des élections
présidentielles de 1999. Il est mort en prison, parce qu’IOG a refusé
qu’on lui donne les soins médicaux nécessités par son
état de santé. Non assistance à personne en danger. »

« En ce qui concerne mon procès, je confirme qu’il n’a aucune valeur
ni aucun sens, puisque je n’ai même pas été convoqué,
alors que Djama le Procureur connaissait bien mon adresse, puisqu’il avait
su me contacter pour me rencontrer à Bruxelles. »

_____________________________________________________

Question
C
Pour quelles raisons, le Procureur a-t-il affirmé que
vous étiez sous la protection du Général Fathi .

Le journaliste : « Djama, le Procureur, affirme aussi que vous
étiez intouchable à l’époque, car vous étiez,
en quelque sorte, sous la protection du Général Fathi ».


Alhoumekani : c’est absolument faux. Il suffit de lire l’ordre de mutation
qui m’a conduit au Palais présidentiel : c’est le Général
Zaccaria qui l’a signé ! »

NDLR : on peut s’étonner
de cette affirmation de Djama. Ne lui aurait-elle pas soufflée par
Guelleh, dans les faits ?

Est-ce une confirmation des rumeurs qui feraient état de tensions graves
et persistantes entre Guelleh et le Général Fathi (soutenu par
Zaccaria) ?

On peut se demander quelle est la nature du malaise que l’on constate entre
Guelleh et son armée ? Le fait que ce soit le Premier Ministre Dileita
qui ait été délégué à la fête
de l’AND en juin 2003 et non le Président, comme le voulait la tradition,
est-il un signe ?
en conclusion : Peut-on dire que Guelleh se méfie probablement des
militaires et qu’il en aurait même peur ?

________________________________________

 

Caricature d’Hassan
Saïd, le puissant Chef de la SDS, réalisée à
l’époque, à partir d’une photo extraite d’un reportage
de Canal +.
Le journaliste
poursuit en nous indiquant qu’Hassan Saïd a refusé de répondre
à ses questions. On peut imaginer, qu’Hassan Saïd, qui avait
été filmé par Canal +, au moment où il confirmait
que la réunion décrite par Alhoumekani avait bien eu lieu
et qu’il précisait la position de chacun des personnages.

Question
D :
avez-vous des informations sur les relations, à l’époque,
entre Moumin Bahdon, le Ministre de la Justice et le Juge Bernard Borrel ?

Le
journaliste poursuit en reprenant les affirmations du Procureur Djama
:
« Saviez-vous que Bernard Borrel, avait énormément
de problèmes avec son Ministre de tutelle ? « 

Alhoumekani :
« Vous savez, je dépendais du Ministre de la Défense nationale
et hiérarchiquement, du Chef de la Sûretéde l’État
de l’époque : IOG. Vous devriez poser la question au Ministre de la
Justice de l’époque qui était Moumin Bahdon et qui me semble
bien placé pour répondre à cette question. »

Le journaliste :
« Effectivement, nous avons demandé à le rencontrer,
mais il a refusé »

Le journaliste à
Iftin
: « vous avez déclaré publiquement que vous
aviez surpris une conversation entre IOG et Hassan Saïd, dans le bureau
du premier étage et qui aurait porté sur un européen
qui dérangeait beaucoup la République. Pouvez-vous préciser
a date exacte ? »

Iftin : « C’était
au mois de septembre 1995, quelques jours avant la disparition du Juge Borrel.

Le journaliste : « Mais
que se sont dit exactement les deux hommes ? »

Iftin : « Ils
disaient que ce ‘blanc’ se mêlait d’affaires qui ne le regardaient pas
et que, dans son propre intérêt, il devrait sen écarter.
IOG n’a pas prononcé le nom de cette personne, mais il était
clair, qu’il parlait d’un français.

Oh, ce n’est pas une nouveauté
… IOG a toujours fait disparaître tous ceux qui le dérangeaient.
Combien d’accidents de circulation, de malaises inexpliqués, d’empoisonnement,
jalonnent la carrière de cet homme ?

Prenez mon cas. Sous la
menace du chantage d’Hassan Saïd et pour éviter, selon ses propos,
que ma femme et mes enfants ne payent pas de leur vie, j’ai été
contraint d’accepter les termes de la fausse déposition qui a été
rédigée par Me Martinet et de me rendre chez Me Koran pour la
signer officiellement. Lorsque je suis arrivé à l’étude
: tout était prêt : il ne manquait que ma signature ….

_____________________________

Question
D :
L’affaire
Borrel. Quel est votre sentiment ?

Le journaliste
: « que
pensez-vous de l’affaire Borrel ? »

Alhoumekani :
« Seule la Justice peut répondre. Ce qui est sur aujourd’hui, c’est
que je n’ai pas menti ! Les différents experts ont confirmé
qu’il s’agissait bien d’un assassinat et non d’un suicide.

Je tiens à
rappeler, que je n’ai jamais accusé les personnes que j’ai désignées
parce qu’elles participaient à la réunion au Palais :
IOG, Hassan Saïd, Mahdi, Romani et les deux terroristes, d’être
les assassins du Juge Borrel.

J’ai juste déclaré
que je les avais entendus parler de la mort « d’un juge fouineur »,
et du fait qu’il n’y avait plus de traces et donc plus d’inquiétudesà
avoir, comme l’a dit Mahdi, en réponse à la demande de
Romani. C’est le Colonel Madhi qui a ajouté que le registre qu’on
appele main-courante dans la Gendarmerie était entre ses mains. »

Le journaliste :
« Votre famille a-t-elle été menacée,
depuis votre témoignage ? Nous avons constaté, lors de nos déplacements
dans Djibouti, que nous étions suivis en permanence. »

Iftin et Alhoumekani
:
« Jusqu’à présent et fort heureusement, nos familles
n’ont jamais été menacées sérieusement. Cela ne
concerne que les petites tracasseries habituelles, que l’on inflige aux familles
des opposants, dans un pays qui est dirigé par un dictateur et une
équipe mafieuse. Pour nous, c’est devenu malheureusement une routine,
une habitude. De toutes les manières, le peuple djiboutien, sans aucune
exception, souffre actuellement et nous espérons un changement dans
l’avenir.

Djibouti est un état
policier.

IOG applique la formule
policière pour tenir le peuple. D’une main de fer, il gouverne ce pays
et il applique les méthodes qui ont toujours été les
siennes. Rappelons qu’avant d’être Président, il était
un policier. Sa méthode est constante : il fait peur, il incarcère,
il détruit, il élimine, il fraude, il falsifie etc…; et les
droits de l’Homme sont bafoués tous les jours, dans notre pays, comme
vous l’avez constaté. »

Le journaliste :
« comment expliquez-vous que des terroristes incarcérés
à l’époque aient pu entrer au palais pour participer librement
à une réunion ? »


Alhoumekain et Iftin :
« ce sont des choses courantes à Djibouti.
En 1988, M.SOUGAL (Président de la Sogik, Syndicat du Khat) a été
assassiné en pleine rue par une personne qui aurait du se trouver à
l’intérieur de la prison de Gabode. Il paraîtrait qu’Hassan Saïd,
alors Directeur Adjoint de la SDS de l’époque, étaità
ses côtés. C’est donc monnaie courante.

Quand à Me MARTINET,
un jour, il faudra bien qu’il explique, devant la Justice française
sa tentative de subornation de témoins. Nous avons, en effet, déposéune
plainte devant la Justice française, à son encontre et à
l’encontre de ceux qui sont coupables à nos yeux des mêmes faits.. »

Le journaliste :
« Pourquoi et qui aurai voulu, d’après vous, la mort du juge Borrel
? »

Alhoumekani et Iftin :
« IOG a toujours été anti-français.

Depuis qu’il a reçu
un colis piégé »bombe »qui lui a été envoyé
depuis le Sud de la France, le 30 décembre 1994, il est persuadé
que les Services secrets français veulent sa peau … « DGSE /
DST ».

De plus d’après
les enquêteurs de la Gendarmerie djiboutienne conduits par l’ancien
Lieutenant Zaccaria, devenu Lieutenant-Colonel depuis, le juge borrel
faisait des investigations sur l’attentat du Café de Paris et
sur d’autres pistes mafieuses.

Comment expliquer
l’ascension fulgurante ce cet officier qui a gagné autant de
gallons en six ans, si ce n’est en remerciement des services rendus
au régime ? « 

_________________________________________

Question
F :
la situation économique à Djibouti est catastrophique

Le journaliste : « Comment
voyez l’avenir de Djibouti ? »


iftin et Alhoumekani
: « très incertain. Il faudrait que la
France prenne très rapidement des décisions, car cela risque
de devenir très dangereux, tant que ce dictateur et cette équipe
mafieuse seront au pouvoir. Vous avez constaté vous-même la pauvreté
dans la ville et dans les quartiers »

Le journaliste :
« oui, j’ai vu cela et j’ai pris des images sur la façon dont
vivent les gens, sur leur pauvreté. La situation économique
à Djibouti est catastrophique »

Alhoumekani : « le GED dénonce tous les jours, ce régime
mafieux, qui détourne des millions au détriment de la population
et qui le fait avec la couverture des puissances présentes sur place »


Le journaliste : « Messieurs, je tiens à vous remercier
de m’avoir accordé cet entretien. »

12/05/03 (B197) Lettre ouverte de Mohamed Saleh Alhoumekani, ancien officier de la Garde présidentielle djiboutienne à Ismaël Omar Guelleh, Président de la République.

Mohamed Saleh
Alhoumékani

Bruxelles

M Ismaël
Omar Guelleh

Palais de l’Escale
Djibouti

Bruxelles
le 11 mai 2003

 

Monsieur,

Vous avez pris l’initiative
de me faire assigner par personnes interposées devant ce que dénommez
« votre justice » et dans le cadre d’un procès burlesque où
il a été fait état de supposées diffamations qui
ne sont, dans les faits ni démontrées ni confirmées.
Le fond du problème étant qu’il s’agit de Vérités
qui nuisent à votre image et à qui contrdisent votre stratégie
de défense dans une affaire pénale.

Pour quelles raisons,
votre réaction a-t-elle été si tardive ?

Chacun sait que cela fait
plus de trois ans que j’ai déposé auprès de la Justice
française dans l’Affaire du décès du Juge Borrel
…. Et votre justice n’intervient qu’aujourd’hui !

Serait-ce en raison de
la conjoncture délicate à laquelle vous êtes confronté
depuis quelques mois et à toutes les autres accusations qui sont portées
à votre encontre dans divers dossiers par une Justice étrangère
? Il est clair que vous ne sauriez contraindre ces magistrats intègres
et indépendants, comme vous le faites avec votre supposée magistrature,
par l’utilisation de moyens de corruption les plus diverses, des trafics
d’influences dans lesquels vous êtes passé maître.

En agissant de la sorte,
avec ce même despotisme marqué que l’on vous connaît
et dont les Djiboutiens et les Djiboutiennes subissent les effets, hélas
depuis bien des années, vous n’avez fait que dégrader votre
image personnelle. Vos excès en tous genres et sans limite d’aucune
sorte, vous ont poussé à contraindre la haute magistrature de
mon pays à se fourvoyer dans un Procès « Politico-juridique
» dépassant de très loin le grotesque.

Elle se serait bien passée
de cette situation qui est très préjudiciable à sa crédibilité
sur le plan national et international, mais au fond, vous n’en avez rien
à faire. Ceci confirme votre manque le plus total de respect pour la
légalité et pour l’indépendance des institutions
nationales ou internationales en matière de Justice.

A ceci il est observé,
lors d’entretiens confidentiels, que ce que pensent la grande majorité
de nos magistrats djiboutiens est en totale contradiction avec le sens des
décisions qu’ils sont contraints de rendre. Vos propres magistrats
vous ont jugé depuis fort longtemps mais sachant, les extrémités
auxquelles peut conduire la paranoïa d’un despote sans limite, tel
que vous, ils n’ont actuellement d’autres choix que de se taire et d’éxécuter
vos décisions personnelles.

Une véritable Justice
indépendante existe cependant dans le monde et tout me laisse supposer,
Monsieur Guelleh, que vous pourriez avoir des comptes à lui rendre
un jour sur toutes ces années de despotisme primaire.

Au cours de ce procès,
mis en scène comme une comédie de bas niveau, avec des mauvais
acteurs (témoins – faux témoins ? – subordonnés à
vos largesses, magistrats tenus par la pression que vous exercez sur eux,
…) , vous avez tenté de me discréditer auprès des populations
djiboutiennes et étrangères à Djibouti et plus grave
encore de salir mon Honneur d’Officier de la Gendarmerie nationale. Cependant,
vous avez négligé l’opinion publique : même si en face
de vous, certains font semblant de vous croire, je epux vous dire que personne
n’a pas été dupe de vos manoeuvres et qu’elles n’ont pas atteint
leur objectif.

Je fais donc usage de
mon droit de réponse, grâce à des média indépendants
bénéficiant d’une trés large audience, qui ont accepté
de le publier sans réserve. Cela n’aurait pas été possible
dans les supports nationaux qu’à l’instar de la magistrature, vous
maintenez sous votre contôle le plus absolu, ne leur accordant aucune
liberté de manoeuvre et d’expression.

Il me semble nécessaire
d’élargir le débat pour rétablir des vérités
afin que l’opinion publique puisse juger librement et se faire sa propre
opinion : qui de vous ou de moi est le menteur ?

Mettons d’abord en évidence
non seulement les causes mais aussi les échecs qui vous ont incité
à agir de la sorte.

  • En me faisant condamner
    au cours d’un procés où je n’ai jamais été convoqué
    (contrairement à vos affirmations), puis en faisant incarcérer
    sous de fallacieux prétextes M Daher Ahmed Farah que vous aviez «
    sous la main », vous avez tenté maladroitement de lancer un
    message aux populations djiboutiennes et à l’opposition politique.
  • Ce message, nous le
    connaissons parfaitement car il constitue votre seul leitmotiv. Mais il
    est utile de le reformuler :

« Le châtiment
sera impitoyable et exemplaire pour celles et ceux qui oseraient à
l’avenir s’opposer à toutes vos malversations, à vos
actes odieux à Djibouti ou ailleurs, et qui dénonceraient les
crimes dont vous vous rendez coupable ou ordonnez »

Vous confirmez, en l’espèce,
la démonstration la plus évidente d’un despotisme sans
limite et de la volonté d’imposer une pensée unique à
Djibouti. En cela on peut estimer que vous rejoignez les pratiques initiées
par Staline et instaurées à Cuba par votre ami Fidel Castro.

Les exactions, meurtres
prémédités et autres qui ont été commis
sur vos ordres et que je mentionne sont à dissocier des conditions
du décès du Juge Bernard Borrel le 19 octobre 1995 à
Djibouti. Dans cette affaire qui n’en est encore qu’au stade de l’instruction,
je n’ai fait que témoigner de faits dont je fus le témoin,
je n’ai répété que ce que j’ai vu et entendu.

Quels que pourraient être
les moyens employés pour me faire taire, vous ne pourrez pas m’empêcher
de dire ces Vérités.

· Vous estimez
avoir à titre personnel, tous les Droits et toutes les Libertés,
même ceux de transgresser notre Constitution et nos Lois alors que les
populations djiboutiennes et la presse locale, libre et objective, n’en
ont aucun.

Reporters Sans Frontières,
Voice of América et le Département d’Etat US dans un document
récent sans sectarisme d’aucune sorte, ont dénoncé
tout cela. De longs rapports très explicites auxquels vous vous gardez
bien de répondre, en despote absolu. Il est étrange que dans
un pays, a fortiori dans un pays supposé républicain faisant
partie de la grande famille de la Francophonie et dont le « grand maître
» de cette noble institution, bien que « dérangé
» par vos excès, reste totalement muet, vous puissiez encore
appliquer vos méthodes …

Le régime que vous
avez instauré dans notre République est mis au banc des accusés
par les Instances internationales et par l’opinion publique. Ce qui impose
de renforcer toutes les terreurs qui régnent sur les populations djiboutiennes,
y compris sur celles qui se sont exilées.

· Vous estimez
pouvoir disposer de la vie des êtres suivant votre bon vouloir et vous
vous arrogez le droit de les faire lâchement exécuter lorsqu’ils
pourraient vous mettre en cause dans divers dossiers. A mon sens, vous oubliez
qu’une autre Justice que la vôtre aura à statuer sur vos
actes un jour. Ne vous trompez pas sur ce point, tôt ou tard cette Justice
produira ses effets, quelle qu’en soit la forme.

· Dans les suites
de l’Affaire du décès du Juge Bernard Borrel, vous estimiez
qu’il était légitime de donner l’ordre à M Hassan Saïd
Kaireh, directeur du SDS, de menacer le Commandant Ali Abdillahi Iftin de
faire supprimer ses enfants s’il n’établissait pas un faux
témoignage contre moi. D’abord ce témoignage a été
obtenu par des pratiques odieuses qui sont punies par toutes les cours pénales
: contraindre une personne à faire une fausse déclaration pour
sauver la vie de ses enfants !!! Ensuite, une fois libre, avant de le révoquer,
M Iftin a expliqué les conditions dans lesquelles il avait été
contraint de signer ce faux-témoignage. Ce témoignage qui était
capitale pour votre défense personnelle se retourne aujourd’hui contre
vous et contre tous vos subordonnés qui ont été impliqués
d’une manière ou d’une autre dans cet épisode qui
ajoute une nouvelle ombre à votre image de marque, déjà
bien ternie.

Notez que le Royaume de
Belgique vous donne une leçon en l’espèce. Dans ce petit
pays de l’Europe, le Droit de dénoncer les actes perpétrés
par des régimes despotiques tels que le vôtre, à condition
d’apporter des preuves, constitue l’un des garants de la Liberté
et des Droits de l’Homme.

· Vous estimiez
être fondé, dans cette même Affaire, à m’envoyer
à Bruxelles le Procureur Djama Souleiman Ali qui s’est rendu coupable
d’une tentative de subornation de témoins et qui a vainement tenté
de me faire revenir sur le contenu de ma déposition auprès de
la Justice française.

Le Procureur Djama Souleiman
Ali m’a présenté, en votre nom, un projet consistant dans son
esprit, très étroit et indigne d’un homme de loi, à
revenir sur mes déclarations auprès de la Justice française
précisant que je pourrais m’être trompé sur l’indentification
des terroristes mentionnés dans mon témoignage.

Il me demandait de spécifier
dans un nouveau témoignage que c’était un homme «
blanc », sans spécifier son nom, et non pas Alain Romani qui
participait à ladite réunion au Palais de l’Escale alors
que vous savez pertinemment qu’il était présent dans les
conditions que j’ai décrites et sur lesquelles j’ai témoigné
devant la Justice française.

Toutes les falsifications
des documents administratifs qui ont suivi mon témoignage, pour blanchir
M Alain Romani et pour égarer la Justice française, seront mises
à jour par la Police scientifique et par les enquêteurs nommés
dans cette affaire ce qui ne fera que renforcer le contenu de mon témoignage
et sa véracité.

Si je voulais m’autoriser
une remarque en la circonstance je dirais que je vous savais manipulateur
et falsificateur, mais surtout que je vous découvre inconséquent
et très imprudent dans vos falsifications car persuadé à
tort que vous êtes couvert une immunité à laquelle vous
êtes bien le seul à croire.

Toujours en votre nom,
le Procureur Djama Souleiman Ali m’a fait diverses propositions mirobolantes
et insultantes pour mon honneur pour m’inciter à revenir sur mon
témoignage. Le contenu de cet entretien qui s’est déroulé
dans un hôtel à Bruxelles a été enregistré,
une copie des cassettes a été remise à la Justice française,
à l’appui de mes déclarations et de ma plainte.

· Face à
mon refus de modifier d’une quelconque manière mon témoignage
initial auprès de la Justice française, vous avez missionné
ensuite M Adel Mohamed Abdallah pour tenter de me convaincre par de nouveaux
arguments.

· De même,
les divers appels téléphoniques émanant de M. Ali Mohamed
Awad Roubah n’ont en rien changé ma décision. Les enregistrements
et les preuves des interventions de ces personnes missionnées par vous
sont désormais entre les mains de la Justice française.

· Dans l’impossibilité
que vous étiez de me faire accepter de modifier mon témoignage
auprès de la Justice française vous avez vainement tenté
de monter divers « traquenards » en vue de mon élimination
physique à Bruxelles.

Fort heureusement, pour
ma famille, pour moi et pour la vérité, elles ont toutes échouées
et je n’en retiendrai qu’une pour l’exemple.. et pour remercier la Police
belge de son efficacité.

Grâce à la
diligence des « services belges », qui ont procédé
à l’arrestation de deux de vos « envoyés spéciaux
», surpris à la gare de Bruxelles midi, vos exécuteurs
des basses œuvres, en possession de passeports diplomatiques émis
par la République de Djibouti, ont échoué dans leur tentative
d’assassinat sur ma propre personne.

Le troisième «
larron » est le chef de l’opération. Il réussit à
échapper à l’opération des « services belges
» et il précipita son retour sur Djibouti pour vous rendre compte
de cet échec. L’un de nos amis, sur place, m’a rapporté l’une
de ces plus épouvantables colères dévastatrices que l’on
vous connaît.

Là ne s’arrête
pas l’inventaire des actes despotiques ayant dépassé de
très loin les manipulations et autres exactions pour tenter de maintenir
en équilibre votre trône vacillant.

· Vous estimez
pouvoir falsifier en toute impunité toutes les élections en
accordant aux populations djiboutiennes, aux opposants politiques et au Gouvernement
en Exil de Djibouti qu’un Droit, celui de se taire ; heureusement nous
pouvons passez outre, ce que vous constaterez dans cette lettre..

· Vous estimez
pouvoir diviser l’opposition en faisant acte de clientélisme à
l’égard de « quelques-uns », de ceux qui ont trahi
leurs valeurs et leurs engagements vis-à-vis du peuple exclusivement
par intérêt personnel.

Sachez qu’ils vous
trahiront demain avec la même absence de dignité humaine et sans
aucun état d’âme.

Il est à noter
que la psychologie de l’homme explique parfaitement le phénomène.
En ce qui vous concerne, c’est certainement l’absence de structures éducatives
et culturelles stables au cours d’une enfance perturbée (nous
ne saurions vous le reprocher, mais il explique votre comportement). Il en
est de même pour vos « obligés ». Certains êtres
s’assemblent et trahissent toute leur vie. Tandis que les autres, marqués
au quotidien par ces acquis éducatifs et culturels, restent debout
et ils font face dans la dignité, aux mensonges et à l’adversité.

Vous y trouverez là
M Ismaël Omar Guelleh, sujet à méditer avec vos «
obligés » entre les valeurs de l’âme humaine et celles
du ventre et de la cupidité.

Pour ce qui me concerne,
je mesure jour après jour ce que peut être l’ampleur des
angoisses et des problèmes quasiment insolubles que je vous pose comme
membre du Gouvernement en Exil de Djibouti et qui par toutes les dénonciations
justifiées notamment auprès des Instances et de l’opinion
publique internationales s’oppose sans cesse à vos exactions despotiques.

Comme je l’ai précisé
plus avant dans ces écrits, toutes vos tentatives d’élimination
physique à mon encontre, que vous avez ordonnées pour me faire
taire, ont avorté. Le fait même que vous les ayez organisées
suffit à confirmer non seulement la véracité de mes dépositions
auprès de la Justice française mais aussi le fait qu’elles
vous indisposent au point d’imaginer que vous n’avez d’autre alternative
que de me supprimer pour que votre Vérité soit reconnue. Grave
erreur de jugement, car en m’éliminant, vous ne supprimez pas les dossiers
et les preuves qui sont détenues par la justice française et
vous ne ferez que produire un effet inverse.

Comment pourriez-vous
justifier les tentatives de subornation de témoins et les tentatives
d’éliminations physiques lancées contre M Ali Abdillahi
Iftin et moi- même ?.

Il ne fait nul doute que
la multitude des témoignages, non des moindres, à votre encontre
dans l’Affaire du décès du Juge Bernard Borrel, qui a été
reconnu scientifiquement comme un crime et non comme un suicide, vous mettront
en cause dans un proche avenir, d’abord par une implication de vos proches,
puis de votre personne.

Pour tenter de vous protéger
de tous les témoignages qui ne cessent de proliférer, allez-vous
M Ismaël Omar Guelleh lancer ou relancer une vaste opération d’élimination
des témoins gênants dans cette Affaire, y compris ceux qui sont
en exil ?. Nous attendons vos « exécuteurs » de pieds fermes
et leur réserverions, une fois encore, d’autres surprises et des
plus désagréables.

De même, dans l’opération
que vous avez discrètement lancée en vue de l’agrandissement
de la Prison de Gabode nous serions curieux d’en connaître les raisons
et quelle destination vous souhaitez donner aux nouvelles cellules ainsi créées
à court terme ?.

Seraient-elles affectées
aux opposants politiques, aux fonctionnaires de l’Etat qui contestent un peu
plus chaque jour les conditions de travail que vous leur imposez et l’absence
de versement de leurs salaires depuis de nombreux mois mais aussi aux Députés
que vous avez désignés et qui commencent à contester
l’absence totale de pouvoir dont dispose l’Assemblée nationale djiboutienne
?.

Pour conclure en ce qui
concerne plus particulièrement l’Affaire des conditions du décès
du Juge Bernard Borrel, les opinions publiques locales et internationales
jugeront qui de M Ismaël Omar Guelleh, « donneur d’ordre »
de faire exécuter un témoin gênant ou dudit témoin
M Mohamed Saleh Alhoumékani dit la Vérité.

Comme le furent en leur
temps les régimes de feu M Mohamed Ziad Barreh en Somalie, celui de
M Menguistu Heïlé Mariam en Ethiopie et plus récemment
celui de M Saddam Hussein en Iraq, votre régime despotique est en pleine
agonie, miné qu’il est par toutes les corruptions que vous avez instaurées
et qui vous dépassent ; il ne pourra donc de ce fait survivre très
longtemps, ne serait-ce qu’au mouvement de contestation interne qui s’affirme
et s’amplifie au sein même de toutes les administrations de notre pays,
y compris dans l’Armée Nationale, dans la Gendarmerie et dans les Forces
Nationales de Police.

Dans notre pays où
chacun commence à réfléchir sur ce que pourrait être
son propre avenir après l’instauration d’un Etat de Droit
qui est inévitable, comme bon nombre de mes amis, dont le Commandant
Ali Abdillahi Iftin, je représente aujourd’hui pour vous une ombre
insaisissable.

Les quelques « mercenaires
» qui vous sont encore fidèles et qui nous cherchent ou nous
surveillent, nous voient à Djibouti, en Ethiopie et simultanément
au Yémen ou au Somaliland. Durant ce laps de temps où l’on
monopolise leur attention, nous sommes satisfaits qu’ils n’aient
pas le loisir de torturer des êtres sans défense dont ils se
sont faits une triste et peu digne spécialité.

Vous avez pleine conscience,
M Ismaël Omar Guelleh, que votre régime despotique et corrompu
est à l’agonie ; le jour est proche où avec les populations
djiboutiennes le Gouvernement en Exil vous forcera à abdiquer si vous
en avez le temps ou si vous ne vous êtes pas enfui du pays d’ici là.

Mohamed
Saleh Alhoumékani
Ancien
Officier de la Garde présidentielle